Le Collège Poudlard

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 The Hyde Park

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Dray Fox
Exilé(e) politique

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Né(e) le : 12/09/1984
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Où à Poudlard ? : Je vous en pose des questions ?

Rang & Club : Baka ranger vert.

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Compétence: Niveau 8
Particularité: PDG de la Fox
Baguette: 33 cm, bois de prunellier (manche), bois de Lierre (corps), dard de Billywig et poil de Nundu (Une baguette de barj à l’image de son propriétaire... XD)

MessageSujet: The Hyde Park   Ven 27 Sep 2013 - 19:54

[Merci à Djen, d'avoir accepté ma proposition de jouer ainsi, pour éviter à une pauvre âme ayant beaucoup de retard sur ses plans d'ouvrir un nouveau topic ! XD]


Cela aurait du être une journée comme les autres, parfaitement normale, et agréable de surcroit. Enfin, autant que pouvait être habituel un jour pour Dray. Ce qui était déjà plus relatif pour bon nombre de personnes, surtout ces dernières semaines où il divisait son temps entre deux principaux créneaux de travail : les affaires (et surtout la galère dans laquelle Simon avait plongé toute la famille), et Djenesa Parker (et surtout leurs combines pour récupérer les œuvres volées par la cambrioleuse et son adversaire).  Et entre ces différents moments clefs, ses amis bien sûr. En somme, M. Fox était un homme fort occupé. Et d’ailleurs, on avait cette fin d’après-midi là, une parfaite illustration de ce type de journée alors que le jeune homme et sa voleuse préférée sortaient d’un hangar au cœur des docks du port de Londres.  

"De Veer ne va pas être ravi quand il va se rendre compte que le nouveau joyau de sa collection s’est fait la belle avec deux de ses tableaux. " remarqua l’homme d’affaires, caustique, en tendant la main vers la chevelure et l’oreille de sa compagne.

"Tu as encore un peu de poudre de plâtre." précisa-t-il en riant et en enlevant les marques blanches rebelles qu'il y voyait. Djenesa se passa la main dans les cheveux, dans un sourire mutin, pour finir le nettoyage spartiate de sa personne.

"Deux ? Pourquoi seulement deux ? Et le cheval de Troie est l’une de mes techniques préférées."

Dray tira un peu le nez alors qu’il fermait soigneusement la porte et réinstallait tous les niveaux de sécurité de ce qui était devenu au fil des semaines un vrai petit musée.

"Ben tiens, je croyais que tu devais juste reprendre ce que tu avais volé. Et heureusement qu’on a l’aide de la magie pour réussir ce petit tour."

La belle haussa négligemment les épaules et ignora superbement la première partie.

"Ah, mais je n’ai jamais dit le contraire. Mourir asphyxiée, enfermée dans une statue de pierre n’est pas une destinée à laquelle j’aspire, je te rassure. Et je sais pertinemment que je dois ma grande réussite à ma condition de sorcière." dit donc sagement la voleuse. L'Américain sourit ironiquement en constatant 'l'oubli' de Parker mais demanda finalement, en rangeant sa baguette :

"Et la piste que tu devais vérifier ?"

La jeune femme fit la moue mais choisit cette fois la franchise.

"Rien.  Hawks n’a pas mordu. Depuis que j’ai payé ma dette, il semble vouloir s’être désintéressé de notre petit jeu."

Dray se fit pensif et sombre alors qu’il sortait une cigarette de son étui.

" S’il ne se montre pas, on va avoir du mal à savoir ce qu’il a fait de l’Isabelle. Et en attendant des copies des tableaux de Vaughn continuent d'apparaitre sur le marché. "  

Il actionna finalement son briquet, la cigarette entre les dents alors qu’il exposait ses craintes à ce propos précis.

"D’ailleurs, je ne comprends pas dans quel but. On copie les grand maîtres, pas les p’tits nouveaux aussi doués soient-ils. Alors c’est flatteur pour Vaughn, mais ça n’a pas de sens !"

Parker sourit avec une certaine patience, condescendante d’ailleurs, comme si elle allait expliquer quelque chose de simple à quelqu’un d’un peu trop obtus.

"Mais au contraire, ça en a au moins deux, mon chou. Copier des grands tableaux, ça rapporte peut-être beaucoup en un coup, mais cela multiplie les complications de la réalisation, le coût de fabrication et les risques de se faire prendre. Copier des «débutants » comme ton peintre, c’est tout bénéf. Contemporains, peu connus. Vérifier l’authenticité est plus compliqué. Les copies se vendent moins chers, évidemment, mais en plus grand nombre et c’est beaucoup moins risqué. C’est une arnaque facile. Mais de Nathanael, je trouve ça décevant si c’est juste ça. Ce qui me fait arriver au deuxième sens. Il sait quel rôle tu as eu dans l’échec de son plan pour me court-circuiter. Il sait qui est Xander pour toi. Et il a décidé d’emmerder quelqu’un d’autre que moi. Genre, fallait pas te mêler de ses affaires. Ca c’est beaucoup plus son style"

Djenesa haussa joyeusement les épaules, fataliste, comme si elle venait de raconter la meilleure anecdote de l’année sous le regard mauvais du New-yorkais, qui ne semblait pas apprécier du tout lui, l'idée qu'il soit à l'origine des problèmes du professeur d'art. Mais elle se fit plus sérieuse, d’un seul coup, alors que son regard se posa sur le ciel éclairci de cette journée d’aout. Dray tirait nerveusement sur sa cigarette, pressentant à l’attitude soudainement réflexive de l’escroc, une suite qui l’empêchait de répliquer immédiatement. Il constata très vite qu’il eut raison de se méfier.

" Pour le Vélasquez, la proposition de mon commanditaire est toujours sur le tapis, preuve qu’il n’a pas eu ce qu’il voulait. Et il n’a pas engagé Hawks, il n'a pas menti, pas avec la dose de veritaserum que je lui ai fait prendre. Aucune trace sur le marché noir, aucune rumeur, aucun mouvement ou comportement singulier dans le milieu. Ni mes collègues, ni nos clients. Personne n’a rien à dire, ce qui est exceptionnel. D’habitude, sur une telle prise, il y a toujours quelque chose à remarquer, aussi léger que ce soit. Alors ou le nouveau possesseur est particulièrement discret et prudent, ou, et je penche davantage là-dessus, Nath a toujours l’Isabelle en sa possession. Le connaissant, il doit avoir du mal à se séparer de ce trésor."

Dray se passa les doigts de sa main libre sur les yeux à ces mots, avant de se pincer l'arête du nez avec une certaine lassitude alors que l'escroc installait ses propres sécurités et signature magique.

"On revient donc à ce qu'on disait. On doit le faire sortir. Et moi, je ne me donnerai pas autant d'importance, il doit juste copier Vaughn pour le fric."

Parker préféra ne rien répondre à cette affirmation. On voyait bien que Fox ne connaissait pas l'animal...

" Comment il le prend, ton peintre ?"

Autant diverger un peu. Et ça ne rata pas, Dray exprima sans détour son agacement alors qu'ils se mettaient en marche pour sortir de la zone de non-transplanage.

"Pas bien, tu t'en doutes et tu me lourdes. Je t'ai déjà dit de ne pas l'appeler comme ça !"

La brune ricana. Elle en rajouta, sans hésiter, pas prête d'abandonner ses fines allusions tant que son ami partirait au quart de tour.

"Quoi ? C'est pourtant vrai, non ?"  

L'Américain comprit qu'il ferait mieux de ne pas réagir davantage et surtout de ne pas répondre à cela s'il ne voulait pas donner plus de munitions que cela à la voleuse.

"On en est à six copies dans le premier trimestre, mais maintenant on a deux toiles originales. Copier simplement des toiles existantes ne lui suffit plus."

Djenesa sourit malicieusement devant cette manœuvre de fuite mais choisit de jouer le jeu.

"Les premières étaient pour s'imprégner de sa technique. Maintenant qu'il l'a, il innove. C'est encore plus difficile de repérer la malversation dans ces conditions."

"Il est doué, ce connard..." cracha sourdement le New-yorker en tirant sur le tube de nicotine avec une nervosité évidente, beaucoup moins serein que la jeune femme.

"Il a eu un bon prof." répliqua d'ailleurs l'escroc avec superbe et un grand sourire provocateur, se vantant ouvertement de la réalité du constat. Cela ne plut pas à Fox.

"La ramène pas, tu faisais moins la fière quand je t'ai chopée !"

Un point pour les States... Parker pinça les lèvres mais ne répondit rien de plus. Elle changea plutôt de sujet.

"Alors que sont les projets de Dray Fox un samedi soir aussi agréable que celui-ci ?" demanda donc la jeune femme avec curiosité. La journée avait été chaude et ensoleillée, la soirée promettait d'être douce. Il aurait été dommage de ne pas en profiter.

"Je sors avec Vaughn. Théâtre d'abord, une adaptation contemporaine d'Hamlet. Et après on se baladera par Hyde Park pour voir les trois squatteurs qui ont atterri hier."

Ca ne rata pas. Une telle perche ne se refuse pas !

"Oh c'est mignon ! Une vraie petite soirée en amoureux au clair de lune !" se moqua donc ouvertement la cambrioleuse, un sourire perfide placardé sur les lèvres. Elle éclata de rire quand elle se prit une baffe à l'arrière du crâne, généreusement offerte par un aventurier peu sensible à la plaisanterie. Elle poursuivit néanmoins.

"Je ne vois pas l'intérêt que vous portez tous, à ces bestioles." maugréa la jeune femme. Dray la considéra avec un certain étonnement.

"La chance de voir des dragons noirs des Hébrides de relativement près. Une migration toutes les trois cents piges. Tu oses poser la question ?"

Parker eut un geste de dédain et surtout une bonne dose de sarcasme, en guise de réponse.

"Ben ce ne sont que de gros chalumeaux ambulants, pas de quoi être tout feu, tout flamme !"

Fox plissa le nez à ce jeu de mots limite et surtout fut consterné par autant... D'inculture...

" Ah ça, c'est malin ! Et tu prétends avoir le sens artistique ? Les dragons valent le coup d'œil, ce n'est pas le chien galeux de Jojo le clodo, quand même. T'en as déjà vu un voler ?"

"Bla bla bla... C'est quand même juste que des lézards. Tout ce qu'ils rapportent, c'est pour les pickpockets…" Djenesa se fit soudain cyniquement pensive… " J'irai peut-être quand même y faire un tour… "

Ce débat stérile mais plutôt drôle se poursuivit ainsi un moment entre les deux amis, jusqu'à ce qu'ils se séparent donc pour leurs projets de soirée. Mais même si Dray s'en défendait, avant d'aller rejoindre Vaughn à son studio, il passa chez lui,  au Refuge, et se prépara soigneusement. Pas telle une donzelle, fallait pas charrier, mais Fox étant le play-boy qu'il était… Disons qu'il avait le souci du détail…

En tout cas, donc la soirée se poursuivit selon ses plans. Les deux hommes discutèrent un moment dans le salon du peintre, de tout et de rien, et surtout pas pour Dray de l'absence de l'Isabelle ou des copies du travail de son ami. Enfin, il le mit quand même au courant pour la deuxième toile qu'ils avaient découvert. La pièce de théâtre fut la bienvenue pour changer les idées des Américains. Fox la trouva bonne. Pas transcendantale, mais l'adaptation avait été soignée et le jeu des acteurs correct.

Evidemment ce fut le sujet de conversation adopté à la sortie du théâtre. Comme quand on sort du cinéma. Alors t'as trouvé ça comment ?  Mais alors que les deux amis marchaient vers Hyde Park, pour la suite de leur programme, et que Dray écoutait la critique professionnelle de Vaughn, il s'était sorti une cigarette. Quand cela faisait trois bonnes heures que vous étiez assis et qu'on s'appelait Dray Fox, c'était vital. Mais il avait eu beau fouiller ses poches, pas de briquet. Son briquet. Celui de platine, gravé à sa marque et qui allait avec l'étui qu'il venait de ranger dans la poche intérieure de sa veste. Il fronça les sourcils. Ben merde alors, lui qui ne s'en séparait jamais ? Et puis, ce fit tilt. Il se souvint du geste machinal qu'il avait eu en le posant sur la table basse de Vaughn. A discuter, ils avaient failli louper le coche, et donc ils étaient partis un peu vite. Ça ne loupa pas, il avait zappé de le reprendre… Révélateur…  Il sourit légèrement avec amusement devant cette pensée, surtout si on ajoutait les fines remarques de Parker.

"Aurais-tu du feu ? J'ai oublié mon briquet chez toi." expliqua donc le New-yorker quand Xander eut fini d'exposer son analyse. Quand on savait que Vaughn était aussi fumeur que lui, la question était plus rhétorique qu'autre chose et se traduisait plutôt par "peux-tu me prêter le tien, s'il te plaît ?". Et utiliser sa baguette en pleine rue, ça ne le faisait pas trop. Il ajouta cependant, faisant allusion aux dragons qu'ils allaient voir :  

"Tu me diras, je pourrais attendre d'être au parc, mais je crois que cette solution serait quelque peu excessive."

Et puis, pour être honnête, il aurait eu du mal à attendre jusque là. Mais finalement, un sourire goguenard aux lèvres, surtout tourné vers lui-même d'ailleurs, il exposa la pensée moqueuse qui lui avait traversé l'esprit quelques secondes avant, alors que la cigarette s'embrasait sous la flamme du peintre :

"Mais tu devrais te méfier, tu sais, si je commence à m'étaler et laisser des affaires chez toi ! D'abord le briquet et après la brosse à dents,  le rasoir et un tiroir !"

Il fréquentait trop Parker, ces derniers temps. Voilà qu'il faisait des allusions aussi pourries qu'elle. Quoi qu'il y avait quelque chose de vrai et de flatteur dans cet oubli malencontreux. Si Dray avait eu ce geste machinal de poser son briquet sur la table plutôt que de le ranger immédiatement à sa place comme il le faisait à chaque fois qu'il était à l'extérieur de chez lui, c'était qu'il se sentait bien et à sa place chez Vaughn.

Il ne fallut pas longtemps pour qu'ils atteignent leur destination. Et ils ne purent que constater quelque chose qui fit tirer un instant la tronche au plus jeune. Malgré l'heure un peu tardive, (choix qu'ils avaient fait justement pour espérer éviter la cohue), il y avait du monde, beaucoup de monde, pour admirer les trois "chalumeaux".  Il fallait dire que des dragons en plein cœur de Londres, ça attirait tous les sorciers londoniens et des alentours directs. Pourquoi se fatiguer à aller à la campagne alors qu'ils étaient au pas de leurs portes ? C'était le ministère qui avait dû être content en les voyant débarquer en pleine ville et surtout en pleine zone moldue.

"Je plains le ministère pour une fois. Tu parles d'un petit problème de logistique."  remarqua ironiquement Dray en se faufilant parmi la foule qui entrait et sortait du parc, après avoir remarqué trois aurors occupés à "faire la circulation". Le transplanage avait été interdit dans le parc et à ses abords, ce qui limitait les risques d'atterrir entre les pattes des mastodontes, pour les moins doués et surtout obligeait à une certaine discrétion la population, qui devait donc arriver là à pied. Le flux était ainsi sans doute mieux contrôlé. Ensuite, la Gazette du Sorcier qui avait annoncé fièrement (ou stupidement, ça dépendait des points de vue) la grande nouvelle, avait parlé de sortilège repousse-moldus sur toute la zone de Hyde Parc, soit quelques deux ou trois kilomètres-carré, et en guise d'excuses pour les non-sorciers, une obscure contamination chimique par les sols de leur chère promenade favorite, obligeant à la fermeture de celle-ci, le temps de l'enquête et de la décontamination. Et vous savez ce qu'on dit : plus c'est gros, plus ça marche. Et ce qui avait le plus fait marrer Dray, c'était qu'on avait demandé à la Fox, ou du moins, sa succursale anglaise, de participer en organisant ce pieu mensonge. Ah, c'était sûr, avec les moyens qu'ils avaient, ils auraient pu faire croire à la naissance d'un deuxième petit prince royal…

Devant les créatures, dont un petit dragonneau, ce qui faisait s'extasier surtout la partie féminine des spectateurs,  ("Oh qu'il est chouuuu !"), l'aventurier reconnut toutefois :

"Malgré ce qu'en disent certains, ils en jettent quand même."

Ça, c'était sûr, on ne voyait pas cela tous les jours. Le spectacle valait le déplacement. Mais alors que sorciers et sorcières lambda admiraient les nobles animaux, personne ne remarqua donc qu'une autre représentation d'un tout autre genre se préparait en coulisses… Cela aurait dû être une agréable journée…


[Reserved évidemment ^^]


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
Japonais : Vert
Italien : Rouge
Espagnol : Orange
Allemand : Jaune



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Vaughn Xander
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Mar 29 Oct 2013 - 0:35

Si Dray c'était encore démener pour sa personne aujourd'hui, Vaughn lui n'avait pas fait grand-chose de différent de d'habitude. Comme tous les jours ou presque, il avait peint. Même si des copies de son travail circulait, voir même quelques originaux depuis peu –ce qui avait le don de l'énerver grandement, on s'en doute, déjà que les copies il appréciait limite mais la voir des originaux signés Xander alors qu'il n'avait jamais posé un regard dessus il y avait de quoi fâcher– ses commandes ne baissaient pas et il avait toujours un travail monstre sur les bras. Bon, il avait tout de même réussit à réduire un peu sa liste, son obsession et son acharnement ayant de bon coté, mais il ne pouvait pas non plus trop se reposer sur ses lauriers on s'en doute. Et même si son employeur était normalement le seul habilité à vendre son travail (contrat d'exclusivité oblige), son galeriste était sur les nerfs et ne le lâchait pas d'une semelle, on s'en doute. Enfin, le sérieux de Vaughn quand à la gravité de la situation et le fait qu'il ne pouvait pas lui reprocher son opiniâtreté à être le moins en retard possible au vu de la situation lui faisait un peu lâcher la bride… enfin, très peu…

Bref, notre PdG contractait, notre peintre peignait, tout était normal dans le petit monde de la magie en somme. Et c'était finalement sur les coups de 18h15 que l'artiste avait décidé de lâcher ses pinceaux. La journée avait été chaude –même si un petit sortilège pour avoir un agréable air frais dans l'appartement avait grandement amélioré les choses– et l'américain avait tout de même besoin d'un minimum de temps pour prendre sa douche et s'habiller. On n'allait pas au théâtre avec les fringue de Jo le clodo quand même, il y avait un minimum de codes à respecter (surtout quand on s'appelait Vaughn Xander, il y avait des impératifs)

Il n'avait pas mis longtemps à la manœuvre et était même fin prêt une petite vingtaine de minutes avant l'arrivé de son ami. En l'attendant, l'artiste avait donc fumé une cigarette en buvant un verre, bien décidé à profiter de cette soirée qui s'annonçait particulièrement agréable. Une fois que Dray l'avait rejoint, les deux amis avaient parlé de tout et de rien, de la soirée à venir aussi et de quelques sujets sans grande portées. Si Dray avait mis un point d'honneur à éviter le sujet qui fâche, Vaughn en avait fait de même. Là, il avait besoin d'une vraie pause et avait décidé de se réserver la soirée et la matinée du lendemain pour ne penser qu'à lui –et son compatriote– mais rien d'autre. La seule entorse qu'il avait toléré avait été la 'nouvelle' concernant la deuxième toile originale découverte mais il s'agissait là d'un cas de force majeure et cette dernière n'avait en plus occupé le devant de la scène que quelques minutes (sans doute que l'air contrarié de l'artiste avait grandement contribué à se fait mais que voulez-vous, comme l'avait confié Fox à Parker, ça ne lui plaisait pas du tout).

Enfin, ils avaient finalement quitté le studio du représentant du Tennessee un peu rapidement pour se rendre à leur première escale de la soirée. La pièce qu'ils avaient vue, Vaughn avait bien envie d'y assister depuis qu'il en avait entendu parler. Shakespeare, même pour lui qui était sorcier, c'était une référence absolu alors une adaptation contemporaine, il avait été intrigué. Et puis, la distribution de certains acteurs qu'il avait déjà eu le plaisir de voir en d'autre occasion lui paraissait judicieuse alors fatalement ca ne pouvait qu'intéresser l'amateur de théâtre qu'il était. Et à vrai dire, elle avait su remplir son rôle. Bien sur, ce n'était pas le chef d'œuvre original, l'émissaire n'en attendait pas autant, mais la mise en scène avait été intéressante et il avait trouvé une certaine fraicheur dans la réorganisation. S'attaqué à un mastodonte n'était jamais chose aisé et même s'il était exigeant, il savait aussi se montrer indulgent quand l'instant s'y présentait.

Et bien sur, il n'avait pu que partager son point de vue avec son compatriote, refaisant la critique de ce qu'ils venaient de voir, soulignant la faiblesse de certain partit prit choisit mais constatant que dans l'ensemble, il avait passé un bon moment tout de même et qu'il valait mieux regarder cela que d'aller passer une visite chez le médicomage (du Vaughn dans toute sa splendeur quoi). Il avait d'ailleurs finit sur une note positive, surtout concernant un des acteurs secondaire qui, décidément, semblait vouloir remporter tous les suffrages du peintre.

"Je vais surveiller avec attention la prochaine pièce dans laquelle interviendra Marcus McGallen en tout cas… son interprétation d'Horatio était de loin la meilleure des acteurs présents ce soir."finit-il par dire l'air de rien, leur pas les rapprochant de leur destination, alors que Dray fouillait dans ses poches.

Le peintre avait finalement posé son regard mousse sur son ami pendant que ce dernier reprenait à son tour la parole, lui demandant du feu. Vaughn avait simplement sortit son propre paquet de cigarette de sa poche pour en extirpé son briquet, un peu surprit de l'oubli de son compatriote il l'avouait même s'il n'en dit rien. Par contre, un léger sourire un peu plus présent se posa sur ses lèvres quand il fit allusion aux Dragons, on s'en doute.

"Très légèrement, en effet. Je ne suis pas sur que le Ministère apprécie la blague de surcroit." répondit-il en allumant la cigarette du pianiste.

Finalement le PdG de la Fox ajouta une remarque qui fit son petit effet si on en crut le léger haussement de sourcil de l'ainé. Tien-donc elle sortait d’où celle-là ? Ho Vaughn était sensible à la plaisanterie, on n'en doutait pas, mais il n'aurait juste pas parié sur le fait que Dray y pense probablement. Mais pourquoi pas… et puis, il avouait sans peine que c'était cocasse…

"Et c'est à moi que tu dis cela alors qu'il y a une pièce entière de ton domaine qui est honteusement squatté par ma personne ? Tant que ce n'est qu'un tiroir, on peut dire que tu as encore de la marge…"répondit-il donc avec malice.

Bien sur, ce n'était pas vraiment comparable, cette pièce avait été pensée par le propriétaire des lieux pour justement être squatter pas sa personne dans le fond, mais c'était quand même plus que révélateur non ? L'américain finit par tirer à son tour une cigarette de son paquet et l'alluma avec sa nonchalance particulière. Ils finirent finalement par atteindre leur but et si Dray 'tira la tronche' Vaughn ne fut pas plus enchanté que lui par l'affluence même si il n'en montra rien de son coté. Enfin, ça ne devait pas avoir échappé au PdG qui le connaissait assez bien pour savoir qu'il n'appréciait pas plus la foule –même s'il la tolérait beaucoup mieux il l'avouait– Enfin, c'était prévisible comme le soulignait son amis, pourquoi s'embêter à aller à l'autre bout du pays en plein milieux de nulle part quand trois dragons s'invitaient sous vos fenêtres.

"J'avoue qu'ils ont du être enchanté quand ils ont vu ses trois adorable petites bêtes prendre le parc comme nichoir provisoire… les Oubliators ont également du faire des heures sup…"répondit-il alors qu'il suivait gentiment son amis au milieu de la foule pour s'approcher des dites petites bêtes.

Moins sensible que la gente féminine à la kawaitude du dragonneau (il était mignon soit, mais voir Vaughn s'extasier n'aurait pas été crédible vous en conviendrez) il ne pouvait toutefois qu'être de l'avis de son compatriote. Oui, quoiqu'on en pense, les dragons étaient des créatures fascinantes et pouvoir les observer ainsi une chance rare, le représentant du Tennessee en avait pleinement conscience.

"Ah ça, c'est certain… on se sent insignifiant a coté…"répondit l'américain sans lâcher les créatures magiques des yeux. Il rejoignait volonté les pensées de l'homme d'affaire : malgré la foule, ça en valait quand même la peine et ils étaient loin d'être les seuls à le penser.

"cela me laisse songeur de voir comme ils se moquent bien que nous soyons tous là à les regarder. Bien sur les sécurités du ministère n'y sont pas étrangère mais quand même…"ponctua-t-il même avant de tirer avec nonchalance sur sa cigarette, lui aussi à mile lieu de penser à ce qui 'pourrait' arriver.



    Le monde de l'art n'est pas celui de l'immortalité, c'est celui de la métamorphose.

[André Malraux]
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Mar 29 Oct 2013 - 18:38

Vu que Dray détestait aller voir un médicomage, la pièce aurait pu être un navet que cela aurait été mieux alors ce n'était pas le plus révélateur. Et si la remarque de Vaughn le représentait bien, ce sarcasme new-yorkais qui lui répondit en fit de même pour son cadet. Mais pour la suite, le jeune homme était d'accord avec l'analyse de l'émissaire et ne tarda pas à le dire alors qu'il cherchait son briquet.

"J'espère qu'il aura le premier rôle la prochaine fois, parce que je suis d'accord, il a du talent. Il a su amener le tragique de la mort d'Hamlet avec pudeur, sans tomber dans l'écueil de l'exagération. Très bon point."

Sur ce, constatant qu'il avait bel et bien oublié son briquet chez son ami, le jeune homme demanda du feu. Lui-même s'en était étonné, alors la surprise du peintre à ce propos était sans doute naturelle. C'était bien la première fois que ça arrivait. Enfin, ça lui donnait une occasion de faire le mariole… Et Vaughn de rebondir sur ses conneries.

"Ca leur ferait pas de mal, pourtant à ces frileux. De toute façon, à part leurs pognes, ils n'apprécient rien au Ministère. On ne va pas demander leur avis, à ces culs serrés de beefeaters." persifla alors l'homme d'affaires, démontrant par là au passage, toute la sympathie qu'il pouvait avoir en bon Yankee obligé de se coltiner les autorités guindées British.

Et puis, la mauvaise influence de Parker aidant (bon, ok, là la voleuse avait bon dos, mais chut, faisons comme si cela n'avait rien à voir avec l'expression de quelque chose de plus profond), Dray exprima une autre plaisanterie, nettement plus personnelle et son sourire vaurien s'agrandit en entendant la répartie de son aîné. Il répliqua narquois, et très fier visiblement de la connerie qu'il allait sortir. La malice, ça se partageait aussi bien qu'une bonne bouteille.

"Pas faux mais si on calculait cette marge en fonction de la proportionnalité existante entre ton atelier et le Refuge et ton studio deux pièces et un tiroir, ben tu verrais que je prends beaucoup de place."

Apparemment, pour l'aventurier, au contraire, la comparaison était tout à fait possible et plutôt drôle, vu la lueur pétillante de ses yeux platine alors qu'ils reprenaient leur marche vers Hyde Park. Et pour être honnête, puisqu'on parlait de ça, il ne tenait qu'au peintre pour que l'une des deux chambres d'amis ne devienne la sienne attitrée, même si au plus grand plaisir de son hôte, il dormait  plus souvent dans le lit de ce dernier … Breeeef ! Partageons donc une bonne cigarette pour changer…

La mauvaise surprise de la foule passée et partagée silencieusement, les deux hommes ne mirent pas longtemps à atteindre le deuxième spectacle de la soirée. Et évidemment la conversation avait dévié dessus.

"D'après ce que je sais, ils en font toujours !" ricana Dray quand Vaughn fit mention des Oubliators et de leur travail de sape. Parce qu'évidemment, ces charmantes bestioles n'avaient rien trouvé de mieux que se poser peu après le lever des Londoniens. Pourquoi se gêner ?

En en effet, nous en convenons, l'émissaire s'extasier était incompatible avec le personnage mais son regard émeraude captivé par les créatures était bien assez explicite du goût de Fox pour qui les reptiles, pendant quelques secondes, n'étaient pas le sujet principal de sa propre fascination… D'ailleurs, Fox, si tu revenais à nos moutons, enfin dragons en l'occurrence, plutôt que de mater Xander ? Il fallut un instant et un léger hochement de tête pour dire de se reconcentrer sur ce qui devait normalement recevoir toute son attention. Les remarques de Vaughn l'aidèrent sensiblement. Il commenta à son tour :

"Il leur suffirait d'un coup de patte ou de mâchoire, voir un petit barbecue pour détruire une bonne dizaine d'entre nous d'un seul coup. On est des créatures insignifiantes à leurs yeux, autant qu'ils sont impressionnants aux nôtres. Mais si l'en d'entre nous ose toucher le petit, ce ne sera pas la même chanson, sécurités ou pas."

Mais alors qu'il s'apprêtait à reporter son regard trop clair sur les dragons, il se figea, blanc comme un linge, fixant soudain un point éloigné derrière le peintre alors qu'en même temps le premier cri de panique d'une longue série retentit. Une vieille femme un peu à l'écart, pointait du doigt, terrifiée et l'autre main sur sa bouche comme pour retenir le hurlement qu'elle venait de pousser, une lueur dans le ciel, à l'opposé des dragons. Ce que regardait Fox, lui-même, et quelques autres autour d'eux. La réaction des sorciers qui avaient entendu et avaient abandonné leur contemplation pour voir ce qui se passait ne tarda pas. Un vent de panique souffla. Et la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans l'assemblée qui s'agita dangereusement. Après le vent, ce fut un mouvement général mais encore hésitant qui s'amorça sous les exclamations.

"La marque des Ténèbres !"

On n'osait pas trop réagir, doutant de ce qu'on voyait. On se demandait encore un instant, dans un fol espoir, si ce n'était pas une mauvaise plaisanterie. Mais il fut dit que le Morsmordre n'était pas une blague douteuse, pas même un avertissement, mais simplement pour les assassins, le coup de feu qui annonçait le début de la partie. Déjà, on vit dans la semi-obscurité baignant le parc, des éclairs et des silhouettes s'effondrer sans qu'on sache trop d'où venaient les sorts. Aussitôt, le mouvement d'oscillation cessa, et mua en débandade vers l'entrée unique du parc qu'ils avaient tous emprunté. Sauf qu'un peu plus loin, attendait bien tranquillement l'autre partie des spadassins. Une poignée se décida à sortir de l'ombre pour courser les fuyards. Une technique de pêche très efficace de faire peur au ban de poissons pour les diriger vers les filets…

La scène avait un très amer goût de déjà vu pour Dray. Comme celui de la peur qu'il sentait irrépressiblement monter en lui. Les souvenirs de Stuart se superposèrent. Mais étant aussi celui qu'il était, c'est-à-dire une tête brûlée qui avait choisi son camp et le combat depuis longtemps, les réflexes reprirent heureusement le dessus. Le jeune homme réagit donc et immédiatement dégaina sa baguette. Il ne fallait surtout pas rester là en étau entre une foule paniquée et déchaînée et des tarés décidés à faire un carton ! Aussi, il avait attrapé brutalement le poignet de Vaughn pour l'entraîner, non pas vers le sentier principal où d'autres hurlements retentissaient au loin et où déjà on percevait le reflux de la foule, mais à couvert d'arbres, visiblement encore épargnés de toute présence, à l'opposé de la position supposée et la trajectoire empruntée des agresseurs qui s'étaient découverts. Prendre une seconde pour faire le point. Enfin, il serait vite fait ! Le parc était immense et clos pour l'occasion des dragons, la chasse était officiellement ouverte et déjà, les cagoules noires comptaient visiblement avec joie les trophées quand on entendait certains rires de déments, alors que du côté des forces de l'ordre, l'alerte avait évidemment été donnée et qu'on sonnait le rassemblement des troupes.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Sam 2 Nov 2013 - 1:07

Un sourire amusé avait répondu au sarcasme de l'américain. En même temps, il le comprenait, lui-même n'étant pas fan de médecine sorcière, mais il trouvait ça drôle. Quoi qu'il en soit il ne put qu'acquiescer aux mots de son ami concernant l'acteur qu'il venait d'évoquer. Lui aussi avait relevé la performance et il avouait qu'il avait une certaine affection pour son jeu d'acteur. C'était le point le plus délicat de la pièce et il ne l'avait pas déçu sur ce point, comme il l'espérait.

"Je savais déjà que c'était un acteur prometteur, je l'avais repéré il y a quelque mois dans une pièce de Stoppard, Arcadia, ou son interprétation de Bernard Nightingale, le professeur de  littérature, était remarquable. Je suis satisfait de voir qu'il est encore plus intéressant que je le pensais…" confirma-t-il, se souvenant parfaitement avoir grâce à lui apprécier l'œuvre pourtant difficilement à sa porté par son coté écrit scientifique purement moldus dans le thème.

Enfin, la conversation c'était détourné toute seule du théâtre pour se pencher sur un versant un peu plus personnel, à savoir l'oubli de Dray de son briquet sur sa table basse. C'était inédit mais intéressant comme situation… enfin, surtout ce qui en découla d'ailleurs. L'allusion au ministère, pour l'américain qu'il était, semblait particulièrement savoureuse et il ne pu qu'acquiescer les dires de son ami. Il n'avait pour ça part pas grand-chose contre eux, moins il les côtoyait mieux il se portait, mais connaissant la mentalité du pays. Oui il n'était pas objectif et il l'assumait parfaitement, merci.

"C'est sur et je ne serais pas contre mais évitons tout de même de se retrouver au poste (voir pire si les reptile n'apprécie pas non plus l'humour) pour l'une de mes rares soirées de libre du moment veux-tu ?"avait-il finalement ajouté sur un ton entendu. Et puis de toute façon, la suite de la discussion était beaucoup plus amusante que ce point précis sur le ministère anglais même si les voir s'arracher les cheveux aurait pu être distrayant.

C'est sur qu'en calculant la proportionnalité, ce qui à première vue n'était pas comparable pouvait le devenir, Vaughn en convenait… mais dans le fond, ça ne changeait pas grand-chose à son point de vue. Il avait quoi qu'il en soit une bien plus forte propension à squatter chez lui que l'inverse dernièrement alors on pouvait dire qu'il était le plus 'envahissant' des deux non ? Comme si ça avait de toute façon la moindre importance…

"Vu la façon dont tu présentes les choses, mon appart a l'air ridiculement petit. C'est que je ne suis qu'un modeste professeur moi…"répondit-il dans un premier temps, faussement vexé.

"Enfin… Tant que tu ne prends pas TOUTE la place… c'est que monsieur à une sacrée garde-robe alors je considère encore que sacrifier un tiroir n'est, malgré tout, pas trop cher payé en comparaison… Et puis, il  a certain avantage non négligeable… "taquina-t-il tout naturellement, pas en reste.

Quand au fait qu'il pouvait investir une des chambres… Connaissant le caractère de l'animal et ça propension à ne pas s'imposer, ce n'était pas pour tout de suite… déjà, il semait un peu ses affaires et c'était un grand progrès. Chaque chose en son temps, mais qui sait… Quoi qu'il en soit ce n'était pas vraiment la question du jour alors oui, passons…
C'était finalement sur une plaisanterie de Vaughn concernant un des corps d'élite du ministère qu'ils c'étaient retrouver devant les créatures magiques. Le peintre, les yeux fixés sur les dragons, n'avait pas vu la façon dont son cadet le regardait à son insu ni même le léger temps qu'il mit pour se reconnecter et lui répondre.

"Probablement oui, c'est sur… de toute façon je ne pense pas,  vu la tailles des adultes, quelqu'un soit assez stupide pour tenter quoi que se soit. En tout cas, moi, je passe mon…"répondit l'adulte avant de se faire littéralement coupé par un cri qui avait probablement fait sursauter pas mal de monde.

Le premier réflexe de l'artiste avait été de tourner son regard intrigué sur Dray avant même de tenter de repérer qui avait sonné la charge, comme pour l'interroger silencieusement sur ce qui se passait,  mais le visage livide de son ami avait aussitôt fait froncer les sourcils de l'adulte et tourner l'attention de se dernier dans la direction que le pianiste fixait… C'est là qu'ils l'avait vu… et alors que la panique semblait doucement se rependre dans les rangs des sorciers présents, l'artiste lui c'était simplement redresser et n'avait pas cessé un seul instant de fixer la marque honnie sans la moindre réaction. Les premières exclamations s'élevèrent alors, tout le monde sachant pertinemment ce que cela signifiait et un étrange sentiment s'empara du représentant du Tennessee. De l'incrédulité oui, un peu, mais aussi de la peur et un étrange malaise, comme si rien de ce qu'il avait comme émotion en stock ne pouvait coller à l'instant et que, du coup, il ne savait pas comment réagir du tout. Ce genre de scène, pour lui, était une grande première. Jusqu'à maintenant, il n'avait fuit les conflits à tout prix et même s'il c'était attiré la colère de ses paires quelques fois voir même s'était retrouvé un jour de malchance dans une rixe entre deux groupes passablement éméché, il avait toujours fait en sorte d'esquiver les problèmes du genre.

Ce fut la poigne ajustée de Dray sur son poignet qui fit reconnecter l'adulte alors que les sorciers autour d'eux courraient vers une mort certaine. Vaughn, a ce contact, avait à son tour sortit sa baguette tout en suivant son cadet sous le couvert des arbres. L'instrument magique ne lui serait pas d'un grand secours il le savait, même s'il était un sorciers tout ce qu'il y avait de convenable il n'était qu'un professeur d'Art Magique et était loin de pouvoir faire le poids face à l'armée de Vous-savez-qui, mais cette protection dérisoire était rassurante en un sens. Et finalement, une fois à couvert, l'artiste avait prit une seconde pour regarder la scène qui se déroulait devant ses yeux. Déjà, la mort prenait son dût et la peur ambiante, palpable, et ses cris semblaient rendre les trois créatures magiques 'étrangement' nerveuses…

"On fait quoi maintenant ?"

La question avait été murmuré sans que Vaughn n'ai pu la retenir et ce dernier avait presque été surprit d'entendre sa propre voix, aussi neutre, comme s'il n'était qu'un simple spectateur de ce qui se passait. Ils ne pouvaient pas vraiment rester là c'était une certitude et l'artiste en était conscient, ils n'étaient pas assez en sécurités mais en même temps ils étaient clairement pris au piège, sans issue possible. Avaient-ils d'autre choix que d'attendre le ministère et ses Aurors et espérer ? C'était encore moins sur… Et le caractère pessimiste de l'adulte avait tendance à ne pas lui faire espérer un dénouement heureux…



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Dray Fox
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Dim 3 Nov 2013 - 20:18

Oh, c'était même de médecine tout court, aurait-on pu préciser pour définir l'aversion du New-yorker qui avait répondu à l'artiste. Mais l'objectif était bien que ce soit drôle justement alors quand Dray obtint un sourire amusé de l'émissaire, lui retint d'afficher sa satisfaction et le laissa continuer son analyse. Les deux hommes constatèrent alors qu'ils partageaient le même avis sur l'un des comédiens de la pièce.

"Je regrette de l'avoir raté, celle-là." remarqua Dray pour qui, au contraire, tout ce qui devait toucher à la science, qu'elle soit moldue ou sorcière, devait le passionner. Il continua, un peu boudeur :

"Savoir que tu l'as autant appréciée et qu'il jouait dedans, je suis encore plus dégouté, du coup."

Finalement le jeune homme fit une pause et son sourire de sale gosse s'esquissa alors qu'il tirait de son étui sa cigarette.

"Tu crois que si je paye les acteurs et le théâtre en conséquence, c'est-à-dire une fortune indécente, je pourrais obtenir une représentation spéciale ?"  

L'oubli du briquet fut un tout aussi bon sujet de conversation que le théâtre car les deux hommes furent aussi prolixes à ce propos. Surtout que ça permit à Dray de casser du sucre sur le dos du Ministère que, si Vaughn ne fréquentait pas, lui devait se taper régulièrement. Au sens figuré, fort heureusement. Il n'était pas plus objectif mais en plus, lui avait de bonnes raisons. La répartie du peintre sur la question du bon déroulement de la soirée, merci de ne pas la gâcher, tira à l'homme d'affaires un sourire complice. Il décida de se la jouer bon prince :

"Quoi ? Et rester tranquille sans jouer avec le feu ? Bah, allez pour toi, je veux bien faire un effort. Mais c'est bien parce que c'est toi, hein !"

Déterminer lequel des deux était le plus squatteur était en effet sans aucune importance, Dray était parfaitement d'accord. Par contre, il trouvait visiblement marrant de délirer là-dessus.

"C'est bien pour ça que je l'ai présenté comme ça." S'exclama, taquin, le jeune homme en tirant sur sa cigarette, et surtout en zieutant malicieusement du coin de l'œil son ami. Il savait qu'il n'aurait pas à attendre pour voir le retour de la balle. Le coup de la garde-robe le fit ouvertement se marrer. Et évidemment, il contre-attaqua sans se gêner, on s'en doute.

"Je te rassure, ce n'est pas dans tes armoires où j'ai envie de prendre toute la place, mais plutôt dans ton lit."

Et il ponctua bien évidemment cette fine remarque de son sourire le plus séducteur, les yeux charmeurs.

"Mais quel serait cet avantage ?" finit-il par demander avec curiosité, sentant venir une réponse du même acabit et semblant s'en délecter par avance.

On vous l'avait dit, la soirée aurait dû se poursuivre ainsi, sur ces tonalités. Cela aurait été parfaitement logique et bien digne d'eux. Fox aurait pu continuer à mater un moment Xander en douce, ils seraient encore échangés quelques plaisanteries foireuses en admirant un spectacle qui ne manquait pas d'intérêt et ils seraient finalement rentrés, sans doute chez le peintre, et Dray aurait tenté alors sa tentative d'invasion du lit de Vaughn, comme promis.

Un plan ne se déroule jamais sans accroc…

Si c'était une première pour Xander, cela ne l'était pas pour Fox. Pas comme s'il n'avait pas "l'habitude" de se confronter à ces tarés… Et puis ce shooté à l'adrénaline, qui cherchait souvent les ennuis aussi bien qu'ils venaient le trouver, (même s'il en avait gagné pour l'avoir promis à ses proches), savait aussi la maîtriser cette peur qui voulait vous couper les jambes et vous empêcher de réfléchir intelligemment. Le manque de réaction de l'émissaire, l'aventurier le remarqua mais ne chercha pas à l'analyser en profondeur. Par contre, il considéra que c'était donc à lui d'agir pour les sortir du guêpier dans lequel ils s'étaient fourrés bien malgré eux. Enfin malgré eux… Qui avait proposé d'aller voir les bestioles ? … Lui, évidemment ! Sans commentaire.

Ils devaient bouger oui, mais certainement pas dans la même direction tous les autres. Il entraîna sans hésiter très longtemps son ami à couvert. Il tenta de repérer l'ennemi au passage et constata qu'il ne fut pas le seul à avoir eu cette idée en voyant d'autres sorciers plus stratégiques que les autres partir dans toutes les directions, en particulier en voyant le mouvement de reflux de la foule. Pour rester en vie, pas énormément de solutions. Ou vous faisiez tout pour rester dissimulé dans la masse en espérant que ce soit le voisin qui se fasse dézinguer, ou vous obligiez les forces adverses à se disperser et vous tentiez de les semer.

En courant, le New-yorkais essaya de faire abstraction des exécutions sommaires et des séances de torture qui avaient lieu derrière eux, et encore plus de sa mémoire qui voulait lui rappeler qu'il avait déjà vécu ça. Seiki avait raison ! Fichu sentimentalisme ! Rester pragmatique, plutôt. Tenter de se souvenir de la cartographie du parc. Il en avait étudié les plans pas plus tard que la veille pour ce foutu coup de main à donner au Ministère, ça ne devrait pas être si compliqué de les visualiser, bordel !

L'entrée principale était la mort assurée, les autres avaient été condamnées, le temps  du squat des dragons… Dray rejoignit les pensées de Vaughn. C'était très mal engagé, cette histoire… La question légitime du peintre tinta amèrement aux oreilles du pianiste.

"On prie."

Non, Dray en avait pleinement conscience, ce qu'il venait de répondre cyniquement, n'avait rien de rassurant. Attendre la cavalerie, ils auraient le temps de crever dix fois… Il observa le massacre en espérant trouver une logique dans les déplacements de l'ennemi, et donc s'en éloigner davantage. Mais le jeune homme finit toutefois très vite par se tourner vers son ami très sérieusement.

"Vaughn, tu ne laisses personne t'approcher. Et je t'interdis d'hésiter. Tu vois un de ces tarés dans ton champs de vision, qu'il soit devant ton nez ou à perpette, qu'il t'ait dans le collimateur ou pas, tu ne cherches pas, tu tires. Stupéfixe, entrave, endors, chatouille, rends aveugle, fais exploser, je m'en tape mais je veux que tu dégaines le premier !"

En se rongeant l'ongle du pouce, l'aventurier finit par à nouveau observer les alentours, inquiet. La nuit tombante était autant un atout qu'une faiblesse. Autant ils pouvaient mieux se planquer, autant c'était aussi vrai pour ceux qui voulaient leur peau. Soudain, un rugissement retentit dans l'air. On avait dépassé le stade de la nervosité chez les reptiles. Là, on était visiblement colère. Trop de bruit, trop de mouvement…

"Manquait plus que les dragons s'y mettent ! Pourvu qu'aucun abruti n'ait l'idée d'aller les faire chier ceux là ! "

Ils étaient déjà resté trop longtemps à la même place, ils devaient bouger. Ouais, bon plan ! Mais pour aller où ? Ils avaient besoin d'une planque facilement défendable pour attendre les renforts.

"Il faut qu'on atteigne la Serpentine Gallery. Le nouveau pavillon est en chan…"

Ce fut au tour de Dray de rester sans voix, stupéfié. Non mais c'était quoi ce délire ?! Il partit au quart de tour.

"Reste planqué là et surveille tes fesses !" lança-t-il à Xander, pour le prévenir si l'on put dire de ce qu'il allait faire, c'est-à-dire courir comme un dératé vers un des tarés en question, ayant visiblement trouvé une cible de choix, quelques mètres plus loin.

"Dolor…"

Il n'eut pas le temps de finir sa formule, bien heureusement, parce qu'il s'écroula comme un pantin désarticulé, touché de plein fouet par le sortilège informulé que lui balança un Fox furax. Et on sut alors pourquoi Dray avait réagi aussi soudainement et foncé dans le tas alors qu'une minute avant, il réfléchissait à la meilleure façon de l'éviter…

"Sois encore heureux que je ne t'ai pas réellement désarticulé, on ne touche pas à mon petit frère." claqua-t-il, en appuyant bien sur l'adverbe, au mangemort encore conscient visiblement, mais bien incapable de se relever. Il se tourna finalement vers la victime du mage noir. D'abord, on s'assure que tout va bien, après on s'énerve.

"Ca va ?"

C'était la première des choses. Mais devant l'absence de réaction de celui qu'il venait de sauver, Fox ne tarda pas à changer ses priorités. Ok, on s'énerve tout de suite. Il le secoua comme un prunier en lui criant carrément dessus pour lui remettre les idées en place.

"Bordel Dorian, est-ce que ça va ?! Ramasse ta baguette !"

Le traitement de choc était peut-être abusé mais efficace. Ce n'était pas le moment pour une crise de tétanie. L'Américain décida toutefois de ne pas trop rester sur cette question alors le oui de son frère, même bégayé et le voir obéir, lui suffit. Il ne tarda pas à l'entraîner comme il l'avait fait pour Vaughn et rejoindre le peintre. Là, Dray se donna une minute supplémentaire pour comprendre en enlaçant son frangin, cherchant par ce geste affectueux qui contrebalançait la violence dont il avait fait preuve juste avant, à reprendre le dessus sur la peur qui voulait le faire douter. Quand il n'y avait que sa propre vie dans la balance, le New-yorkais s'en foutait de prendre des risques et d'aller au feu. Mais d'abord, il y avait eu Vaughn avec lui et maintenant son petit frère avec eux. Deux vies en charge, ce n'était pas du tout le même calcul…

"Qu'est ce que tu fous là ? Et tout seul en plus ! Où est Kaïn ? Et ta mère ?"

Ouais bon, il aurait pu demander des nouvelles de sa belle-mère avant son pote… Ou pas. L'essentiel surtout, c'était qu'ils décarrent de leur position trop exposée alors que les mangemorts et leurs proies se dispersaient. Un nouveau rugissement s'entendit pour couronner le tout et cette fois, il fut accompagné d'un très beau jet de flammes vers le ciel. Un avertissement très clair des squatteurs, que décidément, les moucherons qu'ils étaient commençaient à sérieusement leur courir sur les écailles...


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Lun 4 Nov 2013 - 18:46

Ce que Dorian faisait à Hyde Park ? Il était venu voir les dragons pardi ! Dès qu'il avait lu dans la gazette du sorcier que trois d'entre eux s'étaient posés dans le plus grand parc de la capitale, il avait fait une vie de voleur pour convaincre ses parents d'aller les admirer. Son père avait refusé tout net pour deux raisons. D'abord, il n'en voyait absolument pas l'intérêt et se passerait bien d'un bain de foule, merci, et deuxièmement, il avait de toute façon un dîner d'affaires. Depuis que Dray avait découvert qu'il avait mené des tractations dans son dos (avec les conséquences que l'on sait, ce n'était pas la peine de les rappeler), les moments où il donnait un peu de mou à la laisse qu'il lui avait serré autour du cou (et le sexagénaire était persuadé que son rejeton regrettait que ce ne soit pas au sens propre) étaient rares. Alors quand cela arrivait, même un samedi soir, croyez bien que M. Fox ne la laissait pas passer, même pour un caprice de son cadet. Sa mère, elle, s'était laissée convaincre au fur et à mesure que la journée était passée et que Dorian revenait à l'attaque.

"Allez maman, s'il te plait ! On pourra en faire un tableau tellement ce sera cool ! On le peindra ensemble, tu me montreras encore la technique du clair-obscur comme ça. Et puis je pourrais faire une sculpture de métal aussi."

Ah il la connaissait bien son vaurien de fils. L'idée de faire une œuvre ensemble de ce moment était bien tentante. Piper interrogea du regard les deux gardes du corps qui logeaient chez eux de par leur mission et en particulier pendant les vacances d'été de son fils. Etait-ce au moins prudent ? Oh et puis après tout, ils n'allaient pas rester cloitrés chez eux, tout de même. Et comme l'avait dit si bien Dorian une bonne dizaine de fois tout au long de la matinée, c'était une occasion unique de voir quelque chose de stupéfiant.

"D'accord, tu as gagné, chéri. On ira ce soir, mais après le dîner seulement. Ton oncle vient manger. Il voudra surement venir avec nous."

Dorian lança un clin d'œil complice et fier à Kain, bien content d'avoir réussi son coup. Il était loin de se douter que ce qu'il voyait comme une simple sortie avec sa mère, son oncle et son ami, tournerait au cauchemar…

Alors que la petite troupe qu'ils formaient passait les arches de l'entrée de Hyde Park, le monde avait surpris l'adolescent, mais en même temps, c'était logique. Des dragons en plein centre ville de la capitale, évidemment, ça attirait la curiosité. Très vite, ils se retrouvèrent noyés dans la foule.

"Surtout reste près de moi ou de Kain, Dorian."

Le Serdaigle hocha simplement la tête en retenant de justesse de lever les yeux au ciel, en entendant ce conseil maternel alors qu'ils tentaient de s'approcher au plus près des créatures et que lui, sortait son carnet à croquis avec insouciance. Elle s'en faisait toujours trop, sa mère. Il n'était pourtant plus un gamin.

Il était en train d'essayer de dessiner le dragonneau quand le cri d'alerte retentit. Trop concentré sur son esquisse, il avait occulté ce qui l'entourait. Et sans qu'il ne comprenne rien, une poignée de secondes plus tard, il se fit violemment bousculé au point qu'il tomba à genoux. Il tenta de se relever mais il fut immédiatement repoussé au sol par une autre personne alors que la panique grandissait dans la foule. Par instinct, il se mit en boule sur le sol et se protégea la tête entre les bras alors qu'il sentit qu'on lui marchait dessus.

Mais soudain, on le remit sur ses pieds.

"Oncle Max !"

"Viens, Dorian, il ne faut pas rester là !"

"Qu'est ce qui se passe ? Où est maman et Kain ?"

"Un peu plus loin, ne t'inquiète pas."

Mais au ton de la voix de son oncle, il savait qu'il lui mentait. A la place, par contre, l'homme le prit par la main pour l'entraîner loin des dragons, vers l'entrée principale. Ils purent s'éloigner suffisamment avec beaucoup d'autres jusqu'à ce que le kiosque à coté duquel ils passèrent, volât en morceaux. Dorian sursauta et lâcha la main de son oncle par réflexe pour se protéger alors qu'autour de lui, les cris redoublaient et la bousculade s'aggravait. La foule faisait brutalement demi-tour. Dorian trébucha et quand il se releva, Max avait disparu de son champ de vision. Par contre, des cagoules noires y apparurent et deux en particulier, droit sur lui. L'adolescent écarquilla les yeux de terreur, mais eut les réflexes qu'il fallut. Il sortit sa baguette et lança le premier sortilège qui lui vint à l'esprit. Le stupéfix fut efficace. Surpris, le mangemort regarda son collègue s'effondrer. Ces quelques coutes secondes permirent au garçon de se sauver. Il courut aussi vite qu'il put vers les arbres, pour se cacher. Malheureusement, l'autre reprit vite ses esprits et le coursa bien décidé à lui régler son compte.

Dans l'obscurité tombante, Dorian ne vit pas où il mit les pieds. Il trébucha sur une racine, ce qui permit à son adversaire de le rattraper.

"Oh mais si on m'avait dit qu'on me servirait le gamin Fox sur un plateau... C'est sympa de nous simplifier le boulot."

Etrangement, la simple pensée qui vint à l'esprit de Dor' fut un banal "Oh oh…". L'adolescent déglutit et naïvement se traîna à terre contre le tronc avec panique comme si cela allait l'aider. Mais quand le premier sortilège fut lancé, il eut tout de même la bonne réaction. Le protego fut suffisant pour dévier la magie. Il se releva enfin.

"Oh je vois. On veut faire durer le plaisir. Comme tu veux…"

Ayling se dit tout de même qu'il se serait bien passé de l'ironie de l'homme qui lui faisait face. On pouvait franchement penser à des trucs débiles dans les situations catastrophiques. La peur au ventre, cette fois, l'empêcha d'agir avec efficacité, il se retrouva désarmé. Et sans sa baguette, il allait mourir.

"Dolor…"

Et souffrir avant… L'enfant ferma les yeux très fort, comme si cela allait rendre les choses plus douces. Sauf que non, le mangemort s'écroula. Statufié, Dorian rouvrit les yeux sur lui. Quelqu'un lui demanda si ça allait. Mais le Serdaigle était bien incapable de répondre, ni même de bouger, il déglutit simplement, sans même se rendre compte qu'il connaissait très bien son sauveur. Par contre, il se sentit trembler comme une feuille. Une seconde plus tard, et il l'aurait senti passer !

Et puis soudain, il se sentit saisi par les épaules et secoué. Il leva la tête, surpris qu'on lui crie dessus. Et là, il reconnecta. Dray ! C'était Dray ! Il aurait bien sauté au cou de l'Américain s'il ne sentait pas la poigne dure de son aîné sur sa peau. C'était qu'il lui faisait mal ! Il comprit alors ce qu'on lui demandait et qu'il fallait qu'il réponde.

"Ou… oui."

A la mention de son instrument, il fixa encore un peu dans le vague sa baguette, sur le sol à un mètre ou deux. Mais il obéit et la ramassa. Aussitôt que ce fut fait, il sentit son frère le saisir fermement par le poignet et courir. Entraîné, il ne put que suivre le chemin avec difficulté. C'était qu'il avait une sacrée foulée, le frangin! Ce fut essoufflé qu'il arriva près de Xander. Mais alors qu'il reprenait son souffle, il se fit enlacé par Dray et franchement, il en fut bien content. A son tour, il passa ses bras autour de la taille de son aîné. La sensation était rassurante. Sécurisante. Avec Dray et un autre adulte à ses côtés, tout irait bien. Il leva les yeux vers son frère.

"J'ai… j'ai insisté ce matin pour aller voir les dragons. Papa n'a pas voulu parce qu'il avait un rendez-vous. Mais maman a dit oui. Je ne sais pas où ils sont, on a été séparés par la foule. Oncle Max aussi. J'ai peur, Dray ! Qu'est-ce qu'on va faire ? Le mangemort, il a dit... il sait qui je suis ! Il fait partie de ceux qui sont chargés de nous tuer."

Ca, Dorian ne l'avait pas oublié. Et il sentit déjà la panique remonter en flèche et l'adolescent se mit à regarder frénétiquement autour de lui.

"L'autre, il va tout dire à ses copains !"

Et les dits copains n'étaient pas loin… Ils s'approchaient même dangereusement puisque de nombreuses ombres se déplaçaient autour d'eux, qu'elles soient des sorciers aussi piégés qu'eux ou leurs bourreaux… Dorian reporta toute son attention sur son frère et regardait alternativement son ami et lui. Il demanda avec angoisse :

"On va s'en sortir, tu crois ? Maman, Kaïn et oncle Max, ils…"  

Mais là, il ne put continuer. Pas comme si c'était utile de toute façon. Soudain, le rugissement retentit et la colonne de flammes s'éleva dans les airs, faisant sursauter l'adolescent, terrifié, alors qu'une vérité lui traversa l'esprit. C'était lui qui avait insisté pour voir les dragons ! Il sentit les larmes monter et se mordit violemment la lèvre inférieure.

"C'est de ma faute…"
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Vaughn Xander
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Lun 18 Nov 2013 - 21:04

Quelque en soit les raisons finalement, le résultat était le même et Vaughn préféra se pencher de toute façon sur l'acteur le plus marquant de la représentation qu'ils venaient de voir. La réplique de son ami, apparemment déçu de ne pas avoir eut la chance de voir la dites pièce qu'il venait de cité amusa un peu plus l'artiste. Depuis qu'ils se connaissaient, il savait ce que Dray aimait dans le fond et il était vrai qu'elle lui aurait indubitablement plu celle-là. Pourtant, ça lui semblait toujours un peu étrange qu'il trouve en l'américain un amateur tel que lui. Ca avait une chance sur combien de se produire dans le fond ? Mais il ne dit rien sur cette petite réflexion toute personnelle et laissa plutôt son ami faire étalage de son subterfuge pour, lui aussi, avoir le droit d'assister à une représentation même si cette dernière n'était actuellement plus à l'affiche.

"Je crois surtout que tu ne recules décidément devant rien quand tu désire obtenir quelque chose. "répondit l'américain, toujours aussi amusé alors que son sourire en coin pouvait être ambigüe sur le fait que se soit une bonne chose ou pas.

"S'ils acceptent, ce dont je ne doute pas vraiment, tu as intérêt de m'inviter à la représentation…"ajouta-t-il finalement… apparemment ce n'était pas une si mauvaise chose non…

La suite de la conversation, et la partie sur le ministère, fut tinté du même humour particulier chez les deux hommes mais l'aîné préféra rapidement oublier le ministère pour parler un peu plus d'eux, sujet bien plus intéressant à ses yeux. Ho il ne doutait pas que Dray en avait des choses à dire sur leur compte (et au passage heureusement qu'il ne se les tapait pas au sens propre, le narrateur que je suis n'a pas envie d'avoir de vision d'horreur merci) mais lui, le ministère, il préférait n'avoir rien du tout a faire avec (ou en tout cas le moins possible) aussi, il se contenta d'offrir une petite courbette à son cadet pour l'immense sacrifice qu'il était en train de faire afin de préserver leur soirée en tête à tête, et se contenta d'enchainer comme si de rien était sur la suite.

Ou presque, parce que l'allusion à son studio était quelque peut vexante quand même. Enfin, pas que Vaughn puisse être vexé pour quoi que se soit me diriez vous –et vous auriez raison– mais au moins pour le principe na… et puis parce que c'était plus amusant comme ça…

"Oui enfin, il ne doit pas être aussi ridiculement petit que ça puisque ça seigneurie y revient régulièrement…"répondit-il l'air de rien alors qu'il rendait son regard en coin à son ami faussement contrarié (ce qui était des plus amusant quand on connaissait un temps soit peut l'homme).

Mais finalement c'est un air un peu plus intéressé qui fit son apparition sur le visage impassible de l'adulte au regard trop vers quand Dray affirma que ce n'était en rien ses placard qu'il désirait envahir. Ha bon ? On ne s'en serait pas douté de celle-là tien… d'ailleurs un nouveau sourire un peu plus provocateur c'était rapidement posé sur ses lèvres alors que le cadet lançait sa connerie. Vaughn tira un instant sur sa cigarette, comme s'il réfléchissait à tout ça, alors que son compatriote lui demandait quel avantage pouvait bien attendre l'homme de leur rapprochement. Laissant échapper la fumée qu'il c'était amusé à conserver un instant dans ses poumons, laissant filtrer une douce odeur sucrée avec une pointe d'acidulé prouvant bien comme cette conversation lui plaisait et l'amusait à la fois, il se décida a répondre avec sa nonchalance habituelle, bien digne de lui.

"Que tu ne tente de prendre toute la place dans mon lit ?..."et qu'il puisse s'amuser à le mordre pour cette invasion, comme il l'avait déjà fait pour un drap volontairement tiré à soit par le passé…

Notre artiste aurait bien aimé que cette soirée se déroule selon leur plan pour une fois justement, lui qui en avait fait la remarque un peu plus haut. Bien sur, aucun des deux ne pouvait rien y faire mais l'artiste aurait bien gouté encore un peu à cette insouciance… Au lieu de ça, et en un claquement de doigt, leur petite soirée en tête à tête c'était changé en un vrai champ de bataille ou les sorciers n'était que du gibier facile pour une bande de détraqués à la solde d'un fou dangereux. Et savoir qui était responsable de leur présence ici était bien le cadet des soucis du peintre qui, de toute façon, avait aussi eut envie de venir même si la demande avait été formulé par le New-Yorkais. Ils avaient plus urgent à gérer malheureusement.

Et le cadet avait très bien fait de tirer l'adulte vers un coin plus à l'abri, le faisant ainsi reconnecter à la réalité, il aurait été incapable de faire se travail seul. Maintenant, il fallait juste qu'il occulte tout ce qui se passait, comme si cela ne devait aucunement rentrer en ligne de compte. Et même s'il avait l'habitude de le faire, là, au milieu des cris et des explosions magique, il était clair que ça serait beaucoup plus dur que d'habitude. D'ailleurs, sa réflexion même, échappant totalement à son contrôle, était bien une preuve suffisante que tout ceci le dépassait complètement et ne rentrait aucunement dans les schémas habituels de l'américain.

La réponse de Dray aurait pu tirer un rire incrédule au peintre s'il ne savait pas que son ami était soit cynique mais parfaitement sérieux à la fois. Prier, ce n'était pas vraiment dans ses attributions à lui, surtout pour le non croyant qu'il était malgré son statu autoproclamé. Et ses pensées avaient évidemment rejoint celle de son ami. Effectivement, ça n'avait rien de rassurant…

"Dans ce cas, on est pas dans la merde…"répondit-il amèrement.

Au moins le comportement de son ami avait le don de le faire revenir un peu plus à son 'état habituel' même si rien autour d'eux ne l'était. Instinctivement, l'adulte resserra son emprise sur sa baguette alors qu'il scrutait l'obscurité grandissante de ce début de nuit à la recherche d'un éventuel point de retraite. Hors de question qu'il ne compte sur la chance ou l'intervention divine pour sa part. Son regard vert fut par contre brutalement ramener à celui perle de son ami quant se dernier se retourna si abruptement vers lui pour lui asséner ses vérités. Tirer le premier, oui bien sur… si il pouvait, il mettrait cet adage en application : il n'avait pas spécialement envie de mourir ce soir.

"Fait-moi plaisir et fait-en de même… pense à tes fesses pour une fois et évite de faire le malin…"avait-il répondu, un peu plus inquiet pour son camarade qu'il l'était pour lui-même dans le fond... c'est que ce n'était pas lui le 'chat noir' à la base…

Vaughn n'avait rien ajouté de plus à la suite. L'énervement des Dragons, il l'avait aussi repéré mais il préférait en faire abstraction pour le moment. Un problème après l'autre, il gérait beaucoup mieux les choses de la sorte. Il avait simplement écouté, attentif, tout ce qui se passait autour de lui et surtout les mots de son compatriote. Par contre, quand se dernier c'était arrêté en plein milieux de sa phrase, le représentant du Tennessee avait une nouvelle fois reporté toute son attention sur lui. Ce qu'il se passa, l'artiste ne le comprit pas très bien, tout ce passa si vite, mais quand il vit le PdG s'élancer hors de leur cachette après de succins ordre, une nouvelle fois la voix de l'ainé c'était fait entendre, étouffé pour ne pas faire repérer sa position

"Qu'est-ce que tu fou Dray !"Peut de chance qu'avec le Chaos qui les entouré il n'ai entendu plus que les premiers mots mais il avait fallut que ça sorte.

Le peintre, pourtant, avait suivit les instructions et n'avait pas bougé d'un iota, restant sous le couvert des arbres et scrutant le moindre mouvement dans son champ de vision. Et maintenant qu'il était là, tout seul, le stress montait d'un cran c'était un fait même s'il tenta de ne pas se laisser submerger par lui. C'est que, mine de rien et même s'il était angoissé, c'était net, la présence de Dray le rassurait tout de même. Enfin, il ne resta pas longtemps seul, Dray était rapidement revenu à ses coté en tirant un étrange paquet derrière lui. Ce môme, Vaughn le connaissait par contre, il aurait fallut être aveugle pour ne pas remarqué leur ressemblance et comme ce que son ami pouvait lui raconter l'intéressait, il savait que c'était Dorian.

"Refait un truc aussi débile et c'est moi qui te jette un maléfice…"glissa-t-il à l'adulte, bien content qu'il ait réussit à revenir avec le gosse en un seul morceau.

Mais qu'est-ce qu'il foutait là lui ? Et il était où, son Auror ? Il n'eut pas longtemps à attendre pour avoir la réponse à ses deux questions… Et ce qu'il entendit fut loin de le rassurer : en plus d'être au milieu d'une attaque Mangemort, ses deux là avaient un contrat sur la tête ? Ouai ben ça promettait une fin des plus joyeuses ça…

Sursautant en même temps que le gamin quand un jet de flamme trancha le ciel, Vaughn pu apercevoir une tête encapuchonnée qui semblait scruter dans leur direction. Ce n'était peut-être pas eux qu'il cherchait, soit, mais l'artiste n'avait aucune envie de rester là pour le savoir et les jérémiades de l'adolescent ne faisait pas avancer le schmilblick même si l'adulte les comprenait –déjà que lui n'en menait pas large, il imaginait aisément ce que cela devait être pour Dorian–

"C'est pas le moment pour ça, faut qu'on bouge."laissa finalement entendre l'adulte d'un ton un peu trop incertain pour être aussi flegmatique qu'à l'accoutumée.

"Serpentine Gallery c'est bien ça ? "demanda-t-il finalement, plus pour être sur qu'ils iraient tous dans la même direction, avant de se mettre en marche. Il fallait faire vite tout en restant le plus invisible possible maintenant, et ils n'avaient pas le luxe de pouvoir se poser trop de questions…[/color]



    Le monde de l'art n'est pas celui de l'immortalité, c'est celui de la métamorphose.

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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Dim 24 Nov 2013 - 21:58

Dray ne voyait rien d'étrange, lui, à ce que Vaughn et lui aient cette même passion pour le théâtre. L'émissaire était tout de même un amateur plus éclairé que lui, ça, le jeune homme ne s'en cachait aucunement mais après, le Choixpeau ne l'aurait pas envoyé à Serdaigle pour rien. Et puis, jouer la comédie n'était-ce pas ce qu'il faisait régulièrement, pour ne pas dire quotidiennement ? Non, décidément, pour une fois les probabilités n'intéressaient pas le New-yorker. C'était comme ça, c'était tout. Le hasard avait bien fait les choses, voilà tout. Comme ils partageaient la mode, l'histoire de l'art et quelques autres points communs. Enfin comme Dray n'eut pas conscience de cette réflexion, il porta simplement son attention sur la remarque de l'émissaire quant à sa tentative de corruption. Il sourit, visiblement fier de lui.

"Pas faux." répliqua-t-il simplement à cette observation tout ce qu'il y avait de plus véridique. Et que Xander juge que ce soit une bonne chose ou non, ne semblait vraiment pas perturber plus que ça son cadet, en tout cas. Quand on avait, en autres, fait chanter et fait pression sur une ambassade américaine en utilisant sa relation avec un ambassadeur japonais pour obtenir les accréditations d'un professeur civil lambda, on n'était plus à un gros chèque près pour voir une pièce en représentation privée, franchement. Cela faisait longtemps que Fox ne se posait plus la question de savoir si profiter de ses pouvoirs et de son argent à des fins personnelles étaient bien ou mal. Tant qu'il les utilisait que pour des broutilles ou aider ceux qui l'entouraient et en particulier ses proches, il n'y avait pas lieu de philosopher.

"Mais pourquoi je me gênerais, je te le demande."  conclut donc le pianiste avec son sourire de sale gosse. Le commentaire suivant du peintre le fit par contre hausser les épaules d'un air entendu.

"Evidemment. C'était entendu d'office. Voir une pièce de théâtre est d'autant plus agréable, bien accompagné. Je prendrai contact avec le théâtre demain."

Voilà, ça, c'était dit et ce qui n'était qu'une fumeuse plaisanterie avait, en une seconde, basculé dans un projet tout ce qu'il y avait de plus concret. Dray Fox, homme d'action pragmatique, dans toute sa splendeur. Pourquoi se contenter de la blague après tout, on vous le demande ?

Le cas du ministère fut aussi vite bouclé qu'il ne fut ouvert. Pas comme s'il avait un véritable intérêt de toute façon et Dray sourit simplement particulièrement amusé par la courbette de son aîné. Mais lui ne garda pas le silence puisqu'il se permit de répondre à ce geste, altier.

"Oui, je sais, ma bonté me perdra."

Et parce qu'ils étaient très prolixes quand il s'agissait de dire des conneries, les deux Américains embrayèrent sur le cas de leurs squattages respectifs de l'espace de l'autre. Et Dray jugea bon de se montrer taquin. Comme s'il pouvait vexer Vaughn, franchement ! Quelle idée ! Par contre, en effet, le voir le chercher sur ce terrain pour récupérer le point, que vouliez-vous ?, c'était du petit lait pour le pianiste. Pas que le peintre qui savait s'amuser. Il répliqua telle une évidence avec sa désinvolture insolente coutumière, pas gêné pour deux sous par cette contrariété affichée par ce dernier :

"Si sa seigneurie y retourne, ce n'est certainement pas pour sa taille, très cher, mais parce qu'il porte un intérêt exclusif à son propriétaire."

Et il en rajouta bien évidemment une couche en parlant de sa stratégie d'invasion. Et si cela tenait de l'évidence, ce n'en fut pas moins fendant de le dire. Et la réponse de Vaughn à sa propre question fut du même acabit. Sans forcément penser à l'épisode de la morsure, Dray comprit en sans mal le sous-entendu et un sourire faraud et complice passa sur ses lèvres. Un sourire qui répondait parfaitement à la nonchalance de son ami.

"Le plaisir de ce genre de guerre est dans le corps à corps."

Malheureusement, la réalité rattrapa les deux hommes et fit exploser la bulle dans laquelle ils aimaient tant à s'enfermer comme ça. Et ce fut d'un tout autre type de guerre dont il fut soudain question. La vraie. Violente, cruelle et mortelle. Et parfaitement imbécile puisque chaque sorcier tué était une chance de moins de voir leur espèce perdurer à terme. Déjà que chaque génération était moins puissante et moins peuplée que la précédente, ils n'étaient pas rendus s'ils s'éradiquaient. Et à quoi ça servait d'avoir obtenu le pouvoir si vous n'aviez plus personne à contrôler ?

Enfin, il y avait plus urgent que philosopher sur les tenants et les aboutissants du conflit. Là, la priorité était bien de rester en vie alors Dray n'eut pas à réfléchir un instant pour les mettre à l'abri. Par contre, une fois dissimulés à couvert des arbres, Vaughn et lui, il se permit de réfléchir au lieu d'agir pour trouver une solution, aussi désespéré était leur cas. La remarque de son ami le tira de ses pensées et si elle ne fut pas contrôlée par le peintre, la réponse du pianiste le fut trop. Et cela ne s'arrangea pas quand Xander signala à sa façon jusqu'à quel point leur situation était compromise.

"Amen."

Voilà ce qu'il lui répondit avec cette même dose de sarcasme, sombre et dur. Enfin si cela permettait à Vaughn de retrouver un peu ses marques, on n'allait pas se plaindre. Il fallait qu'ils soient maîtres d'eux-mêmes, s'ils voulaient s'en tirer sans trop de casse… Mais Dray ne put s'empêcher de mettre les points sur les i. Il lui assénait peut-être ses vérités, mais il était vital pour lui de les dire. Parce que… non ! Ne pas y penser. Ils s'en sortiraient. Ils devaient rester alertes et calmes et ils trouveraient une solution. Il le fallait.

La répartie de Vaughn tira un soupir ennuyé à l'homme d'affaires. Évidemment, son aîné n'avait pas faux dans ce qu'il sous-entendait. Mais pour Dray, c'était peut-être plus compliqué à gérer. Pas qu'il avait envie de mourir, lui, mais il se connaissait bien, surtout. Il y avait des impératifs et penser à se protéger lui avant les autres, n'était pas dans son mode de fonctionnement. Les deux hommes le savaient tous les deux. Alors Xander n'allait sans doute pas être surpris par la réponse qu'il allait obtenir.

"Pour ce qui est de penser à mes fesses, je ne peux pas le promettre mais ne pas faire le malin, ça oui. Pas tant que tu seras avec moi, en tout cas… "

Et la preuve de ce fait ne tarda pas à s'exprimer puisque Dray fonça sans crier gare à découvert. Il n'entendit pas son ami, non, mais ça n'aurait rien changé, si cela avait été le cas. Il y aurait toujours des priorités qui ne pouvaient être ignorées et qui demandaient à ce qu'on s'oublie. Et voir son frère face à un assassin, en était une de poids.

Quand le jeune homme revint avec son cadet, il ne fut pas surpris d'entendre Vaughn lui remettre les pendules à l'heure. Mais Fox haussa les épaules avec cette désinvolture teintée d'insolence qui serait sans doute perçue exaspérante dans ces circonstances. Mais qu'est-ce que vous vouliez qu'on vous dise ? Il avait des réflexes comportementaux bien trop ancrés. Faire cyniquement le mariole quand il se faisait engueuler en faisait partie.

"Je ne vais pas laisser buter mon frère sans réagir quand même, ça ferait désordre à la prochaine réunion de famille. Déjà que c'est pas la joie…"

Les questions que se posa Xander au sujet de la présence de Dorian, et bien figurez-vous que l'homme d'affaires se les posait aussi et que lui les émit à voix haute. Par contre, il y avait deux choses que le New-yorkais n'avait pas prévu en le faisant. Un, que Dorian lâche comme ça, devant Vaughn, cette histoire de contrats que justement lui s'était démené à passer sous silence pour la majorité de ses proches. Deux, qu'ils allaient en toute logique devenir pour une partie de leurs adversaires un gibier recherché et des trophées de chasse convoités. A la rigueur, Dray aurait pu le gérer si les deux frères avaient été seuls. Sauf qu'au milieu de l'échiquier, cette fois, il y avait Vaughn en plus, pris dans la tourmente d'une histoire qui ne le concernait en rien.

Pendant un instant, il retint son souffle, le temps d'assimiler cette nouvelle perspective. Pas que ça modifiait énormément le plan de départ… ou l'absence de plan… mais cela voulait dire qu'il allait falloir redoubler de prudence et trouver une solution d'autant plus rapidement. Si les mangemorts étaient décidés à profiter de l'occasion pour remplir le contrat, leurs probabilités d'échapper à la tuerie prenaient sérieusement du plomb dans l'aile. Et là, plus question de penser à lui et toutes ces conneries. L'unique objectif du New-yorkais était à présent de sortir Vaughn et Dorian de là, coûte que coûte.

Et pour cela, il fallait d'abord gagner du temps et donc trouver un abri plus sûr que quelques arbres.

Fox, comme les deux autres, réagit au jet de flammes des dragons mais lui se contenta de lui jeter un coup d'œil mauvais avant de repartir dans sa réflexion. La voie des airs était à oublier, ils avaient rendu impénétrable la zone aérienne du parc pour éviter à des petits malins d'exciter les reptiles en voulant les admirer de haut. Une brèche dans la clôture extérieure du parc la plus éloignée des dragons était envisageable. A condition d'abord de l'atteindre et ensuite de parvenir à la fragiliser. Et ça… On dira simplement que les probabilités n'étaient franchement pas en leur faveur. Mais c'était la seule option qu'ils avaient avec celle d'attendre les secours. Et celle-là était mathématiquement encore pire… Donc le choix était vite fait. Mais pour cela, il fallait qu'ils prennent le temps de réfléchir au chemin le plus adéquat. On en revenait à la Serpentine Gallery.

La voix de Dorian coupa court à l'analyse de son frère. Et la remarque de Vaughn finit de le ramener concrètement dans l'action, même si lui, trop absorbé, n'avait pas remarqué le mangemort à quelques mètres d'eux. Il confirma la destination au peintre d'un simple hochement de tête assuré avant de se tourner vers son petit frère.

"Vaughn a raison."  dit-il à l'adolescent avec une certaine dureté.

"Je ne veux pas entendre ça, Dor', clair ? Piper, Kain et ton oncle vont bien jusqu'à preuve du contraire et les uniques responsables sont ces tarés. Fin du débat. Maintenant, on y va. "  

Il préféra par contre ne rien dire sur la question de savoir s'ils allaient s'en sortir. Il se contenta juste de prendre très fermement la main de son frère. Il allait devoir prendre en compte un nouveau facteur dans ses calculs. Les capacités physiques de Dorian étaient un frein non négligeable. Vaughn et lui étaient sportifs. Ils avaient de l'endurance. Ce n'était pas le cas de l'adolescent, il avait pu s'en rendre compte alors qu'ils revenaient près du peintre. Il glissa à son ami.

"Je vais devoir ralentir la cadence pour que Dorian arrive à suivre. Si tu connais le chemin vers la Serpentine, il vaut peut-être mieux que tu ne nous attendes pas. On se retrouvera là-bas."

Ils auraient dû s'arrêter sur le cas du mangemort que Xander avait aperçu, car si l'émissaire l'avait repéré, l'inverse était tout aussi vrai. Et les pièces de l'échiquier irrémédiablement se mettaient en place. Alors que les trois fugitifs tentaient d'atteindre un refuge plus sûr, le mouchard était allé indiquer à ceux que ça intéresserait la direction qu'ils avaient prise.

Il avait fallu plusieurs minutes à l'équipe pour atteindre le chantier du nouveau pavillon dédié à l'art. Mais ils y étaient parvenus sans encombre. Deux mangemorts avaient fait les frais d'être sur leur chemin mais dans l'ensemble, on pouvait penser que la chance était peut-être avec eux pour une fois, malgré le tumulte qui les avait entourés. Ils n'avaient pas été les seuls à avoir eu l'idée de fuir dans cette direction. Ils avaient croisés autant de morts que de blessés plus ou moins graves abandonnés sur leur route. Des moins chanceux…

Enfin, Dray n'avait pas l'intention de trop compter sur elle, cette fois. Il avait trop à perdre dans la balance, pour qu'il se permette une telle légèreté. Non, ils avaient besoin d'une réelle stratégie. Il entraîna ses deux complices vers les bâtiments en chantier et après avoir sauté les grilles, n'hésita pas à fracturer les lieux pour y pénétrer, (et où il remercia sa voleuse adorée pour ses cours dans ce domaine). Ce ne fut que quand il referma soigneusement derrière eux qu'il se permit de reprendre son souffle.

" Dorian, tu restes sous le niveau des fenêtres."

Lui s'installa le plus discrètement possible à l'embrasure d'une des dites fenêtres pour voir si quiconque était tenté d'approcher du pavillon. Fort heureusement, le musée était pourvu d'un éclairage extérieur automatique. Cela facilitait l'observation. Sans quitter les jardins des yeux, il s'adressa finalement à Vaughn, en lui lançant toutefois un coup d'œil inquiet pour lui demander silencieusement si cela allait.

"La limite du parc la plus proche est à environ cinq cent mètres vers le sud. C'est jouable. Sauf que ça se compliquera singulièrement quand il faudra la percer mais chaque chose en son temps. Deux possibilités donc. Ou on tient le siège en attendant la fin des combats, ce qui peut prendre plusieurs heures. Ou on tente une sortie sans aucune certitude de réussir à percer la barrière magique qui entoure le parc."

Mais alors qu'il énonça les solutions qui s'offraient à eux, il distingua des ombres se glisser dans l'obscurité. "Ils" étaient là près de l'espace détente, cette espèce de préau fait de colonnes et de renfoncements, couvert d'une chape de béton, à une trentaine de mètres devant eux. Il ferma un instant les yeux. Bon sang… Dray fut tenté de s'excuser auprès de Vaughn. Pourquoi ? Allez savoir… Juste de l'avoir entraîné là dedans. Cette fois, c'était critique... Enfin avec la leçon qu'il avait fait à Dorian, cela aurait été abuser. Il se retint donc, mais le regard qu'il dirigea un instant vers son ami dut certainement le trahir. Il finit toutefois par dire le plus calmement possible :

"La sortie, c'est mort pour l'instant. Il faut s'éloigner des fenêtres et tout verrouiller."

Et en joignant le geste à la parole, il installa un bouclier sur les vitraux pour les rendre incassables et les sortilèges de fermeture que Djen lui avait appris. Il lança d'ailleurs à la cantonade une plaisanterie ironique, comme si la situation n'était qu'un jeu de plus, pour dire de tenter de détendre un peu les nerfs.

"Alors les artistes, ça fait quoi d'être à la place de l'œuvre d'art, bouclés à double tour dans un musée, par les soins des sortilèges conçus par des vol… ?"

Il ne termina pas sa question car alors qu'il ensorcelait la dernière fenêtre, qui donnait sur la petite route goudronnée qui passait à côté du pavillon, quelque chose avait retenu son attention, au point de le figer. Une plaque d'égout. Le mécanisme s'enclencha dans l'esprit de Dray. Le temps peut-être de compter jusque cinq, et surtout celui de s'assurer que ce qui venait de lui traverser l'esprit était réalisable en théorie. Un murmure sévère conclut finalement sa réflexion.

"Bien sûr. Fox, t'es un crétin de ne pas y avoir pensé plus tôt !"

Mais alors qu'il s'admonestait de la sorte, les premiers sortilèges percutèrent les fenêtres au même moment.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

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Français : Bleu
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Jeu 28 Nov 2013 - 19:54

Quand Dray et Dorian eurent rejoint l'émissaire, l'adolescent eut l'impression d'interrompre quelque chose en cours. Ce que l'homme avait dit à son frère, surtout, lui donnait cette sensation. Il semblait bien que ce que venait de faire son aîné n'avait pas plu à celui que Dor' ne connaissait que de vue (et encore…). Pourtant, lui, il était bien content de l'intervention du New-yorker ! Evidemment le Serdaigle comprit qu'il s'agissait de la forme et non du fond que jugeait l'adulte. Il ne savait pas ce qui s'était passé avant mais vu qu'il n'avait pas vu Dray arriver, et connaissant le caractère impulsif du frangin, il avait dû foncer sans trop se poser de questions, ce qui dans un tel contexte, équivalait à de la folie furieuse. Il ne dit rien à ce propos, laissant les deux adultes s'expliquer, mais son regard passant visiblement de l'un à l'autre avec curiosité et crainte due à la situation, laissait bien entrevoir qu'il sentait que quelque chose lui échappait entre ces deux-là. Par contre, la remarque cynique de son frère en réponse, lui tira un air étonné et un peu boudeur. Ca voulait dire quoi, ça, au juste ? A croire qu'il l'avait aidé -non sauvé, soyons précis- juste pour éviter de se faire engueuler par leur père. Ca faisait plaisir. Il croyait vraiment que c'était le moment de faire de l'humour douteux ?

"Ah ah, très drôle !" râla donc le plus jeune, en reprenant son souffle.

"Même si je suis le premier à saluer ton intervention, évite quand même que la prochaine réunion soit tes funérailles, parce que là, c'est sûr que ce sera pas la joie."

Dorian s'aperçut alors que pendant qu'il répondait à l'ironie de son frère, en essayant de faire de même, il n'eut plus peur. Mais ce petit soulagement ne dura que quelques petites secondes. Les préoccupations présentes revinrent très rapidement dans les esprits et Dorian subit les questions de son frère. L'adolescent s'expliqua prestement, exposant en même temps ses inquiétudes. L'intervention, plus flegmatique qu'autre chose en apparence, de l'ami de Dray l'interrompit dans ses digressions effrayées. L'enfant qu'il était baissa le nez, pris en faute, après un coup d'œil gêné vers cet homme froid. Et son sentiment ne s'arrangea pas quand Dray confirma son propos aussi sèchement. Cette fois, Dor' se mordit la lèvre inférieure, pour dire de ravaler la boule qui lui tiraillait la gorge. Il décocha un regard méchant à son frère aîné, par en dessous. Bon d'accord, ce n'était pas le moment, mais tout ce qu'il voulait dans le fond, c'était d'être rassuré au moins un peu. Ce n'était pas la peine de se montrer aussi dur. Et puis, soudain, alors qu'il relevait la tête pour que son mécontentement soit encore plus visible, l'enfant comprit. Pendant qu'il maugréait intérieurement comme ça, il ne se posait pas de questions paralysantes et sans réponse. Il se révoltait et bataillait. Et c'était justement cet état d'esprit dont ils avaient besoin.

Alors Dorian ravala ses mauvais sentiments et se redressa, prêt à bouger, comme demandé. Mais ce que dit son frère à l'autre brun ne lui échappa pas. A nouveau, il se sentit coupable. Pourtant il devait admettre que c'était vrai. Il allait les ralentir, c'était obligé. Rien que la différence de foulée, dû à celle de taille (malgré que Dorian ait encore grandi, il faisait encore une bonne tête de moins que son frère) faisait qu'il était un poids. Et puis, il le reconnaissait sans mal. Il n'était absolument pas sportif à l'inverse de Fox. Lui, il préférait nettement dessiner ou lire un livre que d'aller courir dans le parc du château ou monter sur un balai, alors tenir la distance dans une course-poursuite… L'adolescent soupira devant ces incapacités mises en lumière. Il n'y pouvait plus grand-chose en cet instant. Tout ce qui restait, c'était qu'il donne son maximum, c'était vital.

"Je ferai de mon mieux pour ne pas vous ralentir…" murmura-t-il simplement en regardant le sol, un peu honteux, alors que Dray venait donc de proposer à son ami de ne pas les attendre sur le chemin.

Le chemin vers leur futur refuge, Dorian préféra en faire abstraction. Les corps ici ou là, les mangemorts que les adultes avaient neutralisés, tout ça, c'était extérieur. Ce n'était pas lui qui l'avait vu. Pour certaines choses, le déni était la meilleure solution. Il avait juste suivi le mouvement et quand Dray passa les grilles, lui leva plutôt sa baguette pour les baisser. A chacun son style, hein… Mais une fois à l'intérieur (et remis de sa surprise de voir le frangin fracturer les portes et neutraliser les alarmes du musée comme s'il avait lancé un lumos), il obéit sans discuter et s'agenouilla contre le mur le plus éloigné des fenêtres, redoutant et imaginant sans mal ce qui allait se passer à présent, l'angoisse au ventre. Il finit par remarquer aux adultes alors que Dray se postait en surveillance :

"Vous ne trouvez pas que c'était trop facile pour venir ici ? Deux ? Avec tous ces gens ? Pas d'obstacle ? Ils étaient où les autres ?"

La question méritait de se poser du point de vue de l'adolescent et l'intuition de Dorian, malheureusement, était bonne. A l'extérieur, les forces adverses concernées avaient eu vent de la présence des frères Fox dans leur secteur. D'abord, par le mangemort qu'avait neutralisé Dray, remis sur pieds rapidement par un de ses "collègues" qui leva sans mal le sortilège, ensuite par celui que Vaughn avait aperçu. Et le chef de mission n'eut pas trop de mal à comprendre les intentions du groupe quand on lui signala la direction qu'ils avaient prise. Réaction banale et typique de la proie, ça, de se trouver un terrier. Piégés, il suffirait d'aller les cueillir là-bas en leur coupant toute retraite possible. Et après, ils pourront jouer avec avant de les tuer, selon les termes de la mission. Et par la même, apprendre à Simon Fox ce qu'il en coûtait de ne pas respecter les termes d'un accord passé avec leur organisation. Ca se payait cher. La mort de ses deux fils était un bon début… Quoi que le chef de meute avait d'autres idées en stock. Il y avait pire que la mort, à son avis… Cette histoire de contrat, personne ne lui avait interdit de faire durer la chasse et d'organiser plusieurs épisodes. Et en attendant, de faire souffrir les concernés. Sadique ? Mais parfaitement. Ce n'était pas un pré-requis dans sa position, mais par contre, cette dernière lui permettait d'assouvir pleinement ses tendances. Et décidément, cette petite fête était plaisante, elle leur permettait de mêler l'utile à l'agréable. Bref, l'instruction avait été de laisser passer les fuyards, devenus chasse gardée, pour mieux leur tomber dessus.

Et face au pavillon moldu, ils avaient investi le terrain, prêts à frapper, ce qu'ils ne tardèrent pas à faire. Le meneur regarda les sortilèges rebondir sur les fenêtres avec intérêt. Pas mal… Il porta le même intérêt à la suite du rapport qui lui parvint au bout d'un certain nombre de tentatives.

" Ils se sont enfermés dans la principale pièce. Les portes sont solidement verrouillées, Sir. On ne parvient pas à briser les sortilèges de sécurité."

L'homme, sous sa cagoule, leva un sourcil curieux.

"Intéressant… Et bien on va les forcer à sortir. Ca va me rappeler des souvenirs. Mon père était un féru de chasse. Et l'une des techniques qu'il m'a enseigné c'est "enfume ta proie pour la faire sortir de son terrier". Mettez le feu et surveillez les issues."

L'exécutant se contenta d'acquiescer à l'ordre d'un hochement de tête et partit donner les nouvelles instructions à ceux qui essayaient d'atteindre leurs cibles. Mais alors que l'équipe de sbires s'organisait selon le nouveau plan, un rugissement lointain retentit à nouveau mais cette fois, le son se rapprocha un peu, preuve que la source était en mouvement. On vit soudain un nouveau jet de flammes dans l'air. Problème, au lieu de venir de la terre vers le ciel, ce fut du ciel vers le sol qu'il frappa et en un instant, une lueur d'incendie apparut vers le centre du parc et de nouveaux hurlements éclatèrent. La situation dérapait complètement. Leurs conneries avaient définitivement énervés les dragons. Le chef de meute sourit, perfide.

"Si ça se trouve, on aura même pas besoin de se fatiguer. Les bestioles vont faire le travail."

A l'intérieur du pavillon, Dorian ne pouvait pas s'empêcher de sursauter à chaque fois que les sortilèges percutaient les murs qui les protégeaient, comme à chaque coup de tonnerre d'un violent orage. Quand Dray, après avoir exposé leurs options, Dor' les trouva aussi pourries l'une que l'autre, et il le déclara franchement en maugréant :

"T'as pas encore pire en stock ? Je crois qu'on n'a pas encore touché tout à fait le fond…"

Et puis l'homme d'affaires signala avec un calme que l'adolescent jugeait impressionnant, que l'ennemi était là, et là il s'était crispé sur sa baguette en fixant alternativement son frère et son ami, sous la peur qui revenait au grand galop. Ils allaient y rester… Mais l'auto-critique de Fox, au bout du compte, ne lui avait pas échappé, le silence régnant encore à ce moment là. La coupure de l'homme d'affaire fut tellement nette et saisissante que Dor' ne pensa même pas à répondre à la taquinerie avortée. Il tourna la tête vers Dray, lui qui fixait les fenêtres ensorcelées depuis plusieurs minutes en priant de possibles forces supérieures de les faire tenir. Et il tenta immédiatement de comprendre ce qu'elle signifiait, évidemment.

"Crétin ok, d'accord. Mais pourquoi plus que d'habitude ? A quoi tu penses ?" dit-il à son tour en essayant de plaisanter comme le faisait son frère. Par mimétisme surtout, l'adolescent n'en avait pas réellement conscience.  C'était juste que ça allait mieux comme ça, Dray le lui avait montré plus d'une fois.
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Vaughn Xander
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Dim 29 Déc 2013 - 0:08

Oui enfin, on pouvait être érudit ou avoir le gout d'apprendre sans pour autant s'intéresser à cette facette de l'art… et c'était plus incongru qu'étrange de surcroit. Il y avait dans le fond combien de chance pour qu'il se trouve autant de point commun ? Enfin, ils les avaient il n'y avait rien de plus à chercher, c'est vrai. Dray avait raison, au diable les probabilités. Il y avait bien des choses qui méritait un peu pus d'attention que ça, et notamment, l'instant présent. Devant la répartit de son ami, le sourire de l'émissaire s'agrandit un peu plus… C'est vrai, pourquoi se gênerait-il puisqu'il en avait les moyens et la volonté on se le demande. Pour certaines choses, ils ne vivaient vraiment pas dans le même univers mais il y avait quelques avantage à le côtoyer… et se faire invité à une représentation exclusive en était une qui convenait parfaitement le représentant du Tennessee –pourquoi diable bouder son plaisir sérieusement ? Surtout quand on faisait d'une pierre deux coups en passant un bon moment avec une personne qu'on appréciait…–

"Bien, parfait… Le rendez-vous est prit très cher."se contentât-il de répondre comme si tout ceci était parfaitement normal.

"Tu pourras m'expliquer certaine subtilités qui m'ont malheureusement échappé : les trucs… "scientifiques"… c'est assez obscurs pour moi je l'admet…" précisa-t-il simplement. Au moins, grâce à Dray, il pourrait probablement un peu mieux comprendre le fond de l'intrigue –cela ne l'avait pas gêné pour la compréhension générale mais il avouait qu'il aurait préféré approfondir certain concept qu'il effleurait pour la première fois-.

Laissant finalement le mot de la fin à son compatriote en ce qui concernait le ministère, sujet qui n'avait de toute façon qu'assez peu d'intérêt aux yeux de Vaughn il fallait bien l'admettre, pour enchainer sur le cas du squat en bonne et due forme de son antre au château. Et si le voir s'amuser semblait satisfaire le cadet, l'ainé n'était pas en reste à ce petit jeu. Le peintre adopta donc un air un peu plus intéressé encore quand le Pdg de la Fox lui répondit avec autant d'aplomb. Comme si il avait réellement pu douter de se point particulier de toute façon…

"C'est une information de premier ordre ça monsieur… même si je ne sais pas encore si elle efface votre suffisance affiché envers mon humble logis…"rajouta-t-il, taquin, sans ce défaire totalement de cette fausse moue contrarié.

Ca non, il ne risquait pas de le vexer c'est clair mais tant que ça l'amusait…

"Je vois que sur ce point au moins, nous nous comprenons."répondit l'air de rien l'émissaire à la dernière allusion de son ami, dans un léger sourire entendu. Et c'était bien là la partie la plus intéressante d'ailleurs.

Ce qui se passa ensuite entre les deux hommes et jusqu'à l'arrivé du jeune frère de Dray, il est inutile d'y revenir une fois de plus. Et qu'on se le dise, il comprenait le New-yorkais… Il n'avait bien évidemment pas de "petit frère" lui, mais il comprenait parfaitement ce besoin, viscéral, de venir à son aide… surtout en connaissant un peu son passé. Et puis, c'était son job, en temps qu'ainé, Vaughn ne trouvait rien à redire à cela… Il aurait de surcroit adoré, étant enfant, qu'on montre les même attentions à son égard alors il savait… Mais c'était Dray et ce simple fait changeait tout. Il tenait à lui, ca aussi c'était un fait tangible, alors ne lui demandez pas d'avoir des réactions logique et sensé s'il vous plait : c'était impossible, tout conscient qu'il soit de leur rapport. Et il n'était pas excessif non, il était dans son droit, point.

Enfin, la répartie du pianiste, bien digne de leur cynisme en commun, le rassura un peu et le mordant du gamin (et même ses mots) n'y changèrent rien. Il jeta un simple regard de biais à l'adolescent, son regard si perçant le sondant à peine plus d'une poignée de secondes et s'en désintéressa tout aussi vite pour le porter à nouveau sur Dray.

"Mouai… je t'accorde le point."répondit-il de son ton indifférent plus habituel en présence d'une tierce personne même si un je ne sais quoi d'angoissé transparaitrait à celui qui le connaissait bien.

Finalement, tout c'était ensuite enchainé assez vite et leur destination fut toute trouvée. La mise en garde de Dray, concernant leur allure était évidente pour l'émissaire mais s'il croyait réellement qu'il allait les planter là, c'était bien mal le connaitre. Hum ? C'était Dray et son frère les cibles de Mangemorts et il aurait mieux fait de se tirer aussi loin d'eux que possible au lieu de chercher la merde ? Oui… mais non. Hors de question qu'il s'éloigne réellement de lui. Pour la question d'être raisonnable, revoyez la réponse un peu plus haut merci.

"Tait-toi et cours."furent donc les seuls moi qui franchirent la barrière de ses lèvres avant qu'ils ne prenne la direction de la Serpentine Gallery.

Les corps plus ou moins entier sur son chemin, l'adulte en avait fait au maximum abstraction comme le plus jeune de leur troupe, parce que sa vie en dépendait à présent (pas que la sienne d'ailleurs) et qu'il ne pouvait de toute façon plus rien faire pour eux. Il en fit d'ailleurs de même pour les gerbes de flammes qui faisaient flotter dans l'air une horrible odeur résiduelle de griller. Mieux valait gérer une chose à la fois. Il était clair qu'il allait en rêver par la suite (ou plutôt en cauchemarder à ce niveau là) de cette soirée à l'avenir… et il ne savait pas encore à quel point. Quoi qu'il en soit, ils finirent par atteindre leur destination sans trop d'encombre. Il avait fallut éviter quelques sortilèges, en lancer d'autre en espérant qu'ils fassent mouche également, mais ça aurait bien plus mal se passer… D'ailleurs, tout ceci était probablement un peu trop simple, même si le représentant du Tennessee ne s'en rendit sur le coup pas vraiment compte, trop prit dans le feu de l'action.

Arrivé à destination, bien sur, leur refuge était fermé à clé mais il ne fallut que quelques instants au new yorkais pour venir à bout de la serrure récalcitrante. En d'autre occasion, Vaughn n'aurait pu que vanter la dextérité de son ami, on s'en doute, mais là ce fut passé sous silence, même une fois qu'ils furent tous les trois à l'abri. Même si son ami ne perdait pas sa verve, et il sembla que l'enfant sur ce point semblait suivre le même chemin que l'ainé Fox et aurait tout fait de le prouver, Vaughn lui se faisait beaucoup plus silencieux au contraire. Alors déjà qu'il n'était pas que tous les deux et qu'a ce titre il ne parlait déjà pas beaucoup, là ça tendait à battre des records… on était déjà pas si mal partit pour le moment d'ailleurs.

Baguette toujours en main, près à lancer un sortilège en cas de besoin, il se sentait pour le moment bien inutile dans leur situation notre artiste. Dray sécurisait les lieux, il savait faire et Vaughn était conscient qu'il n'aurait fait que le gêner dans la manœuvre en y prenant part. De se fait, il avait curieusement prit le partit de garder un œil sur Dorian. Peut-être parce qu'il était le plus jeune et avait de se fait encore moins de chance de pouvoir se défendre que lui, probablement surtout parce qu'il savait comme son ami s'en voudrait s'il lui arrivait quelque chose et qu'il ne pouvait de toute façon rien faire de plus.  Bon, la demi-portion ne se verrait pas attribuer plus de paroles que nécessaire pour autant, mais au moins le taciturne et étrange exilé se souciait un minima de lui et c'était déjà pas si mal le connaissant.

Pourtant, et alors que Dray sécurisait les fenêtres, Dorian eut une réflexion qui n'était pas du tout dénuer d'intérêt. C'est vrai que maintenant qu'il en parlait, c'était probablement un peu trop simple. Ils avaient atteint le bâtiment avec facilité… Ce n'était pas normal. Et cette idée était particulièrement dérangeante alors il resserra de façon compulsive sa baguette, talisman dérisoire qui le rassurait quelque peu même s'il fut probablement difficile de s'en rendre compte. Mais l'artiste ne fit pas de commentaires, il laissait le Pdg rassurer son cadet…

Pour sa part, il resta non loin de l'adolescent et finit par tourner son regard vers les fenêtres, un peu nerveux. Il croisa finalement le regard de Dray dans la manœuvre. Il fit un petit signe de tête à son ami quand il perçu son regard inquiet : si ça allait, il n'en était pas sur, mais Dray ne devait pas s'inquiété pour ça, il gérait… Il préféra écouter ses propositions et avoua qu'il n'en appréciait aucune… Mais ils avaient probablement plus de chance tout de même en restant là, malgré tout. Autant ils pourraient a peut près gérer les tentatives d'intrusion et attendre les Aurors qui devaient à présent débarquer aux abords du parc en masse autant s'ils sortaient d'ici ils ne seraient que des cibles faciles. Oui enfin, ça c'était dans le cas ou ils avaient le choix bien évidemment… seulement, le choix ils ne l'eurent pas bien longtemps. Quelques instants à peine après leur avoir exposer leurs options, ils en virent une disparaitre aussi sec. Une nouvelle fois, Vaughn croisa le regard de Dray ce qui le décida à s'éloigner un peu du Serdaigle pour prêter main forte au Pdg dans la sécurisation des lieux comme il le pouvait. C'était mieux que de ne rien faire et ça lui éviterait de trop penser à ce qui se passerait ensuite.

Le début de la plaisanterie de l'américain fit se tourner l'attention de l'artiste vers lui mais il ne saurait probablement jamais la chute de sa blague. Au lieu de cela, il entendit se dernier s'auto-flageller. Intrigué, il s'approcha a son tour de son ami, méfiant tout de même, et jeta un regard par la fenêtre afin d'identifier ce qu'il avait pu lui tirer cette expression. Faisant abstraction de ce qui s'y passait, il ne lui fallut pas bien longtemps pour repérer à son tour l'éventuelle porte de sortie…

"Les égouts…"

C'était pas une mauvaise idée, ça pouvait marcher… mais fallait-il encore les atteindre et là, vu les bruits de sortilège qui se répercutait contre leur protection (ou plutôt contre celles du Pdg bien plus calé que lui dans le domaine des sortilèges de sécurités) ne sonnait pas de façon très engageante à ses oreilles… et le nouveau rugissement qui retentit alors qu'un éclat orangée zébrait le ciel n'était pas pour arranger les choses.

"J'aime pas ça…"murmura-t-il finalement d'une voix à peine audible… Ca puait… et ça n'avait rien a voir avec l'odeur diffuse qui se propageait dans l'air : le ministère allait avoir du mal à enterrer toute cette affaire…



    Le monde de l'art n'est pas celui de l'immortalité, c'est celui de la métamorphose.

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Dray Fox
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Lun 30 Déc 2013 - 1:02

Dray s'intéressait à tout ce qui arrivait à exciter sa curiosité et celle-ci était grande et presque insatiable. Mais il était vrai qu'avoir autant de points communs, ce n'était pas donné à tout le monde. Par contre, ce qui les différenciait certainement le plus, en effet, c'était les univers dans lesquels ils gravitaient. Et il était vrai que celui du PDG, au-delà de ses aspects superficiel, tortueux et démesuré,  permettait de s'octroyer quelques avantages substantiels. Et Dray était d'accord avec Vaughn, autant allier l'utile à l'agréable. Ou plutôt l'agréable à l'agréable. Dray sourit d'un air entendu pour toute réponse quand l'émissaire lui assura qu'ils venaient d'entériner un nouveau projet de soirée, parce que pour lui, c'était normal. Là était sans doute un décalage régulier entre le New-yorker et ceux qui l'entouraient. Et quand le peintre lui signala qu'il allait pouvoir l'éclairer sur certains points de sciences abordés par la pièce, son cadet acquiesça simplement du chef sans se départir de son expression enjouée. Ca pouvait se faire oui. Pour une fois que c'était lui qui prendrait le rôle du prof.
Visiblement, ça lui plaisait cette idée.

La conversation se poursuivit et dériva sur leur relation ou plutôt sur leurs squats respectifs, et encore plus celui de Dray. Et quand l'émissaire le taquina encore un peu et prétendit que sa remarque ne suffirait pas à "effacer l'affront", le jeune homme, un sourire sensuel sur les lèvres, se rapprocha sensiblement, pas suffisamment près pour qu'ils entrent en contact,  parce qu'ils étaient en public, mais assez quand même pour que "le message" soit des plus clairs.

"Sa seigneurie pense savoir quoi faire pour que vous lui pardonniez cet affront, cher ami."

Et évidemment, la suite continua, comme à leur habitude, sur ce registre teinté d'espièglerie.

"Un point seulement ?"

Et puis tout dérapa, et la situation vira au drame sans que personne n'ait pu le prédire. Dray protégea Dorian et Vaughn exprima à s façon son inquiétude face à cette réaction plus instinctive que réellement réfléchie qu'il avait eu. Sauf que l'aventurier ne demandait rien au peintre et certainement pas qu'il reste sensé et logique alors que tout autour d'eux tenait de l'absurde sanglant. Par contre, si l'aîné pensait être dans son droit, ce qui était sans doute vrai, -ils étaient le meilleur ami l'un de l'autre, ce n'était pas rien et donnait droit à certaines prérogatives-, Fox l'était aussi, en prenant le parti de défendre Dorian, quitte à se mettre en danger. Débat sans issue, par conséquent, quand Vaughn déclara lui laisser le point, Dray ne répondit rien, notant cependant le changement de ton, voilé d'inquiétude malgré tout. Il lui adressa seulement un sourire à peine esquissé, le remerciant de cette preuve de sollicitude et tentant d'être rassurant tout à la fois. Ça irait.

La remarque de Dorian, par contre, le fit réagir un peu moins silencieusement et le New-yorker réafficha son sourire mauvais pour mieux se faire mordant et cacher son amertume.

"Arrête ton char, Benhur. Ce n'est pas ta mère et encore moins Père qui me pleureront."

Point final. Le regard glacial que décocha l'adulte à son frère devait décourager ce dernier de répondre quoi que ce soit de plus à ce sujet.

Pour ce qui était de cette question d'allure, en effet, Dray aurait préféré que Vaughn "se tire loin d'eux". C'était d'ailleurs ce qu'il avait en partie voulu insinuer en proposant qu'ils se séparent. Le calcul, Dray l'avait fait dès que son frère l'avait prévenu qu'ils seraient chassés. Il avait nettement plus de chances de s'en sortir sans eux, c'était l'évidence même. Mais la réponse de l'émissaire mit fin à tout débat possible et seul un pincement de lèvres contrarié et inquiet et un regard détourné lui répondirent, dissimulés un peu par le fait que l'aventurier baissa en même temps la tête. Il se redressa finalement et capta le regard trop vert de son aîné pour y puiser une assurance face à ses doutes et un remerciement muet.

"T'es aussi taré que moi…"

Et puis il se tourna vers Dorian qui, visiblement, savait de qui tenir pour se sentir coupable pour des prunes et lui ébouriffa les cheveux.

"Pas de problème, p'tit frère, je le sais, ça."

Là-dessus, ils partirent.

Le fait que le trajet fut trop facile, Dray ne percuta pas non plus, et mit plutôt ça sur le compte de sa chance, toujours présente quand les situations devenaient vraiment pourries. Et qu'il fut jalonné de corps… Contrairement à ses deux compagnons d'infortune, Dray ne les voyait que trop bien. Le truc quand vous étiez incapable de faire le vide et que votre cerveau, malgré vous, remarquait et se concentrait sur plusieurs informations à la fois...  Le déni, il ne savait pas ce que c'était. Et il se fit même la réflexion cynique que ce n'était que quelques uns de plus à ajouter au compteur à présent. D'autres fantômes qui alimenteront ses nuits. Un peu de renouveau en quelque sorte… Et dire qu'il s'était vanté d'avoir des nuits calmes depuis un moment.

Sa dextérité à fracturer les lieux, Dray n'était pas fâché que ses deux acolytes la passent sous silence, même pour en faire compliment, faisant partie de ce passé qu'il gardait soigneusement enterré. Il aurait fallu qu'il trouve une pirouette pour éluder la question. Le silence de Vaughn, par la suite, ne surprit pas l'aventurier. C'était le contraire qui aurait été étonnant pour les raisons expliquées par l'émissaire. Mais il était vrai que ce silence, Dray, et apparemment Dorian de la même façon, avait besoin de le combler comme si cela éloignait le danger. Enfin pour l'instant en tout cas. Viendrait le moment où faire de l'esbroufe ne suffirait plus ou la fatigue nerveuse et physique se ferait sentir et là, Fox se tairait. Mais pour l'instant, il parlait et plaisantait.

Vaughn avait raison. S'il arrivait quelque chose à Dorian, s'en vouloir serait trop faible pour exprimer le ressenti de Dray. Par contre, ce que Xander zappait, c'était que ce serait au moins aussi grave (et là, on était gentils...) s'il lui arrivait quelque chose, à lui ! Et que le peintre ne pense pas qu'il était inutile. Déjà, rien que sa présence aidait Dray. C'était un moteur particulièrement efficace. Et puis qu'il veille sur Dor' pendant que lui travaillait à sécuriser l'endroit lui rendait service. C'était une chose à laquelle Fox n'avait temporairement pas à penser et ça, il en avait besoin pour pouvoir être à fond sur le problème principal : les sortir de ce traquenard. Oui, il en avait pris la responsabilité, sans rien demander à personne. Et à ses yeux, elle était indiscutable. Mais était-ce surprenant ?

Et puis Dorian eut cette remarque. Et si Vaughn et lui attendaient à ce qu'il rassure l'adolescent, ils furent déçus. Dray, au contraire, se retourna brusquement vers Dor', et le fixa intensément, frappé par la soudaine évidence énoncée par son cadet. Si le Serdaigle avait raison alors cela voulait dire qu'ils les avaient laissé arriver jusqu'ici et que lui les avait conduit dans un piège. Il baissa finalement la tête avec gravité et revint à ses fenêtres dans le plus grand silence, ajoutant simplement cette théorie au tableau de la situation. De pire en pire.

L'échange de regards entre les deux adultes ne rassura pas le plus jeune des deux. Il lui en faudrait bien plus comme voir ses compagnons en sécurité. Il était d'accord avec Vaughn toutefois. Ils avaient plus de chances en restant là à attendre les secours, qu'à tenter d'atteindre la clôture du parc… Surtout quand faire une sortie se révéla singulièrement compromis par le comité de réception qui les attendait à l'extérieur.

Ils avaient sécurisé l'endroit aussi bien qu'ils le pouvaient. A présent, il ne leur restait plus qu'à repousser les tentatives qui réussiraient à percer les barrières magiques. Veiller les uns sur les autres. Et à nouveau, Dray tenta de plaisanter sur la situation, comme il le faisait tout le temps. Question de survie… Sauf qu'il fut interrompu par le fil d'une idée. La seule réponse qu'obtint Dorian fut un regard en coin "made in grand frère" : pousse pas trop le bouchon, microbe. Mais l'ombre de sourire montrait en même temps que l'aventurier avait apprécié l'audace. Et quand Vaughn vint le rejoindre et suivit le même raisonnement que lui, il confirma en posant sa main sur son épaule :

"Tu pourras te vanter d'avoir eu le rencart le plus pourri au sens propre et littéral de l'Histoire des rencarts mais quitte à être six pieds sous terre…"

Et quelque part, le nouvel entrain avec lequel il avait dit ça et le ton enjoué et ironique qu'il avait employé devait laisser une sale impression. Un certain degré de folie certainement. Mais on n'était plus à cela près et Fox avait toujours dit qu'il était dingue alors… Ses vieux démons s'étaient calmés mais ils ne restaient pas loin.

Enfin, encore une fois Vaughn avait raison dans son raisonnement et encore une fois, Dray partageait la même idée. La question était là : comment l'atteindre, cette porte de sortie ?

Fox retrouva très vite son sérieux quand il vit la colère du dragon déchirer le ciel. Il nota immédiatement le problème de sens des flammes. Et il déglutit quand il entendit la sentence de Xander. Retrouvant l'air sombre qu'il avait arboré depuis qu'ils étaient entrés, il observa l'extérieur, cherchant le plan qui pourrait les tirer de là. Et les futures emmerdes du ministère étaient bien la dernière chose à laquelle il pensait. Non, ce qui tournait là, c'était toutes les données de la situation et les règles de Djen qu'il n'avait jamais oublié. Règle n°1 : avoir toujours un plan B pour atteindre tes objectifs. Règle n° 5 : avoir toujours deux plans de sortie quoi que tu fasses. Règle n° 3 : Improvise.

Calculer la part de risques acceptable, faire abstraction du bruit, analyser, imaginer, anticiper…

Anticiper… Dray n'avait pas du tout anticipé ça. L'odeur qui envahissait progressivement l'atmosphère. Il ne la remarqua même pas, trop occupé à réfléchir. Ils pourraient aussi bien suivre la première idée et rester là. Mais quand ils verraient qu'ils ne pourraient pas entrer, leurs adversaires n'abandonneront pas pour autant… S'il fallait sortir malgré tout ? Détourner l'attention de l'ennemi… Fracturer la plaque d'égouts, assurer un semblant de bouclier de protection le temps d'atteindre cette foutue plaque et l'ouvrir. Ensuite sceller la plaque et effacer leurs traces une fois dans les tunnels. Transplaner vers Poudlard dès qu'ils franchiraient la zone d'interdiction si jamais elle s'appliquait aussi aux sous-sols. Avec quoi ils pouvaient détourner l'attention ? Visuel, sonore, déroutant… Tout ça à la fois. L'épisode de la boule de brouillard de Maria qui leur avait sauvé la vie, il y avait quelques temps lui revint en mémoire. Un sortilège de brouillard ? Faisable. Il était largement de leur niveau à tous les trois. On avait le visuel… Pour le sonore et le déroutant, par contre… Le regard de l'aventurier se posa sur les engins de chantier. Ca, ce n'était pas sa partie… Par contre ses deux acolytes…

"Dites les artistes, entre un futur sculpteur et un professeur d'art diplômé d'une des meilleures écoles d'art magique des Etats-Unis, si je vous dis sortilèges de métamorphose pour animer et contrôler les objets, genre statues ou véhicules de chantiers moldus, ça vous parle ?"

Et puis soudain, alors que le New-yorkais regardait toujours à l'extérieur, Dorian remarqua LE problème.

"Vous ne trouvez pas que ça sent le brûlé ?"

Quoi ? Le temps de constater en effet que l'odeur se faisait un peu plus prononcée à chaque seconde et Fox tourna alors vivement la tête vers son frère, comme un diable qui sortirait de sa boîte, le regard épouvanté de quelqu'un qui a soudain une très mauvaise intuition. Et le temps de tourner la tête vers les portes qui les séparaient du reste du pavillon, de légères volutes de fumée presque imperceptibles si la lumière extérieure, les rayons de lune et les éclats des sortilèges n'en révélaient pas la présence, se glissaient par le bas.

Dray serra les dents. Il comprit. Froidement.

"Voilà pourquoi c'était aussi facile. Dor' avait raison. C'était un piège et je nous ai fait tomber en plein dedans."

Ca lui rappelait encore un autre épisode de son aventure avec la détective, ça. D'expérience, il savait que les fumées allaient très vite s'aggraver. Il releva sa baguette.

"Colmatons le bas des portes. Il faut gagner du temps."

Et puis, il maugréa, énervé, ne parvenant plus à intérioriser son agitation et son inquiétude.

"Mourir asphyxiés, brûlés, ou exécutés, tout un programme."

Sauf que ça pourrait leur servir… Une arme de plus : l'élément de surprise.

"Le plus urgent est de sortir. Ils ne doivent pas s'attendre à ce qu'on traverse l'incendie. Les animaux fuient les flammes et c'est tout ce qu'on est pour eux. Sauf qu'on est des sorciers. Ils sont en nombre limité, ils ne peuvent pas surveiller à fond toutes les issues. Ils doivent moins garder celles qui sont au plus près des flammes et certainement pas les fenêtres. Je sais : c'est beaucoup d'hypothèses et on ne connait pas les plans du bâtiment."

Mais ce n'est pas comme s'ils pouvaient faire la fine bouche.

"Je m'occupe du Glaciare flamma, Dorian un Pluvia ne devrait pas te poser de problème, et Vaughn tu te charges de nous faire respirer avec un sort d'air ?" proposa donc l'aventurier pour dire de répartir les tâches et donc gagner autant en temps qu'en énergie.


[My God adoré, (… Hum ? Hein, quoi ? C'est pervers comme surnom ? Bah moi, j'aime bien  XD) tu as vu, j'ai réussi ! XD *fait la ola* faut dire qu'une fois seul dans le silence ça va tout de suite mieux. Dommage qu'il ait fallu que j'attende 23 h… ¬_¬ *pourra écrire la rép de Dor' que demain du coup… du moins espère…*

Enfin j'espère que ça te convient parce que c'est à mon tour de ne pas être sûr vu la galère pour se concentrer ^^'''' ]


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
Japonais : Vert
Italien : Rouge
Espagnol : Orange
Allemand : Jaune



Marque personnelle de Dray
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Dorian F. Ayling
Assistant Bibliothécaire

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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Mar 31 Déc 2013 - 16:19

Dorian ne s'était pas attendu à une telle réponse de la part de Dray et de se faire clairement envoyer bouler, surtout. Bon déjà que le regard perçant de Vaughn, qui l'avait carrément sondé juste une seconde ou deux avant de se détourner simplement, l'avait perturbé, l'obligeant à baisser les yeux, cela avait été plus fort que lui, comme s'il avait dit la pire des âneries. Mais là, l'adolescent avait parfaitement compris que le sourire de son frère n'était qu'un mensonge. Son regard et le ton mordant et direct, par contre, étaient parfaitement sincères. Et ils eurent parfaitement l'effet escompté. Dor' avait bien eu envie de dire que son aîné ne devait pas dire de telles choses, que ce n'était pas vrai, mais il n'osa pas. Il savait à présent quand il fallait ne pas franchir la ligne avec Fox. Et franchement ce n'était pas le moment de provoquer une dispute. Alors tout ce que fit le gamin fut de pincer les lèvres et de rebaisser la tête en silence, alors que l'émissaire semblait vouloir finalement donner raison à son frère quant à son intervention.

Il valait mieux se faire discret. Il ne sentait pas à l'aise, là, entre les deux adultes. Comme un cheveu dans la soupe, quoi. Cela résumait assez bien le sentiment de Dor' qui se disait aussi que quitte à rester "à sa place" en silence, il pouvait en profiter pour observer son frère et son ami. C'était instructif. En quoi ? Leur manière d'être ensemble par exemple. Cette capacité à communiquer sans parler ou presque comme en cet instant où il était question de se séparer. S'il y avait une chose que le gamin n'avait pas réussi à savoir depuis que lui et Dray s'étaient rapprochés, c'était de qui son frère avait parlé lors de son soir de beuverie. Pas parce que cela n'avait pas été sa priorité que Dorian n'avait pas retenu l'information… Et là, il était en train de se demander si ce n'était pas cet homme-là justement… Oui bon, d'accord, ce n'était peut-être pas non plus le moment de chercher à résoudre le mystère de la vie amoureuse de son frère…

Sa réflexion fut interrompue par le geste rassurant de Dray quand lui ne put que promettre de se donner au maximum. L'adolescent ne put s'empêcher de sourire à cette main qui lui ébouriffait les cheveux. C'était bête mais c'était plus fort que lui. Mais il n'eut guère l'occasion de savourer la sensation plus longtemps qu'une poignée de secondes. Ils se mirent en route.

Dans le pavillon de la galerie, le changement fut notable. Curieux, Dorian ne pouvait s'empêcher d'observer du coin de l'œil, plus ou moins discrètement, celui qui les accompagnait, lui et son frère. On ne pouvait pas dire que cet homme était expressif et bavard… Il était loin de se douter que pendant qu'il s'interrogeait, surtout pour oublier un peu leur situation, l'homme veillait sur lui pendant que Fox sécurisait les lieux. Fallait dire que le désintéressement ultra rapide qu'il avait manifesté à son égard un peu plus tôt avait eu pour effet que l'adolescent se classa comme indifférent à ses yeux. Notez que ça ne le dérangeait pas, là n'était pas le problème. Mais l'idée que cet étrange personnage décide de veiller sur lui ne lui avait pas traversé l'esprit, du coup, voilà tout.

A l'abri contre son mur, à bonnes distances des fenêtres, Dorian se laissa donc aller à revoir le déroulement des évènements jusqu'à ce moment et fit alors la remarque que quelque chose avait été trop simple sur le chemin, qu'ils avaient peut-être eu trop de chance pour que ce fût une coïncidence. Et en effet, il aurait aimé que l'un des deux adultes le rassure. Pas voir son frangin exprimer silencieusement un tel trouble. De la peur. Parce que c'était ça, tout bonnement, qu'il lut dans les yeux de Dray. Une panique montante qui voulait s'exprimer sans détour comme un cheval prêt à foncer mais que le New-yorkais retenait fermement par les rennes. Et le voir baisser la tête et reprendre sa tâche sans un mot mais visiblement un poids supplémentaire sur les épaules fut une image lourde de sens pour l'enfant. L'attitude fermée et teintée de gravité de son aîné l'obligea malgré lui à finir de pousser le raisonnement qu'il avait entamé et en arriver à la conclusion que Dray et Vaughn en avaient silencieusement tirée. Dorian déglutit et fixa à son tour le sol, malheureux. La situation était vraiment grave. La réalité, d'un coup, l'avait rattrapé, lui qui utilisait inconsciemment toutes les astuces possibles pour lui échapper.

Le long silence qui suivit, simplement interrompu par le bruit des sortilèges que Fox appliquait à leur refuge, fut particulièrement pesant, jusqu'à ce que celui-ci l'interrompe avec une nouvelle tentative de plaisanterie qui se trouva soudain avortée. Xander s'approcha de la fenêtre alors que Dor' demanda ce qui se passait, avec un peu de taquinerie au passage comme la plupart des petits frères et des petites sœurs savent le faire. Le regard qu'il obtint en réponse l'aurait bien fait rire en d'autres circonstances. A la place, le simple mot de l'émissaire, et la réplique "spirituelle" de son frère, l'éclairèrent sur ce que ce dernier avait découvert. Tout en confirmant par l'utilisation du mot rencart l'hypothèse de l'identité mystère du béguin du frangin… Même si c'était pour rire… Et Dorian confirmait, son frère paraissait en cet instant singulièrement allumé ! Où trouvait-il la capacité de dire de manière aussi joyeuse et caustique qu'ils risquaient fort d'y passer alors autant finir dans les égouts et de comparer leur situation catastrophique à un simple rencart raté ? Nan mais sérieux !

Il préféra ne pas renchérir sur ça. A la place, il se leva et s'approcha à son tour, demandant avec inquiétude tout haut ce que les deux autres pensaient tout bas.

"Comment on va faire, pour y arriver ?"

Le cri du dragon, la lueur lointaine des flammes firent sursauter le gamin qui, avant que l'un des deux autres lui dise quoi que ce soit, s'était à nouveau accroupi sous les fenêtres, bombardées par l'ennemi. Rappel efficace des consignes de sécurité fraternelles ça. Surtout avec le constat laconique du plus âgé. L'adolescent non plus n'aimait pas ça. Manquait plus que les dragons se fâchent pour de bon et se rapprochent d'eux. Et il n'était pas sûr d'aimer non plus l'air très sérieux et pensif qu'avait soudain Dray. Il cogitait sec, visiblement. Dorian en déduisit que la réponse à sa question ne serait pas pour tout de suite. Il se laissa donc aller à observer à nouveau autour de lui. Peut-être qu'il lui viendrait une idée qui pourrait les aider, qui sait… C'était toujours mieux que de ne rien faire du tout et attendre. Ce fut peut-être pour ça qu'il allait remarquer la montée progressive de l'odeur étrange que ses narines venaient à peine de percevoir. Ca sentait bizarre tout d'un coup. Mais incapable de dire quoi, c'était trop faible. Peut-être la peur ? On disait que ça avait une odeur, c'était peut-être vrai finalement. En attendant, la soudaine demande de Fox le surprit. Mais il comprit relativement où il voulait en venir.

"J'en connais deux ou trois oui, maman m'en a appris, mais à mon niveau, ils ne durent pas longtemps ou n'ont pas encore énormément d'effets. Je ne suis pas sûr de pouvoir enchanter quelque chose d'aussi gros que ces machines. Tu veux détourner leur attention comme ça, c'est ça ?"

Ce n'était pas une mauvaise idée non plus ça. L'enfant salua l'esprit inventif et alerte de son frère. Etre capable d'imaginer des plans alors que la situation était paniquant, lui en était incapable. Il était paralysé, là, il l'avouait. Il n'arrivait pas à réfléchir. C'était trop… trop quoi. Et alors que Dray proposait des solutions, il n'était même pas certain qu'il puisse aider en plus. Dorian soupira profondément. Une profonde inspiration. Il se sentait complètement inutile pour le coup. … L'air inspiré eut tôt fait d'exciter les cellules olfactives qui transmirent les signaux au cerveau. La zone corticale préfrontale primaire alertée, oui m'ssieurs dames !, envoya son rapport au reste du cerveau. Le cortex secondaire confirma que ça sentait quelque chose. L'hypocampe activa la mémoire. Un feu dans la corbeille à papiers de la chambre du petit Dorian, six ans, qui avait trouvé des allumettes. L'hypothalamus compara la perception aux souvenirs trouvés par l'hypocampe. Il ne tarda pas à épingler celle-là. Catégorie répulsion, inquiétude, contrariété. Et l'amydale cérébrale décoda ces émotions et prévint du danger. On ne joue pas avec des allumettes !

"Vous ne trouvez pas que ça sent le brûlé ?"  

A nouveau, Dorian vit son frère se décomposer. Et sa conclusion lui fit froid dans le dos. Il aurait préféré avoir tort… Son regard se posa à l'endroit que Fox fixait. Le bas des portes. A son tour, il distingua la fumée. Sa réaction fut aussi instinctive que rapide. Il décolla d'un bond de son mur pour s'éloigner de là. Ces cinglés avaient mis le feu au bâtiment ?! La panique fut dévorante. Ce qui fait qu'il ne pensa pas à prendre la défense de Dray contre lui-même. Ce n'était pas de sa faute pourtant et ce n'était pas le moment de s'auto-flageller en plus. Il se contenta d'hocher vivement la tête quand son frère exprima l'idée de boucher les interstices. Il obéit prestement et aida à la manœuvre tout en tirant les conclusions qui s'imposaient… Que Dray résuma à sa façon…

Il jeta un regard en coin à son frère quand celui-ci laissa ses réels sentiments s'exprimer. Il frissonna, perturbé par ces mots pour le moins violents. Même s'il essayait de l'imiter, un peu malgré lui d'ailleurs, Dorian était incapable d'aller jusque là dans le cynisme. Ce n'était pas comme ça qu'il allait le rassurer c'était sûr.

"Dis pas ça…" réussit-il à prononcer en prenant sur lui. Il écouta par contre soigneusement le plan exposé par l'adulte.

"Tu veux qu'on traverse le feu ? Mais t'es malade !"

Il ne put que regarder Dray, yeux écarquillés, confirmer simplement qu'il était en effet complètement dingue en répartissant les tâches. Un pluvia, un glaciare flamme et quoi ? Un Têtenbulle, pendant qu'on y était ?! Tout simplement ? Non mais c'était une blague ?

"Sérieux ? Il ne vaudrait mieux pas qu'on essaie de limiter l'incendie et la fumée en restant à l'abri ici ? On peut recycler l'air avec la magie et arroser les murs…"

Ouais courageux mais pas téméraire, le Serdy. Mais il trouvait quand même que son frère avait une notion des risques particulière. Et si par miracle, ils passaient cet obstacle, ils faisaient comment dehors ?

"Et après ? Une fois face à eux, on fera quoi ? On s'tape la discut ? On essaie de négocier ? On n'est pas dans ton bureau !"

Bref Dorian n'était pas d'accord du tout avec le plan de son frangin…
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Dim 2 Fév 2014 - 17:44

Quand Dray, après sa taquinerie, se rapprocha ostensiblement de lui, même si ce fut sans le toucher, un léger sourire en coin se posa sur les lèvres du représentant du Tennessee. C'est que c'était plutôt intéressant ça comme message pas à dire…

"Vraiment ? … j'ai hâte de voir ça…"avait-il répondu, l'air de rien, même s'il ne faisait aucun doute pour quiconque le connaissait suffisamment qu'il attendait avec une certaine impatience la constatation de ce fait.

Et la suite fut du même acabit cela va s'en dire…

"Ca, ça dépend de la suite…"répondit-il  dans un sourire équivoque des plus charmants.

Mais ils ne purent pas jouer plus longtemps ce soir, là, malheureusement, puisque certaines personne mien biens pensantes qu'eux. Et leur petit moment de détente vira irrémédiablement au cauchemardesque. Nous ne reviendrons pas sur la stupidité dont fit preuve Dray, juste après lui avoir demandé de faire attention à ses miches, chacun avait leur avis sur la question, et avançon un peu plus dans l'histoire. Maintenant que Dorian faisait partit de l'équation, l'artiste se montrait beaucoup moins prolixe comme on s'en doute. Il laissa finalement les deux frères régler leurs comptes en faisant attention à ce qui les entourait.

Finalement, il ne reporta sont attention sur son ami que lorsque ce dernier se mit à raconter des inepties comme quoi ils devaient, a cause de son jeune frère, réduire l'allure mais que lui n'avait pas à rester à leur coté. Et même si Vaughn comprenait parfaitement pourquoi il le lui avait dit, il était bien hors de question que l'émissaire l'applique. Oui, ça serait sans doute mieux pour sa santé à long terme (et même à cours terme aussi d'ailleurs) mais c'était comme ça, il ne fallait pas chercher plus loin. Dray conclu parfaitement les choses avec son petit mot et ce remerciement muet.  Il n'y avait rien de plus à ajouter à la question si ce n'est un très léger hochement de tête… à croire qu'être "aussi taré" ne le dérangeait aucunement lui…

Finalement, il avait rejoint, la Serpentine gallery sans plus rien ajouté du tout à l'affaire.

Occupé à protéger le jeune frère de son ami, il est vrai que l'éventualité que sa propre mort puisse être une source d'inquiétude pour l'américain ne lui traversait pas l'esprit. Pas qu'il pensait s'en sortir, il n'était pas quelqu'un de très optimiste et ne l'avait jamais été, ce n'était pas un secret, mais c'était juste qu'il n'y avait pas pensé… on en revenait à sa vision du monde dont on parlait plus tôt… Quoi qu'il en soit, l'artiste aurait été satisfait de savoir qu'il était utile (enfin, autant qu'on pouvait l'être dans une situation pareille bien évidement) Quand au fait qu'il prenne en charge leur situation afin de les sortir de ce mauvais pas, c'était un peu comme le reste, ça c'était établit naturellement entre eux. Vaughn n'aurait pas été bon dans ce rôle de toute façon et ils n'allaient pas demander à un gamin de l'endosser n'est-ce pas ?

Par contre, le fait que Dray ne tente pas le moins du monde de rassurer son cadet sur l'hypothèse qu'il venait d'émettre, à vrai dire, il ne l'avait pas vu venir. Ok, lui non plus n'avait rien dit mais venant de sa part c'était plus que normal alors que le Pdg de la Fox lui était plutôt d'apparence optimiste, surtout quand il s'agissait de ne pas faire paniquer les gens qui l'entourait… enfin, c'était ainsi et de toute façon, lui aurait été très mauvais et surtout absolument pas crédible en voulant rassurer le gosse alors, tant pis, il n'ajouta rien. A vrai dire, il se contenta même de garder le silence et de réfléchir, l'air un peu ailleurs, à la situation déplorable dans laquelle ils s'étaient fourrés.

Enfin, alors qu'ils finissaient d'établir leur cordon de sécurité et qu'ils se mettaient inconsciemment en place pour repousser les assauts, Dray avait tenté une pointe d'humour avorté qui avait, on s'en doute, attiré l'attention de l'ainé. Une fois à ses coté, après avoir jeté un coup d'œil par la fenêtre, il avait finalement sentit la main du pianiste se poser sur son épaule dans un geste quelque peu rassurant il devait l'avouer et surtout faire preuve de l'esprit qu'on lui connaissait –ou tout du moins que lui connaissait– .  Il avait alors légèrement lever un sourcil, aussi amusé qu'on pouvait l'être sous le taux de stress qu'il pouvait ressentir, et finalement, avait laissé sa voix se faire entendre…

" J'avoue qu'avec toi, j'ai l'habitude de sortir des sentiers battus mais là tu te surpasses…"avait-il répondu, comme pour conjurer le pic d'inquiétude que l'expression 'Six pied sous terre' avait engendré bien malgré lui. On bravait la peur avec les armes qu'on avait…

Mais il préféra se concentrer sur la question que se posaient les deux adultes sans l'avoir expliciter. Sortir, comme ça, ce n'était même pas la peine et il ne réussirait qu'à se faire tuer… il fallait trouver quelque chose pour faire 'regarder ailleurs' leur chasseur, au moins pour se donner une chance, même mince, de ne pas trépasser tout de suite. Mais s'il n'avait pas prit la peine de mettre des mots dessus, Dorian le fit pour eux. Un instant, il avait posé son regard sur le gosse qui c'était rapprocher d'eux et devait avouer qu'il n'avait pas la moindre idée de quoi lui répondre. C'était pertinent, soit, mais encore fallait-il qu'une idée géniale lui traverse l'esprit et ce n'était pas dans ses points fort ça, surtout dans ses conditions.

Et la sentence avait franchit ses lèvres, sans qu'il ne puisse la retenir. Il ne désirait pas plomber l'ambiance mais il n'avait pas pu s'empêcher de noter que rien de tout ca ne sentait bon… et au sens littéral du terme même s'il ne l'avait ironiquement pas encore sentit. Et pendant que Dray regardait l'extérieur en tentant de trouver une possible idée de génie, Vaughn faisait de même avec l'intérieur de la galerie. Qui sait, avec un peu de chance il aurait lui aussi l'inspiration… si une de ses muses pouvaient d'ailleurs se manifester là, tout de suite, ça l'arrangerait grandement soyez-en sur… Mais alors qu'il était plongé dans ses pensées, tentant de trouver une idée, Dray avait reprit la parole. Une nouvelle fois l'adulte avait tourné sont regard trop vert vers lui, tentant de suivre le fils de ses pensée en jetant un œil à l'extérieur, alors que son jeune frère était le premier à répondre.

"Tu veut qu'on fasse quoi exactement ?" avait finalement répondu l'artiste.

Si Dorian ne se sentait pas capable d'animer de temps objet, ou tout du moins pas assez longtemps, il s'en occuperait. Il n'était peut-être qu'un sorcier lambda dans les sortilèges "de base" mais dès que ça touchait à l'art par contre il en connaissait suffisamment pour faire quelques choses d'aussi simple et il n'y avait pas besoin de le préciser davantage.

Mais finalement, le gosse fit une réflexion fort censée qui attira aussitôt l'attention de l'adulte sur le bas de la porte, à l'instar de son ami. Les légères volutes de fumée qui passaient sous la porte, à peine visible, mirent pourtant tous les sens de l'adulte en éveil. SI, en plus des Mangemorts, il y avait un incendie à l'extérieur de l'édifice, leur sortie allait être un peu plus compliquée que prévu. Pourtant, et alors qu'il tentait de faire un peu le trie dans les pensées qui ne tardèrent pas à l'assaillir à cette découverte, la réflexion du Pdg de la Fox tira un semblant de regard contrarié au peintre.

"Si tu veux, je dois avoir une discipline, tu pourras encore mieux t'auto-flageller comme ça…" laissa finalement entendre le représentant du Tennessee.

Et même si aucun mot n'était au dessus de l'autre et que le ton de sa voix ne montrait pas vraiment d'émotions, il ne serait pas bien compliquer de comprendre qu'il n'approuvait pas. Pire que cela, dans leur situation, ça ne servait absolument à rien. Autant se concentrer sur la façon de remédier au problème. L'adulte se contenta donc de lancer quelques sortilèges pour contrer l'entrer de la fumée dans leur refuge, histoire de leur laisser un peu plus de temps.

Le pianiste finit par reprendre les rênes des opérations et exposer son point de vue. C'était risqué, bien sur, et Vaughn n'était pas très à l'aise avec ce plan c'était un fait mais en même temps, avec la panique que c'était dehors et le coin reculé ou ils étaient maintenant, en proie autant des dragons que des Mangemorts, ils ne seraient plus que du domaine du souvenir avant que les Aurors ne les ait rejoint. Il avait donc accepté d'un simple signe de tête les consignes de l'adulte. Mais quand il entendit les résistances du Serdaigle, aussi franche, il ne put que comprendre. Déjà que lui n'en menait pas large, il n'était pas étonnant que le gosse soit effrayé. Le seul problème, et ce qu'il devait comprendre, c'est qu'ils en étaient à un point ou ils n'avaient pas le choix…

"Hey, le gosse… Tu crois sérieusement qu'ils vont attendre bien gentiment dehors ? Si on ne sort pas, ils viendront nous chercher…"laissa finalement entendre l'adulte.

Pour les premiers mots qu'il disait directement à l'enfant, on aurait pu trouver plus diplomate c'est sur mais la diplomatie, ce n'était pas son fort justement, et encore moins quand il s'adressait à quelqu'un dont il n'était pas proche. Et même si c'était le frère de Dray, ça ne changeait pas grand-chose à l'affaire…

"Je les occupe avec les engins de chantier dès qu'on met un orteil dehors pendant que tu te charges de la plaque d'égout et de ton frère. Ca te va ?"  glissa-t-il finalement au New-yorkais.

Il tentait de faire bonne figure, bien sur, mais si tout ça était bien beau sur le papier il savait bien qu'une fois qu'ils passeraient ses portes, s'ils s'en sortaient, ça tiendrait du miracle. Bien sur, il fallait faire bonne figure devant Dorian, il paniquait déjà assez comme ça, mais sérieux c'était loin d'être facile vous pouvez en être certain. Vaughn prit une profonde inspiration. Il allait faire ce qu'ils savait faire le mieux maintenant : jouer… et advienne que pourra…



    Le monde de l'art n'est pas celui de l'immortalité, c'est celui de la métamorphose.

[André Malraux]
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Lun 3 Fév 2014 - 18:20

Avant que tout ne vire en catastrophe, Dray avait simplement répondu à son ami par son sourire espiègle et profondément amusé, lui laissant conclure comme il se devait leurs inepties habituelles. Mais si Vaughn avait fait preuve d'impatience sur certains points très précis, il semblait bien par son regard, que son cadet était tout aussi disposé. Bref…

Dans la Serpentine Gallery, le ton était fort différent, on s'en doute. Dray crevait de trouille en réalité, derrière ses airs de ne pas y toucher, comme s'il réglait ce genre de situations trois fois dans la semaine. Mais ce n'était pas pour sa vie que craignait le jeune homme. Ce n'était pas une question d'optimisme ou de pessimisme, comme chez Vaughn. Sa vie, si on se donnait la peine de creuser, il s'en foutait. Non, ce qui le tuait, c'était le risque, immense dans leur situation, qu'il arrive quelque chose à l'un ou l'autre de ses compagnons. Son frère parce que mine de rien, il s'était attaché à ce "petit imbécile horripilant". Et il serait incapable d'affronter leur père ou sa mère s'il échouait à le protéger. Et affection ou pas, c'était son rôle de frère aîné, qu'il le veuille ou non. Le cœur prévalait pour le New-yorkais mais certaines lois du sang ne sont pas moins inaliénables. Vaughn parce qu'il l'aimait. Ce n'était pas plus compliqué. S'il le perdait… Cette fois, il serait incapable de se relever. On creuserait deux tombes, c'était ce qu'on disait dans ces cas-là. L'équation était très simple. Et ne pensez pas que le jeune homme d'affaires exagérait ou faisait subitement dans le mélo. C'était juste la vérité. Dray avait suffisamment réfléchi à la question et surtout cauchemardé à ce propos pour en prendre conscience. Là est le problème quand vous taisez vos sentiments pendant trop longtemps. C'était comme des bêtes indomptées en cage. Ils n'en deviennent que plus violents sous le traitement. Ils ne pardonnent plus rien, ne laissent aucune chance si vous passiez la main entre les barreaux. Il y avait un prix à payer pour toute chose. Mais que Vaughn n'ait pas conscience qu'il s'inquiète pour sa vie alors qu'il était officiellement son meilleur ami et qu'ils étaient dans une situation mortelle au sens le plus strict… Si Dray s'en était aperçu, cela l'aurait désolé et consterné sans le surprendre. Il avait déjà fallu  tellement de temps pour faire intégrer à son ami qu'il tenait vraiment à lui… On n'allait pas les refaire maintenant. Ca faisait sans doute partie de toutes ces choses qu'ils devront un jour reprendre le temps de mettre sur la table. En attendant ce jour s'il devait venir, ce qui était encore moins sûr, il fallait sortir de la galère.

Ce fut cette peur qui empêcha Dray de rassurer son frère. Gérer sa propre angoisse en même temps que celle de l'adolescent, c'était un peu trop lui demander. Et de toute façon qu'aurait-il pu dire ? Que Dorian se faisait des idées alors que ni Vaughn, ni lui ne le croyait ? Fox était doué dans le mensonge, ce n'était plus un secret, mais même lui avait des limites. Et en l'occurrence, dans ces circonstances, il était incapable de le faire. Et puis l'optimisme qu'il affichait, de toute façon, ça aussi, c'était devenu un mensonge depuis longtemps. Comme disait l'émissaire, ce n'était qu'une apparence. D'habitude, il arrivait à donner le change. Là, quand même, c'était trop lourd. Le danger était trop près. Il n'avait pas les talents de comédien de Xander, lui. Et pourtant paradoxalement, il arrivait quand même à plaisanter de la situation. A sa manière, c'est-à-dire particulièrement ironique. Et il était vrai que si Vaughn était depuis longtemps habitué à sa manière de faire ou de dire, l'aventurier pouvait comprendre que cela passe beaucoup moins bien avec son petit frère. Et puis, il y avait aussi une question de vécu et d'expérience. L'innocence de Dor', qu'on avait eu de cesse de protéger dans un cocon ne pouvait accepter un tel humour noir. Mais le peintre et le pianiste avaient surmonté suffisamment d'épreuves pour le savourer, même dans leur situation actuelle.

"Ah mais je l'ai toujours dit : je suis bourré de talent." répliqua, faussement vantard mais sombre, le New-yorkais pour dire de conclure la plaisanterie sur le même ton. Autant faire les choses convenablement même s'ils allaient sans doute mourir d'ici peu.

Enfin ça ne répondait pas à la question de comment atteindre cette hypothétique porte de sortie. Alors Dray réfléchit au problème, encore loin de se douter que les choses allaient encore un peu plus s'aggraver.  Un plan, aux probabilités de réussite de 50 contre 1 en étant optimiste, finit par germer dans son esprit. Mais comme ils n'avaient que ça, il exposa son idée quand Dorian et Vaughn le lui demandèrent en réponse à sa question.

"Je veux qu'on détourne leur attention pendant deux minutes. Et je me dis qu'un sortilège de brouillard et ces engins qui essaient de les écraser, ça devrait nous les offrir, ces deux minutes. Voilà le plan. Je sors ouvrir la plaque. L'angle est trop mauvais pour que je puisse le faire à couvert. D'ici, Dor', tu me dissimules avec un sort de brouillard et Vaughn, tu me couvre avec les machines. Une fois la plaque ouverte, on étendra le brouillard entre eux et nous et ce sera à mon tour de vous couvrir pour que vous me rejoigniez et qu'on se casse d'ici. "

Sauf que ce qu'il n'avait pas prévu, notre New-yorkais maître es débrouille, c'était que le bâtiment se mette à flamber. Ce qui le fit se flageller, c'était qu'il aurait dû s'en douter. Leurs adversaires ne reculaient devant rien, ce n'était pas lui qui aurait dû oublier cette donnée. Mais visiblement, ni Dorian, vu la tête qu'il faisait, ni Vaughn qui lui le dit ouvertement en plus de tirer la tronche (… du moins aux yeux exercés de Fox), n'apprécièrent ses remontrances. En particulier l'émissaire d'ailleurs... On aurait pu croire pendant deux secondes que le jeune PDG ne réagirait pas, les yeux fixant toujours sombrement le bas des portes. Mais cela aurait été mal le connaître… Sa voix s'éleva sans trembler alors qu'il tourna la tête vers son ami. Encore une fois à sa sauce, par contre. Et tant pis si son frère captait l'étendue de ce qu'il pouvait y avoir entre eux. Il y avait peu de chances qu'ils s'en sortent tous les trois indemnes fallait pas se leurrer, alors pourquoi se retenir ?

"Tiens donc ! Intéressant, ça, my God. Et bien, puisque tu n'es pas d'accord, si on s'en sort, tu pourras toujours me punir de cette mauvaise habitude avec, si le cœur t'en dit."

Et il ponctua sa remarque d'un haussement de sourcils aussi sarcastique que tendancieux tout ce qu'il y avait d'équivoque.

"Par contre, faudra que tu m'expliques ce que tu fous avec un truc pareil. Je suis curieux." conclut finalement notre héros, ironiquement intrigué, il ne s'en cachait aucunement, avant d'exposer son nouveau plan après ce dernier rebondissement. Et il ne s'était clairement pas attendu au refus de son frère. Son regard interdit en était une preuve flagrante et Dray fut reconnaissant à Vaughn d'intervenir cette fois. Et il se fichait bien de la formulation choisie parce que de toute façon, il n'était pas sûr de pouvoir rester calme s'il prenait la parole, sans ces quelques secondes accordées et que l'émissaire était… lui, quoi.

" Vaughn a raison. Et crois-en mon expérience, Dorian. Le feu ne pardonne pas, surtout s'il est magique ! On sera submergé par la fumée et la chaleur avant même de le comprendre, les dégâts sur la structure ne vont pas tarder et eux en profiteront. On ne pourra pas lutter sur deux fronts à la fois."

Enfin, il ressortait de tout ça qu'il n'était plus question que le peintre et l'adolescent attendent sagement à l'abri de la galerie que le pianiste aille ouvrir leur sésame. Et ça, le professeur d'art eut tôt fait de l'exprimer. Dans un soupir aussi résigné que mécontent, Dray acquiesça à regret. C'était le pire coup de poker qu'ils allaient jouer de leur vie.

Contrairement aux inquiétudes de Dorian, la traversée du feu se fit relativement sans encombre, si on exceptait que Dray avait vu juste quant à la vitesse du sinistre. Mais vu le rugissement qui passa juste au dessus d'eux, il y avait des chances que les mangemorts ne soient pas les seuls responsables de la rapidité de l'incendie. Pour sortir, ils choisirent une fenêtre qui ne les éloignait pas trop de la plaque d'égouts. Au moins étaient-ils à présent à l'air libre. Quasiment à découvert, juste protégés par leurs boucliers, des buissons et l'idée du brouillard, mais au moins, ils ne finiraient pas grillés. Ou pas.

Suivant le plan, brouillard et engins de chantier, Dray alla ouvrir la plaque. Avec la magie, cela ne prit qu'une poignée de secondes et pendant cet instant, le jeune crut vraiment qu'ils allaient s'en tirer. Et toujours selon le plan, il s'apprêta à couvrir son frère qui devait le rejoindre, avant que cela ne soit le tour de Vaughn, qui occupait leurs adversaires.

Mais alors que Dor courait vers lui, ils avaient oublié un facteur. Le dragon. Il passa en rase-motte au dessus d'eux, furieux. Certains mangemorts virent là une occasion à ne pas louper. Les sortilèges qu'ils lui lancèrent ne firent qu'enrager un peu plus l'animal et la flamme qu'il émit, fut gigantesque. Le souffle projeta Dorian et Dray un peu dans le décor mais le feu, par miracle, les évita. Mais l'Américain vit l'adolescent recevoir en supplément l'extrémité de la queue de l'Hébride dans les côtes. Un vrai coup de fouet qui heureusement fut sans réelle gravité que celle de sonner l'enfant. En quelques secondes, Dray fut à ses côtés pour constater qu'il y avait plus de peur que de mal, le dragon étant en bout de course lors du contact.

Non ce qui était le plus problématique était que la chaleur extrême des flammes avait dissipé le brouillard, leur faisant perdre un de leurs uniques et trop faibles avantages.

Une poignée de mangemorts (étonnamment moins nombreux que Dray le croyait pourtant, ce qui laissait supposer des pertes de leur côté), sept pour être exact, les encercla alors. Le New-yorkais serra les dents en le constatant. Il aida Dorian à se mettre debout pourtant. Il allait falloir se battre. Un coup d'œil à Vaughn, un peu éloigné d'eux, pour s'assurer que pour l'instant, lui aussi allait bien. Maigre consolation, presque inutile mais pas aux yeux de Dray. La plaque était ouverte, presque à leurs pieds. Il ne manquait pas grand-chose pour que Dorian puisse s'y faufiler… Gagner du temps pour que Vaughn ait le temps à son tour de l'atteindre et de s'échapper… Tout n'était pas encore perdu. Dray se souvint des mots de Dorian. Se taper la discut', pas dans ton bureau…

"Bravo, messieurs, vous avez enfin réussi à nous coincer. Après des mois d'essais, il était temps. A qui doit-on ce miracle ?" ironisa donc le New-yorkais avec un aplomb insolent alors qu'un sortilège venait de rebondir sur le bouclier qu'il avait dressé juste à temps quand il s'était aperçu de leur position dramatique. Sa réplique fit lever la main d'un de leurs adversaires qui stoppa le geste d'un de ses hommes, baguette à nouveau levée.

"Vous m'amusez, Monsieur Fox. Vous me donnez envie de prolonger la chasse."

Gagné. Le contact était établi. Le jeune homme fixa la silhouette encagoulée en essayant de taire son expression de mépris et tout signe de peur qu'il aurait pu laisser passer à son insu. C'était une voix masculine ni trop grave, ni trop aigue, élégante d'ailleurs, mais elle était hautaine et surtout sadique. Fox n'eut aucun mal à imaginer le sourire carnassier qui allait avec.

"Alors laissez nous partir." répliqua finalement l'Américain sur ce ton enjoué qu'il avait déjà utilisé dans la galerie, rendant son attitude ouvertement culottée. Elle eut le mérite d'amuser le chef d'équipe.

"Un homme d'affaires tel que vous se doute bien que ce n'est pas une option."

"Un assassin tel que vous se doute bien que de votre avis, je m'en tape."

Cette fois, le ton du New-yorker était toujours aussi effronté mais cette fois aussi beaucoup plus dur. Et sans que personne n'ait eu le temps de comprendre, Dray leva sa baguette. Le sortilège toucha un arbre derrière l'ennemi. L'attaque surprise dans le dos fit son effet. Le végétal immédiatement étendit ses branches, cingla au passage un trio un peu isolé et sema surtout la confusion dans le reste de l'équipe. Cela permit à Dray de pousser son frère dans la direction de la plaque d'égout.

"Cours !" lui ordonna-t-il espérant que Vaughn en profiterait aussi.

C'était une tentative désespérée, sans aucun doute, mais à la surprise de Fox lui-même, aucun des trois hommes ne se releva, l'un visiblement bien coincé dans les branches d'ailleurs. Mais cela fut tout. Alors que Dorian était presque arrivé à la plaque, un sortilège mal cadré tomba à ses pieds, le stoppant net dans son élan. Le bitume éclata sous le choc de la magie et un débris vint même égratigner sévèrement la main de l'adolescent qui ne put retenir un cri de douleur.

"Dorian !"

Évidemment Dray voulut rejoindre son frère mais du coin de l'œil, le New-yorkais vit un autre éclat de lumière vouloir atteindre un point derrière lui. Vaughn !

"Ne bougez plus !"

Ce fut comme si on avait appuyé sur pause. Les deux frères se figèrent et s'échangèrent un regard. Le plus jeune paniqué, l'autre désespéré. Mais ce dernier dévia avec urgence vers le troisième fugitif, encore en retrait, cherchant à s'assurer que malgré tout, ça allait. Par pitié, Merlin… faites que ça allait… Rester debout, communiquer même silencieusement. Gagner encore du temps.

Quand les choses se furent calmées, le chef de meute constata l'inutilité de ses trois hommes, quelque peu surpris, ne s'étant pas attendu à ce léger accroc.

"Votre résistance permanente, Fox, commence à me fatiguer. Notez que je ne regrette pas de m'être occupé personnellement de votre cas, depuis nos premières tentatives avortées, mais je dois reconnaître que je n'ai pas l'habitude que mon gibier survive aussi longtemps."

Dray tenta à nouveau la carte de l'insolence. Par habitude et parce qu'il ne voulait pas abdiquer.

"Pardon si vous ne m'en voyez pas navré.  Enfin, si vous vous occupez de mon cas comme vous dites,  vous avez dû comprendre que je n'ai pas l'habitude de faire ce qu'on attend de moi. Encore moins si c'est me laisser abattre comme un chien."

"J'entends bien."

Les hommes attendaient les ordres. Le dragon continuait de survoler et embraser le parc. La lueur de sortilèges au loin faisait entendre que les aurors étaient là. Il fallait relancer la conversation, pour ralentir l'issue du combat.

"Vous m'avez, laissez-les partir."

Un sourire perfide passa sur les lèvres du Mangemort et si la cagoule le cachait le ton de sa voix fut suffisamment explicite.

"Vous n'avez pas de quoi négocier, Fox."

"Réfléchissez. Le PDG du Groupe Fox. Mon père atteint, le Groupe fragilisé, et des témoins pour relater votre victoire. Aucun des deux ne vous sera utile mort. Laissez-les partir."

"C'est là que vous faites erreur mon cher. Premièrement parce que votre père sera beaucoup plus atteint si votre frère meurt. Ne croyez pas qu'on ignore votre contentieux. Et deuxièmement, votre douleur m'est beaucoup plus satisfaisante encore que votre trépas. Ce qui arrivera si je tue aussi votre compagnon, je n'en doute pas."

Le raisonnement était sans faille. Dray déglutit alors que l'homme pointait Vaughn de sa baguette. Erreur, le mangemort vit son trouble. Nouveau sourire sadique parfaitement audible.

"Vous voulez négocier, M. Fox ? Soit. Je suis bon prince. Je vous laisse le choix. Votre frère ou votre ami."

Dray se serait pris un coup de poing dans l'estomac, cela n'aurait pas eu un autre effet. Livide, il tiqua, incapable d'assimiler l'évidence.

"Pardon ?"

Un ricanement unanime de cette bande de tarés et l'homme expliqua donc son plan tordu, avec une condescendance particulièrement perverse.

"Je vous l'ai dit. Vous me donnez envie de poursuivre la chasse. Vous n'êtes pas mauvais en duel, je vous ai vu à l'œuvre. Et je vous dis que je vous laisserai en sauver l'un des deux. La question est : à qui attribuez-vous le plus de valeur ? Ou si vous préférez, qui acceptez-vous de tuer ? Lequel des deux va mourir par votre faute ? Je vous laisse seul juge. Cinq secondes. Et si vous ne vous décidez pas, vous aurez la mort des deux sur la conscience. Dans tous les cas, je savourerai votre souffrance et votre déchéance, jusqu'à ce que je m'en lasse du moins et finisse par vous achever. Marché conclu ? Enfin… Ce n'est pas comme si je vous laissais le choix… "

Un signe de la main et déjà les trois autres de ces malades s'apprêtaient à faire leur sale besogne.

"Cinq… Quatre…"

Alors celle-là, Dray ne l'avait pas vu venir… Comme s'ils allaient respecter leur parole en plus ! Un coup d'œil d'avertissement à Dorian et Vaughn, ce fut juste le temps qui leur était accordé. Soyez prêts… L'aventurier se mit soudain en mouvement alors que le compte à rebours prenait fin.

Un retour à l'envoyeur mit l'adversaire de Dorian au tapis. Dray eut tout juste le temps de le lancer avant d'être brutalement stoppé dans sa course. Il n'était pas question qu'il choisisse. Il en était incapable. La vie de son petit frère ou celle de l'homme qu'il aimait ? Qui aurait pu choisir ? Il n'y avait pas d'autre solution possible.

Les adversaires de Vaughn furent surpris. Leur supérieur aussi d'ailleurs. Étrangement, même s'il avait su parfaitement ce qui allait se passer en faisant ce qu'il venait de faire, Dray sembla ne pas plus comprendre ce qui venait d'arriver. Une poignée de secondes de latence qui semblèrent interminables dans son esprit parce qu'il ne sentit d'abord rien. Il aurait dû pourtant. C'était bizarre. Le monde semblait s'être arrêté pendant cet instant ou plutôt, il tournait au ralenti. Ou tout allait trop vite ? Il était perdu. Il était là debout, immobile, sans rien sentir, sans rien entendre, fixant simplement le regard interdit de son ennemi qui ne semblait pas comprendre son geste, ni ses yeux vides d'expression qui ne voulaient pas le lâcher. Mais s'il ne sentait rien alors… Une prière traversa  l'esprit du New-Yorkais : faites que je n'ai pas échoué. Mais celui qui avait eu en charge de tuer l'émissaire tomba d'un sort qui vint de derrière le jeune homme. Cela le rassura. Vaughn… Et puis, le quatrième lascar suivit une seconde après, d'une attaque dans le dos cette fois, sortie de l'ombre, sans qu'on n'en sache la source. Ne restait plus que l'homme qui avait orchestré tout ceci. Quand ce dernier prit la fuite, Dray ne réagit toujours pas. Une poignée de secondes interminables… Et puis enfin, il se tourna vers le peintre, sans se rendre compte qu'il était toujours inexpressif, le teint cireux. Jusqu'à ce qu'il sente quelque chose de chaud couler sur sa peau. Il porta sa main vers la source de chaleur sur son ventre et regarda ses doigts maculés de sang, apathique. Trop lentement, ses yeux gris finirent par remonter vers Vaughn, semblant poser une question muette, sa main ensanglantée immobile, ouverte vers le ciel. "Tu es là, j'ai réussi alors qu'est-ce qui se passe ?"

Et puis ce fut le déclic. Comme si quelqu'un avait remis brutalement la mécanique en marche. La douleur fut fulgurante, coupant littéralement le souffle du New-yorkais. Ses yeux s'écarquillèrent sous le choc. Il tomba à genoux, soudain incapable de rester debout, vidé de toutes ses forces. Le corps avait bel et bien encaissé le sortilège qui avait été promis à un autre mais le cerveau avait temporairement refusé d'analyser les faits pour protéger l'organisme. La réalité avait pourtant fini par reprendre ses droits. Dray s'effondra, cette fois complètement à la dérive, supplicié.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Lun 3 Fév 2014 - 22:32

Dor' laissa les deux hommes dialoguer entre eux, par rapport à la remarque hautement et ironiquement philosophique de son frère à propos des rencarts, en se disant quand même que l'un et l'autre étaient quand même bien atteints dans leur genre. Il ne fut même pas surpris de voir son frère relancer avec sa fausse vantardise et son haussement d'yeux au ciel, agacé, fut parfaitement traduisible. Tu peux arrêter de dire des conneries une minute ?

Toutefois, quand Dray finit par leur dire exactement ce qu'il avait eu en tête, Dorian eut vraiment un regain d'espoir. Ca pouvait marcher, ce plan-là. En tout cas, en théorie, c'était réalisable. Et les sorts de brouillard, eux, étaient parfaitement à sa portée. Il pourrait enfin être utile.  Alors l'adolescent acquiesça cette fois du chef, sagement, la main bien serrée autour de sa baguette, prêt à agir dès que son frère en donnerait le signal.

Sauf qu'évidemment, cela ne pouvait pas se passer aussi bien. Il remarqua le détail qui clochait dans le décor. Dray en constatant les faits considéra à tort que c'était de sa faute et si Dor' en avait été incapable sur le coup, il fut quand même content de voir que l'ami de son frère, lui, n'hésita pas à le recadrer… pour se voir, par contre, épingler par une nouvelle répartie du New-Yorkais. Dorian cligna des yeux sous la finesse alambiquée du propos et se dit très rapidement qu'il ne fallait pas qu'il cherche à comprendre, cette fois. Enfin, cela aurait pu paraître innocent et juste une simple provocation de Dray pour dire d'avoir le dernier mot, s'il n'y avait pas eu ce haussement de sourcils et ce on ne savait quoi dans le ton. Non décidément, il préférait ne pas savoir ce que cela sous-entendait. Aux innocents les mains pleines, heureux les simples d'esprits…

On en revint donc au sujet principal : survivre quand des mangemorts veulent vous assassiner. Mais cette fois, l'idée de traverser le feu et quitter dans ces conditions leur abri, sans que l'accès aux égouts soit disponible, déplut particulièrement à l'enfant et il eut tôt fait de dire ce qu'il pensait. Ca oui, il avait peur. Le peu d'espoir qu'il avait glané un instant avant était parti en fumée en même temps qu'une autre empoisonnait leur oxygène. Et il était prêt à batailler contre Dray pour se faire entendre, c'était évident… Il ne l'était pas contre Vaughn… La douche froide lui fit le plus grand bien. Il piqua du nez et maugréa, mauvaise tête.

"Dorian. Je m'appelle Dorian !"

Ca c'était pour le gosse. Mais pour le reste, l'adolescent ne répondit rien du tout parce que dites ainsi, les choses étaient limpides. Le peintre avait raison, c'était l'évidence même. Et quand Dray approfondit la leçon, Dor' ne put que rendre les armes pour de bon. Quoi qu'il aurait bien voulu savoir ce que c'était que l'expérience dont parlait son frère.

"D'accord ! D'accord !" râla-t-il pour la forme. "On y va."

Enfin sans encombres, la traversée, ce fut vite dit parce que des morceaux de plafonds et de poutres qui vous tombent dessus, alors qu'il faisait de plus en plus une chaleur infernale et que la fumée était de plus en plus noire, l'adolescent n'appelait pas cela comme ça ! Au cri du dragon, Dorian, sincèrement, pria. Mais une fois dehors, il tint son rôle avec application en digne petit Gryffondor qu'il avait failli être, parce qu'il savait que de cela dépendait la survie de son frère ainé, parti leur ouvrir le chemin. On n'avait pas vu plus beau sort de brouillard alors que le deuxième adulte faisait des merveilles avec les véhicules. Et quand il perçut le signal de Dray, sans hésitation parce qu'ils ne pouvaient pas se le permettre, il s'élança vers lui.

Ce fut là que leur joli plan d'évasion s'effondra. Ce fut déjà trop tard quand Dorian vit arriver la créature. Il se fit balayer par son souffle brûlant mais alors qu'il tombait, il vit une ombre gigantesque lui passer devant les yeux en même temps qu'il sentit un choc très violent et douloureux en pleine poitrine qui le projeta encore un peu plus loin. Il ne comprit absolument pas ce qui s'était passé et voulut appeler Dray pour comprendre et se rassurer, son frère qu'il avait vu éjecté en même temps que lui dans le décor mais il paniqua en constatant qu'il lui était incapable d'inspirer, le diaphragme bloqué par l'impact. Heureusement, son frère le rejoignit et intervint. Quelques frappes dans le dos remirent sa respiration en route. A part cela, il n'avait visiblement rien de cassé. Sauf une douleur sourde dans les côtes mais rien de paralysant. Et vu la dérouillée qu'il venait de se prendre c'était un moindre mal !

Du côté des mangemorts, on ne faisait pas plus les fiers. Déjà parce qu'ils ne s'étaient absolument pas attendu à voir les machines moldues se retourner subitement contre eux alors que le brouillard les aveuglait.  Et croyez bien que le bras mécanique d'une pelleteuse, ça filait de sacrées migraines quand ça vous tombait sur le museau. Et en effet, ils étaient plus nombreux normalement, Fox ne faisait pas erreur dans son analyse. Mais voilà, le coup du dragon, en plus, se retourna contre eux. Si le souffle projeta les deux frangins, les flammes de la créature mirent à mal les lignes ennemies à qui elle était destinée. Et les deux abrutis qui avaient cru prendre un avantage en provoquant la bestiole, payèrent cher leur initiative et les deux ou trois collègues carbonisés. Les Avada kedavra du chef de la meute remirent très vite de l'ordre dans les rangs…

Enfin, cela avait quand même eu un effet positif, le mangemort le constata avant même que sa deuxième victime ne touche le sol. La cible était à présent à leur merci, le brouillard qui les protégeait de leur vue s'étant subitement levé. Ils allaient pouvoir arrêter ce cirque avec les machines en leur réglant leur compte !

Malheureusement, donc, le cauchemar était loin d'être terminé. Quand il se releva avec l'aide de Dray, encore un peu sonné, Dorian fit la même horrible constatation que son frère et certainement Vaughn. Ils étaient complètement à découvert et très vite, les mangemorts prirent le dessus. Et si Dray les trouvait moins nombreux que prévu, pour Dorian ils l'étaient beaucoup trop. Ils allaient mourir. En tout cas, l'adolescent en était à présent sûr. Ils avaient essayé, ils avaient raté. Dor' jeta un coup d'œil rageur au trou des égouts, à quelques mètres et pourtant complètement inaccessible, juste avant que le sortilège ne leur fonce dessus. Il ferma les yeux… et les ré-ouvrit en entendant le bruit caractéristique de la magie contre un bouclier et soudain, la voix de son frère. Il le regarda engager la conversation, éberlué. Il alla même chercher Vaughn du regard pour s'assurer qu'il constatait la même chose. Quelle folie était encore passée par la tête de son frère ? Provoquer leurs ennemis n'allait pas les garder en vie plus longtemps ! … Ou pas. Dorian écarquilla les yeux en voyant que la mayonnaise prit. Et il se garda bien d'intervenir, pour ne surtout pas réduire à néant les efforts de son frère. Instinctivement, il sut qu'il devait rester en alerte. Si Dray tentait de gagner ainsi du temps, c'était sans doute qu'il avait une idée derrière la tête, encore.

Mais même s'il s'était mentalement préparé, le sortilège soudain de contrôle des végétaux de l'aventurier le prit au dépourvu, en particulier en voyant trois mangemorts se faire happer par les branches. Il fallut que son frère lui crie de courir pour réagir et foncer vers la plaque d'égouts. Malheureusement, leurs adversaires se remirent de leur surprise aussi vite. Un sortilège sans doute explosif le stoppa net et heureusement qu'il fut mal cadré sans quoi, l'enfant aurait fini en petits morceaux vu l'état du bitume à ses pieds. Par contre, l'adolescent ne put éviter les éclats et il eut tout juste le temps de se cacher le visage avec les bras avant que l'un d'eux lui brûla et lui entailla la main. La douleur fut cuisante. Dorian cria. Il perdit sa baguette dans la manœuvre. Le cri de panique de son frère l'émut. Il lui adressa un regard rassurant malgré le choc alors que celui-ci venait dans sa direction. Ca allait, ce n'était que superficiel. Par contre l'ordre du mangemort en chef, fit son effet. Dor' se raidit et vit impuissant, son frère s'immobiliser aussi sec, ayant parfaitement saisi l'avertissement qu'avait été ce sortilège peut-être pas si mal cadré involontairement que ça. Ils ne pourraient jamais s'en sortir ! Et le désespoir de Dray ne lui donnait aucune espérance.

Et malgré tout cela, la conversation reprit entre le chef de ces fous et son aîné. Et dire qu'il avait trouvé dingue l'idée que ce dernier négocie leur vie et pourtant, c'était ce qui était en train de se passer. Et sérieusement, Dorian n'apprécia pas du tout le chemin que cela prit car il était évident que dans le plan de Dray, il n'y avait aucune place pour sa propre survie. Il parlait de lui et de Vaughn, ça oui. Mais il disait se livrer en échange et ça, il ne pouvait pas l'accepter. Sauf qu'il savait qu'il fallait surtout ne rien dire pour ne pas donner de munitions à l'ennemi. Surtout lui, la cible numéro 1 depuis le tout début de cette affaire de dingues ! Alors il se contenta d'un appel au secours muet à l'émissaire, qu'il ne le laisse pas faire, bien conscient pourtant que l'adulte était aussi impuissant que lui, que lui non plus ne pouvait pas empêcher ce qui était en train de se passer et arrêter Dray.

Quand les choses dérapèrent pour de bon ? Dorian ne sut pas trop mais tout d'un coup, les négociations devinrent un chantage odieux ! L'adolescent écarquilla les yeux de terreur devant un tel choix monstrueux. Il chercha, paniqué, le regard de Dray puis celui de l'artiste. La demande de confirmation épouvantée, inutile mais inévitable, de son frère ne laissa aucun doute sur l'issue de la confrontation… Et sans qu'ils ne puissent faire quoi que ce soit pour l'empêcher le décompte commença. Dorian capta le regard de son frère vers lui d'abord puis vers Vaughn et le traduisit immédiatement alors que sonnait la fin de l'histoire. La peur fut intolérable parce qu'il comprit ce que son frère eut soudain en tête. Personne ne pouvait choisir entre deux personnes qu'il aimait. Surtout si c'était pour en condamner une à mort. Alors évidemment l'équation était limpide.

"Dray…"

Ce fut tout ce que Dorian eut le temps de dire, complètement désespéré. Il ne voulait pas ce qui allait arriver ! Mais il ne put rien faire pour l'empêcher… Tout alla alors très vite. Trop vite. Impuissant, il ne put que voir Dray courir vers l'artiste alors que s'écroulait le mangemort qui était chargé de lui régler son compte à lui. L'enfant terrifié regarda l'homme tomber et tourna son regard vers le New-yorker. Sa joie fut sans limite en voyant son frère encore debout et leurs ennemis en déroute. Mais cela ne dura pas. Tout d'un coup, l'adolescent, interdit, vit Dray se tourner trop lentement vers Vaughn. Et là, la peur qui s'était calmée l'étouffa littéralement en constatant le teint blême de son aîné, son regard éteint et chargé d'incompréhension et sa main couverte de sang. Et puis le regard de son frère s'écarquilla de douleur, de surprise et de peur avant de tomber en silence. Dorian hurla, affolé.

"DRAYYY !"

En quelques secondes, l'adolescent était à ses côtés, sans savoir quoi faire. Et irrépressiblement, ses larmes coulèrent quand il constata que son frère allait vraiment mal, cette fois, les traits crispés sous la douleur, le souffle erratique, visiblement déjà en train de s'enfoncer. Mais que pouvaient-ils faire ?

"Faut des secours !"

C'était ça qu'il fallait. Mais le désespoir de l'enfant ne faisait aucun doute qu'il savait que c'était dans l'état actuel des choses impossible.

"Accroche-toi, grand frère…"
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Vaughn Xander
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Mar 25 Fév 2014 - 17:07

Tout le monde avait la trouille aujourd'hui, à part quelques Mangemort sadique. Vaughn, comme ses deux autres compagnons d'infortune, ne faisait pas exception loin de là. Ne pas paniquer, ne pas montrer sa peur dévorante, ne pas faire encore plus flipper le gamin surtout sinon ça serait encore pire. Et puis, il était le plus vieux, quelque part c'était à lui de garder la tête froide. Seulement, il n'était pas vraiment à l'aise dans se rôle. Il n'avait pas vraiment l'habitude de faire quoi que ce soit pour les autres de toute façon… et encore, S'il n'y avait que Dray ça pourrait passer mais là. Enfin, il fallait être un peu responsable parait-il…

Et effectivement, même si ça semblait incongru et hautement improbable, Vaughn ne pensait pas du tout à lui-même dans cette situation ni à ce que provoquerait ça mort. Etait-ce si surprenant ? Ho il savait très bien que Dray tenait à lui, là n'était pas le problème, mais il savait aussi que son ami n'était pas seul. Bien sur, ça serait difficile, perdre quelqu'un dont on est proche il savait ce que cela faisait pour l'avoir vécu, mais dans son optique, il s'en remettrait. Perdre un frère, se serait déjà plus difficile. Et ça n'avait rien à voir avec le fait qu'il se dévaluait ou autre non. Mais rien que savoir sa sœur malade, l'année dernière, avait bien mis à mal le moral de l'adulte même s'ils s'en défendait et ils n'étaient même pas proche, ce qui était loin d'être le cas des deux frères, il suffisait de les regarder deux minutes. Lui-même se préoccupait beaucoup plus du sort de son ami de toute façon et même s'il refusait de penser à l'éventualité que…

Non, mieux vallait ne pas penser au pire, même si c'était difficile. Y penser ne ferait que le faire paniquer davantage même s'il n'était pas vraiment optimiste sur les conclusions de cette soirée, malgré tout. Mieux valait se concentrer sur les petites choses et leur conversation, aberrante dans cette situation il en convenait, était une de celle-là. Mine de rien, ça l'apaisait un peu, détourner ses idées de ses pensées les plus noires même si ça ne les faisait pas taire. Un espèce de sourire ambigüe encore plus esquissé qu'à l'accoutumée –du fait de la présence de Dorian sans doute– se posa sur les lèvres de l'artiste à sa dernière remarque. Ca on pouvait le dire qu'il était "bourré de talent". Mais il ne répondit rien du tout, il n'y avait finalement plus rien à ajouter et il vallait mieux se concentrer un peu sur la question de "comment sortir de se trou ?" de toute façon.

Vaughn avait donc écouté avec attention l'idée de Dray. Détourner leur attention ? Oui c'était jouable… Il suffisait de bien repérer leurs positions et avec le brouillard, il serait facile de leur faire avaler des grands coups d'engin de chantier… et même s'il le les touchait pas ça les occuperait assez pour esquiver et leur permettrait, à tous les trois, d'échapper au moins quelques instants à leur surveillance. C'était risqué, bien sur, mais dans leur situation c'était également leur meilleure option.

Jusqu'à ce qu'un petit problème soit soulevé par le gosse bien évidemment. Ho il n'y était pour rien et à vrai dire, si son cerveau n'avait pas été si encombré par des pensées parasites il s'en serait lui-même rendu compte bien plus tôt mais une chose était sure, ça allait sacrément se gâter pour leur fesse maintenant. Plus question de rester bien à l'abris pendant que Dray prenait les risques, il faudrait sortir tous les trois… et avoir une sources de chaleur aussi intense qu'un incendie près d'une tentative de brouillard, ça allait être coton tien… enfin, ce n'était pas comme s'ils avait réellement d'autre choix. Mais ce n'était pas pour ça non plus qu'il allait laisser Dray se flageller on s'en doute. Et si l'Américain ne prit pas réellement de gant pour lui répondre, ce n'était pas Vaughn que ça allait gêner. Bien sur, les grand déballages ce n'était pas son truc –on ne se refaisait pas– mais ce que le gamin pouvait penser de lui s'il comprenait, il s'en foutait royalement, petit frère ou pas.

"Si tu le prends comme ça, je m'y attèlerais avec application soit-en sur…"répondit-il donc, sur de lui avec un je ne sais quoi de tendancieux dans la voix que seul l'ainée de la fratrie pourrait déceler.

"Par contre, pour l'explication de la possession de certains 'jouets', ça attendra un peu si tu le permets…"précisa-t-il doctement… c'est qu'ils avaient quand même d'autre Kneazel à fouetter pour le moment.

Et si lui était près depuis longtemps à la proposition que Dray leur fit, il n'y avait de toute façon pas trente-six solutions et la peur n'avait pas encore paralysé toutes ses facultés cognitives, il sembla qu'il faudrait probablement bataillé avec le plus jeune… ou pas. Les mots de l'émissaire avait semblait faire mouche plus facilement que ce dernier ne l'avait prévu et en voyant le Serdaigle baisser la tête il fut un peu soulager de s'éviter cette peine. Se dernier ne lui avait répéter que son nom, apparemment le 'gosse' n'avait pas plus, mais l'adulte reposa son regard trop verts sur l'extérieur en lançant un "C'est ça…" particulièrement intéressé. Ce n'était pas comme si il ne savait pas comment il s'appelait en plus –ce qui tenait quelque part du miracle, c'était bien parce que c'était le petit frère de Dray ça– mais juste que c'était lui. Il allait devoir s'y faire.

Il avait laissé le Pianiste expliquer plus en détail ce qu'il avait laissé entendre, mémorisant de son coté la place de tous les Mangemort qu'il pouvait apercevoir de sa position. Ils devaient être plus nombreux bien sur, et s'il avait eu le temps un sortilège de transparence n'aurait pas été superflus mais il fallait se contenter de ce qu'ils avaient. Enfin, si déjà on arrivait à se débarrasser de ceux-là ça provoquerais assez de confusion pour repérer les autres…

Et puis, il avait fallut se lancer. Sa main crispée sur sa baguette, Vaughn avait fermé la marche, laissant le gosse entre son frère et lui. Il n'avait pas été très compliqué de sortir de la bâtisse, protégé autant par le sort de brouillard du gamin que son propre bouclier, il ne s'était plus concentrer que sur l'animation des engins de chantier. Ayant passé quelques seconde a visualiser les emplacements des Mangemorts visibles de leur cachettes, il avait réussit à mettre un grand coup de pelleteuse dans la tête de l'un d'entre eux, surprit de ne plus rien voir, et son cri avait quelques peu agiter les camps adverse. Il n'avait pas suivit grand-chose ensuite, se contentant de faire bouger ses marionnettes de métal au mieux.

Et tout c'était bien passé dans un premier temps. Du coin de l'oeil, il avait perçu le signe fait a Dorian pour qu'il le rejoigne, signe que la première phase du plan c'était passé sans encombre. L'adulte, d'un mouvement de poignée, avait lancé le bulldozer en direction de leur adversaire pour les détourner un peu plus encore du Serdaigle mais son mouvement avait été quelque peu superflu puisque les hommes encapuchonnés –ou tout du moins une poignée d'entre eux– avaient décidé de les contrer en titillant le dragon. Et Vaughn n'avait absolument pas anticipé ce fait. Même s'il n'était heureusement pas dans la trajectoire du Dragon, le souffle d'air chaud le déconcentra de ses sortilèges ce qui stoppa une partie de son attaque. Concentrer à se protéger –c'est qu'un dragon ça rigolait pas– Il avait alors, impuissant entendu le cri de Dray ce qui avait fait monter son niveau de stress d'un cran, comme on s'en doute. Heureusement, il ne s'agissait que de peur mais à présent les deux frères étaient à une distance certaine de lui et leur brouillard, pourtant parfaitement exécuté, n'avait pas résisté à l'assaut des flammes. Merde…

Bien sur, les Mangemorts c'était alors rapidement débarrasser des engins restant, et Vaughn avait concentré toute son attention sur les sortilèges de défense qu'il connaissait. Maintenant, il n'avait plus aucune chance, c'était jouer d'avance il n'était pas stupide, mais il fallait au moins pouvoir résister assez longtemps pour que les deux frères, si proche du but, puisse s'enfuir. Aussi, quand il avait croisé le regard de Dray, quelques secondes, c'est un regard résigné que ce dernier avait pu apercevoir.

Mais il semblait qu'une fois de plus le PdG de la Fox n'ait d'autre projet que de se laisser bien gentiment faire. Si la prise de parole de l'ainée de la fratrie avait surprit son cadet, il aurait été mentir de dire qu'il en fut de même pour le représentant du Tennessee. Ca lui ressemblait tellement de 'lancer les négociations' alors qu'ils n'avaient rien pour. Et s'il ne s'attendait pas à un miracle, il fut cette fois aussi surprit que le gosse de voir que ça marchait aussi bien. Evidemment, pour que le musicien ce lance dans un tel stratagème, c'est qu'il avait quelque chose en tête on s'en doute et, de son coté, l'artiste avait prit le partit d'attendre la faille. Il ne se faisait pas d'illusion, il était bien trop loin pour que le stratagème lui permette de s'enfuir, mais déjà si le mioche s'en sortait ça leur ferait un paramètre de moins à gérer.

Quand le sortilège du New-yorkais avait fusé, un autre de ralentissement l'avait instantanément rejoint. La surprise alliée à la petite astuce de l'aînée fit que les trois bougres visés ne purent pas faire grand-chose et expliqua aussi, en un sens, pourquoi le sort de contrôle des végétaux avait aussi bien marché. Seulement, les quelques secondes de latence qu'avait eu Dorian pour courir vers la plaque d'égout ouverte avait été propice à l'ennemie et leur tentative avait, de se fait, été avorter dans l'œuf. Vaughn avait à peine eut le temps de faire quelques pas vers le reste du groupe que le sortilège d'avertissement avait fusé, le stoppant net par réflexe.

Et une nouvelle manche s'ouvrit. Cette conversation absurde tenait à présent plus du désespoir qu'autre chose, Vaughn le savait bien, et il y avait peut de chance qu'ils aient à nouveau une ouverture cette fois. Dray proposait de les laisser partir contre sa vie et bien que ça ne plaise pas du tout à l'artiste, il savait bien que ça n'avait pas beaucoup de chance d'aboutir. Le regard de Dorian, il l'avait perçu bien évidemment mais il n'y avait pas réagit : il ne pouvait strictement rien faire. Et puis, les Mangemorts n'avait aucun intérêt à les laisser partir de toute façon, tout le monde savaient qu'ils étaient là, si on retrouvait leurs corps le crime serait signé c'était aussi simple que ça. Et d'ailleurs, le chef de la meute eut tôt fait de mettre les points sur les i de l'homme d'affaire, sans surprise…

Ou presque. Apparemment, il était plus sadique que les autres celui-là et avait un nouveau jeu en tête pour torturer sa proie : Un choix. Et bien que l'artiste n'était pas d'un naturel démonstratif, il fut évident cette fois que ce coup là il ne l'avait pas vu venir. Les yeux braqué sur son meilleur ami, il avait vu se dernier se tourner vers son petit frère et avoir un regard qu'il n'aima pas du tout. Et d'ailleurs le léger mouvement de tête négatif qu'il eut, presque malgré lui, en était le plus criant témoin. C'était le gosse qu'il fallait choisir, pas lui. Il n'avait aucune chance, il s'était résigné, il n'y avait pas à hésiter pourtant. Et c'est ce qu'il tenta d'exprimer quand finalement il avait tourné son attention sur lui. 'Fait pas le con Dray' semblait-il lui dire sans un mot. Mais autant parler à une bourrique…

Quand le décompte finit, tout c'était passé très vite, beaucoup trop vite. Vaughn, avait levé sa baguette pour viser un de ses deux assaillants, il n'y avait rien d'autre à faire. Mais, peut habitué aux duels de sorciers, il avait été beaucoup plus lent que son adversaire on s'en doute. Le sort du Mangemort avait fusé, implacable, et si Dray ne s'était pas élancé vers lui pour se retrouvé dans la trajectoire de ce dernier, l'artiste n'aurait été plus que souvenir c'était un fait. Et là, il y eu comme un moment de latence… le sort de l'artiste mis un temps infini a atteindre sa cible alors que ce dernier ne voyait plus que son ami. Il était debout, entre lui et leur ennemi, mais si Dray pensait avoir réussit lui il savait… l'émissaire était encore debout et ce simple fait signifiait que le PdG c'était prit le sortilège qui lui était destiné. Et le teint blafard de son ami, quand il c'était tourné vers lui n'en avait été que la confirmation.

Oubliant toute prudence, ne vérifiant même pas si un de leur adversaire était encore debout, il c'était alors élancé vers son meilleurs ami alors que se dernier s'effondrait au sol. Il ne lui avait fallut qu'un instant pour se retrouver au près du pianiste, crispé de douleur, et instinctivement il avait plaquer la main droite sur la plaie béante dans une tentative désespérer de réduire le saignement alors que son autre main c'était glisser sous la nuque de son ami.

"Idiot ! Qu'est-ce qui t'as prit bon sang !"c'était-il entendu dire, la voix un peu trop tremblante pour être crédible.

Ils ne pouvaient rien faire, Vaughn le savait bien, mais pourtant il ne pu s'empêcher de renforcer sa prise sur le corps de son ami alors que son jeune frère le suppliait de s'accrocher.

"Je t'interdit de mourir Dray… t'as pas le droit de me laisser je refuse… "

C'était des paroles bien égoïste, à n'en pas douter, mais Vaughn n'avait pas pu les retenir alors que ses yeux se voilaient sans qu'il ne puisse rien y faire. L'artiste ne se rendit même pas compte que des larmes, pour la première fois depuis qu'il était gosse, marquait ses joues de leurs empruntes…



    Le monde de l'art n'est pas celui de l'immortalité, c'est celui de la métamorphose.

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Dray Fox
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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Mar 25 Fév 2014 - 22:14

Vaughn avait raison, il ne fallait pas penser à l'éventualité de leur mort. C'était se couper les jambes et au contraire, il fallait agir avec toute l'énergie possible. Alors si l'émissaire repoussa ses pensées sinistres dans un coin de son esprit, Dray en fit autant de son côté. Il leur expliqua plutôt ce qu'il attendait d'eux. De toute façon, cette histoire d'importance, alors que chacun se préoccupait plus de l'autre que de lui-même, c'était encore un truc que ni le peintre, ni le pianiste ne comprenaient et dont ils ne parleraient jamais. Ils étaient tellement certains de ce qu'ils croyaient savoir de l'autre et d'eux-mêmes… Ou alors il faudrait que les circonstances ne les y obligent et on se demandait bien ce qui les ferait céder, ces deux têtes de mule.

En attendant, il y avait cette conversation absurde qui convenait à tout le monde. En effet, c'était un excellent dérivatif à l'angoisse générale. Tout le monde y trouva son compte. C'était un moyen de survie et un système de défense comme un autre. Le sourire de Vaughn, à peine dessiné, comme à chaque fois qu'ils n'étaient pas seuls ensemble, trouva presque immédiatement une réciprocité chez son cadet. Fox savait que sa petite répartie avait été appréciée, il en était satisfait. Mais oui, il valait mieux éviter de dévier sérieusement, cette fois. Ce n'était ni l'endroit et surtout ni le moment pour leur humour douteux qui finissait à tous les coups par les chauffer.

Enfin jusqu'à ce qu'on parle de discipline… Là Day fut incapable de ne pas saisir la perche. Imaginer Xander avec un objet pareil était bien trop piquant pour qu'il résiste à la tentation même alors que tout cramait autour d'eux et que Dorian était présent. Et puis il était tant que le frangin apprenne un peu la vie, non ? A quinze ans, après tout… Oui bon, là, ok, c'était quand même pervers et de très mauvaise foi, mais on se refaisait pas. Mais il sembla que ces circonstances n'ennuyèrent pas plus l'émissaire. Le on ne savait de quoi de tendancieux fut saisi sans aucun problème, on s'en doute bien et ça, allié au reste de la réponse, tira ouvertement un ricanement chez Dray qui aurait pu être un rire honnête et sincèrement amusé s'ils ne jouaient pas tous leur vie.

"Je le prendrai comme tu me le présenteras, Dear… et ok mais compte sur moi pour ne pas oublier de remettre tes jouets sur le tapis." répliqua finalement le New-yorkais faraud sur la première partie et comme à regret sur la deuxième, comme si, lui,  ne voyait absolument pas pourquoi il faudrait repousser cette conversation et s'il faisait une fleur à son compatriote en abandonnant temporairement la partie.

La réaction de Dorian par rapport à la remarque de Vaughn, parfait reflet de son âge et donc de son immaturité, Dray passa outre et retint à grand peine un sourire entendu et un peu moqueur à l'adresse de son ami quand il répliqua à son frère ces deux derniers mots, indifférents au possible. Assez pour que Dorian ne le voit pas - et heureusement, susceptible qu'était le gamin !- mais pas suffisamment pour que l'émissaire, habitué, ne le détecte avant d'observer à nouveau les alentours. Lui avait parfaitement saisi les tenants et aboutissants et il était d'accord avec le peintre. Dorian allait de voir s'y faire et comprendre que c'était comme ça que Vaughn montrait un minimum d'intérêt. Et il pouvait remercier leur lien de parenté. Toujours fut-il que l'intervention du peintre régla le problème que posa Dor' et qu'ils suivirent donc le plan de l'aventurier.

Et s'ils y avaient cru pendant quelques secondes tous les trois, leur plan fonctionnant par on ne savait quel miracle, (enfin il suffisait de voir les quelques beignes que filèrent les marionnettes improvisées de Vaughn pour comprendre…), tout s'écroula. Sale bestiole…

Dray avait parfaitement compris l'inquiétude grandissante de son frère de minute en minute, alors qu'il saisirait peu à peu jusqu'au dénouement, où tout cela finirait par les mener. Mais les deux adultes avaient déjà saisi dès que le brouillard s'était levé. L'un d'entre eux devait se sacrifier pour que les deux autres s'en tirent. Il n'y avait pas de meilleure solution à l'équation. Dès le début, en fait, c'était programmé… Mais ce que Dray comprit aussi, c'était ce qui trottait dans la tête de Vaughn. Et ça,  il le refusa viscéralement ! Dès qu'il avait vu son regard résigné alors qu'il voulait s'assurer qu'il allait bien, il avait déduit que l'émissaire avait lui aussi la solution de l'équation. Sauf que l'un et l'autre n'étaient absolument pas d'accord sur l'identité de celui qui resterait sur le carreau. Il avait suffit d'un regard furieux de Fox devant la résignation de son meilleur ami pour qu'il lui mette les points sur les i. Il n'en est pas question, je t'interdis d'abandonner !  

Et alors commença une autre discussion aussi dingue mais d'un registre très différent de celle de la galerie. Dray tenta de marchander avec les mangemorts. Tel père… Plaisanterie et comparaison douteuses à part, d'abord, ce ne fut avant tout que du temps qu'il voulait. Occuper les esprits pour que l'ennemi relâche sa vigilance quelques secondes, le temps de glisser une attaque qui sèmerait suffisamment le chaos pour leur offrir l'occasion que Dorian et Vaughn s'en tirent. Et grâce au soutien de l'émissaire qui eut une idée de génie, ils faillirent l'obtenir.

L'échec fut cuisant pour Dray. Là, ce fut lui qui perdit un instant espoir. Mais il n'était pas question qu'il abandonne. Il ne laisserait pas Vaughn et Dor' se faire tuer. Certainement pas ! Coûte que coûte mais si c'était dingue et si c'était désespéré. Là, Dray vit le regard de son frère qui, enfin, comprenait réellement ce qui était en train de se passer mais il n'en eût cure. Par contre, celui qu'il lança de désespoir à Vaughn lui plut nettement moins. Le New-yorker serra les dents. Heureusement que son compatriote était dans son dos. Le sien l'aurait nettement plus perturbé.

Évidemment qu'ils n'avaient rien qui ne ferait le poids pour obtenir gain de cause. Cela n'empêcha pourtant pas le jeune homme d'affaires d'essayer, jusqu'à ce qu'il se fasse piéger. On y était… C'était le dernier coup de la partie, Dray en eut conscience. Il prévint son frère et son ami. Une seconde ou deux où l'essentiel fut dit en silence. Dor' comprit mais le refusa, terrifié. Vaughn tenta lui aussi de l'en dissuader. Oh le message fut parfaitement saisi. Sauf qu'ils n'avaient pas la même définition de la décision du plus jeune. Il ne faisait pas le con, il faisait ce qu'il fallait. Et au hochement de tête et au regard de son compatriote, Dray lui répondit par un autre qui ne souffrait encore une fois d'aucune contestation possible. Il n'y avait en effet pas à hésiter… Fox n'était pas prêt de céder sur ce terrain, fallait pas se leurrer.

La suite… L'équation était résolue. Une fois que l'état de choc psychique fut dépassé, Dray se rendit compte que les choses étaient plus compliquées que ce qu'il croyait. Elles l'étaient toujours… Au supplice, comme si une lame au fer rouge lui déchiquetait les entrailles, il avait senti les bras de Vaughn l'entourer et Dorian paniquer à ses côtés, lui suppliant de s'accrocher. Là était le drame. Il le voulait sincèrement, mais là, il n'arrivait pas à se battre, ça faisait beaucoup trop mal, cette fois. Il hurlerait s'il en était capable. Mais le simple fait de respirer devenait un effort difficile et chaque inspiration le drainait un peu plus de ses forces. Incapable à présent de réellement bouger, il ne se sentait vraiment pas bien et à la dérive alors que la douleur et la nausée l'assommaient. Ses pensées se bousculaient, il ne contrôlait plus rien. Ni son corps, ni son esprit. Son cœur battait la chamade.

Boom-Boom. Boom-Boom. Boom-Boom.

Et déjà, il sentit le froid, oppressant et terrifiant…

Des dérouillées, il s'en était pris. Dans le feu de l'action, il avait frôlé la mort un certain nombre de fois. Mais elle était passée aussi vite qu'elle était venue. Il n'avait jamais eu conscience plus d'une seconde de sa présence. Pas assez longtemps pour regretter… Là, c'était différent. Il le sentait profondément. La garce avait décidé de prendre son temps, de faire durer le plaisir. Assez longtemps pour que l'instinct de survie du jeune homme s'active, lui qui s'en croyait dépourvu. Et devant ce constat d'impuissance et de chaos, la peur monta inexorablement en lui en même temps qu'il entendit Vaughn l'engueuler. A l'heure d'y passer, en ayant conscience de cette cruelle vérité, la donne était différente, il ne se fichait pas tant que ça de sa vie, en fait… Il ne voulait pas mourir !

Et malgré ce qu'il croyait encore une fois, il cria, du moins il le crut, fermant les yeux dans un rictus de souffrance. Ce ne fut qu'un long gémissement qui s'entendit. Quand Vaughn posa la main sur sa blessure, la douleur fut insupportable. Il voulut par instinct repousser le geste de l'émissaire mais tout ce qu'il parvint à faire fut de poser faiblement sa main sur la sienne.

"Je t'en… prie…"

Arrête… C'était sans doute pourtant ce qu'il fallait faire. Faire compression pour empêcher le sang, vital, de couler… Il aurait été peut-être plus simple de ne pas lutter contre l'évanouissement qui voulait le gagner.  Mais l'instinct de survie de Dray ne l'entendit pas ainsi. Il ne lâcherait pas ! Parce que son petit frère le suppliait et parce que Vaughn venait de lui passer un savon et qu'il fallait qu'il réponde ! Il ne voulait pas mourir. Le jeune homme se cramponna à la chemise de son meilleur ami, sur son torse, ironiquement au niveau du coeur, comme si ce simple geste de le tenir allait l'empêcher, lui, de partir. Sa main sur sa nuque lui faisait du bien. Rassurante. Le pianiste rassembla aussi bien le peu de force qui lui restait que ses pensées fuyantes pour essayer de répondre.

"Pardon… Été égoïste… Toi plutôt que moi… J'aurai pas… supporté… Faudra... te contenter.... du... rôle d'Ho... d'Horatio."

Boom-Boom... Boom-Boom… Boom-Boom…

L'aveu de Dray s'arrêta là. Il était trop tard à présent alors à quoi bon ? Il ne voulait pas mourir mais il ne voulait pas non plus faire souffrir Vaughn avec des questions qui n'auraient jamais de réponse. Au moins, il saurait pourquoi il avait fait ce choix. Le reste était superflu. A quoi bon l'encombrer du fardeau de ses sentiments alors que le chemin s'arrêtait là ? Dray était encore assez lucide pour ne pas commettre une telle erreur maintenant.

Un nouveau pic de douleur et il sentit soudain un liquide envahir sa gorge de l'œsophage, puis couler à la commissure de ses lèvres. Le goût chaud et métallique ne trompait pas. Du sang.

"J'ai… fr… froid… mal…." laissa échapper le jeune homme dont la peur avait encore grimpé alors que son meilleur ami lui interdisait de l'abandonner. Ça, il ne le voulait pas, il pouvait le jurer devant tous les dieux ! Mais c'était trop dur. Alors que le feu, œuvre du dragon, brûlait le parc autour d'eux et rendait l'atmosphère caniculaire, il sentait irrésistiblement le froid lui tomber dessus et le brouillard l'envelopper. Et il ne pouvait rien faire pour résister. Son regard paniqué chercha à s'accrocher à quelque chose de rassurant, qui l'aiderait. Il se vissa naturellement dans les yeux trop verts du peintre. Comme une ancre ou une bouée pour ne pas sombrer. Pour voir ses larmes… C'était la première fois que Dray voyait Vaughn pleurer. Déjà, cette vision fut un crève-cœur pour le mourant. Pas ça, non ! C'était une des choses chez l'émissaire, rares, qu'il avait souhaité ne jamais voir. Pas une expression aussi profonde de douleur. Pas de douleur ! Mais en plus, c'était de sa faute… Il prit sur lui. La main qui tenait la chemise se cramponna un peu plus. L'autre quitta celle de l'émissaire pour remonter avec une lenteur désespérante vers son visage, dans une caresse pour essuyer les perles d'eau.

"Non…. Ne….. Ne pleure pas….. Pardon….. ça va… aller….. Je… je t… tiens l'coup."

Mensonge… Involontaire. Dray se battait. Mais son souffle s'affaiblissait de seconde en seconde, inexorablement. Sa voix n'était plus qu'un murmure de plus en plus haché malgré ses efforts.  Sa main, celle qui était venue à la rencontre des larmes, retomba lourdement. L'autre, cramponnée au tissu, sans que Dray en eût conscience se desserra un peu. Trop.

Boom-boom....… Boom-boom…..... Boom-Boom…...

Et puis soudain le dragon passa une nouvelle fois au dessus d'eux, dans une nouvelle gerbe de flammes sur le parc à quelques dizaines de mètres hors de leur portée certes, mais ce fut comme pour un rappel à l'ordre. Cela le fut pour Fox encore assez lucide pour se rendre compte que le danger était toujours là.

"Va…..t-en."

Il supplia sachant que ni Vaughn ni Dorian ne voudraient le laisser derrière, ses yeux gris toujours accrochés à ceux de son compatriote. Une larme en coula. Il fallait croire que les pleurs, c'était communicatif. Mais c'était plus fort que lui, il ne voulait pas mourir ! Sauf que ces émeraudes qu'il adorait, le jeune homme ne les voyait plus qu'en flou. Il n'arrivait plus à penser. Le souffle trop court. Trop mal. Plus de temps… Tout ça, Dray en avait douloureusement conscience alors qu'il perdait le fil de ses pensées et avait de plus en plus de mal à le retrouver. La prise de sa main s'affaiblit encore. Terrible quand le reste de l'organisme lâchait plus vite que le cerveau. Mais pas assez vite pour empêcher ce dernier de traiter l'information… Se voir mourir quand vous vouliez vivre était une torture... Voir mourir quelqu'un que vous aimiez tout autant…

"T'en…. Prie….. Sauve-toi….. Sauve…. Dor'…...Vaughn….."

Un souffle erratique, c'était tout ce dont Dray fut capable après ces derniers mots. Il ne lâcha pas les yeux de l'émissaire. Il se noya dans ce vert hypnotique même. Sa dernière vision. Il n'y avait plus qu'eux dans son brouillard, il ne voulait plus que ça, alors que l'air, désespérément, manquait à présent. Sa poitrine refusait de se soulever, c'était trop difficile. Il avait trop froid, trop mal. Plus de force… Pardon Vaughn…

Boom-boom….…… Boom…... Boom……..…. Boom…….

Il n'y eut soudain plus rien. Même pas le noir. Juste rien. Le regard de Dray se figea. Sa main lâcha pour de bon la chemise de l'émissaire et tomba sur son corps, ses yeux toujours ouverts éteints, vides…


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Mar 25 Fév 2014 - 23:57

Dans la galerie, Dor qui n'était tout de même pas né de la dernière pluie, malgré les dires de certains, finit par comprendre un peu ce que les deux adultes étaient en train de dire. Et il était d'accord, ce n'était pas le moment ! Pas qu'il était choqué ou autre, pas du tout, ça confirmait simplement que cet homme là, l'artiste, c'était celui dont était amoureux son frère. Point. Par contre, fallait pas oublier que des mangemorts dehors voulaient leur peau, qu'un dragon cramait tout ce qu'était à portée et que justement leur cachette était en train de brûler ! Bref, pas le moment pour se charrier de manière tendancieuse et réclamer des punitions à coups de martinet !

Les deux mots de l'émissaire à son encontre, par contre, tira un regard noir de l'adolescent pas habitué à être ignoré. Aussi, il rata fort heureusement en effet le sourire moqueur et complice de son frère. Ce n'était pas encore le moment pour lui de comprendre comment fonctionnait Vaughn. Peut-être plus tard. Pas là. En attendant, il ne fit pas davantage de caprice et obéit. Ils sortirent du musée.

Une fois à l'extérieur, il est inutile de rappeler ce qui se passa jusqu'à ce que Dray ne joue les héros une fois de trop. Juste que quand Dorian vit son aîné s'effondrer, son monde s'écroula de la même façon et la panique le submergea. Il supplia le jeune homme de tenir bon et quémanda des secours, sachant que de toute façon, il était trop tard. Son frère avait visiblement trop mal et surtout, il y avait trop de sang. La main de l'artiste, tentant l'impossible par désespoir, en fut noyée, Dorian le vit tout de suite alors que Dray gémit de douleur. Il ne cria pas non. Mais ça valut bien un hurlement aux oreilles de l'adolescent.

Le reste, Dorian fut incapable de mettre des mots dessus. Il ne put que pleurer, complètement impuissant devant le spectacle tragique que donnaient les deux adultes. Dray ne pouvait être déplacé sans l'intervention d'un médicomage, les aurors étaient encore loin… Et ils n'avaient pas le temps… C'était fini. Cette vérité tambourinait dans l'esprit du jeune garçon alors que les deux hommes partageaient ces derniers instants, dans leur bulle. Dorian se sentit de trop, mais étrangement, il l'accepta. Un sentiment que c'était juste. Vaughn connaissait son frère depuis plus longtemps que lui et ce qu'il y avait entre eux, quoi ce fût, la sensibilité de l'enfant le perçut, était sans doute d'un trop grand prix par rapport à ce qui le liait, lui et Dray… Même s'ils s'aimaient, malgré toutes ces histoires… Dor' s'effaça. Son frère, effrayé, se raccrochait désespérément à son ami, non… à l'homme qu'il aimait, celui-ci en larmes. Sa main agrippée à la chemise du peintre, celle de l'artiste soutenant la nuque du mourant et leurs regards inséparables. Et cette scène faisait mal au cœur.

Et Dray se mit à cracher du sang et se plaignit de la douleur et du froid, alors qu'il faisait une chaleur épouvantable à cause du bâtiment et des alentours en flammes. De chagrin, pour ne pas voir plus longtemps l'agonie de son aîné, Dor' ferma les yeux à s'en faire mal, retenant ses sanglots pour ne pas ajouter à la panique de son frère alors qu'il demandait à l'artiste de ne justement pas pleurer.

Et puis il y eut cette supplique de fuir. Et en effet, Dorian ne l'accepta pas ça ! Ils n'allaient pas l'abandonner dans ce parc, jamais ! Il rouvrit les yeux brutalement.

"Non ! On ne te laissera pas, tu rêves !"

Mais soudain, Dor' comprit que ces mots seraient les derniers de Dray. L'enfant écarquilla les yeux, choqué. Il vit le regard du jeune homme soudain sans vie alors que sa main retombait. Le corps de son frère sans plus aucune attache… C'était fini.

Il y eu comme un black out dans l'esprit de l'adolescent. Tout ce que Vaughn lui demanda, il le fit comme un automate. Dray était…Ces deux mots étaient tout ce qu'il réussissait à formuler mentalement. Le reste, la descente dans le trou, la traversée des égoûts jusqu'à la limite de transplanage, l'arrivée à Saint Mungo, la prise en charge par Seiki, de tout ça, rien ne s'imprima dans l'esprit de Dorian. Ce ne fut que quand Vaughn formula la totalité de la phrase au médicomage pour l'informer succinctement de ce qui s'était passé, incapable d'en dire plus, que Dor' reconnecta et craqua pour de bon. Il pleura longtemps. Combien de temps il l'ignora. Et il s'en fichait pas mal ! Il entendit juste qu'une infirmière allait le surveiller, puis les amis de Dray arrivèrent, puis sa mère qu'on retrouva, seul soulagement dans sa tourmente. On voulut le faire parler, il s'enferma dans le silence. Jusqu'à ce qu'il entende la voix de son père….


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MessageSujet: Re: The Hyde Park   Mer 26 Fév 2014 - 22:49

Oui ce n'était pas le moment, Dorian avait parfaitement raison, mais en même temps étrangement c'était l'instant parfait. Ne pas paniquer, c'était bien ce qui comptait le plus, et ce genre de conversation absolument décalé était le meilleur dérivatif à l'angoisse. Et puis, malgré la légèreté afficher au vus des circonstances, ça ne les empêchait absolument pas de cogiter bien au contraire alors, il ne fallait pas trop leur en tenir rigueur surtout. On faisait ce qu'on pouvait avec les armes que l'on avait surtout. Et tant pis si cela froissait le plus jeune ou qu'il trouvait ça déplacé vu leur situation. Ils avaient toujours eut une façon bien à eux de fonctionner de toute façon.

La perche tendu, suite à ça, Dray l'avait parfaitement saisie. Bien sur, cela avait plus fait partit d'un automatisme certain mais le semblant de sourire que cela avait tiré à l'artiste était bien assez parlant. Une sorte de remerciement silencieux à vrai dire. Il ne répondit toutefois rien, la seule pensée qu'il avait eu devant la répartie avait été 'si on en a l'occasion' mais ca aurait été une preuve trop évidente qu'il était conscient que leur chance de survit était proche de zéro, et comme expliciter plus haut, ce n'était pas des pensée a avoir en ses circonstances. De toute façon, ce n'était pas comme si le pianiste n'avait pas, quelque part, les mêmes.

La petite altercation qu'il eut avec Dorian, les réactions de l'un et de l'autre et même celle de Dray –qui fut apprécier par l'artiste soit dit au passage, il adorait quand le PdG était sur la même longueur d'onde que voulez-vous– il n'était pas vraiment temps d'y revenir. Ils étaient donc sortit et avait lancé leur stratagème dans un fol espoir, un coup de poker monumental à vrai dire, afin de tenter de saisir cette infime chance. Mais s'ils avaient joué, ils avaient perdu sur toute la ligne c'était certain.

Maintenant, le plus important avait été aux yeux de l'émissaire de limiter au maximum la casse, c'est tout… Sauver le maximum de personnes possibles… et à se petit jeu, il était le plus mal placé sur l'échiquier il le savait pertinemment. Malgré ce que pensait le pianiste, c'était a lui de rester sur le carreau, tout simplement parce que les pronostics étaient meilleur pour eux ainsi. Bien sur, il ne fut pas surprit de croiser le regard furieux de son ami, il se connaissait assez pour comprendre ce que chacun d'eux avait en tête. Dray refusait que ce soit lui qui y reste, il n'avait rien à voir dans leur histoire après tout et le peintre comprenait cela. Ce n'était pas juste… mais la vie n'était pas juste il l'avait compris depuis longtemps. Et mine de rien, il était celui, d'entre tous, qui ferait le moins de dommage collatéral il en était conscient. 'Soit raisonnable, tu sais que j'ai raison' avait-il répondu silencieusement alors que son regard serein déviait sur le benjamin. Ho il n'était pas un héros, et étrangement même si rien ne le retenait vraiment, il n'avait pas envie de mourir, mais son esprit très terre à terre avait tiré les conclusions qui s'imposaient c'est tout. Parfois, il fallait arrêter de se bercer d'illusion.

Une fois de plus, et alors que la situation était cette fois désespéré il le reconnaissait volontiers, Dray avait tenté un nouveau coup de dès. La conversation étrange, ils savaient tous les deux que c'était une diversion et malgré sa résolution, il ferait quand même le maximum pour s'en sortir pas de doute à avoir. C'est pour ça qu'il avait tenté le sort lui aussi. Seulement ils ne faisaient pas le poids. Un gosse, un artiste peintre et un sorcier accomplit contre une meute de Mangemort entrainé, il ne fallait pas non plus s'étonner. Mais Dorian avait au moins eu une chance… avortée malheureusement.

Inutile de s'appesantir sur le déroulement tragique du reste de l'échange, nous en avions le triste constat sous les yeux. Les bras autour du corps supplicier de son meilleurs ami, comprimant la plaie comme il el pouvait même si c'était dérisoire, il avait entendu et compris la douleur qu'il soumettait à Dray. La sensation de sa main sur la sienne, son murmure erratique aussi… pourtant il ne pouvait pas rester sans rien faire, pas alors que tout déraillait.

"Je suis désolé…"avait-il murmuré sous la supplique sans pour autant arrêter de faire pression, malgré le fait que sa main était baigner de rouge.

Le sentir s'accrocher à lui de cette façon était une torture pour l'adulte… même s'il le refusait, il savait ce qui était en train de se produire, il le ressentait du fond de ses tripes. Ce n'était pas juste ! Il ne pouvait pas ! Dire qu'ils auraient du rentrer au château après une petite balade sans prise de tête, il aurait partagé un diner puis une délicieuse étreinte. Ils auraient été bien, juste tous les deux, blottit l'un contre l'autre. Oui, le cerveau de Vaughn déraillait mais se raccrocher à de douces pensées plutôt à ce qu'il avait sous les yeux, c'était son moyen de défenses… dérisoire… Les mots de Dray pourtant lui crevaient le cœur alors qu'il souhaitait plus que tout effacer cette partie de l'histoire shakespearienne

"Arrête… Je peux pas c'est trop dur…"avait-il murmuré, sa voix tremblante ayant du mal à franchir le nœud implacable qui lui comprimait la gorge.

C'était peut-être mieux mais Vaughn ne voulait pas l'entendre. Il ne pouvait pas mourir ! Il ne voulait pas ! Mais Dray avait raison pour le reste, en faisant le choix de se taire. Cette vérité là, l'artiste ne l'aurait clairement pas supporté. Jamais il ne pourrait continuer avec ce poids, il n'était pas aussi fort que ça. D'ailleurs il le prouva bien en lui rappelant sa promesse. Il ne voulait pas être seul, plus maintenant. Il ne pouvait pas l'abandonner. Jouer ainsi sur ce que devait ressentir le New-yorkais, c'était bas, égoïste et cruel il en avait parfaitement conscience mais comment pouvait-il faire autrement ? Il le sentait s'échapper, le sang qui s'écoulait de ses lèvres le terrifiait… Il fallait qu'il le retienne, à tout prix, et pour ça tous les moyens étaient bon même les coups les plus vils.

Dray, doucement, avait finalement relevé sa main pour la poser sur son visage, laissant une trace rouge sur sa joue. Il avait fallut se geste à la fois tendre et désespérer pour qu'il se rende enfin compte qu'il pleurait. Une nouvelle fois la voix du musicien c'était fait entendre, lui demandant de ne pas pleurer. Un espèce de bruit de gorge se fit entendre, mélange de rire nerveux et de hoquet de désespoir sous le mensonge du cadet. Il lui mentait, il le savait, mais pour une fois il fut reconnaissant de ce fait étrangement –ou pas–. Lui qui prônait la vérité envers et contre tout aurait même donné n'importe quoi pour qu'il est encore l'occasion à l'avenir de lui mentir. Il s'en foutait, il pourrait lui dire tout ce qui lui passait par la tête s'il vivait. Il pourrait passer le reste de sa vie à lui mentir s'il pouvait encore entendre sa voix.

"Reste avec moi…"murmura-t-il sans pouvoir s'en empêcher. Sa gorge lui brulait, il avait du mal à respirer.

Le dragon qui passait au dessus d'eux, Vaughn ne l'entendit même pas. C'était comme s'il ne pouvait se concentrer sur rien d'autre que le PdG en cet instant. Plus rien ne comptait et surtout pas ce qui pouvait lui arriver. Les mots de Dray d'ailleurs, ne rencontraient qu'un refus silencieux pur et simple. Partir ? Le laisser ? Hors de question non ! Comment pourrait-il ? La façon dont il avait secoué la tête sans quitter ses perles grises qu'il voyait peut à peu s'éteindre était sans appel. C'était inconscient et puéril dans leur situation mais il ne voulait pas partir, il voulait encore rester avec lui.

La supplique et la mention du petit frère, pourtant, provoqua un léger changement dans les sentiments de Vaughn. Lui, il s'en foutait, s'il avait été seul jamais il ne l'aurait laissé mais il avait raison, il y avait Dorian. Dray ne lui pardonnerait jamais s'il devait arriver quelque chose à son petit frère, c'était une certitude et puis, c'était à lui de le protéger, comme lui les avait protégé. Il ne pouvait pas le laisser mourir lui aussi, l'ainée Fox se serait sacrifier pour rien sinon. Mais c'était tellement dur… Pourtant, et alors que son meilleurs ami sombrait, il n'avait pu qu'accepter d'un signe de tête, incapable de prononcer ces mots de manière intelligible. Il ne pouvait pas lui refuser cette dernière volonté… Alors il c'était penché pour déposer ses lèvres sur son front, tel une promesse. C'était finit…

Il avait alors entendu la voix de Dorian alors qu'il reposait le corps sans vie de son ami sur le sol. Il fallait qu'il le laisse, il n'avait pas le choix. Et parce que c'était plus facile à gérer comme ça, il avait effacé toute trace de pleur d'un revers de la main et avait tenté d'anesthésier tout ce qu'il pouvait ressentir. Sortir Dorian de là, au moins pendant un temps, devait être sa priorité. L'adulte fut satisfait de se rendre compte qu'il n'avait pas besoin de batailler pour se faire obéir par contre. Bien sur il l'aurait fait, il avait donné sa parole, mais c'était bien plus facile à gérer comme ça. S'enfuir par les égouts avant que d'autre ne leur tombe dessus ou qu'ils ne se face griller par le souffle infernal des Dragon, sortir de la zone protégé au pas de courses. Tenir le gosse par la main, faire attention à ce qu'ils ne soient pas suivit et transplaner dès que possible à St. Mungo, parce qu'il n'y avait que ça à faire, il l'avait lui aussi réaliser un peu en mode automatique à vrai dire. Ho il c'était bien occuper du petit frère de son meilleurs ami, autant qu'il lui était possible en tout cas, mais une fois qu'il c'était retrouvé face à Tsuno, la vérité implacable les avait rattrapé. Et comme il était ce qu'il était, il n'avait pas vraiment fait dans la dentelle et avait largué son fardeau a des personnes bien plus apte que lui à s'en occuper. Il n'avait pas pu en gérer d'avantage.

Vaughn avait a nouveau transplaner pour rejoindre Poudlard. Il ne voulait plus voir personne, il n'en supporterait pas d'avantage, aussi s'enfermer dans son studio avait paru la meilleure idée –et la seule qu'il était encore capable d'avoir avant de s'effondrer surtout–. A vrai dire, il ne sut même pas trop comme il avait réussit à rentrer seul… mais il était rentré. Il c'était avancé dans le salon et c'était effondré sur son canapé, incapable d'aller plus loin que ça. Et alors qu'il sentait une nouvelle fois ses sentiments l'assaillir, son regard trop vert avait été attiré par un objet juste devant lui, sur la table basse.

Un briquet… son briquet…

Il avait vu sa main se tendre, tremblante et se refermer sur l'objet... et puis il n'avait plus rien vu du tout. Seul dans son appartement, l'objet en métal prisonnier de sa main qu'il avait ramené contre sa poitrine, Vaughn n'avait pas pu retenir son désespoir de s'exprimer dans une réelle crise de larme. Il ne gérait plus rien du tout. Seule une pensée s'imposait encore, véritable torture :

Dray était mort…

[Youhou finit ! J'ai eu un mal de chien à le boucler celui-la ^^''' ]



    Le monde de l'art n'est pas celui de l'immortalité, c'est celui de la métamorphose.

[André Malraux]
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Seiki Tsuno
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Compétence: Niveau 8
Particularité: Doudou de Tetsuya
Baguette: Bois de Lierre, nerf de coeur de dragon, 34,3 cm

MessageSujet: Re: The Hyde Park   Ven 28 Fév 2014 - 12:18

Dans l'ombre, les choses se passèrent un peu différemment. Seiki était bien déterminé à ce que ce le soit, en tout cas. Accompagné de Levington et MacGregor, les appuis que lui avait offert Baker, Il ne fallut pas longtemps pour qu'ils se retrouvent eux aussi en plein milieu des hostilités.

Pas la peine de refaire une description de toute l'horreur qui régnait dans le parc cette nuit-là. Thérus, Ariane et Seiki se mélèrent à l'escouade assassine telles les ombres qu'ils étaient sensés être. Avancer furtivement et ne pas se faire prendre par les bons comme par les méchants. Eviter de se prendre un sortilège malencontreux par un héros. Enfin, tout le monde ayant bien calculé les choses, ils se retrouvèrent à la Serpentine Gallery, avant de croiser réellement les lignes de défense des aurors. Et ceux qui tenaient tête aux mangemorts volontairement étaient rares. Tout le monde ne s'appelait pas Dray Fox…

Par contre, pour les trois médicomages, il fut difficile de laisser faire, quelque soit le camp dans lequel ils étaient sensés être. Il était compliqué de nier son serment alors qu'autour, on avait besoin de leurs compétences. Mais ils étaient là pour réécrire l'histoire d'une personne et c'était déjà trop. On ne touchait pas aux listes de la Mort impunément.

Le spectacle avait déjà commencé au musée, c'était peu de le dire. A peine arrivés qu'ils virent deux ou trois mangemorts faire les malins en attaquant directement le dragon à portée. Les trois intrus se retrouvèrent alors bien malgré eux dans la trajectoire d'un torrent de flammes craché par un dragon vraiment furieux.

"Non mais je sais que c'est la crise, mais de là à recruter de sombres crétins !" râla Thérus en se relevant après que lui et ses compagnons eurent juste le temps de se protéger, soit par magie, soit par une esquive réflexe.  

Ariane se contenta d'un haussement d'épaules alors qu'elle eut le bon goût d'éteindre la torche humaine qui passa à portée.

"Remarque que c'est ce que j'ai toujours dit."

L'étudiant n'eut après ces paroles de tarés aucun mal à mettre quelques pièces du puzzle à leur place. Valériane Baker en relation avec des mangemorts avérés ? Il avait foutu les pieds dans un énorme panier de crabes ! Et en attendant à la Serpentine, la tragédie se poursuivait.

"Un homme d'affaires tel que vous se doute bien que ce n'est pas une option."

"Un assassin tel que vous se doute bien que de votre avis, je m'en tape."

Le sortilège de contrôle de végétaux et celui de ralentissement furent lancés. Ariane commenta.

"Bien ça, Messieurs."

"Tu crois que c'est le moment de compter les points ?"

"Et pourquoi pas ?"

Seiki préféra ignorer la discussion surréaliste qui se déroulait à ses côtés, sentant irrépressiblement la peur et l'impuissance monter. Lui savait ce qui allait se passer. Mais ne pas intervenir… Se retenir surtout. Tout devait rester dans l'exacte copie. Un seul sortilège au bon moment. Pas d'autre passe-droit… Déjà Dorian était immobilisé. Et le chantage suivit.

"Tsss, c'est du Strange tout craché ça… Ce sadique et ses marchés de dupes ! Le gamin n'avait aucune chance."

"Fermez-là !"

Cette fois, Seiki n'avait pas pu se retenir. Ariane n'eut pas le temps de râler et de balancer le "Et le respect dû aux ainés ?" qui lui brûlait les lèvres. L'étudiant s'apprêta à lancer le sortilège qui devait sauver la vie de son frère. Problème et pas des moindres, l'un des agresseurs de Vaughn lui boucha la vue. Tant pis pour les règles. L'Eurasien lui balança sans se gêner un somnus. Il s'écroula une seconde après celui que mit à terre le peintre. La vue était dégagée. Dray s'était retourné vers l'artiste. Plus une seconde à perdre. Le sortilège frappa l'Américain en plein dos. Il s'écroula. Dorian hurla. L'agonie commença.

Et Seiki refusa de regarder ça. Et de toute façon, il en fut incapable. Les mains soudain tremblantes, il avait tourné le dos à la scène, livide et nauséeux. Un flash lumineux devant les yeux, une migraine fulgurante. Thérus remarqua son malaise et prit son pouls. Rapide. Trop rapide.

"Ariane."

Aussitôt la vieille dame sortit de sa besace une potion et la fit respirer à l'étudiant, puis boire à petites gorgées. Elle connaissait parfaitement le sortilège qu'il avait lancé. Son idée pour sauver sa filleule mais hors de ses compétences. C'était le vieux fou, Dumbledore, qui l'avait utilisé. Un sortilège redoutable qui demandait une grosse quantité de magie et une précision d'orfèvre. La magie de l'étudiant, déjà malmenée par son retour dans le passé, n'avait vraiment pas apprécié.

"Allez Seiki. Votre ami a encore besoin de vous. On ne sera pas trop de trois pour l'empêcher de mourir vraiment."

Le jeune homme retrouva ses moyens presque immédiatement, quoi qu'on lui ait fait avaler. La douleur s'apaisa, le flash disparut, ses mains cessèrent de trembler. De l'autre côté, le sortilège faisait son œuvre. Baisse de la température jusqu'à l'hypothermie, mise en sommeil des organes et de toutes les fonctions non indispensables. Ralentir le rythme cardiaque et la respiration jusqu'aux portes de la mort. Mettre l'organisme en hibernation avancée plus vite que ne le tuait le sortilège qu'il avait pris à la place d'un autre… Un arrêt contrôlé mais tellement risqué quand le corps était déjà affaibli et en état de choc… Si peu de chances de le faire repartir. Là était la part de hasard du plan de l'étudiant. En espérant que "le sujet" soit assez résistant et que ça n'accélère surtout pas le processus…

Therus intervint.

"Ils sont partis. A nous."

"Et vite."

Il n'en fallut pas plus. Seiki se retrouva debout avant les deux autres et les trois médicomages se précipitèrent auprès de l'Américain. Immédiatement, Sei, d'un sortilège prit le pouls de son frère.

………………….

Rien. Pas même une infime pulsation. Il déglutit.

"Il est en arrêt complet."

Pas besoin de plus pour savoir que chaque seconde comptait. Déjà les deux autres avaient commencé à essayer de stopper l'hémorragie qu'avait naturellement fait cesser l'arrêt cardiaque.

"La veine cave inférieure et la veine porte hépatique sont complètement sectionnées, et plusieurs artères mésentériques sont lésées. Si on le fait repartir maintenant il est mort pour de bon. Aux premiers battements, il se videra de son sang."

Jamais ils n'allaient avoir à soigner aussi vite. A trois, heureusement, le travail d'urgence qu'était de réparer le système sanguin fut vite torché. Seiki ne cessait de compter mentalement chaque seconde qui passait. Quand ils dépassèrent les deux minutes, l'étudiant ne tergiversa pas, il voulut lancer le contre sort et débuter la réanimation.

"Attendez Seiki ! Quinze secondes !"

Le cri d'Ariane, main levée en sa direction, le stoppa net alors que Therus venait de repérer une dernière lésion sur une artère principale, jusque là cachée par le sang qu'aspirait la vieille dame. Seiki immédiatement vint l'assister en répliquant sèchement.

"On n'a pas quinze secondes, on est déjà à plus de deux minutes !"

A deux, ce qui devait prendre quinze secondes en prit sept.

"C'est bon !"

Thérus leva les mains, Ariane recula à son tour et Sei lança immédiatement le contre-sort. Aussitôt les trois médicomages entamèrent la réanimation. Tous les sortilèges y passèrent. Relancer le cœur, soutenir la respiration, réchauffer l'organisme.

Une minute supplémentaire passa avant que Seiki toujours à l'écoute n'entende le bruit qu'il désespérait capter.

…………………. Boom……………………. Boom………………

"J'ai un pouls."

Quasiment imperceptible, dramatiquement lent, mais il était là. Et grâce à la magie, l'équipe ne mit que quelques secondes de plus à le stabiliser. Juste à temps. Le dragon repassa au dessus d'eux. L'incendie gagna du terrain. La toiture du musée s'effondra aggravant dans sa chute le sinistre autour du bâtiment.

"Il n'est pas encore transportable." Jugea Seiki froidement.

"Les lésions de l'intestin grêle sont trop sérieuses. Si on le bouge maintenant, c'est la péritonite assurée. Sans compter la contusion autour du foie et de la rate et l'étendue de la brûlure…"

"C'est de la charpie vous voulez dire. J'ai toujours adoré travailler dans ces conditions." Remarqua Thérus presque joyeusement.

Sei, déjà occupé à tenter de limiter les déchirures de l'intestin, tiqua.

"Urgentiste ?" demanda-t-il.

L'homme n'ajouta rien. Mais le coup d'œil qu'il lança à son cadet fut une réponse suffisante aux yeux de ce dernier. Il en avait de toute façon toutes les techniques. Son silence faisait plutôt penser à l'Eurasien qu'ils ne jouaient simplement pas dans la même équipe…

Enfin, ils vinrent à bout du plus urgent. Levington exposa la suite du plan. Ce n'était plus franchement dans le champ d'expertise de Sei à présent.

"Ariane et Tsuno, vous ramenez le patient au château. Je finis ici et je vous rejoins."

Sei eut un temps d'arrêt en voyant le quinquagénaire faire les poches de son frère. L'homme croisa son regard.

"Hé, vous avez identifié un corps, il faut un corps. Je vous avais dit que c'était gênant. Et sérieusement, vous ne voulez pas savoir ce que je vais faire. Votre ami attend votre savoir-faire."

Rares étaient les gens qui réussissaient à faire que Seiki se sente dépassé par les événements. La tornade qu'était Therus Levington en fit partie indubitablement. Il ne chercha pas plus loin. Dray avait besoin de lui et l'homme savait ce qu'il faisait. Cela lui suffisait. Il rentra au château Levington après avoir eu la présence d'esprit de ramasser les baguettes de Dray et Dorian.

Une fois seul, Thérus se dirigea sans trop hésiter vers les corps inconscients de ses camarades, autour d'eux.  Il trouva rapidement ce qu'il chercha. La même taille que Fox, un visage anguleux comme le sien. Un qui respirait à peine. L'examen de ses rétines indiqua un coma de stade trois. Des brûlures profondes… Il était condamné. L'homme l'acheva sans trop de remords par un sortilège identique à celui qu'avait reçu l'Américain. Il lui enleva sa tenue de mangemort, plaça l'étui et le portefeuille sur le corps et le déplaça vers le lieu du sauvetage. Quelques clichés dentaires magiques et il lança un incendio sur le secteur pour terminer le travail des dragons, avant de transplaner vers St Mungo. Dans la confusion, personne ne s'inquiéta de voir l'un des administrateurs de l'hôpital trifouiller dans les dossiers des patients…
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