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 Après-midi shopping

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Dray Fox
Exilé(e) politique

Exilé(e) politique
Dray Fox

Messages : 3504

Né(e) le : 12/09/1984
Age : 34

Où à Poudlard ? : Je vous en pose des questions ?

Rang & Club : Baka ranger vert.

Caractéristiques
Compétence: Niveau 8
Particularité: PDG de la Fox
Baguette: 33 cm, bois de prunellier (manche), bois de pin (corps), dard de Billywig et poil de Nundu (Une baguette de barj à l’image de son propriétaire... XD)

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MessageSujet: Après-midi shopping   Après-midi shopping Icon_minitimeLun 12 Aoû 2019 - 18:32

[Ca faisait un bail que je devais décider de la nature de Phoebe, et j’ai percuté sur un détail qui a réglé la question puisqu’on se doit de rester cohérent. Et puis, comme j’ai que ça à faire pour le moment…]

Devant la succursale de la Fox, le vendredi 4 janvier, un peu avant l’heure du déjeuner, son PDG attendait en fumant nerveusement une cigarette. Bobby avait ordre de rester à plusieurs mètres, l'homme d'affaires ne supportant plus depuis deux semaines, la surveillance qu’il s’était imposé plusieurs années auparavant. Autour de lui, l’hiver rendait la ville triste à pleurer, en tout cas du point de vue de l’Américain. Le fait que la capitale ait encore jusqu’au dimanche les décorations de Noël devait normalement avoir un effet inverse. Mais entre ce qui s’était passé avec Umi le soir du réveillon de Noël et le premier rendez vous chez le psy de Fox le lundi matin qui suivait, il fallait plus que quelques loupiotes pour égayer son humeur.

Et si Dray se gelait les fesses, ce n’était pas simplement pour prendre une pause cigarette mais parce qu’il avait rendez-vous et justement, ce dernier courait dans le Hall pour le rejoindre.

“Je suis désolée, Dray ! Notre équipe devait rendre un projet et la démonstration a duré plus longtemps que prévu. Bonne année ! Et bonjour !”

Le New-yorkais se tourna vers la nouvelle venue qui avait décoché littéralement sa tirade un peu essoufflée mais avec un énorme sourire aux lèvres.

“Hi ! Pas de soucis…” se contenta-t-il de répondre en serrant une seconde la jeune femme dans ses bras pour la saluer.

“Ta bonne humeur me laisse à penser que ça s’est bien passé.” finit-il par dire nonchalamment en la lâchant.

“Oui ! Il a été retenu ! Je suis trop fière d’avoir participé !”

“Bravo, je n’ai jamais douté de ma soeur ! Le talent c’est de famille.” répliqua Dray, faussement vantard. Cela fit rire aux éclats Phoebe, puisque c’était elle.

“Je n’étais qu’une assistante, n’exagère pas !”

Dray rangea son mégot dans son cendrier pendant que Phoebe se fit interrogative.

“Comment vas-tu ? Je te trouve une petite mine.”

Fox se força à sourire à cette question et se fit même un peu moqueur.

“Manque de sommeil, t’inquiète. Et puis tu peux parler, t’as vu ta tête ?”

La jeune femme rit une nouvelle fois.

“Zoë m’a fait une poussée dentaire, cette nuit. Elle a fait s’allumer toutes les ampoules de l’immeuble avec ses pleurs. Alors, cher co-propriétaire, sache que tout le bâtiment reçoit la visite d’électriciens en urgence aujourd’hui.”

Dray sourit doucement.

“Je demanderai à Sei s’il a de quoi la soulager.”

Phoebe acquiesça avec gratitude.

“Je ne dis pas non parce que les médicaments que j’ai ne lui font aucun effet.”

“En parlant des accidents magiques de Zoë, je voulais te voir à propos de ta magie à toi. J’ai été occupé pendant les fêtes, je n’ai pas été disponible, désolé.”

Phoebe haussa les sourcils.

“Ma magie ? Je croyais que je n’en avais pas puisque je n’avais plus eu d’accidents depuis la naissance de Zoë.”

“Ces derniers temps, je ne suis pas… très connecté aux autres on va dire. Mais à force de cogiter sur les mêmes trucs, j’ai percuté sur quelque chose. Tu vois les détraqueurs. Un cracmol ne le peut pas, j’ai vérifié à Poudlard.”

“Alors…” fit Phoebe, très surprise, comprenant où son frère voulait en venir.

“Alors tu es une sorcière.” finit Dray, assuré.

“Tu n’as pas eu d’accidents magiques parce que tes émotions ne sont plus exacerbées par les hormones et parce que ta vie est à nouveau sur de bons rails. Mais on a eu la preuve en juillet. Je m’en veux de ne pas m’en être aperçu tout de suite. Tes dons ne sont peut-être pas élevés mais ils sont là. Et puis, il s’agit aussi du monde de Zoë. Elle va avoir un an et on n’a jamais pris le temps de t’enseigner quoi que ce soit depuis l’attaque des détraqueurs.”

Phoebe fit un signe de la main, de ceux qui disent que ce n’était vraiment pas grave.

“Tu sais entre Zoë, mes études et mon stage, j’ai beaucoup à penser et toi,... tu as beaucoup de travail.” dit-elle d’un air entendu. Son hésitation montrait bien qu’elle avait cherché la reformulation. Elle était tout à fait consciente que le travail n’était pas le problème. Depuis qu’elle avait vu son frère s’effondrer face au détraqueur, elle se faisait du souci. Normalement, ils se voyaient au moins une fois par semaine et à chaque fois Phoebe trouvait que Dray était de moins en moins enjoué, il semblait… s’éteindre. Et c’était d’autant plus flagrant ce jour-là. Dray avait catégoriquement refusé de passer les fêtes avec eux. Dorian avait expliqué à sa soeur pourquoi, elle n’avait pas insisté. Et depuis Noël, le New-yorkais avait littéralement disparu une semaine. Donc, les deux aînés ne s’étaient pas vu depuis quinze jours. Et pour la jeune architecte, son frère avait beau sourire et jouer son rôle de play-boy hâbleur, son regard l’angoissait. Mais elle avait appris à le connaître et elle savait qu’il ne fallait pas le brusquer.

Dray fixa sa soeur un moment, sans trop savoir quoi dire, ni même quoi penser. Le sous-entendu ne lui avait pas échappé. Finalement, il préféra l’ignorer. Inutile que Phoebe, ou les autres, sachent la vérité… Mais il fut reconnaissant à sa soeur de ne pas insister en tout cas.

“Je t’emmène au Chemin de Traverse. Je me suis arrangé avec ton tuteur. Je pense qu’il est temps que tu découvres cette nouvelle partie de toi, et le monde de ta fille et autrement que par des créatures du diable.”

Phoebe ne fut pas dupe mais laissa couler. Pour le moment, en tout cas. Elle sourit donc avec une joie non feinte à aller dans le monde des sorciers.

“Si tu veux bien me ramener à la crèche à 5 heures 30, c’est l’heure à laquelle je récupère Zoë, je te suis où tu veux.”

“Pas de problème, tu seras rentrée. Il y a une boutique surtout où je veux t’emmener. Son propriétaire s’appelle Ollivander. Mais le reste c’est une surprise !”

Rien que la traversée du Chaudron Baveur, dans Charing Cross Road laissa Phoebe pantoise. Il fallait dire que les différents clients offraient un spectacle pittoresque. Gobelins et nains s’affrontaient aux cartes, des couples de sorciers au look étrange discutaient à voix basse autour de verres de whisky pur feu et d’exemplaires de la gazette et un vampire esseulé regardait tristement le monde qui l’entourait.

Tom, le propriétaire, s’approcha du frère et de la soeur alors qu’ils s’installaient à une table en retrait.

“Bonjour Monsieur Fox. Bonjour Mademoiselle ! C’est la première fois que je vous vois dans mon établissement, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que je vous sers ? M. Fox, un Pur-feu comme d’habitude ?”

“Heu, bonjour…” répondit timidement Phoebe au vieil homme édenté. “Un thé, s’il vous plaît.”

“Une bieraubeurre pour moi, Tom, s’il vous plait.”

Dray attendit que le propriétaire s’éloigne pour reprendre et expliquer :

“Ici, tu es au Chaudron Baveur. C’est le pub qui donne accès au Chemin de Traverse. C’est la rue piétonne et commerciale des sorciers, si tu veux. Les propriétaires successifs de l’endroit sont chargés par le Ministère de laisser passer les sorciers sur le Chemin. Je serai ton parrain pour ta première visite.”

“Et où est la… porte d’entrée ?” demanda Phoebe, curieuse et charmée par l’aventure que son frère lui proposait alors qu’elle observait, épatée deux joueurs d’échecs s’affronter et l’un prendre le fou de l’autre avec son cavalier.

“Dans l’arrière-cour.” dit Dray d’un air un peu mystérieux, un peu malicieux.

“Et ce M. Ollivander, qu’est-ce qu’il vend ?”

“Ça, je ne te le dirai pas !” répliqua Dray, sans changer de ton.

Le frère et la soeur burent tranquillement leur boisson, Dray continuant ses explications et Phoebe écoutant passionnément. Et dans l’arrière cour, quand Fox tapa les pierres de sa baguette, et que celui-ci se mit à se mouvoir, il avait l’impression d’avoir une petite fille émerveillée à ses côtés. Et ce ne fut rien quand Phoebe découvrit le Chemin de Traverse. Et pour la première fois depuis longtemps un sourire sincère apparut sur les lèvres de l’Américain.

“Fantastique !” s’exclama la jeune femme, excitée comme une puce alors que le mur se refermait derrière eux. Le spectacle valait le coup d’oeil. De chaque côté de la rue, Phoebe vit des petites maisons moyenâgeuses et au milieu une foule bigarrée et habillée de robes, de capes et de chapeaux de sorciers.

“On va d’abord aller à la banque…” dit Dray, espiègle.

“La banque ? Les sorciers ont leur propre système bancaire ?”

“Oui, ce sont les Gobelins qui s’en occupent. Je crois que tu vas adorer.”

En effet, Phoebe ne fut pas déçue. Déjà, le chemin vers l’établissement lui laissa une succession de surprises. Elle avait l’impression de ne pas avoir assez de yeux pour tout voir. Elle adora l’animalerie magique, frémit devant les ingrédients peu ragoûtants des étals des apothicaires et rit devant celles des boutiques de mode. Et elle observa, intriguée, les passants, suivant sagement Dray, en s’accrochant à son bras. Fox la laissa faire, amusé par l’attitude à moitié craintive, à moitié aventurière de sa soeur.

Et dans la Banque, après avoir lu l’avertissement de l’entrée d’une voix grave, elle se fit toute petite alors qu’un Gobelin la regardait de haut et du haut de son comptoir. Mais elle fut stupéfaite par la beauté du lieu, immense et tout en marbre. Dray, habitué depuis des années ne s’embarrassa pas de détails.

“Dray Fox, coffre 999.”

Le gobelin prit la clé des mains du sorcier, descendit de son tabouret et leur fit signe de les suivre. Phoebe fut surprise de monter dans un wagonnet mais éclata de rire quand il se mit en route et s’enfonça dans les profondeurs du bâtiment, ce qui étonna grandement l’employé de banque, peu habitué aux démonstrations de joie. Elle se retint de peu de crier sa joie dans ces drôles de montagnes russes ou de sursaut quand un dragon manifesta sa présence sur le chemin. Par contre elle perdit l’envie d’émettre le moindre son quand elle découvrit le contenu du coffre de son frère. Évidemment, elle savait son frère riche à millions mais voir des montagnes et des montagnes de pièces d’or dans une immense salle remplie aussi de meubles précieux ou d’oeuvres d’art, ça faisait quelque chose ! Ouah ! La jeune femme avait les yeux ronds comme des soucoupes.

“Bon sang, c’est la caverne d’Ali Baba, ton coffre !”

“Merci.” dit simplement Dray avec un sourire de faucheton du meilleur effet en remplissant généreusement son portefeuille qui semblait sans fond. Mais il garda dans sa main un gallion, une mornille et une noise.

“Tiens regarde, c’est notre monnaie. Le gallion est la plus grosse pièce, en or. Elle vaut 17 mornilles, la pièce d’argent ou 493 noises, la pièce de bronze, et 7 livres 25. Une mornille vaut 29 noises.”

Phoebe regarda les pièces dans la paume de son frère, puis ce dernier, à nouveau les pièces et finit par relever la tête une dernière fois.

“On ne pouvait pas faire plus simple ?”

Dray sourit, ironique, amusée par la réaction de sa soeur.

“Ça, faudra t’y faire, la logique sorcière, c’est particulier.”

Et puis finalement, une fois sortis, alors que le gobelin fermait le coffre, Fox lui tendit une autre clé.

“Coffre 303. Phoebe Gates.”

La dénommée sursauta.

“J’ai un coffre ?”

“J’ai pris la liberté de t’en faire ouvrir un.” dit simplement Fox comme si ce n’était rien. Mais Phoebe ne l’entendit pas de cette oreille.

“Et je suppose que tu as pris la liberté de le garnir.”

“Bah, il fallait verser un minimum pour cela.” répondit Dray en haussant les épaules, d’une nonchalance presque exagérée.

“Un minimum de combien ?” continua la jeune femme d’un air entendu parce qu’elle se doutait bien que le minimum de l’homme d’affaires n’était pas celui de la banque .

“1000 Gallions, une broutille.”

Phoebe faillit s’étouffer.

“Ca va pas la tête ?!”

“Enlève-les et je les recrédite.” rétorqua Dray avec un calme assuré. Phoebe soupira.

“Je vois, inutile de discuter.”

Dray lui adressa un sourire exagéré, “je suis fier de ma connerie”.

“Tu es impossible.” bouda Phoebe en montant dans le wagonnet à la demande du gobelin qui s’impatientait. Le New-yorkais perdit son faux sourire et haussa les épaules, sombrement.

“Je l’ai toujours dit.”  

Phoebe tiqua, sensible au changement d’humeur de son frère et se rendit compte tout de même qu’au lieu de râler, il valait mieux revoir ses priorités. Dray voulait juste l’aider.

“Je te taquine, Dray. Merci.”

Mais le sourire ne revint pas. Phoebe le regarda avec inquiétude, mal à l’aise, mais n’ajouta rien, de peur d’aggraver les choses. La sorcière débutante écouta attentivement les explications sur le fonctionnement de Gringotts du gobelin qui lui fit visiter son coffre et lui donna sa clé. Elle mit une bonne poignée de gallions dans son sac à main, bien décidée à faire ses premiers achats sur le Chemin de Traverse.

A la sortie, Dray avait retrouvé son sourire hâbleur coutumier et s’alluma une cigarette. Et comme prévu, il emmena sa cadette voir le célèbre marchand de baguettes. Phoebe observa éberluée, la baguette sur son coussin dans la vitrine.

“Une baguette magique ? Tu veux m’offrir une baguette magique ?” comprit-elle sans vouloir y croire.

“Mais je ne sais pas m’en servir !”

“Tu apprendras. Aucun d’entre nous ne sait quand on a notre première baguette.” répondit Dray d’un ton rassurant. “Tu peux aussi refuser de t’en servir. Mais au moins, tu l’auras. Tu pourras toujours changer d’avis.”

Phoebe réfléchit un moment.

“Non, Zoë est une sorcière. Je veux partager cela avec elle, même qu’un peu. Ce serait comme ne pas savoir lire alors qu’elle apprend. Allons-y !”

Dans le magasin, la jeune femme fixa, ébahie, les milliers de boîtes alignées sur les étagères du magasin sombre, austère et poussiéreux au haut plafond, accrochée encore au bras de son frère.

“Bonjour, bonjour !” s’exclama Ollivander avec joie, en voyant ces deux clients entrer. En plein hiver, après les fêtes, et en temps de récession, ils étaient rares.

“Ah M. Fox !” dit le vieil homme en reconnaissant l’Américain. “33 cm, bois de prunellier pour le manche, bois de pin pour le corps, dard de billywig et poil de nundu. Une baguette au caractère redoutable, agressive, têtue et lutine, mais fidèle, encore plus après les épreuves, excellente en duel et en magie informulée, que j’ai créé il y a plus de cinquante ans, je pensais ne jamais lui trouver de propriétaire.”

“Bonjour, M. Ollivander. Votre mémoire est toujours aussi impressionnante.” acquiesça Dray avec un sourire affable. “M. Ollivander se souvient de chaque baguette qu’il a vendue.” expliqua-t-il à sa soeur.

“Ouaaaah ! Chaque… baguette ?” répéta la sorcière sur le retour en recouvrant d’un geste ample de la main l’un des murs recouverts de boîtes.

“Toutes, mademoiselle, c’est mon métier.” assura humblement le vieillard avant de se retourner vers le New-yorkais.

“Que puis-je pour vous ? Un problème avec votre baguette ?”

“Nullement. Nous venons pour cette jeune femme. Ce serait un peu long à vous expliquer mais elle n’a jamais eu de baguette et forcément, vous êtes tout désigné pour réparer ce manque.”

Ollivander fut particulièrement surpris mais eut la courtoisie de ne faire aucun commentaire.

“Mademoiselle, je vais devoir prendre quelques mesures, voulez-vous bien vous approcher, je vous prie.”

Phoebe jeta un coup d’oeil hésitant à son frère aîné qui l’encouragea d’un mouvement de tête. La jeune femme obéit avec confiance, laissant le vieil homme la mesurer des pieds à la tête et d’une main à l’autre, jusqu’à l’écartement de ses doigts. Quelques… Des dizaines ! Phoebe l’observa faire avec autant de curiosité et de patience que d’amusement.

“Gauchère ?” demanda finalement le maître des baguettes pour confirmer ce qu’il semblait savoir déjà sans que ses clients ne sachent comment. La jeune architecte hocha simplement la tête.

“Date de naissance ?”

“10 juillet 93.”

“Bien, bien… On va commencer par celle-ci.” bougonna avec autorité Ollivander en allant chercher sans hésiter une boite au milieu d’autres dans le bas d’une étagère. La baguette était simple et sans artifice en bois clair.

“24,2 centimètres, bois de houx, cheveu de vélane, souple. Le cheveu de vélane donne un fort caractère aux baguettes, parfois mauvais, mais le bois de houx est protecteur, surtout les caractères entiers.”

“Et pourquoi pas celle-là ?” demanda innocemment Phoebe en montrant une autre, dans une boîte ouverte sur le comptoir,  au manche plus fin et finement gravé, très féminin.

“Mademoiselle, c’est la baguette qui choisit le sorcier, non l’inverse.” expliqua doctement le vieux sorcier.

“Comment ça marche ?” s’exclama alors l’apprentie, laissant apparaître une sincère et profonde curiosité pour le sujet qu’elle découvrait.

“Les raisons sont variées et dépendent de chacun, baguette et sorcier. Mais dès que le duo se trouve, chacun apprendra de l’autre. Essayez celle-ci. Prenez-la et agitez-la, comme ceci.” répondit le vieillard avec douceur, ravi de partager son savoir et montrant le geste qu’il attendait de sa cliente.

Phoebe obéit prestement. Le résultat fut immédiat. Les boîtes qui faisaient face à elle se retrouvèrent toutes propulsées hors de leurs étagères.

“Mon dieu ! Qu’est-ce que j’ai fait ?!” paniqua la jeune maman, en voyant les dégâts. Dray cacha son sourire satisfait derrière sa main. S’il fallait encore une preuve…

“Ce n’est rien, ce n’est rien, mademoiselle, c’est normal.” dit simplement l’artisan en remettant tout en place d’un simple coup de baguette silencieux. Phoebe le regarda faire, emballée par le spectacle des boîtes se rangeant toutes seules et se retourna vers Dray, boudeuse.

“Tu savais que je ferais ça ?”

“Ça aurait été moins drôle de te prévenir.” répliqua le New-yorkais, mutin.

“Sale gosse !” rit Phoebe, qui en fait, s’amusait profondément de cette sortie et de ce qu’elle vivait depuis le début.

“Si ça peut te consoler, moi j’ai en autre complètement inondé le magasin, cinq centimètres de flotte partout.” raconta Fox, tranquillement.

L’hilarité de l’architecte s’accrut alors que Dray s’appuya nonchalamment sur le comptoir, dos au meuble, sur les coudes. Ollivander se contenta de présenter à sa cliente une nouvelle baguette. Mais il y alla tout de même de son petit commentaire.

“Votre baguette et vous faites la paire, M. Fox… 27, 3 centimètres, crin de licorne, bois d’aubépine. Les baguettes en aubépine sont très à l’aise avec les natures conflictuelles ou les sorciers qui traversent des périodes tourmentées. Et pour que vous ayez votre première baguette à votre âge, vous devez entrer dans cette catégorie. Le crin de licorne donne des baguettes très fidèles quelque soit la puissance du sorcier et surtout elles ont une magie constante. Pas d’accident, pas de fluctuation hasardeuse. La baguette pourrait être peu puissante à cause de ce coeur mais le bois d’aubépine compense ce petit défaut.”

“C’est vrai qu’avant de connaître Dray, j’ai traversé des moments compliqués. Mais ça va beaucoup mieux  !” expliqua la jeune femme avec un clin d’oeil joyeux à son frère qui le lui rendit discrètement. Mais quand elle agita la baguette, l’apparition d’une pluie de pétales très divers dans tout le magasin décida du verdict.

La jeune femme regarda, ravie, le phénomène.

“Ça me rappelle ma grossesse.”

“Intéressant.” répondit Ollivander en observant lui aussi la pluie de pétales. Fox n’eut pas de réaction particulière, insensible à la poésie du moment. Phoebe le regarda du coin de l’oeil, surprise qu’il n’ait pas un trait d’humour ou un avis à émettre. Le vieil homme, lui, monta sur une échelle pour choisir le modèle suivant après avoir fait s’envoler les pétales à l’extérieur. Les passants furent surpris de les voir voler au dessus d’eux dans une vague. La baguette était d’un bois rose doré, d’un seul bloc, fine et carrée. Le manche sans garde était indiqué par le ciselage de runes celtiques.

“Essayons ceci. Toujours un crin de licorne, une longueur de 28,1 centimètres mais un bois d’aulne. Normalement, les bois choisissent des similitudes de caractère chez le sorcier. Mais l’aulne est différent. Il est très rigide, opiniâtre et entêté. Pourtant, il préfère les différences et plus encore les opposés, donc les caractères aimables, serviables, sympathiques. Et je pense que vous avez parfaitement ce profil. Les baguettes faites en ce bois sont très fidèles, je ne pense pas que vous ayez des difficultés d’apprentissage avec cette combinaison.”

“Merci du compliment, Monsieur Ollivander !” répondit la jeune femme dans un doux sourire.

“Elle est très belle en tout cas, très élégante et d’une couleur chaude d’été ! J’adore !”

Et si Phoebe aima la baguette, la réciprocité sembla de mise. Quand la jeune femme la prit en main, aussitôt l’instrument émit de joyeuses étincelles. Ce fut Fox qui conclut, très pragmatique :

“Et bien voilà. Je m’occupe du règlement, Monsieur Ollivander. Après on te trouvera un étui de ceinture.”

“Faites attention à toujours bien prendre soin de votre baguette. Le crin de licorne la rendra mélancolique si vous la malmenez et elle peut en mourir.” prévint Ollivander en les raccompagnant à la porte de son magasin.

“Une baguette peut mourir ? C’est fou !”

Dehors, Phoebe serrait contre elle son nouveau trésor.

“Merci Dray, c’est… Magique ! Tu crois que je pourrais prendre des cours du soir à domicile ?”

“Tout à fait, on te trouvera un prof.” assura le New-yorkais, négligemment, en train d’allumer une cigarette coincée entre les dents.

“A tes frais, je suppose.” devina l’Anglaise avec un certain bon sens et en ayant conscience qu’il était inutile qu’elle essaie de le faire changer d’avis.

Dray haussa les épaules en tirant sur le tube de tabac.

“Hé !”

Cela allait de soi, pardi !

“Je t’invite à déjeuner.” finit-il simplement par dire en se forçant à sourire et en désignant un petit restaurant, un peu plus loin, qui ne payait pas de mine, qui proposait une carte simple et modeste mais d’une qualité excellente et que le New-yorkais connaissait bien.

“Et après, on continuera la visite.”

Sur leur chemin, ils traversèrent l’intersection avec une petite ruelle lugubre.

“Ouh, elle fait froid dans le dos. Qu’est-ce qu’on y trouve ?” demanda Phoebe, rendue mal à l’aise par l’ambiance oppressante qui se dégageait de l’endroit.

“C’est l’allée des Embrumes. Ses magasins sont spécialisés en magie noire. Tu n’y trouveras rien d’intéressant pour toi. Si la curiosité est la plus forte, n’y vas pas seule, tu veux bien ?” répliqua Dray sourdement en accélérant le pas.

Phoebe suivit de bon coeur la cadence de son aîné. Magie noire, c’était de la magie maléfique, pas besoin d’avoir des pouvoirs pour savoir ça. Et les détraqueurs dont elle rêvait encore parfois, étaient des créatures maléfiques. Donc l’Allée des Embrumes était à mettre dans la même case.

“Promis ! Je n’y mettrai pas les pieds.”

A table, Dray mena la conversation en expliquant ce qu’ils avaient déjà vu ou en répondant aux questions de Phoebe. Mais au moment du dessert sur laquelle Fox fit étonnement l’impasse, ce fut sa soeur qui décida qu’il était temps d’aborder un tout autre sujet.

“Dray, cela fait plus d’un an qu’on se connaît...”

“C’est vrai. Le temps passe vite.” répondit d’abord l’Américain en reposant sa tasse de café dont il venait de boire une gorgée.

“Tu n’as quasiment pas mangé. Déjà que tu choisisses une bête salade en entrée en guise de plat au lieu de la côte de boeuf au feu de bois, je trouve ça suspect. Le coup d’éparpiller les aliments vers le bord de l’assiette, tous les gosses connaissent la technique pour ne pas manger leurs légumes. Et en plus tu ne prends pas de dessert. Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de mon frère ?”

Dray fut partagé entre l’envie de sourire, amusé par la formulation et celle de baisser la tête, pris la main dans le sac. Il fit les deux.

“Cela aurait été dommage de gâcher de la viande de qualité.” ironisa-t-il en reprenant sa tasse de café, dans un geste de fuite. Il eut finalement l’honnêteté de dire :

“C’est vrai, je n’ai pas d’appétit en ce moment. Ne t’inquiète pas, ça finit toujours par passer. Et puis je suis surveillé, tu sais bien.”

“Tu parles de Seiki ?” demanda la jeune femme, concernée, en prenant une cuillère de tarte à la citrouille.

Dray acquiesça simplement de la tête. Sa soeur relança.

“C’est depuis Noël, n’est-ce pas ? Tu étais moins sombre la dernière fois qu’on s’est vu et ce n’était déjà pas la joie.”  

Dray rebaissa le nez et se passa une main dans les cheveux.

“C’est rien, je t’assure.”

A d’autres. Phoebe posa la cuillère dans son assiette posément.

“Dray… Tu m’as dit tout à l’heure que tu cogitais toujours sur les mêmes trucs. Et vu que tu en étais venu à la conclusion que j’étais une sorcière parce que je voyais les détraqueurs… Et vu ce que Piper m’a dit de… ces choses... “

“Laisse tomber.”

La jeune femme se raidit. Le ton de son frère avait été soudain trop sec, trop froid. Le grognement avant la morsure…

“D’accord…” murmura-t-elle avec prudence. Décidément, le vent tournait vite avec Fox et ça allait de mal en pis. Dorian l’avait averti mais elle ne pensait pas que c’était aussi radical.

“Mais tu ne me feras pas croire que tu vas bien.” s’obstina la jeune femme.

“Comprends-moi, je suis inquiète. Dorian aussi et je suis sûre que tes amis le sont tout autant.”

“Je vois que vous avez bien parlé de moi durant les fêtes…” répliqua l’Américain, acide.

“Je ne vois pas pourquoi je démentirais ou m’excuserais. Tu es notre frère, le lien le plus solide entre nous. Plus solide que Simon. Il y a encore une gêne entre lui et moi, je le sens bien… C’est normal que tu sois l’un de nos sujets de discussion. On a parlé de toi parce que Dorian ne voulait pas que je fasse son erreur, que j’allais commettre : insister pour qu’on passe les fêtes tous ensemble. Il m’a expliqué ton aversion viscérale pour cette période mais il ne m’en a pas donné les raisons. J’ai dit dans la conversation ce que j’avais remarqué depuis cet été, il a confirmé mon impression. C’est tout.”

Dray expira profondément pour faire taire l’élan de colère qu’il sentait monter inexorablement.

“Vous avez tort de miser sur moi !” maugréa-t-il pourtant dans la manoeuvre, rejetant cette idée de lien entre ses cadets. “Je suis loin d’être fiable.”

Phoebe sourcilla et répondit avec douceur :

“Qu’est-ce que tu racontes ? On ne mise pas sur toi, on t’aime, simplement ! Tu n’es pas une de ces sociétés cotées en bourse dont on aurait acheté les actions. Tu as été la passerelle entre Dorian et moi, les choses se sont faites comme ça, tu ne peux pas revenir là-dessus.”

Le New-yorkais se mordit l’intérieur de la lèvre inférieure pour ne pas répliquer. Il ne voulait pas se fâcher avec sa soeur… Et puis, il devait reconnaître la justesse de ses mots.

“D’accord… Je traverse une sale période, c’est vrai. Mais ça va aller mieux. J’ai demandé de l’aide et on m’en a offert. Je suis désolé de t’avoir inquiété…”

Phoebe hocha la tête de façon négative en reprenant sa cuillère.

“Tu n’as pas à t’excuser. J’aimerais aussi pouvoir t’aider. Après tout ce que tu as fait pour moi, ce serait bien le minimum. Alors si tu veux une oreille attentive…”

“On ne peut pas réécrire le passé. Les choses se sont faites comme ça, on ne peut pas revenir dessus.” plagia tristement Dray, dans un sourire pâle.

Phoebe laissa en suspens son geste de porter une bouchée de tarte à ses lèvres. Elle reposa sa cuillère doucement et fixa son frère avec inquiétude, sensible à la douleur de ses mots.

“Qu’est-ce que tu regrettes tellement ?”

“Trop de choses. Je n’ai pas envie d’en parler, Phoebe.”

Au moins c’était clair et sans détour pour une fois. Phoebe avala son bout de tarte, l’air de rien.

“D’accord. En tout cas, l’offre est sur la table, comme tu dis.”

Le frère et la soeur finirent comme prévu leur après-midi au Chemin de Traverse, cette dernière cherchant à transmettre un peu de sa bonne humeur pétillante à son aîné. Et ce fut plein de paquets de jouets, de livres et d'accessoires que Phoebe déposa chez elle avant d’aller récupérer sa fille avec lui. Ce dernier passa encore une partie de sa soirée avec sa soeur et sa nièce et partit après que Zoë fut mise au lit en donnant rendez-vous à sa maman pour la semaine suivante.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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