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 Succursale anglaise de la Fox

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Dray Fox
Exilé(e) politique

Exilé(e) politique
Dray Fox

Messages : 3541

Né(e) le : 12/09/1984
Age : 35

Où à Poudlard ? : Je vous en pose des questions ?

Rang & Club : Baka ranger vert.

Caractéristiques
Compétence: Niveau 8
Particularité: PDG de la Fox
Baguette: 33 cm, bois de prunellier (manche), bois de pin (corps), dard de Billywig et poil de Nundu (Une baguette de barj à l’image de son propriétaire... XD)

Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeDim 18 Mar 2018 - 22:20

Big Ben sonnait les douze coups de midi en une humide et froide journée de novembre alors que trois hommes sortaient de la succursale londonienne de la Fox. Son PDG, son garde du corps principal et son directeur s’apprêtaient tout bonnement à aller déjeuner. Enfin, c’était ce qu’Evan Turner avait prévu… Une jeune femme, emmitouflée dans un imperméable bon marché, mains dans les poches, sac à main sans forme sous le bras, obligea le trio à s’arrêter. Elle semblait avoir une vingtaine d’années et était visiblement enceinte de plusieurs mois. Elle était grande, avait de longs cheveux noirs, négligemment attachés et relevés par une pince en plastique, de grands yeux gris platine, et des traits fins et volontaires.

“Excusez-moi, Monsieur Fox !”

Les trois hommes stoppèrent leur marche de concert. Intrigué, le dénommé observa simplement la nouvelle venue. Mais Manning ne l’entendit pas de cette oreille et se plaça immédiatement en avant, habilement entre les deux, avant même que l’intruse ne finisse de prononcer ces mots. En voyant le mouvement, la jeune femme sortit les mains des poches de son imperméable pour montrer patte blanche et précisa gentiment.

“Je veux simplement vous parler.”

“Nous avons peu de temps. Que peut-on pour vous, Mademoiselle ?” intervint Turner, à la gauche de Dray, sèchement, un peu agacé d’être ainsi interrompu par une inconnue. Pour une fois qu’il réussissait à persuader son chef de prendre une réelle pause déjeuner, et à l’extérieur de l’entreprise de surcroît, il sentait venir les ennuis. Question d’habitude…

“Vous, rien, Monsieur.” répliqua cependant avec douceur cette dernière au directeur sans se démonter, avant de reporter son regard vers celui qui l’intéressait et qui n’avait toujours rien dit. Et sous le regard de marbre de l’Américain, attentif, la jeune femme sembla tout d’un coup bien hésitante. Elle se mordit la lèvre inférieure et chercha ses mots en croisant les mains devant elle. Quand il fallait y aller...

“Je… Je crois que je suis votre soeur.”

….

Turner et Manning écarquillèrent un peu les yeux sous la surprise et se tournèrent vers Dray pour voir sa réaction.Une fois sa bombe lâchée, la jeune femme sembla, elle, dans ses petits souliers. En réalité, d’un coup, elle aurait voulu disparaître.

“...Je vous offre un café ?” furent pourtant les seuls mots de Fox pour accueillir ce qui ressemblait quand même bien à un coup de tonnerre. Bobby éclata de rire, alors qu’Evan se frappa le front du plat de la main.

“Tsss… Et voilà ! Dire que j’avais réussi à te persuader de déjeuner…”

“Un café ET un déjeuner, alors. Je m’en voudrais qu’Evan se soit donné tant de mal pour rien.” corrigea Dray un peu narquois cette fois. Il se moquait ouvertement de son collaborateur mais ne sembla pas plus réagir à la déclaration de la jeune femme qui fut pour le coup particulièrement surprise de son attitude désinvolte. Elle qui s’était imaginée beaucoup de scénarii, celui-là ne semblait pas avoir été envisagé...

“Heu… Heu… Et bien heu oui, je veux bien…” répondit-elle dans un petit sourire timide.

“Alors allons-y, … Mademoiselle ?”

“Heu… Gates ! Phoebe Gates…”

“... Mademoiselle Gates,vous allez m’expliquer pourquoi vous pensez être ma soeur.”

Dans un restaurant de haute qualité, quatre personnes se retrouvèrent donc autour d’un repas soigné, à une table un peu à l’écart. La jeune femme se retrouva bien intimidée dans un milieu qui n’était pas le sien, (en témoigna le gêné et craintif merci qu’elle adressa au serveur qui venait, avec ses gants blancs, de lui remplir l’un de ses verres d’eau minérale, alors qu’une autre venait de prendre la commande,... d’habitude c’était son rôle à elle...) et surtout les regards des trois hommes qui, à présent, attendaient ses explications. Enfin, pour deux, c’était évident. Pour le troisième, qui était pourtant, le seul concerné, il n’exprimait pas grand-chose étonnamment… La demoiselle le releva.

“Excusez-moi mais… pourquoi j’ai l’impression que vous ne semblez pas surpris ?”

“J’ai découvert que mon père s’est fait passer pour mort pendant sept ans et depuis on joue à qui sera le PDG, que j’avais un petit frère, il y a six ans et demi et mon père essaie de me marier depuis un an pour raisons d’affaires. On n’est plus à une soeur et un bébé près dans le tableau. Prévu pour quand ?”

Forcément, expliqué comme ça… Mais au delà de la manière quelque peu sarcastique de dire les choses, quelque chose surprit beaucoup la jeune femme et sembla lui faire plaisir à en croire le sourire qu’elle voulait dissimuler. Mais elle répondit d’abord à la question de l’homme d’affaires qui, d’un mouvement de tête et d’un regard neutre, avait désigné son ventre très rebondi.

“Dans deux mois. On a un frère ?”

Fox sourit à son tour avec patience.

“Si vous êtes celle que vous prétendez, oui. Fille ou garçon ?”

“Fille. Elle s'appellera Zoë.”

La jeune femme avait souri à nouveau en parlant de son bébé. Et cette fois, rien n’était caché. Et sourire face à sourire, yeux platine face à yeux platine, on dut admettre que cette inconnue devait certainement dire la vérité. Et Dray fut le premier à en faire le constat, alors même que ses acolytes s’étaient échangé un regard appuyé et surpris de leur ressemblance avant de vouloir le partager avec lui.

“Bon sang… Mêmes yeux, même sourire et type même des femmes que choisit mon père. Rien que ça, vous marquez des points.”

Phoebe haussa encore les sourcils d’étonnement, ce qui ne fit qu’enfoncer le clou et pouffer sarcastiquement Dray. Dans quoi il se retrouvait entraîné encore ? Il avait bien fait de prendre une vodka en apéritif… Parce que même s’il se la jouait indifférent, et qu’il le prenait plutôt bien (c’était dans ces moments-là qu’il voyait qu’il avait quand même bien changé au fil des années…), le trentenaire n’était tout de même pas insensible.

“Je vous écoute, Mlle Gates.” invita-t-il gentiment en buvant une gorgée d’alcool.

La jeune femme reposa gracieusement son verre d’eau et frotta la nappe du plat de la main, nerveusement.

“Heu… Oui… Heu... Je.. Je ne sais pas par où commencer, pardon.” s’excusa-t-elle en bafouillant à moitié, s’en voulant pour toute cette hésitation à son sens malvenue. Mais face à ces trois hommes, autour de cette table, dans un restaurant de luxe, et surtout face à ce frère potentiel qui semblait prendre drôlement bien son arrivée dans son décor, il y avait de quoi être nerveuse.

“J’avais répété, mais rien ne se passe comme prévu. Vous êtes déroutant !” s’exclama finalement la future maman. Cette remarque fit rire les deux collaborateurs de l’homme d’affaires. Bobby trouva même de bon ton de commenter.

“Ah ça…”

Dray, forcément, râla.

“Oh ça va !”

Cet instant léger détendit un peu l’atmosphère mais Dray décida qu’il valait peut-être mieux prendre les choses en main d’autant que la jeune femme ajouta un peu craintivement, un peu tristement.

“Et je n’avais pas prévu que nous ne serions pas seuls. Ca n’aide pas.”
 
“Je suis désolé mais l’expérience m’a enseigné qu’il valait mieux avoir des témoins dans ces cas-là. De plus, mon garde du corps, M. Manning, ici présent, n’aurait jamais accepté de me laisser seul avec vous et mon père, de mauvaise humeur, est à la tour et y tourne comme un lion en cage. C’est d’ailleurs pour cela que M. Turner a tant insisté pour qu’on sorte. Et il aurait été discourtois de le congédier. Mais Evan et Bobby sont des hommes de confiance et discrets, si cela peut vous rassurer.”

Les deux sus-nommés acquiescèrent en souriant gentiment à Phoebe mais ils apprécièrent le compliment à sa juste valeur. Venant de quelqu’un d’aussi méfiant que leur patron, il valait cher. La brune se força à répondre mais le cœur n’y était pas vraiment. En même temps, le sujet ne s’y prêtait pas. Et à présent qu’il était temps de s'expliquer, la jeune femme avait perdu de sa témérité. Fox la comprenait. Il avait fallu du courage pour venir à sa rencontre. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est et Dray n’étant pas né de la dernière pluie, il posa une question essentielle de son point de vue. Et preuve qu’il sous-entendait beaucoup, son ton était appuyé et peut-être un peu plus froid :

“Avant toute chose, qu’attendez-vous de cette rencontre, Mlle Gates ?”

La jeune femme soupira. L’homme d’affaires, évidemment, ne s’embarassait pas de faux semblant. Ce n’était pas dans son intérêt. Phoebe réfléchit un instant. Vu la manière d’être de Dray jusqu'à présent, il lui semblait qu’il valait mieux jouer la carte de la franchise.

“Des réponses, une famille et je ne vous le cacherai pas, de l’aide.”

“Financière, je suppose.” intervint ironiquement Turner. De son point de vue de spectateur, la démarche vénale de Mlle Gates ne faisait aucun doute. Fox n’ajouta rien mais son regard ferme montrait qu’il n’en pensait pas moins.  

“De l’aide, quelle qu’elle soit. Je ne peux plus me permettre de faire la difficile ou la fière. Sachez que je me suis déjà adressée à votre père mais ce sont ses avocats qui m’ont sèchement répondu...” répliqua la brune avec gravité. Elle voyait bien qu'elle était à présent en terrain glissant. Turner ne trouva rien à redire à cela. La réponse avait le mérite d'être franche. Et Fox sembla pensif à ces mots. Il se perdit dans la contemplation de sa vodka.

“Et si vous commenciez par le début ?” finit-il par dire en reportant le verre à ses lèvres.

“Par le début ? Oui bien sûr…”

Bien sûr mais pas si simple. Phoebe se mordit la lèvre. Il y avait tant à dire de son point de vue pour expliquer sa démarche. Dray soupira. Ils n’étaient pas sortis du sable si son invitée ne se lançait pas. Il allait devoir mener l'entretien...

“Pourquoi pensez-vous que Simon est votre père ?”

Les plats arrivèrent à ce moment-là, ce qui dissimula l’étonnement de la jeune femme quand elle entendit l’homme d’affaires appeler leur géniteur par son prénom. Décidément, Dray Fox parlait durement de son père… Il laissait entendre une mésentente profonde. Peut-être avait-elle tort du coup, d’agir ainsi. Elle mettait un peu plus de désordre. Mais comment pouvait-elle savoir avant ? Phoebe, malgré ses interrogations légitimes, tira de son sac une vieille photo jaunie où un couple posait. Une femme d’une trentaine d’années, grande brune et élégante, souriait joyeusement à l’objectif. À droite, l’enlaçant par les épaules, Dray n’eut aucun doute que c’était bien Simon, l’homme de la photo, avec vingt-cinq ans de moins et contrairement à sa compagne, un air triste que personne ne lui connaissait. Personne sauf Dray car le regard malheureux de son père remua quelque chose en lui. De lointains souvenirs...

“Votre date de naissance ?” demanda sombrement, douloureusement même, l’Américain.

Phoebe fut étonnée de ce changement de ton radical et de cette soudaine direction. Elle comprit immédiatement que la question n’était pas innocente même si elle n’en saisissait pas l’enjeu. Elle ne tergiversa pas.

“10 juillet 1993.”

“Prématurée ?”

Phoebe fit simplement non de la tête, timidement. Dray finit d'une traite son verre, sa main crispée dessus et en commanda un autre au premier serveur à sa portée en le reposant brutalement. Un silence dérangeant s’installa jusqu'à ce que Bobby, fidèle à lui-même, ne se gêne pas pour mettre les deux pieds dans le plat alors qu’il s’attaquait à son tournedos.

“C’est quoi, le problème ?”

Dray eut du mal à répondre posément. Son ton était grinçant…

“Le problème est mathématique. Si Simon est bien le père de Mademoiselle, elle a été conçue début octobre 92. Ma mère est morte d’une longue maladie le 5 septembre.”

Soit un mois avant… Phoebe vit très bien le problème… Un mois, cela supposait aux yeux de Dray, une liaison existante entre leur père et sa mère à elle alors que sa mère à lui était mourante.

“Non, il faut que je vous dise ce que ma mère m’a confiée. Je vais vous raconter.”

Dray se contenta de hocher la tête, les lèvres pincées, dans un rictus mauvais. Evan se permit d’ajouter avec patience.

“Profites-en pour manger.”

Il voyait bien comment allait finir ce déjeuner : l’Américain ne toucherait pas à son assiette… Dray haussa les épaules avec agacement mais fit l’effort d’entamer son propre tournedos Rossini même si c’était sans conviction, tout en invitant la jeune femme à s’expliquer d’un geste sec de son couteau. Elle obéit, tristement toutefois.

“Sachez d’abord que ma mère est décédée il y a un mois…”

Nouveau changement d’attitude, Dray reposa doucement ses couverts à cette information.

“Toutes mes condoléances…”

“Merci… Mais je vous le disais pour vous expliquer les circonstances de l’information. Je ne suis qu’une porteuse de parole.”

Dray fit signe qu’il comprenait ce que Phoebe voulait dire. Aucun moyen d’entendre à la source.

“Elle savait qu’elle allait partir alors elle m’a confiée le secret de l’identité de mon père biologique. J’ai toujours su que l’homme qui m’avait élevé n’était pas mon géniteur. Mais il a été un père comme on en rêve. J’avais vingt ans quand il est parti. Crise cardiaque. Si maman m’a raconté, c’est parce que j’allais me retrouver toute seule. J’ai perdu mon mari, il y a deux mois. Un accident de voiture… Et il n’avait plus de famille depuis longtemps.”

La voix de Phoebe s’était serrée mais elle savait retenir ses émotions. Si le chagrin s’entendait clairement dans le discours de la jeune femme, il restait pourtant discret et Fox savait reconnaître le courage quand il le rencontrait. Et il comprenait d’autant mieux ce qu’elle avait voulu dire par vouloir une famille. Enceinte de sept mois, faire le deuil de son mari et de sa mère et se retrouver seule devait être une épreuve de plus que Phoebe voulait sans doute s’épargner, et que sa mère voulait épargner à sa fille.

“Je suis désolé.” répondit sincèrement l’homme d’affaires. La future maman sourit pauvrement.

“Merci, mais je ne vous ai pas raconté tout cela pour susciter votre pitié, je veux que ce soit clair. Je veux juste vous expliquer ce qui motive ma démarche.”

La réplique de Dray fusa aussitôt, plus calme et posée.

“Je n’éprouve pas de la pitié mais de la compassion. Perdre ceux qu’on aime, je connais bien le sujet. De quoi est morte votre mère ?”

“Insuffisance rénale depuis longtemps… Les traitements n’ont plus suffi et la greffe impossible.”

Fox acquiesça en silence. Ce dernier s’installa un instant avant qu’il ne réponde. Il lui semblait que, confidence pour confidence sur un tel sujet, il était normal que lui-même échange.

“Cancer des os diagnostiqué trop tard. Les chimio n’ont rien pu faire.”

Au moins, ils partageaient quelque chose. Mais cela les éloignait du sujet, ce que Fox rectifia très vite après une gorgée supplémentaire de vodka que le serveur venait de servir. Le ton froid et grinçant était de retour.

“Donc Simon et votre mère…”

“Oui. Je suis le résultat d’une aventure de vacances. Ma mère était en croisière pour trois semaines sur le Nil. Votre père aussi, sur le même bateau. Ma mère pensait que plus que des vacances, il fuyait quelque chose. Il semblait très affecté, déprimé. Je suppose maintenant que c’était la mort de votre mère.”

Fox déglutit et soupira douloureusement. De son côté, il se souvenait d’avoir été gardé par Béa tout un mois, lui se réfugiant à longueur de journée chez Anna, la mère de Sergeï, parce qu’il ne supportait pas Béa à ce moment-là. Son père avait disparu de la circulation deux semaines après les funérailles de son épouse. L’Américain sortit son portefeuille pour en tirer une photo, Sophia assise à son piano, tout sourire, et la montra sans un mot à Phoebe. Délicatement, la jeune femme s’en saisit comme un trésor précieux et Dray lui fut reconnaissant de cette attention. Le constat fut sans appel du point de vue de la future maman.

“Elles se ressemblent beaucoup…”

Dray se contenta d’un nouvel hochement de la tête en rangeant le cliché. Oui, pas de doute, elles auraient pu être soeurs. La théorie de Phoebe était plus que plausible.

“Maman était un esprit libre et aventureux, elle voyageait d’ailleurs beaucoup et elle l’avouait elle-même, elle était un vrai coeur d'artichaut. Ils ont eu une liaison le temps de la croisière et se sont séparés sur le quai. Cette photo est la seule trace qui reste de leurs moments. Ma mère a découvert qu’elle était enceinte que plus tard, revenue à Londres. J’avais trois mois quand elle a rencontré mon père, ils se sont aimés, il m’a aimé et ils se sont mariés. Histoire idyllique pendant vingt ans.”

Dray respira un peu mieux devant ces explications. Au moins Simon n’avait pas trompé sa mère, ça, il ne lui aurait jamais pardonné. Mais cette liaison, il pouvait la comprendre, un peu au moins. Noyer son chagrin dans des aventures sans lendemain, trouver des expédients dans ses partenaires, il l’avait fait pour Sergeï… Des blonds aux cheveux longs, il en avait eu dans son lit pour tenter de combler le vide qui le dévorait entre deux trips… Même si c’était Sophia dont il était question et de son décès, il pouvait envisager que son père ait tenté de se perdre dans les bras d’autres pour calmer sa peine…  

Phoebe, elle, continua.

“Elle n’a jamais tenté de revoir Simon et ne l’a pas informé de ma naissance. Alors forcément quand je me suis manifestée, par une lettre, votre père n’a pas dû apprécier la plaisanterie, ce qui explique ce courrier.” dit-elle en sortant de son sac, la copie de sa lettre et le fameux courrier pour montrer sa bonne foi. Fox les parcourut rapidement et dût reconnaître que la réponse des avocats de son père était sans appel et menaçait clairement de poursuites.

“Je ne peux pas du tout me permettre que tout ça aille en justice, je n’ai que cette photo et le récit oral de ma mère pour preuves et pas du tout les moyens de faire des tests ou quelque chose du genre.”

“Et nous arrivons à l’aide que vous me demandiez.” souligna Dray avec une pointe d’ironie en avalant enfin sa première bouchée de viande. Phoebe eut une petite moue désolée et malicieuse à la fois alors qu’elle même entamait son risotto de homard. Mais elle se montra tout à fait franche.

“Ma situation est précaire. En fait, ce repas est le premier depuis deux jours. Alors oui, je viens vous voir aussi pour ça. Il n’y aurait que moi, passe encore. Mais Zoë...”

Fox n’eut pas besoin que son interlocutrice finisse. L’arrivée d’un bébé ne s’accommodait pas de la misère.

“Expliquez-moi comment vous en êtes arrivée là...”

“A vous demander la charité ?” lança désinvoltement la jeune femme, avec une dose de sarcasme qu’apprécia son vis-à-vis et qui le fit sourire. Elle finit toutefois par soupirer.

“L’histoire classique. Mon mari et moi, on s’adorait ! On s’est rencontrés au lycée et on s’est mariés durant ma deuxième année de fac. Dès la fin du lycée, il a travaillé comme barman dans une boîte de nuit. Mais Vince était joueur et il était persuadé d’être un fantastique joueur de poker et m’offrir la dolce vita. Je le savais et il avait promis d’arrêter. Quand j’ai découvert la vérité, il était trop tard, nous étions endettés jusqu’au cou et Zoë en route. J’étais étudiante en architecture, je suis devenue serveuse…On avait réussi à trouver deux jobs chacun et lui accumulait les extras. C’est la fatigue qui a provoqué l’accident. Quand maman est partie, j’ai aussi perdu mes deux boulots dans la foulée. L’un parce que le restaurant a fait faillite, l’autre parce que j’ai accumulé soudainement d’étranges maladresses et que mon patron a aussi découvert que j’étais “très” enceinte ce que je m’étais bien gardée de dire. J’ai hérité de la maison de mes parents, mais Maman l’avait déjà hypothéqué plusieurs années avant. La gestion d’un budget n’a jamais été son truc.La banque a tout saisi. Et personne ne veut engager une femme qui accouche dans deux mois... J’ai trouvé une chambre de bonne en banlieue et perçevrais des aides quand Zoë sera née. J’ai un dossier de surendettement en route aussi mais l’administration est longue et j’ai conscience que cela n’ira pas très loin. Et j’ai peur que les services sociaux m’attendent au tournant.”

Devant un tel récit, les trois hommes restèrent quelques instants silencieux. C’était une descente aux enfers que décrivait Phoebe et Dray, en bon samaritain, ne resta pas insensible à tout cela. Il comprenait à présent pleinement la démarche de la jeune femme. Découvrir que vous aviez une potentielle famille riche à millions dans une telle situation, qui n’aurait pas tenté sa chance ?    

“Bon…” dit-il, pensif, en observant Phoebe donner de vigoureux coups de fourchette dans son plat.

“Je saisis pleinement le pourquoi de votre démarche et je ne peux pas vous tenir rigueur de vouloir une part du gâteau.” finit-il par dire en avalant un généreux bout de viande, tout cela lui ayant visiblement rendu l’appétit.

“Des réponses, nous sommes deux à en vouloir. Comme vous l’avez dit, on ne peut pas se contenter de cette photo et du récit de votre mère, surtout si vous insinuez que Simon n’a pas été sa seule liaison.”

La jeune femme plissa le nez, pas forcément heureuse de ce portrait de sa mère, mais elle dut bien convenir de cette vérité et finit par acquiescer du chef, incapable de cacher son inquiétude.

“Vous êtes donc d’accord pour que l’on fasse des tests ADN.” conclut Fox sur ce point, satisfait. Même si en vérité, son ton laissait plutôt entendre qu’il ne lui laissait pas le choix...

“Qu’est-ce que cela impliquera ?” demanda sans détour l’Anglaise, pressée de savoir à quoi s’attendre. L’Américain sourit, rassurant et répondit posément.

“De l’aide, vous en aurez, quels que soient les résultats.”

Evan grimaça légèrement, sceptique et Bobby sourit un peu moqueur. Leur patron avait le don de s’inquiéter pour tous les chiens perdus. D’ailleurs, son directeur souligna cet état de fait, avec une certaine froideur.

“Je sais que tu as l’âme philanthrope mais ta générosité te perdra. La situation de Mademoiselle est malheureuse mais, excusez-moi Miss, tu ne peux pas aider tous ceux qui sonneront à ta porte avec une triste histoire.”

La riposte de Fox claqua sèchement et du tac au tac.

“J’ai une centaine de millions qui dort dans plusieurs banques différentes, je ne sollicite pas tes conseils pour en faire ce que je veux.”

Le ton glacial de Fox était sans appel, Turner perçut parfaitement la remise en place. Phoebe eut le bon goût de baisser le nez et d’examiner le contenu de son assiette et Manning en fit de même. L’un et l’autre étaient assez malins pour voir qu’il valait mieux rester en retrait sur ce coup. Evan leva d’ailleurs les mains en signe immédiat de repli. Il admettait sans peine être allé trop loin. Dray reprit donc.

“Par contre, pour la famille, vous êtes mal tombée. Simon m’étonnerait beaucoup s’il vous accepte. Ma belle-mère ne va sans doute pas apprécier la plaisanterie non plus. Reste Dorian. Je ne peux pas me prononcer à sa place. Moi… Je ne peux pas le dire encore. C’est compliqué. Votre timing est à revoir de quelques années. Pour être franc puisque vous l’avez été, suivez ce conseil, d’autant que vous avez une vie à charge en plus de la vôtre : gardez vos distances avec nous, vous éviterez de prodigieuses emmerdes dans l’avenir, car croyez-moi, il y en a, à fréquenter les Fox.”

Ça, c’était dit. À nouveau Phoebe haussa les sourcils, ébahie. Pour le coup, le ton de Fox faisait à présent assez froid dans le dos. L’avertissement était limpide et la jeune femme était assez intelligente pour l’entendre. Et les mines d’Evan et Bobby, malgré eux, donnait raison à leur patron. La déception se lit pourtant très vite sur les traits de l’Anglaise. Elle prit le temps d’observer à son tour le trentenaire manger et finit par énoncer avec gravité et beaucoup de gêne.

“Je… Je ne vous ai pas tout dit…”

Phoebe déglutit en voyant le regard soudain à nouveau pesant des trois hommes.

“Je pensais que vous aviez choisi la carte de la franchise ?” persifla le directeur de la succursale.

“Evan…” le reprit doucement Dray en lui jetant un coup d’oeil ferme. Fous lui la paix était en substance une bonne traduction.

“Je vous écoute.” ajouta-t-il simplement en avalant une nouvelle bouchée de viande. Mais rien ne vint immédiatement. A la place, l’Anglaise joua avec quelques grains de riz du bout de sa fourchette, en se mordant la lèvre. Dray fut surpris de ce revirement d’attitude. Et ce n’était pas très rassurant. Si elle hésitait là-dessus après tout ce qu’elle lui avait dit, ça devait être quelque chose ! Mais elle finit par se lancer.

“Je… je vous ai parlé des maladresses mystérieuses qui m’ont fait perdre mon travail… Elles sont apparues un peu avant le décès de maman… C’est compliqué à expliquer…”

Fox, la curiosité piquée au vif, reposa ses couverts pour écouter avec attention alors que Mlle Gates y allait franchement à tâtons.

“Le nom de mon père ne fut pas le seul secret que maman me confia. Heu… Comment dire ? … Elle a utilisé le mot de cracmol... “

Dray se laissa aller contre le dossier de son siège à ce mot, interloqué. Ok… Jusqu’à présent, la question de savoir de quel côté de la barrière magique se situait Phoebe ne s’était pas posée. La manière dont elle parlait de son quotidien laissait entendre qu’elle était non-maj et Fox était parti naturellement de cette hypothèse. Et là, le problème était que la jeune femme ne savait visiblement pas exactement de quoi elle parlait elle-même. Et l’Américain ne fut pas le seul à tiquer. Turner regardait la jeune femme avec des yeux ronds et Manning s’était redressé subitement.

“Vous pouvez être plus claire ?” demanda finalement Dray avec prudence, en buvant la fin de sa vodka. Mais vu la réaction instinctive de ses acolytes, Phoebe comprit qu’elle avait fait mouche et avait toute leur attention...

“Ce mot vous parle alors… J’ai encore du mal à y croire...“ murmura Phoebe, entre frayeur et réserve, le museau sur son assiette mais droite comme un i. Elle semblait ne vouloir plus qu’une chose : se lever et se sauver, et en même temps, elle faisait front. Mais sa réaction de repli ne fit faire qu’un tour au sang de son potentiel frère. Oh my gosh… Qu’est-ce que c’était que ce merdier, encore ? A son tour, Fox se redressa, très sérieux. Il fallait l’inciter à parler.

“Phoebe, qu’est ce qui s’est passé ? Que vous a dit exactement votre mère ?”

Le contact sembla mettre en confiance l’Anglaise car elle releva le nez pour chercher le regard de l’Américain et sa langue se délia. C’était tellement dingue aussi, cette histoire !

“Des choses bizarres se sont soudain passées autour de moi. Des assiettes se sont mises à voler contre les murs alors que j’étais très en colère. Les vitres de la banque se sont fissurées quand le banquier a refusé de discuter. Du sucre à la place du sel dans les salières. Des pétales sont apparus en feux d’artifice pendant un fou-rire. De l’eau à la place du vin dans le verre des clients. Il a plu dans la maison quand le médecin a dit qu’il ne restait que quelques jours à maman. Je fais sauter régulièrement les appareils électriques, j’arrête les montres et les horloges. Au travail, le dernier incident qui a été la goutte d’eau et qui m’a valu ma place a été le contenu d’un plateau complet que je tenais sur un client irrespectueux, un plateau qui n’est pas tombé tout seul, je le jurerais, quelque chose l’a renversé brutalement. Je sais que dit comme ça, je passe pour une folle mais...”

La jeune femme, résignée, clairement, désabusée même, n’acheva pas sa phrase. Dray le fit.

“Mais vous en avez parlé à votre mère.” continua-t-il avec douceur, sans montrer ce qu’il pensait de tout ça pour ne pas effrayer un peu plus sa possible soeur qu’il voyait dépassée, en réalité. Soeur qui acquiesça timidement du chef.

“C’était le lendemain de la photo, quinze jours avant le coup du plateau. Elle m’a dit que que tout ça, c’était de… De la magie… C’est n’importe quoi…” marmonna la jeune femme avant de se forcer à reprendre.

“Je suis une sceptique. J’ai pensé sincèrement qu’elle délirait. Mais elle m’a fait examiner par un “médecin spécialisé dans la magie”. Elle a dit que je ne devais pas avoir peur mais que j’avais une raison de plus pour contacter Simon, qu’elle, elle était née sans pouvoirs, que dans son monde, on disait qu’elle était cracmol, qu’elle avait choisi le monde des gens sans magie. Elle a dit aussi que moi non plus je n’avais pas eu de pouvoirs, malgré que Simon ait été un sorcier, lui.”

Dray se retint de soupirer de lassitude, cela aurait été malvenu, mais vous parliez d’un bordel… Il se laissa à nouveau aller dans son siège. Bobby intervint, avec incertitude, dévoilant par là même le pot aux roses, puisqu’il ne remit aucunement en doute les dires de la jeune femme mais juste une espèce de problème technique.  

“Quand même, presque vingt cinq ans, c’est tard pour révéler ses pouvoirs...”

Dray n’eut qu’un mot en hochant la tête de gauche à droite, sans quitter le regard de Phoebe. Plus la peine de tourner autour du pot à ce stade après tout.

“Zoë.”

“Oh…” fut la seule réponse du garde du corps qui comprit où voulait en venir son protégé. Evan se retrouva éberlué.

“C’est possible, ça ?”

Phoebe sourit avec amertume, sans joie. Là encore, étrangement, cette expression parla beaucoup, non pas à Fox qui ne pouvait pas avoir le recul nécessaire, mais bien à Turner et Manning qui la voyait trop souvent chez ce dernier…  De son côté, l’Anglaise se fit une raison à cet instant. Elle entrait dans un monde qui lui était totalement inconnu et allait devoir aider sa fille à grandir en prenant en compte une… énorme particularité, incroyable, complètement folle même !

“Vous êtes quelqu’un d’intelligent, Monsieur Fox. C’est pour ça que ma mère m’a fait consulter l’un de vos…. médecins. Si je n’avais pas eu le droit à une démonstration de vos tours par ce médimachin et que je n’avais pas vécu toutes ces choses inexplicables, je vous dirais que vous êtes tous cinglés !”

Dray ne répondit pas immédiatement, pas plus perturbé que ça par le soudain ton énervé de son interlocutrice. Il pouvait comprendre une telle réaction instinctive, la colère. Fallait quand même l’avaler, l’existence d’un monde parallèle régi par la magie, que vous en aviez des origines et que votre enfant à naître en faisait clairement partie. Alors si en plus, vous étiez cartésien... Sans un rond, sans plus personne et ça, tu m’étonnes que la demoiselle demandait de l’aide ! Et vogue la galère !

Evan, qui pour le coup était largué se permit une question.

“On peut m’expliquer à moi ? Parce que vous m’avez perdu là.”

Fox sortit de son silence et de sa réflexion (ils n’étaient pas sortis des ronces ! Comment il allait gérer tout ce bordel ?)

“Bon, d’abord, votre maman ne délirait pas, non… Par contre qu’on soit cinglés, ça... Enfin, la magie existe réellement. Je pourrais vous refaire une démonstration dans mon bureau.”

“Dray, ça va à l’encontre des règles !” s’exclama Evan, choqué qu’ils en parlent aussi ouvertement en plein milieu d’un resto moldu et que son patron propose un petit spectacle par dessus le marché.

“Si Phoebe était non-maj. Elle est cracmol.” répliqua Fox en haussant les épaules.

“Si elle est bien celle qu’elle dit être !” rétorqua avec justesse et prudence le directeur.

“Dans tous les cas, sa fille est une des nôtres ! Tu veux que je t’explique oui ou non ?” finit par râler Dray, qui commençait sérieusement à être agacé par l’attitude réfractaire et moralisatrice de son directeur depuis le début. Et il ne se gêna pas pour l’exprimer, gestes de main exaspérés à la clé.

“Shit, tu me saoules ! T’as quoi aujourd’hui ? Pète un coup, je sais pas !”

Cette remarque haute en couleurs laissa passablement l’Anglais so British coi même si c’était du Dray Fox tout craché et qu’il lui en fallait plus pour prendre la mouche, alors qu’elle fit éclater de rire Bobby et Phoebe. Et justement, comme pour prouver les dires précédents de la jeune femme, les couverts de la table tressautèrent tout seuls. Les trois hommes regardèrent le phénomène avec mesure, quoi que Dray arborait plutôt son sourire de sale gosse.

“Ben la voilà, la démonstration ! Enfin, on va se calmer, Mlle Gates, parce que la magie en milieu non-maj est quand même sérieusement réglementée.”

“Non maj, c’est non-magique ? C’est la deuxième fois que vous utilisez ce terme.” demanda Phoebe en reprenant son souffle, et en ayant le sentiment que là, Fox parlait une langue étrangère.

“C’est ça, c’est le terme des sorciers américains, les Anglais utilisent le mot moldu.”

“Et ma fille est une sorcière…” exprima la jeune femme, avec encore une énorme dose de scepticisme dans la voix. Elle semblait, en le disant à voix haute, vouloir se convaincre elle-même du fait.

“Et précoce !” confirma Dray sans plus s’émouvoir, mais sa mine hâbleuse habituelle, qui pouvait être si agaçante par moments… Surtout dans ce genre-là…

“Donc pour en revenir à notre débat, comment tu expliques que cette jeune femme ait les pouvoirs de son bébé ? Aussi tôt ?” demanda Evan sans détour cette fois. Turner n’était fort heureusement aucunement susceptible et rancunier pour des bêtises. Il valait mieux d’ailleurs avec Dray Fox comme patron.

“Pour être honnête, Monsieur Turner, moi aussi je suis perdue, même si Maman et un de vos médecins ont tenté de m’expliquer. Je n’arrive toujours pas à croire que tout ça est vrai ! ”

“Je n’ai pas moyen d’énoncer les choses autrement. Vous voulez parler de sciences ? Pas de problème. Votre fille est une sorcière, point. Comme le ciel est bleu, la Terre est ronde, et que Zoë sera peut-être brune aux yeux gris comme sa mère. Votre mère était fille de sorciers mais elle n’avait pas développé de pouvoirs. Ca arrive. C’est de la génétique. Un gène que vous n’imaginiez pas. Les X-men de Marvel mais pour de vrai et depuis des lustres et on doit vivre dans le secret absolu. La chasse aux sorcières, Salem et tout le folklore, ben, c’est pas que des conneries. Dans le cas de votre mère, le gène est non actif. Et votre mère vous a transmis cette absence de magie. Mais ce don peut aussi apparaître spontanément, le premier sorcier d’une lignée, ou, dans le cas de Zoë, ça peut sauter des générations. Le gène s’est réactivé. Je ne serais pas surpris de voir des sorciers dans l’arbre généalogique de votre mari.”

Phoebe, jusque là, tentait d’assimiler ce que lui disait Dray. Vu sous cet angle logique et scientifique en quelque sorte, elle saisissait mieux. Elle sourit même à la comparaison avec les comics. C’était incroyable, toujours, mais ça devenait envisageable. La réalité dépassait la fiction. Mais elle ne rejetait plus tant que ça l’idée. Et quand Fox parla des origines de son mari, elle s’en trouva confuse.

“Je… je ne sais pas… Vince ne m’a jamais parlé de sa famille. C’était un enfant placé depuis ses six ans. Il n’a jamais voulu me dire quoi que ce soit. Il a été bringuebalé de famille d’accueil en famille d’accueil jusqu’à être lâché par le système à sa majorité, c’est tout ce que je sais.”

Fox poursuivit sans plus s’étendre sur ce sujet puisque c’était une porte close.

“En tout cas, pour en revenir au sujet, le médicomage a dû vous le dire, la magie apparaît en moyenne lors de la petite enfance au gré d’émotions intenses. Or si j’ai bonne mémoire de mes cours de biologie et d’après ce que vous m’expliquez, j’en déduis donc que Zoë a déjà activé ses pouvoirs.”

“Et comment tu expliques que maman fasse tourner les tables ?” intervint Turner, qui n’avait pas l’intention de lâcher le morceau sans réponse.

“Aaah, du sarcasme et de l’humour, là, je te retrouve ! Tes pets sont donc inodores et silencieux, c’est bien.” taquina Fox avec un grand sourire à la con, ce qui lui valut un coup de poing dans le bras et le rire de la tablée.

“Enfin donc, d’après mes quelques lectures, au sixième mois de grossesse, toutes les cellules nerveuses du bébé sont là. Le réseau neuronal, le gainage et le cortex sont achevés. Il y a même un trop plein de neurones ! Bébé est sensible à ce qui l’entoure et aux émotions de maman et ils sont liés par le cordon ombilical et donc partagent un réseau sanguin. Il n’y a peut-être pas que les nutriments et les déchets qu’ils s’échangent.”

“Mais aussi, la magie.” conclut Bobby.  

“Ce n’est qu’une théorie, mais elle a le mérite d’expliquer le phénomène.”

“C’est aussi ce que pense le médicomage que j’ai rencontré…” soupira Phoebe.

Dray se permit toutefois d’objecter à son propre raisonnement.

“Il y a aussi la possibilité qu’étant née d’une cracmol, le gène ait eu du mal à s’activer. Mais le deuil de votre mari suivi de près de votre maman, conjugué au stress d’absolument tout perdre en attendant un bébé me paraissent être des émotions bien assez violentes pour rectifier le tir.”

“Vous plaisantez ?” répliqua Phoebe, d’une traite, les yeux ronds comme des billes.

“Je ne me permettrai pas sur un tel sujet.” répondit très sérieusement Dray, tout sourire ou malice disparus.

“On sera fixé après votre accouchement.”, poursuivit-il, “Si les phénomènes se poursuivent hors de la présence de Zoë, on aura la réponse.”

“Mais que ce soit l’une ou l’autre, vous vous rendez compte de ce que cela implique ? Je fais comment, moi ?! Avec un bébé magicien qui risque de faire sauter l’électricité du quartier à chaque biberon réclamé ou moi qui fera voler les perruques ou qui pincera par la pensée les testicules de tous les boulets un peu trop collants ! Parce que ça aussi, c’est arrivé !”  paniqua “un peu” (ou plutôt ne parvint plus à le dissimuler…) Mlle Gates.

Là, on retrouva le sourire hâbleur et agaçant de Fox, qui ne cacha pas franchement son hilarité. Bobby et Evan furent plus diplomates…

“Votre mère a été bien avisée de vous envoyer nous trouver.”

La jeune femme soupira et se vautra dans son siège, les épaules basses.

“Ne vous moquez pas ! Mais oui, elle était nulle pour la gestion de l’argent mais pour le reste, elle était la sagesse même. Et c’est là que je sens à quel point elle me manque...”

“Allez, haut les coeurs, jeune fille. Maintenant que vous m’avez déniché, je me vois mal vous tourner le dos. Plus mon style. Et puis vous m’êtes sympathique alors, soeur ou pas, je ne vous lâche plus.”

Phoebe eut un gentil sourire.

“Merci.”

“Que voulez-vous ? On dit que je suis un cynique utopiste.”  répliqua le Sieur Fox en jouant avec une exagération toute calculée, les bons princes gentlemen.

“Un homme plein de contradictions.”  conclut Mlle Gates en riant légèrement de cette tournure de phrase originale ajoutée à la comédie de l’Américain. Elle ne se savait certainement pas si proche de la vérité…

Après le dessert, et un interrogatoire en bonne et dûe forme d’un Dray très curieux qui détournait habilement les questions que Phoebe lui renvoyait, sauf ce qui concernait le fameux mariage prévu de Fox, les potentiels frère et soeur se séparèrent là où ils s’étaient trouvés une bonne heure avant. Déjà loin, les M. Fox et les Miss Gates. On en était à Dray et Phoebe, directement. Ils étaient en train de s’échanger leurs numéros de téléphone et se donner rendez-vous le lendemain pour les fameux tests (que Dray avait l’intention de demander à Seiki pour allier efficacité et rapidité, la magie et le frangin étant à ses yeux la meilleure des combinaisons…) quand soudain une blonde à la chevelure et la poitrine généreuses s’approcha, perchée sur ses talons aiguille et guindée dans une robe haute couture aussi rouge flamboyant que courte. Elle aurait pu surprendre le couple, si Bobby ne veillait pas au grain.

“Hyène à six heures…”

Aussitôt, Fox se retourna avec une mine clairement dégoutée et énervée. Qui que ce fut, cette femme n’était pas la bienvenue. Le changement du point de vue de Phoebe fut saisissant puisqu’il plaisantait avec elle deux secondes avant. Mais quand elle reconnut la nouvelle venue, elle aussi se tendit à l’extrême… Mais Dray, trop en colère, ne remarqua pas ce détail…

“Dray chéri, me cacherais-tu quelque chose ?”  perora la “hyène” avant de fixer avec un mépris total Phoebe ou plutôt son ventre.

“Rassure-moi, ce ne sont pas tes oeuvres ?”

“Fox pour toi. Si ça pouvait me débarrasser de toi, Bridge, je te dirais oui deux fois plutôt qu’une !”  répliqua Fox, mauvais comme la peste. Il fallait être sourd pour ne pas entendre le “espèce de conne !” sous-entendu...

“Cordelia pour toi, chéri.”  corrigea la blonde, narquoise, qui était tout sauf dure d’oreille et qui décida de le narguer en insistant bien sur le “petit nom” final, un grand sourire persifleur sur les lèvres pour cacher qu’elle avait mal pris l’attaque en règle. Problème, son regard parlait pour elle, et l’Américain aurait été mort si ce dernier pouvait tuer. Un an de cirque et Fox en avait plus qu’assez de jouer la comédie depuis plusieurs semaines. Mais la dénommée Cornelia Bridge, sa future épouse, en avait, de son côté, plus qu’assez de ses remarques pour le moins agressives et détestables.

“De toute façon, cela n’éviterait pas notre mariage, ce serait juste une perte de temps supplémentaire pour se débarrasser du problème.”  finit-elle par dire en haussant négligemment les épaules, arrogante.

Phoebe fut soufflée par cette réponse cruelle et décocha un regard assassin à la blonde qui l’ignora totalement, comme si elle était totalement invisible. Fox fut tout aussi outré mais fut plus cru que sa nouvelle amie.

“T’en as pas que la tenue, t’es vraiment une salope, pas à dire.”

La belle ne se laissa pas démonter par l’insulte, hélas.

“Ainsi nous faisons un couple parfaitement assorti, chéri !”  ricana la “belle”, ce qui expliqua son nom de code…

“En parlant de noces, tu as oublié qu’on avait rendez-vous ce midi avec ma mère pour choisir le gâteau.”

“Je n’ai pas oublié, je n’en avais rien à foutre, nuance.”  rétorqua Dray avec un sourire parfaitement sarcastique et faucheton, rarement à court de répartie.

“Ma mère sera ravie de le savoir.”  souligna la blonde, tout sourire angélique.

“Je n’en doute pas. Comme elle sera ravie de savoir pourquoi son petit ange a rencontré le docteur Spring et s’est absentée une semaine, il y a trois mois…Ce ne fut pas une trop grosse perte de temps, cette fois ?”  

Là, la manche fut remportée et avec une nette avance par Fox qui ne souriait plus mais était mortellement sérieux. Bridge devint presque aussi blanche que ses dents… Elle s’en retourna soudainement comme elle était venue. Dommage que cet avortement découvert par Maria Black, sur les traces de la famille comme un chien policier sur un kilo de coc’, ne fusse pas suffisant pour faire annuler le mariage… Fox avait déjà essayé… Oh, lui n’en avait rien à foutre pour être honnête. Le paternel de la hyène aussi d’ailleurs… Mais la mère conservatrice au possible… Il pouvait foutre un sacré bordel et se gardait ça sous le coude. Ca pouvait être marrant de balancer ça lors de la répétition par exemple...

“Désolé pour ça.”  s’excusa finalement l’Américain en se retournant vers Phoebe.

“Ce n’est pas grave, Dray. Mais si j’ai bien compris, cette femme est celle que Simon veut te faire épouser ?”  vérifia la jeune femme, scandalisée.

”Hélas…”  se contenta d’acquiescer le condamné avec amertume. “Tu as vu que je n’exagère pas quand je te disais que c’était une vraie connasse. Et je n’ai aucune solution pour...”

“Je la connais, Dray !” s’exclama Phoebe avec aversion, coupant sans le vouloir le trentenaire.

“Pardon ?” demanda Fox interloqué.

“Tu n’oublies pas le visage de quelqu’un qui t’a balancé le verre que tu viens de lui servir au visage, sous prétexte qu’il n’est pas assez frais.” affirma avec sévérité l’Anglaise, avec une colère contenue. Voyant le regard plein de questions de Dray qui reconnut le style du personnage, Phoebe décida qu’il valait mieux qu’elle donne tous les détails, d’autant qu’elle savait peut-être quelque chose qui pouvait aider son aîné.

“J’ai travaillé pendant un temps comme serveuse, dans la boîte de nuit qui employait Vince, pour payer mes études. C’était il y a presque quatre ans. Cette fille était complètement ivre. Et elle m’a jeté son verre au visage. Je suis allée me nettoyer dans les toilettes et je me suis enfermée dans une cabine le temps de décompresser. Avec ses copines, elle est entrée pour repoudrer son sale museau de fouine et là, elle s’est vantée en riant d’avoir renversé un sans-abri ! Cette pétasse a même dit qu’on aurait dû la remercier publiquement parce qu’elle avait participé au nettoyage des rues de la ville !”

“...”

Rares étaient ceux qui pouvaient faire taire Fox… Putain de merde… Mais ça ne dura pas longtemps…. Un rictus de dégoût sur les lèvres, il sembla déjà envisager son prochain coup.

“Tu n’aurais pas eu vent de la voiture qu’elle avait et de la date exacte par hasard ?”

Phoebe répondit aussitôt, sûre d’elle.

“C’était en décembre 2013 et elle avait une Lamborghini. On était à une semaine de Noël et elle avait dit que ça s’était passé le week end d’avant dans la nuit de samedi. Je m’en rappelle parce qu’elle a dit que c’était dommage parce que papa venait de lui offrir le dernier modèle. Elle avait un nom super long avec une bestiole dedans…”

“Gallardo Spyder ?”

L’avantage d’être un féru de bagnoles…

“Oui c’est ça ! Ils allaient devoir refaire une bonne partie de la carrosserie, elle allait en profiter pour faire changer la couleur et choisir un bleu ciel personnalisé au lieu de vert pomme. Elle a dit à son père qu’elle avait écrasé un gros chien… J’en ai parlé à la police mais vu que j’avais un contentieux avec elle, qu’elle était ivre et que je n’étais qu’un témoin auditif qui ne connaissait même pas son nom, ils n’ont pas trop pris au sérieux l’histoire... Sans doute que le fait que l’homme était un sans-abris et elle, une riche fille à papa a dû jouer aussi...”

Aussi scandalisé et écoeuré par cette histoire qu’il puisse être, Dray avait déjà son miroir à double sens dans la main, prêt à agir.

“Merci, Phoebe ! Soeur ou pas, je t’adore !” dit-il à la jeune femme avec une franchise rafraîchissante avant d’actionner son miroir en nommant sa détective préférée sous les yeux curieux de la jeune femme et son sourire heureux du compliment.

“Maria, tu peux passer à la tour le plus vite possible, s’il te plait, faut qu’on parle…”

Fox avait peut-être enfin une réelle chance d’éviter ce foutu mariage et de retourner la situation à son total avantage… Et ça grâce à une soeur (ou presque en tout cas…) tombée du ciel ! Si certains Dieux étaient contre lui, apparemment il en avait aussi quelques uns dans la poche…
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeJeu 28 Juin 2018 - 22:07

[Bon, je me suis aperçu que la fin du message avait disparu et on me dit que la longueur est dépassée que je veux l'éditer donc voilà la suite et fin complète à part *ne cherche pas à comprendre*]

Le lendemain après-midi, dans le bureau de Dray, on retrouva Phoebe, Seiki et ce dernier. Fox avait eu tôt fait d’expliquer à la bande des Bakas ces nouvelles pièces du puzzle qu’était le bordel de sa vie. Et sans même qu’il ait eu besoin de demander, le médicomage s’était proposé. Avec la magie et de bons échantillons, le résultat était rapide. Sei, après les présentations en bonne et due forme de l’Américain, était en train de prendre un échantillon de salive à Phoebe, assise dans le canapé du bureau, tout en demandant :

“Tu as réussi à piéger Simon ?”

“Bien sûr.” répondit Fox, blasé, sans quitter le dossier dont il paraphait les pages mais en sortant d’un tiroir de son bureau un sac contenant une tasse à café et un reste de cigare pour le poser face à lui.

Tsuno, sa tâche terminée, s’en saisit sans plus un mot et aligna ses échantillons sur un parchemin et lança sous les regards d’un Dray assuré et d’une Phoebe émerveillée, un sortilège sur l’ensemble dont la formule était irrépétable aux oreilles des spectateurs.

“Quelques minutes suffiront.” précisa le médicomage avant demander à son aîné et de s’asseoir face à la future maman.

“Black ?”

Toujours aussi succinct quand il s’y mettait, le frangin. Cela fit sourire l’Américain mais il répondit de bon coeur en se levant pour les rejoindre, un très épais classeur en main.

“Les chiens lâchés. Elle est en train de secouer tous ses contacts non-majs, on verra bien ce qui tombe. L’avantage c’est qu’elle est devenue “la meilleure amie” de Bridge depuis quelques semaines, alors elle pourra avoir accès au garage facilement et lui tirer des aveux, pourquoi pas.”

“Tu crois que ça suffira ?” demanda Phoebe avec inquiétude.

Seiki cacha sans mal sa surprise d’entendre la considération de la jeune femme alors qu’ils ne se connaissaient pas la veille. Mais étrangement, les deux nouvelles connaissances semblaient naturellement proches. En tout cas, il était particulièrement étonnant de voir Fox prendre aussi bien la possible vérité alors qu’il avait eu tant de mal pour Dorian. L’explication tenait sans doute au fait que Simon et Phoebe n’avaient rien partagé du tout et le père pas pressé d’accepter l’éventualité d’avoir une fille apparemment… L’Américain, en tout cas, répondit en s’asseyant dans un fauteuil entre ses deux invités, sans deviner les pensées de son frère de coeur qui fit comprendre d’un coup d’oeil que les détails de la réponse l'intéressaient aussi.

“Bah si j’ai un dossier en béton, ou le père cède, ou elle va en taule… Et même s’il cède, elle ira en taule. On ne va pas la laisser s’en tirer encore une fois, cette bitch. Si le dossier n’est pas en béton, là… Je pourrai toujours y aller au bluff. J’ai une amie qui est déjà d’accord pour m’aider à monter l’arnaque donc c’est jouable. Et de toute façon, je n’ai plus beaucoup de choix, en janvier, je suis marié. On m’a bien fait comprendre que je ne pouvais plus repousser le mariage et je suis en rupture d’excuses... Et je n’ai plus assez de temps pour finir de monter la stratégie de mon OPA. Ce n’est pas prêt, il me manque trois mois de travail pour qu’elle fonctionne. J’en suis à me dire que je me crasherais bien en moto encore une fois pour me défiler et gagner ce temps.”

“Je te l’interdis.” siffla Sei, qui n’apprécia pas la plaisanterie du tout, parce qu’il en était capable, ce con !

“Bah non, je le ferai pas, voyons !” répondit Dray comme une évidence, en levant les yeux au ciel. Quand même, il savait assez le mal qu’il avait fait à tout le monde, quelques années avant. Et puis bordel, il avait méchamment dégusté ! Mais l’idée l’avait quand même effleuré, pour la forme…

“Enfin, laissons cela de côté.” fit Dray en voyant le café et les gâteaux commandés arriver, apportés par Rose et posés sur la table basse. Après son départ, le groupe reprit sa conversation. Fox posa sur la table son classeur et expliqua son utilité.

“Je possède plusieurs immeubles à titre personnel. Voici ceux de Londres et les appartements qu’ils abritent avec un topo des différents quartiers dans lesquels ils sont. Education, santé, services…. Étudie-les et choisis celui qui te plait. Je ferai préparer le titre de propriété.”

“Tu me diras à quoi sert le test ?” intervint Seiki avec un sarcasme parfaitement audible même si son visage n’exprimait rien. Non mais sérieux… Pas du tout d’excès… Fox donnait carrément un appart à une inconnue, mais pas de problème, c’était normal. D’ailleurs Phoebe fut pour le moins surprise. Pour dire, elle ne réagit pas et ce fut Seiki qui se saisit du classeur à sa place pour le feuilleter.

“Et bien sûr, ce sont des appartements immenses et tout équipés avec deux chambres minimum… T’en aurais pas un pour moi près de Saint Mungo ? Si je pouvais m’épargner un loyer...”

Fox se marra.

“Tu sais que vous n’avez qu’à demander, tous. J’y peux rien si aucun d’entre vous ne veut profiter de la chance qu’il a d’avoir un pote richississime.”

L’idée sembla alors enfin atteindre le cerveau de Phoebe.

“Tu… Tu me donnes un appart avant même de savoir ? Tu plaisantes ? Je ne peux pas plutôt être une de tes locataires ?”

Dray se montra alors à nouveau sérieux et ferme.  

“Non. J’ai dit que je t’aiderai. Ca veut dire remettre ta vie sur les rails pour que tu n’aies plus besoin d’aide dans un futur plus ou moins proche. Le plan, c’est que la fondation Landôme t’attribue une bourse lors de la prochaine commission dans trois semaines, que tu reprennes tes études et que tu deviennes architecte. Ne t’emmerde pas pour les frais d’inscription, choisis la meilleure fac. En attendant, je m’occupe de la logistique. Je m’occupe de tes dettes et de l’administratif, Seiki te trouvera un excellent médicomage qui éclaircira le mystère dont on parlait hier, la crèche sorcière de l’entreprise a une place réservée pour Zoë et on peut te trouver une nounou qui t’aidera et te formera sur l’aspect sorcier des choses. Et nos services d’urbanisme ont un stage à mi-temps rémunéré à te proposer. Le contrat sera rédigé d’ici la fin de la semaine.”

Phoebe s’affala dans le canapé. D’un coup, ça allait un peu trop vite là.

“Attends, s’il te plait, tu me donnes le tournis !”

Fox se tut, puisqu’on le lui demanda et attendit. Flegmatique, Seiki posa le classeur là où il l’avait pris et, sans plus se mêler de la conversation, ramassa le parchemin qui avait changé de couleur pour brunir et lit son contenu. Dray comprit. Les résultats étaient prêts.

“Alors ?”

Seiki se tourna vers Phoebe, imperturbable.

“Bienvenue dans la famille.”

Un grand sourire naquit sur les lèvres de Phoebe. Celui de Fox se fit malicieux. Seiki servit le café.

“Et bien voilà, ça règle la question principale. Plus rien n’empêche que je t’aide comme je l’entends, petite soeur. La présentation officielle à Simon et Dorian risque d’être rock and roll, par contre.”

“Tu comptes faire ça comment ?” demanda Seiki, curieux de savoir. Ca allait être sympa comme moment. Encore Dorian… Mais Simon, alors là…

“Je n’en ai pas la moindre idée !” ricana Fox. “Avant l’annulation du mariage en tout cas, sinon Simon va nous faire une crise d’apoplexie. Par contre, pour la bande, je sais ! Demain soir, si ça convient à tout le monde. Je parlerai à Dorian demain matin et selon sa réaction, je le confierai à un homme de Bobby, comme ça, Kain soufflera un peu.”

“Ok pour moi. A voir avec les autres. Mais ça fait longtemps qu’on n’a pas fait ça alors je pense que ça fera l’unanimité.”

“A qui tu veux me présenter ? C’est qui, la bande ?” demanda Phoebe curieuse en saisissant la tasse à café que lui tendait le médicomage. “Merci, Docteur.”

“Ma première et vraie famille si on excepte Dor’.” répondit simplement Dray, avec un sourire attendri. “Faudra que je te présente à Sergeï aussi.”

La jeune femme se mit à rire.

“A qui tu voudras !”

La discussion dura encore un peu avant que Seiki ne reparte pour St Mungo. Phoebe et Dray, sous la direction du PDG, entamèrent alors l’organisation des projets qu’il avait énoncé et dans un premier temps par le choix du fameux appart. Et la jeune femme se dit quand même qu’elle avait eu bien raison d’écouter sa mère et son courage.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
Japonais : Vert
Italien : Rouge
Espagnol : Orange
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeJeu 28 Juin 2018 - 22:07

Dans la salle de réunion de la Fox londonienne, ce matin-là, un silence de plomb régnait depuis de trop longues secondes, ce qui était un fait extrêmement rare. D’habitude, la vaisselle pétait souvent sans pause, les membres du conseil d’administration du Groupe étant rarement d’accord entre eux. Mais là, le mutisme des hommes et femmes présents était impressionnant, qu’ils soient des hologrammes de New-york ou de chair, à Londres. Ce qui faisait la différence était l’expression de deux d’entre eux. Si pour la majorité, Simon Fox, le vice-président et père du PDG, compris, le maître mot était la stupéfaction, pour Evan Turner, le directeur de la succursale anglaise, c’était la force tranquille et pour Dray Fox, le PDG, c’était clairement l’assurance victorieuse doublée d’une lueur sévère et méprisante dans le regard. Face à chacun se trouvait un dossier ouvert qui était la preuve du coup de tonnerre que leur PDG venait d’annoncer.

“Je crois que c’est clair pour tout le monde, donc.” ironisa Dray au bout d’un moment, en voyant l’effet qu’il avait fait à l’assemblée qui, après ce silence interminable, semblait maintenant dans ses petits souliers.

Ce fut David Law qui prit la parole avec le ton mesuré qui le caractérisait quand il avait à faire à un Fox... contrarié, dira-t-on par euphémisme. Il fallait avancer avec prudence dans ces cas-là, c’était bien connu. Les morsures des renards faisaient souvent très mal...

“Nous avons bien compris que vous aviez depuis l’ouverture du London Stock Exchange, la majorité absolue, oui… Peut-on savoir par contre, comment vous avez pu l’obtenir ?”

Un sourire carnassier apparut sur les lèvres du jeune PDG, et à ce moment, tous virent à quel point le fils pouvait ressembler au père, père qui ne semblait pas plus au fait que les autres mais qui semblait par contre plus sonné par le coup de massue qui venait d’être répété par le troisième du Groupe. Un mouvement de tête de Dray vers Evan et celui-ci déposa dans la boîte à double-sens londonienne les copies de contrats avant d’en donner à Simon. David les sortit de la boîte américaine. La lecture des documents imposa à nouveau le silence absolu. Deuxième coup de tonnerre...  

Là, ce fut Simon qui intervint, interloqué pour le coup.

“Bridge t’a… littéralement… donné... son groupe ?!”

Merlin qu’il avait eu du mal à prononcé le verbe. Et Merlin que Dray affichait à présent un sourire de faucheton. Il était fier de lui, le petit con !

“Qui, fusionné au nôtre, m’offre les pleins pouvoirs. Cela n’étonnera personne si j’ajoute que vous pouvez vous carrer le mariage où je pense et qu’il est temps de payer la facture pour ceux qui ont soutenu l’idée.” se permit-il de prononcer avec une autorité glaciale et un regard perçant qui détonaient avec son attitude précédente, un désagréable chaud et froid.

Troisième silence… Des souliers devenus vraiment trop étroits et des regards trop intéressés par les chemises en carton des dossiers…

“Jeremiah et Adrien sont les seuls à avoir refusé cette farce. Je les en remercie et il va de soi qu’ils le seront par autre chose que ces mots. Les autres, je vais vous apprendre la notion de fidélité…”

Simon, à la gauche de Dray, se permit d’intervenir, pour tenter d’arrêter la machine, parce que là, il le savait d’expérience, la situation sentait le soufre et cela allait faire très mal…

“Dray, écoute, tu prends les choses trop…”

“Shut ! ... up !” claqua immédiatement la riposte, lente mais assassine, de Dray, certainement pas prêt à laisser son paternel en placer une. Et surtout pas pour l’entendre dire encore et toujours qu’il prenait les choses trop à coeur. Pas après ça… Et il se fit très explicite, mordant, en posant sa baguette sur le bureau sans la lâcher.

“Tu l’ouvres, je te la ferme. On ne joue plus. Evan !”

Immédiatement, le dénommé mit, sans émotion une nouvelle série de dossiers dans la boîte à double sens alors que les autres, Simon le premier, on s’en doute, furent pour le moins choqués de la violence de l’avertissement. Jamais Dray n’avait été aussi loin et aussi expéditif avec son père, ouvertement aussi menaçant. S’il fallait une preuve supplémentaire à tous et au sexagénaire surtout, que là, on n’était plus du tout dans le registre habituel mais bien dans quelque chose de grave et dans une réelle fracture.

“Ces dossiers sont nominatifs et ne s’ouvriront que dans les mains de son propriétaire désigné. Un an m’a laissé beaucoup de temps pour faire faire quelques recherches sur chacun d’entre vous. Mais j’ai aussi certains de ces dossiers depuis des années. J’avais déjà fait un premier ménage quand j’ai pris mes fonctions. J’ai jugé qu’il était temps de terminer… J’ai été obligé de garder certains d’entre vous par prudence, à cause de cette absence de majorité qui me bloquait. Aujourd’hui, plus rien ne s’oppose à ce que je me sépare des trois Stooges en l’occurrence. Depuis le temps que ça me démange...”

Les trois Stooges, Malcom Malich, Smith MacTurning et Carlota Rodriguez, de leurs vrais noms, se redressèrent et se regardèrent avec presque de l’effroi alors que leurs dossiers venaient d’être déposés devant eux par Adrien Faure, d’un sort.

“MacTurning et Malich, je veux votre démission et vos actions dans une heure, la sécurité vous escortera hors du bâtiment. Ou ces dossiers se retrouveront dans la même heure dans les mains du MBI, section financière…  Il va sans dire que vous ne toucherez aucun parachute et que vous êtes d’or et déjà blacklistés. Suis-je assez clair ?”

Difficile d’être plus limpide. Leur carrière était finie et ils étaient pour ainsi dire ruinés... Les deux hommes, sur le coup, ne trouvèrent rien à dire. Malich déglutit même avec difficulté avant d’ouvrir son dossier pour voir ce qui lui pendait au nez en nombres d’années de prison… Il n’était même pas question, là, de savoir si Fox bluffait. MacTurning fusillait plutôt du regard son PDG. Un regard qui aurait bien pu tuer si cela pouvait être possible. D’ailleurs l’homme signifia clairement ce qu’il ressentait, finalement.

“Vous allez me le payer !”

Fox ricana méchamment.

“J’ai un mangemort sociopathe aux fesses depuis une paire d’années à cause de celui-là…” répliqua-t-il en désignant de sa baguette, d’un geste hautain, sans même le regarder, son voisin de gauche, “... ce n’est pas vous qui allez m’empêcher de dormir. Et méfiez-vous de l’effet Boomerang, la parole des Fox en affaires est très fluctuante. Ce n’est pas toi qui me contrediras.” conclut finalement le trentenaire en jetant quand même un coup d’oeil méprisant toujours à son voisin de gauche.

Voisin de gauche qui comprit cette fois, et c’était bien la première !, qu’il avait sérieusement intérêt à boucler sa grande gueule, parce que lui aussi, avait un dossier face à lui et il n’avait pas la moindre petite idée de ce que son fils lui avait réservé, si ce n’était que l’envie de lui balancer un sort le démangeait furieusement, vu comment ses doigts étaient crispés sur sa baguette…  Et puis, il venait aussi de tiquer quant à cette question de mangemort. Dray s’était bien gardé de lui dire qu’ils avaient toujours de sérieux ennuis. Le fait qu’ils aient encore tous une sécurité rapprochée, il avait pensé qu’il s’agissait d’une tendance paranoïaque de son aîné, pour Dorian et Piper, et il était d’accord avec ça. Pour lui-même, il pensait d’avantage à de la surveillance pure et simple, dans leur situation, cela faisait partie des règles du jeu. Mais Dray venait de reconnaître publiquement que loin d’être de la paranoïa, on était toujours à leurs trousses. Ou plutôt qu’on était aux siennes, particulièrement, et il aurait eu beau le nier, cela inquiéta sérieusement son père autant que la situation présente...

Le trentenaire, lui, continua son petit tour de table, laissant Malich et MacTurning prendre connaissance du poids de ce qu’il avait contre eux.

“Mlle Rodriguez, vous avez voté pour moi lors du suffrage qui m’a rendu les rênes du Groupe…”

Là, les résolutions de Simon eurent quelques difficultés à tenir…

“Tiens donc ! Je ne m’attendais pas à ce que le coup vienne de là !”

Rodriguez baissa le nez alors que Dray ironisa à son tour et que les autres semblèrent aussi étonnés que leur vice-président, avec reproches et accusations muettes en plus dans les regards de ses deux collègues limogés. Traîtresse...

“Quand je parlais de fidélité... Mlle Rodriguez est une opportuniste qui sait parfaitement anticiper le sens du vent, ce qui fait d’elle l’excellente femme d’affaires qu’elle est. Mais vous aussi, vous avez franchi la ligne. Moins que vos petits camarades, mais assez pour que l’épée de Damoclès soit au dessus de votre tête. Vos qualités de femme d’affaires et votre retournement de veste en ma faveur vous offre un sursis. Mais si je constate la moindre faille dans votre soutien à partir de maintenant, je n’aurai aucun remord à vous faire sauter vous aussi.”

Fox appuya cette remise au point d’un haussement de sourcils assuré, question silencieuse mais inflexible qui demandait une seule réponse précise que Carlota saisit immédiatement.

“Compris…”

Un court silence s’installa le temps que le “maître de cérémonie” se désaltère et où tous se regardaient en chiens de faïence et se demandaient qui serait le prochain sur l’échafaud. Un seul, sans dossier face à lui, au même titre que Faure et Cox, fixait simplement la table avec tristesse. Ce qui était en train d’arriver, cela leur pendait au nez depuis longtemps, Dray ne s’était jamais caché de ses intentions, le jour où il parviendrait à cette majorité et il les avait prévenu plus d’une fois que cela ne tarderait plus. Aucun, même pas lui, David Law, n’avait réellement cru à ces menaces. Les Fox et leur grande gueule quand ils étaient en colère, on en avait l’habitude et au final, si cela était toujours impressionnant sur le coup, quand le vent retombait, c’était à nouveau le beau temps… Sauf que cette fois, ils avaient tiré une fois de trop sur la corde. Et ce qui se passait l’attristait. Trop tard pour regretter, et de toute façon, il pensait toujours que ce mariage avait été une nécessité, et il savait qu’il en paierait le prix au même titre que les autres, son PDG avait été clair dans sa concision, il n’y aurait aucun privilégié, mais David aurait tout de même aimé que cela se passe autrement.

“Vous deux, sortez à présent, vous n’avez plus rien à faire à cette table.”

Et s’il fallait une preuve supplémentaire que tout était chorégraphié, Sergeï ouvrit la porte de l’extérieur pour laisser entrer des agents de la sécurité du Groupe qui attendaient à l’extérieur dans la salle de réunion pour obliger les deux virés à prendre la porte pour de bon. Une fois ces deux-là dehors, la valse des condamnés continua.

“Mme Jackson, nous avons été alertés par l’un de nos employés de l’échec total du dernier essai thérapeutique de vos équipes, d’effets secondaires qui ont entraîné son arrêt immédiat. Etrangement, le rapport que j’ai eu de votre part est différent, on parle d’une demi-réussite, d’une stratégie de calibrage suivi d’un nouvel essai… J’ose espérer que vous n’avez pas menti et caché temporairement ce fiasco pour obtenir les subventions de recherches qui étaient attachées à ce projet. Une autre explication ?”

Il va sans dire qu’April Jackson ne garda pas sa place et fut à son tour invitée à sortir…  

“Mlle Ocean et M. Demba…”

Assane Demba et Carry Ocean étaient les deux derniers venus dans le Conseil et leur particularité était qu’ils y avaient été placés par le PDG même. Et les deux collègues se regardèrent en pinçant les lèvres pour l’une, en jouant avec son alliance pour l’autre. S’ils n’avaient pas compris que la conversation n’allait pas être agréable… Il fallait dire qu’ils avaient commis une erreur de poids que leur rappela leur patron.

“Autant des Stooges, je m’y attendais, autant de vous deux, ce choix est d’autant plus grave. La trahison se paie cher. Si je vous ai fait accéder au Conseil, ce n’est certainement pas pour être poignardé dans le dos.”

“Parce que ces deux-là aussi étaient à toi ?” remarqua Simon, sur le ton de la conversation un peu épatée.

Fox l’ignora et continua.

“Que vous ne soyez pas toujours d’accord avec moi, c’est entendu et normal mais là, on atteint un tout autre niveau ! Où avez-vous vu qu’on mariait son PDG de force, bande de clowns ?! Je ne peux toutefois pas renvoyer presque tout le Conseil d’administration en un coup, les actionnaires ne vont pas apprécier la plaisanterie, même si ce n’est pas l’envie qui me manque.”

Simon jugea adéquat le moment de persifler…

“Penses-tu ! On en a déjà un tiers qui a foutu le camp, on est plus à deux près !”

… pour ne s’attirer qu’un regard plus que sévère de David Law. Ce n’était vraiment pas le moment de jouer les provocateurs ! Même pour finir avec bravache ! Simon lui répondit par un haussement d’épaules nonchalant, rappelant bien trop son fils quand il n’en faisait qu’à sa tête.

Encore une fois, ce dernier se montra plus raisonnable et poursuivit imperturbable :

“D’autant que je n’ai pas autre chose, ou pas suffisamment à vous reprocher, du moins, pour l’une d'avoir été convaincue par les autres de la nécessité de cette solution, pour l’autre, d’être aussi cynique et machiavélique que les mêmes autres.”

“Je te rappelle que ces qualificatifs s’appliquent à toi aussi.” remarqua pragmatiquement, encore une fois Simon qui regarda l’air de rien, la main de son fils se crisper à nouveau sur sa baguette. A croire qu’il voulait vraiment se le prendre ce sort… Enfin, puisqu’ils étaient tous sur la sellette, on pouvait bien se montrer taquin.

“Enfin, je dis ça…”

“Ben, justement, ferme-la.” siffla Dray avant de reprendre son laïus.

“Toutefois et, Mlle Rodriguez, vous êtes également concernée, j’ai examiné vos dossiers à la loupe et si je n’ai rien trouvé d’irrégulier j’ai constaté une certaine inefficacité sur des points importants, ce que je ne peux laisser passer, vous le comprendrez…”

Il fallait être sourd pour ne pas entendre le sarcasme des derniers mots. Mais Dray ne laissa pas le temps aux trois coupables comme aux autres, de répondre quoi que ce soit. Simon aurait bien commenté encore une fois, mais là, vu que son fils avait ouvertement pointé sa baguette dans sa direction en prévention d’une nouvelle remarque, il jugea improductif de faire dans le même registre.

“Vous trouverez les points suscités dans votre dossier et mes instructions. Et si à la fin du délai que je vous y donne, vous n’avez pas rectifié le tir, là, j’aurai une excellente raison.”

Chacun comprit bien évidemment l’ironie et surtout la menace mordante de ces derniers mots. Les deux “traîtres” ouvrirent en silence et avec autant de remords que de soulagement (pour preuve qu’ils étaient grands…) le contenu de leur dossier. Ils s’en tiraient bien, eux... Quoi que vu tout ce qu’ils avaient à “rectifier”... D’autant que leur patron avait déjà apparemment distribué les dossiers des trois renvoyés en attendant leur remplacement. Le travail était énorme et la deadline courte en comparaison. La marge de manoeuvre était minuscule.

“Recommencez un coup pareil et je vous torpille. N’oubliez plus jamais à qui vous devez votre position. Ce que je donne, je peux le reprendre aussi vite, et avec intérêts !”

Demba tenta de prendre alors la parole pour non pas se justifier mais au moins expliquer sa position et celle de sa collègue silencieuse, plus craintive ou plus maligne, mais Dray se montra intraitable et guère patient, levant la main, l’index dressé, dans un geste sec et relativement méprisant.

“Non ! Pas un mot.”

Enfin, le trentenaire finit par se tourner glacialement vers son père.

“A nous.”

Là, les réactions furent diverses. D’un côté, on avait les spectateurs qui rentrèrent les épaules, parce qu’on pensait que le choc allait être violent. De l’autre, on avait ceux que cela n’atteignaient plus et qui étaient surtout curieux. David faisait partie de ceux-là mais avec en plus de l’étonnement d’être le dernier. Il avait pensé que ce “privilège” serait réservé à Simon justement. En attendant de comprendre pourquoi, il préféra observer le choc des titans.

“Et qu’as-tu à me reprocher ? Tu sais que contrairement à Malich et Mac Turning, je ne céderai pas au chantage et tu connais la politique de l’entreprise.”

“La prescription de douze mois pour les fautes graves pour être quasiment sûr de sauver vos fesses si quelqu’un se montrait trop curieux. Oui, bien sûr ! J’ai essayé plus d’une fois de la faire sauter, celle-là. Et elle va revenir sur le tapis très prochainement, tu t’en doutes. Quant au chantage, je te remercie, je te connais bien et contrairement aux deux autres, pour toi, la justice a déjà mis le nez dans la fange, je n’ai donc aucun moyen de pression. Et toi et moi savons que tu n’as pas encore été arrêté et extradé parce que les autorités de ce pays ont rendu impossibles les entrées et les sorties et que tu as passé un marché obscur avec le Ministère. Non, on parle dans ton cas d’une affaire qui date d’un mois. Tu sais que j’ai une politique sévère relative à la corruption, la malversation, la fraude, le trafic d’influence…”

Simon interrompit Dray avec une impatience moqueuse évidente pour mieux cacher qu’il avait été troublé par ses mots.

“Tu comptes me faire tout le dictionnaire ?”

Dray sourit, de manière tout à fait mauvaise, en guise de réponse.

“Tu veux que j’en vienne au fait ? Soit. Depuis que je suis PDG, je laisse de temps à autre des portes ouvertes dans certaines affaires que je fais surveiller étroitement pour faire régulièrement le ménage dans mes rangs. Je sers des affaires illégales et faciles sur un plateau d’argent et j’attends que le poisson morde. Malich et Rodriguez ont failli, sans surprise.”

L’hispanique rougit et baissa le nez à cette information, comprenant immédiatement à quoi faisait référence son patron.

“Encore moins surprenant, Mac Turning a mordu…  Et toi aussi. Je t’avais prévenu que ta cupidité te perdra.”

Là, toute trace moqueuse disparut du visage de Simon. Au contraire, il affichait maintenant une impassible gravité et ouvrit lentement son dossier pour y lire le contenu. Et il déglutit nettement à la fin de sa lecture, les lèvres pincées. Et Dray s’était régalé de voir ses yeux le trahir, montrer sa déconfiture, ligne après ligne.

“Ton prix ?” se contenta de prononcer Simon, cette fois très sérieusement en refermant la chemise.

Fox fils ricana.

“Tu crois pouvoir m’acheter après avoir tenté de duper les pires clients possibles et où je t’ai  tiré d’affaires et avoir essayé de me marier de force en guise de remerciement ?”

Dit comme ça, cela paraissait presque absurde, en effet. Fox père soupira. Il savait très bien que là, c’était Dray qui avait toutes les cartes et à entendre le ton de sa voix, c’était comme s’il venait d’insulter son fils.

“Je vois. Je t’écoute.”

“Tu démissionnes ou, si tu préfères sauver la face, officiellement, tu prends ta retraite en toute discrétion sans parachute doré, sans retraite-chapeau et tu me donnes ta procuration mais tu gardes tes dividendes. C’est le mieux que je puisse te proposer.”

Ce n’était pas une fleur que Fox faisait à son père, malgré les apparences. C’était les actionnaires qu’il ménageait en réalité. S’il se débarrassait aussi brutalement qu’il l’avait fait des autres, de son vice-président, fondateur du Groupe, il risquait de leur faire peur et ils pouvaient subir une baisse subite de leurs parts qui serait difficile à freiner et remonter. En somme, si Simon acceptait, ils étaient gagnant-gagnant. Sinon...

Mais Simon, évidemment, ne l’entendit pas de cette oreille. Il durcit le ton par automatisme.

“Alors là, jamais ! Ne rêve pas !”

L’homme d’affaires chercha du regard l’appui de David, le seul de l’assemblée à être encore potentiellement de son côté. Mais celui-ci garda le regard baissé. Law avait parfaitement conscience que son tour n’était pas passé avec raison. Et il comprenait à présent pourquoi. S’il prenait le parti de Simon, il était grillé auprès du trentenaire. S’il “restait à sa place”, Dray pouvait se montrer peut-être clément. Simon le fixa du regard avec surprise et déception. Le message était clair, de part et d’autre, la rupture évidente… Le PDG continua de mener son attaque, imperturbable.

“Alors je mets en branle la procédure de licenciement dès la fin de cette session. Et crois-moi, elle se fera avec beaucoup de bruit et sans cadeau. Cela se finira sans doute en longue procédure qui sera tranchée par des juges. Et on sera tous perdants. Mais dans les deux cas, je serai débarrassé de toi parce que ce qu’il y a dans ce dossier est sans appel et tu le sais. Sans compter le reste...”

Simon fixa la chemise de son dossier sans plus de vagues, le temps de la réflexion. Là, il était coincé et oui, il le savait.

“J’accepte…” finit-il par conclure froidement le sexagénaire. Et pour preuve, il rédigea immédiatement la lettre qui devait signer son départ et la procuration. Un silence de mort s’imposa, rompu par le seul crissement de la plume sur le papier. En fin de compte, il était sans doute temps pour lui de se ranger parce que la vérité était qu’il s’était fait avoir comme un bleu cette fois, et le reste était pesant, ce n’était plus qu’une question de temps…Le sexagénaire savait que tôt ou tard, la justice le rattraperait. Il faisait en sorte que ce soit tard. Mais il était tout de même réaliste. Et pour le bien du Groupe, il valait mieux qu’il ne soit plus en fonction. Et un licenciement étalé sur la place publique pour les motifs qui s’étalaient dans le dossier… Pour sa famille, non, certainement pas...

Satisfait du contenu de la lettre de son père et de sa procuration, une fois que celui-ci les eût signées et données, Fox leva la séance.

“Bien, vous pouvez disposer. Adrien et Jeremiah, je vous charge de vous assurer que mes consignes soient suivies à la lettre par tous, surtout les vidages des lieux. N’hésitez pas à faire appel à la sécurité. Père, tu as quitté la tour pour le déjeuner, John s’assurera que tu n’emportes aucun document.”

Clairement Simon grinça des dents mais il devait reconnaître qu’à la place de Dray, lui n’aurait même pas accordé ce délai… Il se permit toutefois une question.

“Comment as-tu fait pour faire céder Bridge ?”

La réponse du New-yorkais fut concise...

“Vous le lirez sans doute très vite dans les journaux. La prochaine séance se fera après-demain, on fera un point de la situation. Evan, je te rejoins dans mon bureau pour préparer la conférence de presse de cette après-midi qui annoncera les divers changements. David, restez-là.”

Le susnommé ne fut pas surpris de cet ordre. Il ne voyait pas pourquoi il aurait été le seul à être épargné dans cette histoire. Il l’était par contre que cette remise au point se fasse sans témoins. Dray était rancunier et avait de bonnes raisons de vouloir remettre les compteurs à zéro de manière brutale. Alors qu’il veuille que ça reste entre eux laissa l’homme d’affaires incertain.

Seuls dans la salle de réunion, Fox but une gorgée d’eau et s’alluma une cigarette en silence en faisant les cent pas. David le regarda faire tout aussi silencieusement. Un océan les séparait physiquement mais en cet instant, il paraissait presque peu de choses. Plusieurs bouffées de nicotine s’évanouirent dans l’air avant que le PDG ne prenne la parole, plus glacial que jamais, en s’arrêtant de marcher pour faire face à son collaborateur.

“Cela fait deux fois que vous me trahissez personnellement.”

Cela sonna durement et laissait entendre une fracture évidente.

“Dray…”

“Non !”

Patient, David se tut immédiatement, devant cette exclamation abrupte qui ressemblait bien à l’avertissement avant la morsure alors même que Dray avait levé la main entre eux pour appuyer l’ordre. Il fallait attendre que la tempête passe, c’était évident...

“J’ai fini par pardonner dans le cas de Dorian. Ça a pris du temps mais je me suis laissé persuader par Sergeï et Evan. J’ai fini par comprendre les raisons de votre silence. Mais là, on est loin du secret de famille et de l’enfant à protéger. Et quand je dis enfant, il ne s’agissait aucunement de moi. Mais soit, en tant que meilleur ami de mon père, ces raisons étaient légitimes. Là, vous avez partagé l’avis général de me faire épouser une connasse complètement immorale pour les intérêts du Groupe, donc vos intérêts. Vous n’avez pas hésité à me sacrifier au nom du profit, comme mon père le faisait et le fait toujours.”

David voulut reprendre la parole pour tenter de temporiser les choses mais il fut à nouveau devancé par Dray qui perdait patience. Régler ses comptes avec les autres, même son père aujourd’hui, n’avait pas la même empreinte émotionnelle que de s’expliquer avec celui qui était le plus proche d’un père de substitution. Là, c’était douloureux.

“Et ne me dites pas que ce n’était “qu’un” mariage ! Pendant longtemps, le mariage n’était qu’une manière d’effectuer une transaction entre deux familles, je vous accorde l’argument historique. Mais comme vous avez pu le constater, je ne suis pas prêt d’accepter d’avoir été relégué au rang de pion manipulable à loisir, encore moins par vous que je considérais plus comme mon père que Simon.”

Cette reconnaissance, au bout de tant d’années et dans ces circonstances, fit baisser honteusement le nez du sexagénaire. Elle expliquait pourquoi le trentenaire prenait les choses à coeur, sur ce sujet.

“Toutefois, contrairement aux autres, je n’ai absolument rien à vous reprocher dans la gestion des affaires et croyez-moi, j’ai cherché.” finit par dire Fox en reprenant sa marche et en tirant à nouveau sur sa cigarette.

“Alors, on en est là.” fut sa conclusion amère. Le sous-entendu était clair. Ne rêvez pas, j’ai essayé de vous dézinguer comme les autres, mais je n’ai rien trouvé qui le justifiait.  

“Je suis désolé, Dray…” dit doucement David, voyant enfin l’occasion d’en placer une.

“C’est le minimum !” s’exclama le jeune homme, vertement. Les excuses n’étaient pas prêtes d’être avalées visiblement…

“Dray, écoutez… Je suis de la vieille école. Quand vous avez révolutionné le Groupe, je vous ai soutenu parce que je vous considérais comme un fils et parce qu’il fallait du renouveau.”

“Mais ?” demanda douloureusement le jeune financier, sensible à la notion filiale mais se doutant bien de la suite.

“Mais renouveau ne veut pas dire révolution. J’ai toujours respecté votre travail comme vous avez respecté le mien mais nous n’avons pas toujours la même vision des choses. Toutefois, nous l’avons toujours eu sur un point. Il faut assumer les conséquences de ses actes. Or ce mariage arrangé était la conséquence de votre choix insensé de vous absenter six mois des affaires. Si vous n’aviez pas déserté, Bridge ne serait pas devenu aussi dangereux pour nous et vous le savez.” répondit fermement Law.

“Et les mariages arrangés sont de la vieille école.” conclut Fox en ricanant. Law, lui, fut parfaitement sérieux dans sa réponse.

“En effet. Cette situation était temporaire et le divorce inévitable et programmé. Je vous accorde que sacrifice il y avait. Mais il n’a jamais été question qu’il soit permanent. La difficulté paraissait minime.”

Dray soupira entre ses dents, sifflant d’exaspération et reprit sa marche.

“Désolé, tu parles…”

“Je le suis vraiment. Je me rends compte à quel point cette idée vous a écoeuré, aujourd’hui. ”

“Et si c’était de vous qu’on avait exigé un tel projet ?” rétorqua Fox, pour enfoncer le clou.

“J’ai dû renoncer à épouser mon grand amour, il y a quarante ans, pour les intérêts du Groupe, alors j’ai une petite idée sur la question…” répondit tristement le sexagénaire, un pauvre sourire sur les lèvres.

“Et ça valait le coup ?” persifla le plus jeune, surpris de cette révélation mais trop en colère contre l’homme pour montrer qu’il en était touché.

“... Non. D’où mes regrets envers vous. C’est facile d’oublier… ”

“... Oh, David…” souffla Fox, en s’asseyant sur le bord de la table, tout aussi désolé que renfrogné, partagé entre la compréhension et la rancoeur.

“Nous avons tous les deux fait une erreur, ayons l’honnêteté de le reconnaître.” tenta David, en sentant bien, tout comme Dray, qu’ils étaient dans une impasse. Mauvais argument. Fox se releva, piqué au vif.

“Mon erreur n’est pas celle à laquelle vous pensez. Contrairement à vous, je refuse de placer le Groupe en première priorité. Vous avez fait une croix sur la femme que vous aimiez pour lui, vous devriez comprendre mon point de vue. Si j’ai fait une erreur, ce n’est pas mon congé mais à la rigueur celle d’avoir refusé de fournir des explications sur ses raisons exactes. Car il y a autre chose que je refuse viscéralement, c’est que le Groupe soit au courant de ma vie privée et ait une influence dessus !”

David fronça les sourcils en proie à la réflexion, essayant de comprendre ce que Dray ne disait pas. Mais celui-ci lui donna toutes les pièces manquantes, enfin toutes celles dont il avait besoin pour assouvir sa curiosité.

“Mon meilleur ami avait de gros ennuis de santé et avait besoin de mon aide, c’était une raison plus que suffisante pour que je m’absente aussi longtemps que je jugeais nécessaire. Et Bridge n’aurait jamais dû devenir aussi dangereux en mon absence. J’étais théoriquement suffisamment entouré de professionnels pour que cela n’arrive pas ! Vous l’avez laissé faire, mon père en tête de liste, pour qu’on en arrive à cette extrémité avec pour objectif de le coincer de l’intérieur. C’est ça que vous devriez avoir l’honnêteté de reconnaître.”

David hocha la tête vigoureusement, en signe de refus, devant une telle affirmation.

“Je n’étais pas au courant d’un tel projet ! Votre père devait gérer Bridge puisqu’il était sur place…”

“Ben tiens ! Et personne n’a jugé bon de surveiller ce que faisait mon père, en roue libre au Royaume Uni. Et j’ai mis plus d’un an à me sortir de ce guépier avec l’aide d’Evan, de Jeremiah et d’Adrien. Mais pas avec la vôtre. Et donc tout le monde s’est fait pigeonné parce que je ne vous fais absolument plus confiance ! Diviser pour mieux régner. Il a réussi son coup, le vieux renard ! Sauf qu’il ne s’attendait pas à ce que je retourne la situation et le piège à son tour.”

David ne pouvait pas dire le contraire donc il ne dit rien.

“Alors maintenant, on fait quoi ?” demanda donc le PDG en se rasseyant sur la table, agacé.

“C’est vous qui décidez, plus encore aujourd’hui qu’hier.” répondit l’aîné dans un sourire tranquille. Dray, susceptible, n’apprécia pas ce qu’il crut entendre.

“C’est ça, faites de l’ironie !” maugréa-t-il en s’allumant une nouvelle cigarette, le filtre entre les dents. Ce n’était pas la réponse qu’il attendait, c’était évident.

“Les actionnaires ne pardonneront pas votre départ forcé. Vous êtes trop efficace et apprécié. Et je n’ai rien pour le justifier. Vous vous en tirez donc très bien.”

David perdit son sourire pour la réserve. Dray ne pouvait pas faire plus clair désaveu. Ce fut à son tour de s’attendre à une suite déplaisante.

“Mais ?”

“Mais je n’ai plus besoin que vous me secondiez. Le poste de Vice-président sera attribué à Jeremiah.” déclara le PDG avec une froideur étonnante face à Law.

David dut reconnaître que cette sentence l’égratigna. Mais, elle était logique, vu les circonstances. Et il n’avait pas à se plaindre, il ne perdait rien même s’il ne regagnait pas son ancien poste.

“Bien. Puis-je disposer ? J’ai un rendez-vous dans une heure et je dois encore revoir certains points.”

Fox se contenta d’acquiescer du chef, avec indifférence. Il était clair qu’il n’était pas prêt encore à pardonner à son mentor toute cette histoire.

A deux semaines de Noël, on pouvait dire que la fin de ce projet de mariage faisait un excellent cadeau même si Dray avait horreur des fêtes. Et il n’était pas le seul à voir la nouvelle d’un bon oeil… Et elle fut fêtée comme il se dut !

Mais comment Fox avait réussi à stopper le mariage ? Ceux qui se posèrent la question purent avoir la réponse dans les journaux comme il l’avait annoncé, quelques jours après cette victoire écrasante qui mettait fin à ce projet insensé. Mais, très tôt, la nuit régnait encore pour un moment, les bureaux ne s’ouvrant pas avant deux heures, les journaux sortis des presses depuis à peine autant de temps, un mug de café dans une main, son stylo plume dans l’autre, le nez dans ses dossiers et son ordinateur, Dray fut interrompu dans son travail par l’appel de l’accueil, alors même que c’était encore la sécurité qui gérait le service à cette heure.

“M. Fox, M. Bridge exige que vous le receviez. Il est furieux.”

Si le trentenaire fut surpris de cette visite, vu l’heure plus que matinale, il jugea bon de savoir ce que son ex-futur beau père lui voulait de si important, quoi qu’il s’en doutait un peu...

“Faites monter.”

Le jeune homme eut vite fait d’appeler son garde du corps...

“M. Manning, je vais avoir besoin de vous, je pense.”

Une fois dans son bureau, Fox, Manning à sa droite, dut faire face à un homme très en colère.

“J’avais votre parole, Fox !” vociféra le visiteur qui avait heureusement un journal dans les mains, ce qui l’empêchait de lui en décalquer une, ce qu’il aurait fait, le dénommé en était persuadé. Mais le jeune PDG ne se laissa pas impressionner. Quand vous résistiez aux fureurs de Simon Fox depuis des années, celles des autres ne vous effrayaient pas le moins du monde.

“M. Bridge, un café ?” demanda négligemment Fox, donc, pour se voir en guise de réponse balancer le journal à la tête, littéralement.

“Il suffisait de dire non.” continua un renard narquois, en récupérant les feuilles de papier pour lire ce qui provoquait une telle colère.

Une princesse de la Jet Set tue un sans abri en toute impunité.

Ah. Tout de suite, c’était plus clair.

“Je n’y suis pour rien.” dit simplement Dray en jetant nonchalamment sur son bureau le journal, vers son interlocuteur, toujours debout.

“Vous vous fichez de moi ! Qui d’autre était au courant à part vous ?” hurla l’Anglais, hors de lui.

“La détective privée que j’avais engagé pour trouver le moyen d’annuler les noces et qui a levé le lièvre. Notre accord était que je ne parle à personne de ce qu’avait fait votre fille et que la police ne soit pas alertée par mes services, ce que j’ai respecté. Que puis-je y faire si cette personne a jugé bon de prévenir la presse, une fois son contrat rempli, devant notre passivité face à un meurtre.” répliqua Fox, avec mépris mais un calme olympien, en se laissant aller dans son fauteuil pour toiser son visiteur.

“Votre peste de fille a tué un homme et la preuve existe. Elle l’a renversé en voiture sans s’arrêter et n’a jamais eu le moindre petit sursaut de conscience en quatre ans. Vous avez créé un monstre d’égoïsme. Là est la vérité et il est temps d’en payer le prix. Votre groupe contre mon silence, c’était le deal. Mais je n’ai pas de contrôle sur le silence des autres et la fusion est à ce stade irrévocable. Et entre nous, si trahison il y avait de ma part, ce serait sans remords, ce poison mérite largement d’être puni.”  

La conversation s’arrêta là. L’homme sembla assommé, la colère retombée comme un soufflet domptée par la calme assurance et la logique froide du plus jeune qui agirent comme une douche froide. Il se rendait compte qu’il avait tout perdu, en réalité, et que les ennuis ne faisaient que commencer.

“Vous m’avez trompé…”

La réplique de l’Américain fut aussi maîtrisée que l’homme perdait pied.

“Je n’en ai pas eu besoin.Vous étiez tellement pressé de sauver la réputation de votre nom et votre fille que vous vous êtes enferré seul. Je n’ai eu qu’à vous présenter l’offre de la bonne manière. Vous auriez dû y réfléchir un peu plus longtemps, vous auriez vu qu’il n’y avait pas d’autres issues pour votre fille, de toute façon. Vous devriez rentrer chez vous, car avec une une de faits divers pareille, et ce ne sera certainement pas le seul journal à publier l’information, la presse audiovisuelle et la police seront chez vous sous peu. Au revoir, M Bridge.”

Bobby comprit de suite l’ordre transmis par le regard en acier trempé en cette seconde de son patron et força le visiteur à se rendre vers l’ascenseur.  

Vous vous êtes fait un ennemi de plus.” remarqua le garde du corps en revenant.

“Mac Turning et Cordelia même me semblent de plus inquiétants candidats. Ce qui devrait vous satisfaire, Bobby. Cela vous assure une reconduction de contrat indéniable.” répliqua négligemment le PDG en retournant à ses dossiers, comme si cela n’avait pas plus d’importance que s’ils parlaient du temps qu’il faisait.

“Je vais finir par vous faire un tarif préférentiel.” plaisanta le chef des mercenaires.

“Je vous en serais gré, vous me ruinez.” conclut Fox avec autant d’ironie avant de retourner définitivement à son travail, facilité par sa nouvelle position, coup de tonnerre et coup de maître, applaudi par son milieu. Dray Fox venait pour longtemps de mettre les points sur les i et prendre un ascendant confortable.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeJeu 11 Juil 2019 - 16:09

Ce matin de juillet, la journée avait commencé normalement pour Dray Fox. Le PDG avait plutôt bien dormi, ce qui était redevenu assez régulier depuis qu’Umi l’avait aidé en décembre et depuis qu’il était suivi par un psy. Son moral était plus vers le haut que le bas. La journée promettait d’être ensoleillée et son travail du jour tenait aux affaires courantes. Rien de particulier à noter. Du moins, c’était ce qu’il croyait. Comme à chaque fois que Dray Fox pensait avoir la paix, d’une manière ou d’une autre, un esprit de la providence en décidait autrement.

“Monsieur, vous devriez descendre à l’accueil, un jeune garçon exige de vous voir, il refuse de dire son nom mais il dit être votre filleul. Et il donne visiblement du fil à retordre à la sécurité, cela fait deux fois qu’ils le refoulent.”

La voix qui venait de retentir dans le bureau de Dray était celle de Rose Glane, son assistante de direction, par le biais du système de transmission holographique par ondes magiques. Et ce qu’elle venait d’annoncer tira immédiatement l’Américain de son travail et qui ne cacha aucunement la stupéfaction qu’il ressentit à la nouvelle.

“Tommy ?! J’arrive ! Faites patienter Dover et déplacez les autres rdv de ce matin pour demain au plus tôt, Rose. Je ne serai plus là pour personne avant Mme Craig.”

Son filleul à la Fox ? Voilà autre chose ! Et tout seul en plus. Le truc complètement improbable qui lui fit craindre des ennuis pour la famille du gosse et qui le fit se dépêcher.

En bas, près des portes d’entrée vitrées, un petit brun de onze ans, en jean, baskets et en t-shirt noir arborant un Darth Vader tenant son sabre laser rouge du plus bel effet, sac à dos sur une épaule, bras croisés, l’air volontaire, bien campé sur ses pieds, toisait deux agents de la sécurité qui semblaient l’un presque désemparé, l’autre presque furieux, sous les yeux amusés du personnel d’accueil, derrière leur comptoir et de quelques autres spectateurs, employés ou clients, que la dispute avait attirés.

“Je m’en occupe, Messieurs, merci.” ordonna simplement le PDG d’une voix tout à fait calme. Les deux agents, bien contents d’être débarrassés du problème apparemment insoluble d’1 mètre 40 qui leur était tombé dessus sans crier gare, obéirent sans discuter et retournèrent à leur poste sans plus chercher à comprendre pourquoi un mioche têtu voulait à tout prix voir leur patron.

Le dit patron attendit patiemment que la petite foule de curieux retourne à ses occupations avant de s’adresser à son filleul d’une voix où pointait autant de tendresse que d’inquiétude mais il ne s’embarrassa pas de préliminaires.

“Qu’est ce qui se passe, bonhomme ? Tu es venu comment ?”

Pour que l’enfant quitte tout seul sa banlieue londonienne tranquille, un jour de cours !, pour se rendre au coeur de la City, il fallait quelque chose d’au moins sérieux. Il n’avait encore jamais fait de coup pareil. Et de chez lui à la Fox, il y avait un sacré bout de chemin !

“Je suppose que tes parents ne savent pas que tu es là. Ton uniforme ?”

Tom étant scolarisé dans une école publique britannique mais détestant porter l’uniforme, Dray supposait qu’il avait dû faire croire qu’il allait en classe, se changer ailleurs et filer. Et à voir le visage sombre du gamin, ce n’était pas une bêtise gratuite pour le simple plaisir de le voir.

“Viens, on va discuter dans mon bureau. J’ai d’abord un rendez-vous à assurer dans cinq minutes mais après, je suis tout à toi pour au moins le reste de la matinée. Mais je préviens ton père que tu es avec moi, ça, c’est non-négociable. Pour peu que l’école appelle, ça va être la panique. On est d’accord ?” finit par dire l’adulte en passant son bras affectueusement autour des épaules de son filleul pour le conduire vers l’ascenseur.

Dans le bureau de Rose, placé stratégiquement entre l’ascenseur et le sien, il dit à la jeune femme :

“Je vous le confie le temps de recevoir M. Dover, Rose. Assis-toi, Tommy. J’en ai pour une demi-heure maximum. Mais j’appelle d’abord ton père. Faites entrer Monsieur quand je vous le dirai.”

Un homme patientait, une serviette en cuir sur les genoux, dans une salle d’attente vitrée qui juxtaposait et donnait sur le bureau. Rose sourit gentiment au petit brun et tenta de l’amadouer en lui proposant un tabouret, à ses côtés.

“J’aime beaucoup ton T-shirt. Il est cool ! C’est, heu… Vader, c’est ça ?”

On n’en voudra pas à Rose, sorcière, de ne pas être à l’aise avec la culture pop moldue et d’hésiter… Mais on notait l’effort ! Quand on bossait à la Fox, en connaître un bon minimum était obligatoire sur le CV. Dray sourit devant l’effort de son assistante et entra dans son bureau sans plus rien ajouter. M. Dovers, dix minutes plus tard entrait à son tour au signal de Rose. Une demi-heure encore et, comme promis, l’Américain revint chercher son filleul.

“Voilà, je suis tout à toi. Rose, faites nous monter du café, du chocolat et des beignets s’il vous plaît.”

Il referma finalement la porte de son bureau une fois que Tom soit passé et entra directement dans le vif du sujet dans son mouvement.

“Je t’avertis, ton père n’est pas content que tu ais séché l’école et que tu ais traversé toute la capitale tout seul.”

Dray finit par revenir vers son bureau et s’assit au bord juste en face de Tommy, en posant ses mains sur l’arête du bois.

"Mais il était surtout inquiet. Il se demande ce qui a bien pu te pousser à cela. Il pense que tout va bien à la maison et à l’école. Moi aussi, je me pose des questions du coup, même si je suis flatté et heureux que tu sois venu me voir. Alors, raconte-moi...”


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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Thomas Coal
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeVen 12 Juil 2019 - 15:06

Thomas Coal, appelé bien plus souvent Tom ou Tommy, n’était pas un méchant garçon. Ses parents les avaient bien élevés, lui et sa soeur. Mais là, Tom en avait gros sur le coeur et avait à ses yeux de gros problèmes. Et ses parents y étaient mêlés de près ou le seraient incessamment sous peu. Et personne ne voudrait le croire ! Impossible ! Alors il n’avait pas trouvé d’autre solution que de se tourner vers un autre adulte en qui il avait une absolue confiance, son parrain.

Quels problèmes ? Depuis ses onze ans, le 21 avril, il recevait des lettres. Mais pas n’importe quelles lettres blanches timbrées, déposées dans la boîte par les services postaux. Non ! Des lettres en parchemin, fermées par un cachet de cire et apportées par des hiboux ou des chouettes ! Reconnaissons quand même que ça tenait de l’extraordinaire ! Et le contenu l’était encore plus ! C’était fantastique et tenait du grand n’importe quoi. C’était dans les livres, les bd, les comics, les mangas, les films et à la tv, qu’on trouvait des trucs pareils ! Il paraissait qu’il était sorcier et qu’il avait sa place dans un grand collège de sorcellerie et qu’on l’y attendait pour septembre avec liste de fournitures, s’il vous plaît ! Et si cela ne suffisait pas, “un représentant du Ministère de la Magie se présentera au domicile familial, le dimanche 7 juillet à 2 h p.m, pour répondre à toutes les questions que lui et ses parents pourraient se poser”. Et dimanche 7 juillet, c’était dans quatre jours…

La première, Thomas l’avait reçu sur le chemin de l’école, le matin. Il était tout seul dans la rue, la chouette s’était posée carrément devant lui qu’il faillit lui marcher dessus et elle lui avait tendu sa patte. D’abord, très surpris, il l’avait ignoré par prudence et continué son chemin trouvant juste le spectacle aussi cocasse qu’étrange. Mais la chouette avait recommencé son manège une, deux, trois, quatre fois, en hululant de façon de plus en plus autoritaire, jusqu’à ce que abasourdi, l’enfant lui enlève la fameuse lettre. Aussitôt fait, l’oiseau s’envola. Tom ne sut que faire de ce n’importe quoi. Il l’ignora donc. Mais une semaine après, alors qu’il attendait sa mère à la sortie de son club d’escrime, ce fut cette fois un hibou qui le visita. Et cette fois, il y avait eu des spectateurs de l’étrange phénomène. Apprenant de ses leçons, l’enfant ne perdit pas de temps à retirer la lettre au rapace sous les yeux éberlués des gens autour. Juste à temps avant l’arrivée de la voiture…

Et ainsi de suite. Au total, depuis son anniversaire, il avait reçu pas moins de treize lettres identiques. Et par une force mystérieuse, à chaque fois, il réussit à éviter que ses parents ne découvrent ce drôle de harcèlement. Il allait chercher le courrier. Il disait aller jouer avec ses copains mais se baladait tout seul, s’enfermait dans sa chambre ou jouait dans le jardin et de plus en plus souvent dans les rues de son quartier. Ses parents travaillant et devant s’occuper davantage de sa petite soeur de quatre ans sa cadette, ce n’était pas forcément compliqué… Mais il fallait se faire une raison, plus les jours passaient, plus le temps qui espaçait chaque lettre diminuait, plus la date de l’étrange rendez-vous fixé approchait. Et la dernière ne datait pas plus tard que le matin même ! C’était elle qui avait complètement décidé Thomas à fuguer car cette fois, sa soeur était entrée en trombe dans sa chambre pour lui dire que le petit déjeuner était prêt et avait vu l’oiseau passer par la fenêtre. Il avait fallu toute la persuasion de grand frère du petit brun pour qu’Erin ne soit pas tentée de raconter à leurs parents ce qu’elle avait vu et l’étrange lettre qu’il tenait serrée dans sa main. Ca devenait trop dangereux, cette histoire. Et puis Erin et les secrets… C’était comme Superman et la cryptonite… Tom était super mal, là ! Donc Parrain et vite ! Problème, dans sa précipitation, Tommy oublia de prendre son portable. Comment il allait pouvoir prévenir son parrain qu’il était là ? Bah, il allait tout simplement se présenter à l’accueil !

Mais Thomas apprit que n’entrait pas à la Fox qui voulait. Une première fois, il passa les portes en toute innocence mais se fit tout de suite arrêter par les deux gardes avec qui le trouva son parrain.

“Qu’est ce que tu viens faire ici toi ?”

Pas tous les jours qu’on voyait un gosse aussi jeune entrer dans l’entreprise.

“Je suis le filleul de M.Fox, il faut que je le vois, c’est urgent !”

Ces mots firent rire les deux adultes et l’un répliqua.

“Et bien, prends rendez-vous comme tout le monde.”

“M. Fox est très occupé.” ajouta l’autre plus sévèrement. “On ne s’invite pas comme ça. Rentre chez toi, ça vaut mieux. Retourne à l’école, même !”

Et en moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire, la poigne ajustée du plus sévère dans le dos obligea le petit brun à sortir. Frustré et en colère, Tommy fixa les portes de verre et d’acier et à travers, les deux hommes, le premier encore en train de s’esclaffer. Bon, puisque c’était comme ça…

L’enfant fit le tour de l’immeuble et trouva ce qu’il chercha. L’entrée du parking souterrain. Il attendit patiemment qu’un SUV veuille passer les barrières et se faufila presque accroupi, à gauche du véhicule pendant que son propriétaire expliquait au gardien, à droite, les raisons de sa venue en lui montrant des papiers. Il suffit ensuite à Tommy de se cacher dans un renfoncement jusqu’à attendre que le champs soit libre quand le gardien retourna dans son petit cagibi attendre le prochain visiteur. L’enfant pensa que c’était dans la poche quand il prit l’ascenseur pour rejoindre le Hall d’entrée mais à la porte l’attendaient les deux chiens de garde du début qui ne trouvèrent pas la plaisanterie très drôle. Tom avait oublié que la Fox était truffée de caméras (du moins ce fut ce que dit l’homme qui se moquait de lui)... Retour à la porte.

La troisième tentative, Tom décida d’utiliser les grands moyens… Il sortit de son sac un lance-pierre et une boule puante, outils indispensables qu’on devrait toujours avoir avec soi et, sans le moindre petit scrupule, lança le projectile dans le cagibi du gardien du parking, par la fenêtre coulissante ouverte à cause du beau temps, caché derrière des buissons pas loin. Tommy dut se retenir pour ne pas éclater de rire devant le pauvre homme fuyant devant l’odeur. Mais encore une fois, il se retrouva dans le parking et cette fois, il se cacha, de voiture en voiture, en faisant attention à repérer les caméras. Batmaaan ! Comment il allait monter jusque là haut quand même ? L’ascenseur, c’était mort. Restaient les escaliers de service… Encore fallait-il un badge d’accès… Ou quelqu’un qui ouvre la porte… Fais coucou à la caméra ! Cela ne rata pas, quelques minutes plus tard, un des deux gardes vint le chercher, fissa ! Tommy, caché derrière un pilier tout près de la porte, en biais, fit rouler sa balle rebondissante (autre objet essentiel à ne jamais oublier !) dans l’embrasure de la porte pour l’empêcher de se refermer derrière l’homme, bien décidé à faire le tour du parking pour lui mettre la main dessus. Il ne lui resta plus qu’à se se faufiler le long du mur et à passer la porte en récupérant sa balle au passage. Fallait pas laisser de preuves…

Malheureusement pour le persévérant et l’inventif petit brun, les escaliers étaient aussi bien surveillés que le reste. Il venait tout juste de monter quatre à quatre les trois escaliers du premier étage qu’il entendit la porte du garage se refermer et un furieux “Attends, toi !” avant qu’une cavalcade d’un pas lourd ne résonne dans la cage d’escaliers. Aie ! Tommy accéléra la cadence mais rien y fit, il fut vite rattrapé et se retrouva à nouveau à l’accueil, la main du garde, définitivement furax, lourdement sur son épaule. Mais Tom aussi l’était :

“Vous ne comprenez rien, il faut que je vois mon parrain ! Dites-lui au moins que je suis là, bande de nazes !”

Il vit alors tout près, à côté, les ascenseurs qui menaient aux étages supérieurs s’ouvrir et une employée en sortir. Il donna alors un énorme coup de pied sur celui du garde, de tout son poids et de sa force. L’homme fut bien obligé de le lâcher en criant de douleur et en disant deux, trois gros mots bien sentis qui firent leur effet devant les visiteurs. Et le gamin profita de la ruse pour courir vers son nouvel objectif avant que les portes ne se referment. L’autre garde se précipita, ne trouvant plus du tout de quoi rire devant la détermination sans bornes de ce gosse.

“Appelle le patron !” dit-il en passant à une secrétaire de réception alors qu’il courait pour empêcher l’enfant de prendre l’ascenseur, juste à temps.

“On a appelé M. Fox mais reste-là jusqu’à ce qu’il arrive !”

Tom voulut bien attendre mais croisa les bras, la tête haute, bien décidé à montrer qu’il ne changerait pas d’avis. Dray descendit heureusement rapidement. La suite, on la connaissait.

Dès que Dray apparut, l’enfant se détendit, rassuré.

“Parrain !”

Il afficha clairement un sourire narquois quand l’Américain congédia ses deux employés trop zélés. Nananère, je vous l’avais bien dit ! Mais son expression disparut quand Dray lui demanda aussi franchement pourquoi il était là. Tom baissa la tête, en serrant d’une main la bretelle de son sac sur son épaule.

“En bus et en métro… Ca va, je suis plus un gamin !” se contenta-t-il de répondre finalement, en évitant soigneusement la première question, la plus importante. Comment il allait expliquer à son parrain ce qui se passait ? Il ne le comprenait même pas lui-même…

“Non… Il est dans mon sac…”

D’un coup, il n’était plus très fier de lui. En entendant son parrain, il se rendait compte que ce n’était peut-être pas l’idée du siècle de se barrer comme ça un jour de classe. Surtout quand il le prévint qu’il allait appeler son père et que l’école allait de toute façon sans doute faire tout capoter.

“On est d’accord…” bouda l’enfant, en haussant les épaules et toujours le museau au sol, clairement à contrecoeur. Il n’avait pas le choix alors ça ne servait à rien de discuter. Mais il allait se faire disputer, ça, c’était sûr…

Avant de monter dans l’ascenseur et dans la cabine, Tommy raconta toute l’aventure de ses tentatives d’intrusion à son parrain et conclut en râlant.

“Ils sont nuls, tes gardes, vire-les ! S’ils t’avaient appelé dès le début au lieu de jouer les durs, on aurait gagné du temps, de l’énergie, et de la patience et j’aurai économisé une boule puante.”

Dans le bureau de Rose, Thomas salua poliment la jeune femme et observa Dray donner ses ordres.

“Ok…” se contenta-t-il de répondre à son parrain. Il préféra reporter son attention sur l’assistante de direction quand elle lui adressa directement la parole.

“Merci. Oui, c’est lui ! Mais pourquoi j’ai l’impression que vous ne le connaissez pas ?” dit-il intrigué par son hésitation. Sérieux ? Comment on pouvait douter de l’identité du plus grand méchant de Star Wars ?! Star Wars quoi !

“Vous vivez sur Mars après le travail ?” eut-il la malice de demander franco à Rose en riant alors qu’il s’asseyait sur le tabouret qu’elle lui proposait.

Quand son parrain revint le chercher, Tommy finissait de raconter par le menu toute l’histoire de Star Wars et surtout de Darth Vader à Rose, visiblement intéressée par l’épopée que mimait même l’enfant.

“Et à la fin, pour sauver Luke, il se retourne contre l’empereur Palpatine et le jette dans le vide, juste à temps pour l’empêcher de s'électrocuter. C’est lui qui a pris toute la décharge dans la manoeuvre, et ça a grave abîmé son armure qui le maintient en vie alors il meurt dans les bras de Luke. Mais il est retourné du bon côté de la force alors il ne meurt pas tout à fait. Il rejoint dans la force Obi Wan et Yoda.”

Mais quand Dray l’interpella pour le conduire dans son bureau, les soucis du petit brun lui revinrent en tête et c’est la tête basse qu’il suivit son parrain.

Tommy décida de s’asseoir dans l’un dans l’un des confortables sièges en cuir face au bureau du PDG. Après tout, il était là “pour affaires” lui aussi… L’enfant grimaça à la mention de son père mais forcément, il s’y attendait. Ca n’allait pas être mieux avec sa mère… Et qu’est-ce qu’ils vont penser de toute cette histoire de lettres ?

Quand Dray l’encouragea à s’expliquer, Tommy serra contre lui son sac à dos un instant avant de l’ouvrir et d’en sortir une pochette élastique verte recouverte du logo de l’Homme Mystère et de la tendre à son parrain d'abord sans un mot. Dedans, les treize lettres se trouvaient bien rangées. Il trouvait que ce Super Vilain était bien trouvé ! Ce ne fut que quand Dray ouvrit la pochette et regarda son contenu qu'il reprit.

"Depuis mon anniversaire, je reçois ça. Et plus les jours passent et plus j'en reçois. Et non, personne ne sait." expliqua-t-il dans son geste, sourcils froncés, la mine sombre.

"Je sais pas ce que c'est, je ne me suis inscrit à rien, j'ai discuté avec personne de chelou sur le net, j'ai donné notre adresse à personne ! Encore que cette information ne sert pas à grand chose parce que j'en reçois partout ! Même à l'école et au club d'escrime ou à la piscine ! Et le truc le plus bizarre, c'est que c'est des hiboux et des chouettes, les facteurs ! C'est du délire ! Ils parlent de venir à la maison dimanche, ça veut dire quoi ?"

Dans son récit, Tom avait posé son sac (ou plutôt jeté son sac...) et s'était levé pour faire les cents pas derrière les fauteuils. Il ne comprenait pas, rien n'était logique et n'avait de sens et il détestait ça. Il finit par s'exclamer, agacé, en se campant sur ses pieds face à son parrain, bras croisés.

"Si c'est une blague, elle est pourrie ! Et je veux que ça s'arrête !"
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeVen 19 Juil 2019 - 13:44

Dray sourit franchement, goguenard, quand son filleul énonça en râlant l’affirmation la plus fausse et la plus courante qu’on pouvait faire à cet âge-là.

“Quand tu commenceras à te raser, on en reparlera, Tom Pouce.”

Mais l’adulte redevint vite sérieux et se fit même sévère dans son attitude comme dans sa voix.

“Thomas, c’était très imprudent ! Il aurait pu se passer n’importe quoi. Les temps ne sont pas sûrs et un accident est trop vite arrivé. Tu m’aurais simplement appelé pour m’expliquer que tu avais un problème, que tu voulais me voir pour en parler, je serai venu te chercher, ou j’aurai envoyé quelqu’un. Je me serai aussi arrangé avec ton père, tu aurais évité l’engueulade qui te pend au nez en rentrant.”

Mais finalement, l’Américain poussa un léger soupir et passa à autre chose. Le gosse allait se prendre une soufflante de ses parents de toute façon et ce n’était pas son rôle à lui dans l’immédiat.

“Enfin, maintenant que c’est fait, avançons.”

Voulant être sûr de bien comprendre la situation, Dray demanda alors si les parents de son filleul étaient bien ignorants de sa venue. La réponse presque gênée de l’enfant ne le surprit pas. Il allait falloir prévenir Alec de ce qui se passait le plus vite possible.

Mettant au clair ses conditions, Dray fut satisfait de voir Tom ne pas discuter et les accepter même si ce n’était clairement pas de gaieté de coeur. Il faudrait qu’il commence à lui apprendre à cacher un peu ses émotions…

Dans l’ascenseur, le New-yorkais écouta le gamin lui expliquer ses tentatives d’intrusion et il ne sut vraiment pas s’il devait lui remonter les bretelles (surtout en l’entendant quasiment lui ordonner virer son personnel et parce qu’il avait quand même créer au niveau du parking une faille de sécurité en forçant le gardien à quitter son poste) ou le féliciter pour son inventivité. Fox opta pour un peu des deux.

“Je te tire mon chapeau ! Tu as fait preuve d’inventivité et de ténacité. C’est bien. Ca va m’obliger à revoir la sécurité sur quelques points.”

Parce que si un gosse de 11 ans, non maj, avait pu pénétrer si loin avec une bombe puante et une balle rebondissante, imaginez ce que ferait un groupe d’intervention mangemort un peu moins bourrin que les autres, qui comprendrait qu’il était plus facile de chercher à entrer sans la magie qu’avec… Avec la magie, la Fox, c’était Fort Knox. Toute trace d’utilisation de la magie non réglementaire était repérée et toutes les mesures de sécurité étaient en alerte. Un billiwig ne pouvait pas y voler sans qu’on l’ignore. Visiblement, sans la magie, l’entreprise était la foire agricole d’Anamosa… Les entrées détectaient les armes à feu et les explosifs mais bon…

“Par contre, je ne vais certainement pas virer mes employés pour avoir fait leur travail, non ! Et tu vas me faire le plaisir de présenter tes excuses à celui dont tu as écrasé le pied et celui que tu as emboucané !”

Nouveau soupir. Comment expliquer à un gosse que toutes ces mesures étaient loin d’être un excès de prudence ? Du côté sorcier comme du côté non-maj, d’ailleurs…

“Je comprends que cela te paraisse excessif à ton niveau. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec la politique de la Fox et certaines de ces personnes ont décidé que la force et la violence était une bonne réponse pour tenter de nous arrêter. Et on a vu plus étrange et original qu’un adolescent de onze ans en guise d’appât.”

Par contre, une fois dans les bureaux, Dray dut se retenir de rire quand Rose se fit mettre en boîte. Forcément, ce n’était pas avec leurs clients qu’on avait besoin de connaître ce genre d’informations. Et Tommy ne la rata pas. Mais Rose n’était heureusement pas le moins du monde susceptible et ne manquait pas de répondant.

“Non, Venus, pourquoi ? J’avoue que je ne le connais pas bien. Raconte-moi qui il est, ça m’intéresse.” répondit-elle avec le plus grand sérieux et son plus beau sourire.

Dray fut tranquillisé. Tommy était parfois un peu trop sûr de lui, en apparence du moins. Il se cachait derrière l’insolence… Mais Rose savait y faire. Quand vous teniez tête à Simon Fox, ce n’était pas un gosse qui vous déstabilisait. Et en effet, quand il revint de son rendez-vous, il trouva un tableau adorable dans le bureau de son assistante. Il observa un instant Tommy faire son récit, attendri. Mais combler les lacunes de la jeune femme n’était pas le sujet du jour…

Dans le bureau du PDG, les choses allèrent vite. Ni l’un ni l’autre n’étaient de caractère à perdre inutilement du temps en tours et détours. Dray prit d’abord sans un mot la pochette que lui tendit Tom et l’ouvrit pendant qu’il s’expliquait… Et se redressa et se raidit pour contenir sa stupeur en en découvrant le contenu ! Que des lettres de Poudlard ! Par acquis de conscience, Dray en lit une pendant que Tommy marchait de long en large. Lettre basique qu’on envoyait aux enfants de moldus. Cela ne voulait dire qu’une chose que tous ignoraient ! Le New-yorkais porta un regard soucieux sur son filleul qui exprimait ouvertement son mécontentement. Bien sûr que le gamin ne comprenait rien ! Rien n’avait jamais laisser entendre que Tommy était un sorcier ! Et voilà que. Comment ils avaient pu passer à côté ? Ça allait être jouasse d’expliquer à Alec et Abby toute la vérité… Et apparemment à Tom même ! Pfff pfff pfff… L’homme d’affaires appuya sur un bouton de son THOM et dit, blasé.

“Rose, déplacez aussi mes rendez-vous de cet après-midi, je vous prie. Prévenez l’équipe que je serai absent.”

“Bien, Monsieur.”

Ceci étant fait, il reporta son attention sur son filleul, toujours debout.

“Tom, j’ai une question. Elle va peut-être te paraître complètement cinglée. Mais je veux que tu y réfléchisses avec le plus grand sérieux et avec la plus grande honnêteté. Quelque soit la réponse, je te promets que tu n’auras rien fait de mal, que pour moi, ce sera normal. Est-ce qu’une fois seulement, parce que tu avais très peur, que tu étais en danger, malade ou parce que tu étais très heureux, très triste ou très en colère, il s’est passé autour de toi quelque chose… d’étrange ? De l’étrange que tu pourrais comparer à un de tes comics ? Genre Diablo qui se téléporte ou Phoenix et ses pouvoirs télékinésiques...”

Tommy répondit… Ok… Son filleul avait eu quatre accidents magiques sans qu’aucun adulte, lui compris, ne soit au courant… Normal… Tom avait réussi à en faire un secret depuis ses sept ans, aidé par le fait que le phénomène était rare. D’accord mais cela était-il simplement par peur de ne pas être cru ou grondé, selon les circonstances ou un rejet plus profond ?

“Qu’as-tu pensé quand cela t’est arrivé ? Qu’est-ce que tu as ressenti ?”

Finalement, cafetière, pichet de chocolat chaud et plat de beignets furent apportés et heureusement, parce que, là, Dray avait bien besoin d’un remontant pour le coup.

“Merci, déposez cela sur la table basse, s’il vous plaît.”

L’employé parti, Fox s’exclama, comme s’il n’y avait aucun problème, d’aucune sorte. Inutile qu’il foute les jetons à Tommy plus qu’il ne les avait déjà avec l’expression de son propre trouble…

“Je ne sais pas pour toi mais moi, j’ai les crocs ! P’tit dèj ! Et je pense qu’on ne l’a pas volé. Viens t’asseoir, je vais t’expliquer mais ça risque d’être long.” invita-t-il en s’approchant des canapés de son salon pour se servir en café.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
Japonais : Vert
Italien : Rouge
Espagnol : Orange
Allemand : Jaune

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Thomas Coal
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeDim 28 Juil 2019 - 14:39

Tommy se retint de rire à la taquinerie de son parrain. Rire, c’était admettre que c’était cocasse et que l’adulte n’avait pas tort, à bien y penser. Forcément dit comme ça, le garçon perdait en crédibilité alors on n’allait pas en rajouter. Mais cela ne l’empêcha pas de tirer la langue, espiègle…

Mais le jeune adolescent n’était pas habitué à ce que Dray lui remonte les bretelles. Il sursauta en entendant son prénom en entier, qu’on employait souvent que quand la situation devenait tendue et le changement de ton de l’adulte. Son air malicieux disparut aussitôt. Il ne s’était pas attendu à le voir faire preuve de sévérité à son égard comme ça. Tom cligna des yeux sous la rebuffade et baissa à nouveau le nez, impacté par la remontrance de part sa rareté. Et surtout son parrain le força à changer d’angle en lui démontrant par a + b qu’il n’avait pas assez réfléchi et qu’il avait existé une meilleure solution que filer à l’anglaise. Il commençait à comprendre que pour ne plus être considéré comme un gamin, il fallait arrêter de penser comme un gamin...

“D’accord, je le ferai plus. Pardon…”

Tom était sincère. Il avait fait une bêtise, il le reconnaissait. Et puis, il fallait qu’il s’entraîne parce qu’il devrait faire le même mea culpa à la maison. Il acquiesça simplement, presque timidement quand Dray décida de passer à autre chose et l’emmena dans l’ascenseur. Mais décidément, ce n’était pas sa journée puisqu’encore une fois, son parrain ne sembla pas d’accord avec ses actions. Il était bien loin de se douter qu’il avait démontré à l’adulte qu’on entrait dans son entreprise comme dans un moulin et le compliment qu’il lui fit passa aux oubliettes.

“Ah non ! C’est de leur faute ce qui leur est arrivé !” se rebiffa l’ado en croisant les bras. Il s’entêta.

“S’ils t’avaient bêtement appelé tout de suite pour vérifier mes dires, je n’aurai pas eu à faire ce que j’ai fait. Je dois te parler, c’est important et urgent !”

Mais le soupir de Dray, lassé, calma l’esprit de rébellion de Tom. Inquiet de ce nouveau changement d’humeur, il voulut bien entendre son point de vue. Oh… Ça n’avait pas l’air d’être de la tarte tous les jours d’être PDG, dit comme ça… Mais l’adolescent ne comprit pas tout non plus et il ne se gêna pas pour le dire.

“Quelle politique ? Vous ne faites que vendre des trucs, non ? Je vois rien qui pousse les gens à péter des plombs.”

Dans le bureau, Tommy éclata de rire à la répartie de Rose.

“Bonne réponse ! Mais ok, ça marche ! Vous allez voir, c’est un méchant super cool !”

Emporté par ses explications et son mouvement d’humeur, en train de faire les cent pas, dans le bureau, Tommy ne vit pas la réaction de son parrain au contenu de la pochette. Il l’aurait vu, pas bête, il se serait tout de suite méfié et aurait compris qu’il avait bien fait de vouloir voir l’adulte. Mais là, il se contenta de regarder surpris Dray prendre carrément sa journée. Carrément ? C’était aussi grave que ça, son affaire ?

“Tu sais que t’es inquiétant, là ?” se permit de remarquer le gosse, sarcastique pour cacher le sérieux de son ressenti, avant que l’adulte ne lui pose une question. Et là, Thomas regarda ses chaussures, lèvres pincées, mains dans les poches de son jean. Qu’elle était bonne la question ! Allez, son parrain lui avait dit qu’il le considérait comme normal s’il disait la vérité ! Au bout d’une dizaine de secondes, on entendit donc un petit murmure, d’une voix incertaine, alors que le gosse regardait clairement Dray par en dessous, le museau toujours baissé.

“... Ou invisible comme Cipher ?”

Ou comment répondre oui sans en avoir l’air…

“C’est vrai que tu trouveras pas ça bizarre ?” voulut s’assurer le gosse en venant s’asseoir sur le bureau même, au plus près de son parrain.

“Tu te souviens de l’accident de voiture ? Tu le diras pas, hein ! Tout le monde a dit que c’était un miracle qu’il n’y ait pas eu de blessés… J’ai vu la voiture griller le feu et nous foncer dessus, j’ai demandé à la Force un champ de protection autour de la voiture pour qu’il arrive rien à personne… et c’est arrivé. Et puis, Erin a failli tomber dans la piscine l’année d’après. Sauf que je l’ai empêché... du salon… J’ai juste tendu la main et elle est restée au dessus de l’eau, en lévitation. Je devais la garder pendant deux heures, pendant l’absence de papa et maman mais je te jure, je m’en occupais, je suis juste allé nous chercher à boire ! Après, à la fête d’Halloween qui a suivi, avec les copains, on a voulu faire une farce et mettre du papier toilettes partout sur les grilles et les arbres de l’école… Je sais ! C’est pas malin, c’est une bêtise ! Le concierge a failli nous attraper, Hugh et moi, on s’est caché sous un camion et quand il a regardé en dessous avec sa torche, il ne nous a pas vu alors qu’on s’est pris la lumière en pleine face, même qu’Hugh a sursauté. Et la dernière fois, c’était en janvier… J’ai donné une décharge électrique à un crétin qui voulait me frapper parce que je refusais de lui filer de l’argent et puis je les ai envoyés dans le décor, lui et son pote après. Sur plusieurs mètres… Je l’ai pas fait exprès, je te le promets, Parrain ! J’ai rien contrôlé c’est venu tout seul. J’ai même pas levé la main cette fois ! Je l’ai dit à personne parce que… Ben c’est pas normal quoi. Personne ne m’aurait cru. Et puis, en plus pour Erin et Halloween, je voulais pas être grondé.”

Tom s’était bien gardé le dire oui ! En même temps, il aurait été complètement bête d’aller crier sur les toits “J’ai des supers pouvoirs !”. C’était un coup à se faire traiter de menteur et de se faire insulter d’autres trucs par les adultes comme ses camarades… Être le paria de l’école, merci mais non merci !

Après ses explications, Tommy, vraiment plus à l’aise dans ses baskets, n’osait même plus regarder Dray. Son parrain allait trouver toute cette histoire ridicule ! Le gamin s’était attendu à recevoir un “N’importe quoi ! Arrête de te faire du cinéma !”, certainement pas à une simple question en réponse. Il sursauta et fixa son parrain du coin de l’oeil, ébahi par le calme et la compréhension de l’adulte. T’es sûr que toi, t’es normal ? semblait dire son regard.

“Heu… “Cool je suis un Sith !” suivi tout de suite par “Faire des trucs comme ça, c’est impossible, ou tu délires ou t’es pas normal !” resuivi derrière par “Mais quand même, c’est trop la classe ! Mais t’as intérêt que personne le découvre.” Heureusement, Erin était trop petite pour le dire et Hugh et les deux abrutis faisaient des conneries, ils allaient pas raconter ce qui était arrivé… Je sais pas… C’est un mélange de fierté et de peur... C’est bizarre.”

Finalement Thomas descendit du bureau en un saut et s’exclama, à nouveau les bras croisés, cette fois en regardant bien Dray dans les yeux.

“Mais d’abord, pourquoi tu trouves pas ça bizarre, toi ?! Et puis comment tu savais quelle question il fallait me poser ?!”

Mais on toqua à la porte et un employé revint avec ce que Dray avait commandé. Et comme lui, Tom attendit qu’il soit parti pour reprendre la parole. C’était pas ses affaires !

“Je veux pas de petit déjeuner, je veux des réponses !” râla le garçon en obéissant quand même.

“C’est quoi le rapport entre les lettres et le fait… que je sois disons un X-man !... ?”  

Dray répondit. Et là, il y eut un long silence qui dura et…

“... Je suis… quoi ?”

Qu’est-ce qu'il dit là, parrain ? Tommy regardait à présent Dray comme s’il s’était soudain mis à changer de couleur. Et puis finalement… Ca y est, il avait compris ! Il s’exclama en riant jaune et en se relevant :

“En fait, on est fous tous les deux ! Tu m’as bien eu... même si c’était pas drôle ! Comment t’as fait pour les oiseaux, n’empêche ? T’as payé un fauconnier ? Je vais rentrer, ça vaut mieux ! Papa et maman vont pas me rater. Mais t’as dû te faire enguirlander aussi quand Papa a appris que ta blague m’a fait faire le mur ! Bien fait !”

Il valait mieux oublier tout ça. Son parrain avait réussi à le piéger en beauté et lui, il avait couru. L’accident de voiture, il avait eu tellement peur. Il avait cru mais ce n’était que son imagination. Oui, mais les accidents avec Erin, Hugh et les débiles, il n’avait rien imaginé du tout, là ! Et alors qu’il eut ce petit doute, son parrain enfonça la porte de sa rationalité à grands coups de pied…
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeJeu 1 Aoû 2019 - 15:36

Dray sourit quand son filleul lui tira la langue. Tom grandissait vite mais ils avaient encore un peu de temps. En attendant, il se devait de le recadrer un peu. Après tout, le gosse venait de faire sa première fugue même si cela restait dans Londres pour venir le voir. Il fut satisfait de voir Thomas s’excuser immédiatement et apparemment de le penser. Bien, le reste était à la charge de ses parents pas la sienne. Tom avait l’air de comprendre le problème. C’était l’essentiel

Dans l’ascenseur, par contre, le ton fut très différent. Thomas ne sembla pas comprendre en quoi il avait mal agi.

“J’ai bien compris que tu avais un problème et on va s’en occuper. Mais encore une fois, tu aurais dû agir dès le départ autrement. Tu as fait mal à quelqu’un et tu as obligé un homme à quitter son poste. Alors crois-moi que tu vas obéir et que je ne le répéterai pas.” répliqua Dray froidement, peu enclin à laisser passer l’attitude du garçon et peu patient, comme à son habitude.

Le PDG tenta d’expliquer pourquoi il était fâché et en quoi le rôle de ses employés était important. Mais la question de Tommy montra bien qu’il était loin de comprendre l’étendue du problème. Dray n’était pas étonné. Et c’était heureux qu’à onze ans, ce soit le cas.

“Tout le monde n’est pas d’accord avec qui nous faisons des affaires et ce que nous vendons. Par exemple, on a arrêté de vendre des armes et les centrales à charbon. Aux Etats-Unis, ça n’a pas plu du tout. Ou on adapte notre marketing et nos lignes de produits au mode de vie et aux religions de nos clients, ça non plus, ça ne plaît pas à tout le monde. Et certaines personnes sont extrémistes et utilisent la force pour essayer de nous faire changer.”

Une fois dans le bureau du PDG, Dray tenta de dissimuler son trouble mais sans succès, comme lui fit comprendre Tommy.

“Excuse-moi bonhomme, ce n’était pas mon intention. Ton problème n’est pas grave mais il va mettre du temps à se régler.” dit l’adulte avec honnêteté. Inutile de faire comme si de rien n’était, Tom était trop malin pour ne pas se douter de quelque chose.

Dray tenta alors de creuser pour comprendre comment on avait pu arriver à collectionner les enveloppes de Poudlard. Et la réaction de Tom fut manifeste. Ok, il y avait un problème. Pour un peu, Fox se voyait au même âge. En tout cas, la réponse du gosse était assez claire. Pas pour rien qu’il avait utilisé cet exemple, c’était que ça lui était arrivé, Dray ne prenait pas beaucoup de risques à parier, vu sa tête…

“Oui par exemple.” répondit-il complice, d’un air entendu.

“Vrai de vrai.” dit-il finalement quand Tom lui demanda une nouvelle preuve de confiance, en l’accueillant à ses côtés, un bras autour de ses épaules pour le mettre en confiance. Dray comprenait très bien le sentiment de son filleul. Ça devait paraître complètement fou d’être capable de faire des choses extraordinaires, même pour un garçon, fan de fantasy et de super-héros. Tommy était de caractère pragmatique, il rêvait mais il restait les pieds sur terre.

Fox écouta sans interrompre son filleul raconter tout ce qu’il avait sur le coeur. Il comprenait nettement mieux pourquoi personne n’avait su. Mais pour le coup, les accidents de magie ne furent pas le sujet qui retint le plus son attention.

“Tu t’es fait racketter ?! C’est grave, ça ! Tu en as parlé à ton prof ou tes parents ?”

Mais si l’adulte fut inquiet, il fallait quand même revenir au sujet. Il semblait que les accidents magiques se produisent quand Tom avait suffisamment peur…

“Je te crois. Je te connais, je me doute que tu n’as pas fait exprès, même si dans ce cas-là, je ne t’aurais pas donné tort, si tu l’avais fait. Ils ne l’ont pas volé ! Je suis même fier de toi ! Et au delà de cette histoire de racket, je comprends que tu n’aies jamais rien dit. Je crois vraiment que l’accident de voiture, tu l’as empêché. Comme tu as empêché Erin de tomber dans l’eau, tu n’as pas fait de bêtise, tu as évité un accident, c’est bien. Et tu as empêché le concierge de vous voir, Hugh et toi. On passera sur cette bêtise-là, il y a prescription.”

C’était une situation compliquée pour un enfant de non-maj. Le regard des autres, la parole remise en doute, les discussions avec les adultes, “ne dis pas de bétises…”, “arrête de rêver, tu lis trop de comics”,... C’était un coup à se retrouver chez le pédopsychiatre… Forcément, Dray qui réagit dans le sens de Tom, cela devait le surprendre. Le PDG se retint difficilement de rire en voyant le coup d’oeil plein de doutes de son filleul. Mais quand il lui répondit, impossible. Le coup du Sith l’emporta. Il souligna tout de même en tentant de calmer son hilarité.

“Langage, mon grand !”

Bon, en tout cas, les choses étaient beaucoup plus claires à présent. Le problème était de l’expliquer à Tom d’abord et à ses parents après et ça, ça n’allait pas être de la tarte.

“Ce n’est pas bizarre, c’est un sentiment très naturel quand on est capable de faire des choses qui sortent de l’ordinaire mais qu’on ne comprend pas.” dit donc l’adulte pour commencer. Mais il n’eut pas le temps d’aller plus loin que Tommy trouva bizarre que son parrain ne réagisse pas plus que cela face à une situation qui le dépassait complétement, qu’il ne s’expliquait pas. Et mine de rien, ses questions étaient loin d’être bêtes... Dray sourit pour se montrer rassurant.

“Parce que je devine ce qui se passe. Je sais ce que je cherche. Je vais t’expliquer.”

La commande arrivée, Dray voulut les mettre dans un contexte favorable mais c’était sans compter l’impétuosité de Tom.

“D’accord. Je vais te les donner. Assis-toi.”

Dray les servit malgré le refus de son filleul, se doutant qu’il ne serait que temporaire.

“Tu n’es pas un X-man, mais disons que c’est tout comme. Tu es un sorcier. Tu as des pouvoirs magiques. Mais à ton âge, il ne se manifeste que dans certaines conditions, quand tu ressens de vives émotions. Et dans ton cas, le déclencheur est la peur.”

Fox s’attendait à de l’incompréhension mais pas à la réaction de Tom. Il croyait qu’il lui faisait une blague ? Sérieusement ?

“Je ne plaisante pas, Tommy. J'ai quand même autre chose à faire de mon temps, mon grand.”

Mais déjà, le gamin voulut prendre la tangente. Et connaissant la rapidité d’action de Thomas, il avait intérêt à avoir des arguments fulgurants. Pas le choix. Fox sortit sa baguette et alors que son filleul lui tournait le dos pour ramasser son sac, il fit léviter la tasse de chocolat devant ses yeux.

“Tommy, la magie existe. Et tu es un sorcier. Assis-toi d’accord ?”

En guise d’invitation, il reposa la tasse sur la table basse devant le fauteuil qu’occupait Thomas. Et il posa sa baguette au milieu. Il attendit patiemment que le gosse cède pour poursuivre ses explications.

“Si tu apprends, tu sauras la maîtriser. Les lettres que tu as reçu viennent du plus grand collège de sorcellerie du pays parce que onze ans est l’âge d’entrée. Après les vacances d’été, au lieu d’entrer au collège qui était prévu, tu peux choisir cette nouvelle voie. Avec l’accord de tes parents. C’est pour ça qu’un homme doit venir. Pour vous expliquer ce qui se passe.”

Dray prit sa tasse de café et en but une gorgée avant de prendre une cigarette dans son étui et son briquet dans la poche intérieure de sa veste.

“Je suis un sorcier moi aussi. Tes parents l’ignorent. C’est un secret qu’on doit garder. Ceux qui n’ont pas de pouvoirs magiques ne sont pas sensés savoir que nous existons. Mais comme tu as développé des pouvoirs, toi, ils ont à présent le droit de savoir.”

Il finit par dire en allumant sa cigarette.

“Mais il faudra leur dire en douceur.”
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Thomas Coal
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeVen 16 Aoû 2019 - 13:58

Oula ! Alerte, alerte ! Quand Dray le recadra bien comme il faut cette fois, avec une voix rude comme pas possible et qu’il n’avait jamais entendu de sa part, Tom comprit (il était temps…) qu’il avait largement dépassé les limites et qu’il avait tout intérêt à revoir sa copie immédiatement. Son parrain avait été tellement cinglant dans le ton, que par réflexe, le garçon avait rentré sa tête dans ses épaules, comme pour essuyer le coup. Et il fallait dire que les conséquences de ses actions explicitées ainsi, Thomas saisit quand même toute l’ampleur du problème du point de vue de l’adulte. Ses parents lui avaient assez expliqué qu’on ne faisait pas mal à autrui et ensuite, sa boule puante avait créé une faille de sécurité dans le bâtiment et c’était grave, comme lui expliqua ensuite le PDG.

“D’accord, excuse-moi, j’ai compris. J’irai m’excuser mais tu veux bien m’accompagner ?” réagit donc le gosse d’une petite voix, pas très sûr de lui quand même. Les adultes, ça faisait toujours une montagne de pas grand chose et vu la fureur du type propriétaire du pied, ça allait être sa fête. Avec la présence de son patron, il serait bien obligé d’être tempéré. Dray ne permettrait jamais qu’il aille trop loin.

Ceci étant réglé, Tom poursuivit sur ce que lui avait expliqué l’adulte sur la question de la politique du Groupe Fox.

“Mais quand tu parles d’extrémistes, tu veux dire la nourriture halal qui fait enrager les racistes ou les tests sur les animaux combattus par les groupes écologistes ?”

Le problème qui avait mené le gamin à son parrain fut vite expliqué dans le bureau de ce dernier. Et Tommy s’était attendu à beaucoup de choses mais pas à ça.

“Ben c’est rassurant, tiens !” répliqua le gosse avec une grimace d’impatience quand Dray s’excusa de lui faire peur avec sa décision de prendre sa journée. Parce qu’il avait beau dire, le tonton, les petits problèmes ne mettaient pas une journée à se régler !

Et ils avaient parlé. Et au final, rien ne se passa comme Tom l’avait supposé.

D’abord Dray ne sembla absolument pas étonné de l’entendre dire qu’il faisait des trucs de barge. Ensuite, au lieu de considérer le fait qu’il envoyait des camarades dans le décor sans les mains être prioritaire comme n’importe quelle personne sensée, c’était le fait qu’on ait tenté de lui soutirer son argent de poche et obligé à faire des devoirs qui n’étaient pas les siens. Normal…

“Non mais t’inquiète pas, je suis allé trouver toutes leurs victimes, on s’est allié et on leur a tellement pourri la vie à notre tour qu’on leur a fait passer le goût de vouloir jouer les grosses brutes. Le laxatif dans la bouffe qu’ils croyaient nous piquer, les devoirs bourrés d’erreurs, les boules puantes dans leurs affaires de sport et les fringues piquées à la piscine avec photos d’eux à poil menacées d’être publiées sur insta et facebook, en autres, les ont bien calmé. Revenons à mon problème !” répliqua avec autorité le gamin en insistant bien sur le pronom possessif.

Tom souffla de soulagement quand il reçut la pleine confiance de Dray, qu’il n’émette aucun doute et qu’il ne le gronde absolument pas sur les circonstances de ces incidents qui lui pesaient sur le coeur depuis quand même longtemps à présent. Parler à un adulte et être cru lui faisait du bien. Il se sentait plus léger. Et quand son parrain se mit à rire, même s’il lui souligna qu’il devait être moins grossier, il se laissa entraîner avec lui dans l’hilarité sans raison autre que les nerfs qui lâchaient.

“Tu peux parler, le Yankee, t’en lâches des belles toi aussi !” répliqua-t-il malicieusement en accompagnant son parrain dans son rire. Tom était très partisan du “avant de nettoyer mon palier, occupe-toi du tien”.

Finalement, ils reprirent l’un et l’autre leur sérieux et Thomas écouta finalement attentivement Dray répondre à ses questions. Mais la solution le laissa parfaitement incrédule. Comment on pouvait croire à un truc pareil, franchement ? C’était une réponse parfaitement idiote ! Un sorcier ? Sérieux ? C’était aussi n’importe quoi que de dire que les X-mens, c’était tiré d’une histoire vraie !

Alors Tom réfléchit vite fait et en vint à la conclusion que, puisqu’il était friand des blagues en tout genre, son parrain avait voulu lui en faire une, genre caméra cachée, en y mettant les moyens ! Enfin, pas comme s’il ne les avait pas, les moyens… Mais étonnamment, alors qu’il aimait bien qu’on lui rende la pareille normalement, là, Thomas ne trouva pas ça drôle. Il se força à rire en reconnaissant la victoire de l’adulte mais sincèrement, le coeur n’y était pas. D’habitude ça le faisait marrer qu’on réussisse à le piéger, mais là… Et l’explication était très simple et Tommy le savait. Dans son for intérieur, il devinait que son raisonnement ne tenait pas debout et une petite voix peureuse, convaincue par la réponse de Dray, argument indiscutable qu’un homme de son envergure avait autre chose à faire de ses journées que monter un truc aussi énorme, sur plusieurs semaines, pour faire une simple petite blagounette à son filleul, lui soufflait que c’était vrai.

Alors comme la plupart des gens, Tommy décida de fuir plutôt qu’affronter la réalité. C’était une blague de son parrain, il n’en démordrait pas ! Sauf que le souvenir d’Erin, Hugh et les deux débiles le ralentit. Ce que fit Dray le stoppa net par contre.

Tom regarda abasourdi la tasse léviter devant lui, son sac tomba par terre. Il passa une main hésitante sous et sur la tasse, comme le ferait un magicien pour prouver qu’il n’y avait pas de truc dans son tour. Il finit par s’exclamer d’une voix blanche :

“Co… Comment tu fais ça ?!”

Et finalement, comme s’il venait de se prendre une claque, Dray n’eut pas à patienter longtemps, il obéit à son parrain quand il fut assez remis de ses émotions et reprit sa place dans le fauteuil comme un automate et surtout comme n’importe quel gamin apeuré de onze ans face à un fait à assimiler bien trop grand pour lui, c’est à dire qu’il avait l’air bien petit dans son siège... Et il écouta bien sagement à présent les explications de l’adulte, sans rébellion. Mais la dernière phrase de Dray le fit littéralement paniquer.

“Comment on va leur dire un truc pareil en douceur ?! Votre fils est pas normal, il est capable de télékinésie, d’invisibilité et de je sais pas quoi d’autre, et il va devoir aller dans une école spéciale ! Ils vont le prendre comment, tu crois ?!”

Ce qui faisait peur à l’enfant était qu’il était incapable d’imaginer la réaction de ses parents. Ils allaient être en colère ? Ils allaient moins l’aimer pour ne pas être comme les autres ? Allaient-ils seulement admettre la vérité ? Lui-même avait du mal à l’avaler alors qu’il s’était vu faire ces trucs… magiques ! Et puis d’autres choses encore l’inquiétaient !

“Tu te rends compte que papa ne va pas du tout apprécier que tu lui aies caché un truc aussi gros pendant plus de dix ans ? Moi je veux pas que vous vous engueuliez ! Et je ne veux pas aller dans ton école ! Je veux pas être séparés de mes copains ! Attends, Ashley vient enfin d’accepter de venir avec moi au cinéma et tu me dis que je vais devoir à la rentrée aller je sais pas où ! Et d’ailleurs, il est où ton super collège ?”

Sans trop comprendre pourquoi, Thomas sentait de la colère monter. Il ressentait tout ça comme une punition. Et comme tous les gosses en colère, il se mit à bouder et comme à son habitude, il croisa les bras et se mura un moment dans le silence. Mais dans son mutisme, ses yeux se portèrent sur la baguette de son parrain. Merde alors ! Une vraie baguette magique ! Comme dans les contes ! Comment ça marchait ? La curiosité fut plus forte que sa mauvaise humeur.

“Je peux prendre ta baguette ?” demanda timidement Tommy.

Avec l’accord de son parrain, il la prit soigneusement et l’examina attentivement. Il sortit même sa règle ! Tom la trouva belle et très à l’image de son parrain. De forme générale ronde pour s’affiner peu à peu vers la pointe, elle était visiblement composée de deux bois. D’abord elle présentait ce qui devait correspondre au manche de treize centimètres dans un bois très pâle, presque blanc, au grain très fin, dur et dense. Ensuite, une bague en or noir d’un centimètre devait symboliser la garde. Sur le métal, on avait gravé ce que Thomas apprendrait ensuite être un Stafur gegn galdri, un symbole magique islandais contre la magie paradoxalement. Enfin se présentait la plus grande partie de la baguette, en pin blanchi, ça aussi Tommy le saurait plus tard. Le traitement avait rendu le bois tantôt blanc, très proche de son frère, tantôt gris et on pouvait voir par contraste les veines du bois, espacées et rendues presque noires serpenter au gré du hasard souligner et décorer agréablement la courbure de l’instrument par des arabesques naturelles.

“Comment ça marche ? On secoue la baguette en désirant ce qu’on souhaite et…”

Et Tom eut le malheur de méler le geste à la parole. Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Heureusement, il ne pointait pas Dray mais son bureau. Le bois qui le composait sembla soudain revivre et on vit des branches pousser et bourgeonner en jolies feuilles d’un beau vert, un peu partout sur toute sa surface. Heureusement l’ordinateur et le Thom furent épargnés mais le reste fut joyeusement expulsé sans ménagement.

“Dis donc, ça fait de jolies feuilles, l’ébène !” s’exclama Tom sur le ton de la badinerie, même si en réalité, il n’en menait pas large du tout. Il reposa d’ailleurs très soigneusement l’instrument sur la table.

“Pardon Parrain...” finit-il par dire en se mordant la lèvre dans une adorable grimace. Il savait bien qu’il avait commis une bêtise.

“C’est pas une bonne idée ! Ca fait même pas cinq minutes que tu me dis que je suis un sorcier et je fais déjà des catastrophes. Visiblement, c’est pas mon truc !” se renfrogna le garçon en regardant le bureau d’un oeil noir… et en recroisant les bras.
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeDim 27 Oct 2019 - 1:23

Finalement, Tommy finit par comprendre qu’il avait été trop loin en faisant tourner les gardes en bourrique. Bon il avait fallu que Dray se fâche réellement mais il fut satisfait de voir le message finir par passer. Alors quand son filleul lui demanda la faveur de l’accompagner, le trentenaire s’adoucit et sourit tranquillement.

“Ok.” répondit-il simplement sans plus relancer le débat et en passant une main affectueuse dans les cheveux du gamin. Il partageait de toute façon son opinion sur la réaction possible de ses employés et donc l’aurait de toute façon accompagné par sécurité, mais ça, Tom n’était pas obligé de le savoir.

Ils en vinrent à discuter des raisons qui poussaient Dray à sécuriser autant son entreprise. Il n’était bien sûr pas question de parler de menace mangemort (enfin pas encore à ce stade de la journée, Fox le découvrivrait sous peu…) mais il n’y avait pas qu’eux de toute façon qui posaient des problèmes au Groupe et Thomas résuma très bien le problème. Dray acquiesça à ses exemples mais ne relança pas plus. Il n’y avait pas d’intérêt à pourrir l’esprit du gosse avec des histoires d’adultes cons comme des chaises (et encore c’était méchant pour les chaises…), il avait compris où il voulait en venir, c’était l’essentiel.

“Par exemple, oui.”

Dans le bureau, la conversation principale étant lancée, Dray se retint de rire quand son filleul lui signifia que lui dire que ce serait long n’était pas plus rassurant. Décidément, la capacité sarcastique de ce gosse l’étonnait toujours et surtout faisait bien trop écho à ce qu’il avait été et était toujours. Il comprenait qu’Abby et Alec disent plaisantant qu’ils sentaient à la maison quand ils passaient beaucoup de temps d’un coup ensemble, genre des après-midi complètes, ce qui arrivait quand même régulièrement pendant les vacances de Tom. Apparemment, une dose de son parrain et Tommy se lâchait sur le sel… Enfin, Dray n’y était pour rien si Tom était un râleur caustique. Mais Alec avait eu du nez en le choisissant pour parrain, pour ça, Fox ne disait pas le contraire...

“Bon d’accord, ta situation craint et on n’est pas sorti des ronces. C’est mieux ?” ironisa finalement l’adulte.

Enfin, on plaisantait, on plaisantait mais ce ne serait pas facile, il fallait quand même bien le dire. Mais pas à pas, ils avaient fini par dérouler toute la pelote du problème. Avec quelques déviations, comme cette histoire de racket, parce que oui, n’en déplaise au gnome, c’était un sérieux problème aux yeux de Dray, plus grave que sa nature de sorcier découverte ! Pas question qu’on touche à un de ses cheveux, même des morveux ! Mais Thomas le rassura et le bluffa tout à la fois…

“... Ah quand même. Là, je suis bluffé. Pourquoi je m’inquiète ?”

Il fixa du coin de l’oeil son filleul sans savoir s’il devait être fier, inquiet ou fâché de ce retournement de situation pour le moins drastique, mené de main de maître par le gamin. Pas la peine de chercher dans quelle maison il serait envoyé… En tout cas, Fox était persuadé de ne pas prendre trop de risques en pariant sur Serpentard.

Mais Tom lui rappela qu’il était venu pour tout autre chose que cette “banale” histoire. Alors l’adulte et l’enfant recentrèrent la conversation sur le sujet qui importait.

Fox accepta le tacle de l’adolescent avec autant d’amusement que de modestie. Il avouait qu’il n’était peut-être pas le meilleur pour faire la leçon à ce propos, il jurait souvent comme un chartier.

“Le point est pour toi, Beefeater !” ricana d’ailleurs l’adulte.

Mais il ne fut très vite plus le temps de rire puisqu’il était temps de dire les choses telles qu’elles étaient … et de les montrer ! S’il fallait cela pour convaincre Tom, ce n’était pas ce qui allait arrêter Dray. Il aurait bien ri en voyant le gamin passer sa main autour de la tasse pour s’assurer qu’il n’y avait pas de truc, si le moment n’était pas aussi important au moins pour l’adolescent.

“Sorcellerie.” fut la seule réponse de l’adulte, calme, sans émotion particulière, comme une évidence. Il soupira en voyant la mine déconfite et surtout effrayée de son filleul. Ils avaient encore du chemin à faire et pas tant de temps que ça… La peur du gosse était légitime, il voyait son univers basculer, il y avait de quoi.

“Tu n’es pas anormal, Tom. Tu es ce que tu es. Il n’y a pas de normalité en ce monde. Ceux qui le prônent sont des imbéciles. Tu sais que tes parents pensent comme moi. Ils seront surpris, ça, c’est un fait ! Mais tu ne changeras pas à leurs yeux. On parle d’Alec et Abby, bon sang. Tu dois avoir confiance en eux et en toi. Je suis anormal selon toi ?” fit remarquer Dray avec douceur quand Tom paniqua pour tenter de lui faire voir les choses sous un autre angle.

“Ecoute, tu es doué en escrime. Imaginons que tu le sois tellement qu’on te repère et qu’on te propose d’aller dans un collège de sport/études, tu te trouverais anormal ? Tu as des capacités rares qui demandent simplement un apprentissage particulier. Et il y a peu d’endroits où on pourra te l’apporter. En ça, je t’accorde le spécial. Singulier. Différent. Ok. Mais pour le reste, je ne permettrais jamais ce champ lexical.”

Dray, lui, ne s’inquiétait aucunement de la réaction d’Alec et Abby quant à leur fils. La peur de Thomas était légitime, c’était celle d’un gosse déboussolé par une vérité pas évidente à digérer du tout. Mais il se faisait pas mal de films au passage. Enfin, fallait bien que ça sorte, autant qu’il verbalise immédiatement ses craintes et ses angoisses. Son rôle de parrain, à lui, et encore plus maintenant qu’il se positionnait comme mentor au moins temporaire, par la force des choses, c’était de tenter de le rassurer et de le garder sur de bons rails.

“Pour ce qui est de ton père et moi, il a connu ce qu’il y avait de pire en moi et il est resté. Mieux que ça, il m’a sorti de la boue. Et il sait à qui il a affaire. Je suis un menteur, un tricheur et j’ai autant de secrets qu’un gouvernement, il le sait très bien. Et je suis ton parrain. Ce ne sera qu’un sur la liste. Pas le moins gros, je te l’accorde. Mais on ne se fâchera pas pour ça, ne t’en fais pas, va ! Et puis, ce n’était pas comme si j’avais eu le choix en plus. Ça, il va falloir que tu l’imprimes très vite. C’est la première de toutes les règles. Les non-sorciers doivent rester dans l’ignorance. Je sais que c’est très difficile pour nous qui sommes issus de cette société, qui y avons des amis et une vie, j’ai eu de sérieuses piqûres de rappel, il y a encore une dizaine d’années, mais c’est impératif.”

Mais Thomas, au delà de son angoisse quant à la position de ses parents, montra surtout qu’il n’était pas du tout chaud à l’idée de quitter Londres. Et ça, c’était aux yeux de Dray un problème beaucoup plus sérieux que dire la vérité à ses parents ! Si Tommy refusait aussi nettement, et bien... ils allaient peut-être bien en baver ! Jusque là ils avaient eu de la chance avec les accidents magiques. Ca n’allait peut-être pas durer ! Apprendre la magie n’était pas seulement choisir une voie singulière, c’était avant toute chose apprendre à la contrôler, la canaliser. Pas pour rien que ça se faisait pendant l’adolescence ! La croissance, les hormones et tout le bordel, ça jouait aussi sur la magie hein ! Ils risquaient bien de connaître des lendemains dignes de gueule de bois si Tommy refusait cette étape. Et quand il saurait où il devrait aller, Dray devina d’office que ça allait être rock and roll… Il se dit qu’il pouvait y aller franco, ça ne servait à rien de mentir au gosse et vu qu’il était déjà réfractaire, on n’était plus à cela prêt. Une mauvaise nouvelle bien enrubannée restait quand même une mauvaise nouvelle.

“Ecosse. Un pensionnat dans un château hanté tout ce qu’il y a de plus magique et donc bordélique, dans un vrai trou paumé des Highlands. Dépaysement garanti.” répliqua donc sarcastiquement Dray en tirant sur sa cigarette, nonchalant, penché en avant, les bras en appui sur ses genoux, jambes écartées. Mais il redevint sérieux et très ferme. Sa position ne changea pas d’un iota et pourtant toute son attitude transpirait à présent l’autorité.

“Ecoute, personne ne te forcera à y aller si tu ne veux pas. Mais grandir sans apprendre à contrôler ta magie, ce n’est pas bon. Tu as eu peu d’accidents magiques, des moments où la magie s’est manifestée sans que tu l’aies voulu, c’est une chance. Mais rien ne nous dit que cela restera ainsi. Et même si cela reste peu fréquent, tu n’auras pas toujours la chance d’avoir des témoins qui ne peuvent pas témoigner. Surtout à une époque où tout le monde a une caméra et accès à un réseau de désinformation mondial dans la poche. Alors que tu ne veuilles pas quitter ta maison et tes amis, d’accord. Je comprends tout à fait et pour des raisons que tu découvriras bien assez vite, je suis même plutôt partisan à ce que tu restes là où tu es. Mais je convaincrai quand même tes parents qu’il te faut des cours de magie, quitte à avoir un prof à la maison. Parce que, que tu le veuilles ou non, c’est une partie de toi que tu devras apprivoiser.”

Il eut une pause, le temps de boire un peu de café. Il en profita pour chercher quelle direction donner au débat. Pas qu’il veuille à tout prix convaincre le gosse, loin de là même, mais il préférait que tout fusse dit avant que le Ministère s’en mêle officiellement… Et eux, ils allaient y aller sur le papier cadeau et le ruban ! Avec un massage thailandais en plus ! Et ils ne lâcheraient pas les Coal facilement ! Autant préparer le terrain...

“Je ne vais pas te mentir, ce choix de Poudlard sera un changement radical. Il y a sept ans de formation. Mais il n’y a pas que du négatif. C’est plus un défi qu’on te lance. Tu auras l’impression de vivre une putain d’aventure fantasy, un vrai rpg irl ! Tu vas découvrir un monde complètement différent, plein de mystères, qui est le tien au même titre que celui dans lequel tu vis en ce moment. Tu te feras de nouveaux amis. Tu pourras apprendre à lancer des sorts qui te permettent n’importe quoi ou presque, à voler sur un balai, à jouer au quidditch, un sport sur balais qui devrait te plaire, à te battre en duel de magie comme tu as appris l’escrime, avec des sorts en guise de techniques et ta baguette en guise de lame, à faire des potions aux effets tout aussi divers, découvrir des créatures plus étranges les unes que les autres. Et niveau farces et attrapes, c’est du haut level. Tu vas aussi découvrir que ce n’est pas plus rose là bas qu’ici avec les bons et les méchants. Aucun monde n’est idyllique. Surtout, tu auras le choix. Je ne veux pas que tu te réveilles un jour avec des regrets. Tu te plaignais de t’ennuyer, il y a quelques semaines, que les jours se ressemblaient, là, je te garantis qu’aucun jour n’est pareil.”

Dray reposa finalement sa tasse de café, qu’il avait gardé en main durant ses explications et dont il avait bu le contenu entre deux phrases.

“Si tu es inquiet, c’est parfaitement normal. Mais si ça peut te rassurer, je vis à Poudlard un jour sur deux ou presque. Et j’y ai plein de potes et mon frangin qui seront ravis d’avoir un nouveau petit frère sur lequel veiller. Tu ne seras pas seul. Tu apprendras que magie et technologie ne font normalement pas bon ménage. Mais comme ton parrain est un as, je peux te filer un accès internet haut débit, un pc et un portable qui résistent bien à la magie pour que tu emmènes un bout de la maison avec toi. Tu pourras parler à tes parents tous les soirs et surfer et continuer à jouer. Ça, par contre, comme le fait que ton père est mon parrain des NA, faudra que ça reste entre nous, hein…”

Enfin, jusqu’à ce qu’il parvienne à convaincre les actionnaires sorciers de la Fox de la nécessité de faire entrer une partie du monde non-maj dans le leur (si l’inverse était impossible, il en avait payé chèrement le prix, dans ce sens-là, il n’y avait que les cons qui y retrouveraient à dire) et qu’il y avait un max de blé à se faire dans la manoeuvre ! Et soutenu par les descendants directs des non-maj et les sang mêlés, il était en passe de réussir… Enfin aux USA et d’autres pays c’était déjà bien avancé. Mais en Europe, on n’était moins ouvert au concept. Et le Royaume Uni était encore plus bouché que les autres. Surtout depuis quelques années… Le Royaume-Uni avait beaucoup de cons ! On n’allait donc pas le crier sur les toits.

Mais alors que Dray se laissait aller à réfléchir en observant le contenu de sa tasse, sa cigarette coincée entre deux doigts de la même main, Thomas lui demanda s’il pouvait prendre sa baguette. Pensif, le New-yorkais ne vit aucune raison de refuser et accepta par pur réflexe sans réfléchir aucunement. Il percuta trop tard sur un détail de poids. Le caractère… joueur… de sa baguette. Quand cela fit tilt, il était déjà trop tard. Fox se marra, (et de bon coeur, ce qui était à noter !) en se passant en même temps les doigts de sa main libre sur les yeux, à la fois très amusé et consterné. Pour une première expérience avec la magie, c’était réussi. Abruti ! Et c’était lui, l’adulte qu’il insultait !

“Tu n’y es pour rien, Tommy ! C’est de ma faute. J’ai oublié que ma baguette ne se laisserait pas faire. Ces instruments ont leur caractère, et certaines en ont un bien salé ! La mienne refuse par exemple catégoriquement d’obéir dans d'autres mains que les miennes. Mais au lieu de simplement ne pas fonctionner, elle fait ce qu’elle veut, ce qui se résume à foutre le bordel. Elle est géniale !”

Et c’était parfaitement sincère, pas du tout une ironie ! Dray adorait sa baguette. Son caractère allait tellement bien avec ce qu’il était, lui ! Et puis, elle lui avait sauvé la peau ! Bon, il avait fallu qu’il accepte qu’elle ait entraîné la mort de quelqu’un mais c’était un point de l’histoire sur laquelle il avait fait la paix. En un an, il fallait bien qu’il ait un peu progressé.

Et pour prouver au gamin que rien de grave n’était arrivé, Fox avait tout remis en place en quelques secondes et en quelques mouvements du poignet. Enfin, il était quand même intéressant de voir une telle réaction de sa baguette avec un total ignorant. Et s’il fallait une preuve définitive que Tom était un sorcier, on ne pouvait pas faire meilleure démonstration.

“Au contraire, Tommy, je crois bien que tu es doué ! Ma baguette fout le way, mais elle garde quand même une notion de proportionnalité avec la puissance et les intentions du lanceur. En gros, si tu es cool et que t’as rien à te reprocher, elle te fait des blagues. Si tu as des mauvaises intentions, tu auras invariablement de la casse. Et plus tu es doué et plus c’est gros. Si tu es une bille, tu auras juste une baffe, si tu es très puissant, c’est l’apocalypse qui te tombe dessus. Et faire pousser des bourgeons sur un bois coupé depuis plusieurs années, je catégorise ça dans les trucs cools et ce n’est pas rien.”

L’adulte et l’enfant discutèrent encore un long, long moment de ce qu’était le monde des sorciers mais il n’est pas utile de tout détailler. Disons seulement que Dray fut d’une parfaite franchise avec son filleul. Il choisit avec attention ses mots parce que le gosse n’avait que onze ans mais il aborda toutes les problématiques qui lui venaient à l’esprit et répondit à toutes les questions de Tommy. Même la guerre fut abordée. Et c’était surtout ce sujet-là que redoutait Fox par rapport à Abby et Alec. Il aurait un enfant mais jamais il n’accepterait de l’envoyer dans leur monde, au Royaume-Uni, en tout cas ! Il ne s’était jamais réellement posé la question avant qu’il ne déraille pour de bon. Mais depuis il avait un avis très arrêté sur le sujet, allez donc savoir pourquoi ! Mais Poudlard était parfaitement sécurisé et Dray avait une confiance absolue en Umi. C’était ce qui se passait hors de Poudlard qui le faisait baliser. Tom serait illico ajouté à la liste des protégés de Bobby Manning ! Parano ? Rien à foutre !

Mais ce monde, Thomas en faisait indubitablement partie. Et on ne pouvait pas choisir pour lui de l’en priver ou non. Même si Dray était devenu un peu un anti-sorcier (britannique surtout…) pour être honnête, au cours des quinze derniers mois, (ce qui était quand même assez emmerdant pour un homme de sa position mais passons), dans le sens où il trouvait que ce qui se passait dans le pays était devenu de la folie furieuse, et que les sorciers en général avaient un sacré problème d’ego qu’il tolérait de moins en moins, il ne pouvait pas cacher à son filleul la vérité d’abord et les Coal devaient choisir en toute connaissance de cause ensuite. Lui n’avait aucun droit ou parti à prendre en l’occurrence, qu’importe ce qu’il pouvait bien en penser.

Thomas ne prit aucune décision. Mais il y avait quand même eu un changement. De contre, il était passé à ni l’un, ni l’autre. Pas tant que ses parents n’étaient pas au courant. Et comme on avait pu le remarquer, il était un garçon porté sur l’action. Du coup, le retour à la maison fut rapide après cette discussion à coeur ouvert avec son parrain. Et après le filleul, ce fut le tour des parents.

Alec et Abby étaient géniaux. Fox avait cru en eux et il avait eu raison. Le trentenaire avait décidé de ne pas faire de tours et de détours et qu’une démonstration serait nettement plus convaincant et surtout plus rapide que n’importe quelles explications. Le coup de la tasse, il l’avait fait avec les meubles du salon. Et ils avaient observé le phénomène, Abby les yeux ronds comme des billes certes, Alec plus mesuré mais pas moins surpris, on pouvait le comprendre mais finalement, ils acceptèrent rapidement le concept et surtout le fait que Tom puisse être capable de faire de même un jour. Il n’y eut pas de “tu es sûr ? pas d’erreur possible ?”, ou d’autres trucs du style. Non. C’était plutôt “ok et on fait quoi maintenant ?”. Et c’était une bonne question ! Ce que Dray expliqua à Tom, il l’expliqua aussi à ses parents, de la même façon en un peu plus franc peut-être, surtout une fois que les gosses furent couchés.

Sur la terrasse du jardin, la soirée touchant à sa fin, Dray et Alec discutaient évidemment encore du sujet. Abby devant se lever très tôt pour son service à la clinique, elle laissa les hommes entre eux car elle avait considéré que la question pouvait bien attendre le lendemain, puisque ce n’était de toute façon pas en une après-midi et une soirée qu’ils prendraient une décision, ce qui était fort sensé.

“Tommy était inquiet que tu sois fâché que je ne t’ai rien dit.” finit par dire Fox dans un sourire attendri. “Il est mort de trouille même s’il ne le dit pas.”

“Il faut dire qu’il y a de quoi.” remarqua son père avec sagesse. “Vous nous auriez annoncé qu’il vient d’une autre planète que ce ne serait pas très différent.”

Fox ricana à la comparaison.

“Pas faux.”

Il se mit d’ailleurs à regarder la lune, impassible, en portant une énième cigarette aux lèvres. Quelque chose le faisait cogiter depuis qu’il avait fait son petit tour de passe-passe à son ami et son épouse.

“Alec…”

Comme rien d’autre ne venait, Alec tourna la tête vers son ami, intrigué.

“Je t’écoute.”

“Tu le savais.”

L’Anglais se raidit. Il n’y avait pourtant aucune agression dans la voix de Dray. Il avait juste posé le fait, calmement, comme on affirmait un résultat mathématique, les yeux sur le ciel.

“Savais quoi ?” demanda Alec, mal à l’aise, comme quelqu’un qu’on prenait la main dans le sac à raconter des cracs.

“Tu savais pour moi et pour Tom. C’est pour ça que tu m’as choisi comme parrain.” affirma plus clairement Fox puisqu’on l’y invitait, toujours aussi calme. Alec soupira.

“En partie pour ça !” corrigea-t-il immédiatement après. “Comment as-tu compris ?”

“De la même manière que je te dépouille au poker. Tu es un bluffeur épouvantable. Tu n’étais pas assez surpris pour quelqu’un qui voit le parrain de son fils faire léviter ses meubles et qui l’entend dire qu’ils sont des sorciers. Ca a été d’autant plus facile de le repérer qu’Abby a été réellement abasourdie. Tu as eu la réaction de quelqu’un qui avait déjà vu un tel phénomène et entendu cette phrase mais qui fait semblant de le voir et l’entendre pour la première fois. Ton expression a été trop tardive. A mon tour. Comment toi, tu l’as su ?”

Alec s’assit dans une chaise de jardin, assez pesamment. Tommy avait eu peur des cachotteries que Dray lui avait fait alors qu’en fait c’était lui qui en avait fait à Dray. Et il n’en était pas fier, même si à l’époque, cela lui avait paru être une pas trop mauvaise solution. Fox vint s’appuyer sur la table à ses côtés tout en lui faisant face. Et il voyait bien que là, il avait mouché son ami et qu’il n’était pas forcément au mieux de sa forme pour le coup.

“Cela dit, je ne t’en veux pas. Je suis juste curieux.” le rassura donc le New-yorkais avec un sourire amical.

“Tommy… Quand on est rentrés de la maternité, la première fois qu’on l’a laissé dormir seul, dans sa chambre, il a pleuré, tout de suite. Je suis venu le calmer mais le temps que j’arrive, il s’était tu tout d’un coup. Je me suis précipité, tu t’en doutes et quand j’ai ouvert la porte, le berceau se balançait tout seul.” expliqua le père en mimant de la main le balancement tranquille qu’on pouvait donner à un berceau pour calmer un bébé. Dray prit le parti de ne pas l’interrompre et bien lui en prit puisqu’il eut de suite la réponse aux question que cela soulevait.

“C’est arrivé trois fois et à chaque fois, ça s’est immédiatement interrompu dès qu’il entendait le pas de sa mère. Et puis au bout d’une semaine, plus rien. Il s’était sans doute habitué à l’absence. J’ai été étonné mais j’ai fait le pari de penser que c’était le même phénomène que pour toi. Je me suis dit qu’il serait temps de s’en inquiéter le moment venu. Le temps a passé sans plus aucun incident, du moins je le croyais, alors j'ai laissé couler. Et je ne vais plus te mentir, c’est aussi pour ça que j’ai voulu que tu sois son parrain. En plus du fait que j’étais persuadé que tu t’en occuperais parfaitement bien, s’il nous arrivait quelque chose. J’ai bien compris pourquoi tu refuses le rôle de tuteur à part entière mais je veux que tu veilles sur nos enfants même de loin.”

Fox fit claquer sa langue, agacé par ce point-là en particulier.

“Et moi, je m’évertue à te dire que c’est une très mauvaise idée de miser sur moi. Heureusement que t’as abandonné l’idée que je sois seul sur la liste ! Revenons au sujet. Quel phénomène ?”

“Tu ne t’en es peut-être jamais rendu compte mais désintox et magie ne font pas bon ménage.” répondit l’Anglais avec douceur, préférant laisser de côté ce point de désaccord.

Ce fut au tour de Dray de se retrouver posément sur le cul. Merde...

“J’ai eu des accidents magiques pendant le sevrage…” murmura-t-il douloureusement.

“Pendant une crise de délirium, oui.” précisa gravement Alec. A l’époque, Fox se droguait avec tellement de trucs et buvait autant que cela avait été un symptôme parmi d’autres… Mais celui-là avait fait des étincelles au sens propre comme au figuré. En autres… Fait tourner les tables aussi…

“Je vois... “ finit par soupirer Dray, plutôt secoué d’apprendre ça, même plus de quinze ans après les faits.

“Et comment tu as su mettre les mots dessus ?”

“C’est Djenesa qui m’a expliqué, juste le minimum. Elle a assisté à cette crise, tu ne t’en souviens pas.”

C’était une affirmation mais Fox se sentit obligé de répondre.

“Non.” avoua-t-il simplement en aspirant une profonde bouffée de nicotine. Alec ne releva pas. Il valait mieux dans le fond que son ami ait oublié cela.

“Tu n’as fait qu’un délirium sur toutes tes périodes de sevrage, en tout cas de ce que je sais. Quand tu as essayé d’arrêter la première fois après notre rencontre. Ta magie a littéralement retourné l’appartement. Les meubles, les appareils électriques, les vitres, elle a tout fait sauter. Et j’ai été autant surpris et effrayé du phénomène que par Djenesa qui a tout réparé d’un coup de baguette.”

“Faire de la magie devant un non-maj, bah tiens… Et carrément balancer le secret. Les règles n’ont jamais été son fort.” soupira Dray même si, en vérité, il savait bien qu’il n’y avait pas eu d’autres choix. Cet appart, c’était un miteux parmi d’autres dans ce qui était juste un squat pour paumés et il aurait été mis dehors par le proprio sur l’heure si elle n’avait pas effacé le bordel. C’était ce qui devait arriver trois semaines plus tard, parce que le gars ne voulait plus de toxicos mais ça c’était une autre histoire…

“Quand tu as repris conscience, tu ne te souvenais de rien. Je n’ai pas vu l’intérêt de revenir sur ce qui s’était passé. Tu étais tellement sur la défensive, prêt à prendre la tangente à la moindre alerte.”

Ça, Fox le reconnaissait bien volontiers, il n’avait pas été facile à vivre à l’époque. S’il était agressif, menteur, méfiant et secret aujourd’hui, c’était encore pire à l’époque.

“Ouais enfin, du coup, c’est plus clair.” finit-il par conclure en donnant un léger coup de poing dans l’épaule de son aîné.

“Je suis désolé.” grimaça piteusement Alec, ce qui fit bien marrer son filleul.

“Laisse tomber, va. Ce qui se passe à Vegas…”

“… reste à Vegas.” finit l’Anglais en retrouvant le sourire devant l’attitude enjouée de Fox et son fameux précepte.

“Qu’est ce qu’on doit faire pour Tom, d’après toi ?”

“Ce que Tom veut. S’il veut aller à Poudlard, il y va, s’il veut rester ici, cours à domicile. Vous avez jusqu’au premier septembre pour décider. Cela nous laisse un peu de temps pour continuer à débroussailler. Mais pour ce qui est de la visite du Ministère, tu m’excuseras si je préfère y assister.”

“De quoi veux-tu que je t’excuse ? Sérieusement, tu n’as pas confiance parce que c’est toi ou parce que c’est eux ? “

“Parce que c’est eux. Je sais que je suis un brin parano mais ils sont encore plus escrocs que moi ! Et je vous le répète, le temps est à la tempête par chez nous.”

“Votre guerre civile… C’est ce qui nous fait hésiter le plus, je t’avoue.”

“Le contraire m’eut davantage étonné mais Poudlard est parfaitement sécurisé et ce sera plus formateur qu’un simple précepteur. Le reste, je m’en charge. De toute façon, il ne verra rien d’autre que Poudlard avant sa troisième année, si on excepte les courses pour ses fournitures. On pourrait s’occuper de commander ce dont il a besoin mais pour sa baguette, il faudra y aller. Et puis cela l’aidera peut-être à prendre sa décision de voir un peu de cet univers.”

“Tu t’en charges aussi ?”

“Je peux être présent.” temporisa Dray, “Mais il faut que vous alliez avec lui, c’est important qu’il sente que vous soyez derrière lui. Il a peur par dessus tout que vous le trouviez anormal, que vous l’aimiez moins.”

“Oh qu’est-ce qu’il s’est mis en tête ! Bien sûr qu’on le soutiendra, notre petit bonhomme !” s’exclama Alec désolé.

“C’est ce que je lui ai dit mais il a besoin de l’entendre de vous.”

“On lui parlera dès demain, Abby et moi, et on viendra faire ses courses avec lui.”

“Et je vous guiderai. Ça risque d’être intéressant !”

“Ça t’amuse, n’est-ce pas ?” sourit l’Anglais, amusé par l’expression narquoise de son camarade.

“Bah, ne faisons pas les difficiles.” ironisa encore une fois Dray, en écrasant son mégot dans son cendrier.

La vie avait quand même un talent fou pour choisir les chemins les plus étranges. Voilà la conclusion de Fox en cet instant, alors qu’il rentrait au Refuge. Il espérait simplement que tout se passe bien, pour une fois.
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Thomas Coal
Elève de 1ère Année à Serpentard
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Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Succursale anglaise de la Fox  - Page 2 Icon_minitimeDim 27 Oct 2019 - 18:03

Le savon étant passé, et rassuré de pas avoir à faire son mea culpa sans filet de sécurité, et après avoir compris cette nécessité de sécurité pour l’entreprise de son parrain, il fut temps pour Tom d’expliquer enfin son problème. Et si sa réaction faisait rire l’adulte, lui ne s’amusait pas du tout. La reformulation de Dray le laissa froid. Il regarda d’ailleurs le PDG, bras croisés, complètement inexpressif, voire consterné. C’était pas drôle.

“Non.”

Voilà. Simple. Direct.

La conversation se poursuivit et Thomas offrit un sourire très content de lui à son parrain quand ce dernier se montra presque dubitatif au sujet de cette histoire de racket. Ben oui, il savait se débrouiller tout seul pour régler ses problème la plupart du temps. Il venait pas le voir pour des bêtises.

“Je sais pas, moi.” eut-il l’audace de répondre en haussant les épaules.

Ce fut au tour du gosse de rire quand son parrain lui donna raison sur sa qualité langagière. Et toc ! Pas tout les jours qu’il réussissait à coincer l’adulte. Mais l’instant ne dura pas puisqu’on finit par mettre des mots sur ce qui se passait et le mot sorcellerie n’était vraiment pas celui que Thomas attendait. Il ne trouva d’ailleurs aucune répartie. Il préféra aller s’asseoir.

Tommy exprima toutes les peurs que la nouvelle provoqua en lui et il ne s’attendit pas à se faire recadrer gentiment. Bon, son parrain n’avait pas tort. Ça paraissait simple en l’écoutant en fait.

“Non, bien sûr que non…” marmonna l’enfant à la question de l’adulte. La situation inversée, anormal n’allait pas avec Dray alors logiquement, le mot ne pouvait pas aller avec lui. Et son parrain enfonça le clou en… comparant la magie à l’escrime ?! Là, quand même, c’était un peu gros non ? Et vu le regard incrédule du gosse, on devinait très bien ce qu’il ressentait. Enfin puisque l’adulte entendait ne pas laisser passer, Tom décida qu’il était inutile d’entretenir le débat. Après tout, entendre dire qu’on n’était pas anormal et qu’il ne fallait pas dire des trucs pareils, ça se prenait, hein...

Et être rassuré aussi sur la position de ses parents, c’était essentiel ! Et la confiance de Dray était contagieuse. Oui, c’était idiot de s’inquiéter. Ses parents n’allaient pas changer du jour au lendemain. C’était comme la relation entre son père et son parrain. Si Dray affirmait qu’il n’y aurait aucun problème, alors il n’y aurait aucun problème. Même si au passage, il s’attribua quelques qualificatifs surprenants. Et Thomas était à présent assez malin et assez mûr pour savoir qu’il valait mieux ne pas relever. Tant que le deux adultes ne s’engueulaient pas, qu’importe comment Dray exposait l’argument.

Et l’essentiel dans tout ça surtout, c’était cette fameuse règle répétée. Décidément, c’était une idée fixe, cette histoire de secret. Visiblement, fallait pas se foirer ! Il se passait quoi sinon ? Bonne question, non ? Mais comme Thomas avait déjà pas mal à intégrer, il décida qu’il ne voulait pas savoir. En tout cas, pas tout de suite…

“J’ai compris, t’inquiètes...” assura alors le gosse, en faisant un peu le cador pour dire de cacher qu’il n’en menait pas large avec toutes ces histoires.

Par contre, quand son parrain lui dit où était ce fameux collège, là, Tommy sortit de sa réserve.

“Un pensionnat en Ecosse ! Non mais tu déconnes ?! Pas question que j’y mette les pieds !”

Pas question qu’il quitte la maison pour nulle part, non mais oh !

Mais il n’eut pas le temps d’argumenter que son parrain lui expliqua le mal qu’il y aurait à ne pas apprendre la magie. Et ça ce n’était pas quelque chose qu’il avait envisagé du tout. Et puis le coup des accidents filmés et balancés sur le net, ça calmait. Alors si d’abord, Thomas ne voulait pas franchement écouter et restait sur son refus d’entendre parler de cours de magie, Dray marquait des points. Ca ne l’empêcha pas de râler, juste pour le principe.

“Ok ok ! Arrête le tir ! Pour un peu tu vas me sortir que de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ! Et te moque pas !”

Parce que forcément, son parrain était mort de rire ! Enfin… Autant que son parrain pouvait l’être depuis un an.

Mais quand même, Dray réussit à piquer sa curiosité et finalement, Thomas écouta attentivement ce qu’il avait à dire de l’école. Ça avait l’air tentant décrit comme ça… Mais pas question de l’avouer. Tom préféra ironiser.

“Je comprends pourquoi t’es multimillionnaire.”

“Evidemment, je suis capable de vendre des parapluis à des touaregs, qu’est ce que tu crois, microbe ?” répliqua Dray avec ce sourire de faucheton qui faisait invariablement rire le dit microbe.

Mais il y avait une information quand même qui l’étonna. Son parrain vivait au château ?! What ? C’était pas un peu bizarre ? Et quand il posa la question, le “C’est une longue histoire pas intéréssante.” qu’il obtint comme réponse fut assez clair. Il ne saurait rien de plus. Mais en tout cas, du coup, l’idée du pensionnat était quand même beaucoup moins inquiétant, surtout s’il pouvait garder ses loisirs préférés.

Et preuve que l’adulte gagnait du terrain, Tom voulut étudier sa baguette. Il ne s’attendait pas à obtenir un tel résultat… Evidemment que ça lui ficha les jetons ! Mais en fait Dray ne fut pas fâché du tout et mieux il rit de l’incident. Là Tommy n’était pas sûr de comprendre… Non en fait, il était largué. Les explications de l’adulte furent les bienvenues et sans le savoir, il reçut donc son premier cours de magie.

“Cool ! Enfin… Je crois.” fut tout ce qu’il trouva à répondre devant le soudain enthousiasme de son parrain, en regardant quand même l’instrument avec méfiance. Trop bizarre oui…

Finalement ils discutèrent encore longtemps de tout ça et Tom se rendit compte alors que le sujet était plus complexe encore qu’il le pensait. Il comprenait pourquoi Dray prit sa journée en fait. Il avait plein de trucs à expliquer et lui, plein de trucs à assimiler du coup. Ça s’arrêtait pas seulement à avoir des pouvoirs et les maîtriser en fait. Et à la maison, tout se passa bien. Un gros poids s’était envolé chez Tom. Ses parents prirent la nouvelle comme elle vint en fait et il ne fut question que de l’avenir, sans jugement. Bon il n’échappa pas au remontage de bretelles pour avoir fait l’école buissonnière mais c’est tout de même soulagé que le gamin alla se coucher. Il avait très bien fait d’aller voir son parrain !

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