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 Succursale anglaise de la Fox

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Dray Fox
Exilé(e) politique

Exilé(e) politique
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Messages : 3161

Né(e) le : 12/09/1984
Age : 34

Où à Poudlard ? : Je vous en pose des questions ?

Rang & Club : Baka ranger vert.

Caractéristiques
Compétence: Niveau 8
Particularité: PDG de la Fox
Baguette: 33 cm, bois de prunellier (manche), bois de pin (corps), dard de Billywig et poil de Nundu (Une baguette de barj à l’image de son propriétaire... XD)

MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Dim 18 Mar 2018 - 22:20

Big Ben sonnait les douze coups de midi en une humide et froide journée de novembre alors que trois hommes sortaient de la succursale londonienne de la Fox. Son PDG, son garde du corps principal et son directeur s’apprêtaient tout bonnement à aller déjeuner. Enfin, c’était ce qu’Evan Turner avait prévu… Une jeune femme, emmitouflée dans un imperméable bon marché, mains dans les poches, sac à main sans forme sous le bras, obligea le trio à s’arrêter. Elle semblait avoir une vingtaine d’années et était visiblement enceinte de plusieurs mois. Elle était grande, avait de longs cheveux noirs, négligemment attachés et relevés par une pince en plastique, de grands yeux gris platine, et des traits fins et volontaires.

“Excusez-moi, Monsieur Fox !”

Les trois hommes stoppèrent leur marche de concert. Intrigué, le dénommé observa simplement la nouvelle venue. Mais Manning ne l’entendit pas de cette oreille et se plaça immédiatement en avant, habilement entre les deux, avant même que l’intruse ne finisse de prononcer ces mots. En voyant le mouvement, la jeune femme sortit les mains des poches de son imperméable pour montrer patte blanche et précisa gentiment.

“Je veux simplement vous parler.”

“Nous avons peu de temps. Que peut-on pour vous, Mademoiselle ?” intervint Turner, à la gauche de Dray, sèchement, un peu agacé d’être ainsi interrompu par une inconnue. Pour une fois qu’il réussissait à persuader son chef de prendre une réelle pause déjeuner, et à l’extérieur de l’entreprise de surcroît, il sentait venir les ennuis. Question d’habitude…

“Vous, rien, Monsieur.” répliqua cependant avec douceur cette dernière au directeur sans se démonter, avant de reporter son regard vers celui qui l’intéressait et qui n’avait toujours rien dit. Et sous le regard de marbre de l’Américain, attentif, la jeune femme sembla tout d’un coup bien hésitante. Elle se mordit la lèvre inférieure et chercha ses mots en croisant les mains devant elle. Quand il fallait y aller...

“Je… Je crois que je suis votre soeur.”

….

Turner et Manning écarquillèrent un peu les yeux sous la surprise et se tournèrent vers Dray pour voir sa réaction.Une fois sa bombe lâchée, la jeune femme sembla, elle, dans ses petits souliers. En réalité, d’un coup, elle aurait voulu disparaître.

“...Je vous offre un café ?” furent pourtant les seuls mots de Fox pour accueillir ce qui ressemblait quand même bien à un coup de tonnerre. Bobby éclata de rire, alors qu’Evan se frappa le front du plat de la main.

“Tsss… Et voilà ! Dire que j’avais réussi à te persuader de déjeuner…”

“Un café ET un déjeuner, alors. Je m’en voudrais qu’Evan se soit donné tant de mal pour rien.” corrigea Dray un peu narquois cette fois. Il se moquait ouvertement de son collaborateur mais ne sembla pas plus réagir à la déclaration de la jeune femme qui fut pour le coup particulièrement surprise de son attitude désinvolte. Elle qui s’était imaginée beaucoup de scénarii, celui-là ne semblait pas avoir été envisagé...

“Heu… Heu… Et bien heu oui, je veux bien…” répondit-elle dans un petit sourire timide.

“Alors allons-y, … Mademoiselle ?”

“Heu… Gates ! Phoebe Gates…”

“... Mademoiselle Gates,vous allez m’expliquer pourquoi vous pensez être ma soeur.”

Dans un restaurant de haute qualité, quatre personnes se retrouvèrent donc autour d’un repas soigné, à une table un peu à l’écart. La jeune femme se retrouva bien intimidée dans un milieu qui n’était pas le sien, (en témoigna le gêné et craintif merci qu’elle adressa au serveur qui venait, avec ses gants blancs, de lui remplir l’un de ses verres d’eau minérale, alors qu’une autre venait de prendre la commande,... d’habitude c’était son rôle à elle...) et surtout les regards des trois hommes qui, à présent, attendaient ses explications. Enfin, pour deux, c’était évident. Pour le troisième, qui était pourtant, le seul concerné, il n’exprimait pas grand-chose étonnamment… La demoiselle le releva.

“Excusez-moi mais… pourquoi j’ai l’impression que vous ne semblez pas surpris ?”

“J’ai découvert que mon père s’est fait passer pour mort pendant sept ans et depuis on joue à qui sera le PDG, que j’avais un petit frère, il y a six ans et demi et mon père essaie de me marier depuis un an pour raisons d’affaires. On n’est plus à une soeur et un bébé près dans le tableau. Prévu pour quand ?”

Forcément, expliqué comme ça… Mais au delà de la manière quelque peu sarcastique de dire les choses, quelque chose surprit beaucoup la jeune femme et sembla lui faire plaisir à en croire le sourire qu’elle voulait dissimuler. Mais elle répondit d’abord à la question de l’homme d’affaires qui, d’un mouvement de tête et d’un regard neutre, avait désigné son ventre très rebondi.

“Dans deux mois. On a un frère ?”

Fox sourit à son tour avec patience.

“Si vous êtes celle que vous prétendez, oui. Fille ou garçon ?”

“Fille. Elle s'appellera Zoë.”

La jeune femme avait souri à nouveau en parlant de son bébé. Et cette fois, rien n’était caché. Et sourire face à sourire, yeux platine face à yeux platine, on dut admettre que cette inconnue devait certainement dire la vérité. Et Dray fut le premier à en faire le constat, alors même que ses acolytes s’étaient échangé un regard appuyé et surpris de leur ressemblance avant de vouloir le partager avec lui.

“Bon sang… Mêmes yeux, même sourire et type même des femmes que choisit mon père. Rien que ça, vous marquez des points.”

Phoebe haussa encore les sourcils d’étonnement, ce qui ne fit qu’enfoncer le clou et pouffer sarcastiquement Dray. Dans quoi il se retrouvait entraîné encore ? Il avait bien fait de prendre une vodka en apéritif… Parce que même s’il se la jouait indifférent, et qu’il le prenait plutôt bien (c’était dans ces moments-là qu’il voyait qu’il avait quand même bien changé au fil des années…), le trentenaire n’était tout de même pas insensible.

“Je vous écoute, Mlle Gates.” invita-t-il gentiment en buvant une gorgée d’alcool.

La jeune femme reposa gracieusement son verre d’eau et frotta la nappe du plat de la main, nerveusement.

“Heu… Oui… Heu... Je.. Je ne sais pas par où commencer, pardon.” s’excusa-t-elle en bafouillant à moitié, s’en voulant pour toute cette hésitation à son sens malvenue. Mais face à ces trois hommes, autour de cette table, dans un restaurant de luxe, et surtout face à ce frère potentiel qui semblait prendre drôlement bien son arrivée dans son décor, il y avait de quoi être nerveuse.

“J’avais répété, mais rien ne se passe comme prévu. Vous êtes déroutant !” s’exclama finalement la future maman. Cette remarque fit rire les deux collaborateurs de l’homme d’affaires. Bobby trouva même de bon ton de commenter.

“Ah ça…”

Dray, forcément, râla.

“Oh ça va !”

Cet instant léger détendit un peu l’atmosphère mais Dray décida qu’il valait peut-être mieux prendre les choses en main d’autant que la jeune femme ajouta un peu craintivement, un peu tristement.

“Et je n’avais pas prévu que nous ne serions pas seuls. Ca n’aide pas.”
 
“Je suis désolé mais l’expérience m’a enseigné qu’il valait mieux avoir des témoins dans ces cas-là. De plus, mon garde du corps, M. Manning, ici présent, n’aurait jamais accepté de me laisser seul avec vous et mon père, de mauvaise humeur, est à la tour et y tourne comme un lion en cage. C’est d’ailleurs pour cela que M. Turner a tant insisté pour qu’on sorte. Et il aurait été discourtois de le congédier. Mais Evan et Bobby sont des hommes de confiance et discrets, si cela peut vous rassurer.”

Les deux sus-nommés acquiescèrent en souriant gentiment à Phoebe mais ils apprécièrent le compliment à sa juste valeur. Venant de quelqu’un d’aussi méfiant que leur patron, il valait cher. La brune se força à répondre mais le cœur n’y était pas vraiment. En même temps, le sujet ne s’y prêtait pas. Et à présent qu’il était temps de s'expliquer, la jeune femme avait perdu de sa témérité. Fox la comprenait. Il avait fallu du courage pour venir à sa rencontre. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est et Dray n’étant pas né de la dernière pluie, il posa une question essentielle de son point de vue. Et preuve qu’il sous-entendait beaucoup, son ton était appuyé et peut-être un peu plus froid :

“Avant toute chose, qu’attendez-vous de cette rencontre, Mlle Gates ?”

La jeune femme soupira. L’homme d’affaires, évidemment, ne s’embarassait pas de faux semblant. Ce n’était pas dans son intérêt. Phoebe réfléchit un instant. Vu la manière d’être de Dray jusqu'à présent, il lui semblait qu’il valait mieux jouer la carte de la franchise.

“Des réponses, une famille et je ne vous le cacherai pas, de l’aide.”

“Financière, je suppose.” intervint ironiquement Turner. De son point de vue de spectateur, la démarche vénale de Mlle Gates ne faisait aucun doute. Fox n’ajouta rien mais son regard ferme montrait qu’il n’en pensait pas moins.  

“De l’aide, quelle qu’elle soit. Je ne peux plus me permettre de faire la difficile ou la fière. Sachez que je me suis déjà adressée à votre père mais ce sont ses avocats qui m’ont sèchement répondu...” répliqua la brune avec gravité. Elle voyait bien qu'elle était à présent en terrain glissant. Turner ne trouva rien à redire à cela. La réponse avait le mérite d'être franche. Et Fox sembla pensif à ces mots. Il se perdit dans la contemplation de sa vodka.

“Et si vous commenciez par le début ?” finit-il par dire en reportant le verre à ses lèvres.

“Par le début ? Oui bien sûr…”

Bien sûr mais pas si simple. Phoebe se mordit la lèvre. Il y avait tant à dire de son point de vue pour expliquer sa démarche. Dray soupira. Ils n’étaient pas sortis du sable si son invitée ne se lançait pas. Il allait devoir mener l'entretien...

“Pourquoi pensez-vous que Simon est votre père ?”

Les plats arrivèrent à ce moment-là, ce qui dissimula l’étonnement de la jeune femme quand elle entendit l’homme d’affaires appeler leur géniteur par son prénom. Décidément, Dray Fox parlait durement de son père… Il laissait entendre une mésentente profonde. Peut-être avait-elle tort du coup, d’agir ainsi. Elle mettait un peu plus de désordre. Mais comment pouvait-elle savoir avant ? Phoebe, malgré ses interrogations légitimes, tira de son sac une vieille photo jaunie où un couple posait. Une femme d’une trentaine d’années, grande brune et élégante, souriait joyeusement à l’objectif. À droite, l’enlaçant par les épaules, Dray n’eut aucun doute que c’était bien Simon, l’homme de la photo, avec vingt-cinq ans de moins et contrairement à sa compagne, un air triste que personne ne lui connaissait. Personne sauf Dray car le regard malheureux de son père remua quelque chose en lui. De lointains souvenirs...

“Votre date de naissance ?” demanda sombrement, douloureusement même, l’Américain.

Phoebe fut étonnée de ce changement de ton radical et de cette soudaine direction. Elle comprit immédiatement que la question n’était pas innocente même si elle n’en saisissait pas l’enjeu. Elle ne tergiversa pas.

“10 juillet 1993.”

“Prématurée ?”

Phoebe fit simplement non de la tête, timidement. Dray finit d'une traite son verre, sa main crispée dessus et en commanda un autre au premier serveur à sa portée en le reposant brutalement. Un silence dérangeant s’installa jusqu'à ce que Bobby, fidèle à lui-même, ne se gêne pas pour mettre les deux pieds dans le plat alors qu’il s’attaquait à son tournedos.

“C’est quoi, le problème ?”

Dray eut du mal à répondre posément. Son ton était grinçant…

“Le problème est mathématique. Si Simon est bien le père de Mademoiselle, elle a été conçue début octobre 92. Ma mère est morte d’une longue maladie le 5 septembre.”

Soit un mois avant… Phoebe vit très bien le problème… Un mois, cela supposait aux yeux de Dray, une liaison existante entre leur père et sa mère à elle alors que sa mère à lui était mourante.

“Non, il faut que je vous dise ce que ma mère m’a confiée. Je vais vous raconter.”

Dray se contenta de hocher la tête, les lèvres pincées, dans un rictus mauvais. Evan se permit d’ajouter avec patience.

“Profites-en pour manger.”

Il voyait bien comment allait finir ce déjeuner : l’Américain ne toucherait pas à son assiette… Dray haussa les épaules avec agacement mais fit l’effort d’entamer son propre tournedos Rossini même si c’était sans conviction, tout en invitant la jeune femme à s’expliquer d’un geste sec de son couteau. Elle obéit, tristement toutefois.

“Sachez d’abord que ma mère est décédée il y a un mois…”

Nouveau changement d’attitude, Dray reposa doucement ses couverts à cette information.

“Toutes mes condoléances…”

“Merci… Mais je vous le disais pour vous expliquer les circonstances de l’information. Je ne suis qu’une porteuse de parole.”

Dray fit signe qu’il comprenait ce que Phoebe voulait dire. Aucun moyen d’entendre à la source.

“Elle savait qu’elle allait partir alors elle m’a confiée le secret de l’identité de mon père biologique. J’ai toujours su que l’homme qui m’avait élevé n’était pas mon géniteur. Mais il a été un père comme on en rêve. J’avais vingt ans quand il est parti. Crise cardiaque. Si maman m’a raconté, c’est parce que j’allais me retrouver toute seule. J’ai perdu mon mari, il y a deux mois. Un accident de voiture… Et il n’avait plus de famille depuis longtemps.”

La voix de Phoebe s’était serrée mais elle savait retenir ses émotions. Si le chagrin s’entendait clairement dans le discours de la jeune femme, il restait pourtant discret et Fox savait reconnaître le courage quand il le rencontrait. Et il comprenait d’autant mieux ce qu’elle avait voulu dire par vouloir une famille. Enceinte de sept mois, faire le deuil de son mari et de sa mère et se retrouver seule devait être une épreuve de plus que Phoebe voulait sans doute s’épargner, et que sa mère voulait épargner à sa fille.

“Je suis désolé.” répondit sincèrement l’homme d’affaires. La future maman sourit pauvrement.

“Merci, mais je ne vous ai pas raconté tout cela pour susciter votre pitié, je veux que ce soit clair. Je veux juste vous expliquer ce qui motive ma démarche.”

La réplique de Dray fusa aussitôt, plus calme et posée.

“Je n’éprouve pas de la pitié mais de la compassion. Perdre ceux qu’on aime, je connais bien le sujet. De quoi est morte votre mère ?”

“Insuffisance rénale depuis longtemps… Les traitements n’ont plus suffi et la greffe impossible.”

Fox acquiesça en silence. Ce dernier s’installa un instant avant qu’il ne réponde. Il lui semblait que, confidence pour confidence sur un tel sujet, il était normal que lui-même échange.

“Cancer des os diagnostiqué trop tard. Les chimio n’ont rien pu faire.”

Au moins, ils partageaient quelque chose. Mais cela les éloignait du sujet, ce que Fox rectifia très vite après une gorgée supplémentaire de vodka que le serveur venait de servir. Le ton froid et grinçant était de retour.

“Donc Simon et votre mère…”

“Oui. Je suis le résultat d’une aventure de vacances. Ma mère était en croisière pour trois semaines sur le Nil. Votre père aussi, sur le même bateau. Ma mère pensait que plus que des vacances, il fuyait quelque chose. Il semblait très affecté, déprimé. Je suppose maintenant que c’était la mort de votre mère.”

Fox déglutit et soupira douloureusement. De son côté, il se souvenait d’avoir été gardé par Béa tout un mois, lui se réfugiant à longueur de journée chez Anna, la mère de Sergeï, parce qu’il ne supportait pas Béa à ce moment-là. Son père avait disparu de la circulation deux semaines après les funérailles de son épouse. L’Américain sortit son portefeuille pour en tirer une photo, Sophia assise à son piano, tout sourire, et la montra sans un mot à Phoebe. Délicatement, la jeune femme s’en saisit comme un trésor précieux et Dray lui fut reconnaissant de cette attention. Le constat fut sans appel du point de vue de la future maman.

“Elles se ressemblent beaucoup…”

Dray se contenta d’un nouvel hochement de la tête en rangeant le cliché. Oui, pas de doute, elles auraient pu être soeurs. La théorie de Phoebe était plus que plausible.

“Maman était un esprit libre et aventureux, elle voyageait d’ailleurs beaucoup et elle l’avouait elle-même, elle était un vrai coeur d'artichaut. Ils ont eu une liaison le temps de la croisière et se sont séparés sur le quai. Cette photo est la seule trace qui reste de leurs moments. Ma mère a découvert qu’elle était enceinte que plus tard, revenue à Londres. J’avais trois mois quand elle a rencontré mon père, ils se sont aimés, il m’a aimé et ils se sont mariés. Histoire idyllique pendant vingt ans.”

Dray respira un peu mieux devant ces explications. Au moins Simon n’avait pas trompé sa mère, ça, il ne lui aurait jamais pardonné. Mais cette liaison, il pouvait la comprendre, un peu au moins. Noyer son chagrin dans des aventures sans lendemain, trouver des expédients dans ses partenaires, il l’avait fait pour Sergeï… Des blonds aux cheveux longs, il en avait eu dans son lit pour tenter de combler le vide qui le dévorait entre deux trips… Même si c’était Sophia dont il était question et de son décès, il pouvait envisager que son père ait tenté de se perdre dans les bras d’autres pour calmer sa peine…  

Phoebe, elle, continua.

“Elle n’a jamais tenté de revoir Simon et ne l’a pas informé de ma naissance. Alors forcément quand je me suis manifestée, par une lettre, votre père n’a pas dû apprécier la plaisanterie, ce qui explique ce courrier.” dit-elle en sortant de son sac, la copie de sa lettre et le fameux courrier pour montrer sa bonne foi. Fox les parcourut rapidement et dût reconnaître que la réponse des avocats de son père était sans appel et menaçait clairement de poursuites.

“Je ne peux pas du tout me permettre que tout ça aille en justice, je n’ai que cette photo et le récit oral de ma mère pour preuves et pas du tout les moyens de faire des tests ou quelque chose du genre.”

“Et nous arrivons à l’aide que vous me demandiez.” souligna Dray avec une pointe d’ironie en avalant enfin sa première bouchée de viande. Phoebe eut une petite moue désolée et malicieuse à la fois alors qu’elle même entamait son risotto de homard. Mais elle se montra tout à fait franche.

“Ma situation est précaire. En fait, ce repas est le premier depuis deux jours. Alors oui, je viens vous voir aussi pour ça. Il n’y aurait que moi, passe encore. Mais Zoë...”

Fox n’eut pas besoin que son interlocutrice finisse. L’arrivée d’un bébé ne s’accommodait pas de la misère.

“Expliquez-moi comment vous en êtes arrivée là...”

“A vous demander la charité ?” lança désinvoltement la jeune femme, avec une dose de sarcasme qu’apprécia son vis-à-vis et qui le fit sourire. Elle finit toutefois par soupirer.

“L’histoire classique. Mon mari et moi, on s’adorait ! On s’est rencontrés au lycée et on s’est mariés durant ma deuxième année de fac. Dès la fin du lycée, il a travaillé comme barman dans une boîte de nuit. Mais Vince était joueur et il était persuadé d’être un fantastique joueur de poker et m’offrir la dolce vita. Je le savais et il avait promis d’arrêter. Quand j’ai découvert la vérité, il était trop tard, nous étions endettés jusqu’au cou et Zoë en route. J’étais étudiante en architecture, je suis devenue serveuse…On avait réussi à trouver deux jobs chacun et lui accumulait les extras. C’est la fatigue qui a provoqué l’accident. Quand maman est partie, j’ai aussi perdu mes deux boulots dans la foulée. L’un parce que le restaurant a fait faillite, l’autre parce que j’ai accumulé soudainement d’étranges maladresses et que mon patron a aussi découvert que j’étais “très” enceinte ce que je m’étais bien gardée de dire. J’ai hérité de la maison de mes parents, mais Maman l’avait déjà hypothéqué plusieurs années avant. La gestion d’un budget n’a jamais été son truc.La banque a tout saisi. Et personne ne veut engager une femme qui accouche dans deux mois... J’ai trouvé une chambre de bonne en banlieue et perçevrais des aides quand Zoë sera née. J’ai un dossier de surendettement en route aussi mais l’administration est longue et j’ai conscience que cela n’ira pas très loin. Et j’ai peur que les services sociaux m’attendent au tournant.”

Devant un tel récit, les trois hommes restèrent quelques instants silencieux. C’était une descente aux enfers que décrivait Phoebe et Dray, en bon samaritain, ne resta pas insensible à tout cela. Il comprenait à présent pleinement la démarche de la jeune femme. Découvrir que vous aviez une potentielle famille riche à millions dans une telle situation, qui n’aurait pas tenté sa chance ?    

“Bon…” dit-il, pensif, en observant Phoebe donner de vigoureux coups de fourchette dans son plat.

“Je saisis pleinement le pourquoi de votre démarche et je ne peux pas vous tenir rigueur de vouloir une part du gâteau.” finit-il par dire en avalant un généreux bout de viande, tout cela lui ayant visiblement rendu l’appétit.

“Des réponses, nous sommes deux à en vouloir. Comme vous l’avez dit, on ne peut pas se contenter de cette photo et du récit de votre mère, surtout si vous insinuez que Simon n’a pas été sa seule liaison.”

La jeune femme plissa le nez, pas forcément heureuse de ce portrait de sa mère, mais elle dut bien convenir de cette vérité et finit par acquiescer du chef, incapable de cacher son inquiétude.

“Vous êtes donc d’accord pour que l’on fasse des tests ADN.” conclut Fox sur ce point, satisfait. Même si en vérité, son ton laissait plutôt entendre qu’il ne lui laissait pas le choix...

“Qu’est-ce que cela impliquera ?” demanda sans détour l’Anglaise, pressée de savoir à quoi s’attendre. L’Américain sourit, rassurant et répondit posément.

“De l’aide, vous en aurez, quels que soient les résultats.”

Evan grimaça légèrement, sceptique et Bobby sourit un peu moqueur. Leur patron avait le don de s’inquiéter pour tous les chiens perdus. D’ailleurs, son directeur souligna cet état de fait, avec une certaine froideur.

“Je sais que tu as l’âme philanthrope mais ta générosité te perdra. La situation de Mademoiselle est malheureuse mais, excusez-moi Miss, tu ne peux pas aider tous ceux qui sonneront à ta porte avec une triste histoire.”

La riposte de Fox claqua sèchement et du tac au tac.

“J’ai une centaine de millions qui dort dans plusieurs banques différentes, je ne sollicite pas tes conseils pour en faire ce que je veux.”

Le ton glacial de Fox était sans appel, Turner perçut parfaitement la remise en place. Phoebe eut le bon goût de baisser le nez et d’examiner le contenu de son assiette et Manning en fit de même. L’un et l’autre étaient assez malins pour voir qu’il valait mieux rester en retrait sur ce coup. Evan leva d’ailleurs les mains en signe immédiat de repli. Il admettait sans peine être allé trop loin. Dray reprit donc.

“Par contre, pour la famille, vous êtes mal tombée. Simon m’étonnerait beaucoup s’il vous accepte. Ma belle-mère ne va sans doute pas apprécier la plaisanterie non plus. Reste Dorian. Je ne peux pas me prononcer à sa place. Moi… Je ne peux pas le dire encore. C’est compliqué. Votre timing est à revoir de quelques années. Pour être franc puisque vous l’avez été, suivez ce conseil, d’autant que vous avez une vie à charge en plus de la vôtre : gardez vos distances avec nous, vous éviterez de prodigieuses emmerdes dans l’avenir, car croyez-moi, il y en a, à fréquenter les Fox.”

Ça, c’était dit. À nouveau Phoebe haussa les sourcils, ébahie. Pour le coup, le ton de Fox faisait à présent assez froid dans le dos. L’avertissement était limpide et la jeune femme était assez intelligente pour l’entendre. Et les mines d’Evan et Bobby, malgré eux, donnait raison à leur patron. La déception se lit pourtant très vite sur les traits de l’Anglaise. Elle prit le temps d’observer à son tour le trentenaire manger et finit par énoncer avec gravité et beaucoup de gêne.

“Je… Je ne vous ai pas tout dit…”

Phoebe déglutit en voyant le regard soudain à nouveau pesant des trois hommes.

“Je pensais que vous aviez choisi la carte de la franchise ?” persifla le directeur de la succursale.

“Evan…” le reprit doucement Dray en lui jetant un coup d’oeil ferme. Fous lui la paix était en substance une bonne traduction.

“Je vous écoute.” ajouta-t-il simplement en avalant une nouvelle bouchée de viande. Mais rien ne vint immédiatement. A la place, l’Anglaise joua avec quelques grains de riz du bout de sa fourchette, en se mordant la lèvre. Dray fut surpris de ce revirement d’attitude. Et ce n’était pas très rassurant. Si elle hésitait là-dessus après tout ce qu’elle lui avait dit, ça devait être quelque chose ! Mais elle finit par se lancer.

“Je… je vous ai parlé des maladresses mystérieuses qui m’ont fait perdre mon travail… Elles sont apparues un peu avant le décès de maman… C’est compliqué à expliquer…”

Fox, la curiosité piquée au vif, reposa ses couverts pour écouter avec attention alors que Mlle Gates y allait franchement à tâtons.

“Le nom de mon père ne fut pas le seul secret que maman me confia. Heu… Comment dire ? … Elle a utilisé le mot de cracmol... “

Dray se laissa aller contre le dossier de son siège à ce mot, interloqué. Ok… Jusqu’à présent, la question de savoir de quel côté de la barrière magique se situait Phoebe ne s’était pas posée. La manière dont elle parlait de son quotidien laissait entendre qu’elle était non-maj et Fox était parti naturellement de cette hypothèse. Et là, le problème était que la jeune femme ne savait visiblement pas exactement de quoi elle parlait elle-même. Et l’Américain ne fut pas le seul à tiquer. Turner regardait la jeune femme avec des yeux ronds et Manning s’était redressé subitement.

“Vous pouvez être plus claire ?” demanda finalement Dray avec prudence, en buvant la fin de sa vodka. Mais vu la réaction instinctive de ses acolytes, Phoebe comprit qu’elle avait fait mouche et avait toute leur attention...

“Ce mot vous parle alors… J’ai encore du mal à y croire...“ murmura Phoebe, entre frayeur et réserve, le museau sur son assiette mais droite comme un i. Elle semblait ne vouloir plus qu’une chose : se lever et se sauver, et en même temps, elle faisait front. Mais sa réaction de repli ne fit faire qu’un tour au sang de son potentiel frère. Oh my gosh… Qu’est-ce que c’était que ce merdier, encore ? A son tour, Fox se redressa, très sérieux. Il fallait l’inciter à parler.

“Phoebe, qu’est ce qui s’est passé ? Que vous a dit exactement votre mère ?”

Le contact sembla mettre en confiance l’Anglaise car elle releva le nez pour chercher le regard de l’Américain et sa langue se délia. C’était tellement dingue aussi, cette histoire !

“Des choses bizarres se sont soudain passées autour de moi. Des assiettes se sont mises à voler contre les murs alors que j’étais très en colère. Les vitres de la banque se sont fissurées quand le banquier a refusé de discuter. Du sucre à la place du sel dans les salières. Des pétales sont apparus en feux d’artifice pendant un fou-rire. De l’eau à la place du vin dans le verre des clients. Il a plu dans la maison quand le médecin a dit qu’il ne restait que quelques jours à maman. Je fais sauter régulièrement les appareils électriques, j’arrête les montres et les horloges. Au travail, le dernier incident qui a été la goutte d’eau et qui m’a valu ma place a été le contenu d’un plateau complet que je tenais sur un client irrespectueux, un plateau qui n’est pas tombé tout seul, je le jurerais, quelque chose l’a renversé brutalement. Je sais que dit comme ça, je passe pour une folle mais...”

La jeune femme, résignée, clairement, désabusée même, n’acheva pas sa phrase. Dray le fit.

“Mais vous en avez parlé à votre mère.” continua-t-il avec douceur, sans montrer ce qu’il pensait de tout ça pour ne pas effrayer un peu plus sa possible soeur qu’il voyait dépassée, en réalité. Soeur qui acquiesça timidement du chef.

“C’était le lendemain de la photo, quinze jours avant le coup du plateau. Elle m’a dit que que tout ça, c’était de… De la magie… C’est n’importe quoi…” marmonna la jeune femme avant de se forcer à reprendre.

“Je suis une sceptique. J’ai pensé sincèrement qu’elle délirait. Mais elle m’a fait examiner par un “médecin spécialisé dans la magie”. Elle a dit que je ne devais pas avoir peur mais que j’avais une raison de plus pour contacter Simon, qu’elle, elle était née sans pouvoirs, que dans son monde, on disait qu’elle était cracmol, qu’elle avait choisi le monde des gens sans magie. Elle a dit aussi que moi non plus je n’avais pas eu de pouvoirs, malgré que Simon ait été un sorcier, lui.”

Dray se retint de soupirer de lassitude, cela aurait été malvenu, mais vous parliez d’un bordel… Il se laissa à nouveau aller dans son siège. Bobby intervint, avec incertitude, dévoilant par là même le pot aux roses, puisqu’il ne remit aucunement en doute les dires de la jeune femme mais juste une espèce de problème technique.  

“Quand même, presque vingt cinq ans, c’est tard pour révéler ses pouvoirs...”

Dray n’eut qu’un mot en hochant la tête de gauche à droite, sans quitter le regard de Phoebe. Plus la peine de tourner autour du pot à ce stade après tout.

“Zoë.”

“Oh…” fut la seule réponse du garde du corps qui comprit où voulait en venir son protégé. Evan se retrouva éberlué.

“C’est possible, ça ?”

Phoebe sourit avec amertume, sans joie. Là encore, étrangement, cette expression parla beaucoup, non pas à Fox qui ne pouvait pas avoir le recul nécessaire, mais bien à Turner et Manning qui la voyait trop souvent chez ce dernier…  De son côté, l’Anglaise se fit une raison à cet instant. Elle entrait dans un monde qui lui était totalement inconnu et allait devoir aider sa fille à grandir en prenant en compte une… énorme particularité, incroyable, complètement folle même !

“Vous êtes quelqu’un d’intelligent, Monsieur Fox. C’est pour ça que ma mère m’a fait consulter l’un de vos…. médecins. Si je n’avais pas eu le droit à une démonstration de vos tours par ce médimachin et que je n’avais pas vécu toutes ces choses inexplicables, je vous dirais que vous êtes tous cinglés !”

Dray ne répondit pas immédiatement, pas plus perturbé que ça par le soudain ton énervé de son interlocutrice. Il pouvait comprendre une telle réaction instinctive, la colère. Fallait quand même l’avaler, l’existence d’un monde parallèle régi par la magie, que vous en aviez des origines et que votre enfant à naître en faisait clairement partie. Alors si en plus, vous étiez cartésien... Sans un rond, sans plus personne et ça, tu m’étonnes que la demoiselle demandait de l’aide ! Et vogue la galère !

Evan, qui pour le coup était largué se permit une question.

“On peut m’expliquer à moi ? Parce que vous m’avez perdu là.”

Fox sortit de son silence et de sa réflexion (ils n’étaient pas sortis des ronces ! Comment il allait gérer tout ce bordel ?)

“Bon, d’abord, votre maman ne délirait pas, non… Par contre qu’on soit cinglés, ça... Enfin, la magie existe réellement. Je pourrais vous refaire une démonstration dans mon bureau.”

“Dray, ça va à l’encontre des règles !” s’exclama Evan, choqué qu’ils en parlent aussi ouvertement en plein milieu d’un resto moldu et que son patron propose un petit spectacle par dessus le marché.

“Si Phoebe était non-maj. Elle est cracmol.” répliqua Fox en haussant les épaules.

“Si elle est bien celle qu’elle dit être !” rétorqua avec justesse et prudence le directeur.

“Dans tous les cas, sa fille est une des nôtres ! Tu veux que je t’explique oui ou non ?” finit par râler Dray, qui commençait sérieusement à être agacé par l’attitude réfractaire et moralisatrice de son directeur depuis le début. Et il ne se gêna pas pour l’exprimer, gestes de main exaspérés à la clé.

“Shit, tu me saoules ! T’as quoi aujourd’hui ? Pète un coup, je sais pas !”

Cette remarque haute en couleurs laissa passablement l’Anglais so British coi même si c’était du Dray Fox tout craché et qu’il lui en fallait plus pour prendre la mouche, alors qu’elle fit éclater de rire Bobby et Phoebe. Et justement, comme pour prouver les dires précédents de la jeune femme, les couverts de la table tressautèrent tout seuls. Les trois hommes regardèrent le phénomène avec mesure, quoi que Dray arborait plutôt son sourire de sale gosse.

“Ben la voilà, la démonstration ! Enfin, on va se calmer, Mlle Gates, parce que la magie en milieu non-maj est quand même sérieusement réglementée.”

“Non maj, c’est non-magique ? C’est la deuxième fois que vous utilisez ce terme.” demanda Phoebe en reprenant son souffle, et en ayant le sentiment que là, Fox parlait une langue étrangère.

“C’est ça, c’est le terme des sorciers américains, les Anglais utilisent le mot moldu.”

“Et ma fille est une sorcière…” exprima la jeune femme, avec encore une énorme dose de scepticisme dans la voix. Elle semblait, en le disant à voix haute, vouloir se convaincre elle-même du fait.

“Et précoce !” confirma Dray sans plus s’émouvoir, mais sa mine hâbleuse habituelle, qui pouvait être si agaçante par moments… Surtout dans ce genre-là…

“Donc pour en revenir à notre débat, comment tu expliques que cette jeune femme ait les pouvoirs de son bébé ? Aussi tôt ?” demanda Evan sans détour cette fois. Turner n’était fort heureusement aucunement susceptible et rancunier pour des bêtises. Il valait mieux d’ailleurs avec Dray Fox comme patron.

“Pour être honnête, Monsieur Turner, moi aussi je suis perdue, même si Maman et un de vos médecins ont tenté de m’expliquer. Je n’arrive toujours pas à croire que tout ça est vrai ! ”

“Je n’ai pas moyen d’énoncer les choses autrement. Vous voulez parler de sciences ? Pas de problème. Votre fille est une sorcière, point. Comme le ciel est bleu, la Terre est ronde, et que Zoë sera peut-être brune aux yeux gris comme sa mère. Votre mère était fille de sorciers mais elle n’avait pas développé de pouvoirs. Ca arrive. C’est de la génétique. Un gène que vous n’imaginiez pas. Les X-men de Marvel mais pour de vrai et depuis des lustres et on doit vivre dans le secret absolu. La chasse aux sorcières, Salem et tout le folklore, ben, c’est pas que des conneries. Dans le cas de votre mère, le gène est non actif. Et votre mère vous a transmis cette absence de magie. Mais ce don peut aussi apparaître spontanément, le premier sorcier d’une lignée, ou, dans le cas de Zoë, ça peut sauter des générations. Le gène s’est réactivé. Je ne serais pas surpris de voir des sorciers dans l’arbre généalogique de votre mari.”

Phoebe, jusque là, tentait d’assimiler ce que lui disait Dray. Vu sous cet angle logique et scientifique en quelque sorte, elle saisissait mieux. Elle sourit même à la comparaison avec les comics. C’était incroyable, toujours, mais ça devenait envisageable. La réalité dépassait la fiction. Mais elle ne rejetait plus tant que ça l’idée. Et quand Fox parla des origines de son mari, elle s’en trouva confuse.

“Je… je ne sais pas… Vince ne m’a jamais parlé de sa famille. C’était un enfant placé depuis ses six ans. Il n’a jamais voulu me dire quoi que ce soit. Il a été bringuebalé de famille d’accueil en famille d’accueil jusqu’à être lâché par le système à sa majorité, c’est tout ce que je sais.”

Fox poursuivit sans plus s’étendre sur ce sujet puisque c’était une porte close.

“En tout cas, pour en revenir au sujet, le médicomage a dû vous le dire, la magie apparaît en moyenne lors de la petite enfance au gré d’émotions intenses. Or si j’ai bonne mémoire de mes cours de biologie et d’après ce que vous m’expliquez, j’en déduis donc que Zoë a déjà activé ses pouvoirs.”

“Et comment tu expliques que maman fasse tourner les tables ?” intervint Turner, qui n’avait pas l’intention de lâcher le morceau sans réponse.

“Aaah, du sarcasme et de l’humour, là, je te retrouve ! Tes pets sont donc inodores et silencieux, c’est bien.” taquina Fox avec un grand sourire à la con, ce qui lui valut un coup de poing dans le bras et le rire de la tablée.

“Enfin donc, d’après mes quelques lectures, au sixième mois de grossesse, toutes les cellules nerveuses du bébé sont là. Le réseau neuronal, le gainage et le cortex sont achevés. Il y a même un trop plein de neurones ! Bébé est sensible à ce qui l’entoure et aux émotions de maman et ils sont liés par le cordon ombilical et donc partagent un réseau sanguin. Il n’y a peut-être pas que les nutriments et les déchets qu’ils s’échangent.”

“Mais aussi, la magie.” conclut Bobby.  

“Ce n’est qu’une théorie, mais elle a le mérite d’expliquer le phénomène.”

“C’est aussi ce que pense le médicomage que j’ai rencontré…” soupira Phoebe.

Dray se permit toutefois d’objecter à son propre raisonnement.

“Il y a aussi la possibilité qu’étant née d’une cracmol, le gène ait eu du mal à s’activer. Mais le deuil de votre mari suivi de près de votre maman, conjugué au stress d’absolument tout perdre en attendant un bébé me paraissent être des émotions bien assez violentes pour rectifier le tir.”

“Vous plaisantez ?” répliqua Phoebe, d’une traite, les yeux ronds comme des billes.

“Je ne me permettrai pas sur un tel sujet.” répondit très sérieusement Dray, tout sourire ou malice disparus.

“On sera fixé après votre accouchement.”, poursuivit-il, “Si les phénomènes se poursuivent hors de la présence de Zoë, on aura la réponse.”

“Mais que ce soit l’une ou l’autre, vous vous rendez compte de ce que cela implique ? Je fais comment, moi ?! Avec un bébé magicien qui risque de faire sauter l’électricité du quartier à chaque biberon réclamé ou moi qui fera voler les perruques ou qui pincera par la pensée les testicules de tous les boulets un peu trop collants ! Parce que ça aussi, c’est arrivé !”  paniqua “un peu” (ou plutôt ne parvint plus à le dissimuler…) Mlle Gates.

Là, on retrouva le sourire hâbleur et agaçant de Fox, qui ne cacha pas franchement son hilarité. Bobby et Evan furent plus diplomates…

“Votre mère a été bien avisée de vous envoyer nous trouver.”

La jeune femme soupira et se vautra dans son siège, les épaules basses.

“Ne vous moquez pas ! Mais oui, elle était nulle pour la gestion de l’argent mais pour le reste, elle était la sagesse même. Et c’est là que je sens à quel point elle me manque...”

“Allez, haut les coeurs, jeune fille. Maintenant que vous m’avez déniché, je me vois mal vous tourner le dos. Plus mon style. Et puis vous m’êtes sympathique alors, soeur ou pas, je ne vous lâche plus.”

Phoebe eut un gentil sourire.

“Merci.”

“Que voulez-vous ? On dit que je suis un cynique utopiste.”  répliqua le Sieur Fox en jouant avec une exagération toute calculée, les bons princes gentlemen.

“Un homme plein de contradictions.”  conclut Mlle Gates en riant légèrement de cette tournure de phrase originale ajoutée à la comédie de l’Américain. Elle ne se savait certainement pas si proche de la vérité…

Après le dessert, et un interrogatoire en bonne et dûe forme d’un Dray très curieux qui détournait habilement les questions que Phoebe lui renvoyait, sauf ce qui concernait le fameux mariage prévu de Fox, les potentiels frère et soeur se séparèrent là où ils s’étaient trouvés une bonne heure avant. Déjà loin, les M. Fox et les Miss Gates. On en était à Dray et Phoebe, directement. Ils étaient en train de s’échanger leurs numéros de téléphone et se donner rendez-vous le lendemain pour les fameux tests (que Dray avait l’intention de demander à Seiki pour allier efficacité et rapidité, la magie et le frangin étant à ses yeux la meilleure des combinaisons…) quand soudain une blonde à la chevelure et la poitrine généreuses s’approcha, perchée sur ses talons aiguille et guindée dans une robe haute couture aussi rouge flamboyant que courte. Elle aurait pu surprendre le couple, si Bobby ne veillait pas au grain.

“Hyène à six heures…”

Aussitôt, Fox se retourna avec une mine clairement dégoutée et énervée. Qui que ce fut, cette femme n’était pas la bienvenue. Le changement du point de vue de Phoebe fut saisissant puisqu’il plaisantait avec elle deux secondes avant. Mais quand elle reconnut la nouvelle venue, elle aussi se tendit à l’extrême… Mais Dray, trop en colère, ne remarqua pas ce détail…

“Dray chéri, me cacherais-tu quelque chose ?”  perora la “hyène” avant de fixer avec un mépris total Phoebe ou plutôt son ventre.

“Rassure-moi, ce ne sont pas tes oeuvres ?”

“Fox pour toi. Si ça pouvait me débarrasser de toi, Bridge, je te dirais oui deux fois plutôt qu’une !”  répliqua Fox, mauvais comme la peste. Il fallait être sourd pour ne pas entendre le “espèce de conne !” sous-entendu...

“Cordelia pour toi, chéri.”  corrigea la blonde, narquoise, qui était tout sauf dure d’oreille et qui décida de le narguer en insistant bien sur le “petit nom” final, un grand sourire persifleur sur les lèvres pour cacher qu’elle avait mal pris l’attaque en règle. Problème, son regard parlait pour elle, et l’Américain aurait été mort si ce dernier pouvait tuer. Un an de cirque et Fox en avait plus qu’assez de jouer la comédie depuis plusieurs semaines. Mais la dénommée Cornelia Bridge, sa future épouse, en avait, de son côté, plus qu’assez de ses remarques pour le moins agressives et détestables.

“De toute façon, cela n’éviterait pas notre mariage, ce serait juste une perte de temps supplémentaire pour se débarrasser du problème.”  finit-elle par dire en haussant négligemment les épaules, arrogante.

Phoebe fut soufflée par cette réponse cruelle et décocha un regard assassin à la blonde qui l’ignora totalement, comme si elle était totalement invisible. Fox fut tout aussi outré mais fut plus cru que sa nouvelle amie.

“T’en as pas que la tenue, t’es vraiment une salope, pas à dire.”

La belle ne se laissa pas démonter par l’insulte, hélas.

“Ainsi nous faisons un couple parfaitement assorti, chéri !”  ricana la “belle”, ce qui expliqua son nom de code…

“En parlant de noces, tu as oublié qu’on avait rendez-vous ce midi avec ma mère pour choisir le gâteau.”

“Je n’ai pas oublié, je n’en avais rien à foutre, nuance.”  rétorqua Dray avec un sourire parfaitement sarcastique et faucheton, rarement à court de répartie.

“Ma mère sera ravie de le savoir.”  souligna la blonde, tout sourire angélique.

“Je n’en doute pas. Comme elle sera ravie de savoir pourquoi son petit ange a rencontré le docteur Spring et s’est absentée une semaine, il y a trois mois…Ce ne fut pas une trop grosse perte de temps, cette fois ?”  

Là, la manche fut remportée et avec une nette avance par Fox qui ne souriait plus mais était mortellement sérieux. Bridge devint presque aussi blanche que ses dents… Elle s’en retourna soudainement comme elle était venue. Dommage que cet avortement découvert par Maria Black, sur les traces de la famille comme un chien policier sur un kilo de coc’, ne fusse pas suffisant pour faire annuler le mariage… Fox avait déjà essayé… Oh, lui n’en avait rien à foutre pour être honnête. Le paternel de la hyène aussi d’ailleurs… Mais la mère conservatrice au possible… Il pouvait foutre un sacré bordel et se gardait ça sous le coude. Ca pouvait être marrant de balancer ça lors de la répétition par exemple...

“Désolé pour ça.”  s’excusa finalement l’Américain en se retournant vers Phoebe.

“Ce n’est pas grave, Dray. Mais si j’ai bien compris, cette femme est celle que Simon veut te faire épouser ?”  vérifia la jeune femme, scandalisée.

”Hélas…”  se contenta d’acquiescer le condamné avec amertume. “Tu as vu que je n’exagère pas quand je te disais que c’était une vraie connasse. Et je n’ai aucune solution pour...”

“Je la connais, Dray !” s’exclama Phoebe avec aversion, coupant sans le vouloir le trentenaire.

“Pardon ?” demanda Fox interloqué.

“Tu n’oublies pas le visage de quelqu’un qui t’a balancé le verre que tu viens de lui servir au visage, sous prétexte qu’il n’est pas assez frais.” affirma avec sévérité l’Anglaise, avec une colère contenue. Voyant le regard plein de questions de Dray qui reconnut le style du personnage, Phoebe décida qu’il valait mieux qu’elle donne tous les détails, d’autant qu’elle savait peut-être quelque chose qui pouvait aider son aîné.

“J’ai travaillé pendant un temps comme serveuse, dans la boîte de nuit qui employait Vince, pour payer mes études. C’était il y a presque quatre ans. Cette fille était complètement ivre. Et elle m’a jeté son verre au visage. Je suis allée me nettoyer dans les toilettes et je me suis enfermée dans une cabine le temps de décompresser. Avec ses copines, elle est entrée pour repoudrer son sale museau de fouine et là, elle s’est vantée en riant d’avoir renversé un sans-abri ! Cette pétasse a même dit qu’on aurait dû la remercier publiquement parce qu’elle avait participé au nettoyage des rues de la ville !”

“...”

Rares étaient ceux qui pouvaient faire taire Fox… Putain de merde… Mais ça ne dura pas longtemps…. Un rictus de dégoût sur les lèvres, il sembla déjà envisager son prochain coup.

“Tu n’aurais pas eu vent de la voiture qu’elle avait et de la date exacte par hasard ?”

Phoebe répondit aussitôt, sûre d’elle.

“C’était en décembre 2013 et elle avait une Lamborghini. On était à une semaine de Noël et elle avait dit que ça s’était passé le week end d’avant dans la nuit de samedi. Je m’en rappelle parce qu’elle a dit que c’était dommage parce que papa venait de lui offrir le dernier modèle. Elle avait un nom super long avec une bestiole dedans…”

“Gallardo Spyder ?”

L’avantage d’être un féru de bagnoles…

“Oui c’est ça ! Ils allaient devoir refaire une bonne partie de la carrosserie, elle allait en profiter pour faire changer la couleur et choisir un bleu ciel personnalisé au lieu de vert pomme. Elle a dit à son père qu’elle avait écrasé un gros chien… J’en ai parlé à la police mais vu que j’avais un contentieux avec elle, qu’elle était ivre et que je n’étais qu’un témoin auditif qui ne connaissait même pas son nom, ils n’ont pas trop pris au sérieux l’histoire... Sans doute que le fait que l’homme était un sans-abris et elle, une riche fille à papa a dû jouer aussi...”

Aussi scandalisé et écoeuré par cette histoire qu’il puisse être, Dray avait déjà son miroir à double sens dans la main, prêt à agir.

“Merci, Phoebe ! Soeur ou pas, je t’adore !” dit-il à la jeune femme avec une franchise rafraîchissante avant d’actionner son miroir en nommant sa détective préférée sous les yeux curieux de la jeune femme et son sourire heureux du compliment.

“Maria, tu peux passer à la tour le plus vite possible, s’il te plait, faut qu’on parle…”

Fox avait peut-être enfin une réelle chance d’éviter ce foutu mariage et de retourner la situation à son total avantage… Et ça grâce à une soeur (ou presque en tout cas…) tombée du ciel ! Si certains Dieux étaient contre lui, apparemment il en avait aussi quelques uns dans la poche…
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Jeu 28 Juin 2018 - 22:07

[Bon, je me suis aperçu que la fin du message avait disparu et on me dit que la longueur est dépassée que je veux l'éditer donc voilà la suite et fin complète à part *ne cherche pas à comprendre*]

Le lendemain après-midi, dans le bureau de Dray, on retrouva Phoebe, Seiki et ce dernier. Fox avait eu tôt fait d’expliquer à la bande des Bakas ces nouvelles pièces du puzzle qu’était le bordel de sa vie. Et sans même qu’il ait eu besoin de demander, le médicomage s’était proposé. Avec la magie et de bons échantillons, le résultat était rapide. Sei, après les présentations en bonne et due forme de l’Américain, était en train de prendre un échantillon de salive à Phoebe, assise dans le canapé du bureau, tout en demandant :

“Tu as réussi à piéger Simon ?”

“Bien sûr.” répondit Fox, blasé, sans quitter le dossier dont il paraphait les pages mais en sortant d’un tiroir de son bureau un sac contenant une tasse à café et un reste de cigare pour le poser face à lui.

Tsuno, sa tâche terminée, s’en saisit sans plus un mot et aligna ses échantillons sur un parchemin et lança sous les regards d’un Dray assuré et d’une Phoebe émerveillée, un sortilège sur l’ensemble dont la formule était irrépétable aux oreilles des spectateurs.

“Quelques minutes suffiront.” précisa le médicomage avant demander à son aîné et de s’asseoir face à la future maman.

“Black ?”

Toujours aussi succinct quand il s’y mettait, le frangin. Cela fit sourire l’Américain mais il répondit de bon coeur en se levant pour les rejoindre, un très épais classeur en main.

“Les chiens lâchés. Elle est en train de secouer tous ses contacts non-majs, on verra bien ce qui tombe. L’avantage c’est qu’elle est devenue “la meilleure amie” de Bridge depuis quelques semaines, alors elle pourra avoir accès au garage facilement et lui tirer des aveux, pourquoi pas.”

“Tu crois que ça suffira ?” demanda Phoebe avec inquiétude.

Seiki cacha sans mal sa surprise d’entendre la considération de la jeune femme alors qu’ils ne se connaissaient pas la veille. Mais étrangement, les deux nouvelles connaissances semblaient naturellement proches. En tout cas, il était particulièrement étonnant de voir Fox prendre aussi bien la possible vérité alors qu’il avait eu tant de mal pour Dorian. L’explication tenait sans doute au fait que Simon et Phoebe n’avaient rien partagé du tout et le père pas pressé d’accepter l’éventualité d’avoir une fille apparemment… L’Américain, en tout cas, répondit en s’asseyant dans un fauteuil entre ses deux invités, sans deviner les pensées de son frère de coeur qui fit comprendre d’un coup d’oeil que les détails de la réponse l'intéressaient aussi.

“Bah si j’ai un dossier en béton, ou le père cède, ou elle va en taule… Et même s’il cède, elle ira en taule. On ne va pas la laisser s’en tirer encore une fois, cette bitch. Si le dossier n’est pas en béton, là… Je pourrai toujours y aller au bluff. J’ai une amie qui est déjà d’accord pour m’aider à monter l’arnaque donc c’est jouable. Et de toute façon, je n’ai plus beaucoup de choix, en janvier, je suis marié. On m’a bien fait comprendre que je ne pouvais plus repousser le mariage et je suis en rupture d’excuses... Et je n’ai plus assez de temps pour finir de monter la stratégie de mon OPA. Ce n’est pas prêt, il me manque trois mois de travail pour qu’elle fonctionne. J’en suis à me dire que je me crasherais bien en moto encore une fois pour me défiler et gagner ce temps.”

“Je te l’interdis.” siffla Sei, qui n’apprécia pas la plaisanterie du tout, parce qu’il en était capable, ce con !

“Bah non, je le ferai pas, voyons !” répondit Dray comme une évidence, en levant les yeux au ciel. Quand même, il savait assez le mal qu’il avait fait à tout le monde, quelques années avant. Et puis bordel, il avait méchamment dégusté ! Mais l’idée l’avait quand même effleuré, pour la forme…

“Enfin, laissons cela de côté.” fit Dray en voyant le café et les gâteaux commandés arriver, apportés par Rose et posés sur la table basse. Après son départ, le groupe reprit sa conversation. Fox posa sur la table son classeur et expliqua son utilité.

“Je possède plusieurs immeubles à titre personnel. Voici ceux de Londres et les appartements qu’ils abritent avec un topo des différents quartiers dans lesquels ils sont. Education, santé, services…. Étudie-les et choisis celui qui te plait. Je ferai préparer le titre de propriété.”

“Tu me diras à quoi sert le test ?” intervint Seiki avec un sarcasme parfaitement audible même si son visage n’exprimait rien. Non mais sérieux… Pas du tout d’excès… Fox donnait carrément un appart à une inconnue, mais pas de problème, c’était normal. D’ailleurs Phoebe fut pour le moins surprise. Pour dire, elle ne réagit pas et ce fut Seiki qui se saisit du classeur à sa place pour le feuilleter.

“Et bien sûr, ce sont des appartements immenses et tout équipés avec deux chambres minimum… T’en aurais pas un pour moi près de Saint Mungo ? Si je pouvais m’épargner un loyer...”

Fox se marra.

“Tu sais que vous n’avez qu’à demander, tous. J’y peux rien si aucun d’entre vous ne veut profiter de la chance qu’il a d’avoir un pote richississime.”

L’idée sembla alors enfin atteindre le cerveau de Phoebe.

“Tu… Tu me donnes un appart avant même de savoir ? Tu plaisantes ? Je ne peux pas plutôt être une de tes locataires ?”

Dray se montra alors à nouveau sérieux et ferme.  

“Non. J’ai dit que je t’aiderai. Ca veut dire remettre ta vie sur les rails pour que tu n’aies plus besoin d’aide dans un futur plus ou moins proche. Le plan, c’est que la fondation Landôme t’attribue une bourse lors de la prochaine commission dans trois semaines, que tu reprennes tes études et que tu deviennes architecte. Ne t’emmerde pas pour les frais d’inscription, choisis la meilleure fac. En attendant, je m’occupe de la logistique. Je m’occupe de tes dettes et de l’administratif, Seiki te trouvera un excellent médicomage qui éclaircira le mystère dont on parlait hier, la crèche sorcière de l’entreprise a une place réservée pour Zoë et on peut te trouver une nounou qui t’aidera et te formera sur l’aspect sorcier des choses. Et nos services d’urbanisme ont un stage à mi-temps rémunéré à te proposer. Le contrat sera rédigé d’ici la fin de la semaine.”

Phoebe s’affala dans le canapé. D’un coup, ça allait un peu trop vite là.

“Attends, s’il te plait, tu me donnes le tournis !”

Fox se tut, puisqu’on le lui demanda et attendit. Flegmatique, Seiki posa le classeur là où il l’avait pris et, sans plus se mêler de la conversation, ramassa le parchemin qui avait changé de couleur pour brunir et lit son contenu. Dray comprit. Les résultats étaient prêts.

“Alors ?”

Seiki se tourna vers Phoebe, imperturbable.

“Bienvenue dans la famille.”

Un grand sourire naquit sur les lèvres de Phoebe. Celui de Fox se fit malicieux. Seiki servit le café.

“Et bien voilà, ça règle la question principale. Plus rien n’empêche que je t’aide comme je l’entends, petite soeur. La présentation officielle à Simon et Dorian risque d’être rock and roll, par contre.”

“Tu comptes faire ça comment ?” demanda Seiki, curieux de savoir. Ca allait être sympa comme moment. Encore Dorian… Mais Simon, alors là…

“Je n’en ai pas la moindre idée !” ricana Fox. “Avant l’annulation du mariage en tout cas, sinon Simon va nous faire une crise d’apoplexie. Par contre, pour la bande, je sais ! Demain soir, si ça convient à tout le monde. Je parlerai à Dorian demain matin et selon sa réaction, je le confierai à un homme de Bobby, comme ça, Kain soufflera un peu.”

“Ok pour moi. A voir avec les autres. Mais ça fait longtemps qu’on n’a pas fait ça alors je pense que ça fera l’unanimité.”

“A qui tu veux me présenter ? C’est qui, la bande ?” demanda Phoebe curieuse en saisissant la tasse à café que lui tendait le médicomage. “Merci, Docteur.”

“Ma première et vraie famille si on excepte Dor’.” répondit simplement Dray, avec un sourire attendri. “Faudra que je te présente à Sergeï aussi.”

La jeune femme se mit à rire.

“A qui tu voudras !”

La discussion dura encore un peu avant que Seiki ne reparte pour St Mungo. Phoebe et Dray, sous la direction du PDG, entamèrent alors l’organisation des projets qu’il avait énoncé et dans un premier temps par le choix du fameux appart. Et la jeune femme se dit quand même qu’elle avait eu bien raison d’écouter sa mère et son courage.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Jeu 28 Juin 2018 - 22:07

Dans la salle de réunion de la Fox londonienne, ce matin-là, un silence de plomb régnait depuis de trop longues secondes, ce qui était un fait extrêmement rare. D’habitude, la vaisselle pétait souvent sans pause, les membres du conseil d’administration du Groupe étant rarement d’accord entre eux. Mais là, le mutisme des hommes et femmes présents était impressionnant, qu’ils soient des hologrammes de New-york ou de chair, à Londres. Ce qui faisait la différence était l’expression de deux d’entre eux. Si pour la majorité, Simon Fox, le vice-président et père du PDG, compris, le maître mot était la stupéfaction, pour Evan Turner, le directeur de la succursale anglaise, c’était la force tranquille et pour Dray Fox, le PDG, c’était clairement l’assurance victorieuse doublée d’une lueur sévère et méprisante dans le regard. Face à chacun se trouvait un dossier ouvert qui était la preuve du coup de tonnerre que leur PDG venait d’annoncer.

“Je crois que c’est clair pour tout le monde, donc.” ironisa Dray au bout d’un moment, en voyant l’effet qu’il avait fait à l’assemblée qui, après ce silence interminable, semblait maintenant dans ses petits souliers.

Ce fut David Law qui prit la parole avec le ton mesuré qui le caractérisait quand il avait à faire à un Fox... contrarié, dira-t-on par euphémisme. Il fallait avancer avec prudence dans ces cas-là, c’était bien connu. Les morsures des renards faisaient souvent très mal...

“Nous avons bien compris que vous aviez depuis l’ouverture du London Stock Exchange, la majorité absolue, oui… Peut-on savoir par contre, comment vous avez pu l’obtenir ?”

Un sourire carnassier apparut sur les lèvres du jeune PDG, et à ce moment, tous virent à quel point le fils pouvait ressembler au père, père qui ne semblait pas plus au fait que les autres mais qui semblait par contre plus sonné par le coup de massue qui venait d’être répété par le troisième du Groupe. Un mouvement de tête de Dray vers Evan et celui-ci déposa dans la boîte à double-sens londonienne les copies de contrats avant d’en donner à Simon. David les sortit de la boîte américaine. La lecture des documents imposa à nouveau le silence absolu. Deuxième coup de tonnerre...  

Là, ce fut Simon qui intervint, interloqué pour le coup.

“Bridge t’a… littéralement… donné... son groupe ?!”

Merlin qu’il avait eu du mal à prononcé le verbe. Et Merlin que Dray affichait à présent un sourire de faucheton. Il était fier de lui, le petit con !

“Qui, fusionné au nôtre, m’offre les pleins pouvoirs. Cela n’étonnera personne si j’ajoute que vous pouvez vous carrer le mariage où je pense et qu’il est temps de payer la facture pour ceux qui ont soutenu l’idée.” se permit-il de prononcer avec une autorité glaciale et un regard perçant qui détonaient avec son attitude précédente, un désagréable chaud et froid.

Troisième silence… Des souliers devenus vraiment trop étroits et des regards trop intéressés par les chemises en carton des dossiers…

“Jeremiah et Adrien sont les seuls à avoir refusé cette farce. Je les en remercie et il va de soi qu’ils le seront par autre chose que ces mots. Les autres, je vais vous apprendre la notion de fidélité…”

Simon, à la gauche de Dray, se permit d’intervenir, pour tenter d’arrêter la machine, parce que là, il le savait d’expérience, la situation sentait le soufre et cela allait faire très mal…

“Dray, écoute, tu prends les choses trop…”

“Shut ! ... up !” claqua immédiatement la riposte, lente mais assassine, de Dray, certainement pas prêt à laisser son paternel en placer une. Et surtout pas pour l’entendre dire encore et toujours qu’il prenait les choses trop à coeur. Pas après ça… Et il se fit très explicite, mordant, en posant sa baguette sur le bureau sans la lâcher.

“Tu l’ouvres, je te la ferme. On ne joue plus. Evan !”

Immédiatement, le dénommé mit, sans émotion une nouvelle série de dossiers dans la boîte à double sens alors que les autres, Simon le premier, on s’en doute, furent pour le moins choqués de la violence de l’avertissement. Jamais Dray n’avait été aussi loin et aussi expéditif avec son père, ouvertement aussi menaçant. S’il fallait une preuve supplémentaire à tous et au sexagénaire surtout, que là, on n’était plus du tout dans le registre habituel mais bien dans quelque chose de grave et dans une réelle fracture.

“Ces dossiers sont nominatifs et ne s’ouvriront que dans les mains de son propriétaire désigné. Un an m’a laissé beaucoup de temps pour faire faire quelques recherches sur chacun d’entre vous. Mais j’ai aussi certains de ces dossiers depuis des années. J’avais déjà fait un premier ménage quand j’ai pris mes fonctions. J’ai jugé qu’il était temps de terminer… J’ai été obligé de garder certains d’entre vous par prudence, à cause de cette absence de majorité qui me bloquait. Aujourd’hui, plus rien ne s’oppose à ce que je me sépare des trois Stooges en l’occurrence. Depuis le temps que ça me démange...”

Les trois Stooges, Malcom Malich, Smith MacTurning et Carlota Rodriguez, de leurs vrais noms, se redressèrent et se regardèrent avec presque de l’effroi alors que leurs dossiers venaient d’être déposés devant eux par Adrien Faure, d’un sort.

“MacTurning et Malich, je veux votre démission et vos actions dans une heure, la sécurité vous escortera hors du bâtiment. Ou ces dossiers se retrouveront dans la même heure dans les mains du MBI, section financière…  Il va sans dire que vous ne toucherez aucun parachute et que vous êtes d’or et déjà blacklistés. Suis-je assez clair ?”

Difficile d’être plus limpide. Leur carrière était finie et ils étaient pour ainsi dire ruinés... Les deux hommes, sur le coup, ne trouvèrent rien à dire. Malich déglutit même avec difficulté avant d’ouvrir son dossier pour voir ce qui lui pendait au nez en nombres d’années de prison… Il n’était même pas question, là, de savoir si Fox bluffait. MacTurning fusillait plutôt du regard son PDG. Un regard qui aurait bien pu tuer si cela pouvait être possible. D’ailleurs l’homme signifia clairement ce qu’il ressentait, finalement.

“Vous allez me le payer !”

Fox ricana méchamment.

“J’ai un mangemort sociopathe aux fesses depuis une paire d’années à cause de celui-là…” répliqua-t-il en désignant de sa baguette, d’un geste hautain, sans même le regarder, son voisin de gauche, “... ce n’est pas vous qui allez m’empêcher de dormir. Et méfiez-vous de l’effet Boomerang, la parole des Fox en affaires est très fluctuante. Ce n’est pas toi qui me contrediras.” conclut finalement le trentenaire en jetant quand même un coup d’oeil méprisant toujours à son voisin de gauche.

Voisin de gauche qui comprit cette fois, et c’était bien la première !, qu’il avait sérieusement intérêt à boucler sa grande gueule, parce que lui aussi, avait un dossier face à lui et il n’avait pas la moindre petite idée de ce que son fils lui avait réservé, si ce n’était que l’envie de lui balancer un sort le démangeait furieusement, vu comment ses doigts étaient crispés sur sa baguette…  Et puis, il venait aussi de tiquer quant à cette question de mangemort. Dray s’était bien gardé de lui dire qu’ils avaient toujours de sérieux ennuis. Le fait qu’ils aient encore tous une sécurité rapprochée, il avait pensé qu’il s’agissait d’une tendance paranoïaque de son aîné, pour Dorian et Piper, et il était d’accord avec ça. Pour lui-même, il pensait d’avantage à de la surveillance pure et simple, dans leur situation, cela faisait partie des règles du jeu. Mais Dray venait de reconnaître publiquement que loin d’être de la paranoïa, on était toujours à leurs trousses. Ou plutôt qu’on était aux siennes, particulièrement, et il aurait eu beau le nier, cela inquiéta sérieusement son père autant que la situation présente...

Le trentenaire, lui, continua son petit tour de table, laissant Malich et MacTurning prendre connaissance du poids de ce qu’il avait contre eux.

“Mlle Rodriguez, vous avez voté pour moi lors du suffrage qui m’a rendu les rênes du Groupe…”

Là, les résolutions de Simon eurent quelques difficultés à tenir…

“Tiens donc ! Je ne m’attendais pas à ce que le coup vienne de là !”

Rodriguez baissa le nez alors que Dray ironisa à son tour et que les autres semblèrent aussi étonnés que leur vice-président, avec reproches et accusations muettes en plus dans les regards de ses deux collègues limogés. Traîtresse...

“Quand je parlais de fidélité... Mlle Rodriguez est une opportuniste qui sait parfaitement anticiper le sens du vent, ce qui fait d’elle l’excellente femme d’affaires qu’elle est. Mais vous aussi, vous avez franchi la ligne. Moins que vos petits camarades, mais assez pour que l’épée de Damoclès soit au dessus de votre tête. Vos qualités de femme d’affaires et votre retournement de veste en ma faveur vous offre un sursis. Mais si je constate la moindre faille dans votre soutien à partir de maintenant, je n’aurai aucun remord à vous faire sauter vous aussi.”

Fox appuya cette remise au point d’un haussement de sourcils assuré, question silencieuse mais inflexible qui demandait une seule réponse précise que Carlota saisit immédiatement.

“Compris…”

Un court silence s’installa le temps que le “maître de cérémonie” se désaltère et où tous se regardaient en chiens de faïence et se demandaient qui serait le prochain sur l’échafaud. Un seul, sans dossier face à lui, au même titre que Faure et Cox, fixait simplement la table avec tristesse. Ce qui était en train d’arriver, cela leur pendait au nez depuis longtemps, Dray ne s’était jamais caché de ses intentions, le jour où il parviendrait à cette majorité et il les avait prévenu plus d’une fois que cela ne tarderait plus. Aucun, même pas lui, David Law, n’avait réellement cru à ces menaces. Les Fox et leur grande gueule quand ils étaient en colère, on en avait l’habitude et au final, si cela était toujours impressionnant sur le coup, quand le vent retombait, c’était à nouveau le beau temps… Sauf que cette fois, ils avaient tiré une fois de trop sur la corde. Et ce qui se passait l’attristait. Trop tard pour regretter, et de toute façon, il pensait toujours que ce mariage avait été une nécessité, et il savait qu’il en paierait le prix au même titre que les autres, son PDG avait été clair dans sa concision, il n’y aurait aucun privilégié, mais David aurait tout de même aimé que cela se passe autrement.

“Vous deux, sortez à présent, vous n’avez plus rien à faire à cette table.”

Et s’il fallait une preuve supplémentaire que tout était chorégraphié, Sergeï ouvrit la porte de l’extérieur pour laisser entrer des agents de la sécurité du Groupe qui attendaient à l’extérieur dans la salle de réunion pour obliger les deux virés à prendre la porte pour de bon. Une fois ces deux-là dehors, la valse des condamnés continua.

“Mme Jackson, nous avons été alertés par l’un de nos employés de l’échec total du dernier essai thérapeutique de vos équipes, d’effets secondaires qui ont entraîné son arrêt immédiat. Etrangement, le rapport que j’ai eu de votre part est différent, on parle d’une demi-réussite, d’une stratégie de calibrage suivi d’un nouvel essai… J’ose espérer que vous n’avez pas menti et caché temporairement ce fiasco pour obtenir les subventions de recherches qui étaient attachées à ce projet. Une autre explication ?”

Il va sans dire qu’April Jackson ne garda pas sa place et fut à son tour invitée à sortir…  

“Mlle Ocean et M. Demba…”

Assane Demba et Carry Ocean étaient les deux derniers venus dans le Conseil et leur particularité était qu’ils y avaient été placés par le PDG même. Et les deux collègues se regardèrent en pinçant les lèvres pour l’une, en jouant avec son alliance pour l’autre. S’ils n’avaient pas compris que la conversation n’allait pas être agréable… Il fallait dire qu’ils avaient commis une erreur de poids que leur rappela leur patron.

“Autant des Stooges, je m’y attendais, autant de vous deux, ce choix est d’autant plus grave. La trahison se paie cher. Si je vous ai fait accéder au Conseil, ce n’est certainement pas pour être poignardé dans le dos.”

“Parce que ces deux-là aussi étaient à toi ?” remarqua Simon, sur le ton de la conversation un peu épatée.

Fox l’ignora et continua.

“Que vous ne soyez pas toujours d’accord avec moi, c’est entendu et normal mais là, on atteint un tout autre niveau ! Où avez-vous vu qu’on mariait son PDG de force, bande de clowns ?! Je ne peux toutefois pas renvoyer presque tout le Conseil d’administration en un coup, les actionnaires ne vont pas apprécier la plaisanterie, même si ce n’est pas l’envie qui me manque.”

Simon jugea adéquat le moment de persifler…

“Penses-tu ! On en a déjà un tiers qui a foutu le camp, on est plus à deux près !”

… pour ne s’attirer qu’un regard plus que sévère de David Law. Ce n’était vraiment pas le moment de jouer les provocateurs ! Même pour finir avec bravache ! Simon lui répondit par un haussement d’épaules nonchalant, rappelant bien trop son fils quand il n’en faisait qu’à sa tête.

Encore une fois, ce dernier se montra plus raisonnable et poursuivit imperturbable :

“D’autant que je n’ai pas autre chose, ou pas suffisamment à vous reprocher du moins, d’avoir pour l’une d’avoir été convaincue par les autres de la nécessité de cette solution, de l’autre d’être aussi cynique et machiavélique que les mêmes autres.”

“Je te rappelle que ces qualificatifs s’appliquent à toi aussi.” remarqua pragmatiquement, encore une fois Simon qui regarda l’air de rien, la main de son fils se crisper à nouveau sur sa baguette. A croire qu’il voulait vraiment se le prendre ce sort… Enfin, puisqu’ils étaient tous sur la sellette, on pouvait bien se montrer taquin.

“Enfin, je dis ça…”

“Ben, justement, ferme-la.” siffla Dray avant de reprendre son laïus.

“Toutefois et, Mlle Rodriguez, vous êtes également concernée, j’ai examiné vos dossiers à la loupe et si je n’ai rien trouvé d’irrégulier j’ai constaté une certaine inefficacité sur des points importants, ce que je ne peux laisser passer, vous le comprendrez…”

Il fallait être sourd pour ne pas entendre le sarcasme des derniers mots. Mais Dray ne laissa pas le temps aux trois coupables comme aux autres, de répondre quoi que ce soit. Simon aurait bien commenté encore une fois, mais là, vu que son fils avait ouvertement pointé sa baguette dans sa direction en prévention d’une nouvelle remarque, il jugea improductif de faire dans le même registre.

“Vous trouverez les points suscités dans votre dossier et mes instructions. Et si à la fin du délai que je vous y donne, vous n’avez pas rectifié le tir, là, j’aurai une excellente raison.”

Chacun comprit bien évidemment l’ironie et surtout la menace mordante de ces derniers mots. Les deux “traîtres” ouvrirent en silence et avec autant de remords que de soulagement (pour preuve qu’ils étaient grands…) le contenu de leur dossier. Ils s’en tiraient bien, eux... Quoi que vu tout ce qu’ils avaient à “rectifier”... D’autant que leur patron avait déjà apparemment distribué les dossiers des trois renvoyés en attendant leur remplacement. Le travail était énorme et la deadline courte en comparaison. La marge de manoeuvre était minuscule.

“Recommencez un coup pareil et je vous torpille. N’oubliez plus jamais à qui vous devez votre position. Ce que je donne, je peux le reprendre aussi vite, et avec intérêts !”

Demba tenta de prendre alors la parole pour non pas se justifier mais au moins expliquer sa position et celle de sa collègue silencieuse, plus craintive ou plus maligne, mais Dray se montra intraitable et guère patient, levant la main, l’index dressé, dans un geste sec et relativement méprisant.

“Non ! Pas un mot.”

Enfin, le trentenaire finit par se tourner glacialement vers son père.

“A nous.”

Là, les réactions furent diverses. D’un côté, on avait les spectateurs qui rentrèrent les épaules, parce qu’on pensait que le choc allait être violent. De l’autre, on avait ceux que cela n’atteignaient plus et qui étaient surtout curieux. David faisait partie de ceux-là mais avec en plus de l’étonnement d’être le dernier. Il avait pensé que ce “privilège” serait réservé à Simon justement. En attendant de comprendre pourquoi, il préféra observer le choc des titans.

“Et qu’as-tu à me reprocher ? Tu sais que contrairement à Malich et Mac Turning, je ne céderai pas au chantage et tu connais la politique de l’entreprise.”

“La prescription de douze mois pour les fautes graves pour être quasiment sûr de sauver vos fesses si quelqu’un se montrait trop curieux. Oui, bien sûr ! J’ai essayé plus d’une fois de la faire sauter, celle-là. Et elle va revenir sur le tapis très prochainement, tu t’en doutes. Quant au chantage, je te remercie, je te connais bien et contrairement aux deux autres, pour toi, la justice a déjà mis le nez dans la fange, je n’ai donc aucun moyen de pression. Et toi et moi savons que tu n’as pas encore été arrêté et extradé parce que les autorités de ce pays ont rendu impossibles les entrées et les sorties et que tu as passé un marché obscur avec le Ministère. Non, on parle dans ton cas d’une affaire qui date d’un mois. Tu sais que j’ai une politique sévère relative à la corruption, la malversation, la fraude, le trafic d’influence…”

Simon interrompit Dray avec une impatience moqueuse évidente pour mieux cacher qu’il avait été troublé par ses mots.

“Tu comptes me faire tout le dictionnaire ?”

Dray sourit, de manière tout à fait mauvaise, en guise de réponse.

“Tu veux que j’en vienne au fait ? Soit. Depuis que je suis PDG, je laisse de temps à autre des portes ouvertes dans certaines affaires que je fais surveiller étroitement pour faire régulièrement le ménage dans mes rangs. Je sers des affaires illégales et faciles sur un plateau d’argent et j’attends que le poisson morde. Malich et Rodriguez ont failli, sans surprise.”

L’hispanique rougit et baissa le nez à cette information, comprenant immédiatement à quoi faisait référence son patron.

“Encore moins surprenant, Mac Turning a mordu…  Et toi aussi. Je t’avais prévenu que ta cupidité te perdra.”

Là, toute trace moqueuse disparut du visage de Simon. Au contraire, il affichait maintenant une impassible gravité et ouvrit lentement son dossier pour y lire le contenu. Et il déglutit nettement à la fin de sa lecture, les lèvres pincées. Et Dray s’était régalé de voir ses yeux le trahir, montrer sa déconfiture, ligne après ligne.

“Ton prix ?” se contenta de prononcer Simon, cette fois très sérieusement en refermant la chemise.

Fox fils ricana.

“Tu crois pouvoir m’acheter après avoir tenté de duper les pires clients possibles et où je t’ai  tiré d’affaires et avoir essayé de me marier de force en guise de remerciement ?”

Dit comme ça, cela paraissait presque absurde, en effet. Fox père soupira. Il savait très bien que là, c’était Dray qui avait toutes les cartes et à entendre le ton de sa voix, c’était comme s’il venait d’insulter son fils.

“Je vois. Je t’écoute.”

“Tu démissionnes ou, si tu préfères sauver la face, officiellement, tu prends ta retraite en toute discrétion sans parachute doré, sans retraite-chapeau et tu me donnes ta procuration mais tu gardes tes dividendes. C’est le mieux que je puisse te proposer.”

Ce n’était pas une fleur que Fox faisait à son père, malgré les apparences. C’était les actionnaires qu’il ménageait en réalité. S’il se débarrassait aussi brutalement qu’il l’avait fait des autres, de son vice-président, fondateur du Groupe, il risquait de leur faire peur et ils pouvaient subir une baisse subite de leurs parts qui serait difficile à freiner et remonter. En somme, si Simon acceptait, ils étaient gagnant-gagnant. Sinon...

Mais Simon, évidemment, ne l’entendit pas de cette oreille. Il durcit le ton par automatisme.

“Alors là, jamais ! Ne rêve pas !”

L’homme d’affaires chercha du regard l’appui de David, le seul de l’assemblée à être encore potentiellement de son côté. Mais celui-ci garda le regard baissé. Law avait parfaitement conscience que son tour n’était pas passé avec raison. Et il comprenait à présent pourquoi. S’il prenait le parti de Simon, il était grillé auprès du trentenaire. S’il “restait à sa place”, Dray pouvait se montrer peut-être clément. Simon le fixa du regard avec surprise et déception. Le message était clair, de part et d’autre, la rupture évidente… Le PDG continua de mener son attaque, imperturbable.

“Alors je mets en branle la procédure de licenciement dès la fin de cette session. Et crois-moi, elle se fera avec beaucoup de bruit et sans cadeau. Cela se finira sans doute en longue procédure qui sera tranchée par des juges. Et on sera tous perdants. Mais dans les deux cas, je serai débarrassé de toi parce que ce qu’il y a dans ce dossier est sans appel et tu le sais. Sans compter le reste...”

Simon fixa la chemise de son dossier sans plus de vagues, le temps de la réflexion. Là, il était coincé et oui, il le savait.

“J’accepte…” finit-il par conclure froidement le sexagénaire. Et pour preuve, il rédigea immédiatement la lettre qui devait signer son départ et la procuration. Un silence de mort s’imposa, rompu par le seul crissement de la plume sur le papier. En fin de compte, il était sans doute temps pour lui de se ranger parce que la vérité était qu’il s’était fait avoir comme un bleu cette fois, et le reste était pesant, ce n’était plus qu’une question de temps…Le sexagénaire savait que tôt ou tard, la justice le rattraperait. Il faisait en sorte que ce soit tard. Mais il était tout de même réaliste. Et pour le bien du Groupe, il valait mieux qu’il ne soit plus en fonction. Et un licenciement étalé sur la place publique pour les motifs qui s’étalaient dans le dossier… Pour sa famille, non, certainement pas...

Satisfait du contenu de la lettre de son père et de sa procuration, une fois que celui-ci les eût signées et données, Fox leva la séance.

“Bien, vous pouvez disposer. Adrien et Jeremiah, je vous charge de vous assurer que mes consignes soient suivies à la lettre par tous, surtout les vidages des lieux. N’hésitez pas à faire appel à la sécurité. Père, tu as quitté la tour pour le déjeuner, John s’assurera que tu n’emportes aucun document.”

Clairement Simon grinça des dents mais il devait reconnaître qu’à la place de Dray, lui n’aurait même pas accordé ce délai… Il se permit toutefois une question.

“Comment as-tu fait pour faire céder Bridge ?”

La réponse du New-yorkais fut concise...

“Vous le lirez sans doute très vite dans les journaux. La prochaine séance se fera après-demain, on fera un point de la situation. Evan, je te rejoins dans mon bureau pour préparer la conférence de presse de cette après-midi qui annoncera les divers changements. David, restez-là.”

Le susnommé ne fut pas surpris de cet ordre. Il ne voyait pas pourquoi il aurait été le seul à être épargné dans cette histoire. Il l’était par contre que cette remise au point se fasse sans témoins. Dray était rancunier et avait de bonnes raisons de vouloir remettre les compteurs à zéro de manière brutale. Alors qu’il veuille que ça reste entre eux laissa l’homme d’affaires incertain.

Seuls dans la salle de réunion, Fox but une gorgée d’eau et s’alluma une cigarette en silence en faisant les cent pas. David le regarda faire tout aussi silencieusement. Un océan les séparait physiquement mais en cet instant, il paraissait presque peu de choses. Plusieurs bouffées de nicotine s’évanouirent dans l’air avant que le PDG ne prenne la parole, plus glacial que jamais, en s’arrêtant de marcher pour faire face à son collaborateur.

“Cela fait deux fois que vous me trahissez personnellement.”

Cela sonna durement et laissait entendre une fracture évidente.

“Dray…”

“Non !”

Patient, David se tut immédiatement, devant cette exclamation abrupte qui ressemblait bien à l’avertissement avant la morsure alors même que Dray avait levé la main entre eux pour appuyer l’ordre. Il fallait attendre que la tempête passe, c’était évident...

“J’ai fini par pardonner dans le cas de Dorian. Ça a pris du temps mais je me suis laissé persuader par Sergeï et Evan. J’ai fini par comprendre les raisons de votre silence. Mais là, on est loin du secret de famille et de l’enfant à protéger. Et quand je dis enfant, il ne s’agissait aucunement de moi. Mais soit, en tant que meilleur ami de mon père, ces raisons étaient légitimes. Là, vous avez partagé l’avis général de me faire épouser une connasse complètement immorale pour les intérêts du Groupe, donc vos intérêts. Vous n’avez pas hésité à me sacrifier au nom du profit, comme mon père le faisait et le fait toujours.”

David voulut reprendre la parole pour tenter de temporiser les choses mais il fut à nouveau devancé par Dray qui perdait patience. Régler ses comptes avec les autres, même son père aujourd’hui, n’avait pas la même empreinte émotionnelle que de s’expliquer avec celui qui était le plus proche d’un père de substitution. Là, c’était douloureux.

“Et ne me dites pas que ce n’était “qu’un” mariage ! Pendant longtemps, le mariage n’était qu’une manière d’effectuer une transaction entre deux familles, je vous accorde l’argument historique. Mais comme vous avez pu le constater, je ne suis pas prêt d’accepter d’avoir été relégué au rang de pion manipulable à loisir, encore moins par vous que je considérais plus comme mon père que Simon.”

Cette reconnaissance, au bout de tant d’années et dans ces circonstances, fit baisser honteusement le nez du sexagénaire. Elle expliquait pourquoi le trentenaire prenait les choses à coeur, sur ce sujet.

“Toutefois, contrairement aux autres, je n’ai absolument rien à vous reprocher dans la gestion des affaires et croyez-moi, j’ai cherché.” finit par dire Fox en reprenant sa marche et en tirant à nouveau sur sa cigarette.

“Alors, on en est là.” fut sa conclusion amère. Le sous-entendu était clair. Ne rêvez pas, j’ai essayé de vous dézinguer comme les autres, mais je n’ai rien trouvé qui le justifiait.  

“Je suis désolé, Dray…” dit doucement David, voyant enfin l’occasion d’en placer une.

“C’est le minimum !” s’exclama le jeune homme, vertement. Les excuses n’étaient pas prêtes d’être avalées visiblement…

“Dray, écoutez… Je suis de la vieille école. Quand vous avez révolutionné le Groupe, je vous ai soutenu parce que je vous considérais comme un fils et parce qu’il fallait du renouveau.”

“Mais ?” demanda douloureusement le jeune financier, sensible à la notion filiale mais se doutant bien de la suite.

“Mais renouveau ne veut pas dire révolution. J’ai toujours respecté votre travail comme vous avez respecté le mien mais nous n’avons pas toujours la même vision des choses. Toutefois, nous l’avons toujours eu sur un point. Il faut assumer les conséquences de ses actes. Or ce mariage arrangé était la conséquence de votre choix insensé de vous absenter six mois des affaires. Si vous n’aviez pas déserté, Bridge ne serait pas devenu aussi dangereux pour nous et vous le savez.” répondit fermement Law.

“Et les mariages arrangés sont de la vieille école.” conclut Fox en ricanant. Law, lui, fut parfaitement sérieux dans sa réponse.

“En effet. Cette situation était temporaire et le divorce inévitable et programmé. Je vous accorde que sacrifice il y avait. Mais il n’a jamais été question qu’il soit permanent. La difficulté paraissait minime.”

Dray soupira entre ses dents, sifflant d’exaspération et reprit sa marche.

“Désolé, tu parles…”

“Je le suis vraiment. Je me rends compte à quel point cette idée vous a écoeuré, aujourd’hui. ”

“Et si c’était de vous qu’on avait exigé un tel projet ?” rétorqua Fox, pour enfoncer le clou.

“J’ai dû renoncer à épouser mon grand amour, il y a quarante ans, pour les intérêts du Groupe, alors j’ai une petite idée sur la question…” répondit tristement le sexagénaire, un pauvre sourire sur les lèvres.

“Et ça valait le coup ?” persifla le plus jeune, surpris de cette révélation mais trop en colère contre l’homme pour montrer qu’il en était touché.

“... Non. D’où mes regrets envers vous. C’est facile d’oublier… ”

“... Oh, David…” souffla Fox, en s’asseyant sur le bord de la table, tout aussi désolé que renfrogné, partagé entre la compréhension et la rancoeur.

“Nous avons tous les deux fait une erreur, ayons l’honnêteté de le reconnaître.” tenta David, en sentant bien, tout comme Dray, qu’ils étaient dans une impasse. Mauvais argument. Fox se releva, piqué au vif.

“Mon erreur n’est pas celle à laquelle vous pensez. Contrairement à vous, je refuse de placer le Groupe en première priorité. Vous avez fait une croix sur la femme que vous aimiez pour lui, vous devriez comprendre mon point de vue. Si j’ai fait une erreur, ce n’est pas mon congé mais à la rigueur celle d’avoir refusé de fournir des explications sur ses raisons exactes. Car il y a autre chose que je refuse viscéralement, c’est que le Groupe soit au courant de ma vie privée et ait une influence dessus !”

David fronça les sourcils en proie à la réflexion, essayant de comprendre ce que Dray ne disait pas. Mais celui-ci lui donna toutes les pièces manquantes, enfin toutes celles dont il avait besoin pour assouvir sa curiosité.

“Mon meilleur ami avait de gros ennuis de santé et avait besoin de mon aide, c’était une raison plus que suffisante pour que je m’absente aussi longtemps que je jugeais nécessaire. Et Bridge n’aurait jamais dû devenir aussi dangereux en mon absence. J’étais théoriquement suffisamment entouré de professionnels pour que cela n’arrive pas ! Vous l’avez laissé faire, mon père en tête de liste, pour qu’on en arrive à cette extrémité avec pour objectif de le coincer de l’intérieur. C’est ça que vous devriez avoir l’honnêteté de reconnaître.”

David hocha la tête vigoureusement, en signe de refus, devant une telle affirmation.

“Je n’étais pas au courant d’un tel projet ! Votre père devait gérer Bridge puisqu’il était sur place…”

“Ben tiens ! Et personne n’a jugé bon de surveiller ce que faisait mon père, en roue libre au Royaume Uni. Et j’ai mis plus d’un an à me sortir de ce guépier avec l’aide d’Evan, de Jeremiah et d’Adrien. Mais pas avec la vôtre. Et donc tout le monde s’est fait pigeonné parce que je ne vous fais absolument plus confiance ! Diviser pour mieux régner. Il a réussi son coup, le vieux renard ! Sauf qu’il ne s’attendait pas à ce que je retourne la situation et le piège à son tour.”

David ne pouvait pas dire le contraire donc il ne dit rien.

“Alors maintenant, on fait quoi ?” demanda donc le PDG en se rasseyant sur la table, agacé.

“C’est vous qui décidez, plus encore aujourd’hui qu’hier.” répondit l’aîné dans un sourire tranquille. Dray, susceptible, n’apprécia pas ce qu’il crut entendre.

“C’est ça, faites de l’ironie !” maugréa-t-il en s’allumant une nouvelle cigarette, le filtre entre les dents. Ce n’était pas la réponse qu’il attendait, c’était évident.

“Les actionnaires ne pardonneront pas votre départ forcé. Vous êtes trop efficace et apprécié. Et je n’ai rien pour le justifier. Vous vous en tirez donc très bien.”

David perdit son sourire pour la réserve. Dray ne pouvait pas faire plus clair désaveu. Ce fut à son tour de s’attendre à une suite déplaisante.

“Mais ?”

“Mais je n’ai plus besoin que vous me secondiez. Le poste de Vice-président sera attribué à Jeremiah.” déclara le PDG avec une froideur étonnante face à Law.

David dut reconnaître que cette sentence l’égratigna. Mais, elle était logique, vu les circonstances. Et il n’avait pas à se plaindre, il ne perdait rien même s’il ne regagnait pas son ancien poste.

“Bien. Puis-je disposer ? J’ai un rendez-vous dans une heure et je dois encore revoir certains points.”

Fox se contenta d’acquiescer du chef, avec indifférence. Il était clair qu’il n’était pas prêt encore à pardonner à son mentor toute cette histoire.

A deux semaines de Noël, on pouvait dire que la fin de ce projet de mariage faisait un excellent cadeau même si Dray avait horreur des fêtes. Et il n’était pas le seul à voir la nouvelle d’un bon oeil… Et elle fut fêtée comme il se dut !

Mais comment Fox avait réussi à stopper le mariage ? Ceux qui se posèrent la question purent avoir la réponse dans les journaux comme il l’avait annoncé, quelques jours après cette victoire écrasante qui mettait fin à ce projet insensé. Mais, très tôt, la nuit régnait encore pour un moment, les bureaux ne s’ouvrant pas avant deux heures, les journaux sortis des presses depuis à peine autant de temps, un mug de café dans une main, son stylo plume dans l’autre, le nez dans ses dossiers et son ordinateur, Dray fut interrompu dans son travail par l’appel de l’accueil, alors même que c’était encore la sécurité qui gérait le service à cette heure.

“M. Fox, M. Bridge exige que vous le receviez. Il est furieux.”

Si le trentenaire fut surpris de cette visite, vu l’heure plus que matinale, il jugea bon de savoir ce que son ex-futur beau père lui voulait de si important, quoi qu’il s’en doutait un peu...

“Faites monter.”

Le jeune homme eut vite fait d’appeler son garde du corps...

“M. Manning, je vais avoir besoin de vous, je pense.”

Une fois dans son bureau, Fox, Manning à sa droite, dut faire face à un homme très en colère.

“J’avais votre parole, Fox !” vociféra le visiteur qui avait heureusement un journal dans les mains, ce qui l’empêchait de lui en décalquer une, ce qu’il aurait fait, le dénommé en était persuadé. Mais le jeune PDG ne se laissa pas impressionner. Quand vous résistiez aux fureurs de Simon Fox depuis des années, celles des autres ne vous effrayaient pas le moins du monde.

“M. Bridge, un café ?” demanda négligemment Fox, donc, pour se voir en guise de réponse balancer le journal à la tête, littéralement.

“Il suffisait de dire non.” continua un renard narquois, en récupérant les feuilles de papier pour lire ce qui provoquait une telle colère.

Une princesse de la Jet Set tue un sans abri en toute impunité.

Ah. Tout de suite, c’était plus clair.

“Je n’y suis pour rien.” dit simplement Dray en jetant nonchalamment sur son bureau le journal, vers son interlocuteur, toujours debout.

“Vous vous fichez de moi ! Qui d’autre était au courant à part vous ?” hurla l’Anglais, hors de lui.

“La détective privée que j’avais engagé pour trouver le moyen d’annuler les noces et qui a levé le lièvre. Notre accord était que je ne parle à personne de ce qu’avait fait votre fille et que la police ne soit pas alertée par mes services, ce que j’ai respecté. Que puis-je y faire si cette personne a jugé bon de prévenir la presse, une fois son contrat rempli, devant notre passivité face à un meurtre.” répliqua Fox, avec mépris mais un calme olympien, en se laissant aller dans son fauteuil pour toiser son visiteur.

“Votre peste de fille a tué un homme et la preuve existe. Elle l’a renversé en voiture sans s’arrêter et n’a jamais eu le moindre petit sursaut de conscience en quatre ans. Vous avez créé un monstre d’égoïsme. Là est la vérité et il est temps d’en payer le prix. Votre groupe contre mon silence, c’était le deal. Mais je n’ai pas de contrôle sur le silence des autres et la fusion est à ce stade irrévocable. Et entre nous, si trahison il y avait de ma part, ce serait sans remords, ce poison mérite largement d’être puni.”  

La conversation s’arrêta là. L’homme sembla assommé, la colère retombée comme un soufflet domptée par la calme assurance et la logique froide du plus jeune qui agirent comme une douche froide. Il se rendait compte qu’il avait tout perdu, en réalité, et que les ennuis ne faisaient que commencer.

“Vous m’avez trompé…”

La réplique de l’Américain fut aussi maîtrisée que l’homme perdait pied.

“Je n’en ai pas eu besoin.Vous étiez tellement pressé de sauver la réputation de votre nom et votre fille que vous vous êtes enferré seul. Je n’ai eu qu’à vous présenter l’offre de la bonne manière. Vous auriez dû y réfléchir un peu plus longtemps, vous auriez vu qu’il n’y avait pas d’autres issues pour votre fille, de toute façon. Vous devriez rentrer chez vous, car avec une une de faits divers pareille, et ce ne sera certainement pas le seul journal à publier l’information, la presse audiovisuelle et la police sera chez vous sous peu. Au revoir, M Bridge.”

Bobby comprit de suite l’ordre transmis par le regard en acier trempé en cette seconde de son patron et força le visiteur à se rendre vers l’ascenseur.  

Vous vous êtes fait un ennemi de plus.” remarqua le garde du corps en revenant.

“Mac Turning et Cordelia même me semblent de plus inquiétants candidats. Ce qui devrait vous satisfaire, Bobby. Cela vous assure une reconduction de contrat indéniable.” répliqua négligemment le PDG en retournant à ses dossiers, comme si cela n’avait pas plus d’importance que s’ils parlaient du temps qu’il faisait.

“Je vais finir par vous faire un tarif préférentiel.” plaisanta le chef des mercenaires.

“Je vous en serais gré, vous me ruinez.” conclut Fox avec autant d’ironie avant de retourner définitivement à son travail, facilité par sa nouvelle position, coup de tonnerre et coup de maître, applaudi par son milieu. Dray Fox venait pour longtemps de mettre les points sur les i et prendre un ascendant confortable.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
Japonais : Vert
Italien : Rouge
Espagnol : Orange
Allemand : Jaune



Marque personnelle de Dray
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Succursale anglaise de la Fox
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