Le Collège Poudlard

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 Succursale anglaise de la Fox

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La Narratrice
~ Voix-off de Poudlard ~

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Messages : 653

Né(e) le : 27/11/1979
Age : 37

Où à Poudlard ? : Partout et Nulle part

Rang & Club : Voix Off ~ Porte parole de la Direction

Caractéristiques
Compétence: Niveau 9
Particularité: Immatérielle
Baguette: Je n'en ai nullement besoin...

MessageSujet: Succursale anglaise de la Fox    Lun 15 Oct 2012 - 21:31

Cela aurait dû être un jour tout à fait coutumier. C'est ce que pensa Dray en rejoignant Kaïn dans la grande salle ce matin-là, après une douche bien méritée suite à sa séance de course quotidienne. Ce qui se préparait, il ne l'avait pas vu venir. Et il ne fut pas le seul. Fort heureusement, l'avantage de commencer la journée avant l'aube, c'était qu'il n'y avait généralement personne dans la Grande Salle. Aussi quand les deux jeunes adultes entrèrent pour le petit déjeuner, il n'y avait que quelques lève-tôt déjà attablés, dont Seiki qui finissait de manger avant d'aller à l'hôpital. On vous le disait, un jour normal.

Ils s'attablèrent avec l'Eurasien et Dray n'hésita pas à se servir son bol de café aussi journalier que tout le reste. Ce fut quand il posa la cafetière, que l'accroc se produisit. Son portable professionnel sonna. Il regarda, intrigué qu'on l'appelle aussi tôt - il était même pas sept heures-, le nom du correspondant s'afficher et fut d'autant plus surpris de voir qu'il s'agissait d'Evan Turner. Il décrocha sans guère plus attendre en portant le bol à ses lèvres.

Sei et Kaïn purent alors entendre la moitié de la conversation, qui ne dura pas longtemps, ils purent vite le constater.

"Oui, Evan ? …... Hola, calme-toi, je ne comprends rien ! …."

Un long silence suivit, montrant que l'homme d'affaires anglais avait beaucoup de choses à dire, et visiblement très importantes, vu la remarque de l'Américain. Mais plus qu'importantes, elles furent graves. Plus Dray écoutait Evan s'expliquer, plus son expression changeait et plus il palissait. Ses deux amis le remarquèrent immédiatement mais ils n'eurent pas le temps de demander ce qui se passait. L'aventurier reposa brutalement son bol sur la table, ou plutôt faillit le faire littéralement tomber.

"J'arrive."

Il raccrocha avec violence et se leva en s'adressant froidement à Darknight, tentant de contenir ce qui n'était rien d'autre qu'une rage très nette.

"On bouge. Au Siège. Tout de suite."

Et sans guère plus attendre, le jeune PDG quitta les lieux en courant vers les limites du domaine dans l'optique de transplaner, sans guère regarder si son garde du corps le suivait ou pas. Les explications, ce n'était pas pour tout de suite apparemment. Seiki adressa un regard encourageant au jeune auror. Il en aurait besoin, apparemment. Quoi qu'il en soit Kaïn n'était pas du genre à laisser son protéger se faire la belle seul pour Londres même si tout ceci le prenait de court. Il lâcha donc le croissant à peine entamé qu'il avait dans la main et suivit son ami sans un mot même si son regard d'orage parlait bien assez pour lui... que se passait-il ?

Mais une fois sur place, il n'était pas difficile de comprendre ce qui s'était passé. Un cordon de sécurité tout ce qu'il y avait de plus officiel entourait le building anglais de la Fox. Mais ce qu'il y avait de plus marquant se situait sur la façade du bâtiment. Le renard stylisé et son cercle de flammes, logo de la multinationale avait été remplacée par un symbole craint par bon nombre de sorciers. La marque des ténèbres en pleine City... Ça la foutait mal.

Dray, suivi de Kaïn, passa le cordon avec autorité malgré les demandes de rester au delà des aurors assurant la sécurité et les journalistes, déjà au taquet mais qui ne reçurent à leurs interjections qu'un "sans commentaire" venimeux de la part du jeune homme. Turner vint immédiatement à sa rencontre en le voyant. Mais on ne lui laissa pas la possibilité de dire quoi que ce soit.

"Je veux voir les corps."

Evan s'arrêta immédiatement, figé par la demande glaciale.

"Ce... Ce n'est pas une bonne idée, Dray."

Le jeune homme explosa.

"Je ne te demande pas ton avis, c'est un ordre !"

Tout le monde se retourna vers eux, surpris d'entendre quelqu'un crier en ces circonstances. Evan baissa la tête, gêné alors que Dray le toisait ouvertement, son regard métallique extrêmement dur. Le quadragénaire n'avait pas le choix.

Il conduisit son patron et l'auror qui l'accompagnait vers six housses qu'on s'apprêtait à déplacer vers une morgue quelconque. Mais ils furent fermement arrêtés par un homme de loi qui se présenta, encadré par quelques autres. L'échange fut court.

"M. Fox, nous sommes les aurors chargés de l'enquête. Adams et voici mes coéquipiers : Lile, Bishop et Switch. "

"Messieurs... "

"Nous avons quelques questions à vous poser. "

"Laissez moi voir ces hommes et je suis à vous."

La demande autant que le ton implacable de l'homme d'affaires étonnèrent les enquêteurs qui se regardèrent un instant, hésitants. Mais après une seconde de réflexion, Adams choisit d'accorder à l'Américain sa requête et s'écarta.

"Je vous avertis que ce n'est pas un spectacle agréable."

Fox haussa les épaules, agacé par ce qui était une remarque aussi déplacée qu'inutile à son goût, et ouvrit le premier sac. Ce n'était pas les premiers cadavres qu'il voyait. Mais il dut bien admettre la vérité en détournant le regard. Ils étaient abîmés... Il se força à reposer les yeux sur le visage du malheureux et resta silencieux de longues secondes devant le corps avant de refermer la housse mortuaire et passer au suivant. Et pendant qu'il inspectait ceux qui avaient été ses employés, l'ex-Poufsouffle, lui, avait préféré poser son regard sur ses "collègues". S'il avait choisi le pôle protection, c'était soit parce que c'était fait pour lui mais aussi pour s'éviter ce genre de spectacle. Perdre parfois, il commençait à se faire à l'idée mais autant éviter au maximum de s'imposer des images qui hantent... Il laissa pourtant Dray répéter ce rituel cinq fois avant qu'il ne revienne vers le groupe qui n'avait cessé de l'observer. Et il fut dit que ce serait lui qui mènerait l'entretien pour commencer.

"Des détails. "

Adams décida de jouer le jeu, commençant à comprendre à quelle personnalité il avait à faire. Le compte-rendu fut posé.

"Votre entreprise a subi le coup d'une attaque aux alentours de quatre heures. Ils étaient neuf et ont exécuté l'équipe de sécurité de nuit. Il y a un survivant. Il a été transféré à Saint Mungo. Son état est critique. Ils ont saccagé vos bureaux. Ils s'y sont donnés à cœur-joie."

Turner intervint.

"On a déjà commencé l'état des lieux et fourni les images de sécurité. Mais difficile de savoir ce qu'ils voulaient vraiment. Tout est retourné. Faire l'inventaire va prendre du temps."

L'auror reprit.

"On pense que c'est en effet pour mieux brouiller les pistes. Vous ne voyez pas ce qui aurait pu les motiver ? "

Dray, déjà, réfléchissait à la question avant qu'on ne la lui pose.

"Les projets qui pourraient les "contrarier" sont tous sous le sceau du secret et nous avons soigneusement évité les provocations déclarées ces derniers mois. Mais je doute qu'ils se soient rappelés à notre bon souvenir pour le plaisir..."

Lile, le second de l'équipe, intervint avec autorité.

"Nous pensons bien la même chose alors n'essayez pas de nous cacher quoi que ce soit !"

Fox foudroya l'homme du regard mais préféra ne pas relever l'accusation insidieuse. Pas le moment pour une pseudo guerre de 'territoires' ou d'information. Et pour preuve de sa bonne volonté, il posa LA question :

"Comment ont-ils pu contourner notre système de sécurité ? Depuis plusieurs années, toutes nos entreprises et en particulier nos différents Sièges, sont sécurisés au maximum pour justement les décourager."

Adam adressa un regard à celui qui se nommait Bishop. Apparemment, c'était lui qui devait s'être renseigné sur ce point. Il lui tendit un dossier que le jeune homme ouvrit immédiatement. Et pendant qu'il lisait ce qui était un compte-rendu de la méthode apparemment employée pour pénétrer dans la place, l'auror le provoqua un peu pour voir ce qu'il pouvait tirer du PDG.

"D'après les premières constations, il sont entrés sans difficultés. Ils ont trouvé la faille..."

Dray le regarda alors avec une dangereuse intensité, sa colère s'intensifiant.

"Quoi ? Vous voulez me faire avaler qu'ils sont parvenus à mettre en défaut un système aussi efficace que celui qui protège votre ministère, Saint Mungo ou vos écoles ? Soyons sérieux ! Cela voudrait dire que votre gouvernement n'est pas dans la merde !"

Cette remarque acerbe provoqua un silence lourd de sens et pesant. Les Aurors se regardèrent du coin de l’œil. Dit comme ça forcément...

"Justement, on en était venus à la même conclusion. Vous comprenez ce que ça implique, M. Fox ?" remarqua alors Adam d'un air entendu. Dray serra les dents. Évidemment qu'il saisissait toutes les implications de cette donnée. Il n'y avait pas énormément de solutions pour expliquer un tel foirage.

"Complicité interne. On les a fait entrer. Evan, tu vas fournir à ces messieurs, si ce n'est pas déjà fait, la copie de tous les dossiers des employés. Priorité aux derniers engagés ces six derniers mois. Mot d'ordre : entière collaboration."

Turner acquiesça simplement du chef avant de téléphoner aux ressources humaines pour livrer ces nouvelles instructions.

"Autre chose, Monsieur Fox. On a retrouvé ceci à votre attention, épinglé sur l'un des corps. Vous pouvez y aller. On a déjà fait tous les prélèvements."

L'Américain prit l'enveloppe que lui tendait Switch et l'ouvrit donc. A l'intérieur, il y trouva une photo. Dray pâlit en voyant qui en était le sujet et déglutit. Au dos, une inscription : "Ils seront les suivants. Abandonnez."[/i][/color]

Adam vit immédiatement son trouble.

"Vous les connaissez."

Ce n'était pas une question. Le New-yorkais ne répondit pas mais tendit la photo à Kaïn pour lui montrer de qui on parlait. Dessus Dorian et sa mère. Et quand il avait vu les protagonistes, l'Auror avait laissé un léger soupir passer ses lèvres. Là, ils avaient un problème et un gros. Il connaissait assez Dray pour savoir que cette menace ne le laisserait pas de marbre malgré la fausse indifférence qu'il montrait envers le gamin. Mais pire, Dray sortit son porte-feuille et en sortit une autre, en tous points identique pour la plaquer sous le nez d'Adam, aussi furieux qu'inquiet. La photo que lui avaient donnée Riggs et Taylor... Comment avaient-il pu connaître leur existence ?, ça, c'était toute la question. Et Fox ne tarda guère à en exiger la réponse.

"Puisque l'on parle de complicité interne, expliquez-moi comment ils ont pu avoir en leur possession une information secrète et une photo prise par vos services à la demande de la justice américaine, il y a plus d'un an, n'existant normalement qu'en deux exemplaires, dont celui-ci qui ne me quitte jamais ?!"

La question littéralement sifflée jeta un froid certain.

"Vous allez devoir nous donner plus de détails sur cette histoire, M. Fox." remarqua finalement Adam en reprenant à Kaïn le cliché incriminant.

"Certainement pas ici ! Et à vous seul, M. Adam. "

"Entendu."

La conversation se poursuivit donc dans le bureau de Dray lui-même. Ou du moins dans le capharnaüm que s'était devenu. Meubles retournés et éventrés, murs lacérés et troués, étagères et tiroirs vidés...

"Et dire que nous venions d'en achever les travaux..." remarqua sarcastiquement son propriétaire à son second, en voyant l'état déplorable des lieux. Turner sourit tristement à l'humour de son jeune supérieur.

"Ils ont été méthodiques. Toutes les pièces sont dans cet état. "

"Et les coffres ?"

"Dépouillés de la même façon."

"Archives ?"

Evan se contenta d'un regard désolé et un haussement désabusé de la tête. Dray soupira d'agacement.

"Commencez l'inventaire par ces deux secteurs. Je m'occuperai moi-même de mon bureau. Débarrassez-nous aussi de la marque. Ça fait mauvais genre, c'est peu de le dire. "

"On a déjà essayé, tu penses bien. Sans succès. Il faudra envisager de demander de l'aide extérieure."

"Fais ce qu'il faut, appelle qui tu veux, qu'importe le prix. Mais on va déjà faire la une alors inutile d'en rajouter en nous donnant en spectacle trop longtemps. Tu peux disposer pour l'instant. Dernière chose : aucune déclaration à la presse. Toute désobéissance de quiconque sera considérée comme faute grave."

Turner fut surpris de se voir ainsi mis à l'écart de la suite de l'entretien avec les forces de l'ordre, mais il ne le fut pas de la dernière consigne. Il obéit sans plus attendre et alla donner ses ordres.

D'un coup de baguette, Dray redressa sièges et bureau et invita Kaïn et l'inspecteur à s'asseoir.

"Alors qui sont les deux personnes de la photo ?" demanda fermement ce dernier en prenant place.

Le New-yorkais hésita très nettement à répondre et regarda Kaïn comme pour lui demander une confirmation silencieuse de ce qu'il fallait faire. Puis-je faire confiance à cet homme à ton avis ? Le Londonien, lui, avait déjà entendu parler d'Adams même s'ils n'étaient pas dans le même service. Les bons Aurors qui font leur job avec sérieux et efficacité se faisaient toujours remarquer, aussi il fit un léger signe affirmatif de la tête quand il avait vu le regard se poser sur lui. Il pouvait lui parler, il était clean.

Finalement, rassuré par son ami, le New-yorker se décida. Au compte-gouttes, cependant.

"Mon demi-frère et ma belle-mère. "

"Leurs noms ?"

"Inutile à votre enquête. "

L'auror fronça les sourcils, irrité par ce refus. Mais il s'opposa à la froide détermination de l'homme d'affaires.

"Vous parliez de collaboration entière."

"C'était avant de les savoir mêlés à tout ça par cette photo, prise par vos collègues... Les personnes à connaître leur existence sont peu nombreuses, agent Adam et la plupart, circonstancielles et à Poudlard. Elles n'ont pas conscience de l'importance de ce qu'elles savent et des conséquences. Et j'ai pleine confiance dans le peu qui reste. Ce qui est extrêmement rare, M. Darknight pourra le confirmer."

Adam jeta un coup d’œil impassible à son jeune collègue qui lui confirma ce fait d'un simple mouvement de tête, préférant garder le silence, mais le PDG l'obligea à reporter son attention sur lui.

"Nous avons tous les deux un problème de fuites. Ne vous attendez pas à notre contribution tant que le vôtre ne sera pas réglé."

"Il faudra bien les protéger !"

"Je me chargerai moi-même de la demande."

Adam soupira, agacé.

"J'ai besoin de votre exemplaire. Juste pour m'assurer qu'en effet, il ne vous a pas quitté à votre insu. Ainsi que les noms de mes collègues américains."

Dray, contrarié, ressortit son porte-feuille et en retira au milieu d'autres (et Kaïn n'aurait aucun mal à en reconnaître la plupart des sujets...) le tirage pour le tendre à regret à l'enquêteur.

"Merci de me le rendre au plus tôt, j'y tiens. Adressez vous à Joanes Riggs, procureur et Andrew Taylor, MBI, ils sont en charge de l'enquête contre mon père. "

Adam acquiesça simplement de la tête en glissant soigneusement le cliché dans une pochette. Ils discutèrent alors encore plusieurs minutes cherchant une possible raison à cette attaque avant que l'enquêteur ne prenne congé.

Dray sortit alors presque aussitôt son miroir à double-sens.

"Valériane Baker."

Presque aussitôt, le visage de la sous-directrice de Poudlard apparut.

"Fox ? Tu sais quelle heure il est ?"

"Désolé, pas le temps Baker, j'ai besoin d'un service. Vérifie que Dorian va bien et rappelle-moi."

La voix très tendue de l'Américain convainquit la rousse de ne pas chercher plus loin le jeune homme. Par contre, elle attisa sa propre inquiétude et sa curiosité. La demande après tout avait de quoi surprendre...

"Que se passe-t-il, Dray ?"

"Ils ont frappés."

Il n'en fallut pas plus à la quinquagénaire pour saisir ce qu'impliquaient ces trois simples mots.

"J'y vais tout de suite."

"Thanks."

Puis il sortit son portable et composa un numéro avec urgence. Mais à nouveau, cette fois, Kaïn ne put entendre qu'une moitié de la discussion.

"Ayling ? Fox. Vous allez bien ? … Je sais que c'est la première fois que je vous le demande et oui, c'est pour ça que je vous appelle à cette heure mais j'ai mes raisons, figurez-vous ! ... Non, écoutez-moi bien. Il s'est passé quelque chose de grave qui vous concerne de près, Dorian et vous. … Impossible par téléphone, je vous demande de rester chez vous, le temps qu'on voit cela ensemble … S'il vous plaît ! Je suis très sérieux. C'est très important ! Je dois appeler Simon, mais il vous dira la même chose quand il saura. Je serai chez vous dans une heure, deux tout au plus. … Voilà. ... Dorian ?"

Un blanc dans la conversation. Dray se mordit la lèvre inférieure. Tant pis pour le mensonge... Disons qu'il prenait juste de l'avance. Du moins l'espérait-il...

"Il va bien, il est à Poudlard… Merci Piper. "

Il avait appelé sa belle-mère par son prénom, pour la première fois. Ce fait le surprit tout autant qu'elle mais prouva l'urgence de la situation et le trouble du jeune homme.

"Dernière chose... n'ouvrez à personne. … Non, je ne plaisante pas."

Sur ce, l'aventurier raccrocha et jeta un coup d’œil tendu à son cadet.

"Il faut qu'on parle toi et moi." murmura-t-il finalement en composant un nouveau numéro. Il précisa en attendant qu'on décroche.

"J'aurai un énorme service à te demander."

Et étrangement, Kaïn sentit qu'il n'allait pas aimer cette demande même s'il ne dit rien sur le moment. De toute façon, il n'en eu pas tout de suite l'occasion : alors qu'il semblait que la personne qu'il voulait joindre tardait à répondre, le miroir à double-sens du New-yorker s'activa.Valériane rappelait comme convenu.

"Tout va bien Dray, il dort encore."

"Merci Val, je t'expliquerai."

Il coupa court. Il venait de tomber sur le répondeur automatique. Il raccrocha avec impatience et recommença la manœuvre. Cette fois cependant, il obtint gain de cause.

"J'ose espérer que tu as une bonne raison de m'appeler au beau milieu de la nuit."

"Très bonne, Père. Nos adversaires les plus dangereux, ici, savent pour ton fils et ta femme."

En quelques mots, il expliqua la complète situation et conclut avec autorité.

"Ils vont bien tous les deux. J'ai demandé à Piper de rester chez elle, le temps qu'on leur adjoigne une protection. Tu ferais mieux d'enfoncer le clou, je doute qu'elle m'obéisse. Cession extraordinaire du conseil dans trois heures. Je veux y voir tout le monde. Tu t'en charges. Il faut agir vite si on veut éviter une dégringolade et je veux savoir ce qu'on doit "abandonner". Déblocage de fonds pour l'aide aux familles des victimes. Aucune déclaration à la presse pour le moment. Je serai le premier à leur parler en temps et en heure. Celui qui ne respectera pas cet ordre est viré. Ça vaut pour toi."

De l'autre côté de l'Atlantique, cet avertissement tira un froncement de sourcils, mélange de surprise et de mécontentement. Mais pour une fois, il préféra ne pas relever. Dray avait dit qu'il ferait la demande pour une protection rapprochée dès qu'ils en auraient fini et ça c'était le plus important. Et puis la situation était trop grave pour ce genre de disputes... Tout de même.

"Entendu. "

Dray raccrocha et se tourna vers Kaïn..

"Je te demande encore un peu de patience. J'ai encore des instructions à donner à Evan et après, on discute."

Et il rappela Turner presque aussitôt.

"Mets l'agent Adam, et seulement lui, dans le secret de nos projets sensibles. Apporte-moi une copie de ces dossiers, du personnel engagé cette année et ceux des sept agents de la sécurité. Je tiens à m'entretenir personnellement avec les familles. Et que notre système de sécurité soit vérifié et renforcé au dernier degré, sur tous les points du pays. Vérification de tous les secteurs et du réseau complet. Même ordre pour Cardiff, Edimbourg, Belfast et Dublin. Cette affaire est notre priorité première. Mobilisez tout le personnel disponible, je veux leur rapport ce soir. ... Oui, ce soir ! Doublez ou triplez les équipes si nécessaire. Quant au Siège, malgré les dégâts, il doit tourner. Je ne veux pas leur laisser penser qu'ils nous ont paralysés. Aujourd'hui on ferme. Demain matin, neuf heures, l'inventaire et le rangement doivent être achevés, on doit être capable d'ouvrir. Que tout le personnel s'y mette. Pour les motiver et faire taire les craintes, je triple le salaire horaire et je verserai une prime de risques à chacun. Et menace-les de sanctions, s'ils refusent. Je leur parlerai à tous dans la matinée. Employez autant de cache-misère que nécessaire pour dissimuler les réparations. Pour la marque, installez un panneau publicitaire à annonces événementielles tant qu'on ne s'en sera pas débarrassés. Tiens-moi au courant dès que quelque chose t'alerte."

En raccrochant, enfin, Dray se laissa aller à baisser le masque et montrer son désarroi. Il s'affala dans son fauteuil et se passa les mains sur le visage. Son poing finit toutefois par s'abattre sur son bureau.

"Putain, pourquoi ?! Six morts et un blessé critique pour quoi ?"

L'Américain se leva soudain, comme électrisé. Il se mit à faire les cents pas avec vivacité. Kaïn, de son coté, le laissa faire en silence, le suivant simplement du regard. Il avait besoin d'extérioriser.

"Abandonnez, mais abandonner quoi ? Et pourquoi attaquer de nuit ? Si c'était le carnage et l'exemple qu'ils voulaient, ils auraient pu agir de jour puisqu'ils pouvaient apparemment pénétrer ici à leur guise !"

Finalement, il s'arrêta dans sa course et se laissa à nouveau tomber dans le siège de cuir et fixa Kaïn avec une profonde inquiétude affichée dans le regard.

"Écoute... Il faut qu'on voit ton chef, Sanderson. Tout de suite. J'aimerai que tu me rendes un service. Je n'ai réellement confiance qu'en toi. Je voudrais que tu te charges de la sécurité de Dorian. Sa mère aussi doit être protégée. Mais pour elle, je fais confiance à ton supérieur. Ne le prends pas mal surtout ! Je... je veux juste ce qu'il y a de mieux pour lui et m'assurer que tout ira bien. C'est une forte tête, plus têtu que moi et pas obéissant pour deux noises, il risque de te donner du fil à retordre. Je sais qu'à Poudlard, il risque peu de choses mais... S'il te plaît... Je te le demande comme une faveur. Je serai plus rassuré."

Sauf que dans son raisonnement, il y avait quand même un petit problème. Enfin, pas celui que Dray pensait parce que l'Auror n'était pas vexé, loin de là même puisque lui confier Dorian était une preuve de confiance qu'il savait apprécier, mais se posait fatalement de son point de vue une autre petite chose à voir...

"Écoute, je sais que tu t'inquiètes pour Dorian et je ne le prends pas mal. A vrai dire, c'est même une marque de confiance et je veux bien m'en charger mais... et toi ? Au début j'ai pensé que ma présence était inutile mais je sais bien maintenant que ce n'est pas le cas alors qui va te protéger toi ?" et là était la plus grande préoccupation de Kaïn... après tout, il était encore son Auror...

Mais Dray, contrairement à ce que Kaïn semblait supposé, avait lui aussi pensé à ce détail. La question de son ami ne le surprit donc pas. Par contre, elle le mit mal à l'aise. Le Londonien n'allait pas apprécier la réponse qui vint après un instant de silence où l'Américain réfléchissait, preuve que le sujet était sensible.

"Je n'ai jamais voulu de gardes du corps. En de rares exceptions, David et Sergeï me les imposaient, pendant les manifestations. Toi, ce n'était pas pareil. La situation était particulière et tu es mon ami. Mais je m'en suis très bien passé pendant des années avant toi, je continuerai. Je sais parfaitement me défendre seul, tu le sais, et j'ai toujours fait en sorte dans mes entraînements de pouvoir ne compter que sur moi en cas de problème. Et à me reposer trop longtemps sur les autres pour assurer ma sécurité, je me méfie moins et je perds mes réflexes. Je rouille. Ils peuvent me menacer autant qu'ils veulent, ils ne me font pas peur. Mais les miens, ça... Ne t'inquiète pas. Au pire, je demanderai à Maria un petit coup de main. Elle ne dit jamais non à une potentielle augmentation."

En substance, l'aventurier était clairement en train de dire qu'il refuserait tout autre service de garde. Mais il espérait que la mention de l'ancienne auror apaise les inquiétudes de son cadet. Mais du coté de l'Anglais, il était clair que, comme l'avait prévu l'Américain, cela avait du mal à faire écho. La façon donc Kaïn avait eu de plisser le nez avait été en effet des plus explicites. Il s'y était attendu à celle-là, et ça ne lui plaisait pas...

"Bien sur que je m'inquiète ! Les raisons de base, même si elles m'ont été bénéfiques, je ne le nie pas, étaient mauvaises soit, mais la menace, elle, est bien réelle. Et je sais très bien de quoi tu es capable, seulement dans les faits, ça ne change pas grand chose. Déjà que même protégé, on n'est pas sûr de pouvoir les contrer et s'en sortir, j'en sais quelque chose, alors t'as beau dire mais te balader seul équivaut à te peindre une cible sur le torse." répondit l'ex-poufsouffle avant de laisser un soupir passer ses lèvres en croisant les bras.

"M'enfin, je ne vois pas pourquoi je perds mon temps à parler de ça avec toi, je sais bien qu'en fin de compte, t'en feras qu'à ta tête... et moi... j'obéis aux ordres qu'on me donne." laissa-t-il entendre. Il était contre cette idée, c'était une certitude, mais savait très bien que de toute façon il n'avait pas son mot à dire. Une fois que son chef l'aurait réaffecté, il se tiendrait à protéger sa nouvelle cible alors autant éviter de se fâcher avec un de ses meilleurs amis.

D'autant que celui-ci n'était pas prêt de céder. Dray tenait plus que tout à sa pleine liberté de mouvements, et surtout sans surveillance. Kaïn était bien placé pour savoir que l'adaptation n'avait pas été simple pour lui... Et puis, Fox se retint de justesse de signaler quand même que cette situation décrite datait depuis un bail, qu'il s'était toujours débrouillé seul et que l'auror ne s'en serait jamais aperçu s'il n'était pas devenu son garde du corps. Alors bon... Il ne faisait que revenir à une situation déjà existante... Mais en effet, inutile de se disputer pour si peu...

Une heure plus tard, les deux hommes étaient dans le bureau du chef de service de Kaïn et Dray signait le contrat alors que le jeune auror recevait ses nouvelles instructions. Il se rendit tout de suite auprès de son nouveau protégé, ordres obligent alors que comme promis et avec le garde du corps de Piper, le jeune homme d'affaires se rendit à Cambridge pour expliquer toute l'affaire à cette dernière, qui n'apprécia guère mais qui avait eu entre temps son mari qui ne lui laissa guère le choix. Et dès que ce fut fait, elle vit son beau-fils retourner au collège pour parler à son frère.

Et s'il y en avait bien un autre qui ne l'entendait pas de cette oreille, ce fut bien ce dernier. Dorian, en train de prendre son petit déjeuner, fut convoqué par Valériane, tout de suite mise au courant de ces nouvelles dispositions. Et sa réponse fut très claire... Il s'adressa directement à Kaïn d'ailleurs :

"Pas question ! J'ai pas besoin d'un cerbère ! Alors c'est ça la nouvelle idée de Dray pour se débarrasser de moi ? S'il croit que je vais le lâcher parce que tu seras là, toi, pour me surveiller, il se fiche le doigt dans l’œil !"

"M. Ayling, personne ne vous demande votre avis, je le crains." remarqua la sous-directrice avec autorité pour calmer les ardeurs du second fils d'un des plus puissants hommes d'affaires au monde.

"J'ai autre chose à faire que de m'amuser à interférer entre toi et Dray. Je suis Auror et mon job c'est de te protéger." avait répondu le plus calmement du monde le Londonien. De toute façon, comme Val l'avait souligné, il n'avait pas son mot à dire dans l'histoire.

Mais évidemment, il en fallait plus pour faire céder l'adolescent qui n'apprécia pas du tout l'intervention des deux adultes. En particulier, celle de Kaïn d'ailleurs. Encore Baker, c'était la sous-directrice. Mais lui, il n'était rien du tout ! Il n'avait aucune raison de lui obéir. Et puis en plus, il ne le croyait mais alors pas du tout !

"Quand mon père sera au courant de ça..."

"Shut up !"

Surpris d'être ainsi interrompu, Dorian se retourna. Dans l'embrasure de la porte qui venait de s'ouvrir, Dray, qui fixa avec sévérité son cadet.

"Tu me feras le plaisir de parler à Kaïn et au Pr. Baker sur un autre ton. Et laisse notre père où il est. Il n'est pas là et le problème te dépasse de très loin. Alors je décide, tu obéis. Valériane a raison, tu n'as pas le choix. Ta sécurité prime sur tes désirs."

Dorian se révolta :

"Je n'ai pas à t'obéir, tu te prends pour qui ?!"

Dray à son tour haussa la voix, rendu impatient et en colère par ce qui s'était passé. Il avait autre chose à faire de plus urgent que discuter trois plombes avec ce gamin.

"Pour quelqu'un qu'on a menacé de tuer son petit frère !"

Cette annonce eut le mérite de faire taire le dit petit frère qui fixa son aîné, aussi éberlué par la nouvelle en elle-même que par la manière angoissée qu'avait eu ce dernier de dire ou en l'occurrence crier les choses. Dray montra en effet en cet instant, sans le vouloir, qu'il tenait vraiment à lui et qu'il avait peur. L'aventurier, lui, composait déjà un numéro sur son portable et mit le haut-parleur. La voix de Simon s'éleva.

"Tu as du nouveau ? "

"Non mais après la mère, le fils. Ton rejeton a besoin d'une mise au point. Alors fais ton boulot de père pour une fois avant que je ne l'étripe."

Valériane retint de justesse un ricanement devant cette formulation brutale et venimeuse et le changement d'attitude du Serdaigle. En effet Dor' blanchît soudainement sous le regard de glace de son frère et la voix de son père, tranchante, qui ne semblait pas plus patient que son fils aîné pour le coup et qui, s'il n'apprécia pas l'allusion perfide, n'en dit rien (ça devenait une habitude, Dray ne ratait jamais une occasion).

"Dorian, fais ce que Dray te demande sans discuter ! Ses consignes sont les miennes, est-ce que je suis clair ? "

Peu habitué à ce que son père s'adresse à lui aussi sèchement, l'adolescent ne put que baisser la tête et se plier à son autorité.

"Oui, papa..."

Dray raccrocha immédiatement, assez cavalièrement d'ailleurs, et finit de mettre les points sur les i en lui tendant un parchemin. Alors que le Serdaigle se posait énormément de questions dont les plus envahissantes étaient : qui voulait le tuer et pourquoi ? C'était complètement dingue cette histoire !

"Tu obéis à Kaïn comme à notre père. Ta mère, elle aussi est sous protection. Tu ne dois pas t'inquiéter. Elle m'a donné ce mot pour toi. Sur ce, je venais juste m'assurer que tu avais compris. Je dois régler encore beaucoup de choses alors excusez-moi..."

Dorian, sans plus un mot, acquiesça d'un hochement de tête rétif et prit le courrier de sa mère. Étrangement, il n'osait plus regarder son frère aîné. Lui qui jusque là avait toujours cherché à le contredire et à le provoquer, cherchant toujours le rapport de force, cette fois, il prenait conscience de la légitimité de Dray en tant que frère et en tant qu'aîné. Dans la tourmente, il s'assurait de sa protection et de celle de sa mère. Il faisait attention à lui. Et il le confiait à l'un de ses meilleurs amis. Et l'adolescent avait suffisamment appris sur l'aventurier pour avoir compris que ce fait était très important. Et cela mit en lumière une autre question : s'il tenait un tant soit peu à lui, pourquoi entretenir obstinément cette distance entre eux ? Et il vit alors d'un autre œil la présence de Darknight à ses côtés. Il pourrait peut-être en profiter pour glaner de nouvelles réponses, parce qu'à avoir été le garde du corps de Fox pendant un peu plus d'un an, il devait en savoir des choses...

Loin de tout ça, l'Américain, lui s'apprêta à repartir pour continuer à mettre en place la stratégie de défense de sa multinationale mais en sortant, il se tourna une dernière fois vers son ami.

"Encore une fois, merci Kaïn."

"Pas de problème..." avait laissé entendre le jeune auror.

La situation venait d'un coup de devenir particulièrement tendue. On venait de rappeler à la Fox, et en particulier à son chef de file, que leur politique de mixité n'était pas sans risque dans un pays où les sorciers se déchiraient sur la question de leur légitimité et de leur existence au sein de la population sans pouvoirs.

Ce que Dray espérait par contre, c'était que cette histoire trouve une solution rapide. Mais il en doutait. Il pensait plutôt que ceci avait été surtout une déclaration de guerre. A part quelques menaces de temps en temps, ils les avaient laissé en paix depuis trop longtemps, sans doute. Les forces du Lord avaient fini par perdre patience et avaient décidé de jouer avec eux et régler un problème trop bruyant pour eux, pour dire de passer le temps et rappeler qui, pour eux, était le maître...

Eux avaient par contre intérêt à bien manœuvrer et à trouver ce qui avait déclenché le début des hostilités... Mais il était rassuré. Dorian protégé par Kaïn, Piper par un autre aussi efficace, ils ne risquaient rien et lui pouvait se concentrer sur autre chose, sans plus s'inquiéter.



    Toute destinée est une suite d'accidents à retardement avec le coup de grâce au bout.
    [Henri Fauconnier]
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Sam 26 Jan 2013 - 20:16

Il y avait des périodes dans la vie où tout allait de travers, où tout était plus difficile, plus grave. Dray en traversait une en ce début de février. Que ce soit sentimental ou professionnel, c'était devenu particulièrement compliqué. D'un côté, il y avait Vaughn et Karine, ça, on allait pas revenir dessus. Le problème était très clair. Et de l'autre, il y avait le Groupe, bien évidemment, mais surtout Simon. Et après avoir plutôt bien expliqué ce qui se passait côté cœur, il était temps de revenir un peu à ce qui se passait côté cour. Dray lui-même l'avait un peu occulté, avec ses retrouvailles avec son ex et tout ce qui en découla. Mais "les vacances" étaient finies. Il était donc temps d'affronter le boss de fin de niveau...

Après que Maria lui ait adressé les conclusions de son enquête, le 18 janvier, le jeune homme avait décidé sur le coup de s'expliquer avec son père, le lundi qui suivait, après la réunion hebdomadaire du conseil d'administration. Mais pendant le week end qui séparait les deux événements, il prit plus de temps pour réfléchir à l'épineuse question, et il en vint à la conclusion que le sujet était bien trop grave, du moins à ses yeux, pour qu'ils se contentent d'une conférence longue distance. Alors il se décida à faire ce qu'il craignait sans doute le plus, après perdre quelqu'un qu'il aimait (on en revenait un peu au cœur, là non ? Bref...), c'était affronter son père en direct. Vous me demanderez peut-être "mais n'est-ce pas ce qu'il fait déjà toutes les semaines depuis qu'il a retrouvé son fauteuil de PDG ?". Et bien non. Je ne vous parle pas d'une de ces conversations vidéos habituelles que Dray utilisait pour ses affaires depuis qu'il était à Poudlard. Il s'était toujours senti protégé par la distance. Parler à une image ou à une simple voix était beaucoup plus simple. Là on parlait bien d'une entrevue physique. Face à face. Et ça c'était tout autre chose pour le jeune New-yorker. Il avait vraiment peur. Mais pour être tout à fait honnête, même s'il ne l'avouerait jamais, sa décision fut aussi influencée indirectement par quelqu'un. Dorian. Il avait eu une pensée pour son petit frère. C'était ce qu'il fallait faire et il était grand temps de grandir un peu... Et là encore, on ne parlait plus seulement de cette seule question, même s'il n'avait toujours pas su prendre de décision de ce côté-là... Enfin revenons à nos brebis galeuses.

Techniquement, oui, cela signifiait que Simon devait aller au Royaume-Uni ou lui aux USA. Et comme, il n'était pas question que ce soit lui qui se déplace (fallait quand même pas charrier, c'était lui, le boss !) et que le Ministère de la Magie était plus enclin à accepter la venue d'étrangers plutôt que le départ de ses résidents, Dray, ce fameux lundi, au lieu de se prendre la tête immédiatement avec son père et loin de se douter de ce qui allait lui tomber sur le coin du museau d'ici peu, fit une demande d'autorisation pour un visa exceptionnel au nom de son cher paternel. Or ce genre de demandes, le temps qu'elle soit examinée sous toutes les coutures, même argumentée très lourdement par le poids du Groupe au sein d'une économie qui faisait sensiblement la gueule (chantage ? Non, business, simplement.), cela prend quand même un peu de temps. Dix-sept jours dans ce cas précis.

Entre temps, Dray retrouvait Karine et en profita pour envoyer balader le Groupe, cette affaire en particulier, et se retrouver dans les ennuis sentimentaux jusqu'au cou. Mais passons. L'avantage d'avoir pris quelques jours, c'était qu'à présent, il n'avait plus à mentir sur son emploi du temps. Il fallait bien rattraper son retard. Donc on ne vit pas Dray au château, jusqu'au 7 février.

Pourquoi ce jour ? Parce que, deux jours après le dîner avec son ex future femme donc, l'autorisation tomba au petit matin. Vous imaginez bien que l'état d'esprit de l'Américain n'était déjà pas au beau fixe en raison des événements et de leurs conséquences suscités. A présent au pied du mur aussi de ce côté-là, il dégringola encore de quelques sérieux degrés. Car le soir-même, cela signifiait que son père, à sa demande (et là, franchement, il la regrettait...), serait à présent face à lui. Après une séparation de plus de neuf ans et tout ce qui s'était passé avant et après... Mais quand on s'appelle Dray Fox, ben on ferme sa gueule quand ça ne va plus du tout de nulle part. Promesse à ses proches ou pas. Toutefois, et d'où son aller et retour éclair au collège, il eut quand même le bon goût de les avertir rapidement (le jour même soit...), et très nerveusement, c'était peu de le dire, que Simon serait dans le décor d'ici peu, afin d'éviter à tous une surprise déroutante et bon nombre de questions légitimes. Avec la consigne de faire gaffe à ce que Dor' lui, l'ignore... Et un peu pressé par le temps et une anxiété qui atteignait des pics digne de l'Everest, il ne s'arrêta pas sur la manière de faire. Trouvant porte close chez Vaughn par exemple (tout à fait choisi au hasard bien sûr... ), et cela va sans dire que ça l'arrangea bien entre nous, il se contenta de glisser un mot sous sa porte comme à son habitude.

Sur le parchemin, Dray a écrit:
Je sais que je ne suis pas disponible en ce moment. Je suis désolé. Mais là, c'est un peu beaucoup compliqué. Ne t'étonnes pas si tu vois mon père au château, c'est normal... Je t'expliquerai. Ça et autre chose aussi.
Love. D."

Ah, si ce dernier mot pouvait avoir un autre sens qu'une formule de politesse épistolaire anglo-saxonne entre personnes très proches ! Et s'il savait lui même le contenu de cette autre chose... Bref...

Mais qu'on se le dise ! Tout allait bien ! Cette rencontre au sommet n'était qu'une formalité. Les affaires. Évidemment, il ne trompait personne et il le savait bien. Ils se connaissaient trop les uns les autres. Et ça devait être une sacrée affaire pour qu'il en vienne à cette décision ! Mais cela devait faire comprendre à tous qu'il ne voulait pas en parler, qu'il ne dérogerait pas de cette position et surtout, qu'il ne fallait donc pas insister.

De l'autre côté de l'Atlantique, pour être tout à fait honnête, on en menait pas trop large non plus. Il fallait dire que, en ce 21 janvier, la nouvelle avait été fraîchement annoncée...

"Donc nous sommes d'accord Monsieur le Président ?"

"Vous êtes dur, M. Fox..."

"Quand on me demande des milliards de dollars et que je suis obligé de palier à un État, j'ai le réflexe de l'être."

Bam. Traduisez, vous récoltez ce que vous semez et je me fiche bien de votre avis. La discussion n'est pas tolérée.

"Je ne demande pas le soutien de votre société de gaieté de cœur, croyez-le bien.."

"Vos états d'âme ne sont pas mon problème. Épargnez moi les larmoiements politiques. Ces entreprises ne sont pas viables dans l'état actuel des choses alors notre nouvelle collaboration et le service de retour ne me paraît, dans ces conditions, pas exagéré. D'autant que vous sauvez des milliers d'emplois et passez pour un héros devant l'opinion publique..."

Seul le silence répondit à cette froide remise au point. Dans la salle de réunion de la succursale anglaise du Groupe Fox, l'hologramme de celle du Siège américain. Mais quelque soit le côté de l'océan, la gravité semblait de mise sur les visages des administrateurs alors que le jeune Pdg finissait de régler le compte de son interlocuteur.

"Vous n'êtes de toute façon pas en position de marchander et je déplore d'avoir dû intervenir en personne dans cette affaire, Monsieur le Président."

En clair, grosse grosse erreur tactique... Le message fut immédiatement compris...

"C'est une simple défaillance de communication au sein de mon équipe, soyez assuré que cela ne se reproduira pas."

"Vous avez en effet tout intérêt à mettre vos services au pas. Nous ne tolérerons pas une autre manœuvre de ce type, que votre ministre se le tienne pour dit. Mrs Jackson est parfaitement habilitée à gérer cet accord et a toute ma confiance."

"Cela va de soi, cher ami. Croyez bien que je suis navré de ce quiproquo et je suis heureux que nous ayons pu nous en expliquer sans intermédiaire."

En langage diplomatique, tu as gagné, je me couche.

La conversation prit fin après les formules d'usage. Dray referma avec un certain mépris le dossier ouvert face à lui et s'adressa à une quarantenaire assise à sa gauche.

"Affaire réglée. Mrs Jackson, j'attends votre rapport pour mercredi."

Personne ne trouva à redire. Surtout pas la sus-nommée qui semblait avoir eu quelques difficultés notoires dans son travail cette fois... Et il fallait mieux éviter de toute façon, car depuis le début de la réunion, on ne pouvait pas dire que leur jeune patron était à prendre avec des pincettes... Ça n'empêchait pas certains de vouloir la ramener pourtant. Question d'habitude. Une séance où on ne pétait pas la vaisselle était rarissime sans exagération aucune.

"Finalement, ça ne s'est pas trop mal passé. Quand on y met le ton..." finit par dire l'aventurier dans un rictus mauvais et inquiétant. MacTurning se risqua alors à répondre avec une certaine prudence qui cachait bien mal ses accents narquois.

"Ben à un moment on a préféré ne plus rien dire, hein..."

"Oui, donc, du coup, ça ne s'est pas trop mal passé !" répliqua durement Dray en fusillant du regard son collaborateur, sous-entendant clairement leur incapacité. L'homme bougea sur son siège, mal à l'aise. Ce n'était définitivement pas le jour pour la ramener parce que cette pique assassine n'était pas la première ce matin-là, bien au contraire.

Un autre, prenant visiblement plaisir à la répartie de celui qui lui faisait directement face dans le cercle, intervint. Simon résumant à sa façon l'entretien...

"Et après c'est moi qui parlemente vicelard."

Dray l'ignora totalement. Pas un regard, rien. Et ce n'était pas la première fois non plus ça, et c'était sans doute bien ce qui faisait que la fine équipe était plus inquiète que d'habitude. Dray Fox, ne pas répondre aux attaques de son père ? Ce n'était pas normal. Et encore une fois, ce dernier intérieurement, tiqua. Quelque chose semblait vouloir lui échapper.

"Suivant."

Ce fut la seule réponse de son fils, glaciale alors qu'il ouvrait un autre dossier. On obéit prestement. Chacun était d'accord pour dire que quelque chose ne tournait pas rond. Cette réunion était plus tendue que les autres. Les chicaneries étaient tellement devenues habituelles entre les différents membre de cette "sage" assemblée, surtout entre les deux têtes dirigeantes, que c'en était quasiment devenu un spectacle et un jeu plus qu'autre chose. Un jeu un peu strange que celui de se chercher des poux, surtout pour des hommes et des femmes d'affaires, mais un jeu quand même, qui finissait par en devenir ironiquement comique. Sauf que là, tout le monde sentait que ce jour-là, la donne avait changé furtivement, pour devenir ce que cela aurait du toujours être finalement : une guerre froide insidieuse.

"Oh, tant que j'y pense, Père, tu es attendu à Londres dès que la demande de visa que j'ai exigé sera accordée."

La bombe que venait de lâcher le plus glacialement du monde le premier fils de Simon, eut l'effet parfaitement escompté. On aurait pu sentir le blizzard souffler derrière la noble assemblée américaine. On se regarda avec stupeur alors que Dray n'avait pas levé un instant le nez de son dossier. Qu'est ce qui se passait là ? C'était énorme ! On finit par fixer tour à tour le père et le fils, comme si les réponses étaient sur leurs visages. David Law, lui, avait nettement laissé paraître la profonde préoccupation qu'avait fait naître cette information en lui. Sourcils froncés, il observait celui qu'il considérait comme un fils. Qu'est-ce qu'il avait encore été inventer ?

Mais il n'était pas le seul à considérer le jeune financier et à se poser cette question. Simon, après la première surprise passée (avec classe, il fallait le reconnaître puisqu'il ne laissa absolument rien voir de son trouble si on exceptait un clignement de paupières), fixait lui aussi son rejeton de la même façon. Mais ce n'était pas avec inquiétude, mais sévérité et ô combien de suspicion et d'incrédulité.

"Tant que tu y penses ?"

La question avait résonné sourdement, comme l'annonce que le ton allait vite monter si elle ne trouvait pas de réponse satisfaisante. "Tu te fiches de moi ?" était sans doute le sens le plus proche à lui donner. Dray releva alors les yeux rapidement, sans prendre la peine de redresser la tête, comme si tout ceci n'était qu'un détail sans importance qui ne méritait aucunement cet effort. Et le ton méprisant qu'il adopta était tout aussi illustrateur.

"Quelque chose ne va pas ? Tu veux peut-être un ordre de mission dûment rédigé et paraphé ?"

…. Chacun se tassa un peu dans son siège. Olala... Simon, piqué au vif, eut cette fois un léger temps d'arrêt. Il se gratta légèrement le dessus de la lèvre supérieure. Stop. Replay.... Non, non, pas de doute...

"Non mais c'est moi ou il y a un truc qui déconne ?"

Pris ainsi à partie par leur Vice-Président, de cette manière assez cavalière, personne n'osa répondre quoi que ce soit. Quand deux courants violents se rencontraient, on évitait de plonger à l'eau...

Enfin là, ben heu oui, quand votre fils aîné qui vous détestait prodigieusement vous annonçait entre la poire et le fromage qu'il faisait pression sur un gouvernement, sans rien demander à personne vu la tronche de cake de tous, pour que vous rappliquiez sur son territoire et qu'en plus, il semblait se foutre de votre gueule... On pouvait dire que ça rentrait effectivement dans la catégorie des trucs qui déconnent. Mais de tout ça, seul un haussement sarcastique de sourcils de Dray en fut le porte-parole. Simon déglutit. Il s'énervait pour de bon maintenant ou il attendait encore un peu ?

"Et je peux savoir ce qui me vaut cette "cordiale invitation" à te rendre visite ou ça, ce n'est pas encore le temps d'y penser ?"

Cette fois, Dray releva la tête et menton légèrement en avant, hautain et dur, il toisa son père.

"J'ai besoin de toi ici pour un projet de restructuration..."

Ah ce ton calme et posé, si professionnel ! … Il ne le resta pas longtemps.

"Mais je te rappelle pour info que je suis ton supérieur hiérarchique. Donc, quand je te demande de ramener tes fesses ici, tu écrases et tu obéis sans poser de questions ! Et c'est aussi valable pour vous parce que votre sale manie de toujours discuter mes ordres, ça commence aussi doucement à me gonfler, c'te histoire !"

Oh quelle jolie envolée ! Dray avait dans sa tirade fini par se lever pour prendre appui sur son bureau en criant et foudroyait tous ses collaborateurs du regard pour se reposer presque immédiatement sur son père.

"Entre machin qui ne veut pas traiter avec les syndicats, l'autre glandu qui se permet de refuser d'aller en Afrique occidentale et cette conne qui s'est laissée baiser par les français alors que je l'avais prévenu, et toi qui me prends pour un abruti fini depuis des mois, vous m'emmerdez mais quelque chose de concret ! Pour la dernière fois, je n'ai aucun compte à rendre sur mes décisions quand il s'agit de vous mettre au boulot ! Si je vous demande de faire un tour en Irak ou au Mali pour organiser une aide alimentaire ou de vous peler les miches en Sibérie en plein hiver pour vérifier nos réseaux gaziers, de baiser l'anneau du Pape ou d'aller danser le sirtaki en Grèce pour tenter de sauver les meubles, vous allez me faire le plaisir de vous exécuter en arrêtant de discutailler trois plombes et de me prendre au passage pour un con ! Et si certains ont encore un problème avec mon autorité et la notion de loyauté, je vous rappelle que si vous avez encore vos culs dans vos fauteuils, c'est parce que je l'ai bien voulu mais que ça peut encore s'arranger si vous insistez ! La majorité absolue me tend les bras alors ne me tentez pas !"

Chacun eut le bon goût de ne rien répondre et de baisser la tête. En particulier ceux qui étaient clairement visés. Même Simon. Oh, ne vous y trompez pas. Ce n'était pas parce qu'il craignait la colère de Dray ou qu'il reconnaissait ses torts. Mais il avait relevé deux choses importantes. Cette allusion étrange de son comportement sur le long terme, (ce qui expliquerait pour une obscure raison cette convocation extraordinaire...) et cette menace de majorité. Deux signes très clairs qu'il ne fallait pas provoquer davantage son fils et bien au contraire, reculer à présent. Le fondateur du Groupe était homme de grande expérience. Il voulait le voir ? Il le verrait...

Mais cette sommation, expliquée que par une vague question de refonte du secteur britannique, inquiéta tout le monde. Il y avait évidemment autre chose derrière. Cela aurait pu être crédible, s'ils ne savaient que trop bien que les refontes, le jeune Fox n'avait besoin de personne pour les faire et surtout pas son père avec qui il refusait de toute façon de travailler. A chacun son boulot. A toi les Amériques sous ma supervision, (parce qu'il n'avait pas le choix et croyez bien que c'était extrêmement bien supervisé...), je me charge du reste du monde, en particulier l'Europe, que ça plaise ou non. Donc, on se doutait bien que tout ceci n'était que prétexte. Et pour que leur jeune boss en vienne à cette extrémité, rencontrer son père après tant de temps et de discordes en allant jusqu'à traiter avec le ministère de la Magie britannique pour ce faire, c'était sérieux.

Et ce jour donc arriva. Le soir était tombé depuis longtemps. Difficile de faire la part des choses dans une telle situation. Assis derrière son bureau londonien devenu son principal lieu d'activités depuis qu'il avait retrouvé sa place, Dray, éclairé par sa seule lampe de travail, attendait avec angoisse l'inévitable rendez-vous qu'il avait provoqué, cogitant par la force des choses sur plus de choses qu'il ne le voulait. Evan, évidemment mis au courant mais aussi succinctement que les autres, avait bien essayé d'alléger ce qui semblait bien être un fardeau très encombrant et d'en savoir un peu plus au passage, mais il s'était heurté au mutisme de son patron et ami. Ce fut lui qui accueillit Simon Fox dans le Hall du Siège, et qui le conduisit au bureau du jeune homme d'affaires. Et on ne pouvait pas dire que l'ambiance entre les deux hommes était chaleureuse. Bien au contraire...

"M. Fox..."

"M. Turner..."

Et ce fut tout. Juste leurs noms froids et impersonnels. Même pas une poignée de main ! Turner n'était pas prêt d'oublier que cet homme avait failli ruiner sa vie... Les seules réelles paroles qu'ils échangèrent furent dans l'ascenseur.

"Dray aurait du m'accueillir en personne."

Le ton dédaigneux de Fox senior et cette obligation appuyée firent intérieurement sauter Turner au plafond.

"Si j'étais à sa place, cela ferait longtemps que personne ne serait plus obligé de vous accueillir nulle part."

A ces mots méprisants, Simon aussi surpris d'une telle outrecuidance et furieux, s'apprêta à remettre le directeur de la succursale à sa place, mais les portes de l'ascenseur s'ouvrirent directement dans le bureau de Dray, plongé dans l'obscurité presque totale. Cela le coupa net dans son élan. Naturellement son regard fut attiré par la seule source de lumière et il distingua le large dos du fauteuil où son fils fixait le décor by night de la City par la grande baie vitrée. Dray avait pris le parti de leur tourner le dos. Simplement pour retarder au maximum l'échéance de se retrouver face à son père...

"Merci Evan."

Le quadragénaire hocha la tête avec diligence. Et visiblement pas plus gêné que ça de parler à un fauteuil, il se permit d'ajouter quelques mots. Parce que Merlin qu'il était inquiet !

"Si tu as le moindre problème..."

"Tout se passera bien."

Devant la calme assurance de son ami (qui le surprit lui-même d'ailleurs), l'Anglais dut se résigner à s'effacer.

"Très bien."

Et il était évident dans ces deux petits mots qu'il regrettait de devoir le faire. Mais pourquoi son cadet avait-il décidé une telle chose ?

Et voilà, on y était. Seul à seul, mais pas encore face à face. Et Dray était bien décidé à ce que cela reste ainsi apparemment. Il ne bougea pas d'un iota, comme si la vue de l'extérieur était plus passionnante que son visiteur. Et il chercha à prendre l'avantage dans cette position, en mettant de suite les choses au points, froidement.

"Tu te doutes bien que si je t'ai fait venir ici, ce n'est pas pour de touchantes retrouvailles. Je laisse ça à ton fils."

Implicitement, je ne suis pas le tien.

"Je me suis bien gardé de lui dire que tu venais. Sa mère a dû te mettre au parfum, alors tâche de ne pas lui gâcher la surprise."

Et pour l'une des rares fois de sa vie en présence de son fils aîné, Simon se retrouva perturbé. C'était un moment clé, même lui ne pouvait le nier, et Dray, trop calme, -il ne pouvait pas être serein, c'était impossible !-, qui s'obstinait visiblement à ne pas le regarder, Dorian qui était de suite mêlé à la discussion si on pouvait appeler ainsi ces premiers mots sans âme, dits dans la quasi-obscurité, lui debout dans l'ombre... Lui qui avait imaginé une engueulade bien digne d'eux, taclant son fils d'entrée de jeu, comme l'avait prouvé sa remarque en montant, se rendit compte que cette mise en scène le désarmait. Et si cela lui déplut hautement, il ne put que se résoudre à calmer ses ardeurs belliqueuses. Sans quoi, il perdrait la face. La tactique du jeune homme était évidente à ses yeux. Patience...

"Pourquoi Dray ?" demanda donc le sexagénaire plutôt posément, après quelques pas vers le bureau. Il va sans dire, bien sûr, qu'il ne parlait absolument pas du fait ou non de "gâcher la surprise". Quoi qu'il serait intéressant de savoir pourquoi Dray se montrait si prévenant avec son frère... Et apparemment son aîné eut le même raisonnement.

"Si tu parles de ton rejeton adoré, je suis trop gentil. Si par contre, tu parles des raisons réelles de ta venue, cela attendra demain."

Mais cette fois, Simon ne l'entendit pas ainsi. L'ironie de la première réponse et l'ajournement brutal de la deuxième eurent raison de son indulgence. Le ton monta, amer et mordant.

"Ça suffit, tu vas m'expliquer tout de suite ce cirque ! Regarde-moi, Dray !"

Mais la seule réaction du sus-nommé fut d'appuyer sur un bouton de son THOM, à portée de main. Quelques secondes après, répondant au signal, un homme en livrée de chauffeur entra dans le bureau. Le jeune PDG avait décidément tout calculé d'avance, l'empêchant d'avoir une quelconque prise, et il répondit bien évidemment à côté, toujours aussi... neutre. C'était le mot le plus approprié.

"En plus de l'Auror exigé par le ministère, tu auras un garde du corps. John sera aussi ton chauffeur attitré pendant ton séjour. Il a consigne de te mener où tu veux mais pour l'heure, il va te conduire à ton hôtel. Je t'ai réservé l'une des suites du St James. Le directeur m'a assuré de t'accueillir personnellement. On se voit demain après-midi, 14h pour la séance hebdomadaire du conseil. Tu peux disposer."

Alors là... Simon fut soufflé. Il se permettait de le mettre à la porte ? Comme ça ? Il le faisait venir exprès des USA et il l'éjectait au bout de deux minutes? Et comment ! Pas une intonation plus haute que l'autre ! Une récitation plate, voilà tout ce que c'était. Il regarda interdit ce fichu dossier qui cachait son fils. Furieux, autant par les faits en eux-même, que parce qu'il ne comprenait pas pourquoi cette indifférence affichée le gênait autant, il fut soudain pris de l'idée subite de faire pivoter lui-même ce fauteuil et bien décidé, tendit la main au dessus du bureau. Pour se retrouver immobilisé net dans son mouvement. … Dray avait été jusqu'à ensorceler le bureau pour l'empêcher de l'approcher ?!

"A demain..."

Là, il y eut un changement de ton. Net et sec. Chaque syllabe avait été dangereusement appuyée, avec une dureté glaciale. Et le serviable John fit un pas en avant, relativement menaçant. Simon écarquilla les yeux, comprenant alors toute l'ampleur de la machination. Son fils avait pris soin de cadenasser la moindre petite ouverture possible entre eux et de le mettre sous étroite surveillance. Cela l'inquiéta franchement cette fois. Jusque là, s'il s'était posé des questions bien sûr, depuis que Dray lui avait donné ses ordres, il ne s'était pas pour autant alarmé. Que pouvait bien faire ce morveux, franchement ? D'ailleurs, il ne savait même pas ce qu'il lui voulait ! Là, il ne le savait toujours pas mais par contre, il se rendit réellement compte du danger.

"Dray..."

Incompréhension totale et inquiétude. Voilà ce que Dray avait voulu entendre dans la voix de son père. Bien. Il fallait à tout prix qu'il gagne ce premier round. C'était fait. Il ne prit même pas la peine d'ajouter quoi que ce soit, ce fut John qui le fit à sa place. Le chauffeur coupa sans remord le Vice-Président en lui posant une main ferme sur l'épaule pour l'attirer vers l'ascenseur.

"Nous devons y aller, Monsieur."

Cette manière de faire, ou en l'occurrence de faire faire, eut définitivement raison des dispositions de Simon à combattre. Il n'avait d'autre choix que de laisser le point à son fils aîné. Et lui qui était venu en conquérant sûr de sa victoire doutait très sérieusement à présent et craignait le lendemain. Les choses lui échappaient et il détestait cela. Surtout face à Dray !

Une fois son père sorti, le jeune Américain lui, ferma les yeux et relâcha enfin la pression dans un profond soupir aussi pesant que douloureux. L'ampleur de son angoisse fut alors criante dans le tremblement soudain de ses mains. Il respira profondément pour se calmer. Zen... Il s'alluma une cigarette. La nicotine l'aiderait. Il fallait analyser les faits. Il ne s'en était pas trop mal tiré pour cette première entrevue. Il avait réussi à garder le contrôle de ses émotions jusqu'au bout. Et il avait réussi à déstabiliser son père. Alors tout allait bien. Cela faisait trois semaines qu'il se préparait à tout cela. Il était prêt. Demain, il y aurait vraiment un face à face.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
Japonais : Vert
Italien : Rouge
Espagnol : Orange
Allemand : Jaune



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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Dim 27 Jan 2013 - 23:01

Vendredi. 9H10 am.  Après s'être assuré que la salle de réunion était prête pour la réunion hebdomadaire du conseil d'administration du Siège en début d'après-midi et s'être assuré que Simon était toujours à l'hôtel, aux bons soins du fidèle John, Evan Turner, avec un café, entra dans le bureau de son supérieur et l'avertir que tout était à sa place. Pour le voir changer de chemise... On oublia le bonjour.

"Ne me dis pas que tu as passé la nuit ici ?"

Il n'obtint aucune réponse. Alors Evan soupira. Et bien si. Dray avait passé la nuit ici... Il posa le café sur son bureau alors que Fox fermait le dernier bouton, celui de sa manchette droite.

"Tiens, vu ta tête, t'en a besoin."

Le jeune New-yorker remercia son bras droit du regard et ce dernier le regarda avec un peu d'inquiétude enfiler sa veste sur mesure et réajuster son col, avec plus de minutie que d'habitude et non plus de la nervosité mais carrément de la fébrilité. Ce détail le frappa. Il en devina sans peine la raison.

"Je peux me permettre une remarque ?"

Coup d’œil interrogatif de la part du PDG. Turner se lança donc.

"Quel qu'en soit la raison, tu donnes trop d'importance à la présence de ton père. Tu es déjà dans un état de nerfs épouvantable et il n'est là que depuis hier soir. Si comme tu me l'as dit, il va rester dans le secteur un moment, il va falloir que tu relativises et te détendes. Ou tu ne tiendras pas la distance."

Dray fronça les sourcils en signe d'agacement affiché et se saisit avec brusquerie de son café et d'un dossier soigneusement posé sur son bureau pour sortir.

"En piste..."

Ce fut son unique réponse à ce conseil pourtant sage. Le Londonien retint de justesse une moue ennuyée. Tête de mule... La matinée se passa dans une ambiance étrange, tous les employés étant au courant de la venue exceptionnelle de leur ex PDG, actuellement Vice-président et père de leur ancien PDG, actuellement PDG... Et à propos de ce dernier, tout le monde s'accorda à dire qu'il était même plus tendu ou stressé mais carrément torturé. Et donc quelque peu irrité et surtout pas patient. Evan temporisa mais ce vendredi matin fut long pour tout le monde et on attendit avec hâte le week end.

Évidemment la pause déjeuner, Dray décida qu'il s'en passerait et il s'enferma dans son bureau. Ainsi, il ne vit pas son père arriver, ni la réaction du personnel. Ce fut encore une fois Turner qui vint le chercher. Il n'y eut cette fois, de part et d'autre, aucun mot d'échangé. Déjà que communiquer avec l'Américain n'avait pas été facile pendant cette matinée, là, c'était devenu impossible, l'Anglais le savait bien.

Quelques minutes avant 2h00 pm, les deux hommes retrouvaient Simon Fox, déjà assis, dans la salle du conseil. Les salutations furent... ce qu'on pouvait attendre d'eux.

"Tiens, tu es décidé à me regarder aujourd'hui ?" balança le père sèchement. Apparemment, il avait toujours les événements de la veille en travers de la gorge. Simon toisa lourdement son fils. Il l'inspecta littéralement des pieds à la tête, le jaugea avec déconsidération. Le même regard scrutateur et dénigreur que durant son enfance et son adolescence. Dray serra les dents pour résister à l'envie irrépressible de baisser les yeux, comme pris en faute dès le départ. Il s'attendit presque à l'entendre à nouveau à dire son putain de "Mouais on s'en contentera." alors qu'il avait toujours tout fait pour que ce soit parfait. Mais cette fois, il ne céda pas.

"Et toi, aurais-tu, par hasard, le projet incroyable de me gonfler déjà ? A défaut d'être aimable, tu pourrais te taire, cela n'est pas plus cher." répliqua-t-il donc sur un ton exagérément mélodieux. Et de ponctuer sa phrase d'un sourire narquois, mauvais et provocateur. Fox senior se retint à grand peine de réagir. Un partout.

Dray finit toutefois par prendre place à son tour mais en laissant un espace non négligeable entre lui et son géniteur. Distance de sécurité plus que nécessaire à son goût. Et sans guère plus attendre et éviter le risque de donner à son père une autre occasion de recommencer à le chercher, il brancha le système de vidéo conférence holographique.

Rien que voir Dray et Simon côte à côte, ou presque du moins, était suffisamment perturbant pour que le malaise soit palpable au sein de l'assemblée. C'était une situation si particulière qu'on ne savait pas trop comment la négocier. Le PDG eut vite fait de mettre tout le monde au diapason cependant.

"Bonjour. M. Turner assistera à la réunion aujourd'hui. David veuillez le noter dans le procès verbal."

Comme il s'y attendait, cette nouvelle déplut au plus grand nombre. Malich prit la parole "au nom de tous."

"Ce n'est absolument pas régulier, M. Fox. Nous devons être prévenus au moins 24 heures à l'avance. Je pense que..."

Aussitôt Dray mit les holà. A sa façon. Surtout vu son état de nerfs.

"Oh ça vous, bémol ! Vu que c'est déjà pas glorieux quand vous essayez, on se demande bien à quoi vous pensez quand vous ne pensez à rien. Que ce soit clair, je ne vous demande pas vos avis. Comprenez bien que si j'impose vos tronches à ce malheureux, c'est que j'ai une bonne raison. Donc on la ferme et on se met au travail."

L'humiliation eut son petit effet. Personne ne voulut recevoir une nouvelle douche de vitriol alors on capitula. David se retint de tout commentaire mais il n'en pensa pas moins. Il ne savait pas trop s'il devait craindre la suite ou s'en amuser avec consternation.

La réponse ne tarda guère. Les deux mon capitaine. Il fut vite démontré que cela allait encore être un joyeux bordel. Comme toutes les semaines ? Oui mais pas seulement. Il y avait un petit quelque chose de plus qui faisait toute la différence. Le PDG et le Vice-PDG concrètement dans la même pièce... Même côte à côte, ils étaient en position d'opposition, se tournant presque le dos. Cela était prometteur pour l'ambiance et la dynamique des propos... Dray se montra à ce sujet d'ailleurs fort inspiré.

"Vous ne pouvez pas mettre votre veto sur ce projet. C'est du béton !"

"Ah ça, béton, c'est le cas de le dire ! On pourrait colmater des murs avec."

On sourit devant l'image alors que le jeune homme poursuivit.

"MacTurning, ce truc est infect. Sérieux, vous l'avez goûté ?"

"Je dois reconnaître que... "

"Tenez, même le troisième Stooge est d'accord !"

Carlota Rodriguez faillit s'étouffer avec l'étrange mixture qu'ils étaient en train de "déguster", en entendant ce surnom qui lui était régulièrement affublé par son patron (au même titre que Malich ou MacTurning, les deux autres...) et les ricanements à peine dissimulés de ses collègues. Elle se reprit élégamment cependant.

"Non j'allais dire simplement que j'avais connu meilleur et que c'était spécial. Mais ce n'est pas mauvais. "

"Pas mauvais ? Mais Carlota ma chère, vous devriez consulter."

"Non, Faure, moi je pense qu'on peut en faire quelque chose."

"Ouais, en faire un nouvel insecticide contre les blattes. Même elles n'y résisteraient pas. Père par contre..."

On entendit soudain un ange passer quelques secondes. Alors que Simon fusillait son voisin du regard, David leva les yeux au ciel et intervint avant que le Vice-Président le fasse. Pas sûr que ce genre de commentaires soit très constructif.

"Dray, allons. Même si je partage votre opinion sur la qualité du produit, évitons les plaisanteries douteuses..."

Alors que le jeune homme répondait à son mentor avec un sourire de sale gosse, preuve que lui, s'amusait énormément pour une fois et n'avait pas du tout l'intention de se calmer et que donc ses remontrances il pouvait se le mettre où il pensait (on en disait des choses en un sourire quand on avait l'art et la manière de Dray...), le grand rouquin, bien décidé à défendre son projet agroalimentaire jusqu'au bout malgré un manque de plus en plus certain d'arguments répliqua :

"Quoi, vous aussi David ? Mais à la fin, qu'est qu'il y a qui vous gêne ? Vous n'avez aucun goût !"

Dray intervint de nouveau, avec une nonchalance sardonique, tête négligemment retenue d'une main, coude sur la table. Tout dans son attitude montrait que cette dégustation semblait en fait profondément l'ennuyer. D'où d'ailleurs sa manière de dire les choses depuis le début.

"Il y a que nous avons le prix de cette horreur sous les yeux et que si on achète ça à ce prix là, on est en train de se faire enfler..."

"Ce n'est pas possible d'être d'une telle mauvaise foi ! C'est très bon !"

Comédien, Fox se redressa faussement inquiet.

"Mme Jackson, seriez-vous enceinte ?"

"M. Fox !"

"Théorie intéressante. Comment expliquer que vous aimiez autrement ? "

"M. Cox, je ne vous demande pas votre avis !"

Les deux complices partagèrent un regard. Très terre à terre, Simon intervint.

"En même temps à un moment donné, pardon mais qu'est ce qu'on s'en fout du goût que ça a ? Je te rappelle la base de notre travail, Dray : l'essentiel n'est pas d'aimer mais de trouver à notre tour de bonnes poires à qui refourguer le produit."

"Évidemment, toi, je ne te demande pas de me soutenir, ce serait miraculeux !" rétorqua aussi sec Dray en zieutant méchamment du coin de l’œil son père qui le lui rendit bien...

"Non mais sérieusement, Simon, que voulez-vous que mon service fasse avec ça ? On dirait que les fraises sont vomies ! "

"Heu si je puis me permettre une parenthèse, Malich, comestible ou pas, de toute façon, en ce moment au marketing, ils sont zéros alors faut pas non plus s'en prendre aux fraises, hein !"

A nouveau, des ricanements plus ou moins discrets. C'était que c'était plutôt marrant de voir ses collègues se faire épingler par l'humour acide de leur jeune patron, personnification du sarcasme. Sauf quand ça vous tombez dessus, bien sûr...

"Enfin de facto, je suis d'accord avec vous. Le défi est d'autant plus grand. Là, partir aux fraises prend un tout autre sens... "

Et Dray de regarder dégoûte le contenu du pot en face de lui. Nouveaux sourires des partisans du contre.

"Vous pourriez avoir un peu plus d'ouverture d'esprit... "

"Le problème dans l'ouverture d'esprit, c'est la gestion des courants d'airs."

Là, il fallut carrément des quintes de toux pour rester discrets.

"Allez, on s'est bien amusé. Maintenant qu'on a bien fait le tour de tous les bienfaits de cette révolution gastronomique, on peut peut-être se remettre au boulot ? Mlle Ocean, vous étiez indécise. Il est temps de choisir votre camp."

"Au delà de l'apparence à retravailler, je suis pour."

"Pas possible !" s'exclama exagérément le PDG, montrant par là qu'il n'était pas surpris. Il se tourna vers son collaborateur londonien.

"A croire que ça a été conçu par une femme, ce truc. Quoi que l'idée que ça fasse pisser d'une couleur aléatoire est bien une idée de mec... 5 voix partout. Bien, on a assez perdu de temps avec cette connerie. Tu n'étais pas là pour ça, à la base mais Evan, à toi de trancher, qu'on en finisse, s'il te plaît !"

Un coup d’œil circulaire aux autres. J'en ai marre alors le premier qui trouve à redire va le sentir passer... On comprit le message, on laissa donc parler le quadragénaire.

"Aussi surprenant que ce soit, je rejoins l'avis de ton père et de M. Malich. Les goûts et les couleurs, c'est surfait. Mais j'ai peur que nous ayons en effet quelques difficultés à imposer ce produit sur le marché. Même si le public féminin a l'air d'y être sensible."

"La voix de la sagesse. Six voix contre cinq, rejeté. Affaire classée. Dossier suivant."

D'un coup de baguette rapide, Dray fit disparaître le pot d'on ne savait toujours pas trop quoi et fut imité par tous, sous le regard noir de celui qui venait de se faire rembarrer. Mais Fox l'ignora totalement et ouvrit une nouvelle chemise. Il fut alors dit que l'homme d'affaires n'était pas prêt de lâcher le morceau si facilement.

"Vous pourriez au moins respecter le travail. Ça vous déplaît alors hop, vous le bazardez ! C'est un peu facile !"

Cette fois, Dray montra très visiblement son impatience, en pianotant énergiquement la table.

"C'est tellement facile que je vais peut-être systématiser le processus parce qu'il n'y a pas que ce projet débile qui m'emmerde. "

Et de ponctuer très cyniquement sa remarque glaciale en faisant tourner son index près de sa tempe. Réfléchissez-y... Les mauvais éléments étant calmés, on en revint donc aux affaires.

"Donc nous disions... Ah oui ! La bévue de la semaine. Dire que j'ai été obligé de donner la priorité aux fraises... Et le vainqueur est M. Cox. Votre homme nous a mis dans un sacré pétrin... "

Et au ton redevenu fort sérieux et professionnel du jeune homme, il fut clair que là, il n'était plus temps de rire. Le sus-nommé ne se formalisa pas de cette introduction. Après tout, en tant que supérieur hiérarchique, c'était à lui de rendre des comptes. Il prit donc la parole pour présenter les faits à ses collègues.

"En Arabie Saoudite, dans la province de Riyad, l'un de nos contre-maîtres exportés a été surpris aux bras de prostituées, en possession d'une grosse quantité de cocaïne et d'une arme à feu qui a servi à une agression. Pendant son arrestation, il a critiqué violemment les autorités pour couronner le tout. Il dit avoir acheter l'arme au marché noir deux jours avant pour sa protection. Il sera jugé par le tribunal islamiste. Le procès a lieu dans trois jours. La presse nationale s'est emparée de l'affaire, l'opinion publique est en notre défaveur, et si on ne règle pas le problème rapidement l'internationale va suivre, comme des vautours sur une carcasse. Le procureur veut donc faire un exemple. "

"En bref, la peine de mort est requise..."

"Un point pour Faure. Et au delà de ça, ce n'est pas le premier incident. Le gouvernement nous reproche de ne pas savoir tenir nos hommes. Ils veulent rompre les contrats et nous voir déguerpir du pays. Et évidemment la Maison Blanche, prise à partie, n'apprécie pas non plus la blague. C'est l'incident diplomatique. Quelqu'un a une suggestion ?"

Devant cet exposé éloquent, pour le coup, un silence de mort s'installa quelques instants. Simon se tourna impassiblement vers son fils.

"Et tu appelles ça une bévue ?"

"Ah ça, je te l'accorde, c'est un euphémisme. Et il va sans dire qu'il n'est pas question que nous laissions ce malheureux à son sort."

"Ce serait en effet de mauvais ton..."

"Personnellement je me la taille en biseau. Sauvons les apparences pour la presse et la famille, mais si ça permet de redresser la situation, je ne vois pas pourquoi on éviterai au final l'exécution."

Dray fit un bon notable en entendant son père.

"Pardon ?!"

"Oh s'il te plaît ne recommence pas à jouer les saints ! Moi je dirais que tu te sens trop proche de ce type. La coc', ça rapproche, je crois..."

Un observateur attentif aurait pu voir le poing de l'aventurier se serrer compulsivement, et son pied marteler le sol. Non, Dray. Zen. Respire. Simon lui, satisfait de ce point gagné si facilement, développa son propos.

"Nous dépensons assez d'argent pour les former aux us et coutumes des pays dans lesquels on les envoie, justement pour éviter ce genre d'embarras. Il savait pertinemment ce qu'il risquait à se faire prendre et encore plus à l'ouvrir. Ce qui est urgent pour nous, c'est de maintenir notre place, quitte à lâcher du lest."

Sidéré, Dray fixa un instant son père sans rien dire, mais son regard rageur parlait pour lui, sans doute possible. Et mal à l'aise, les autres membres de l'assemblée bougèrent sur leur siège, ne sachant pas trop quoi dire ou même penser. On était bien tenté de donner le point à Simon. Les affaires... Mais c'était quand même embarrassant de le reconnaître, présenté ainsi.

"Non mais des fois, tu admettras que tu es hors normes ! Je te garantis qu'il n'est pas question que je laisse cet homme sur le carreau. Je ne transigerai pas là dessus. On ne va pas le laisser se faire décapiter sous prétexte que ça nous fera gagner de l'argent ! "

"Je ne dis pas que l'on doit pas essayer, je dis que ce n'est pas une priorité. En tant que PDG, tu dois avant tout penser aux intérêts du Groupe !"

"Et de ses employés !"

"De ses actionnaires ! L'Arabie nous ramène des milliards de dollars. On ne peut pas se permettre de perdre ce secteur !"

"Oui, merci je suis au courant ! Mais avant de sacrifier ce pauvre gars sur l'autel du dollar, on peut peut-être réfléchir à une solution alternative, non ?"

On s'accorda à dire que c'était une possibilité envisageable... Et on en discuta. Une heure de débats de rapports et d'idées plus tard, on discutait avec le diplomate arabe. Mais côté sorcier. Et le Secrétaire d'Etat à la magie américain était aussi de la discussion.

"Si nous réglons votre problème avec les sorciers israéliens sur la question de ces exportations, pensez-vous que cela calmera les choses, M. l'Ambassadeur ? "

"Vous me mettez dans une position délicate, M. Fox. Prendre ainsi partie dans les affaires moldues..."

"Croyez bien que nous le concevons. Mais pensez aussi que votre gouvernement perdriez au change si nous devions traiter avec Israël ou si nous devions quitter vos territoires. Sans compter l'aide à la reconstruction... Les sorciers de nos deux pays ont tout intérêt à ce que le calme revienne chez les moldus. Quant à nous, Monsieur le Secrétaire d’État, je crois que votre homologue de la justice  pourrait proposer une extradition en échange de certains services. La Maison Blanche apprécierait notre collaboration..."

Le silence se fit. C'était celui de la réflexion.

"On peut éviter la peine de mort, mais l'extradition, c'est sans doute un peu trop demander. Je vais voir ce que je peux faire, mais vous m'en devrez une, Fox ! Qu'en pense M. l'Ambassadeur ?"

"Je transmets vos propositions, Messieurs."

"Je vous remercie. Soyez assuré de notre diligence, si nous trouvons un accord qui satisfasse tous les partis."

La communication se coupa là. Les langues se délièrent.

"Je suis d'accord avec lui. Traiter avec les sorciers pour régler une affaire moldue, c'est beaucoup de risques ! Sans compter qu'on est redevable !"

"Très bien Mac Turning, voyez-vous une autre solution ? Nous en discutons depuis juste une heure et on ne vous a pas beaucoup entendu mais peut-être voudriez-vous nous rejoindre maintenant que vous êtes réveillé !"

"Cox, ceci est votre problème ! Et je ne discute pas quand j'ai une mauvaise connaissance d'un secteur. Les règles du Moyen-orient m'échappent mais celles du monde sorcier, je les connais bien, comme nous tous ! Là, c'est la Confédération internationale qui va nous retomber dessus ! Et ce ne sera pas la même chanson. Tout ça pour un abruti qui n'a pas su laisser à sa place ce qu'il avait dans le pantalon, a voulu se défoncer, jouer les cow-boys et n'a pas su fermer sa gueule ! Pourquoi se donner tant de mal pour lui, je vous le demande ?"

"Excellent résumé de la situation... Notez que c'est ce que je dis depuis le début..." remarqua Simon, narquois à souhait.

Dray soupira pour tenter de rester calme.

"Père, s'il te plaît... Nous avons aussi une réputation à préserver. Que penserait l'opinion publique si on apprend qu'on laisse nos employés calancher sur l'échafaud pour préserver nos bénéfices ? Ou alors Père, c'est toi qui vas annoncer la nouvelle à sa famille. Que cet homme soit puni, oui. Mais là, reconnaissez que c'est quand même plutôt sévère !"

"Ce que tu refuses de comprendre, c'est que nous ne sommes pas là pour corriger les injustices du monde !"

"Et bien c'est un tort ! A quoi cela nous sert-il d'avoir accès à ses plus hautes sphères et travailler d'arrache-pied pour les préserver si on se contente de les utiliser pour n'engranger que plus d'argent ? Nous avons la chance d'avoir une influence, nous pourrions l'utiliser pour améliorer les choses !"

"Tu es utopiste !"

"Et toi, trop matérialiste et corrompu ! Ça fait une moyenne."

Et c'était reparti pour un tour. David sentit qu'il était temps (encore...) de mettre un frein au débat.

"Messieurs, il nous reste un certain nombre de dossiers à traiter. Je pense que dans l'état actuel de la situation, celui-ci est pour le moment en stand-by. Nous pourrions peut-être embrayer sur un autre ?"

Dernier échange de regards assassins mais les deux dirigeants obtempérèrent. Le jeune homme d'affaires se passa une seconde les doigts sur les yeux, visiblement fatigué. Il détestait ces séances interminables et le manque de nicotine et d'activité commençaient à lui peser sacrément sur le système... Surtout qu'ils étaient loin d'en avoir fini. Il but une gorgée d'eau et fut imité par plusieurs de ses collaborateurs, dont son père. Mais quand Simon reposa la bouteille d'eau minérale à coté de lui, Dray en voyant ce détail ne put s'empêcher de la remettre bien entre eux. Son geste fut vu de tous mais surtout de son paternel qui ne sembla pas apprécier ce qu'il symbolisait.

"Non, mais tu n'as que ça à faire de jouer avec cette bouteille ?

Dray pinça les lèvres et sa riposte fusa aussi sec, mauvaise.

"Si, je peux te retourner une tarte si le cœur t'en dit !"

Les deux hommes se redressèrent immédiatement menaçants, se fusillant du regard. Ils pensaient clairement la même chose au même moment : fallait que l'autre arrête de le chercher ! David perdit à son tour patience.

"Mais ça suffit tous les deux ! Vous êtes pires que d'habitude !"

"En même temps, c'était à prévoir. Mettez deux renards enragés dans la même cage..."

"Vous savez ce qu'ils vous disent les renards enragés, MacTurning ?"

"Oui et c'est réciproque !"

Law soupira. C'était usant.

"N'allez pas trop loin..."

"Quoi ? Vous allez me virer, Simon ? Je vous en prie ! Mais alors c'est tout le conseil qu'il faudra foutre à la porte parce qu'on est tous d'accord. Heureusement que David est là pour nettoyer derrière vous deux. C'est peut-être lui qu'on devrait mettre à la tête du Groupe !"

Le sus-nommé écarquilla les yeux. Non mais oh, ça allait bien là ! Il n'était pas bien de dire des trucs pareils cet imbécile ! Il ne fut pas le seul à voir que le terrain était devenu très très instable. Car si Dray n'eut aucune réaction visible, Simon lui, visiblement, fulminait. Et ça...

"Il ne faut pas prendre tout ça au sérieux. Smith a dit ça sous le coup de la colère."

"Oh pas du tout, Carlota !'

"En tout cas, vous allez la boucler sous le coup de la mienne !"

Cette remarque acide et vibrante de colère contenue trancha net le débat. On reporta son attention sur le PDG.

"Que vous nous brocardiez mon père et moi, ça, c'est dans l'ordre des choses. Je suis même le premier à penser que ça ne mérite guère autre chose. Mais le prochain qui se permet de mettre David en porte-à-faux, je l'envoie au Tibet faire une étude du Yéti."

Pour le coup personne ne trouva plus rien à redire. Même Simon et Mac Turning. Les esprits se calmèrent. L'idée des neiges de l'Himalaya devait sans doute aider... David eut un regard reconnaissant pour son poulain. Qu'il prenne ainsi sa défense signifiait beaucoup pour l'un et l'autre.
On se remit au travail.

Mais alors que le dernier dossier fut bouclé, Dray au lieu de lever la séance, embraya sur ce qui semblait être la nouvelle de dernière minute. Il était temps qu'il bouge ses pièces...

"Bien, à présent je tiens à vous faire part d'une décision."

Le ton grave et sec qu'avait adopté le jeune PDG entraîna l'attention de toute l'assemblée.

"Evan..."

"Le projet de la chaîne de casinos et celui de la fondation Alliance sont annulés. Et nous devons nous débarrasser de nos derniers terrains acquis dans le Royaume."

Stupéfaction de tous. Étrangement, Simon peut-être plus que les autres à sa manière de regarder son fils. David prit la parole pour tous avec prudence.

"Mais pourquoi ? Le premier est de l'argent facilement investi et des bénéfices rapides, et le second un projet qui te tenait à cœur. Et nous ne parlons même pas de ces terrains constructibles ! Des projets immobiliers ont déjà vu le jour !"

"J'ai mes raisons."

Là ce fut Simon qui intervint, avec sévérité.

"C'est un peu léger ça, mon garçon. Les deux sont quasiment aboutis et tu voudrais les démonter maintenant ? C'est une perte d'argent inacceptable !"

"Oh ça ne m'étonne pas de toi, tiens. J'étais même certain que tu serais le premier à monter sur tes grands chevaux. Mais je ne vous demande pas votre avis. Je vous avertis. Les ordres sont déjà partis sur les chantiers."

Évidemment cette information déplut.

"En somme, vous êtes passé au dessus de ce conseil ?"

"Il y a eu des dysfonctionnements qui ne regardent que le PDG dans ces dossiers. Certains mènent à ce conseil. M Turner, veuillez donc exposer succinctement ce que vos services d'études ont révélés."

L'accusation intrigua toute l'assemblée. Et comme on se demandait de quoi leur patron parlait, on écouta donc le Londonien mais, et si on vous épargne le petit discours bien préparé où on parlait de fuites de capitaux, de mauvaises études de terrain, ou encore d'erreurs de conception et de matériaux bas de gamme, il était clair que pour les plus avertis, cela sentait l'entourloupe, sans que l'on puisse vraiment dire pourquoi. En tout cas, il y avait malaise. Et celui-ci ne fit que se renforcer quand Dray reprit :

"Voyez, la paix romaine au sein de notre grande famille est à ce prix. Il y a de nombreuses corrections à apporter et des responsables avec qui je vais avoir une petite discussion. Alors une fois de temps en temps, se passer de vous ne fait pas de mal, n'est-ce pas Père ?"

Personne ne comprit cette phrase sibylline et ce ton écœuré, ni pourquoi celui à qui elle était adressée pâlit un peu.

"Je crois que notre Vice-président ne verra donc rien à redire à ce choix tactique, n'est ce pas ?"

Simon déglutit sous le regard très pesant de Dray qui lui tendit un dossier. Le sexagénaire l'ouvrit pour le refermer presque immédiatement.

"Non... Tu as pris visiblement la meilleure décision."

Cela clairement lui faisait mal de le dire. Mais comme les deux chefs de file étaient d'accord...

"La séance est donc levée."

Quelques minutes plus tard, dans la salle de réunion à présent débarrassé de tout hologramme, un silence de mort régnait. Dray fixait avec mépris Simon alors que fait très surprenant, lui se contentait de fixer la couverture du mystérieux dossier. Evan se sentit étrangement de trop et préféra se faire discret jusqu'à ce que son supérieur s'adresse à lui.

"Tu peux disposer, Evan."

La tension était telle qu'il ne se le fit pas dire deux fois, on vous le garantit !

Ne restaient plus que le père et le fils. Dray se leva, incapable de rester plus longtemps immobile, et manifesta alors sans plus aucune retenue son dégoût et sa colère sourde.

"Je crois que je n'ai plus besoin de t'expliquer pourquoi tu es ici."

"Je te félicite, tiens ! Comment l'as tu découvert ?" contourna Simon pour tenter d'échapper à l'inquisition qui débutait. Mais Dray n'était pas prêt du tout à lui laisser l'occasion de manœuvrer.

"ET TOI COMMENT AS-TU PU ?"

Fox Senior soupira avec ennui, ne se sentant visiblement pas plus concerné que ça par la colère affichée et surtout audible de son rejeton. Et sa manière indolente de le regarder était aussi parlante que les mots qui suivirent.

"Tu prends les choses trop à cœur. Ce n'est que du business."

On se doute bien que cette réponse fut loin de satisfaire son fils aîné.

"QUOI ?! C'est là, toute ta ligne de défense ? Tu te fiches de moi ?!"

"Que veux tu que je te dise, Dray ?"

"J'en sais rien ! C'est tellement dingue et inqualifiable que je ne suis même pas sûr qu'il y ait quelque chose à dire !"

"Et bien, tu vois !"

"AH, JE T'EN PRIE, NE TE FOUS PAS DE MA GUEULE EN PLUS !"

Dray, fulminant littéralement, se mit à faire les cent pas. Et c'était peu de choses parce que là il avait plutôt envie de sauter à la gorge de son paternel.

"Et je sais ce que tu penses ! Mais si tu oses me ressortir que je suis trop faible, surtout pour faire ce job, et que je suis ta plus grande déception, je suis déjà au courant !"

"Je vois que finalement tu as retenu quelque chose de mes leçons... " ironisa méchamment Simon, bien loin de vouloir faire amende honorable.

"C'est à dire que comme mon incompétence va finir de toute façon par débarouler sur le tapis, j'anticipe. Pour une fois ça viendra de moi."

Cette répartie cinglante et amère eut le mérite d'empêcher un instant une seconde l'ancien PDG de répliquer, pris par surprise. Dray en profita.

"Tu n'as pas l'air de te rendre compte de la précarité de ta position. Je te laisse une chance de t'expliquer. Juste toi et moi. Mais continue à me prendre de haut, essaie encore une fois de me descendre en flèche, tente ne serait-ce qu'une de tes saloperies d'insultes, et je te jure, Père, que je te crucifie en public. Je pourrais te virer sans préavis pour ce que tu as fait ! Tu t'en rends compte au moins ?"

Bien sûr, dès qu'il avait vu le contenu du dossier, -qui n'était autre que celui que Black avait remis à Fox-, Simon avait compris que cette fois, c'était mal engagé et qu'il aurait du mal à s'en sortir à bon compte. Mais comme il avait une fierté bien appuyée... Enfin, il était quand même relativement sensé aussi, alors il dut se résoudre à adopter un comportement un peu plus repentant. Pas facile...

"Tu es en droit d'être en désaccord avec ce que j'ai fait. Mais, regarde-toi ! Tu rapportes automatiquement les choses à toi. Mais je répète ce que je t'ai dit. Ce sont les affaires rien de plus. Tu n'as rien à voir là dedans."

Alors là...

"TU AS AGI DANS LE DOS DE TON PDG POUR COLLABORER AVEC L'UN DES PLUS DANGEREUX ET DES PLUS TARÉS MAGES NOIRS DE NOTRE HISTOIRE ET TU OSES ME DIRE QUE ÇA NE ME REGARDE PAS ET QUE JE RAPPORTE LES CHOSES À MOI ?! "

…. Dit comme ça, forcément...

"Je n'ai pas collaboré avec lui personnellement, je t'en prie ! Tu ne peux pas t'empêcher de faire dans le tragique, c'est ennuyant à force. Il fallait assurer nos arrières, ce que tu refusais obstinément de faire."

Dray claqua violemment des mains sur la table. Là il perdait vraiment patience...

"Assurer nos arrières ? Mais tu déconnes à double dose ! On ne traite pas avec le diable !"

Simon s'énerva à son tour. Son fils était décidément le morveux le plus buté qu'il connaissait ! Ce qu'il avait fait été discutable sans doute mais de là à en faire un drame...

"Encore une fois, on en revient à ton caractère utopiste ! Je n'ai jamais compris comment tu pouvais être aussi cynique et en même temps aussi chimérique ! C'était un marché ni plus ni moins. Ils avaient besoin de fonds. Ils ont contactés diverses entreprises. En échange de ces accords financiers et du traitement de leur argent, ils nous retiraient de leur Black List. Il faut bien s'assurer que s'ils prennent le pouvoir nous soyons libres de pouvoir continuer nos affaires."

"ÇA VOUS ÊTES PLUSIEURS À VOUS ÊTRE FAIT BERNER, MERCI, JE SAIS, C'EST DANS LE DOSSIER !"

"Ben si tu le sais, pourquoi tu poses la question ?! Un PDG doit penser à toutes les éventualités, ce que tu ne fais pas en l'occurrence ! Il fallait bien que quelqu'un pense à cette possibilité avant qu'il ne soit trop tard pour y remédier. Et arrête de crier. "

Dray inspira très profondément pour se retenir d'écouter l'envie qu'il avait de lancer un sortilège insectisant à son père et baisser d'un ton... Mais il avait porté ses mains jointes devant ses lèvres et pianotait furieusement des doigts, preuve s'il en fallait une qu'il faisait vraiment un énorme effort sur lui.

"Ce que je ne pige pas, c'est que si tu voulais tant assurer les arrières et l'avenir du Groupe, explique moi pourquoi tu as essayé de les baiser avec l'Alliance ! Et comment tu as pu croire qu'ils allaient tenir leurs engagements ? Car je te rappelle QU'ILS NOUS ONT ATTAQUÉS ! ET DORIAN ET PIPER, TU TROUVES QUE LEURS ARRIÈRES SONT ASSURÉES MAINTENANT ?"

"Mais ça, c'est de ta faute, tu as refusé d'écouter mes arguments ! "

"Tu leur as piqué leur blé !!"

"Je le pique pas, je le canalise, l'idée de départ est tout de même différente ! "

"Non mais l'idée d'arrivée, on retrouve plus ou moins le principe de l'entubage, non ?"

"Eh c'est qui qui l'a dépensé ce pognon ?!"

"Et comment j'aurai pu deviner aussi, que j'allais financer ce projet d'aide aux moldus victimes de la guerre avec l'argent de leurs bourreaux ?!"

"Parce que si tu m'avais dit plus tôt ton intention insensée de financer cette ridicule fondation avec une partie des bénéfices des casinos, on n'en serait pas là !"

Dray bondit :

"Parce que maintenant, c'est de ma faute ?!"

Simon sortit de ses gonds.

"PARFAITEMENT ! Nous sommes des hommes d'affaires, Dray ! Pour la dernière fois, nous ne faisons pas dans le social ! Nous allons là où sont les bénéfices et ce qui se passe dans ce pays ne nous regarde pas ! Ce message m'était peut-être adressé mais c'est toi et tes idées illuminées qu'il concernait !"

"Mais bien sûr que ça nous regarde ! c'est ce monde-là que tu veux pour Dorian ?!"

Le père du sus-nommé eut un léger sursaut à cette question rageuse et changea de regard sur l'argumentation de son aîné qui lui, continua furieusement sur sa lancée.

"Un monde à feu et à sang, dirigé par des meurtriers assoiffés de pouvoir dont le chef de file n'a d'autre objectif que d'éradiquer la quasi-totalité de la population mondiale ? Si tu aimes ton fils, comment peux-tu accepter un tel avenir pour lui ? Comment peux-tu être aussi dépourvu de morale pour t'associer avec ces gens-là ? Si encore, c'était par conviction mais là c'est simplement par cupidité ! Et ne me dis pas qu'il ne craint rien parce que c'est un enfant de sorciers ! Parce que tes conneries et tes mensonges l'ont mis en première ligne ! Tu te rends compte qu'ils auraient tué maman, que toi-même tu ne serais pas là, s'ils avaient agi en d'autres temps ?! Ouvre les yeux, bon dieu !"

Sur cette exclamation, le silence reprit durement ses droits. Dray se passa les mains sur le visage, consterné. C'était hallucinant ! Si on lui avait dit qu'il aurait un jour un tel débat avec son propre père...

"J'avais raison de ne pas croire en ta pseudo-rédemption ! Je devrais te court-circuiter pour de bon, te virer et dénoncer à l'opinion publique ce que tu as fait ! Je suis sûr que Piper apprécierait de savoir que son cher mari juge que les mangemorts sont des associés comme les autres pour lui."

Chose extraordinaire, Simon devint livide à la mention de sa femme. Autant, il commençait à se dire qu'en effet, c'était une mauvaise idée, autant là, c'était une certitude. Dray apprécia sans nul doute cette vision, son micro sourire mauvais le prouva mais il disparut bien vite. Le PDG qu'il était redevint vite sérieux.

"Le problème c'est que si je choisis l'option dénonciation publique, le Groupe perd la face ! On aura l'air de quoi, je te le demande, quand les gens apprendront que le Vice-Président de la Fox a choisi son camp ! Et j'aurais du mal à les convaincre que je n'étais pas au courant ! Moi qui passe pour un emmerdeur pro-moldus, je vais être vachement crédible à présent ! "

"Je comptais un peu là dessus aussi pour être franc..." se permit d'ajouter le chef de la famille Fox avec une fausse nonchalance particulièrement exaspérante du point de vue de son fils.

"Tu m'en diras tant !" répliqua donc aigrement le jeune Américain. Simon vit alors une possibilité de sortir du guêpier dans lequel il était tombé. C'était que bon, il était quand même dans une fâcheuse posture et s'il faisait le malin, il ne l'avait pas oublié...

"Alors que proposes-tu ? Parce que je suppose que dans ton... génie..., si tu m'as fait venir..."

"Belle déduction ! Je ne mentais pas quand je parlais de restructuration. Tu vas m'aider à réparer tes conneries ! Parce que tu te doutes bien qu'il n'est pas question que je marchande avec ces pourris !"

Le vice-président resta dans l'expectative. Mouais... La possibilité était quand même petite du coup...

"Et tu veux que je m'y prenne comment, au juste ?"

"J'en sais rien ! On pourrait déjà leur rendre leurs terrains et leur blé, tu vas m'aider à repérer leurs projets immobiliers, replacer ceux qui n'ont rien à voir là-dedans, trouver une solution pour les délogés, démanteler les casinos et en cherchant bien, je suis sûr qu'on peut trouver encore un ou deux détails ! Mais vu ton potentiel à "prévenir l'avenir", je suis sûr que tu trouveras une idée !"

Fox Senior retint de justesse une grimace devant l'ironie et le travail à abattre...

"Tu te doutes bien qu'ils ne vont pas être d'accord..."

"M'en fous bien que t'y laisses des plumes ! Fallait y penser avant ! La rédemption, ça se paye, crois-en mon expérience ! Et je préfère que ce soit toi que Dorian ! "

"Parlons-en de Dorian. J'espère que t'es sûr de son garde du corps, parce que ce sera une déclaration de guerre !"

"Nous sommes déjà en guerre ! Tu ne crois quand même pas que je vais laisser courir ces arrangements ?! Si tu n'as pas d'intégrité, j'en ai pour deux ! Et je refuse que MON Groupe se retrouve mêlé à des terroristes !"

"Ton groupe ? Mais tu as rêvé mon pauvre garçon ! Personne n'est dupe, fais-toi une raison. Tu as peut-être réussi à récupérer la première place, mais remarque que si j'ai réussi ces arrangements, c'est bien la preuve que tu ne mérites pas ce poste. Et il y a une différence entre intégrité et intégrisme ! Il faut parfois savoir transiger !"

"Transiger ? Tu oses me dire ça, toi ? Quand as-tu donc transigé dans ta vie, dis-moi qu'on se marre ?! Bordel, c'est à cause de toi qu'on en est là ! Si tu étais mort, et Dieu sait que je regrette le conditionnel, ces questions ne se poseraient pas !"

Emporté dans sa colère, Dray avait été trop loin, il s'en rendit compte immédiatement. Et si cela n'avait pas été le cas, le regard flamboyant et dangereux de Simon, yeux légèrement plissés, était suffisamment parlant.

"Répète-moi ça."

Le jeune homme déglutit sous la voix mauvaise. Mais il n'était pas dit qu'il reculerait à ce stade de leur discussion.

"Ne sois pas surpris. Vivant, tu n'as jamais fait que me pourrir la vie, mort, j'avais la une paix royale, le calcul est vite fait !"

"D'accord, puisqu'on en est arrivé à ce genre de confidences, je regrette d'avoir laissé ta mère me convaincre de te garder ! Ça je crois que ça fait partie des choses que je peux encore dire, non ?"

Deux partout... Dray serra les dents mais l'attaque avait touché juste. La cohabitation allait être longue... Mais Simon n'en resta pas là.

"Et je t'avertis, mon garçon, que s'il arrive quoi que ce soit à Dorian ou à sa mère, ce ne sont pas les mangemorts que tu devras craindre !"

Le jeune Américain ne put s'empêcher de frémir sous la menace à peine voilée. Voilà autre chose... Le problème et chacun des deux le savait, c'était qu'ils ne savaient pas s'arrêter. Mais puisqu'il était temps de grandir...

"Avant qu'on se promette de s'assassiner mutuellement, je crois qu'on devrait s'arrêter là pour aujourd'hui..."

Où avait-il trouvé assez de ressort pour teinter sa phrase de la parfaite dose de sarcasme ? Aucune idée, mais il avait de la ressource dans ce domaine, ce n'était plus une surprise. Il n'avait pas pu s'en empêcher, mais au moins se montrait-il le plus mature des deux en cessant la dispute. Ils s'étaient dit assez d'horreurs pour une journée...

"Piper a dû te dire ce matin, que la directrice de Poudlard avait donné son accord pour ce soir et ce week-end..."

Encore furieux, Simon se contenta d'opiner durement du chef. Alors Dray se dirigea vers la porte.

"Bien, je vous souhaite une bonne soirée. On se voit lundi 9h tapantes."

Surpris de voir son fils lui tourner aussi subitement le dos, pour ce qui semblait une reddition, le fondateur du Groupe, pris au dépourvu, se retrouva seul. Dehors, Turner attendait visiblement avec impatience.

"Alors la suite du programme ? De belles choses ?" demanda-t-il l'air de rien avec un flegme so british, sachant pertinemment la réponse.

"Mon père aussi fait partie des belles choses ? Parce que je le case dans les quinze premiers connards du monde sorcier !"

"Oui, je me disais aussi."

Mais alors qu'il s'apprêtait à tourner au coin du couloir, il vit Dray faire un truc aussi fou que débile. Il frappa dans le mur.

"Shit, Tetsuya a beau dire, moi ça me calme pas !"

"Heu, t'es sûr que ça va ?"  osa demander Evan en voyant son ami se secouer la main.

"Ouais, autant qu'on peut l'être quand tout déraille." répondit finalement l'Américain froidement en reprenant sa marche. Il était grand temps qu'il s'en aille ! Parce que là, il était à deux doigts de craquer. Il rentra donc au château après une longue balade en ville. Au mauvais moment. En même temps, lui et la guigne... En arrivant dans le hall, il vit Dorian dans les bras de leur père, Piper à côté d'eux. Quel charmant tableau de famille ! Cette vision fut un coup de poignard de plus, mais fort heureusement, trop occupé à leurs retrouvailles et à leur bonheur familial, aucun des trois ne le remarqua.

En temps normal, vous savez ce qu'il aurait fait de suite après une telle journée ? Il aurait été voir Vaughn. … C'est con, hein ? Et vous savez ce qu'il a fait ? Il a été voir Vaughn... Il ne savait toujours pas quoi lui dire, quoi lui expliquer par rapport à son comportement qui avait dû sembler bizarre cette semaine. Mais il avait besoin de le voir. Un point c'était tout ! Et puis, merde, ça ne regardait personne le pourquoi du comment de ses lubies !

Il frappa mais il n'obtint aucune réponse. Ceci le désappointa grandement ! Qu'est ce qu'il faisait alors ? Voir les autres dans son état, c'était un très mauvais plan. Il pourrait l'attendre directement dans son studio ? Il aimait bien l'endroit. Il était aussi apaisant que son propriétaire. Ça lui laisserait aussi le temps de savoir quoi lui dire par la même occasion... Ça, c'était une relative bonne idée ! Au moins pour aujourd'hui. Sauf que.. quand il voulut rentrer... la porte ne s'ouvrit pas... Si Dray était livide en arrivant, là, il était cadavérique. Il n'eut pas besoin de réessayer ou de se poser cent questions. Il ne pouvait pas rentrer, point à la ligne. Une seule raison possible : Vaughn lui avait retiré son autorisation. … Une seule question : Pourquoi ? Bon d'accord, il s'était montré distant la dernière fois que d'habitude. Du moins, il avait mis simplement sur pause l'aspect "amélioré" de leur relation, le temps d'une soirée. Mais pour le reste, il était resté le même. Et on n'allait quand même pas lui dire que cela avait suffi à ce résultat ! Ou alors il avait vraiment mal défini ce qui les liait, depuis le début ! … Il aurait mal défini ?

Si sans le savoir, Dray avait blessé Vaughn, loin de se douter de ce qu'avait pu voir l'émissaire au restaurant, là, ce dernier venait de lui rendre la monnaie de sa pièce avec brio. Bien. Très bien...

Le New-yorkais décida qu'il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Il descendit au cachot n°4...


[Bon, comme il faut toujours rendre à César ce qui lui appartient, je tiens à dire que ceci est un petit défi personnel et que pas mal de répliques sont tirées de Kaamelott. ^^ *a bien galéré pour les intégrer XD*]


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
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Italien : Rouge
Espagnol : Orange
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Dray Fox
Exilé(e) politique

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Né(e) le : 12/09/1984
Age : 33

Où à Poudlard ? : Je vous en pose des questions ?

Rang & Club : Baka ranger vert.

Caractéristiques
Compétence: Niveau 8
Particularité: PDG de la Fox
Baguette: 33 cm, bois de prunellier (manche), bois de Lierre (corps), dard de Billywig et poil de Nundu (Une baguette de barj à l’image de son propriétaire... XD)

MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Dim 28 Avr 2013 - 17:18

"Maintenant, tu vas me faire le plaisir de reprendre un garde du corps, Dray !"

"Non."

La scène se passait dans le bureau du sus-nommé qui venait de répondre, avec un flegme déroutant, à son ami et collaborateur, Evan Turner, alors qu'un médicomage était en train de soigner l'avant bras droit du jeune homme, sérieusement entaillé, mais heureusement sans réelle gravité.

"Bon sang, mais tu es vraiment borné ! Cette fois, on ne plaisante plus ! Ils s'en sont pris à ton père et toi directement cette fois. Et ton frère et sa mère l'ont senti passé de très près aussi. Ce n'était plus un avertissement et tu le sais. Ça suffit, Dray ! Déjà qu'apprendre comme ça, en le voyant débarquer pour l'épisode un de cette histoire de dingues, il y a un mois, que tu as un frère, et que tu me le caches depuis un bail j'apprécie moyennement ! Note pourtant que j'ai laissé courir quand tu m'as dit que tu ne pouvais rien me dire. Mais là, tu vas m'expliquer le fin mot de l'histoire !"

L'Américain, assis sur son bureau, soupira en observant le médicomage, enduire la plaie de baume cicatriciel qui devait effacer toute trace de "l'incident", après l'avoir refermé. Le problème avec Evan, c'était que ses colères, si elles étaient moins impressionnantes que les siennes étaient tout aussi dangereuses, mine de rien, parce que bien plus rares. C'était encore pire...

"Tu te rends compte que tu as failli te faire tuer à la fin ?!"  explosa d'ailleurs l'Anglais. Dray lui fit signe de la main gauche de baisser le ton, avec un certain empressement.

"Non mais vas-y, préviens tout l'immeuble tant qu'on y est ! Je te rappelle que, justement le dit frère et surtout son garde du corps, un de mes meilleurs potes !, sont à quoi ? quinze mètres ?, sans compter, sa mère et mon père ! Et j'aimerai autant éviter que quelqu'un et surtout pas l'un des quatre apprenne ce qui s'est passé. Dorian est assez choqué comme ça, Kaïn va s'inquiéter inutilement et mon père trouvera le moyen de s'en servir contre moi. Ce n'est qu'une égratignure, en plus, c'est rien... "

Cette réponse ne fut pas la plus appropriée pour calmer Turner...

"Non mais t'as pas un peu fini de prendre ton entourage pour des imbéciles ?! Ils ont été attaqués tous les trois simultanément, père, belle-mère et frère, à trois endroits différents et toi, ces pourris t'auraient épargné ? On te cherche pour te prévenir et s'assurer que tu vas bien. Ton père exige de te voir sans quoi il ne coopère pas. Ils débarquent donc tous les trois avec toute la clique d'aurors ici pour un débriefing et un interrogatoire en règle du Service de Protection, d'autant plus que tu fais la sourde oreille et toi, tu te permets avec tout ça de faire patienter tout ce beau monde dehors, enfermé à double tour dans ton bureau ! T'as pas l'impression que pour l'inquiétude et les questions, c'est un peu mort ?! Et quand je viens voir au bout d'une demi-heure ce qui se passe et à quoi tu joues parce que ton père est tellement en colère qu'il est au bord de l'implosion et que les enquêteurs perdent à leur tour patience, je te retrouve couvert de bleus, et en train de te faire soigner une entaille de dix bons centimètres qui pisse le sang, et tu oses me dire que ce n'est rien ! Mais tu sais que tu mériterais parfois qu'on te foute un coup de pied aux fesses !"

Dray eut le bon goût devant un tel exposé d'avoir une mine contrite. Le médicomage, lui, loin de se mêler de cette discussion houleuse, se contenta de bander le bras de son patient et de prescrire les soins à apporter pour les jours prochains pour cette blessure et les quelques contusions restantes parlant même au passage d'une fracture réduite à surveiller d'ailleurs et de se tenir tranquille quelques jours. Evan garda le silence le temps de ces explications mais visiblement bouillonnait et dès que le professionnel de santé se fut retiré, il en revint immédiatement au sujet. Dray, lui, descendit de son bureau en grimaçant légèrement et, d'un de ses tiroirs, retira des vêtements propres, les siens portant très nettement les stigmates poussiéreux et ensanglantés d'un affrontement. Tout comme sa peau...

"Alors, je t'écoute ! Et tu n'as pas intérêt à me sortir un de tes numéros habituels !"  dit donc le président de la succursale anglaise, observant avec autant de colère que d'inquiétude son ami enlever complètement sa chemise avec une certaine difficulté qu'il tentait de dissimuler. Dray lui fit soudain remarquer :

"Tu veux bien te retourner ? "

…. Non mais, il la voulait vraiment sa baffe ? Il n'allait pas lui faire une crise de pudeur quand même ? Evan regarda son patron avec un léger temps d'arrêt. Fox lui répondit aussi sec par un haussement de sourcils entendu et autoritaire. Bon tu te bouges, j'attends...

"Si tu veux que je t'explique..."

Bon ben si. Turner soupira d'agacement mais obtempérera, se sentant tout de même un peu ridicule d'être obligé d'observer les deux peintures qui ornaient le bureau. Heureusement qu'il les appréciait tiens. Mais alors qu'il entendit le froissement du tissu, preuve que Dray se désapait vraiment, ce dernier se mit à parler. Et le quadragénaire ne put alors que se taire, pâlissant au fur et à mesure qu'il écoutait et comprenait. Un bruit de vêtements qu'on froissait, d'une trousse de maquillage sorcier et de tiroir qu'on refermait, et Fox avait terminé.

"Et tu n'as pas jugé bon de me prévenir avant ?! " s'exclama-t-il, complètement estomaqué, quand le jeune homme eut fini de le mettre au jus et signalé par la même occasion qu'il était à nouveau "visible". Il se retourna pour constater que son cadet, à présent impeccable (merci la magie...), dans un de ses costumes design parfaitement taillés, tentait de faire son nœud de cravate, mais que visiblement, en plus de détester ça, sa blessure le gênait. Un nœud de cravate... Comme si c'était le plus urgent ! Turner leva les yeux au ciel et s'approcha.

"T'es vraiment un impossible sale gosse."  dit-il en prenant les deux pans de tissus pour le lui faire.

Dray le laissa agir sans rechigner.

"Trop dangereux." répondit-il toutefois en levant légèrement le menton pour lui faciliter la tâche.

"Tu ne me fais pas confiance." constata l'aîné en fronçant les sourcils, particulièrement contrarié à cette idée. Fox parut surpris de cette remarque. Il ne sembla pas comprendre.

"Si ce n'était pas le cas, je te déléguerais bien moins de dossiers, tu aurais une marge de manœuvre inexistante, tu ne saurais pas les trois quarts de ce que tu sais sur mon père et je ne t'aurai pas laissé entrer tout à l'heure. J'entendais dangereux pour toi."

Turner eut un sursaut à ces mots. Ses mains, un instant, cessèrent leur ouvrage alors que leur propriétaire fixait son cadet avec un étonnement attendrissant.

"Tu es mon ami."  ajouta Dray, avec une indifférence un peu surprise, en le voyant aussi troublé, comme si c'était une évidence qui répondait à tout et qu'il fut inutile de la préciser. Evan, gêné, se renfrogna pour dissimuler ses émotions et reporta son attention sur le nœud de cravate qu'il finit en quelques secondes en bougonnant :

"Imbécile."

Fox sourit doucement.

"De quoi j'ai l'air ?" demanda-t-il finalement en écartant les bras, avec une malice fabriquée de toutes pièces, étant loin en réalité de ce sentiment. Il demandait surtout avec humour pour dire de dédramatiser la situation tendue, s'il avait bien fait disparaître toute trace visible de sa propre agression. Le président du Siège anglais soupira, soucieux.

"D'un PDG..."

Le sourire du dit PDG s'agrandit alors, amusé, devant la mine déconfite de son collaborateur.

"Ne te fais pas autant de soucis, Evan. C'est okay..."  murmura-t-il finalement en lui posant une main réconfortante sur l'épaule avant de sortir. Il entendit alors son ami marmonner derrière lui.

"Pas de soucis, pas de soucis... Avec toi, facile à dire, t'en as de bonnes !"

Cette vérité sortie tout droit du cœur, indéniablement, le fit rire silencieusement.

"Dis moi plutôt tout ce que tu sais, va."

La suite par contre eut tôt fait de lui en retirer toute envie. Quand il passa la porte de la salle de conférence où tout le monde s'était rassemblé, il fut accueilli comme il se dût...

"Et bien, on a failli attendre ! Content de voir que ta famille est ta priorité !"

Cette exclamation hargneuse, vint bien sûr de Simon qui venait d'arrêter de tourner comme un lion en cage, quand la porte s'était ouverte. Son fils aîné fit un effort remarquable pour passer outre et ne rien répondre de regrettable du genre "Quelle famille ?", commentaire qui lui brûlait les lèvres en cet instant mais qui aurait été du plus mauvais effet. S'il y avait bien quelque chose que le jeune Américain n'avait pas oublié avec les années, c'était les signes du dernier degré de rage de son père. La crispation extrême des mâchoires, les veines marquées, cette expression de dégoût haineux sur ses traits avec ce pincement cruel des lèvres, le regard mauvais et enflammé, dangereux … Et Piper qui le fixait froidement. Comme elle fixait de la même manière son mari et les aurors, serrant avec  une indiscutable autorité son fils tendrement contre elle. Non décidément, très mauvais plan. Il préféra se tourner vers Kaïn. Il en avait déjà eu la confirmation par Turner, derrière lui, mais il avait besoin que son cadet le lui dise directement, pour être pleinement rassuré.

"Tout le monde va bien ?"

En clair, en particulier toi et Dorian. Dorian, lui dans les bras de sa mère, visiblement bien affecté quand on voyait son regard perdu, qui fixait leur père, aussi étourdi et inquiet de le voir déverser ainsi sa rage que par ce qui s'était passé un peu plus tôt. L'auror acquiesça pourtant simplement du chef. Il n'y avait rien qu'un peu de temps ne saurait effacer. L'adolescent était solide, il l'avait prouvé et ils s'en étaient sortis sans plus que quelques bleus. Mais surtout, Kaïn n'aurait de toute façon pas pu répondre de vive voix, le père de son ami repartit au quart de tour.

"Oh Monsieur daigne s'intéresser à la question ! Trop d'honneurs ! C'est pas comme si on n'avait pas le temps de crever en une heure ! "  

Dorian sursauta, Piper fronça les sourcils et fusilla son époux et son beau-fils du regard avec la même intensité chargée de reproches. Dray ne put en aucune façon le louper et ne put cacher un léger pincement des lèvres. Extérieurement il sembla juste un peu froissé, intérieurement il était ulcéré. Comme si c'était de sa faute à lui, merde ! Pourtant, en vérité, Piper constatait simplement. Le comportement actuel de son époux, elle ne le tolérait en aucune façon, voyant bien que Dorian en était perturbé, et il était évident que cela se réglerait quand ils seraient seuls. Mais elle n'était pas idiote non plus. Leur manière de faire à l'un comme à l'autre faisait nettement comprendre qu'il y avait quelque chose d'important qu'ils cachaient. Et vu que ce quelque chose était devenu plus qu'une simple menace et touchait son enfant, il était évident pour elle qu'ils étaient tous les deux fautifs.

A nouveau, pourtant, Dray ignora autant qu'il put ce qu'il perçut cette fois comme une double attaque. Il s'adressa plutôt au supérieur de son ami le plus proche, avec autorité mais surtout un calme marquant au vu des circonstances, qui tranchait tellement avec la colère de son père qu'il en ressortait plus impressionnant encore.

"M. Turner m'a fait part de votre volonté de m'interroger, Monsieur Sanderson. Si vous voulez bien me suivre, on sera plus tranquille dans mon bureau."

Implicitement, je tiens à la discrétion et donc l'entretien se fera seul à seul ou pas du tout et surtout, il l'invitait à s'éloigner de la fureur paternelle qui n'apprécia pas du tout que son fils l'ignore ainsi et en plus ose le reléguer derrière.

"Je dois te parler d'abord !"  s'interposa donc Simon avec véhémence, bien décidé à imposer son point de vue. Il fallait qu'ils accordent leur version ! C'était le plus urgent et il était hallucinant pour le sexagénaire que son cher fils ne pense pas à ce "menu détail" ! Il ne savait même pas ce qui s'était exactement passé ! Encore une preuve de son incapacité aurait-il bien insinué si Dray ne le coupa dans son élan... Pour littéralement le recadrer avec une indifférence dérangeante. Quoi ? Devant sa femme et son fils, des inconnus, il osait ! La remise en place fut très calme mais non équivoque.

"Non. Tu m'as appris qu'un PDG devait administrer les priorités de ses affaires avant celles de son entourage et que les attentes de celui-ci devaient être reléguer au second plan. Comprends-donc que je ne puis accéder à ta requête même si tu es mon père, tu m'en vois navré. Et je te remercie mais je n'ai aucunement besoin du soutien de mon Vice-président pour mener cet entretien. Par contre, je te demande de coopérer immédiatement avec ces messieurs."  somma-t-il donc sec et implacable avant de se tourner vers Sanderson et lui indiquer le couloir.

"Excusez mon collaborateur..." , même pas père notez ! Et croyez bien que ça n'échappa à personne dans la pièce... ,"pour son attitude excessive. Je vous en prie, après vous."

Et sans plus un regard pour quiconque dans la pièce, Fox sortit derrière l'auror et referma la porte avec l'autorité et le professionnalisme qui seyait à un grand patron de multinationale. On en resta un peu médusé dans la salle de conférence, tellement le décalage fut énorme. Heu... Il venait de se passer quoi, là ? Dorian, troublé de voir son frère sous un autre jour, jeta un coup d’œil interrogatif à Kaïn, imperturbable. Une telle attitude de son aîné, ce n'était pas une première pour lui... Piper, elle, leva les yeux vers Simon et soupira. Ce dernier fixait la porte comme si un simple regard avait le pouvoir de la défoncer. Sauf qu'à la place de la porte, ce fut l'un des verres d'eau le plus proche de l'ancien PDG qui se brisa, tirant un léger sursaut à l'assemblée.

Ce que se dirent les deux hommes n'a pas beaucoup d'intérêt. Dray donna en détail le récit de sa propre "mauvaise rencontre", passant habilement sous silence la question du indemne, Sanderson qui s'en était douté évidemment, (pas un vieux singe...), prit note et en échange fournit les quelques informations qui avaient manqué à Evan. Toutefois, comme justement, il était loin d'être un homme stupide et qu'il en avait vu d'autres, il fit comprendre à Fox qu'il fallait peut-être arrêter de les prendre pour des billes... Le PDG joua avec talent les innocents, réaffirmant avec aplomb qu'il ne voyait vraiment rien qui justifie plus que d'habitude qu'ils soient la cible de leurs adversaires et encore moins ce qui les avait poussés à se montrer définitivement plus virulents et expéditifs, ne se contentant plus de menacer et de faire peur une femme et son fils.

Mais intérieurement, Dray commençait sérieusement à se dire qu'il était peut-être temps de jouer plus franc jeu avec le service policier sorcier... Mais est-ce que vraiment cela changerait quoi que ce soit ? Seul à présent dans son bureau, l'entretien terminé depuis quelques minutes et Sanderson parti rejoindre ses hommes, Simon ayant finalement à son tour subi leurs questions en même temps que son fils répondait à celles de leur patron (cette différence hiérarchique n'arrangeant pas, on s'en doute, l'humeur de l'homme d'affaires qui n'apprécia guère de "n'avoir droit qu'aux sous-fifres"..." ), le jeune homme doutait, debout, contre la baie vitrée, perdu dans la contemplation de la vue de la City.

Mais il n'eut pas le temps de trouver de réponse satisfaisante. Ce qui allait suivre, il s'en était douté, vous me direz... Simon entra en trombe dans son bureau et claqua avec une telle force la porte qu'il en fit trembler les murs. Dray se redressa donc dans un soupir fatigué et se retourna pour faire face à son père. Mais il n'avait pas envie de cet affrontement, c'était l'évidence même....

"La notion de frapper avant d'entrer, tu connais ?"  remarqua-t-il tout de même avec autant d'ironie que de lassitude à peine cachée. Simon, évidemment, ignora complètement cette question fine, qui n'eut aucun autre effet que de l'énerver encore un peu plus et embraya directement sur ce qui le "contrariait".

"On peut savoir ce que tu foutais ces deux dernières heures ?"

Dray se retint de toute expression corporelle qui aurait pu trahir sa profonde amertume, devant une telle entrée en matière. Il fit vraiment un gros effort sur lui. Il hésita entre la réponse franche, le sarcasme ou le silence. … Pourquoi changer ses habitudes on vous le demande ? Vu l'état de rage de son père, il savait pourtant bien d'expérience que ce n'était pas le plus indiqué. Mais dépassé un certain stade, il y avait des choses sur lesquelles on ne s'arrêtait plus...

"Je suis allé au bordel, pourquoi ?"

Le calme avec lequel il avait dit cette énormité eut toutefois un effet bénéfique si l'on put dire. Simon ne s'y était apparemment pas attendu. Le blanc fut notable. Dray sut qu'il fallait profiter de l'accalmie avant que le cerveau eut fini de traiter l'information et se remette du bug et qu'il se mange le retour de souffle. Il se retourna vers la fenêtre et reprit sa contemplation. Sa main gauche par réflexe se posa sur son avant-bras opposé, douloureux, alors qu'il prononça ce qui sonna comme une étrange sentence.

"Je suppose que ce n'est pas par inquiétude que tu étais si pressé de me voir... Mais je te rappelle que d'un, je n'y suis pour rien à l'origine, et que deux, je n'y peux pas grand chose non plus à présent, alors passe ta colère sur quelqu'un d'autre."  

Sauf que Simon était trop en rage pour reconnaître le bon sens de cette remarque. Et puisqu'il fallait qu'il s'en prenne à quelqu'un et que ça ne pouvait être ni leurs ennemis, ni lui-même... Il ne restait plus que son premier rejeton. Et tout prétexte était bon. Le fait que Dray se permette de lui tourner le dos ainsi, en plus, il le prit comme un affront de plus, sa manière de fixer sa silhouette, hargneuse, en était la preuve. Le ton du sexagénaire fut immédiatement dans les plus hautes fréquences...

"Oh arrête, tu ne fais rien non plus pour arranger la situation ! Tu ne fais aucun effort pour m'aider à redresser la situation et pire, quand on voit ton attitude d'aujourd'hui, je me demande sérieusement à présent si tu ne chercherais pas à en profiter pour te débarrasser des encombrants !"

Dray, cette fois, écarquilla les yeux de stupeur et se retourna à nouveau, estomaqué.

"Pardon ? Non mais tu entends ce que tu dis ? Vas-y, accuse de moi d'avoir passé un accord avec eux pendant qu'on y est !"

Simon eut un rictus qui n'eut rien de bon. Il reprit de plus belle, satisfait d'avoir enfin l'attention de sa progéniture.

"Ça ne m'étonnerait pas de toi ! Tu n'as jamais caché ton mépris que ce soit pour ton frère, Piper ou moi ! Et cette fois, ils ont bien failli réussir à nous tuer et tu n'en as clairement rien eu à foutre ! Reconnais qu'il y a de quoi se poser des questions face à ton comportement outrecuidant et ta manière d'agir après les faits. Tu te targues de conscience mais t'as pas l'air d'en être plus pourvu que moi !"

Le jeune homme resta figé en entendant son père. Il cligna seulement des yeux. Une fois, deux fois. Là, c'était à son tour de buguer.

"Non mais tu délires !"  finit-il par trouver le moyen de dire, il ne sut même pas trop comment, quand les connections voulurent bien reprendre. Simon rétorqua alors avec une impatience très irritée :

"Bien sûr que ce sont des conneries ! Mais je suis atterré de devoir en arriver là pour avoir ta considération et que tu aies un semblant de réaction pertinente ! Ton attitude est intolérable !"

… Non mais... Dray fut positivement sur le cul. Le médicomage ne lui avait pourtant pas parlé de délirium aigu et d'hallucinations auditives ! Le New-yorker tenta de se reprendre mais là, remettre le masque de l'indifférence fut impossible. Déjà garder un semblant de calme pour ne pas alerter un peu plus tout l'étage qui devait bien profiter à l’œil du spectacle, lui offrait un prix d'interprétation.

"Et j'aurai dû avoir quelle attitude alors ? Paniquée ou démentielle comme la tienne ? Qui m'a suriné pendant des années à propos de cacher ses faiblesses, coûte que coûte ? Qui m'a formaté pour que je devienne celui que je suis maintenant ? C'est toi ! Je suis ton œuvre. J'agis comme tu me l'as appris, je te signale. Je te trouve gonflé de me le reprocher aujourd'hui !"

Se faire insulter de dément même avec une certaine élégance par son enfant, quand justement on était dans un état de fureur avancé, ça n'était pas ce qui vous calmait. Sans compter tout le reste. Cette critique directe sur sa manière de l'éduquer. Le message était clair. En substance, Simon récoltait ce qu'il avait semé. Et par extrapolation, du moins pour l'instant, d'un bout à l'autre de toute cette histoire. L'argumentation se tenait. Mais comment cet homme abrupt et orgueilleux pouvait-il l'accepter et donner le point à son fils ?

"Je te le reproche parce que là, je te parle de la tentative de meurtre sur ton frère et ta belle-mère , pas de notre éternelle querelle ou du Groupe ! Ils sont ta famille que tu le veuilles ou non ! Et note que si je ne parle pas de ma propre agression, c'est parce que celle-là, je sais pertinemment que tu ne dois pas la regretter des masses. Reconnais que j'ai quand même des raisons d'être furieux après ce qui vient de se passer ! Comment peux-tu être aussi indolent, égoïste et condescendant dans une telle situation ? Dorian et Piper devraient être ta priorité !"

Là, Dray eut vraiment du mal à ne pas exploser. Il dut se faire violence en croisant les bras pour resserrer discrètement ses doigts sur le droit et trouver dans la douleur provoquée de quoi rester maître de ses nerfs.

"Ma priorité ? Depuis quand la famille est la priorité chez les Fox ? Tu as peut-être changé ton fusil d'épaules grâce à eux et c'est heureux, mais épargne-moi cette leçon qui ne m'a jamais concerné de près ou de loin."  répliqua-t-il froidement. Simon pinça les lèvres et serra les dents sous le reproche sous-entendu.

"Ils ont failli nous tuer, Dray, shit !"  s'exclama-t-il, ne comprenant décidément pas pourquoi il ne parvenait pas à avoir l'emprise habituelle sur son aîné. Emprise qu'il se rendait compte perdre de plus en plus au fil des mois. Et parce qu'en réalité, ce qui s'était passé cet après-midi l'avait réellement secoué et que c'était surtout ça qu'il ne saisissait pas. Pourquoi il était plus atteint que son fils ? Ça ne devait pas être comme ça !

"Tu crois que je ne suis pas au courant ?! Bordel - de Dieu !"  se récria le jeune homme sifflant entre ses dents et se retenant très nettement pour intérioriser une colère qui ne demandait qu'à sortir mais qui aurait donné à ses yeux la victoire à son père. Il fallait qu'il dépasse ça s'il voulait réussir à le battre et cesser d'être son pantin. Il ne se coucherait plus jamais devant lui...

"Je vais te dire ce qui s'est passé, puisque tu veux tellement le savoir. On m'appelle en urgence alors que ma situation n'est pas plus enviable que la vôtre..."

Simon haussa une seconde les sourcils, légèrement troublé et dans l'expectative, à cette information. Mais sa colère intense eut tôt fait d'étouffer cette petite pointe d'inquiétude, en entendant la suite.

"...pour me dire que vous avez failli vous faire tuer, que Dorian et Piper sont extrêmement choqués, que tu es hystérique limite forcené, que les aurors sont particulièrement remontés parce que l'un d'eux a failli sérieusement se faire poutrer, le tien soit dit au passage, si ça t'intéresse de savoir qu'il est toujours vivant ! Remarque que j'ai peut-être une attitude outrecuidante et égoïste mais que j'ai pris la peine de me renseigner sur l'avenir de ce pauvre gars !"

Ça, ça le tuait, tiens, de se rendre compte que son propre père, lui aussi, se contentait de ses apparences travaillées et se faisait avoir. Il aurait dû savoir pourtant, que ce n'était que de la poudre aux yeux. Il devait le connaître un minimum ! Déjà parce qu'ils s'affrontaient et s'engueulaient assez souvent et travaillaient ensemble depuis un moment pour que le sexagénaire détecte la supercherie. Et parce qu'il était son fils, il l'avait élevé... Et alors que cette fois, les choses avaient vraiment failli tourner au drame, ils en étaient là, c'était n'importe quoi...

"A mon tour de dire ce que je pense de ton comportement ! Des tarés essaient de dézinguer les deux seules personnes que tu aimes, je comprends que ça te retourne. Mais là, tu es tellement à la masse que tu en a perdu le sens commun ! Je t'avais prévenu que ça tournerait comme ça. Je t'avais dit et montré qu'ils étaient dangereux, sadiques et pervers. Mais comme d'habitude, t'en a rien eu à foutre de ce que je pouvais dire ! C'est vrai que ça fait que sept ans que je vis dans ce pays, qu'est ce que j'en sais de la guerre ? Mais ça ne sert à rien de chougner et crier au scandale maintenant, père, c'est trop tard ! Et ce n'est pas en se comportant en connard enragé qu'on va pouvoir sortir de ce guêpier ! Il faut bien que quelqu'un garde la tête froide ! Je ne fais rien pour arranger les choses ? Et qui vient de s'assurer qu'on garde le cap alors que tu es incapable d'être cohérent tellement tu rages et que le bateau prend l'eau de toutes parts à cause d'une situation catastrophique que tu as provoqué tout seul et que t'es pas foutu de réparer ?!"

Le ton glacial et mordant de son fils, claquant comme un fouet, déstabilisa Simon. Il ne l'avouerait jamais mais ses mots firent mouche. Sauf que loin d'avoir un effet de douche froide, cela remit de l'huile sur le feu. Parce que justement, il avait trop conscience de son incompétence dans cette affaire et que ça, il ne réussissait pas à l'avaler. Il n'avait pas su protéger sa famille, en effet. Pire, c'était lui-même qui l'avait mise en danger et qui avait mis sa réalisation, le Groupe, dans une position très inconfortable. Et Dray avait raison, il n'avait pas voulu écouter et il ne savait pas comment redresser la barre. Les choses étaient en train d'empirer, et il était impuissant. Et le constater aussi violemment et se l'entendre dire par ce fils qu'il n'avait jamais vraiment su aimé et reconnaître et avec qui la communication s'était toujours faite en force, c'était une injure profonde. Rien qui ne puisse justement lui faire retrouver son calme et une logique de réflexion constructive.

"Je n'ai pas de leçon à recevoir de toi ! Qui s'est assuré qu'on garde le cap quand tu te faisais arrêter ou que tu étais trop défoncé par l’héroïne ? "

Ou comment user des coups bas et vouloir mettre fin à une discussion qui tournait à votre désavantage...  Ce n'était pas fair-play, Simon le reconnaissait mais c'était efficace. Enfin avant, ça l'avait été...

"David."

Juste deux syllabes dures et implacables. Une gifle que Simon n'avait pas vue venir et qui permit à Dray de poursuivre.

"Sauf que tu ne vas pas me ressortir cette vieille rengaine, on ne parle pas de mon dossier vieux de dix ans, on parle du tien, aujourd'hui ! Celui où tu as voulu faire des affaires avec des mangemorts et passé des accords avec eux que tu n'as pas pu acquitter. Celui où pour t'aider à te rappeler de tes engagements, ils appuient justement sur l'importance de la famille. C'est toi qui as merdé, nom de Dieu, alors ne viens pas me chercher là dessus pour te désavouer ! T'es un lâche !"

Le jeune homme commençait à atteindre ses limites. Il avait senti avec regret son ton monter inexorablement. La réaction de son père fut manifeste. Il se rapprocha de son fils, menaçant et le saisit violemment par le bras droit.

"Je t'interdis ! Tu entends ?!  Et ferme-là, petit con ! Si tu veux, je rappelle les aurors et j'ouvre la porte, ce sera plus efficace !"

Dray plissa les yeux sous l'insulte et la douleur. Il se dégagea violemment. La coupe était pleine.

"Justement je me posais la question avant que tu viennes me saouler ! Et je vais te dire : je t'emmerde, père ! Parce que là, tu me fais chier mais quelque chose de concret, avec ta morale hypocrite ! T'as rien compris. T'es tellement centré sur ton nombril que tu ne vois rien ! Tu m'accuses de ne rien faire pour une famille dans laquelle je n'ai aucune place, parce que tu n'as jamais voulu de moi de toute façon, tu m'as jugé coupable dès le départ, mais t'es tu seulement demandé pourquoi je ne répondais pas à toi, comme à Sanderson, ou Kaïn, l'un de mes meilleurs amis ? Tu ne t'es pas dit un instant que comme vous, j'avais moi aussi failli y passer avec ces conneries et que les événements demandaient que je gère les choses dans un ordre bien précis, avant de pouvoir sortir le grand jeu devant tout le monde, ta chère famille et toi compris ? Non, bien sûr que non. Je viens de te dire il y a deux minutes que j'avais été autant que vous dans la merde et tu ne m'as même pas demandé si j'allais bien. Je suis rien moi dans ta logique. T'en a rien à foutre de moi, il y en a que pour ta pomme et les deux autres. Et tu oses me faire la morale et de grands discours sur la famille ! Laisse-moi rire ! "

Évidemment, Dray avait automatiquement élevé la voix. Et à présent que les chiens étaient lancés, il allait avoir bien du mal à les rappeler à la niche...

"Et toi qu'est ce que tu as fait pour ta femme et ton fils, hein ? A part leur dessiner une cible dans le dos par cupidité, et traumatiser un peu plus Dorian en te donnant en spectacle ? Tu as vu comment il te regardait ? Il avait peur de toi ! Il sait qu'il a failli mourir et il aurait dû pouvoir trouver du réconfort auprès de toi. Il n'avait pas besoin en plus de ce qu'il venait de traverser de subir ta ridicule crise de nerfs ! T'es supposé être son héros, bordel, solide, sans faille, rassurant ! T'aurais dû être là pour lui et t'as encore lamentablement foiré dans ce rôle-là !"

Ce qui se passa, la seconde suivante, Dray ne le vit pas venir. Il n'eut même pas le temps de voir la main de son père se lever. Par contre, il la sentit bien arriver...

"Ferme-là !"

Le bruit sourd de la gifle se mêla à ce cri de rage et Simon y avait mis une telle force que son fils en fut déséquilibré et tomba à terre. A vrai dire, plus qu'une gifle, ce fut un coup de poing en revers qu'il se mangea, la douleur des phalanges du sexagénaire faisant peu de doute. Un silence de mort envahit la pièce. Dray, à terre, fixa son père, abasourdi, aussi sonné par le coup que par le fait en lui-même, écrasant. Son père venait de le frapper... Dix ans étaient passés, rien n'avait changé... La blessure morale était dix fois pire que la douleur physique qui irradiait sa pommette. Simon, lui, regardait son fils, horrifié par ce qu'il venait de faire. Hypnotisé par la trace écarlate qui promettait un hématome conséquent sur la joue de son fils et le sang qui déjà y perlait à cause de sa chevalière, il le fut autant par la lueur de peur qu'il put lire dans son regard hagard, aussi platine que le sien. Ils auraient pu s'observer en chien de faïence pendant un moment, si un mouvement vers la porte n'attira pas l'attention du jeune Américain. Il tourna la tête, pour voir un autre regard gris effrayé, qui lui, les torpillait littéralement, entre incompréhension et colère. Il s'alarma aussitôt.

"Dorian !"

Aussitôt Simon sortit de sa transe et se retourna, affolé. Mais Dor' ne laissa à aucun des deux le temps de quoi que ce soit. Il sortit du bureau en courant. Simon, figé, fut incapable de réagir. Mais ce ne fut pas le cas de son frère. Dray se releva aussi sec et courut à sa poursuite, sans plus se préoccuper de leur père. Mais ce dernier se rappela à son bon souvenir en voulant le retenir par le bras droit. Il fallait bien qu'ils prennent une minute pour discuter de ce qui venait de se passer pour parler à Dorian ! Ensemble, pour changer.

"Attends !"

Cette fois incapable de retenir un gémissement de douleur, Dray se débattit pour se dégager, notant au passage la légère panique dans la voix de son père.

"Lâche-moi !"

Ce ne fut pas l'ordre qui fit lâcher Simon, mais la surprise que provoqua la plainte qui le précédait. Dray en profita pour sortir à son tour, et tenter de rattraper son petit frère, laissant leur père, médusé, observer le rouge poisseux qu'il avait sur la main, et comprendre enfin toute l'ampleur de la situation, définitivement mais bien trop tardivement calmé.


[Réservé]


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Mar 30 Avr 2013 - 21:07

Dorian courut. Il ne savait pas où il allait dans ce bâtiment qu'il ne connaissait pas, n'y étant que pour la seconde fois. Mais il courut comme s'il avait la mort au trousses. Ils lui avaient tous menti ! Dray, son père, sa mère ! Il avait tout entendu et tout vu. Et il le refusait de toutes ses forces ! Quand son père était sorti de son entretien avec les aurors, il avait tout de suite pris la direction du bureau de son frère, et visiblement, ça allait être sa fête. Et quand Dorian entendit la porte claquer aussi violemment, il en avait été électrisé. Ce fracas avait été la goutte d'eau après la journée de dingue qu'il venait de passer. Ça suffisait ! L'attaque, la rage de son père, effrayante, Dray qui les ignorait. Il ne comprenait pas ce qui se passait, il ne comprenait pas pourquoi ils réagissaient ainsi, et il ne comprenait pas pourquoi son père semblait si en colère contre son frère. Dorian se leva de sa chaise donc, alors que Kaïn discutait avec son chef et sa mère. Personne ne faisait attention à lui... On disait que la curiosité était un vilain défaut... Mais quand on avait besoin de réponses, il fallait bien se bouger. Il se dirigea donc d'un pas assuré et la mine sombre vers le bureau où s'élevait la voix puissante de Simon. Pris dans leur dispute, comment les deux hommes auraient pu remarquer la porte qui s’entrebâilla et deux perles grises observer leur échange ? Rien que les mots qu'ils échangèrent auraient perturbé n'importe qui, dans la situation de l'adolescent. Dor n'était pas un imbécile. On disait même qu'il comprenait vite. Cette fois, malheureusement quelque part, ne fut pas différente.

"… pour te débarrasser des encombrants !"

"Pardon ? Non mais tu entends ce que tu dis ? Vas-y, accuse de moi d'avoir passé un accord avec eux pendant qu'on y est !"

"Ça ne m'étonnerait pas de toi ! Tu n'as jamais caché ton mépris que ce soit pour ton frère, Piper ou moi ! Et cette fois, ils ont bien failli réussir à nous tuer et tu n'en as clairement rien eu à foutre ! Reconnais qu'il y a de quoi se poser des questions face à ton comportement outrecuidant et ta manière d'agir après les faits. Tu te targues de conscience mais t'as pas l'air d'en être plus pourvu que moi !"

Ce n'était que le début... Mais déjà, le jeune Fox écarquilla les yeux. Hein ?! Non, son frère n'aurait pas pu aller jusque là, même s'il les détestait à ce point, c'était nawak ! Et puis, lui savait bien qu'en plus ce n'était pas vrai. Il avait bien vu que son frère l'aimait malgré tout. Sa cuite le lui avait prouvé. Mais pourquoi leur père proférait de telles accusations ? C'était vachement grave quand même d'affirmer des trucs pareils ! Et l'adolescent ne fut pas à bout ni de ses surprises, ni au bout de ses peines.

Là, il se rendit compte. Vraiment. Il se rendit compte que les confidences de son frère quand il fut saoul n'étaient encore que des vérités à demi-mot. Il se rendit compte qu'il ne connaissait vraiment, ni lui, ni leur père, que "énorme bétise" était un euphémisme absurde pour qualifier ce qu'avait fait Simon, que tout ce qui venait d'arriver été de sa faute à lui et que son frère n'était qu'un mystificateur, lui aussi, que malgré ce qu'il avait pu lui dire ivre, il n'avait toujours pas avalé la pilule, lui n'était qu'un des "deux autres" non-prioritaires, et qu'il avait lui aussi fait des trucs pas nets... En fait, les Fox n'étaient que des imposteurs et des escrocs en puissance, c'était ça, la vérité ?

Et puis, il y eut la gifle. Dorian était en train d'écouter, étonné, son frère prendre son parti. Il avait parfaitement compris ce qu'il avait ressenti. Il n'aurait pas été aussi dur dans les mots, mais en effet, Simon tout à sa rage l'avait... délaissé. A peine s'il l'avait regardé dans le fond alors que justement il aurait aimé avoir toute son attention. Si Kaïn n'avait pas encore une fois été là, il serait... Dorian frissonnait à cette idée quand il vit ce qui pour lui tenait de l'impensable. Dray se prit une volée magistrale de leur père qui le balaya par terre comme une poupée de chiffon. Dorian fut aussi statufié que les deux autres mais inconsciemment pourtant il fit un pas vers ses ainés. De ce fait, la porte s'ouvrit un peu sur lui et il croisa le regard de son frère, et ce qu'il y lut, l'accablement et la peur, le glaça un peu plus. Il ne put en supporter d'avantage, et la voix de l'Américain, prononçant son prénom, affligé, fut le déclic.

Et maintenant il courait dans les couloirs de la succursale, bien décidé à sortir du bâtiment. Il profita d'employés prenant l'ascenseur pour s'y engouffrer au dernier moment et se retrouva vite au rez de chaussée. Mais avant qu'il ne puisse franchir les grandes portes de verre qui ouvraient vers la rue, juste devant, il sentit une main se poser sur son épaule. Immédiatement, il se débattit pour se dégager et fit face à son agresseur. Il savait qui c'était... Dray, évidemment. Il avait entendu son pas le talonner de près. Comment était-il arrivé avec lui en bas ? Ça c'était une question qui n'était peut-être pas le plus urgent mais qui n'arrangea pas l'humeur du cadet. Il y avait des détails comme ça... Ses poings se fermèrent et il ne résista pas à la tentation. Il lui sauta dessus et différence de taille oblige, ce fut le torse de son frère qui reçut le choc. Mais toutes les personnes présentes purent profiter de son cri.

"Laisse-moi tranquille ! Je te déteste, tu entends !"

Ça, c'était la vérité, Dorian l'aurait bien juré ! En tout cas, sur l'instant, c'était vrai... Il le détestait pour avoir détruit l'image qu'il avait de leur père, lui avoir montré ce visage de lui qu'il n'aimait pas du tout. Il n'était pas le fils de cet homme-là, lui ! Ce n'était pas juste ! Et soudain, sans que Dorian ne comprenne, il se retrouva entouré des bras de son aîné. D'abord, il voulut repousser cette étreinte forcée. Et puis, les sensations firent leur chemin jusqu'au cerveau. C'était des bras protecteurs, malgré son geste et sa colère. Des mots doux et tranquillisants malgré les siens haineux. Il se tendit mais cessa de bouger comme un beau diable. Alors l'enlacement se relâcha et il se surprit à le regretter un peu. Il recula. Alors l'adolescent vit le sang, sur la joue de son frère, la pommette déjà en train de bleuir, le reste de ses traits blêmes. Et surtout son regard. Désolé, fatigué et douloureux. Cette vision lui fit mal au cœur. Il se calma pour de bon. Et il sentit alors une chose humide sur la sienne. Dor' s'aperçut enfin qu'il pleurait. Depuis qu'il avait entrepris de descendre, en fait, les larmes coulaient. Avec fierté, il essuya ses yeux et renifla. Il n'allait pas chialer devant son frère, non mais et puis quoi encore ! … Trop tard ? Non, jamais trop tard pour relever la tête. Il eut le bon goût de baisser très sensiblement le ton. Juste un murmure pour que seul son frère entende. Ça il avait bien compris qu'il fallait se la jouer discrète sur le sujet !

"Papa fait des affaires avec Celui dont on ne doit pas prononcer le nom ? C'est ça "l'énorme bêtise" dont tu m'as parlé quand t'étais bourré ? Ça fait partie des "trucs moches", c'est ça ? C'est pour ça qu'ils s'en prennent à nous ? J'ai tout entendu ! T'as pas l'impression que vous vous foutez pas du monde tous les deux ? Vous n'êtes que de sales menteurs, des faux-jetons et des escrocs ! "

Un constat amer et dur. Une vérité simple. Pour changer. Derrière leurs mensonges et leur comédie. Son frère n'aurait aucune idée de quoi il parlait vu qu'il ne s'en souvenait plus ? Rien à foutre ! Et Dorian aurait pu en sortit plein d'autres comme ça ! Tenez, regardez. Une pause et il sortit un mouchoir de sa poche pour le poser doucement sur la joue blessée de son frère.

"Il n'avait pas le droit de te frapper."

En voilà une autre de vérité, encore plus simple. Encore plus grave à ses yeux. De tout ce qu'il avait vu et entendu, aujourd'hui, c'était certainement le pire ! Ce qui le dégoûtait le plus. Même pas le mangemort qui lui lança un vide-entraille un peu plus tôt, non. Même pas d'avoir appris que ça, c'était à cause de manigances de son père. Mais que ce dernier frappe son grand frère, et aussi violemment, ça, il ne pouvait pas pardonner. Un parent n'avait pas le droit de battre ses enfants. Encore moins pour une simple dispute, comme celle-ci. Du point de vue de l'adolescent, Dray avait eu le droit d'être en colère en plus ! Il avait eu de bonnes raisons de se défendre ainsi (et puis, en plus, il n'avait pas tort dans ses reproches... Que son père ne s'occupe pas de lui dans une telle situation, Dor' l'avait un peu mauvaise... ). Et puis, en plus, jamais Simon n'avait levé la main sur lui. Jamais sa mère ne l'avait fait non plus. Et pourtant, il en avait fait des bêtises qui auraient pu mériter un tel châtiment. Comme tous les enfants, il avait parfois franchement franchi les limites. Mais il aurait été impensable qu'ils le fassent. Ce n'était pas comme ça qu'ils l'élevaient, privilégiant la communication, même si ça devait crier un bon coup. Alors pourquoi, juste pour le faire taire, Simon s'était permis de le faire avec Dray et aussi durement, au point de le blesser ? Et pourquoi son frère, à présent, le regardait comme ça, avec autant de lassitude, comme s'il était découragé, comme s'il n'était pas si surpris que ça, comme si... c'était normal ? Dor' sentit un frisson de répulsion irrépressible le traverser et il fixa son aîné avec inquiétude.

"Ce n'est pas la première fois, c'est ça ?"

Il fonça les sourcils, la colère revenant, tournée exclusivement vers Simon cette fois. Il n'avait plus aucun doute sur la "double personnalité" de son père à présent. Et il l'exprima avec toute la simplicité d'un gosse encore innocent.

"Ce n'est pas juste ! Qu'est ce qui ne va pas chez lui ? Je ne comprends pas ! Toi et moi, ça devrait être pareil !"

Ça devrait. Mais Dorian avait eu la plus spectaculaire des preuves que, dans la vie, les choses n'étaient pas aussi simples et justes. Et là, dans le Hall de ce bâtiment qui symbolisait à lui seul ce qu'était le monde des Fox, il se surprit à vraiment avoir de l'affection pour son frère aîné. Pas simplement celle d'un ado curieux et envieux de connaître ce frère mystérieux, mais vraiment l'aimer et vouloir le défendre de ce qui pouvait lui faire du mal. Il l'avait ressenti pour ses cousins et sa mère, pour Jack aussi, mais pas pour Dray. Sauf le soir de la cuite... Enfin dans l'ensemble, c'était quand même nouveau quoi... Et c'était... plaisant, dans un sens, il voulait bien l'avouer. Une vraie relation entre frères comme Taran et Aroon partageaient, il leur avait toujours envié. Et voilà qu'eux deux commençaient à la toucher du doigt... Dorian soupira et regarda si la pommette de son frère saignait toujours. Et alors qu'il fixait ses doigts sur le mouchoir pour bien faire attention de ne pas faire mal à Dray en le reposant, constatant que la blessure ne se refermait pas encore, il dit avec franchise et le plus grand sérieux.

"Je suis désolé. Je te déteste pas. Je suis juste en colère. T'avais raison, en haut. Papa est mon héros. Enfin, c'était ! C'est pas un héros, c'est un naze, en fait ! Et découvrir la supercherie, ça fait mal ! Et c'est de ta faute. Je t'en veux pour ça. Mais je te déteste pas, c'est pas vrai."

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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Jeu 2 Mai 2013 - 1:21

Ça, c'était vraiment la merde. Cette constatation ne cessait pas de marteler Dray qui courait dans les couloirs de son entreprise avec une urgence évidente et sous les yeux particulièrement surpris de ses employés. Il n'était pas la mort mais c'était bien aux trousses de Dorian qu'il était. Encore que s'il n'avait vu que les dernières secondes, ils avaient une infime chance de rattraper le coup. Il dirait qu'il a poussé Simon à bout, qu'il l'avait insulté avec vulgarité et même qu'il l'avait frappé le premier. C'était crédible. Ça pourrait suffire. Réparer coûte que coûte. Il n'avait rien fait de mal ? C'était lui qui s'était mangé une dérouillée ? Ouais ben c'était pas le sentiment qu'il avait, lui. Si son père avait pété sa durite pour de bon, c'était parce qu'il n'avait pas su apaiser les choses. Au contraire, il n'avait pas su se taire. Encore... Alors qu'il savait bien que quand Simon était dans cet état-là, il fallait se planquer et se la jouer discrète. Et lui, il était parti en live, comme d'hab... Et on voyait le résultat.

Tout à sa réflexion pour trouver une combine qui pourrait tout expliquer et sauver en partie une situation qui vraiment était devenue désastreuse (et Fox se demanda même un instant si elle pouvait être encore pire que ça...) , il vit son frère s'engouffrer dans un ascenseur et les portes se refermer sur lui. Mauvais, ça ! Très mauvais ! Le temps qu'il en trouve un autre ou qu'il descende à pied les quatre-vingt étages, Dor' serait loin. Et sans aucune protection, cette fois. Dray n'hésita pas, tant pis pour la discrétion et les questions. Il s'engouffra dans la sortie de secours, déserte, et transplana tout simplement jusqu'en bas. Aussitôt le système d'alarme de l'immeuble retentit, et toutes les portes se verrouillèrent mais le jeune homme eut tôt fait de le désactiver en rentrant sa baguette dans le boîtier à cet effet, non loin. Reconnaissant la signature magique du PDG, le système coupa la sonnerie aussitôt et rouvrit les accès. Fausse alerte... L'Américain n'aimait pas trop aller contre le règlement et la sécurité qu'il avait lui-même instaurés mais parfois, nécessité faisait loi. Il se retrouva donc dans le Hall avant même son frère et se posta dans l'entrée. Et quand Dorian s'apprêta à franchir les portes, il "l'attrapa au vol" par l'épaule, découvrant ses larmes. Ce qui l'acheva.

La réaction de l'adolescent, il l'avait anticipé d'expérience. Le gamin était frêle mais ses coups de poings n'en firent pas moins mal. Comme ses paroles. C'était normal pourtant. Tellement évident. Dray était parfaitement d'accord. Lui aussi, là, se détestait. Les choses avaient été beaucoup trop loin. Et il en était en partie responsable. Et si Dor avait été blessé par ce qu'il avait vu, lui était d'autant plus coupable de ses pleurs. Le regard de ses employés, attirés par le cri de colère de son cadet, il n'en avait vraiment rien à foutre là. Il referma ses bras autour de son petit frère, en le serrant contre lui tendrement, pour tenter de le calmer alors qu'il résistait et cherchait à le repousser en laissant ses poings tambouriner sur sa poitrine.

"Je sais. Et tu as raison. Ça n'aurait pas dû se passer comme ça. T'aurais jamais dû voir ça. Je suis désolé, petit frère. Je te demande pardon. Je me suis trompé et j'ai mal agi. Mais ça va s'arranger. On va trouver une solution."

Laquelle ? Dray n'en savait foutre rien ! Ce fut pour ça qu'il ne promit, ni ne jura rien. Pas certain de pouvoir le tenir ce serment-là... Mais il devait quand même avoir trouvé les mots qu'il fallait ou simplement l'intonation en tout cas, parce qu'il n'était pas sûr que Dorian l'ait écouté. Là aussi, c'était son expérience qui parlait... En tout cas, son cadet cessa de se débattre. Alors il le lâcha. Autant parce qu'il n'était pas du tout à l'aise dans ce contact que parce qu'il supposait que Dor' devait l'apprécier encore moins. Sa tension avait été évocatrice. Il laissa son frère s'éloigner, à regret, et ce sentiment le surprit. Mais alors il croisa son regard. Il ne sut pas ce que Dorian vit. Secoué, et relativement à bout de nerfs à présent, Dray avait cessé de penser à se constituer un de ses masques. Et il n'avait pas idée de ce qu'il témoignait alors à son insu. Fatigué, il l'était. Oui, il avait mal. Et désolé, n'en parlons pas. Mais il ne se rendit pas compte que ses yeux l'exprimaient aussi clairement. Mais en tout cas, lui vit le calme revenir définitivement dans les pupilles de son petit frère. Il fut attendri de le voir cacher son chagrin comme ça, malgré l'inutilité de la chose à ce stade. Oui, c'était un peu tard en effet, mais ça ne rendait le geste que plus mignon. Fier comme un Fox, on devrait dire, tiens... Mais la suite fut une autre chanson... Dorian n'eut qu'un murmure mais pour Dray cela eut la valeur d'un uppercut bien placé. Il cligna des yeux, interloqué. Attendez deux secondes, il y avait deux trois choses qu'il ne pigeait pas là ! Comment ça, "parlé quand il était bourré" et "trucs moches" ? Il y avait des jours comme ça... S'il avait dit de telles choses à Dorian, il s'en souviendrait, bordel de Dieu ! Bourré.. Quand avait-il été bourré pour la dernière fois ? … Nooon... C'tait une blague ? "T'as bien croisé Kaïn et Dorian, c'est même Kaïn qui t'a ramené dans ta chambre..." Thalie... Shit, ils n'avaient quand même pas osé lui cacher qu'il avait eu "une discussion de fond", complètement fracassé, avec son petit frère ? … Mouais. Ils avaient de la chance que là, par rapport à tout ce qu'il venait de se manger dans la gueule aujourd'hui, c'était de la pisse de kneazle. Et puis... Ils avaient peut-être pas eu tort non plus... Et vu tout ce qu'il leur avait caché, il était vraiment mal placé pour leur reprocher quoi que ce soit surtout.

Mais il n'eut pas vraiment le temps de répondre quelque chose de constructif à Dorian à ce propos, l'adolescent le prit au dépourvu. Son geste de vouloir le soigner comme ça, c'était con, mais Dray sentit sa gorge se serrer. Et son affirmation franche, qu'il prenne sa défense aussi simplement, n'arrangea rien, loin s'en faut. Mais il les retint, ces putains de larmes... Vous vous rappelez ? La fierté... Non, Simon n'avait pas le droit... Cela ne l'avait jamais vraiment empêché. Comme à chaque fois qu'il était question de ça avec lui. Ce n'était pas le premier sujet pour lequel l'homme d'affaires prenait un droit qu'il n'avait pas. Et encore, le New-yorker n'était pas le plus à plaindre, sur celui-là, loin de là. Béa avait payé un bien plus lourd tribut que lui. Lui, c'était juste une beigne de temps en temps quand son père était hors de lui, et une bonne partie qu'il avait reçu, il les avait largement méritées. Et il les avait cherchées en plus, en digne petit con ! Pas toutes pourtant... Il y en avait eu aussi une paire qu'il avait encaissé comme celle-là, sans les voir venir et sans vraiment comprendre pourquoi...

Et encore une fois, son regard trop expressif dut parler pour lui. Son frère le lui démontra en rejoignant ses pensées. Sa question, teintée d'inquiétude manifeste, le laissa aussi honteux et déconfit que désabusé. Il y avait des choses qu'il était difficile d'avouer, surtout à presque trente ans et à son petit frère. Il se contenta de hocher la tête de droite à gauche en fixant le sol pour lui répondre en se passant une main dans les cheveux. Il n'avait pas voulu mentir, il n'en avait pas eu les moyens cette fois. Même lui, il avait ses limites dans cette capacité. La réaction de son cadet lui prouva pourtant qu'il aurait peut-être du faire un effort en ce sens pour une fois qu'il prenait le parti de dire la vérité, sans trop la modifier... Oh ne vous y trompez pas, dans un sens, ça lui faisait plaisir que Dorian affirme avec une telle véhémence que leur père avait tort. Mais Dray vit surtout la cellule familiale de l'adolescent éclater... Tout ce que sa mère lui avait justement fait jurer d'éviter ! Putain, si en fait ça pouvait être pire ! Vaughn... Déjà que le pauvre morflait un peu à devoir repeindre les toiles volées par un des petits camarades de Parker, pour assurer ses commandes, avec toutes les pénalités de retard et la masse de travail que ça provoquait, voilà que pour un peu Piper pourrait bien lui faire payer ce qui était en train de se passer... Faisait chier, merde... Dray ferma les yeux, là, pour le coup, pris d'un gros coup de fatigue alors que Dor' vérifiait s'il saignait encore. Mais quand le gamin reprit la parole, il les rouvrit aussi sec, désagréablement surpris par ce qu'il entendit. Holà ! Doucement ma belle, ne chargez pas la mule ! Enfin que son frère s'excuse et revienne sur ses paroles, si, ça c'était cool à entendre. Ce fut ce qu'il affirma sur leur père qui lui posa un sérieux problème. Que lui le dise, c'était logique. Ça faisait partie du "jeu" mais Dray savait bien que Simon avait été un bon père pour son frère. C'était d'ailleurs l'un des trucs qu'il avait tant de mal à encaisser ! Aussi, il ne pouvait dignement pas laisser Dor dire de tels propos. Cela lui fit retrouver sa langue.

"C'est pas un naze, Dorian, c'est juste un homme avec son lot de défauts et de faiblesses, comme tout le monde. C'est de ma faute ce qui s'est passé, je n'avais pas à lui parler comme ça. "

Il soupira finalement très lourdement et se passa les mains sur le visage.

"Viens, je t'invite à la cafét. Je crois qu'il est temps qu'on discute sérieusement toi et moi. Et qu'on s'en souvienne surtout." dit-il sans pouvoir se retenir de se montrer un chouïa ironique sur les derniers mots.

Sur place, Il laissa son frère s'installer à l'une des tables et pendant que l'employé de la cafétéria de l'entreprise préparait sa commande, il avait appelé Kaïn sur leurs miroirs à double sens pour rassurer tout le monde là-haut. Ils devaient s'en poser des questions après tout, après le spectacle qu'ils avaient donné... Il leur précisa simplement qu'il fallait les laisser seuls un moment, ajoutant fermement pour une personne en particulier que s'il moufetait et osait se pointer, il n'hésiterait plus à le foutre à la porte sur le champs pour faute grave. Lever la main sur son PDG après tout...

Dray, finalement, ramena un grand chocolat chaud recouvert de chantilly avec un muffin et un tout aussi grand café mais moins gourmand. Il s'avachit littéralement sur la banquette, une fois les soucoupes sur la table.

"Tain quelle journée de merde..." laissa-t-il même échapper avant de se rendre compte que c'était peut-être une énormité dans ce contexte et face à Dorian en plus. Ouais... Mais là, ça tenait plus du cri du cœur qu'autre chose, son bras droit s'y entendant pour le lui rappeler.

L'Américain soupira une nouvelle fois et se mordit la lèvre inférieure, un peu mal à l'aise. C'était que bon, ok, il fallait qu'ils discutent et c'était son idée. Mais il ne savait pas trop comment aborder le truc.

"Je suis vraiment désolé que tu aies assisté à tout ça. Ce qu'il y a entre Simon et moi ne te concerne pas. Tu n'aurais jamais dû subir notre conflit. Je ne sais plus ce que je t'ai dit quand j'étais ivre. Mais ça, tu le sais puisque tu n'es pas venu m'en parler depuis. Enfin, bref, apparemment beaucoup de choses..." commença-t-il en plissant le nez de manière un peu boudeuse et surtout comique.

"Je ne te dirais pas que te voir prendre mon parti ne me fait pas plaisir, loin de là. Mais je vais te dire ce que je pense de tout ça. Toi et moi, ça devrait être pareil, c'est vrai. Mais ce n'est pas le cas. C'est comme ça. Sauf que Simon a toujours été là pour toi. Et ça, tu ne dois pas l'oublier. Ce serait injuste. La seule fois où il a failli, c'est aujourd'hui. Parce qu'il a eu extrêmement peur pour toi, pour ta mère et pour lui et parce qu'il s'est rendu compte qu'il avait vraiment commis de graves erreurs. Il s'en veut, il est en colère, alors il t'a laissé à ta mère parce qu'il ne pouvait pas bien s'occuper de toi et qu'il le savait. Il t'aime, c'est tout ce que tu dois retenir. D'accord il s'est trompé aujourd'hui. Mais qui n'a jamais fait de conneries ? Et les gosses sont pas livrés avec le mode d'emploi."

Putain, ça le tuait quand même de devoir dire des trucs pareils à propos de son père. Il prenait sa défense quand même, merde ! Et il le pensait sincèrement en plus !

"Après... Pour la gifle... "

Alors là, par contre... Comment excuser son père ? Comment réduire la portée de son geste alors que pour le coup, ça l'avait démoli, fallait bien le dire, et qu'il était incapable pour l'instant de passer au dessus de la cassure.

"Tu dois savoir que notre père a été élevé comme ça. Tu ne dois pas savoir grand chose de notre grand-père... Ce n'était pas un homme très humain. Il était très autoritaire, méchant, acariâtre et violent. Il a élevé notre père à la dure, comme on dit. Il a simplement reproduit le schéma. Difficile d'aimer ses gosses quand on n'a pas été aimé soi-même. Simon a appris à être père avec toi et l'aide de ta mère. Moi, je suis arrivé en plus dans sa vie au mauvais moment. Trente ans, il venait de prendre le contrôle de ce qui deviendra le Groupe. Et voilà que sa femme tombe enceinte. Mauvais timing. Il aimait énormément ma mère. Et qui dit mioche dit une vie de couple amoindrie... Ça n'a rien arrangé. Ma mère est morte, il a été obligé de se charger de moi. Il n'était pas prêt à ça. Il m'a géré comme son père l'avait géré lui, c'était le seul modèle qu'il avait connu. Et par amour pour ma mère, et en sa mémoire, il a fait de gros efforts pour limiter la casse... Et puis il a rencontré ta mère à un autre âge de la vie, le Groupe solide, elle lui a appris à voir le monde et son rôle de père autrement. Je suis juste un mauvais brouillon moi. C'est toi, le chef d’œuvre. Il ne faut pas lui en vouloir pour son geste. Enfin pas toi, en tout cas. Ça ne regarde que lui et moi. C'est notre histoire et Merlin t'en préserve ! Et je suis aussi responsable que lui dans un sens. Avec les années, il y a eu trop d'accumulation pour une solution à l'amiable. Il n'y a pas de pardon possible. Trop de reproches, trop de coups bas, trop de déception, de colère et de rancune. Trop de souffrance, aussi. Que ce soit lui ou moi. On n'a jamais su se comprendre quand il le fallait. Et aujourd'hui, c'est trop tard."

Dray finit par laisser son regard se noyer dans son café. Il n'arrivait pas à croire qu'il en était venu à être le médiateur entre son frère et leur père ! Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire parfois ?! C'était le monde à l'envers quand même. C'était lui qui se mangeait une rafale salée et c'était encore lui qui essayait de recoller les morceaux entre le coupable et le témoin pour tenter de sauvegarder entre eux une unité familiale dans laquelle il n'était ouvertement pas le bienvenu, cela avait été assez clair, un peu plus tôt. Il porta finalement sa tasse à ses lèvres de sa main droite. Le geste lui tira une grimace de douleur et il fut obligé de reposer la porcelaine pour recommencer à gauche cette fois. En même temps, heureusement que le médicomage lui avait dit de se ménager...


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Ven 10 Mai 2013 - 20:19

Que son frère lui demande pardon dans de telles circonstances aida sensiblement Dorian à se calmer et à écouter au lieu de se comporter en poulain sauvage. Quelque part, c'était plutôt inattendu, vu que le plus jeune était au moins d'accord sur le fait que ce n'était pas lui le plus coupable. Et de quoi s'excusait-il au juste d'ailleurs ? Le Serdaigle n'en était pas sûr. C'était obscur. De la relation bancale qu'ils avaient, de cette histoire de menaces devenues plus graves ou qu'il ait vu et entendu ce qu'il n'aurait pas dû ? Et comme il n'était pas un Fox pour rien, le fait que son esprit ait du grain à moudre fit taire ses instincts colériques. Il était plus constructif de réfléchir que de s'énerver. Et puis comment pouvait-il encore en vouloir vraiment à Dray alors qu'il était évident à sa manière de le regarder qu'il en avait bien assez sur le cœur, sans qu'il en rajoute ?

Oui, sur le coup, encore trop sur les nerfs, Dor' avait certes cessé de se défendre mais il était bien trop peu habitué à ce contact avec son frère pour être capable dans savourer la portée. Ce ne fut que quand il s'interrompit qu'il s'aperçut de sa valeur. Que Dray fût attendri par son geste de fierté, ça, il n'en eut pas conscience, et c'était tant mieux parce que ça n'aurait que titillé un peu plus sa susceptibilité. Et Dorian était susceptible. Il n'était pas mignon, non mais oh ! Et puis, ce n'était pas trop le moment non plus. Et il eut tôt fait de le rappeler en mettant les deux pieds dans le plat. Que son aîné fasse un arrêt sur images, ben, c'était bien fait, na ! Il était temps qu'ils fassent le ménage, eux deux. Et quand l'Américain le regarda interloqué, l'Anglais soutint son regard avec fermeté. Et ouais, grand frère, t'en as dit des choses ! Et quitte à jouer cartes sur table, il signala qu'il n'approuvait pas du tout le geste de leur père. Il ne prenait pas parti non. Il exprimait juste son ressenti. Il ne comprenait pas pourquoi la situation était aussi mauvaise, c'était tout. Pourquoi son père se comportait ainsi ? Ce n'était pas évident de se rendre compte que votre vision était altérée depuis des années. Et la correction ne se faisait pas sans malaise. Le silence et les yeux de Dray étaient d'ailleurs plus parlants que n'importe quels mots. La colère revint à la charge. Et l'adulte avait raison de se méfier. Ça non, Piper n'allait pas apprécier quand Dorian allait leur dire sa façon de penser, à Simon, le premier. Parce qu'il n'allait pas se gêner pour lui dire texto ce qu'il venait d'énoncer à son frère avec détermination. Leur père était un pauvre type, il n'en démordrait pas !

Sauf que Dray ne lui permit pas d'exprimer cette idée et le corrigea avec toute la fermeté d'un frère aîné, ce qui surprit grandement le plus jeune qui ne s'était pas attendu à ce revirement de situation. Il aurait dû être parfaitement d'accord avec lui, vu ce qui venait de se passer, et puisqu'ils ne pouvaient pas s'encadrer. Alors pourquoi Dray prenait soudain la défense de Simon et prenait la responsabilité de l'"incident" ? Dor' hocha la tête avec vigueur, refusant clairement cette solution et s'exclama avec véhémence.

"Ta faute ? Et puis quoi encore ? Qu'il l'a pas fait exprès ? Non ! C'est trop facile ça ! Essaie pas de me faire avaler ça, je t'ai dit que j'ai tout vu ! T'as fait que dire la vérité. Et c'était pas juste, t'avais le droit d'être en colère, en plus. Et puis, même si t'avais été trop loin, ça n'excuse pas du tout ce qu'il a fait ! Pourquoi tu le défends en plus ?"

Il regarda, les sourcils froncés, son aîné se passer les mains sur le visage et soupirer, apparemment vraiment fatigué. Ouais, ben c'était comme ça ! Il ne lâcherait pas le morceau pour autant, que ce soit clair. Mais son expression contrariée se transforma en surprise quand l'Américain annonça comme ça qu'il était temps qu'ils aient cette discussion qu'il désirait depuis si longtemps. Et comme le précisait si bien Dray, une conversation où ils auraient tous les deux l'esprit clair. Hein ? Pris au dépourvu par ce retournement soudain de situation, Dorian, calmé encore du coup, eut quelques secondes de latence, le temps d'assimiler la nouvelle et ne put que docilement le suivre après, le fixant encore tout étonné. Message silencieux : Heu, t'es sûr de toi ?

Tout d'un coup, le jeune Anglais n'était plus qu'un gamin sage et intimidé, assis à sa table, seul, au milieu de ces inconnus venus prendre une pause dans leur travail, dévorant des yeux ce grand frère décidément déroutant sur bien des aspects, en train de parler dans son miroir. Sans doute Kaïn de l'autre côté... Normal... Dorian laissa ça de côté lui. Ce qu'ils avaient bien pu penser là haut, il s'en fichait bien ! C'était bien fait pour eux ! Il y avait plus important, là, en plus. L'adolescent ne cessa pas d'observer le New-yorkais avec curiosité en le voyant apporter de quoi se remettre de leurs émotions. Le moment était précieux, limite solennel pour Dor'. C'était un tournant entre eux, il en avait conscience et il avouait être impressionné. Lors de leur précédente discussion, il avait un peu (beaucoup ?) abusé de l'état de faiblesse de son frère pour le questionner. Là, c'était Dray qui était l'instigateur de ce qui allait suivre et ce, pleinement en possession de ses moyens. C'était totalement différent... Ça changeait tout.

Il regarda alternativement son frère, la tasse et le muffin, encore confus, alors que Dray s'assit face à lui ou plutôt se laissa tomber sur la banquette. Oh, son aîné pouvait se rassurer, Dor' ne fit aucun cas de sa déclaration nette. Il avait toutes les raisons de l'affirmer, et à vrai dire, il le pensait aussi. Là, loin de se douter qu'en plus son frère avait lui été blessé, l'adolescent avait plutôt envie de rentrer au château avec Kaïn et lui et retrouver le calme et ses amis. Son regard finit par se stabiliser sur l'Américain au moment où il se mordait la lèvre, visiblement pas sûr du tout de ce qu'il devait faire. Mais ce n'était pas son cadet qui allait pouvoir l'aider ! A la manière hésitante dont Dorian se saisit de la petite cuillère pour la plonger dans le chocolat, il n'avait pas l'air plus assuré. Le coup des tasses, c'était bien ça ! Ils pouvaient l'un et l'autre se cacher derrière.

Et puis son frère se lança finalement alors que lui avait glissé la cuillère à présent recouverte de chantilly et de chocolat entre ses lèvres. La saveur sucrée accompagna très bien la grimace de son frère. Dorian sourit sur le coup.

"Et t'es loin du compte." eut-il l'audace de souligner avec un brin d'humour et de provocation. Mais la suite lui retira toute envie de plaisanter. Il plongea le nez dans sa tasse et joua sombrement de la cuillère sur la chantilly. Il n'était pas certain de vouloir entendre tout ça en fait. Mais Dray ne lui laissa pas le choix. Un pincement des lèvres dépité répondit à la remise au point de son aîné. Évidemment, exposé ainsi... Et puis se faire remonter les bretelles par le New-yorkais, Dorian n'avait pas l'habitude en plus ! Ça faisait vraiment bizarre parce que là, pour la première fois, il se comportait vraiment en grand frère, de façon consciente. Surtout pour défendre leur père alors qu'il savait pertinemment qu'il le détestait (à juste titre...) ! Dor' n'était pas débile. Il comprenait parfaitement ce que voulait faire Dray : reconstruire l'image positive de leur père, qui venait de se prendre une sérieuse dose de plomb dans l'aile. Et sur cette première partie, l'adolescent était désarmé, devant bien reconnaître la justesse de son aîné. Il avait raison. Jusque là Simon n'avait jamais démérité. Et il aurait été injuste pour un accroc d'oublier ce fait. Ils s'aimaient, ça, ça ne changeait pas. Le problème, et Dray y vint évidemment, c'était que par contre, ce à quoi il avait assisté avait, ça, tout le poids nécessaire pour faire tomber leur père de son piédestal... Est-ce que son grand frère se rendait compte de la portée et du choc de leur dispute ? Dorian pensa que non. Ils étaient apparemment à présent tellement habitués à ce que ça dégénère comme ça que pour eux, ça devait être normal. Sauf que ça ne l'était pas du tout ! C'était odieux !

Pourtant, il attendit patiemment, malgré son envie de repousser toute explication que son frère trouve les mots après celui de "gifle". Gifle... Encore un euphémisme bien digne de l'Américain, ça. Ce n'était pas ce qu'il avait vu, lui... Enfin, ce n'était sans doute qu'un détail de plus... Dorian ne dit rien et préféra noyer son amertume dans une gorgée de chocolat. Mais alors qu'il buvait, Dray fit allusion à leur aïeul. Il ne cacha pas sa surprise et reposa avec précaution sa tasse, les yeux sur son aîné qui avait toute son attention pour le coup. Non, il ne savait rien de lui. Simon avait toujours refusé d'en parler. A présent, l'adolescent comprenait mieux pourquoi. Il écouta très sérieusement ces explications qui devaient expliquer ce qui lui était inexplicable. Et comme il se doutait que ça ne devait pas être facile pour Dray de dire tout ça, il le laissa faire sans l'interrompre. Mais à nouveau, l'expression de son visage, ouvertement irritée, était des plus parlantes : "je ne suis absolument pas d'accord et j'ai bien l'intention de le dire !".

Mais alors que Dorian s'apprêtait à prendre la parole, son frère ayant visiblement fini puisqu'il se tut en observant son café, ce dernier voulut en boire et sa grimace de douleur et son changement de main, n'échappa pas du tout à son cadet.

"Ça va ? Tu as mal ?" demanda-t-il avec inquiétude, comprenant que quelque chose d'autre clochait derrière. Et comme il était loin d'être un imbécile... Il percuta sur un truc qu'avait dit son frère un peu plus tôt à leur père : "Tu ne t'es pas dit un instant que comme vous, j'avais moi aussi failli y passer avec ces conneries " …

"Tu as été blessé, toi, c'est ça ?" dit alors l'adolescent avec colère, remettant les pièces du puzzle en place, par rapport à tout ce qui s'était passé. A vrai dire, lui non plus ne s'était pas posé vraiment de questions, trop choqué par sa propre agression. Mais le calme revenu et avec le recul, ça s'imposait. Ils avaient tous les quatre été attaqués cette après-midi, pour les tuer pour de bon ! Sauf que Dray était le seul à ne pas avoir de garde du corps. Voilà qui expliquait son silence-radio des premiers temps ! "Gérer les choses dans un ordre bien précis... " Et il s'était pointé devant tout le monde, l'air de rien, pour "le grand jeu". Et leur père qui n'avait trouvé comme seule réponse à cette vérité que de le frapper. Toute cette... comédie sordide, ça lui foutait la haine, en fait, maintenant qu'il savait à quoi il fallait s'en tenir ! C'était dégueu. Ça ne le faisait que conforter dans cette opinion qu'il avait voulu exprimer avant de s'apercevoir du léger malaise de son frère.

"Ce n'est pas grave, hein ?" demanda-t-il avant toute chose, en posant par réflexe sa main sur celle de Dray, parce que merde, c'était quand même le plus important ! Et c'était quand même hallucinant qu'il soit peut-être le seul à poser franchement la question, ignorant évidemment l'intervention précédente d'Evan Turner.

"Écoute, je comprends ce que tu veux me faire passer. D'accord pour le schéma qui se reproduit, je veux bien. C'est... logique, dans un sens et navrant. Classique... Sauf que c'est peut-être votre histoire, mais m'en préserver maintenant, vu le merdier d'aujourd'hui ,c'est un peu tard, tu ne crois pas ? Tu ne peux pas me demander de fermer les yeux sur ses agissements quand même ! Comment veux-tu que je ne lui en veuille pas alors que maintenant je sais que c'est à cause de lui si on en est tous là ? Bon sang, Dray, d'abord, tu le dis toi-même, c'est notre père !"

Et l'adolescent insista bien sur le possessif.

"Évidemment que ça me regarde ! Tu es mon frère, c'est normal que je m'inquiète et que je prenne parti ! C'est comme ça que doit être une famille, on doit se soutenir les uns les autres. Que papa l'ait oublié, et que toi tu ne saches pas le voir, que ce soit moi ou même tes amis ça me scie ! Parce que t'as rien dit à Kaïn, je suis sûr ! Oh je sais ce que tu vas me répondre, que tu ne veux pas l'inquiéter. Sauf que celui qui a besoin de soutien là, c'est toi. Moi, j'ai pas eu papa soit, mais j'ai eu maman et Kaïn aussi, justement. Toi, il y a eu personne parce que tu t'obstines à vouloir te débrouiller tout seul. Enfin vu la réaction de papa, je comprends pourquoi tu réagis toujours comme ça, maintenant ! Tu m'as dit quand tu étais ivre que papa était un père digne de ce nom pour moi. C'est faux ! Archi méga faux ! Il ne peut pas être un bon père pour moi s'il ne l'est pas avec mon frère. Bonjour le modèle d'éducation ! C'est pas à la carte, ce genre de choses, merde, c'est tout ou rien ! Et ensuite, il n'y a pas que la gifle ! Ce que je ne peux pas lui pardonner surtout, c'est pas ça, c'est qu'il a ignoré délibérément que tu as toi aussi été attaqué. Tu crois que j'ai pas vu qu'il a fait le sourd quand tu lui as dit ? D'un, il en a rien eu à foutre, il s'est pas du tout inquiété pour toi et de deux, sa seule réponse a été de t'en mettre une ! Ok, soit, t'aurais pas dû lui parler comme ça, il a fait comme grand-père et tout ça. Ça excuse peut-être qu'il t'ait frappé à tes yeux, pas aux miens. Et le pire, et ce que je ne comprends pas, c'est que tu acceptes ça sans broncher ! Avec tout ça, alors que je sais pertinemment que tu le hais parce que tu me l'as dit et que tu veux te venger de lui, tu trouves là-dessus le moyen de le dédouaner et de vouloir endosser la responsabilité ! Je crois que tu veux réparer pour moi ce qu'il a cassé mais pas seulement. A t'entendre, j'ai la désagréable impression que tu penses le mériter ! Mauvais brouillon... Non mais la prochaine fois que tu oses me dire que t'es "juste ça" sans ciller, c'est moi qui t'en colle une, grand frère ou pas. "

Voilà ! Un petit frère aussi, ça savait remonter les bretelles ! Et comptez sur Dorian pour ne pas céder d'un iota là dessus. Et pendant tout son discours, sa main n'avait pas bougé. Il s'en aperçut mais au lieu de se laisser à afficher sa gêne, il la retira alors l'air de rien, prétextant vouloir partager le muffin dont il en tendit la moitié à Dray. Il lui sourit doucement dans la manœuvre mais dit très sérieusement.

"D'accord, il s'est toujours bien occupé de moi, c'est pas un naze. Ok aussi, les circonstances d'aujourd'hui font qu'il n'a pas su bien réagir. Ça je lui pardonne bien volontiers. Sauf que c'est quand même de sa faute si on a tous failli se faire tuer et que ce qui s'est passé dans ton bureau, c'est encore autre chose ! Et ça, t'auras beau vouloir lui trouver des excuses, il est coupable ! Sans compter les autres "trucs moches" que tu nous caches, comme tu dis ! Et toi et maman l'êtes pour avoir essayé de me cacher la vérité depuis le début. Oui, tu m'as parlé aussi de la promesse qu'elle t'a fait faire." précisa-t-il en voyant l'expression de son frère à ce propos.

"Je ne suis plus un gamin. Je crois que j'ai bien capté aujourd'hui et je crois qu'après avoir failli mourir éviscéré, j'ai gagné le droit de savoir ! Les Fox sont des gens excessifs, à la moralité douteuse, le coté sombre de mon histoire, c'est ça que je ne devais pas découvrir, n'est-ce pas ? Après tout, Grand-père, papa surtout, du moins je suppose que c'était surtout lui votre problème, et puis toi... Ça commence à faire beaucoup. Parce que vu ta capacité à manipuler ton monde et ce que papa a dit sur la prison et l'héroïne..."

Le regard de Dorian fut entendu et sévère. Tu voulais qu'on discute. On allait discuter mais avec ses règles, et là, il n'était plus question de faux-semblants et d'adoucissements. Il en avait marre qu'on le prenne pour un imbécile et qu'on veuille le protéger contre son gré, quitte à lui faire avaler n'importe quoi. Et à présent, il était vraiment bien placé pour savoir que le monde n'était pas tout beau et tout gentil, merci bien et surtout papa ! Il avait feint l'ignorance parce qu'il avait profité de la déprime de Dray et que ce dernier ne se souvenait plus de rien. Mais là, c'était pas pareil ! Dorian voulait tout savoir et cette fois, son frère allait répondre honnêtement et en connaissance de cause. Seulement après, il verrait ce qu'il ferait de tout ça.
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Jeu 30 Mai 2013 - 21:55

La déclaration à l'emporte-pièce de son frère, rejetant en bloc sa première tentative de redresser les choses, Dray ne sut pas trop comment la gérer, s'il devait répondre tout de suite ou s'il devait s'abstenir. Encore des pourquoi... Il était bien tenté de confirmer qu'en effet, ce n'était pas vraiment la faute de Simon. Leur père n'avait jamais su maîtriser ses excès de rage. Il perdait vite le contrôle dans ces cas-là et tombait dans ce genre de chausse-trappes. Pas pour rien qu'un de ses jeux préférés, adolescent, avait été de le faire sortir de ses gonds. Au moins, dans ces moments-là, il avait eu toute son attention...  Le jeune New-yorker aurait bien dit aussi que Dorian n'avait vu qu'une partie de la vérité, sortie de son contexte, que c'était plus compliqué et que s'il le défendait, c'était parce que oui c'était quand même de sa faute, pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il aurait dû ne pas répondre et enflammer encore un peu les choses, puisqu'il savait pertinemment ce qu'il en était, il aurait dû courber l'échine et attendre que la tempête passe au lieu de mettre en évidence comme ça les erreurs de leur père et envenimer les choses. Ensuite parce que trop fier, trop vindicatif, il avait laissé Simon se débrouiller seul avec leurs adversaires prétextant que s'il avait réussi à causer un tel chaos, il saurait le réparer de la même façon et que ce n'était pas de sa responsabilité à lui, qu'il n'était pas question qu'il traite avec de tels individus, que ça allait contre ses principes... Mais s'il l'avait soutenu et aidé, s'il avait passé outre les humiliations et les rancœurs, les choses ne se seraient pas déroulées ainsi. Il n'y aurait pas eu de gifle...

Finalement, l'Américain prit le parti de se taire temporairement et à la place eut ce geste, témoin de sa fatigue. Il se dit qu'il eut bien fait de ne pas relancer le débat quand il vit l'expression entêtée de son cadet alors que ses bras retombaient le long de son corps. Quelque part, cela ne l'étonnait pas. Comment Dorian pouvait comprendre tout ce qui était impliqué dans cette histoire, lui qui avait toujours été choyé ? Dray en vint donc à proposer cette discussion qui n'avait que trop tardé. Pouvait-on trouver un meilleur moment finalement que cette débandade ? Le regard interloqué du Serdaigle aurait bien fait sourire, narquois, l'ancien Serpentard, un autre jour. Mais là, ce fut juste un coup d’œil déterminé qui répondit à la question muette du plus jeune. Fox était aussi sûr qu'on pouvait l'être dans ces circonstances, c'est à dire, qu'il ne fallait pas qu'il se mette trop à réfléchir. Il avait décidé, il appliquait. Advienne que pourra. Et si Dorian avait conscience que le moment était important, il était évident qu'il n'était pas le seul. Mais alors qu'il finissait de rassurer les autres protagonistes de cette histoire de fous, toujours au dernier étage, eux, et que son frère se faisait soudain tout petit à sa table, Dray espérait juste qu'il ne faisait pas une énorme connerie...

Constatant que sa remarque sur le degré de chiantise de la journée passa bien auprès de son frère, Dray se concentra plutôt sur la manière d'aborder les choses. La réponse de Dorian lui tira une grimace qui en disait long : "c'est malin tiens...". A présent que le pot aux roses était découvert, il se demandait bien tout ce qu'il avait pu balancer...

"Faudra que tu me fasses un compte-rendu, un de ces quatre." dit-il avec une fausse désinvolture teintée d'amertume à peine cachée. C'était qu'il en avait de gros secrets et il aurait aimé savoir à quoi s'en tenir. Il détestait être dans l'expectative comme ça. Et puis bon, il avait dû se taper la honte et pas qu'un peu...

"J'espère que tu t'es bien marré en tout cas et que t'en as bien profité parce que ce n'est pas prêt de se reproduire." précisa-t-il cette fois en forçant son sourire à paraître plus amusé qu'autre chose. Fallait bien assumer ses conneries...

Enfin sur ce, il fallut bien en venir aux choses vraiment sérieuses. Et si cette remise au point était étrange pour Dorian, croyez bien que Dray n'était pas mieux loti. Le rôle de frère aîné, ce n'était pas la première fois qu'il l'endossait. Sei, Tetsu, Ren, Alice, Liloo... Il aurait dû avoir l'habitude. Mais là, ce n'était pourtant pas pareil... Parce que Dor' était qu'on le veuille ou non, plus que les sus-cités. Il était de son sang et ils venaient de traverser une longue période de rejet mutuel. Et ils semblaient vouloir enfin s'accepter, enfin lui accepter son cadet, à cause de circonstances malheureuses, ce qui faisait le moment bizarre. Fox n'était donc pas à l'aise. Pas du tout. Mais il avait conscience qu'il fallait en passer par là. Ils devaient avancer et pour cela il fallait dire les choses, malgré leurs positions gênées et leurs maladresses. Alors Dray parla avec fermeté, pour faire comprendre à Dorian qu'il y avait des choses qu'on n'avait pas le droit de dire dans sa situation. Même dans la sienne d'ailleurs, même s'il ne s'était pas gêné pour le faire un nombre incalculable de fois et même si certains, lui compris bien souvent, s'accordaient à dire, et Dorian semblait vouloir en faire partie avec toute l'impulsivité et l'inexpérience de son âge et la franchise de son caractère, qu'il avait des raisons excusables. Sauf que si lui pouvait prétendre justifier le manque de respect qu'il avait ouvertement envers Simon par le comportement même de son père à son égard, ce n'était absolument pas le cas de son frère. Et il n'était pas question que l'Américain laisse le jeune Anglais utiliser sa relation conflictuelle avec leur père pour ce faire.

Dray vit finalement que son cadet semblait bien vouloir faire amende honorable au moins sur ce point en voyant sa mine déconfite. Celle du gamin pris en flag, obligé de s'excuser. Pour un peu, il était sûr que debout, son frère se balancerait d'un pied sur l'autre. Mais évidemment, ça, c'était la partie la plus facile. Le reste c'était un autre morceau à faire passer beaucoup plus (trop ?) gros. Dorian avait en effet raison dans ses suppositions. Cela faisait longtemps que Dray ne se rendait plus compte que ce à quoi son frère avait assisté n'entrait pas dans les normes du tout. Pour lui, ça tenait même de l'ordinaire. Et bien avant le retour de Simon parmi les vivants. Dès qu'ils étaient ensemble ça gueulait à un moment où à un autre. C'était quand ça ne brassait pas que ce n'était pas normal, plutôt. Le New-yorkais trouvait même ça inquiétant. Ça cachait un truc pas net pour lui. Et ces exceptions devaient se compter sur les doigts d'une main. Et encore amputée d'une ou deux phalanges... De là à dire odieux... Peut-être que le Serdaigle avait raison. Fox n'avait pas assez de recul et puis, il avait aussi cessé de se poser des questions, il prenait les choses comme elles venaient dans toute leur violence sans chercher à le qualifier. C'était un fiasco, oui, ça, il en avait conscience. Mais si on l'avait interrogé, oui, il aurait dit que c'était normal. C'était ce qu'il avait toujours connu après tout. Après comment les autres voyaient tout ça... pas qu'il se foutait de leur avis, mais ils ne changeraient rien à tout ça alors à quoi bon leur demander ce qu'ils en pensaient ?

Mais là, justement, il était bien obligé de faire avec un autre et pas n'importe lequel puisqu'il s'agissait de son petit frère. Comment expliquer donc et surtout lui faire accepter une relation comme la leur, lui qui avait vu vraiment comme ça se passait entre eux ? Si on exceptait Evan, bien obligé de composer avec ces disputes incessantes depuis que Simon était en Angleterre, Dorian  était le seul de ses proches en Grande Bretagne à savoir. Accepter que son frère et son père se déchirent, c'était peut-être trop lui demander. Dray s'en rendait compte en parlant. Son frère était aussi expressif que lui et leur père. Et visiblement, il se retenait ardemment de dire ce qu'il pensait de ses explications. Dray se retint de soupirer en ayant fini. Que pouvait-il dire de plus pour persuader son cadet ? Ce n'était déjà pas évident pour lui de prendre assez de recul et analyser tout ça pour en faire cet exposé aussi impartial que possible... Mais peut-être qu'en fait, c'était une mission impossible. Il y avait des choses qu'on ne pouvait pas rattraper même avec la meilleure volonté du monde. Si Dorian voulut noyer son amertume dans le chocolat, Dray fit de même avec son café, avec les conséquences que l'on sait déjà. Son frère capta son malaise. Manquait plus que ça... Il haussa légèrement les épaules en se forçant à sourire un peu, pour signifier que ce n'était pas important, qu'il n'y avait aucune raison de s'en faire.

"Ce n'est rien, t'inquiète pas."

Ce qui était tout à fait vrai. Ce n'était qu'une blessure sans gravité qui disparaîtrait d'ici quelques jours. Mais Dray n'eut pas l'occasion d'aller plus avant sur ce terrain et de minimiser les faits, désirant que les choses en restent là. Son frère fit tout seul la relation avec les faits de l'après-midi. En même temps, s'il avait en effet entendu sa "discussion" avec Simon... Il savait bien que Dor' était loin d'être con. Il avait eu le temps de découvrir son potentiel avec ses infiltrations dans le cachot n°4 par exemple. Il n'était pas un Serdy pour rien le frangin...

La question fut directe. Rien de surprenant, c'était Dorian. Pour ça, il était plus un Ayling qu'un Fox, ce gamin. L'Américain pinça les lèvres. Lui, la franchise, par contre... Il faisait en fait un gros effort pour ne pas mentir parce que là, il était bien tenté de travestir les faits. Mais la colère de son frère et l'inutilité de la chose, il en était conscient, le retinrent. Cela aurait été prendre Dor' pour un imbécile ou un gamin encore trop immature et fragile qu'il fallait épargner. Or, en l'occurrence, il démontrait plutôt le contraire, cet après-midi-là... Et à bien y réfléchir, il le montrait depuis bien plus longtemps. Alors Fox préféra ne rien répondre, ce qui était un aveu en soi, mais moins honteux qu'un oui net. Le moindre mal, en quelque sorte. Sauf qu'évidemment, Dorian ne s'arrêta pas là. Et cette fois, la réaction de Dray fut étonnante. En tout cas pour ceux qui ne le connaissaient pas. Le New-yorker haussa les sourcils, honnêtement surpris de la sollicitude de son frère. De fait, il ne pensa même pas à retirer sa main de la sienne. Il reprit sa tasse pour une gorgée de café, par contre. Ce n'est seulement qu'en la reposant que l'adulte murmura, les yeux dessus, neutre, comme si son contenu était plus important que le sujet. Il ne voulait clairement pas s'étendre sur la question.

"C'est rien, je te dis... Promis. Ce n'est qu'une égratignure."

La suite... Dray l'encaissa en écarquillant cette fois franchement les yeux. On était passé à un degré supérieur sur l'échelle de la surprise. Il ne s'y était pas attendu à celle-là, que son frère se rebiffe comme ça et lui remette les pendules à l'heure à son tour. Et l'aventurier ne put qu'admettre la justesse de la logique. Le problème, c'était que tout ça était tout sauf logique... Cela tenait davantage de l'instinctif et de l'habitude. Et puis... ce serait sans aucun doute les hauts-cris si l'un de ses proches avait connaissance du fond de ses pensées, mais Dorian avait raison dans son analyse. Si une partie de lui rejetait et haïssait Simon pour ce contentieux écrasant et déglingué qui existait entre eux et le motivait à régler ses comptes, une autre, aussi bien ancrée que la première, se disait que s'il n'avait jamais réussi à se faire aimer de son père, ce n'était pas pour rien et que les torts ne venaient peut-être pas de Simon, dans le fond... Cette voix-là était perfide et murmurait qu'il n'était dès le départ qu'une source de déception, surtout. S'il avait fait les choses autrement, s'il avait fait plus d'efforts au lieu de faire le con pour justifier l'opinion de son père, s'il avait travaillé plus dur, s'il s'était montré raisonnable, s'il avait essayé, enfant, de contrôler son hyperactivité, d'être discret, sage et soigné comme il le voulait, et surtout, plus tard, adolescent, d'être sérieux et correct, responsable, respectueux, d'avoir résisté à ses tendances borderline au lieu de faire conneries sur conneries, arrogant, colérique et immature et devenir un junkie... En clair, avec le temps, Dray ne parvenait plus à dire qui avait vraiment commencé et si au début, il n'y était peut-être pour rien, après, il ne l'avait pas volé à l'arrivée. La gifle, c'était de sa faute en ce sens qu'elle n'était que la continuité de tout ça, et de fait, oui, il en endossait la responsabilité comme on l'avait expliqué plus avant.

Un nouveau soupir, cette fois très las, passa ses lèvres quand son frère eut fini par le "menacer" et lui tendit la moitié de son muffin. Le jeune homme d'affaires regarda la pâtisserie d'abord, sans un mot, un peu dubitatif, mais finalement, ses doigts se refermèrent dessus pour le poser en face de lui. Il y avait quelque chose de ridiculement symbolique là, à son goût. D'autant que si Dor' ne voulait pas lâcher le morceau, lui non plus. Sauf que lui, ces derniers temps, commençait à ne plus avoir l'énergie qu'il fallait pour débattre là dessus. A quoi ça servirait de toute façon ? Les faits étaient suffisamment parlants, même si le Serdaigle refusait de les accepter. Des deux, c'était lui seul qui avait la considération et l'estime de leur père. D'où sa comparaison "artistique". Il la trouvait très juste, lui... Simon, sans aucune motivation, l'avait façonné, parce qu'on l'y avait forcé. Donc de par une indéniable mauvaise volonté et l'indiscipline et la résistance de son sujet, il avait multiplié les erreurs et les maladresses, laissant plus de défauts et de vices de fabrication que de qualités, pour ensuite l'abandonner dans un coin, sans beaucoup de remord mais du mépris sans détour pour l’œuvre ratée qu'il était. Pourquoi tenter d'améliorer, de rattraper un peu le gâchis, et perdre son temps avec quelque chose qui n'en valait pas la peine, après tout, puisque à coté, après quelques années, en parallèle il avait œuvré sur son chef d’œuvre avec envie et inspiration, cette fois ? Dorian était là, réalisation brillante et bien mieux travaillée, source exclusive de satisfaction. Comme dirait Vaughn, l'art était plus abouti avec les années et l'expérience. Et il était bien connu que les œuvres des premiers temps, sans grand intérêt, étaient reléguées et oubliées en seconde zone... Et il n'y avait rien à redire. C'était comme ça, aucune personne qui connaissait l'histoire ne pouvait dire le contraire. Fox se contenta pourtant d'émietter sombrement le gâteau sur la table en pensant à tout ça, mais refusant de le dire, son but évident étant de réparer, pas d'envenimer, ni de se justifier, alors que l'adolescent lui était reparti dans son exposé de son point de vue. Depuis le temps, ça devait sacrément le démanger parce qu'il avait de la verve, le petit frère.

Lui était indéniablement plus prolixe ivre. Quand l'Anglais mit sa fameuse promesse faite à sa mère sur la table, le New-yorker releva le nez aussitôt, le regard perçant et plus livide qu'il ne voulait l'avouer. Il avait vraiment fait ça ?! Dites lui que non... Pitié... Mais évidemment, son frère ne se gêna pas pour confirmer sa question muette sans aucun remord pour sa pauvre âme torturée et ajouta une sacrée bordée après, si on voulait bien lui pardonner ce lyrisme ironique. Ouais bon, là c'était définitif, il était vraiment vraiment dans la merde... Ça, Fox l'avait bien compris qu'il était obligé de suivre les volontés de son cadet. Et un spectateur aurait été quelque peu surpris en voyant l'Américain baisser les yeux devant son regard scrutateur et sévère. C'était le monde à l'envers. L'adulte pris en faute devant l'adolescent... Ouais, il l'avait largement gagné son passe pour quelques explications...

"A peu près ça oui. Excessifs, immoraux et colériques. Au delà de toute mesure parfois et pas seulement les trois dernières générations. Depuis le début de la lignée, c'est comme ça, on est mauvais et on finit mal. Il y a deux ou trois exceptions pourtant. Mais j'ai toujours pensé qu'il y avait une espèce de malédiction qui pesait sur nous. Et je ne suis pas mieux que les autres, tu as entendu Simon. Et je ne le nie pas, je n'ai jamais dit que j'étais quelqu'un de bien. Au contraire, mais personne ne veut me croire..." répondit enfin l'Américain avec une fausse désinvolture sarcastique, en jouant avec sa tasse du bout des doigts, faisant tourner lentement le liquide noir, observant le mouvement de rotation pour ne pas regarder son frère. Parce qu'il n'était pas fier et parce que c'était une de ses plus vieilles blessures et de ses peurs qu'il exposait.

"Je suis en expiation, je lutte contre mes instincts. Je suis un repenti. Toi, par contre, visiblement, tu es une exception. Tu es avant tout un Ayling, toi, et c'est une bonne chose. Ta mère craignait la mauvaise influence de tout ça sur toi. Elle pensait que l'ignorance te ferait moins de mal que la vérité. Comme elle me l'a dit si bien, et comme Simon l'a illustré tout à l'heure, moi ça ne m'avait pas réussi alors... Enfin jusqu'à ce j'ouvre les yeux et me rende compte que si je ne réagissais pas, si je laissais mon histoire me bouffer, je finirais par me tuer. Je valais quand même un peu mieux que le déchet que j'étais devenu et pas question que je conclus la lignée de la même manière que tous les autres. Vu que je me croyais le dernier à l'époque... "

Nouvelle pointe de sarcasme indéniable sur la dernière phrase, alors que la sincérité avait appuyé tout le reste. Mais Dray revint à de meilleurs sentiments aussi étonnants que cela paraisse, vu ce qu'il annonça.

"Simon aussi a trouvé sa source de repentance. Ta mère et toi. Ça me fait chier de le reconnaître , je te le garantis, mais j'ai bien dû me faire une raison. On ne peut pas nier les faits. Depuis qu'il connaît ta mère, il s'est tenu relativement à carreau. Et c'est le seul truc que je connaisse qui lui fasse courber l'échine ! Je vais le dire à Piper !"

Dray ne put alors s'empêcher de ricaner à cette pensée et développa son idée pour expliquer un peu mieux son hilarité à son cadet.

"Et je te serai gré donc de garder ce que tu as appris pour toi, parce que c'est le seul moyen de pression que j'ai trouvé pour le faire céder enfin à mes exigences, alors si tu pouvais éviter de me casser la baraque, ce serait sympa..."

Ce n'était pas une plaisanterie, même si cela en avait le ton. Et le regard entendu et sérieux de l'Américain était clair, d'autant qu'enfin, il l'avait relevé sur Dorian. A nouveau il porta sa tasse à ses lèvres mais cette fois de manière plus assurée. C'était toujours le début qui était difficile, dans ce genre de discussions. Mais après quand on était parti, on trouvait son rythme de croisière...

"Sauf que parfois, il y a encore des ratés, je sais. Moi aussi, j'ai des rechutes. Je ne suis parfois pas facile à vivre. Demande à Kaïn. Se racheter une conduite demande une attention de tous les instants et les vieilles habitudes ont la vie dure. Je ne sais pas ce qui a pris à Simon de faire des affaires avec eux. Je crois qu'il a minimisé leur dangerosité comme je l'ai fait à Stuart. L'Etranger ne se rend pas compte de ce qui se passe réellement ici."

Enfin, tout ça n'aidait pas beaucoup leur affaire. Dray se fit pensif et à nouveau la lassitude le gagna quand il repensa à ce qui s'était passé dans son bureau. Oui c'était encore autre chose.

"Écoute, dans le bureau, Simon a craqué. On a tous nos limites et moi, par rancune, je n'ai rien fait pour arranger les choses alors que je sais comment il fonctionne quand il est comme ça. Je connais pertinemment les siennes. Je n'aurai pas dû prendre ses mots comptants et relancer la dispute. J'aurai dû me douter qu'il exploserait pour de bon. La gifle n'est qu'une conclusion logique de notre bêtise et de notre foutue fierté, à tous les deux. Il n'aurait pas dû, on est d'accord, mais moi non plus, je n'ai pas bien réagi. J'aurai dû être plus malin et raisonnable pour deux. C'est en ça que je l'excuse, je ne suis pas innocent dans l'affaire même si les faits sont contre lui. Il faut que tu comprennes que cette dispute, ce sont des années d'incompréhension et de mépris réciproques, de colère et d'aigreur cristallisés, que j'ai alimenté moi aussi. Je te l'ai dit. La colère est notre pire défaut et notre plus fidèle conseillère. Il ne s'est pas inquiété parce qu'elle l'aveuglait, il n'y a pas à chercher plus loin. Dans mes pires moments, ce que j'ai pu faire n'est guère plus flatteur et parfois pire que ça. Il n'a pas voulu entendre ce que je lui disais parce que ça ne cadrait pas avec ce qu'elle lui soufflait. Tu verras quand elle retombera, tu le retrouveras. Et je suis tout aussi coupable, parce que j'étais moi aussi en colère et sur les nerfs, j'ai sciemment mis de l'huile sur le feu, je n'ai pas réfléchi, alors que lui était déjà parti trop loin pour savoir se maîtriser. Il était surtout en colère contre les faits, il se sent coupable et il a eu la peur de sa vie. Mais pas question pour lui qu'il reconnaisse avoir ce genre de faiblesses. Sauf qu'il fallait que ça sorte et comme on s'engueule à longueur de temps, j'étais tout désigné pour servir de paratonnerre. Je t'ai dit qu'il a été élevé à la dure. Ça laisse des traces indélébiles. Tu le dis toi-même, que tu comprends mieux pourquoi j'ai certaines réactions. Père c'est pareil. Moi je mens et je détourne, je manipule mon monde comme tu dis, je suis une anguille, lui, il est dur, sans pitié et brutal, il attaque et fonce le premier, un taureau. Deux techniques différentes mais le même but, cacher nos failles. Tu connais la devise de la famille ?"

Fox était sûr que non. Il ne fut donc pas surpris de voir son frère hocher de la tête, dans un non silencieux. Pourquoi il la connaîtrait de toute façon ? Piper veillait...

"Aucune faiblesse n'est permise dans le cœur d'un homme, car elle sera la porte ouverte à la défaite et son aveu, l'arme fatale de son adversaire.... Elle vient de notre fondateur. C'est la seule partie de notre Histoire qui vaille le coup que tu apprennes. Je ne crois pas que Piper m'en voudra là dessus. Il a été ce que l'Histoire a appelé un Fils de la Liberté. Un de ces indépendantistes qui ont lutté contre les Anglais et ont fondé les Etats-Unis. Une de ces exceptions dont je te parlais. C'était un homme de conviction, démocrate, juste, honnête, droit et courageux. Cette devise symbolisait ses valeurs et le combat qu'il a choisi de mener avec d'autres. Les troupes royales ont pendant longtemps eu l'avantage. Mais quoiqu'il en coûtait, il fallait continuer pour la cause du peuple. Elle signifiait le courage, surtout devant l'adversité. La faiblesse dont il parle, c'est la peur et le découragement. La défaite est la perte de nos convictions et de la liberté. L'adversaire est la répression et l'obscurantisme. C'était une belle devise. Malheureusement avec le temps, on a fini par ne plus voir que le sens littéral. On l'a dénaturé et on n'en a gardé que les cinq premiers mots. Et ce contre sens, notre grand-père l'a appris à Simon par la force comme on le lui avait appris, et notre père me l'a enseigné à peu près de la même façon, avec heureusement un certain nombre de dérouillées en moins et pour ça je l'en remercie, malgré ce qui vient d'arriver. La violence était moins physique. Et crois moi, ces méthodes d'éducation, on en ressort pas indemne. On acquiert des techniques de fuite et de dissimulation et c'est souvent malgré nous qu'elles s'appliquent. Et puis ta mère a fait ce que la mienne n'a pas eu l'occasion de réaliser, panser ses blessures et faire la paix avec ces démons-là. Et ton arrivée a été l'occasion pour lui de concrétiser ce combat. C'est pour ça que je parlais de chef-d’œuvre. Et c'est entre autres pour ça que je l'ai mauvaise d'ailleurs et que je t'envie. Il y a encore un sacré progrès à faire mais il en a gagné grâce à vous. L'homme que j'ai retrouvé est quand même bien différent de l'homme que j'ai "enterré. " conclut Dray avec un désabusement blasé plutôt dérangeant alors qu'il reprenait quelques gorgées de café. Il était vrai qu'entendre quelqu'un tenir de tels propos avec réserve, ça devait paraître étrange. L'Américain semblait avoir pris un recul énorme ces derniers mois, par rapport à tout ça... A moins que ce ne soit encore un de ses miroirs déformants... Un de ses tours de passe-passe pour cacher ses réels sentiments et amener son frère à revenir à de meilleurs...  

Ses réels sentiments... Un mélange de résignation amère et de désarroi parce qu'il ne fallait pas croire, Dray était pleinement conscient qu'il n'y avait rien à tirer de bon de tout ça. Qu'il devrait faire comme Vaughn et laisser tout ça derrière lui, mais la douleur était toujours là et elle l'empêchait de lâcher prise. Il ne pouvait pas. S'il abandonnait, son père avait définitivement gagné. Et ça il n'en était pas question. Il devait payer pour ce qu'il avait fait d'une manière ou d'une autre, rédemption tardive ou pas. La douleur le poussait à s'obstiner. C'était un paradoxe que la gifle avait accentué. Elle avait ravivé cette dernière comme elle avait étouffé un peu plus l'espoir qu'il avait de voir son père admettre sa valeur, ce qui donnait plus d'ampleur encore à la première. Son objectif finalement n'était même plus là, il fallait arrêter de se voiler la face. Tout ce qui comptait aujourd'hui, c'était simplement de gagner, de voir son père à genoux sur la place publique. Humilié et reconnu coupable aux yeux de tous. Et le coup qu'il avait reçu avait redonné un coup de fouet à sa colère et sa motivation. Et là se posait la question : comment en sortir ? Sauf que Dray ne se la posait absolument pas celle-là. Ça aussi c'était normal pour lui alors pourquoi se poser des questions sur ses contradictions ? En voilà un autre de paradoxe, il ne pardonnerait pas le geste de son père mais en même temps, il essayait d'en amoindrir les effets sur Dor'. Parce qu'il faisait passer son petit frère avant sa rancœur et que ce dernier avait beau dire, il n'avait rien à voir là-dedans, ça ne le regardait pas. Et chaque mot qu'il avait dit, il le pensait. Mais ça n'en faisait pas moins mal, comme le fait qu'il ait ignoré volontairement qu'il avait été lui aussi agressé. La colère expliquait, il reconnaissait ses propres torts mais c'était des excuses insuffisantes pour son pardon. Par contre, cela devait l'être pour son frère. Il le fallait parce que lui ne pouvait pas voir son équilibre familial ruiné à cause de leurs histoires. Il n'en était pas question ! … Cela contredisait ses intentions contre son père, explicitées plus tôt ? … Ouais ben, on n'en était pas encore là, hein ! Un paradoxe après l'autre, s'il vous plaît ! On verrait comment gérer celui-là le moment venu !


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Mer 31 Juil 2013 - 18:12

Le regard assuré de Dray rassura un peu Dorian quand il le questionna du regard. Cette discussion signifiait tellement de choses pour eux deux et l'Américain l'avait tant repoussée que l'adolescent craignait que la décision de son frère fut dûe à un coup de tête qu'il regrettait ensuite ou alors qu'il reculerait vite fait. Mais non. L'adulte semblait vraiment vouloir faire ça alors lui, suivit, loin de se douter des doutes de ce dernier. Et loin de se douter aussi de tout ce qui lui était passé par la tête quelques instants avant, tout ce qu'il s'était retenu de dire alors qu'il semblait si fatigué... Dray eut-il bien fait comme il le croyait ? Peut-être. Peut-être pas. On ne le saura jamais de toute façon et si on lui avait posé la question, Dor' n'aurait pas su lui-même comment il aurait réagi. C'était en effet énorme à avaler tout ça et l'adolescent, malgré ses airs de cador, fiers, il se sentait perdu. Il avait du mal à comprendre tout ce qui était impliqué et Dray avait raison dans son analyse. C'était tellement loin de son monde à lui, tranquille et régulier, et émotionnellement bien plus positif que l'univers de son aîné. Ça le dépassait complètement.

Autour de la table et devant les boissons, quand Dray en vint à se laisser tomber plutôt que s'asseoir en face de lui, il y eut entre les deux frères, un temps d'attente qui flotta dans l'air, celui de prendre ses marques par rapport à l'autre. Cela fut rapidement fait vu la manière que chacun eut de réagir à la découverte de l'aîné, quant à cette fameuse première discussion qu'ils avaient eue alors que ce dernier s'était mis dans un sale état. Le rire de Dorian s'éleva doucement quand Dray lui demanda le compte-rendu et lui signala qu'il avait eu intérêt à profiter du spectacle. Que l'amusement de son frère soit feint, ça, l'adolescent ne le vit pas. Lui profita juste du moment. L'amertume de Dray, Dor', le mit en effet sur le compte de sa fierté froissée par cette cuite, ni plus, ni moins. Donc pour lui c'était plutôt drôle de voir son aîné réagir ainsi.

"Oh c'est dommage, t'es trognon quand tu es saoul, tu sais." lanca-t-il même pour dire d'en remettre une petite couche, un sourire de filou scotché sur les lèvres.

Mais évidemment, ce moment ne dura pas, on s'en doute. On ne pouvait pas dire que les circonstances s'y prêtaient. Dorian non plus n'était pas habitué à se retrouver réellement dans le rôle du petit frère et encore moins face à Dray. Mais c'était de ces choses auxquelles on se fait très vite. Enfin, ça, c'était parce que Dor' avait toujours été avide de ça. Même pour se faire sermonner comme à l'instant. Il n'eut pas grand chose à répondre sur cette remise au point de son aîné. Il avait raison dans le fond, même si lui, ne parvenait pas à comprendre et encore moins à accepter le conflit qui séparait son frère de leur père et surtout le comportement de ce dernier à l'égard de Dray. Sauf qu'en effet, ce n'était pas une raison valable pour que lui ne respecte plus son père, vu qu'il avait beau dire, il n'était pas concerné directement. Le raisonnement était parfaitement logique, mais Dorian l'accepta de mauvaise grâce. Ses sentiments face à ce qu'il avait assisté, en particulier l'injustice, le poussaient à la colère et à la rancune. Aussi, s'il voulut bien accepter de ne plus insulter Simon comme il l'avait fait, l'Anglais n'était pas prêt de reculer sur le reste et ça, l'Américain dut le voir très vite, puisqu'il ne se gêna pas pour remettre les deux pieds dans le plat. Parce que répétons-le, oui, c'était tellement énorme à avaler qu'on frisait une saleté d'indigestion.

Mais alors que l'un et l'autre semblaient vouloir prendre un peu de distance en se cachant derrière leurs tasses, reculer pour mieux sauter, en quelque sorte, Dorian vit une autre des choses qu'il aurait dû louper, la douleur de son frère, du moins, ce fut ce qu'il supposa en voyant la tentative de dérobade de Dray, couplée à son silence là dessus depuis qu'il était sorti de son bureau pour les rejoindre. Ne pas s'inquiéter ?

"T'en as de bonnes, toi." remarqua l'adolescent avec une petite moue crispée et boudeuse sur ses traits. Et puis, il fit les connexions nécessaires, et sentit la colère remonter, d'autant plus que Dray ne répondit, cette fois, rien du tout. Un moindre mal qui sonna aussi clairement aux oreilles du Serdaigle que si son frère avait répondu que ce fut par la vérité ou un nouveau mensonge. Et sur ce point, il fut en effet de bon ton que son aîné comprenne enfin qu'il fallait arrêter de le prendre pour une bille. Le silence n'était pas mal comme solution alternative, oui. Parce que bon fallait pas trop provoquer l'hyppogriffe non plus...

Mais la suite calma bien vite son nouvel élan de révolte. Qu'y avait-il de surprenant à s'assurer que la blessure de votre frère n'était pas grave ? Apparemment beaucoup de choses... Le haussement de sourcils du New-yorker laissa Dorian interdit un instant. Et alors que finalement, son aîné lui répondit, le plus impersonnel possible, l'adolescent n'en revenait pas. Peut-être aussi pour ça que lui non plus ne réagit pas plus vite à leurs mains mêlées. Non mais Dray était grave quand même... Comment vouliez-vous qu'après, lui ne dise pas ce qu'il pensait de tout ça ? Et faisant partie de ses proches, qu'on le veuille ou non, Dor' aurait eu du mal à accepter l'autocritique de son frère en effet. Un enfant ne pouvait être responsable... Surtout s'il n'était pas aîmé. Mais comme Fox n'en dit rien, Ayling n'en sut rien et ne put défendre son frère contre lui-même.

Ils partagèrent donc le muffin. Le temps que Dray mit à se décider à répondre à son geste ne surprit pas l'adolescent. Sauf que ce n'était pas pour rien qu'il avait eu ce mouvement envers ce grand imbécile. La symbolique était peut-être ridicule, ou plutôt à l'image de son âge, mais elle était là quand même et satisfit très bien le plus jeune, lui,qui prit une bouchée de la gourmandise. Il sourit un peu plus à son aîné devant son regard sceptique comme s'il voulait le rassurer par ce biais. Le découragement de l'Américain transpirait dans sa manière de poser et de fixer l'innocente patisserie. Par son soupir, Dorian prit conscience que si Dray ne lui répondit rien, il n'en pensait pas moins mais abandonnait la partie. Enfin, si partie il y avait, ce qui, dans le fond, n'était même pas le cas. Le manque de réaction de l'aventurier finit d'ailleurs par inquiéter un peu l'adolescent. A le voir émietter le gâteau, il parlerait à un mur, il lui semblait que cela n'aurait pas fait grande différence. Il ne lui ferait pas changer d'opinion, c'était certain. Et Dor' confirmait que l'alcool le rendait beaucoup plus bavard. Même ses questions étaient silencieuses mais cela ne le dérangeait pas plus que ça pour le moment. Après tout, c'était lui qui avait la main, là. Et tous les deux le savaient très bien...

Et quand, enfin Dray retrouva sa langue, Dorian ne put qu'écouter ce flot de paroles avec toute l'attention qu'il méritait. Tout ce qu'il avait voulu savoir, lui était donné là.

"Peut-être parce que ceux qui t'entourent te connaissent mieux que toi." se permit de répondre Dorian à la première remarque ironique de son frère avec un petit sourire triste. Le Serdaigle avait fait le rapprochement avec cette discusssion qu'ils avaient eu dans la grande salle, en présence de Kaïn, mais dont l'Américain ne s'en souvenait pas. Le jeune adulte avait demandé confirmation à son ami de sa valeur. Cela avait marqué son cadet même s'il n'en avait rien dit sur le coup. Mais il ne l'avait pas oublié. Et le même malaise aujourd'hui était perceptible. Alors il n'avait pas pu résister à donner son propre point de vue. Sous ses airs de play-boy désinvolte et hâbleur, l'adulte n'avait en vérité qu'une bien maigre opinion de lui-même... Une autre supercherie en quelque sorte dans lequel l'adolescent était tombé... Dorian fixa finalement son frère faire tourner sa tasse et à son tour suivit quelques secondes le mouvement du café alors que Dray continuait sur sa lancée. Et à part le début, ce compliment direct, "l'exception" qui fit légèrement rougir l'adolescent, ce n'était pas franchement plus positif... Le jeune garçon déglutit parce qu'il se rendait compte que pendant que lui vivait son enfance heureuse et entourée d'amour, celui qu'il avait rapidement catalogué à cause de la presse et de ce qu'il entendait dire de son père quand lui devait normalement dormir, (et encore que pas toujours...) se débattait pour ne pas couler à pic. Et alors que lui savait la vérité et l'existence de cet autre depuis toujours, les mots de ce frère lui rapellèrent que lui avait vécu dans le mensonge jusqu'à encore récemment. Dor' se sentit coupable en entendant donc ce deuxième sarcasme entouré d'une honnêté qu'il sentait douloureuse pour Dray. Egoïste, comme toute personne heureuse, il ne s'était jamais mis à la place de son aîné. Mais avec cette remarque acide, il fut bien obligé de le faire, mis brutalement le nez dedans... Comment lui aurait-réagi dans les mêmes circonstances ? … Il saisissait mieux la colère et le rejet de l'adulte. Lui non plus n'aurait pas apprécié de se rendre compte qu'on lui avait menti pendant des années et encore moins avec cette différence de traitement entre eux. Il ne le comprenait qu'en cet instant.

"Je suis désolé." murmura-t-il alors qu'à son tour, il se perdait dans la contemplation de son chocolat.

"Je ne me suis jamais demandé comment toi, tu avais vécu tout ça... Découvrir qu'on a un frère de quatorze ans quand on en a vingt-six... Et en plus que je sois à ce point le préféré..."

Au début, je te détestais... C'était ce qu'avait dit Dray dans la Grande Salle. Maintenant Dorian saisissait pleinement pourquoi. Le sentiment d'injustice devait étre cuisant pour le jeune homme d'affaires. Déjà que lui le ressentait alors qu'il n'était qu'un second rôle dans l'histoire... Il y avait de quoi lui en vouloir quelque part, même s'il n'y était pour rien. Pourtant Dray était revenu à de meilleurs sentiments. Se remettre en question n'avait pas du être évident. D'ailleurs ce fut plus ou moins en subtance ce que l'adulte sembla vouloir signifier au plus jeune dans ses mots suivants. L'adolescent médita ces derniers. Ça, il voulait bien le croire quand il disait que cela le faisait chier. Cela voulait bien dire ce que ça voulait dire. C'était comme sa remarque dans le bureau. "Les deux autres". Le choc avait dû être rude parce que le ressentiment était encore bien audible malgré tout. D'ailleurs, comment Dray avait découvert la vérité ? Dor' jusqu'à maintenant, ne s'était jamais posé la question. Cela avait été tellement naturel pour lui qui était du bon côté de la barrière, qui savait déjà tout ce qu'il y avait à savoir sur tout ça, du moins, il l'avait naïvement cru.

"Je peux te demander comment tu as su pour maman et moi ?"

Dorian était sans doute trop curieux là mais la question méritait d'être posée, non ? Enfin au delà de ça, il fallait aussi qu'il se consacre au reste, cette question de repentance.

"Et j'aime beaucoup le relativement." remarqua donc le Serdaigle, mi figue, mi raisin. Fallait dire que là, avec cette affaire d'accords avec les mauvaises personnes, on était quand même loin de la définition de "se tenr à carreaux". Et Dorian avait aussi bien vu que la plaisanterie n'en était pas une. Ne rien dire à sa mère... Les regards des deux frères se croisèrent.

"Tu sais que tu m'en demandes beaucoup là ?" dit-il finalement très sérieusement, lui.

"Je veux bien comprendre que la situation est tellement pourrie que tu as besoin de garder ta seule arme de persuasion. Mais maman a le droit de savoir ce qui se passe quand même ! Déjà et surtout, parce que c'est quand même pas de la pisse de kneazle et ensuite, parce que si elle découvre un jour qu'elle a été la seule à ne pas être au courant, je te garantis qu'on va tous les trois le sentir passer." répondit-il en plissant le nez. C'était que Maman Ayling avait un caractère bien trempé, ce n'était pas un secret. Et Dor' connaissait bien sa mère... Et d'après ce que qu'il savait, Dray avait déjà eu affaire à la détermination volcanique de la galeriste. Bref, lui mentir, ça craignait ! Et puis, il n'y avait pas que ça en plus... La grimace de l'enfant s'accuentua.

"Et puis, ce que papa a fait est grave. Tu parles d'une repentance..."

La réponse de son frère laissa Dorian encore plus songeur. D'abord parce que Dray disait encore une fois clairement qu'il n'avait rien d'un saint, prenant même Kaïn à parti. Et ensuite, ce qu'il savait de Stuart ne tenait pas à grand chose, parce qu'à l'époque, il n'avait que neuf ans. Les journeaux et les bulletins d'informations ne l'intéressaient pas à l'époque. Ensuite quand il voulut en savoir plus sur ce frère inconnu, il laissa de côté cet aspect là, autant parce que ses parents le lui conseillèrent, le jugeant encore trop jeune sans doute pour affronter ces faits que parce que les archives étaient difficiles à se procurer (et que de toute façon, la censure officielle était passée par là) pour un gamin de son âge et qu'il avait autre chose à faire de ses journées. Aussi, il ne comprit pas bien la référence. La guerre était encore assez abstraite pour lui. Il demanda timidement.

"Dis... C'est quoi exactement Stuart ?"

Enfin, même s'il ne savait pas trop de quoi il retournait sur cette question, Dor' comprit quand même le sens du message que Dray voulait lui faire passer. D'autant qu'il enfonça le clou dans sa tirade suivante. En gros, changer demandait beaucoup d'efforts et on n'était pas à l'abri de tomber dans ses anciens travers. Ça, il pouvait l'admettre. Essayer de changer pour les personnes qu'on aimait était déjà un gros effort qu'il fallait souligner. La réussite n'était pas une évidence mais ce n'était pas pour ça qu'on devait nier le chemin accompli en ce sens. Et surtout, Dray lui brossa un portrait de leur père et de leur famille auquel il ne s'était pas attendu. Il savait la colère de de son frère, sa peine et son envie, son besoin même de revanche, alors comment pouvait-il se montrer juste et honnête dans de telles circonstances ? Parce que dire qu'il avait fait pire que leur père (difficile à croire !) et encore une fois, vouloir prendre une responsabilité qui, aux yeux de l'adolescent, n'était pas la sienne, il fallait quand même le faire. D'autres n'auraient pas hésité à enfoncer un peu plus Simon plutôt que tenter de comprendre et exposer la psychologie du personnage. Et même si Dorian supposait que c'était surtout pour le protéger lui, il devait bien admettre que les explications de son aîné offraient un nouvel éclairage à ce dont il avait été témoin. Cela n'excusait pas mais cela expliquait. Personne n'était à l'abri d'un dérapage, surtout quand le terrain est propice et glissant. La démonstration solide de Dray, illustrant le passé douloureux de leur père, laissa sans mots l'adolescent et du coup, quand il lui demanda s'il connaissait la devise des Fox, ce fut silencieusement et discrètement que l'adolescent, troublé, hocha négativement la tête. Et pour un observateur extérieur, il était évident que le plus jeune buvait littéralement les paroles du plus âgé. L'histoire de leur ancêtre, cette devise déformée et les conséquences deux siècles plus tard sur les derniers de la lignée captivaient Dorian qui, mine de rien, voyait les pièces du puzzle continuer à s'emboîter. Ce qui, une minute avant, lui semblait difficilement concevable, paraissait simple et légitime quand l'Américain parlait. Mais en effet, le ton désabusé de son frère le gênait, et sa dernière phrase encore plus, même s'il y avait compliment, parce qu'elle illustrait une nouvelle donnée que l'ado avait un peu occultée comme comment son frère avait pris la révélation de son existence. Dorian ne l'avait appris que par les journaux, et quand il avait voulu avoir des précisions, Piper et Simon lui avaient bien fait comprendre que le sujet était tabou, que ça ne le regardait pas. Mais la vérité était quand même que leur père s'était fait passer pour mort pour vivre avec eux une paire d'années à leur plus grand plaisir, pour ensuite sortir de l'ombre et éjecter Dray du siège de PDG de la Fox. C'était tout ça que signifiaient ces derniers mots et même s'il l'avait plus ou moins vécu directement, Dorian se rendit compte de toute la portée de cette partie de l'histoire seulement à ce moment-là. Ça aussi, fallait l'avaler et jusqu'à maintenant Ayling ne s'était pas posé de questions plus que ça. Naïvement, il avait pensé que Dray avait été dans la confidence, ou quelque chose comme ça. Ouais... mais non, bien sûr. Il voulait bien admettre que ça faisait quand même beaucoup... 1 + 1 + 1... Dorian mettait enfin en relation les épisodes de l'histoire du point de vue de son frère. Un nouvel élan de culpabilité se fit sentir dans le cœur de l'adolescent. Il avait peut-être été un peu hatif dans ses conclusions... Il but une gorgée de chocolat pour retrouver un peu de contenaance et de chaleur.

"Maintenant je comprends pourquoi tu es aussi en colère, même si j'y suis pour rien... " déclara finalement Dorian avec une petite moue navrée, alors qu'il reposait sa tasse.

"Tu avais toutes les raisons de me haïr en fait... Quand papa est venu chez nous, j'ai juste vu que je l'avais enfin pour moi tout seul. Avant j'avais le sentiment qu'il n'y en avait que pour toi en fait, que t'en profitais plus que moi. Alors je t'ai longtemps jalousé, moi aussi et avec ce que je lisais et entendais sur toi, je trouvais que t'étais ingrat et prétentieux... Mais c'était faux en fait. C'est plutôt moi qui t'ai volé papa et, aujourd'hui, je me rends compte qu'il ne t'a vraiment pas épargné. Je comprends ce que tu veux me dire, hein, qu'il revient de loin, qu'on l'a sauvé en quelque sorte, et tout ça, c'est ok, mais même si c'est un homme meilleur, il a fait ce qu'il a fait et la violence, on ne peut pas l'effacer. Quand je t'entends, j'ai l'impression qu'on ne vit en fait pas dans le même monde. Deux mondes parallèles avec deux Simon différents... C'est comme notre famille. Apparemment, c'était vraiment pas génial. Je comprends mieux l'inquiétude de maman... C'est à ce point glauque, hein ? Mais... puisque l'histoire a bien commencé, c'est à nous de faire qu'elle finisse bien, tu ne crois pas ? Redonner le sens véritable de notre devise. Le premier et les derniers, ce ne serait pas mal."

Ensemble quoi... Ce qui changeait ouvertement le point de vue qu'ils avaient l'un et l'autre jusque là. Et puis après un sourire confiant, pour appuyer son propos optimiste, Dorian se mit à touiller le reste de son chocolat, visiblement ennuyé.

"Je ne sais pas trop ce qu'il faut faire... Il va bien falloir remonter. Sauf que papa m'a vraiment déçu ! T'as beau essayer de me faire comprendre qu'il n'a pas tous les torts, qu'il a minimisé le danger d'un côté et a perdu le contrôle de l'autre... des erreurs... mais ce que j'ai vu... passer l'éponge comme ça, c'est pas juste ! Surtout pas pour toi."

Finalement, après quelques instants de réflexion silencieuse, seulement perturbée par le bruit de la cuillère sur la porcelaine, les yeux sur le mouvement de l'ustencile, l'adolescent redressa la tête et dit doctement, avec une petite pointe de pragmatisme.

"Mais tu vas me dire que tout le monde doit mettre de l'eau dans son vin, dans cette affaire, je me trompe ?"

Un soupir et l'adolescent se mit à regarder derrière la baie vitrée de la cafétaria le passage des cols blancs sur le trottoir. Cela ne le concernait pas directement. Son père l'aimait... Se répéter ces mots comme un mantra pour faire cet effort et sauver l'entente familiale. Parce que sa mère ne comprendrait pas. Et si elle apprenait la vérité, ça risquait de foutre un sacré way dans le couple de ses parents, ça... Mauvais plan quoi... Et puis, il y avait la promesse de son frère à sa mère. Il n'avait pas envie de lui attirer des ennuis, Dray en avait assez comme ça, sérieux... Sa décision finalement était facile à prendre...

"Qu'est-ce que tu comptes faire là-haut, toi ?"

La question avait fusé entre eux finalement, directe comme à son habitude, alors que Dor' reposait son regard sur son frère. Parce qu'il avait appris à se méfier des illusions de l'adulte, ces derniers mois et surtout depuis la cuite. Et implicitement, il extrapolait. D'ailleurs, sa remarque suivante allait dans ce sens.

"Dray, je sais ce que t'as prévu pour papa. Tu me l'as dit quand tu t'es saoulé. La justice, et tout ça. Et je ne ferai rien pour t'en dissuader même si je ne suis pas d'accord. Plus aujourd'hui. Je comprends ce qui te motive maintenant. Mais personne n'en sortira gagnant, tu sais ? Et puis, sans aller jusque là, comment on va se tirer de tout ça ?! Papa nous a bien mis dans la galère !"

Déjà Dorian voyait vers le futur. Grande différence sans doute avec son aîné qui ressassait sans doute beaucoup trop. Mais surtout, il était inquiet. Il en avait un peu trop appris là et il ne voyait pas du tout la solution à tout ça. Ni à cette histoire de mangemorts, ni à tout ce qui divisait son frère et son père, ni même à sa future relation avec Dray. Parce que ce truc de faire plonger Simon, c'était un peu comme le comportement de cet après-midi, de l'homme d'affaires, Dor' le comprenait mais n'était pas sûr de pouvoir l'accepter quand le moment viendrait.

[P.t... que j'ai eu du mal ! Une semaine que je suis dessus! *râle* j'ai encore eu une bonne idée tiens avec ce rp... XD Enfin, en même temps, écrire ici... ¬_¬ *dira pas qu'évidemment, il n'est pas content de ce qu'il a pondu...*]
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Dray Fox
Exilé(e) politique

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Age : 33

Où à Poudlard ? : Je vous en pose des questions ?

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Compétence: Niveau 8
Particularité: PDG de la Fox
Baguette: 33 cm, bois de prunellier (manche), bois de Lierre (corps), dard de Billywig et poil de Nundu (Une baguette de barj à l’image de son propriétaire... XD)

MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Sam 17 Aoû 2013 - 14:00

Dray, en s'asseyant, desserra sa cravate. Merlin qu'il détestait en porter une ! … C'était quand même bizarre, la vie. Ou au moins la sienne en tout cas. Si on avait dit à Fox, deux ans auparavant, qu'il plaisanterait un jour avec son petit frère (son vrai petit frère !) devant un café... Il aurait pris la personne pour un sérieux déséquilibré et l'aurait remis à sa place, en lui exposant sa façon de penser, qui n'aurait rien eu de cordiale... Sauf que voilà, la vérité était là en face de lui et lui souriait de toutes ses dents... Mieux que ça ! Il se marrait carrément ! Le sourire factice de Dray se fana. Il le regarda simplement faire, rêveur, sa tête reposant à présent dans sa main gauche, le coude sur la table, partagé entre une tendresse qu'il n'arrivait plus (et qu'il ne voulait plus de toute façon) à étouffer et la mélancolie, toujours plus présente le temps s'égrainant, épisode après épisode, vers l'épilogue... Il se demandait en particulier comment aurait été sa vie s'ils avaient grandi ensemble. Sans doute que les choses auraient été différentes... Ou pas. Peut-être qu'elles auraient été pires finalement... Parce qu'il aurait vécu de plein fouet adolescent, la préférence de Simon (pourquoi ce dernier aurait changé sa façon de faire après tout ?). Déjà qu'à l'âge adulte, ça avait fait des dégâts... Tout ça, c'était juste un énorme gâchis.

"Tu sauras, petit frère, que je suis tout le temps trognon." finit-il toutefois par dire, avec neutralité en sortant de sa réflexion, alors qu'il se redressait et reposait doucement sa main sur la table. Quoi qui lui soit venu à l'esprit, il semblait que c'était passé. Mais son sourire avait défintivement disparu dans la manœuvre. Ne restait que l'appelation affectueuse. Mais en effet, ce n'était pas le moment de plaisanter. Il était temps de parler sérieusement.

Pourtant quand Dorian exprima son inquiétude avec cette légère crispation, Dray éclata de rire, sur sa banquette. Cela avait été plus fort que lui et pour cause !

"C'est marrant, quand je lui ai dit de ne pas s'inquiéter à lui aussi, Evan, mon collaborateur, m'a répondu la même chose, mot pour mot, tout à l'heure."

Bordel, c'était débile et plus nerveux qu'autre chose, sans doute, mais ça faisait du bien ! Et pendant un instant, devant la tête de Dorian de le voir réagir ainsi, il lui semblait partager quelque chose avec lui, même si c'était absurde. Le rire de l'aventurier finit toutefois par se calmer après une petite minute de détente.

Quelque chose... Pouvaient-ils seulement construire quelque chose ? Au moins pouvaient-ils essayer... C'était en tout cas ce qu'il semblait vouloir se dessiner, malgré l'incompréhension et la colère du cadet et les dissimulations et les manipulations de l'aîné. Évidemment que Dorian s'inquiétait. C'était dans l'ordre des choses, sans doute. Personne ne trouverait rien à redire à cela. Pourtant, cela n'avait rien de naturel pour Dray. Pas à la manière dont la vérité avait été révélée, ni avec ce qui s'était passé par la suite. Oh, il était responsable, l'Américain ne le niait pas. Ses plans le demandaient. Mais c'était un aspect sur lequel il avait échoué. Assis à cette table, il s'en rendait douloureusement compte alors que son frère montrait toute l'étendue de son émotion, face à la révélation de sa blessure. Il ne put s'empêcher d'afficher sa surprise. Erreur de plus. Les liens du sang étaient donc à ce point entremêlés et irrécusables, malgré le bon vouloir et les efforts pour les nier ? Ou était-ce juste parce que c'était eux, inscrits dans leurs caractères ? Désireux de ce lien, surtout. Dray pouvait difficilement le contester. Ce n'était pas pour rien que son amitié était aussi forte avec Sei ou Tetsu. Ses deux petits frères de cœur. Ren, sa sœur. Sergeï, son aîné. Avide d'une famille, il en avait choisi les membres, un par un. Et voilà qu'il découvrait l'existence d'un petit frère naturel. Celui qu'il avait toujours souhaité étant gamin, désir qu'il avait assouvi à travers ses amis. Comment ses plans auraient-ils pu tenir dans ces conditions ? Il avait été stupide, naïf même !, de croire qu'il réussirait sur cette voie. Les choses n'auraient pas pu être simples. Voilà aussi à quoi le jeune homme pensait alors qu'il émiettait le muffin. Et ce n'était pas faute d'avoir été averti en plus. Ces mêmes amis, des Japonais aux Anglais, tous, avaient vu ce sur quoi il avait obstinément fermé les yeux, et ils avaient essayé de les lui ouvrir. Mais comme d'habitude, il s'était entêté. Quelque part, c'était une bonne chose, la promesse que lui soutira Piper. Il aurait fait beaucoup de mal à celui qui lui faisait face, si on l'avait laissé faire. Il avait été tellement en colère qu'il ne se serait pas gêné et cela aurait été une de ses pires erreurs... Mais de l'eau avait coulé sous les ponts comme disait le proverbe, et lui s'était heurté à l'obstination de Dorian. C'était un trait de famille. Enfin, donc oui, l'adolescent avait gagné la partie car elle existait bel et bien, et pas par forfait. Fox s'était fait avoir par ses sentiments. Malgré sa colère, sa rancune, et ses motivations de protéger par la suite l'adolescent, difficile de renier encore ce qu'il ressentait. Sinon pourquoi faire tant d'efforts pour rattraper la situation, étant obligé en plus, par la force des choses, de se dévoiler plus qu'il ne se le permettait habituellement ?

A ce propos, la remarque de son frère laissa l'Américain contrarié. Il pinça les lèvres et se rongeant l'ongle du pouce en jetant un coup d’œil entendu et froid à Dorian. Visiblement, il n'appréciait pas ce qu'il prit pour une critique. Mais finalement, dans un léger soupir il baissa la tête et fixa finalement la table. Touché... Et pourtant...

"Tu n'es pas le premier à me le dire. Mais je persiste et signe. Ceux-là sont comme toi. Ils ne voient que la partie émergée. Mais tu as dû le comprendre maintenant. Rien de ce que je montre n'est tout à fait vrai. Ce n'est pas parce qu'un fruit a l'air intact qu'il n'est pas pourri à l'intérieur."

Lui, savait bien de quoi il était capable. Ceux qui l'entouraient n'avaient de lui que l'image qu'il voulait bien montrer. Et pour exprimer un peu plus cette idée, il expliqua pour une fois sans détour comment il se voyait. Quelqu'un qui pourrait bien rechuter s'il ne restait pas vigilant ou si on ne lui imposait pas parfois de solides barrières. Sergeï, Seiki, Kaïn, Piper... Ils avaient été quelques uns à avoir su l'arrêter quand il le fallait. Mais parfois, il n'y avait eu personne. Soyons honnête, ce n'était pas pour rien que comme l'avait dit Simon, David et lui dans l'ombre (Fox se doutait plus ou moins de cette vérité, malgré son apparent refus d'accepter cette donnée), l'avaient repêché derrière les barreaux, qu'il avait fréquenté de très près un dealer et était l'ami d'une escroc de talent...

Mais ce que Dray n'avait pas envisagé un instant, après avoir tant parlé, ce fut bien que Dorian s'excuse. Le jeune homme tiqua nettement. Oula, attendez deux secondes, il avait raté un épisode là ! Son regard fut ouvertement interloqué et il interrogea son cadet silencieusement mais avec insistance alors que l'adolescent trouvait son chocolat très intéressant. Il n'arrivait pas à comprendre comment Dor' était passé de ce qu'il venait de lui expliquer à son besoin de lui faire des excuses.

"Pourquoi ?" demanda-t-il même finalement. Mais il n'eut pas longtemps à attendre pour comprendre et faire la relation. Fox soupira.

"Tu n'as pas à t'excuser. Tu n'as rien à te reprocher."

Non, évidemment, tout ça, c'était la faute de Simon. Encore.

"Ce serait plutôt à moi de le faire."

Dray regarda un instant vers l'extérieur, cherchant la meilleure façon d'exprimer son idée, sans savoir que ce qu'il allait dire, il l'avait déjà confié à son cadet, sous les effets de l'alcool.

"J'étais... furieux et écoeuré. Le choc n'était pas très différent d'aujourd'hui." avoua finalement l'Américain en se passant inconsciemment la main sur sa pommette meurtrie. "Je voulais franchement te le faire payer au départ, j'ai reporté sur toi la responsabilité de l'injustice. Pourquoi toi et pas moi ? Qu'est-ce que tu pouvais bien avoir de plus que moi pour que Simon t'aime ? Et puis ta mère m'a fait jurer en faisant pression sur moi par le biais d'un ami... La méthode est discutable mais elle a bien fait, ça a calmé mes envies de revanche sur toi. Et puisque j'étais pieds et poings liés, à défaut, je ne voulais rien avoir à faire avec toi. J'ai même affirmé haut et fort à qui voulait l'entendre que tu n'étais rien pour moi. Sauf qu'au fil des mois, j'ai bien dû remettre mes sentiments en question. C'est à notre père que j'en veux. Mais toi tu n'es pas responsable. Tu as juste eu plus de chance que moi. Ton obstination à vouloir te rapprocher de moi, malgré tout ce que j'ai pu te claquer, a fait le reste. Je me suis surpris à t'aimer, malgré la blessure."

Et puis Dorian lui demanda comment il avait su. Ça, c'était en effet, une excellente question à poser, dans sa position. Ce n'était pas être trop curieux, c'était être éveillé. Et s'il voulait lui dire la vérité, Dray était bien obligé de lui parler des fédéraux. Option compliquée d'autant plus qu'il ignorait avoir déjà avoué ses intentions et le rôle qu'il avait auprès d'eux. Après quelques secondes de réflexion, le New-yorkais se décida pourtant. La vérité, toujours la vérité... Autant que possible en tout cas. Il sortit une photo de son porte-feuille. LA photo. Dorian et Piper souriant dans un parc de Cambrige.

"Tu peux. Simon est sous le coup d'une enquête fédérale. Les flics ont cherché et vous ont trouvés." dit-il en la posant sur la table. Tout avait commencé par ce cliché...

"Et parce que j'ai insisté pour avoir voix au chapitre, ils m'ont mis au courant, en mars 2011. Et paradoxalement, malgré tout ce que j'ai pu ressentir contre toi et ta mère, cette photo ne m'a pas quitté depuis qu'ils me l'ont montré." remarqua le jeune homme avec un sourire doux amer.

"De là, j'ai demandé à un détective d'enquêter sur vous. Je voulais tout savoir. J'ai su deux mois plus tard. Autant que tu étais le fils prodige que le mariage et la décision de ta mère de t'envoyer à Poudlard pour couronner le tout. "

Il conclut avec cynisme.

"Mauvaise journée, quoi."

Et puis Dray laissa finalement son frère laisser exprimer ce qu'il ressentait par rapport à tout le reste et en particulier comment cela affecterait ses parents. C'était évident que ce serait ce qui importait le plus l'adolescent. C'était ça avoir une famille, sans doute. Lui mettait ses amis en avant pour cette raison. Dorian, c'était ses parents. Logique. Il comprenait les difficultés exprimées de son cadet. On parlait de son père.

"Je sais..." répondit-il simplement dans un soupir ennuyé quand, après lui avoir faire remarquer que son choix de mots était un peu "léger" pour parler de ce qu'avait fait Simon, Dor' lui signala que c'était quand même abusé de lui demander de garder le silence. Il lui demandait rien de moins que de mentir à sa mère. Pas fair play...

"Ça je veux bien le parier ! Vu sa réaction de tout à l'heure déjà... Le regard de tueur de ta mère est effrayant !"

Et c'était à peine si l'Américain exagérait. Non, il était même plutôt bien sérieux en fait. Et puis, en effet, il l'avait affrontée en direct, en plus ! Il était bien placé pour partager l'avis de son frère. Redoutable ! Bien pour ça que Simon avait autant les jetons. Mais lui, il se fichait bien d'essuyer la tornade Piper. Et Dray insista donc. Il ne pouvait pas abandonner comme ça, juste pour faire plaisir à Dorian.

"Mais j'ai vraiment besoin de cet atout."

Par contre Fox ne répondit rien de plus qu'un sourire attristé et compatissant quand Ayling rejugea les actes de leur père dans un sarcasme. Oui c'était grave. Mais il persistait. Son père s'était en bonne partie repenti. Les trafics, les fraudes, les chantages, les corruptions... Tout ça avait cessé avec eux. Romejo et d'autres le lui avaient confirmé. C'était du passé jusqu'à cette histoire.

"Tu as raison mais... il a vraiment changé. Pas complètement, ok, il se montre toujours aussi virulent et insensible dans sa manière de voir le monde et les affaires, je ne peux pas dire le contraire, ça m'horripile ! Mais, tu sais comment je vois les choses ? Simon a... simplement rechuté, comme je le ferais si je retouche à une seringue d'héro... A chacun sa drogue. Le sevrage est difficile et pas sans accroc quelle que soit la dépendance."

La conversation se poursuivit là dessus et Dray continua à argumenter dans le sens de Simon. Il ne s'attendit pas à la question suivante de Dorian. Il eut un temps d'arrêt. Juste le temps de se remettre du choc. Dor' n'avait tout juste que quinze ans. Et Stuart était déjà tellement loin. Sauf que le New-yorker ne s'en rendit compte que maintenant. Le temps passait vite. Cela faisait sept ans qu'il trainait ce boulet. Pour lui, c'était hier ou presque. A cette époque, son frère avait seulement huit ans, même pas neuf !, il n'était qu'un bout de chou, il ne pensait sans doute qu'à jouer, lire et dessiner, pendant que lui en avait vingt et un et qu'il devait se faire à l'idée d'être en partie responsable de dizaines de morts. Ils avaient trop d'années d'écart... Évidemment que le gamin ignorait ce qu'était Stuart ! Heureusement ! Et ça, par contre, il n'avait pas envie du tout d'en parler ! Fox se passa les doigts sur le front, mal à l'aise, dans un soupir lourd et un pincement de lèvres contrarié, son pied battant furieusement la mesure sous la table. Vérité...

"Stuart, c'est.... ma pire erreur de jugement. Simon a raison sur un autre point. Je suis parfois trop utopiste. Et borné. J'ai pensé que réunir une entreprise sorcière avec une moldue sur ce sol était une bonne idée. Une fusion pour ouvrir les esprits et les deux mondes. J'ai refusé d'écouter les rapports de mise en garde et les conseils de prudence. Si aux States, on est un peu plus avancé sur la question, si on favorise le mode de vie moldu, on n'était pas prêt ici, à un tel rapprochement. Les anti-moldus étaient violents parait-il. Pffff, connerie ! De simples hooligans. Avec une bonne sécurité, pas de quoi en faire un drame ! Je me suis obstiné, j'ai répondu que la peur n'était pas la réponse, que l'union et la cohabitation était tout à fait possible, au mépris même de la loi du secret, et qu'il n'était pas question qu'on recule. J'ai pêché par orgueil, Voldemort et ses sbires ont fait parler leur vérité. Drame il y a eu. Les signatures et l'inauguration au château de Stuart ont tourné au bain de sang. J'ai minimisé aveuglément le danger, et l'ignorance n'est pas une excuse pour le meurtre. J'ai participé à ces morts. La justice de mon pays m'a jugé, sous la pression de la confédération internationale et du conseil d'administration de la compagnie. Je me suis retrouvé enfermé pendant deux ans à Poudlard. Et avec le recul, ce n'est pas cher payé. Je méritais Alcatraz ou Askaban. "

Fox but une gorgée de café pour faire passer la pilule de cet aveu. Difficile de revenir sur une telle faillite face à Ayling. Mais cela devait l'éclairer sur ce qu'il essayait de lui expliquer.

"Tu vois quand je te dis que je n'ai pas fait mieux que Simon..." conclut-il d'ailleurs avec une certaine constatation sinistre en reposant sa tasse et continuer une nouvelle fois ces explications en embrayant sur l'histoire de leur famille.

Et enfin Dorian comprit tous les tenants et aboutissants. Il ne tenait qu'à lui de passer l'éponge à présent parce que là, Dray était vraiment à court d'arguments. Mais l'Américain fut surpris de voir son cadet lui répondre en lui expliquant comment lui avait vécu sa propre existence. A son tour, ce fut Fox qui se rendit compte qu'il n'avait pas non plus cherché à savoir ce qui avait bien pu trotter dans la tête de l'adolescent à l'idée d'avoir un frère inconnu. Un partout. Il était tellement persuadé que Dor' était heureux et aimé qu'il n'avait jamais pensé qu'il aurait pu être un problème. Et quelque part, que Dorian lui donne raison quant à ses sentiments négatifs sur toute cette histoire lui enleva un poids important. Parce que quelqu'un autre que ses amis, quelqu'un qui était directement concerné par tout ça, sa famille réelle, légitimait sa souffrance. Et ça c'était une première. Dray déglutit et regarda à nouveau dehors pour écouter ce qu'à son tour, Dor' avait à dire. Il retint de justesse un ricanement désabusé et ferma les yeux en serrant le poing quand l'adolescent expliquait qu'il pensait qu'il profitait de Simon plus que lui et le portrait qu'il avait de lui. La bonne blague ! Enfin en même temps, il n'était qu'un gosse. C'était normal. Il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Mais il y eut la phrase finale de Dorian. Cette proposition de finir l'histoire comme elle avait commencé. Cela toucha l'Américain bien plus qu'il ne voulait l'avouer. Mais c'était un espoir dont il ne voulait pas parce que c'était impossible que cela finisse bien avec ce qui les attendait.

"Pas mal mais trop tard. Tu as raison quand tu parles de deux mondes différents. Et il vaut mieux que tu restes dans le tien. Tu n'as rien à gagner et tout à perdre dans le mien. Il n'y a plus rien à sauver ou à reconstruire. C'est pour ça que ta mère a fait barrage. Et je l'approuve. C'est en effet glauque comme tu dis et tu ne ferais que t'accrocher des boulets aux pieds. Ça te tirera vers le bas. Tu vas me dire que c'est une partie de toi, je sais. Mais crois-moi, oublie tout ça et vis ta vie, petit frère. Reste un Ayling, deviens celui que tu veux devenir et ne regarde pas en arrière."

Dray se força finalement à rouvrir la main mais sa voix, à l'inverse, fut plus serrée qu'il ne l'aurait souhaité.

"Et que ce soit clair... Tu sais, en quinze ans et malgré vos séparations successives, tu as passé plus de temps avec Simon et partagé avec lui bien plus que moi. Quand il était à la maison, on pétait juste la vaisselle parce qu'il n'était pas d'humeur et il l'était rarement ou parce qu'il jugeait à tort ou à raison... souvent à raison... que j'avais encore fait une connerie. Et quand il n'avait rien à me reprocher, c'était comme si je n'existais pas. Au choix... On vivait au même endroit mais on pouvait passer des jours sans se voir ou pire se décocher un mot. Et quand on le faisait, ça n'avait rien d'affectueux. Lui ou moi, parce qu'avec l'adolescence, j'ai fini par arrêter de me taire et de le respecter. Il n'y a jamais eu d'amour. Tu ne m'as pas volé Simon parce que je ne l'ai jamais eu. "

Le silence qui suivit fut, vous vous en doutez, particulièrement pesant. Et puis, après avoir bu une nouvelle gorgée de café, parce que la chaleur était bénéfique contre les étaux qui vous comprimaient la gorge, Dray reprit plus neutre après que Dorian ait fait part de ses inquiétudes sur l'avenir.

"En effet, c'est ce que je comptais te dire. Et aussi, que tu te fais bien trop de soucis pour moi. Je suis vraiment touché que tu veuilles me défendre mais ce n'est pas comme si c'était nouveau et que je n'avais pas l'habitude. Ce n'est pas injuste, Dorian, c'est comme ça, c'est tout. Ta colère ne changera rien. Elle ne fera même qu'aggraver les choses alors laisse tomber. "

Oui parce qu'il y avait une chose que Dray ne perdait pas de vue, lui. C'était que si Dor' ne revenait pas à de meilleurs sentiments, tout ça allait lui retomber sur le coin de la gueule. Que ce soit Simon ou Piper, il était persuadé que ni l'un ni l'autre ne se gênerait pour lui reprocher et lui faire payer ce fiasco. Paranoïaque ? Pas si sûr ! La question suivante de son petit frère embêta un peu l'Américain par contre. Ce qu'il comptait faire...

"Bonne question. Je vais faire d'abord comme s'il ne s'était rien passé, ce qui sous-entend une nouvelle séance maquillage, parce que je vais avoir du mal à expliquer comment je me suis fait ça entre les aurors et notre retour." dit-il en premier lieu en pointant de l'index sa pommette qui, sans qu'il puisse le voir mais qu'il sentait, avait certes, cessé de saigner, mais avait pris une très belle couleur noir-violet pendant qu'ils discutaient. D'ailleurs, vu le regard très surpris de certains de ses employés les plus observateurs, il semblait que, déjà, les questions allaient bon train.

"Ensuite, à moyen terme, je vais faire ce que j'aurais dû faire depuis le début : aider Simon à vous sortir de là."

A noter comment Dray s'était naturellement exclu de l'équation, alors qu'il était aussi concerné que les trois autres. Rien n'était réglé sur la définition de la famille...

"Après..."

Le jeune homme laissa traîner le silence, ne sachant, là dessus, pas quoi dire. Son frère répondit pour lui et à nouveau, le prit par surprise. Et cela ne le rassura pas du tout. Alors il savait ça aussi ! Ça c'était très mauvais. Même si Dorian semblait vouloir lui donner raison.

"Écoute, pour "la galère", ne t'inquiète pas. A deux, on va bien trouver un moyen de régler tout ça, Simon et moi. Toi, contente-toi juste de bien obéir à Kaïn et ta mère et tout ira bien. Ils ne nous auront pas par surprise deux fois. "

Il refusa délibérément de répondre au reste. Il n'y avait rien à dire de toute façon. Ou l'art de faire l'autruche... Si Dorian n'était pas sûr d'accepter ce qui allait se passer, et ça Dray le comprenait aisément et ne se faisait aucune illusion là dessus, lui rejetait de toute façon la moindre conséquence. Il niait même carrément le problème. Les choses étaient très claires. Son père serait en taule, Dorian et lui, le peu qu'ils étaient en train de tisser, ce serait fini, et lui reprendrait sa vie là où elle s'était arrêtée quand on lui avait montré la photo, toujours sur la table, et même quand son père revint des enfers. La parenthèse serait close. Et comme pour appuyer cette idée, il reprit le cliché au même moment pour le ranger à sa place, dans son porte-feuille.

"Tu sais, je crois que Simon vient de se prendre la leçon de sa vie. Que tu l'aies vu comme ça, il va le regretter un loooong moment. Laisse-lui une chance de se racheter auprès de toi. Mais on remontera quand tu te sentiras prêt. On a tout le temps."

Et pour confirmer ce propos, Dray enleva pour de bon sa cravate et recommanda un café.

"Tu veux autre chose ?"

C'était que bon, il l'avouait sans grand mal, il n'était pas pressé de remonter en fait et affronter une nouvelle fois Simon, et Piper, et Evan et Kaïn sur un tout autre registre, ce qui serait, dans les quatre cas, inévitable... La pause était nécessaire avant qu'il ne puisse reprendre le combat. Il n'aurait par contre jamais parié que ce serait avec son petit frère qu'il la prendrait.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Mer 18 Sep 2013 - 21:27

Ben si on avait dit la même chose à Dorian, lui, il aurait été aux anges parce que c'était exactement ce qu'il voulait. Alors évidemment qu'il souriait alors que Dray desserrait cette cravate qui semblait tellement le géner. Mais quand il vit son frère cesser aussi subitement de sourire, l'adolescent aurait bien donné une poignée de noises pour savoir ce qui lui trottait dans la tête, alors qu'il semblait plus triste qu'autre chose. Si on lui avait posé la question, lui aurait été heureux de grandir aux côtés de Dray, il l'avait toujours souhaité depuis qu'il avait été en âge de comprendre l'existence de l'aîné. Mais à présent qu'il savait ce qui était la réalité de son frère, il comprenait aussi, suivant le même raisonnement, que cela aurait desservi à ce dernier. Les choses étaient tellement plus complexes que son désir d'enfant. Mais c'était tisser des hypothèses sur quelque chose qui ne pouvait plus se produire, alors à quoi bon se torturer avec des si. Mais encore une fois, le Serdaigle, pour conclure sur ce point, aurait rejoint les pensées du jeune PDG, ils avaient perdu beaucoup de temps...

Dor' ne répondit rien à la réflexion de Dray qui devait conclure leur petite plaisanterie quant au sujet de la cuite de l'aventurier. Mais un sourire de contentement passa ses lèvres à l'appelation tendre. Les joues légèrement rosies d'ailleurs, il plongea le nez dans son chocolat viennois pour ne pas montrer qu'il était plus touché qu'il ne voulait bien le reconnaître.

La suite se fit plus sérieuse, le cadet ayant remarqué et pris conscience de la blessure de l'aîné. Mais d'abord, ce dernier essaya de noyer le poisson. Et ce à quoi, le jeune garçon ne s'était absolument pas attendu, ce fut de voir son frère éclater de rire. Comme diraient les Cooper, what the fuck ? Dorian écarquilla un peu les yeux, haussant les sourcils de stupeur, face à sa réaction. Et quand Dray lui expliqua le pourquoi de son hilarité, il resta interdit, une moue dubitative sur le visage. Ça y était, on avait perdu Dray ! Il avait pété son boulard.

"Ben au lieu de te marrer comme un bossu, tu devrais peut-être te demander si on n'a pas raison, du coup !" remarqua-t-il finalement avec bon sens, alors que Fox se calmait. Non, mais il était vraiment à jeter parfois, le frangin... Sa surprise clairement affichée quand lui s'inquiéta  ouvertement de sa blessure qu'il avait finalement découvert, était un argument de plus en ce sens. Et si Dor' avait eu accès aux pensées de son frère, il lui aurait dit qu'il réfléchissait trop, surtout. Oui,  c'était un Serdy qui disait ça. Mais surtout, il était évident que Fox ressassait beaucoup trop apparemment. L'adolescent comprit à ce propos quelque chose d'important en entendant son frère le reprendre et utiliser cette comparaison de fruit pourri. Il avait déjà eu l'occasion de le voir quand Dray avait été saoul mais cela avait un impact encore plus terrible en cet instant où il savait que son frère avait les idées parfaitement claires. Fox avait une image de lui particulièrement mauvaise. Dor' ressentit un profond sentiment de malaise en l'écoutant. Il aurait pu croire ce fameux soir que cela avait été dû à l'alcool et s déprime du moment mais là, Dorian ne pouvait que constater : son frère, honnête, était l'opposé même de ce qu'il laissait paraître. Et franchement, Ayling se demandait s'il ne préférait pas la version de Dray, sûr de lui et vantard, plutôt que celle qu'il avait sous les yeux, sombre et tranchant avec lui-même.

"Ce que je comprends surtout, c'est que tu es bien trop dur avec toi-même et ça aussi, je ne dois pas être le premier à te le dire."  remarqua sagement l'adolescent. "Je ne sais pas ce qui te ronge autant mais quoi que tu ais fait, que tu caches, je sais par contre que ce que tu laisses aujourd'hui derrière toi, dans ton travail ou auprès de tes amis, tout le monde s'accorde à dire que ce n'est surtout que du positif. Je suis étonné que tu ne le vois pas. Pourquoi tu ne fais pas confiance au regard de ceux qui t'aiment ? Il n'est pas moins objectif que le tien, je crois." demanda-t-il finalement le plus sincèrement du monde. Il n'y avait aucune critique sous-jacente dans cette question de la part de Ayling. C'était encore simplement l'expression de son caractère franc et direct. Oh, il avait dans l'idée qu'elle ne plairait pas du tout à Dray, cette interrogation, vu comment il avait déjà réagi mais l'enfant prenait le risque, parce qu'il était curieux de savoir ce que cachait un tel malaise chez l'adulte.

Et puis il ressentit le besoin de s'excuser, devant la douleur révélée à demi-mot de son aîné, et cette version des faits qui lui avait échappé. Évidemment, l'Américain ne l'entendit pas ainsi. L'Anglais ne fut pas surpris de voir le New-Yorkais s'expliquer de cette façon. C'était la continuité de ce qui s'était passé dans la grande salle et en effet, une confirmation de ce qu'il savait déjà. Et malgré la dureté des mots, Dor' sourit tout simplement parce que Dray lui disait en substance qu'il l'aimait. A ses yeux, le reste était superflu. Il n'avait pas à lui en vouloir puisque ce n'était plus la vérité. C'était à son tour de faire son mea culpa.

"Je n'ai pas été très sympa non plus. J'étais en colère contre toi, moi aussi. Tu me repoussais méchamment, c'est vrai. Mais j'avais aussi pas mal d'aprioris de mon côté et jusqu'à présent, je n'avais pas cherché à comprendre ton point de vue. Tu avais tort et tu étais un sale con, point. Je voulais que tu t'intéresses à moi mais j'ai abusé aussi. Comme au début, quand j'ai utilisé tes amis, Mokuren et Tetsuya."

La frontière était mince entre détester et aimer, disait-on. Apparemment, c'était on ne peut plus vrai pour ces deux-là. Finalement, l'adolescent demanda à l'adulte comment il avait appris son existence. Il écarquilla les yeux d'étonnement en voyant la photo. Il se souvenait très bien de cette après-midi là. Et clairement, il ne s'était pas attendu à ça. Il prit soigneusement et presque timidement le cliché pour l'observer alors que son frère racontait. Et la sensation de malaise revint, plus marquée que jamais. Dorian déglutit difficilement. L'enquête, il savait oui et avec une certaine sagesse pragmatique, il préférait laisser cela de côté, même s'il était inquiet. Ce n'était pas franchement le sujet, là, tout de suite, et en plus, il n'y pouvait rien. Si la police jugeait avoir des raisons d'enquêter sur son père, ce n'était pas pour rien. Et avec ce qu'il avait entendu un peu plus tôt, Dor' ne pouvait plus vraiment douter de cet état de fait de toute façon. Non, c'était surtout la suite et l'amertume cynique palpable de Fox, qui le perturbaient. Comment lui aurait réagi à sa place ? Si des aurors lui avaient balancé sous le nez la révélation de l'existence d'un frère ? "M. Fox, vous avez un frère de douze ans." Bam. Réponse : pas bien. Oh non, pas bien du tout ! Vous parliez d'une mauvaise journée ! Ce n'était même pas de Simon, ce qui aurait été pourtant la moindre des choses, qu'il tenait la vérité, ou même d'un soutien, mais de parfaits inconnus. Et pire, obligé d'aller creuser pour en savoir plus, ce qui était tout de même un souhait légitime. Dray avait eu de quoi le détester, rien que par principe ! Et jusqu'au bout, on avait fait en sorte de nier son existence. Dorian reposa lentement la photo sur la table, un silence et...

"Je suis désolé..." répéta l'adolescent, dans un murmure fragile, le nez à nouveau dans le chocolat, reflétant cette fois le fait qu'il n'était encore surtout qu'un môme sensible, que tout ceci dépassait de loin. C'était effarant, tout ça. Il conclut douloureusement, la colère reprenant le dessus alors qu'il raisonnait :

"Je ne suis qu'un mensonge vivant, en fait. Le secret, tout ça, c'est n'importe quoi ! J'ai compris maintenant. Le fils prodige hein ? Tu parles ! Soyons logiques, pourquoi mentir et me cacher autant si je n'étais pas une gêne pour Papa ? Parce que qui est au courant vraiment de qui je suis ? Même toi, mon propre frère, tu l'ignorais, il n'y a pas si longtemps !"

C'était une bonne question, ça, non ? Jusqu'à présent, Dorian, dans son petit bonheur, ne s'était jamais posé ce genre d'interrogation. Mais les nuages s’amoncelaient, il y avait de quoi approfondir la réflexion, surtout avec les révélations de l'Américain et du comportement même de leur père. L'adolescent ne savait plus trop que croire.

Et si, par la suite, Dray était sérieux en parlant de Piper, Dorian ne put s'empêcher de rire un peu à sa remarque sur son regard de tueur. Ça, il était bien placé pour savoir que sa mère gagnait à tous les coups à ce jeu-là. Pourtant, il dut admettre que le moment auquel Fox faisait référence, lui n'avait rien vu. Il fallait dire qu'il n'avait pas la tête à cela, encore trop secoué par ce qui s'était passé avec Kaïn et la colère de Simon.

"Je n'ai pas remarqué pour te dire. Enfin, ça ne change pas grand chose au problème." L'adolescent s'appuya franchement sur la table, coudes posés dessus et se laissa aller à réfléchir un instant en fixant la surface. Ça ne lui coûtait pas grand-chose de tenir sa langue. A part, à la rigueur, de se faire engueuler un bon coup. Il n'en mourrait pas. Il releva la tête pour plonger son regard dans celui de son frère, si identique.

"D'accord, je ne dirai rien, promis."

Quand le New-yorkais réaffirma que leur père n'était plus le même, comparant son propre au cas au sien, le Serdaigle resta sceptique, pour deux raisons. D'abord, parce qu'il avait du mal à voir le parallèle entre une dépendance à une drogue dure et faire des affaires avec des types pas nets et ensuite, parce que son frère justement parlait de son addiction et que ça, il le sentait, c'était aussi rare qu'important, d'autant qu'il affirmait clairement et très sûr de lui, qu'il replongerait.

"Mouais... Ben j'ai du mal ! Être un drogué des affaires louches, tu me feras pas avaler ça."

Il leva l'index et le majeur, écartés.

"Deux questions : qu'est-ce qui a motivé Papa ? Et je suppose que je dois aussi garder pour moi ton passé de drogué qui n'a pas l'air si passé que ça et mes questions à ce sujet ?"

Ça faisait beaucoup de choses à garder, soit dit en passant. Dorian soupira légèrement, c'était surtout les questions qu'il allait avoir du mal à taire. Et puis, s'il commençait à bien comprendre la psychologie Drayienne, ils ne devaient pas être beaucoup à savoir ça... Et si lui n'avait pas surpris la discussion de leur père et lui, l'adolescent était sûr qu'il aurait pu se gratter un bail avant de l'apprendre !

Et puis, il y eut Stuart et surtout l'ignorance du Serdaigle à ce sujet. Dor' se rendit compte tout de suite que sa question avait mis très mal à l'aise son grand frère et que là, il se forçait vraiment à lui répondre. Il écouta donc religieusement ce qui apparut comme une blessure encore douloureuse et une responsabilité lourde à porter. Car oui, Dray était responsable en partie, par excès de confiance et imprudence. Plusieurs homicides par imprudence, ça coûtait combien cette facture-là ? Sûr que c'était beaucoup plus cher qu'un enfermement dans un collège de sorcellerie écossais. Certainement que l'influence de leur nom, encore une fois, avait servi... Le jeune homme comprenait en effet beaucoup mieux, cette espèce de comparaison que son aîné voulait toujours faire entre leur père et lui-même. Si tu en veux autant à Simon, tu dois aussi m'en vouloir parce que je n'ai pas fait mieux, et ce fut d'ailleurs les mots de conclusion de Fox.

"Je comprends..." fut la seule réponse de Ayling. Il ne voyait rien d'autre à dire. Et il ne s'en sentait pas le droit. Ça ne l'empêcha pas d'analyser même s'il le garda pour lui. Qu'est-ce qui différenciait l'erreur de Simon et l'erreur de Dray ? Dans le fond pas grand chose. L'intention, oui, pas sûr que la cause de Simon fut aussi juste que celle de Dray. Le résultat aussi. Personne, à sa connaissance du moins, n'était encore mort pour Simon. Et surtout le moment où cela s'est passé. Passé pour Dray, présent, et bien présent !, pour Simon. Mais sinon... Et s'il avait envie de pardonner à son frère, il pouvait aussi pardonner à son père, non ?

De l'histoire de leur famille, Dorian en retint surtout que Fox traînait ça comme un boulet. Encore un à ajouter à ce qui devenait une superbe collection à bien y repenser. Et encore une fois, la vision qu'avait son frère des choses était sinistre et très pessimiste, décidément. Ça aussi, c'était nouveau pour l'adolescent. Il lui avait semblé pourtant que Dray apparaissait plutôt optimiste aux yeux des autres. Il mettait davantage en lumière le verre à moitié plein et se montrait très encourageant, même, quand ça n'allait pas, souvent en quête d'une solution pour aider aussi. Mais dès qu'on touchait à sa propre vie, c'était une toute autre chanson. Fox n'avait aucun espoir quand il s'agissait de lui-même, cela en était presque affolant. Le Serdaigle ne fut pas surpris cette fois, de le voir refuser son offre de s'allier pour changer la fin de l'histoire, et justement de transposer cette image de boulet à son cas. Et ça c'était peut-être le pire : son frère avait une parfaite conscience de tout cela, apparemment.

"Non, non, je te parle bien d'aller de l'avant, pas regarder en arrière. C'est toi qui fais ça. On ne changera pas ce qu'ont fait nos prédécesseurs, ni ce qu'on a fait par le passé. Mais toi, tu es tellement fixé là dessus, que tu en nies carrément le présent. Tu es quelqu'un de bien, Dray, en tout cas, tu l'es devenu, tes actes en témoignent, je l'ai découvert, et personne ne peut t'enlever ça, qu'importe ce que tu as fait il y a une paire d'années. Sauver ? Reconstruire ? Et si on parlait de construire tout court ? Quelque chose de neuf, ça, on peut le faire ensemble. Nos mondes d'origine sont différents d'accord, mais qu'est-ce qui nous empêche d'en créer un troisième, le nôtre, à tous les deux ? Tu me dis de rester un Ayling, mais je ne te parle pas de devenir quelqu'un d'autre. Et puis que tu le veuilles ou non, le F de mon nom, je ne peux pas l'effacer, et je ne le veux pas en plus. C'est ce qui fait que je suis ton petit frère, comme tu dis, et ça je ne l'abandonnerais pas, que ce soit clair, idiot ! "

Parce que l'insulte allégeait le mélodramatique de ses mots ! Si, si.

La suite, par contre, Dor' ne sut qu'en penser. A part que le chagrin de son frère était palpable et surtout audible dans sa voix, alors qu'il exposait un quotidien qui était en totale opposition avec ses propres souvenirs d'enfance et son présent. C'était vrai qu'à chaque moment important de sa vie, jusqu'à maintenant, son père avait été là, de près ou de loin. Une lettre, un appel, un cadeau. Malgré les difficultés d'organisation qu'avait dues poser cette double vie à Simon, l'homme avait été derrière lui, d'une manière ou d'une autre. Apparemment, pas derrière Dray... Dire franchement qu'on n'avait pas eu d'amour paternel, ni même carrément de père, d'ailleurs, c'était grave aux yeux de Dorian. L'entendre de la bouche de son frère, était terrible. Le silence fut pesant oui, Dor' observant simplement tristement Dray boire son café. Il n'était pas dupe de la manœuvre, sa voix avait été trop serrée, mais il y avait des choses qu'il fallait mieux faire mine de ne pas voir. Il ne voulait pas, en plus de ce moment difficile dans leur conversation (s'il y en avait eu des simples...), froisser la susceptibilité de son aîné, par une maladresse.

Et quand l'adolescent fit part de ses inquiétudes quant à l'avenir et sa capacité à passer l'éponge, il ne fut pas étonné de voir Dray se reprendre déjà et mettre le doigt sur quelque chose qu'il n'avait pas envisagé : les retombées de sa décision. Aggraver la situation de l'Américain était évidemment la dernière chose qu'il voulait et il n'avait pas pensé à cette possibilité.

"Aggraver les choses ? Tu veux dire avec Maman et Papa ?" demanda-t-il, interloqué, pour être sûr de bien comprendre de quoi ils parlaient. Cette hypothèse, Dorian n'y croyait pas, lui. Ou plutôt il ne voulait pas. Non, ses parents étaient justes, quand même ! Et puis, les yeux de l'adolescent se reposèrent sur l'hématome enflé de son frère. … Ce n'était pas si dingue que ça, en fait... Vu comment ils s'adoraient, leur père et lui... Et sa mère ? Si elle se sentait flouée ou si on s'en prenait à sa famille, elle pouvait être terrible. Et elle savait manier le verbe pour faire entendre ses revendications. Si vraiment, déjà, elle avait silencieusement fait comprendre à Dray que ça allait chauffer pour son matricule dans l'ordre actuel des choses, alors qu'il n'avait rien dit ou presque, Dorian imaginait aisément ce qui pourrait se passer si lui faisait sa mauvaise tête pour couronner cette journée.  

"Écoute, je ne veux pas t'attirer des ennuis. Et puis... je n'ai pas le droit de juger trop durement papa... je crois... Pas avec ce que je sais maintenant. C'est trop compliqué. On va faire comme tu veux et si tu penses qu'il vaut mieux que je ne cherche pas trop, ok, je vais essayer."

Il pouvait bien faire cet effort là pour Dray après tout. D'autant plus que lui semblait lui aussi faire amende honorable puisqu'il décida apparemment de vouloir aider leur père à réparer ses conneries. Par contre, la question du maquillage le fit ricaner. Il trouvait l'image cocasse, allez savoir pourquoi.

"Nouvelle ? Tu te maquilles vraiment ? Quand la première fois ? "

Le lapsus révélateur lui tira en revanche un froncement de sourcils mécontents.

"Nous sortir de là, nous quatre. Tu y es autant que nous !" corrigea-t-il avec sévérité. "Ne m'oblige pas à te refaire un laïus sur ta place au sein de la famille ou je me fâche !"

Et quand Dray évita volontairement le sujet qui fâchait sans doute le plus, Dorian ne put que soupirer, fatigué. A quoi bon essayer encore de raisonner cette tête de bois ? L'adolescent avait sans doute tiré de son frangin le maximum pour aujourd'hui, au moins là-dessus. Mais ils y reviendraient, ça aussi, il pouvait le promettre...

"Si tu le dis... Mais... on peut vraiment rester encore un peu ?" murmura-t-il donc simplement avec lassitude, en le regardant ranger la photo. Cela semblait être suffisant pour répondre, après tout. Dorian n'était pas contre l'idée de ne pas remonter tout de suite, lui aussi alors quand Dray enleva sa cravate et recommanda un café, confirmant ses mots, il retrouva un peu le sourire. Mais apparemment, quelque chose voulait encore lui trotter dans la tête.

"Dis, je peux te poser une question très personnelle ?" demanda-t-il avec hésitation, en trempant un bout de son muffin dans le chocolat qu'il était loin d'avoir fini, lui.

"Tu disais tout à l'heure que je devais devenir celui que je voulais et tu as dit quelque chose de similaire quand tu as trop bu, qu'il fallait que je ne laisse personne voler mes rêves. Tu as dis aussi que toi, devenir PDG n'était pas ce que tu voulais, mais quand je t'ai demandé alors ce que tu avais voulu, tu ne m'as pas répondu. Tu veux bien me répondre aujourd'hui ? Papa t'a obligé à prendre sa suite, c'est ça ?"

Dorian craignait qu'encore une fois, cette question fût celle de trop. Mais il avait sincèrement envie de savoir. Il voulait vraiment apprendre à connaître Dray. Le problème était que cette tête de pioche qui lui servait de frère aîné ne se laissait décidément pas facilement approcher.
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Sam 28 Sep 2013 - 18:27

Dray, en voyant la mine réjouie de son petit frère, malgré sa tentative pour le cacher, retrouva légèrement le sourire. Ses pensées noires furent chassées pour un temps grâce à cela. La conversation put reprendre sur des bases émotionnellement plus neutres, même si c’était pour parler de l’agression de l’Américain et sa blessure résultante. Comment ils en vinrent au fou rire du New-yorker ? Allez savoir. Dorian avait raison sans aucun doute, les nerfs de Dray lâchaient. Il fallait bien que ça arrive, vu les circonstances, surtout quand on savait l’état général et quotidien de ses derniers.

"Ou alors vous vous plantez tous les deux." rétorqua l'adulte avec une mauvaise foi évidente, au vu de son sourire détestable. Ce genre de raisonnement marchait dans les deux sens après tout. Mais Dorian avait raison sur un point malgré les dires de Fox. L'homme d'affaires, en effet, laissait le passé prendre trop de place et n'hésitait pas à user à outrance des "et si…" et des "il aurait fallu que…". Dray aurait été désolé (ça aussi, il l'était trop souvent d'ailleurs) de savoir que son attitude provoquait le malaise chez son cadet. Mais il n'y pouvait pas grand-chose, c'était trop marqué en lui. D'autant que lui se trouvait parfaitement réaliste et considérait que nier l'évidence n'était que trop favorable à la déception. Après, que personne ne se plaigne quand ils se rendraient enfin compte. Ayling pouvait bien préférer la version de lui qu'il voulait mais qu'il ne se permette pas de le juger. Il n'y avait peut-être pas de critique mais Fox le prit comme tel. Et ça ne lui plut pas, non.

"C'est bon, Docteur Freud, la séance est finie !" rétorqua-t-il donc, sarcastique et méchant, concluant le débat durement alors que la porcelaine de la tasse de café claqua dans sa soucoupe. Ça non, Dorian n'était pas le premier. Et lui comme les autres, se faisait rembarrer et se heurtait à l'obstination de l'Américain. Il ne laisserait personne creuser dans cette direction, surtout quand comme le gamin, on avait eu la belle vie. Non, correction. Presque personne. Seiki et Vaughn avaient parfois un laissez-passer. Rarement Mokuren et Tetsuya et encore plus Matt,Thalie et Kaïn... Et dans tous les cas, quand il était d'humeur. Et là, justement, avec tout ce qui s'était passé, Fox n'était pas d'humeur. Alors il ne fit même pas l'effort habituel de fuir la discussion aimablement par un de ses tours de passe-passe verbaux. Il se reprocherait sa rudesse un peu plus tard, c'était certain, mais sa priorité du moment était avant tout faire reculer son frère.

Et là-dessus, Dray préféra donner sa vision des choses par rapport à l'histoire. Les excuses de son frère le surprirent, on ne reviendrait pas là-dessus, mais elles furent sans aucun doute nécessaires, malgré leur apparente saugrenuité, car elles permirent d'embrayer sur leurs réelles dissensions et sur le comportement qu'ils avaient choisi d'adopter face à l'autre. Le jeune adulte laissa finalement passer une ombre de sourire, à nouveau, une expression entre la lassitude, l'attendrissement et la compréhension. Et puis l'insulte y était aussi pour quelque chose paradoxalement…

"Laisse tomber va. A quatorze ans, t'as une excuse pour te comporter comme un sale gosse. T'en as beaucoup moins à vingt-sept. J'ai été un sale con avec toi, c'est vrai. Même si j'avais mes raisons. On va dire un partout, balle au centre."

Etrangement, pour une fois, Dray n'avait plus envie de se prendre la tête sur ça. Ce nouveau terrain d'entente entre lui et son petit frère lui plaisait bien. Et ce qui s'était passé avant, vu que ce n'était fondé que sur du bancal, à bien y réfléchir, ils n'avaient pas besoin de le garder. On efface tout et on recommence. Et puis, c'était fatigant de toujours ressasser, justement. Il avait assez à faire avec ses propres actions et son père, sans rajouter son frangin, alors qu'en plus, en l'occurrence, c'était apparemment inutile. Il était clair qu'en fait, ils ne s'étaient jamais réellement détestés. Les deux frères s'étaient simplement blindés chacun à sa façon et pour des raisons différentes. Et ils avaient trouvé enfin la voie du dialogue, ce qui n'était pas trop tôt, nous en conviendrons.

Mais alors que la discussion se poursuivait sur le sujet de la découverte de Fox de l'existence d'Ayling, ce dernier s'excusa à nouveau. Dray réagit, plus que surpris.

"Arrête de t'excuser à tout bout de champ, on dirait moi, c'est flippant !"

La réaction de l'Américain était en demi-teinte. Certes elle se voulait être avant tout une plaisanterie. Mais elle avait aussi un fond de vérité. Dray saisissait mieux pourquoi il se faisait régulièrement reprendre par ses amis, voire même taquiner d'ailleurs. Il avait là une démonstration parfaite de ce que cela pouvait donner quand on était spectateur. Ca finissait par "lasser" et déstabiliser en quelque sorte.

Fox comprenait que son frère se sente mal et dépassé par ses déclarations mais il n'en était pas responsable. Toutefois ce qu'il en déduisit déplût singulièrement à Dray parce que c'était faux. Et autant il détestait leur père, autant il ne pouvait pas laisser Dorian se fourvoyer de la sorte. Il aurait pu. Cela aurait été tellement facile d'utiliser ce sentiment et de jouer dessus pour semer la zizanie entre l'adolescent et ses parents. Le New-yorker n'aurait eu aucun mal à argumenter en ce sens et aggraver le soudain mal-être de son cadet. Il l'aurait fait sans hésiter à une autre époque et il y aurait pris un malin plaisir. Mais cela n'aurait été que de la manipulation et des mensonges. Et Fox, aujourd'hui, considérait qu'il y en avait eu assez et surtout qu'il ne ferait pas ce mal-là à Dorian. Il n'utiliserait pas son frère pour atteindre leur père.

"D'accord, il est vrai qu'à New-york, personne ne sait que tu existes, à part David Law mais lui, on peut lui faire une confiance aveugle. Ici aussi à part mes amis les plus proches, et tes cousins, le lien de parenté avec Simon Fox n'est pas évident. Je te l'accorde. Mais pour ce qui est des raisons du secret, tu as tort. Si Simon t'a caché, c'était pour te protéger. Primo, de ses adversaires qui peuvent s'en prendre à toi pour l'atteindre, secundo, de la pression médiatique, celle de la presse à scandales en particulier, et crois-moi que ca peut vite devenir invivable et enfin, tertio et je crois que c'est le plus important, du fardeau d'être à ton tour perçu comme héritier potentiel de l'empire Fox. On attendrait de toi beaucoup trop. Ce serait aussi inconsidéré qu'inévitable et destructeur. Rien d'autre. Tu es l'une des "choses" dont il est le plus fier, ça tu ne dois jamais l'oublier, ni en douter. Vu ?"

La question de Piper et surtout du silence que Dor' devrait garder face à elle se conclut sur la promesse de l'adolescent. Fox se contenta d'un sourire et d'un remerciement avant qu'ils ne passent encore à autre chose, quoi que ça tournait toujours autour de Simon. Le scepticisme de son cadet, le millionnaire n'en fut pas foncièrement surpris. Il ne le fut pas plus par sa curiosité relative à sa propre addiction. Dray répondit donc avec calme et assurance aux questions posées par Dorian.

"Simon voulait "assurer l'avenir", en cas de victoire du Lord. On lui a fait croire qu'en collaborant, il retirait le Groupe de leur liste des ennemis à abattre, parce que tu te doutes bien que notre politique pro-moldue, enfin surtout la mienne, les irrite au plus haut point. Le problème est que pour différentes raisons, les choses ne se sont pas passées comme prévu. D'ailleurs si tu ne le sais pas encore, retiens-le : c'est toujours comme ça, ça ne marche jamais comme prévu. "  

Fox fit une pause finalement et après une nouvelle gorgée de café, il poursuivit avec un peu plus de réserve et même de froideur.

"Quant à "mon passé de drogué pas si passé que ça" comme tu dis, je t'en serais gré, en effet. Je ne tiens pas à ce que cela s'ébruite et surtout, je ne souhaite pas en parler. Que ce soit toi ou un autre, hein, ce n'est pas contre toi. C'est juste que certains faits du passé doivent rester dans le passé. Chez moi, on dit que ce qui se passe à Vegas reste à Vegas."

Il y eut pourtant un blanc sur cette affirmation directe. L'Américain sembla en effet hésiter un instant avant de murmurer en reportant l'air de rien la tasse à ses lèvres.

"Mais Seiki connaît l'histoire... Kaïn aussi, un peu..."

Ça, c'était une invitation. Tu n'obtiendras rien de moi, mais rien ne t'empêche de tenter ta chance ailleurs. Si tu en as le culot... Parce qu'il en faudrait pour aller voir Tsuno sur ce sujet ! Et Kaïn serait aussi discret. L'homme d'affaires ne prenait pas beaucoup de risques, sur ce coup, c'était certain. Ses amis ne donneraient pas beaucoup plus d'infos à cette tête de pioche. Mais au moins, avec cette ouverture laissée, on ne l'accuserait pas d'envoyer complètement chier l'adolescent.

Et on passa d'un sujet difficile à un autre. Sur celui de Stuart, Fox se montra beaucoup plus prolixe parce que cela servait sa cause. Ou plutôt celle de Simon... Enfin... A ce propos donc, Dray, heureux que Dor' ne veuille pas creuser davantage dans cette direction, en particulier en demandant des détails, ne pouvait qu'être d'accord avec son frère. Il s'en était aussi bien sorti parce qu'il avait eu la sympathie du juge, (d'abord achetée avant d'avoir été sincère) et parce qu'en effet, le nom des Fox voulait signifier quelque chose de par sa réputation, mais pas seulement. Son travail philanthropique avait aidé et si Dray avait été reconnu coupable, on avait considéré aussi que ses intentions n'avaient pas été mauvaises et que le jeune homme était plus utile à la communauté à la tête de son entreprise plutôt que derrière les barreaux. Une justice sur mesure. Mais évidemment qu'il était responsable ! Cela faisait sept ans qu'il l'affirmait sans détour et ne se pardonnait pas, contrairement à bon nombre de personnes. Et on avait eu beau lui dire que les coupables étaient avant tout cette bande de tarés, lui savait bien que s'il avait fait les choses autrement et surtout écouté ses collaborateurs d'Outre-Atlantique pour comprendre ce que la censure et la peur empêchaient qu'on lui dise directement, tout aurait été différent. Avec des si, on mettrait Paris en bouteille disait l'adage. Mais cela n'effaçait pas l'erreur et ça ne ressuscitait pas les morts. Des morts, Simon aussi en avait provoqué. Les mangemorts avaient fait une descente au sein de la succursale, assassinant l'équipe de sécurité, mais ça Dorian n'était pas obligé de le savoir, n'est-ce pas ?

"L'idiot", par la suite, resta mortellement silencieux, devant le discours de son cadet. Encore une fois, Dray n'avait pas l'intention de discuter de sa façon de fonctionner avec Dorian. Oh, l'aventurier ne prétendait pas que son frère avait tort, loin de là même. Il était parfaitement dans le vrai au contraire. Mais on retrouvait l'obstination de l'Américain à se cacher et à refuser de laisser apparaître son mal-être ou plutôt, dans son esprit, ses faiblesses. Et construire quelque chose ensemble comme disait l'adolescent, cela signifiait pour lui, abaisser sa garde. Et quand on savait ce que Fox pensait de l'avenir, on comprenait qu'il refuse de prendre ce risque. Il soupira de lassitude. Il ne voulait pas blesser son frère en le repoussant, ce que serait le refus d'une telle proposition. Construire un monde à tous les deux… Comment expliquer à ce petit naïf que ce n'était qu'une jolie utopie ? Ce n'était vraiment encore qu'un gosse, du haut de ses quinze ans…

"Oh mais justement, tête de pioche, pour une fois, je pense bien à l'avenir. Cela t'échappe encore, mais tu le comprendras bien assez tôt. Ecoute, pour changer, je vais être direct. Je veux juste te protéger et t'épargner une déception douloureuse. Si les choses évoluent comme je le prévois, et si tu t'attaches à moi, alors tu devras choisir ton camp, entre Simon et moi. Et je préfère autant t'éviter de te retrouver devant un tel dilemme. Pour toi et pour moi, parce que si on suit ton idée, et je crois que naturellement, tu choisiras ton père, ce qu'on aura construit volera en éclats, c'est inévitable, parce que je ne reculerai pas, pour personne, et tu ne pourras pas excuser ce que j'aurai fait, il ne faut pas être naïf. Et te voir me rejeter, ça me tuera autant que toi, tu souffriras de te sentir trahi. Et, même si j'ai en partie échoué puisqu'on semble vouloir s'aimer, je veux éviter qu'on en subisse trop dans la manœuvre et qu'on puisse se relever sans trop avoir perdu."

Discuter de sa relation avec Simon fut une épreuve de plus pour Dray. Dorian devait comprendre que son aîné, à dire les choses ainsi, était en train de lui accorder une putain de faveur. Il devait passer outre beaucoup de choses pour réussir à parler de tout ça. Pas pour rien que Rosebury, la psy que Seiki avait tant voulu qu'il aille voir avant d'abandonner, s'était arrachée les cheveux. Et il fut particulièrement rassuré de ne pas voir le Serdaigle le relancer à ce sujet. De toute façon, il n'y avait rien d'autre à en dire.

Dray se contenta donc de confirmer d'un hochement de tête raide, la question de Dor' au sujet de ses parents. Evidemment que le gamin n'avait pas pensé aux retombées de tout ça. C'était bien son problème pensait d'ailleurs son frère. Il ne savait pas du tout anticiper et fonçait plutôt droit devant lui. C'était son côté Gryffondor ça. Agaçant… Mais une fois donc qu'il eut le problème sous le nez, l'adolescent était capable de prendre les bonnes décisions…

"Merci."

Court, simple, peut-être trop en l'occurrence, mais la gravité avec laquelle Fox prononçant cet unique mot, valait tous les discours possibles.

Finalement l'humour voulut casser un peu l'ambiance devenue lourde entre les deux frères. L'idée que Dray Fox était homme à se maquiller semblait être une idée loufoque qui amusait singulièrement le plus jeune. L'adulte n'avait pas de mal à deviner les images qu'il avait en tête. Il décida de jouer le jeu mais avec beaucoup trop de sérieux, preuve qu'il était nerveusement très fatigué.

"La première fois aujourd'hui, ou la première fois tout court ?"

Mais avant que Dorian ne réponde, Dray prit les devants et choisit les deux en se passant une main sur les yeux.

"Aujourd'hui, avant de vous rejoindre là-haut, ma pâleur, mes cernes et les légers bleus que j'avais déjà récolté auraient été une source de questions qu'il fallait que j'évite, je crois que tu as compris pourquoi… La première fois, j'avais ton âge et c'était pour cacher le fait que je m'étais pris une cuite et un peu trop abusé de la mauve douce. Le maquillage sorcier, et en particulier, sans me vanter, celui de nos laboratoires cosmétiques, est particulièrement efficace pour dissimuler les vilaines traces d'une vie trop agitée. Et il est tellement discret et le maintien et l'illusion si réussis, qu'on gagnerait des fortunes si on pouvait l'écouler dans le milieu moldu du cinéma et du théâtre. "

Un peu de cynisme ne faisait pas de mal non plus… Par contre, Fox ne répondit rien du tout au sujet du laïus. Dor' avait raison, il n'en tirerait rien de plus. Il se contenta simplement de détourner le regard vers l'extérieur et attendre que Dorian passe à autre chose. Comme si de toute façon ça changerait quoi que ce soit qu'il reformule ou tente de s'expliquer… Son ressenti serait toujours le même à ce propos. Les deux frères divergeaient complètement d'opinions. Dray considérait qu'il n'avait justement aucune place dans cette famille lui, mais on n'allait pas y revenir encore.

Mais que Dorian lui demande de confirmer qu'ils n'étaient pas obligés de remonter tout de suite incita Dray à reposer les yeux sur son petit frère et lui sourire attendri. En guise de réponse, il se laissa  aller complètement dans le fond de la banquette, appuyé dans l'angle de la cloison de séparation avec la tablée voisine, étendant de tout son long ou presque. Mais de part sa haute stature, il paraissait alors plus vautré qu'autre chose. Le maintien élégant habituel  du play-boy, ou plutôt dans ce cadre précis, de l'homme d'affaires assuré, laissait à désirer, là. On avait plutôt face à soi, la vérité, un jeune adulte de même pas trente ans, dégagé mais qui avait eu une journée bien chargée et qui décompressait. Et alors que Dorian trempait un bout de gâteau dans son chocolat, ceux qui avaient remarqué la posture de leur patron, pour qui ce n'était pas une première, souriaient avec amusement, ou, pour les autres, ne cachaient pas leur surprise de le voir ainsi.

Et ce fut donc dans cette position, improbable dans ces circonstances et cet endroit, que, quand Dorian lui demanda l'autorisation de poser une question personnelle, Dray lui donna l'autorisation.

"Dis toujours."

Et elle tomba. Et Fox encaissa. Il se rembrunit encore plus si c'était possible, lui qui n'était déjà guère souriant depuis qu'ils étaient là. Mais étonnamment, il se força à donner une réponse à ce petit frère décidément doué pour relever les choses qui fâchaient et qui ne se gênait pas pour les exposer franchement. Il fixa la table, sombre, mordant et tendu.

"C'est ça. Je voulais être pianiste professionnel, comme ma mère. J'avais déjà été repéré par quelques noms du milieu et il ne me manquait que mon diplôme du Conservatoire pour concrétiser le début d'une carrière. J'y étais presque. Mais Simon…"

Dray se tut brutalement et tourna la tête vers l'extérieur, lui qui lui tournait le dos de par sa posture dans l'angle, ce qui faisait sa fuite et son repli encore plus évident.

"Ça ne s'est pas fait, c'est tout."

Point - final. La soudaineté et la brutalité de cette déclaration avaient été édifiantes. On s'arrêtait là parce que c'était vraiment impossible pour Dray d'aller plus loin sur ce sujet. Et pour cause. Ce moment-clé avait signé sa chute dans l'enfer de l'héroïne qui avait duré plus de deux ans. Enfin au moins, Dorian avait obtenu la réponse à sa question même si cela avait davantage ressemblait à un arrachement qu'autre chose.

Le silence prit finalement ses droits entre les deux frères, l'un comme l'autre en ayant besoin. En l'occurrence, il était réconfortant et apaisant après une telle après-midi. Et le plus troublant pour Dray qui en était l'instigateur, c'était que même là, ils semblaient partager une complicité, juste en buvant le contenu de leur tasse. Et pour lui, ce n'était pas bon du tout ça. On en revenait à ce qu'il avait dit à l'adolescent un peu plus tôt. Gérer le dérapage de la situation, le moment venu, allait être plus éprouvant que prévu. Tant pis… Il récolterait ce qu'il aura semé. On ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux. L'essentiel était qu'il épargne le plus possible celui qui malgré tout, trouvait le moyen de l'enchaîner à lui malgré ses efforts et sa volonté pourtant reconnue. D'autant que Dorian avait finalement repris la parole, pour dire de faire la conversation, bien décidé à ce que le lien qu'ils venaient de tisser, Dray ne puisse pas le couper si facilement. Et Fox ne réussit pas à se détacher et joua donc le jeu. Il repoussa donc sa réflexion dans un coin de son esprit, comme à chaque fois qu'elle se présentait et il répondit à ce petit frère décidément aussi têtu que lui. Le temps s'égraina alors plus placidement à défaut de sereinement, et les deux frangins restèrent donc encore un moment attablés ensemble à discuter et malgré eux… ou plutôt malgré Dray !, à se connaître réellement. Et ce moment fut agréable, inutile de nier…

Mais il fallut bien remonter à un moment donné. Difficile... Les deux garçons firent le détour que Dray avait prévu pour dissimuler les conséquences du geste de trop de Simon. Leur entrée dans la salle de conférence se fit dans un silence cette fois horriblement pesant. Il allait falloir s'expliquer et ça, arrivé à ses limites, Dray se sentait incapable d'assurer cette nouvelle confrontation. Et toute son attitude corporelle le trahissait. Tête et épaules basses, presque honteux malgré qu'il n'y était pour rien, bien au contraire, refusait de croiser le regard de Simon, les yeux rivés au sol. Il se contenta d'un faible "Problème réglé." , pas plus désireux que ça de parler, quand il vit dans sa vision périphérique, son cadet avancer vers Piper et ce dernier.

Mais évidemment, la galeriste ne l'entendit pas ainsi. Quand elle avait vu que Dorian avait disparu, elle avait senti la panique revenir aussitôt, et ça ne s'était pas arrangé quand elle avait vu Simon arriver seul et ouvertement bouleversé et qu'il refusait de répondre à ses questions. Et qu'il avait fallu attendre que son beau-fils appelle son ami pour savoir que son fils allait bien, et qu'il leur demandait de rester à leur place, elle l'avait eu mauvaise. Mais elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit pour savoir ce que signifiait ce "problème réglé", à part qu'il était surtout destiné à son mari, ça ne faisait aucun doute pour personne, même si rien ne fut dit. Elle vit son époux imperceptiblement se détendre et faire un pas vers son fils aîné. Mais aussitôt Dray recula. Elle tiqua. Il y avait de ces attitudes et de ces ambiances plus parlantes que n'importe quelles explications. Enfin bref, elle était donc bien partie pour demander des comptes au jeune Américain, mais Dorian lui coupa l'herbe sous le pied.

"Attends, maman, avant que tu ne dises quoi que ce soit, Dray n'a rien fait de mal, il m'a empêché de faire une bêtise, alors faut rester cool !"

Dray redressa un court instant le museau et haussa les sourcils, surpris et touché que Dorian prenne sa défense ainsi, direct. Et Piper, devant une telle déclaration et en constatant le malaise criant du frère de son fils, s'apaisa et décida de repousser la conversation à plus tard.

Et ce ne fut pas plus simple pour Simon. La colère s'était enfin calmée et à présent qu'il avait retrouvé le sens commun, ce qu'il avait dit et surtout fait lui sautait cruellement aux yeux et il n'en était pas fier, c'était peu de le dire. Et personne dans l'assistance ne pouvait l'ignorer. Voir Simon Fox aussi mal à l'aise, ça n'arrivait pas tous les jours ! Il était clairement embarrassé, et pour une fois, ne savait pas comment se comporter face à Dray. Face à Dorian oui, l'attitude plus ou moins ouverte de l'adolescent, plus empreinte de bouderie que de méfiance, de colère ou de mépris, l'y encourageait. Après que Dor' eut pris la défense de son frère, l'adolescent n'eut aucun mouvement de fuite à son grand soulagement, quand il lui ébouriffa les cheveux en lui avouant la peur qu'il avait eu. Il se demanda d'ailleurs, en remerciant Dieu et ses saints, ce que son aîné avait pu dire à son cadet pour obtenir un tel résultat. Cela allait au-delà de ses espérances.

Mais Dray, c'était un tout autre problème. Si le jeune homme avait exprimé de l'agressivité ou du sarcasme, qu'il avait communiqué franchement sans détour cela aurait été facile, ils auraient repris leurs "bonnes habitudes". Comme s'il ne s'était rien passé. Sauf que voilà, Dray, clairement le fuyait. Regard, silence et même distance entre eux. Cela fut en effet flagrant donc, quand Simon fit un pas vers lui, après qu'il ait annoncé que "le problème était réglé". Dray, immédiatement, recula du même pas, sans le regarder. Ce geste arrêta net l'homme d'affaires qui fixa alors intensément son aîné, en fronçant les sourcils alors que Dorian prenait sa défense. Pas en colère, non mais troublé. Cela faisait très longtemps que Dray ne s'était pas défendu de cette façon, face à lui. Le sentiment de malaise s'accentua chez le senior parce qu'il se vit près de quarante ans en arrière. Il préférait quand ils s'engueulaient… Cette dérobade signifiait des choses plus graves et cela, Simon eut du mal à l'encaisser. Tel père, tel fils. C'était aussi valable pour lui. Et c'était bien plus vrai pour son cas que pour ses deux garçons. Il ne put s'empêcher de faire passer Dorian avant mais quand il eut fini de caresser la tête de son cadet et s'assurer qu'il allait bien, Simon fit ce qu'il devait faire. Il se tourna vers Dray qui n'avait pu retenir un expression de jalousie en voyant cette scène du coin de l'œil.

"Dray, je suis désolé."

Ça, c'était un fait rarissime, pour ne pas dire unique ! Simon s'excuser devant Dray et des spectateurs, incroyable ! Le jeune homme, pourtant, hocha lentement la tête une fois dans une affirmation silencieuse et sceptique, en pinçant les lèvres. Pas de doute à avoir quant à la traduction. "Hum hum… C'est ça oui…" Ou plutôt, il était trop tard. Des excuses n'effaceraient rien. Et d'ailleurs, le trentenaire le fit nettement comprendre. Il les refusa. Il se retourna vers la porte pour sortir et n'eut qu'un mot impersonnel, ni plus, ni moins.

"Inutile."

Quand Fox ne voulait plus communiquer c'était mauvais signe. Il était vraiment fatigué et n'aspirait plus qu'à rentrer chez lui ou Poudlard à la rigueur…En tout cas, plus en face de son père ou Piper. Il avait déjà la main sur la poignée, mais Dorian le retint. L'adolescent sembla déçu.

"Tu ne rentres pas avec Kaïn et moi ?"

Dray, étonné, se retourna vers son petit frère. Il vit son regard inquiet. Trouver une excuse… Facile.

"J'ai encore des dossiers à régler ici."

Mensonge, bien sûr. Même le PDG de la Fox avait droit à un weekend en théorie.

"On se verra demain, ok ?"

Il espérait que cette promesse rassurerait son cadet. Mais là, pour les prochaines heures, il y avait des chances que Dray se terre. Il tourna à nouveau le dos à l'assemblée et surtout un de ses membres… Beaucoup trop indifférent et calme pour être honnête. Fuyant encore et toujours le regard de tous.

"Je suis désolé pour tout ça, Piper. Père, on se voit lundi matin. "

Et il sortit sans plus un mot pour l'un d'entre eux pour aller s'enfermer à nouveau dans son bureau. Seul surtout. Kaïn avait dû voir que quelque chose sonnait faux depuis le départ. Ils se connaissaient bien et malgré ce que l'auror pouvait penser, il était de ses plus proches amis et savait souvent quand quelque chose n'allait pas. Mais Dray savait que sa priorité était Dorian par la force des choses. Il avait donc une possibilité de fuite évidente et il n'hésita pas à faire usage de cette carte Joker.

Piper fut surprise des excuses de son beau-fils. Cela lui mit une nouvelle fois la puce à l'oreille et elle fronça les sourcils pour se tourner vers son mari, cherchant à comprendre l'étrange échange entre ces deux entêtés et pourquoi Dray avait ressenti ce besoin. Mais ce qu'elle vit ce fut un Simon tourmenté. Son fils refusait ses excuses ? Alors que pour une fois, il lui en faisait sincèrement et qu'elles étaient légitimes, même lui ne le niait pas ? Quelque chose avait profondément changé, l'homme en était persuadé alors que Dray lui avait très calmement tourné le dos. Mais il ne savait pas dans quelle mesure exactement, cela lui échappait. Ce n'était en tout cas pas à son avantage et la gravité était certaine. Surtout, il se rendit compte, mieux valait tard que jamais, qu'à avoir trop tiré sur la corde, elle avait fini par casser pour de bon… Jusque là, il s'était cru dans son bon droit… Plus ou moins… Dray prenait les choses trop à cœur. Trop sensible, il exagérait et dramatisait toujours tout. Justification douteuse mais qui convenait parfaitement à la mauvaise foi de Simon. Mais cette après-midi avait tout remis en question. Non Dray ne prenait pas les choses trop à cœur. C'était lui, son père, qui avait poussé les choses beaucoup trop loin cette fois et il avait fallu que Dorian le voit sous son plus mauvais jour pour qu'il soit honnête pour une fois et ouvre les yeux sur son comportement. Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Il se souvint du sang sur sa main et fixa le bras de son fils aîné avant de remonter sur son visage à moitié dissimulé en déglutissant. La marque était invisible à présent, mais ils étaient trois à savoir qu'elle était là. Et à cette idée, Simon ne fit rien. Il laissa Dray le fuir. Que pouvait-il dire de toute façon ? Il n'en avait pas le droit. Il n'avait plus aucun droit sur lui. Elle était là, la vérité, c'était vrai. Son aîné avait par contre celui de le détester oui, comme il avait détesté son propre père. Les remords ou les regrets ne servaient à rien, Dray venait d'être on ne peut plus clair sur cette question. Et pour la première fois, réellement, Simon se sentait dépassé et craignait l'avenir. La remise en question était douloureuse alors qu'il dut supporter le regard moralisateur jusque là discret mais à présent sévère et sans appel de son plus jeune fils et celui critique et soupçonneux de son épouse.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
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Japonais : Vert
Italien : Rouge
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Dim 29 Sep 2013 - 16:09

La mauvaise foi de Dray, Dorian l'avait attendu celle-là. Dès qu'il avait lancé sa répartie alors que son frère se marrait, il avait su qu'il aurait eu droit à une réplique de ce genre de l'autre côté. Ce n'était, bien sûr, jamais de la faute de l'Américain qui avait toujours raison. Evident. L'enfant eut une grimace très narquoise mais se contenta de laisser couler, sentant qu'il ne gagnerait pas de toute façon.

"Ouais, c'est ça…"

Il aurait bien une nouvelle occasion d'essayer de moucher son frangin, même si ce n'était pas son intention cette fois-ci. Mais vu comment Dray prenait la chose, le jeu pouvait être drôle. En attendant ce jour, la conversation se fit plus grave et Dor' ne comprit qu'il était sur des charbons ardents que quand Dray lui fit sèchement comprendre de se taire. Ce qu'il fit immédiatement, saisi, tressaillant sous le son de la porcelaine malmenée. Il aurait pu mal le prendre, susceptible et boudeur qu'il était et d'ailleurs, il se sentait froissé. Mais il eut l'intelligence de prendre sur lui. Il n'avait pas envie de se fâcher avec son aîné alors qu'ils commençaient tout juste à s'apprivoiser et il pensait être assez malin pour comprendre que cette rebuffade était surtout la traduction d'un profond malaise et d'une tentative de défense de son frère. Il avait été trop loin, trop vite, et ce qui était avant tout un avertissement aussi brusque fut-il, fut parfaitement enregistré. Mais Dorian n'avait pas eu l'intention de juger son frère dans ses mots, il aurait aimé que ce dernier s'en rende compte. Il était d'accord avec lui, il avait eu une vie cool, il ne le niait pas. Aussi il était très mal placé, on était bien d'accord, pour émettre un jugement sur celle de son frère, affectivement moins riche et équilibrée. Ça, il l'avait compris au moment même où leur père avait levé la main sur lui. Mais là son frère lui avait fait intégrer brutalement qu'il n'avait pas non plus le droit de vouloir l'aider là-dessus. Il avait été très présomptueux en fait… Il baissa la tête, penaud.

"Pardon, je ne voulais pas…"

Mais Dray leva la main, lui signifiant que c'était inutile, alors il ferma définitivement son clapet, écoutant simplement son frère lui expliquer comment ils en étaient arrivés là.  Et à nouveau, son frère ne voulut pas qu'il s'excuse. L'idée que Dray considérait qu'ils étaient à égalité, quelque part, et que son propre comportement avait été moins glorieux que le sien parce qu'il était plus âgé, fit sourire Dorian.

"D'accord." acquiesça-t-il simplement, mais heureux que les choses veuillent apparemment se régler aussi bien et facilement, alors qu'elles avaient été si compliquées. Non, petite correction. Elles étaient compliquées parce qu'ils les avaient savamment rendues ainsi, surtout.

La remarque de Dray, à sa troisième tentative d'excuses, fut cette fois, le déclencheur du rire chez le plus jeune. Dit ainsi, c'était vrai que ça faisait beaucoup trop d'un coup et que son frangin se compare à lui comme ça, il y avait un "il ne savait quoi" de drôle. Et en tout cas, même si l'Américain s'était fait mi-figue mi-raisin, l'Anglais appréciait.

Mais ce moment passa aussi vite que les rares autres. Il fallait bien dire que leur conversation ne se prêtait guère à la plaisanterie, malgré leurs tentatives plus ou moins voulues. Et Dorian se mit à douter du bien fondé de sa propre existence et douta des réels sentiments de leur père à son égard. Et franchement, il ne cacha pas sa surprise du fait que son frère le corrige ainsi. Pourtant, son raisonnement était logique, non ? Mais il était aussi vrai que son frère savait sans doute mieux pourquoi Simon avait fait un tel choix, lui qui n'avait pas eu droit aux mêmes égards. Parce que Dorian comprit que ces trois épreuves que Fox lui exposait à l'instant, lui, il se les était pris de plein fouet. Ce n'était pas forcément de lui dont l'adulte parlait là mais de son propre cas. Il en saisit toute l'importance de ce que cela signifiait. L'adolescent  n'avait pas le droit de se plaindre, c'était certain. Ses parents faisaient tout pour l'épargner, il ne pouvait pas le nier. Il ne put que murmurer, honteux sous cette remise au point.

"Vu…"

Cela entrainait beaucoup de nouvelles questions sur l'enfance de son grand frère ça. Mais il préféra les taire cette fois, le rabrouement précédent de Dray, encore très frais dans sa mémoire. Pas envie de se faire éjecter une nouvelle fois hein…

Mais des questions, Dor' en trouvait toujours et ne savait pas se retenir très longtemps de les poser. Il n'était pas un Serdy pour rien, après tout. Et après avoir réglé le problème de sa mère, Fox accepta de répondre aux deux dernières qui découlaient naturellement de tout ce qu'il lui avait expliqué sur leur père. Il ne sut pas trop quoi penser quant aux intentions de Simon. Dans le fond, la méthode était très discutable mais il pouvait comprendre que leur père ait voulu protéger l'œuvre de sa vie. S'il avait sous-estimé la dangerosité de ses "nouveaux partenaires", évidemment que les choses ne s'étaient pas bien passées, puisque le postulat de départ était faussé. Sans doute que Simon Fox avait simplement traduit "victoire du Seigneur des Ténèbres" par "interdiction de commercer sur le territoire" et "prohibition". Alors pourquoi ne pas faire un accord pour pouvoir continuer librement leurs business ? Après tout. Ça se tenait… Ça pouvait s'excuser. Mais Dorian aurait aussi fait remarquer à Dray s'il en avait eu l'audace, (mais celle-ci était un peu entamée là, il commençait à voir les limites à ne pas franchir), qu'il ferait bien lui aussi de ne pas oublier ce fameux adage "Rien ne se passe comme prévu", lui qui savait si bien épingler leur père et avait construit toute une stratégie pour régler ses comptes…

La question de la dépendance de son frère, par contre, et surtout le fait qu'il ne répondrait clairement à aucune de ses questions, laissa Dorian sur sa faim. Et quand Fox fit mine de se montrer conciliant en lui signalant une possible source de renseignements, encore plus ! Il ne foutait pas un peu de sa trogne, là, le frangin ? Aller demander à Tsuno ? Non mais et puis quoi encore ? Il allait se faire rembarrer en moins de deux et pas gentiment, en plus, connaissant le taciturne médicomage. Il allait l'envoyer royalement chier oui ! Resté Kaïn à l'extrême rigueur… En étant très, très, très malin et très, très, très prudent, peut-être qu'il pouvait se permettre un infime espoir… Et encore… Ayling croisa les bras et bouda ouvertement quelques secondes, frustré, sous le regard narquois et rieur de Dray qui le fixait par dessus de la tasse de café qu'il buvait.

On ne repassera pas sur l'échange qu'ils eurent sur Stuart. En effet, il y avait des choses que Dorian n'avait pas à savoir. Toutefois, quand la discussion embraya sur son désir exprimé de vouloir construire quelque chose avec son frère, la réponse de ce dernier, un refus évident, laissa l'adolescent atteint. Pourtant Dray y avait mis les formes, il ne pouvait pas le lui reprocher. Il avait été doux et son argumentation tenait affreusement la route. Et c'était bien ça le problème. Dor' prit conscience du mur qui les séparait malgré leur rapprochement. Leur âge, leur vécu, leur caractère, leurs responsabilités, autant de pierres à cette ligne de démarcation. Pour Dray la partie était déjà jouée d'avance, ils seraient opposés voir ennemis, c'était ce qu'il sous-entendait et Dorian détestait cette vengeance que son frère voulait à tout prix amener à son terme. Pourquoi il ne voyait pas que cela ne lui apporterait que de la douleur supplémentaire ? Qui était le plus naïf des deux ? Pourquoi vouloir choisir de tout détruire alors que l'adolescent lui offrait une autre option beaucoup plus saine et qui lui apporterait bien plus ? Et surtout pourquoi Fox ne lui faisait pas confiance ? Son frère semblait tellement sûr de ce qu'il allait faire le moment venu et ce n'était pas franchement très honorifique pour lui.

"Je ne suis pas naïf, je suis un facteur et une alternative que tu refuses aveuglément d'intégrer. Je pourrais aussi bien en former un troisième de camp, celui de la conciliation." affirma alors l'enfant  avec une assurance toute retrouvée, et une certaine morgue,  alimentée par une colère légitime contre l'obstination de son aîné. Et là, Dorian était parvenu à le moucher ! Il vit Dray tressaillir et le fixer avec intensité, les lèvres légèrement entrouvertes avant qu'il ne hoche la tête très légèrement en signe de refus. Le Serdaigle n'eut pas trop de mal à comprendre les pensées de l'adulte. "Et s'il avait raison ?", un imperceptible espoir dans le regard avant qu'il ne le repousse. Voilà ce que cela avait voulu dire. Et devant une telle attitude de repli, l'adolescent répliqua amèrement, profondément agacé.

"Et c'est moi la tête de pioche ?"

Mais son frère ne rétorqua rien, là non plus. Il ne l'envoya pas promener. Il aurait pu pourtant. Il aurait dû même, très logiquement ! Mais aussi surprenant que cela soit, il lui laissa le point. Malaise. La fuite par le silence… Dorian observa Dray se passer les paumes des mains sur les yeux alors qu'il constatait sa victoire par forfait. Il comprit alors que son grand frère était surtout au bout du rouleau pour aujourd'hui et que lui avait sensiblement gagné du terrain sur ce très épineux problème de vendetta. Un mal pour un bien.

Et puis après avoir exprimé sa colère sur la différence de traitement évident entre eux deux, et compris qu'il ferait mieux de se la jouer cool avec ses parents pour ne pas créer de problèmes à Dray, Dorian voulut charrier un peu ce dernier quand il lui déclara se maquiller. Sauf que cela n'eut pas du tout les effets escomptés, et la réponse de l'aventurier lui fit celui d'une douche froide. Il avait voulu se moquer un peu, pas découvrir que son frère était plus mal encore que ce qu'il croyait par rapport  à tout ce qui s'était passé dans la journée, qu'il avait appris aussi tôt à tromper son monde et à son âge, se mettait déjà en danger de la sorte. Quinze ans, c'était complètement dingue ! Mauve douce, alcool, héroïne et quoi d'autre encore ? Il resta sans voix.

Mais après avoir repris contenance, il signala à son frère qu'il n'était pas question qu'il continue de remettre en question sa place, légitime aux yeux du garçon, au sein de leur famille et ce fut cette fois Dray qui encore une fois resta à ne rien dire. Ça commençait d'ailleurs à faire beaucoup de silences pensants, qui disaient paradoxalement bien des choses si on prenait le temps de les analyser…

Enfin, Dorian retrouva un peu le sourire quand il vit Dray se vautrer, en effet c'était le cas de le dire, dans le coin de la banquette. Alors puisqu'ils avaient encore le temps devant eux et que rien ne pressait, l'adolescent mangea sérieusement son muffin et se permit une nouvelle question. L'invitation nonchalante de son aîné l'y encouragea. Sa réponse fut beaucoup moins amène. Comprenant qu'encore une fois, malheureusement, il avait mis les pieds là où il ne fallait pas pour le bien-être de Dray, Dorian en resta sagement là, la souffrance de son grand frère bien trop criante pour qu'il ne la respecte pas. Sa curiosité ne valait pas ce prix-là, même si Dor' aurait aimé en savoir plus sur la mère de son frangin ou ses compétences de pianiste qu'il ignorait jusque là. Il trouverait sans doute une occasion un autre jour mais il savait aussi quand il fallait arrêter de poser des questions.

Et le silence qui suivit cette fois fut de ceux qui apaisent les tensions. Et Dorian, sans le savoir, avait le même sentiment que Dray, cette impression qu'ils continuaient à partager des choses même si rien n'était dit. Mais contrairement à Fox que cette donnée semblait inquiéter, Ayling la savoura pleinement, ravi et avide de cette complicité.

Sauf qu'il fallut quand même sortir de leur petite bulle. Dorian grimaça ouvertement quand Dray lui proposa finalement de remonter cette fois. Il soupira même à fendre les pierres en se traînant carrément hors de la banquette. Dans le bureau de son frère, il l'observa en silence, et en faisant un peu la tête, faire usage du fond de teint pour effacer la marque noire et enflée de sa pommette et ne sut pas s'il était impressionné ou inquiet de le voir avoir un savoir-faire indiscutable. Il pencha finalement pour inquiet et compatissant quand il vit Dray remettre sa cravate, le visage sombre. Il n'avait apparemment vraiment pas envie plus que lui de retourner dans la salle de conférence… Et lui avait de bien meilleures raisons que sa petite personne.

Et en effet, si on ne pouvait pas dire que ça se passa mal là-bas, on ne put pas dire non plus que ça se passa bien. Dray semblait vouloir donner n'importe quoi pour être ailleurs et surtout, et ça ne plût pas du tout à son frère, il semblait à nouveau avoir honte et surtout n'était visiblement plus capable de cacher la profonde fatigue qui pesait sur lui. Ces mêmes sentiments qu'il avait laissés passer dans le hall malgré lui se lisaient à nouveau parfaitement. Alors Dorian décida de prendre les choses en main et alors que son frère annonçait à tous et surtout à leur père que le problème qu'il avait posé était réglé, manière très laconique de dire les choses à son goût, il se tourna vers sa mère qu'il voyait déjà monter aux créneaux.

"Attends, maman, avant que tu ne dises quoi que ce soit, Dray n'a rien fait de mal, il m'a empêché de faire une bêtise, alors faut rester cool !"

Si déjà il pouvait épargner à son frère d'affronter un interrogatoire de police maternelle en règle, ce serait ça de pris, et ça ne mangeait pas de pain, croyez-en son expérience. C'était qu'il la connaissait bien " sa petite maman". Il sourit en croisant le regard de gratitude de son frère et tenta de lui faire passer un semblant d'encouragement silencieux. Oh non, il n'était pas prêt de le lâcher maintenant qu'il le tenait, fallait qu'il en prenne son parti, le frangin. Mais alors qu'il s'apprêtait à quitter son frère des yeux, il vit son père approcher et Dorian, fidèle à ce qu'il avait promis dans la cafétéria, ne montra aucun signe de rejet. Il sourit même sous la caresse, parce que bon, c'était quand même agréable de se sentir aimé ainsi, on n'allait pas le nier.

"Je suis heureux que ça finisse bien, mon grand."

Ça c'était peut-être vite dit par contre, papa, parce que le regard de jalousie de Dray, Dorian ne le loupa pas, lui, vu qu'il avait encore les yeux sur lui. Il se sentit coupable et baissa la tête, instinctivement un instant. Mais sa mère posa sa main sur son épaule, interrogative alors il redressa le nez et lui sourit avec assurance. Tout allait bien.

Enfin non, tout n'allait pas bien ! Dray surtout n'allait pas bien. Dorian le savait mieux que personne dans cette pièce certainement. Pourtant c'était bien que leur père lui fasse des excuses non ? L'enfant était plutôt content lui, ça voulait dire que Simon reconnaissait avoir eu tort et mine de rien, c'était quand même une donnée importante, vu tout ce qu'il savait à présent. Son père remonta un peu dans son estime, d'ailleurs, lui qui avait dégringolé quelques barreaux de l'échelle. Mais Dray leur tourna froidement le dos, rejetant cette tentative de paix. Dor' soupira tristement face à ce qui sonnait comme un échec. Pourtant, lui ne trouvait pas que c'était inutile, bien au contraire. Et puis, qu'il s'en aille aussi vite comme ça, là-dessus, l'adolescent le sentait mal. Il laissa parler ouvertement son inquiétude en essayant de le retenir.

"Tu ne rentres pas avec Kaïn et moi ?"

L'excuse du travail, il la ressortirait à d'autres que lui, merde ! Il fronça les sourcils, pas franchement ravi, mais quand Dray lui assura qu'ils se verraient le lendemain, il ne put que capituler. Il n'obtiendrait pas gain de cause, il fallait qu'il se fasse une raison. Par contre Simon aurait dû le retenir, lui ! Ne pas abandonner aussi facilement, si vraiment il voulait réparer un peu le mal qu'il venait de faire à son aîné. Et quelque part sa rancœur contre leur père qui était responsable de cette fuite et de l'état dans lequel était son grand frère, se réveilla. Alors quand ce dernier sortit, il décocha à Simon un regard beaucoup plus franc et honnête. Il  affichait clairement ce qu'il pensait. "Tu as tort et tu ne comprends rien !" Et peut-être qu'il devait raconter à Kaïn ce qui s'était passé parce que Dray avait l'air à présent encore plus mal que pendant leur entretien. Le masque ne s'effritait plus, il tombait. Et puis, il avait besoin de se confier lui aussi, parce qu'il avait à présent pas mal de choses à porter sur les épaules et il ne voyait personne d'autre que le jeune adulte chargé de le protéger, devenu un ami avec le temps, pour discuter de tout ça.


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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Sam 4 Jan 2014 - 20:01

"Quoi ? Tu bosses demain et mercredi ? Mais c'est Noël !"

La question avait fusé dans le bureau du PDG de la Fox, posée par un visiteur qu'on voyait souvent dans la place depuis quelques temps, à chaques vacances scolaires. Assis dans l'espace salon du bureau de son frère, Dorian, qui squattait allégrement les lieux, passant ainsi autant de temps avec son père qu'avec ce dernier, venait de quitter son carnet à croquis. Il venait d'entendre Evan Turner, le collaborateur de son frère, annoncer que tout était fin prêt pour la fête du comité d'entreprise, prévu pour le soir même, le début des festivités débutant à 18h30 au vingtième étage, avec la venue des familles des employés. Jusque là, pas de problème, c'était justement aussi pour cela que Dorian était là. Piper devait d'ailleurs les rejoindre à l'heure dite. Kain ? Parti à un endroit où on ne pouvait pas aller pour lui et à la cafét'. Le problème, ce fut que l'administrateur de la succursale ne s'arrêta pas là. Il ajouta qu'il en était de même pour le gala de charité, organisé pour le Réveillon même, et le repas d'affaires confirmé le 25. Et alors qu'il faisait le rapport complet de l'organisation, l'adolescent ne semblait pas apprécier cette idée.

C'était le premier Noël où les deux frangins avaient enterré la hache de guerre et ce qui s'était passé pendant l'été avait contribué à les rapprocher un peu plus. Et naïvement, Dorian avait espéré pouvoir passer les fêtes en compagnie de toute sa famille. Le tout était de convaincre les deux têtes de mule qui lui servaient de père et de frère. Pour le premier, il n'avait pas eu trop de mal à l'embobiner. Depuis août, Simon faisait de réels efforts pour tenter d'enfin réellement améliorer sa relation avec Dray. Le problème venait de ce dernier qui, s'il respectait une certaine trêve en restant relativement courtois, ne voulait rien entendre d'autre. Et le gamin était justement en train de réfléchir à un moyen d'aborder la question quand l'Anglais était entré avec une pile de dossiers. Encore que là, le souci venait plus de la naïveté de Dor' que de la rancune de Dray. L'adolescent se baffa mentalement. S'il avait d'abord supposé que son frère avait évidemment eu des projets pour les fêtes, il avait entendu Seiki dire à Kaïn que Dray "se planquerait comme d'habitude" quand l'auror avait demandé les projets des uns et des autres. Il avait donc à partir de là bêtement espéré et à présent déchantait. Sa mine déconfite parlait pour lui. Et au delà de ça, ça voulait dire que son frère passait les fêtes seul. En tout cas, avec aucun de ses proches.

"Tu ne passes même pas les fêtes avec les autres ?"

A comprendre les Bakas, justement ou Vaughn. Ou n'importe qui qui avait l'affection de son frère et le lui rendait bien, mais pas à travailler !
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Sam 4 Jan 2014 - 20:04

Dray était en train de se replonger dans le bilan financier semestriel du Groupe qu'il étudiait depuis une petite heure sur son ordinateur (qui fascinait son visiteur guère habitué) quand il entendit l'exclamation de son frère alors qu'Evan sortait. Il releva la tête de l'écran, visiblement surpris. Son haussement de sourcils en témoignait.

"Et alors ?"

Et alors, oui ? Oh, n'en doutez pas, il n'y avait aucune malice dans cette remarque. Enfin presque. Même si pour Dray travailler ces jours-là était parfaitement normal et voulu, il se doutait bien que son frère ne comprendrait pas sa position. Peu de gens le faisaient. Travailler volontairement à Noel, non mais franchement… Cela fut confirmé par la question suivante de Dorian, interloqué et visiblement déçu. Ce fut cette expression-là qui intrigua le New-yorkais. Dray fixa un court instant son petit frère avant de se saisir négligemment de sa tasse de café.

"Toi, tu avais une idée derrière la tête en voulant passer la journée avec moi."

Pas à un vieux singe… Soudain, on frappa à la porte. Dray donna l'autorisation d'entrer et haussa un sourcil aussi étonné que sarcastique en voyant Simon dans l'embrasure. Décidemment, l'aventurier avait du mal à se faire aux nouvelles habitudes de son paternel. Enfin ce qui ne changeait pas, c'était qu'il n'y allait toujours pas par quatre chemins pour communiquer avec lui. S'il ne releva pas la surprise ironique de son fils, il embraya immédiatement sur le pourquoi de sa venue.

"Je viens de voir Turner. Il m'a confirmé ta présence au gala. J'en déduis donc que tu refuses la proposition de ton frère."

Juste un constat. Pas foncièrement d'agression ou de mépris. Ca aussi, c'était perturbant de ne pas se faire aboyer dessus pour un oui ou pour un non. Et Dray avouait qu'il avait bien du mal à faire taire son agressivité naturelle quand il s'agissait de s'adresser à son père. Les habitudes avaient la vie dure. Il saluait donc, à contrecœur toutefois, l'effort de ce dernier. Il ne savait toujours pas ce qui avait provoqué ce changement soudain. Mais il savait que le fait qu'il ait réussi à faire lâcher les mangemorts avait sensiblement aidé… A quel prix, néanmoins... ?

Enfin, en l'occurrence, le New-yorkais n'avait aucune idée de ce dont parlait sont père. Du coup, ça limitait sa propre propension à râler et à partir au quart de tour. L'Américain lança donc un coup d'œil interrogatif au dit frère. Simon comprit de suite ce que cela signifia. Il se tourna donc vers son fils cadet, dans un soupir ennuyé.

"Tu ne lui as pas encore demandé, c'est cela ?"

"Me demander quoi, au juste ?" ne put s'empêcher de s'impatienter le PDG, n'appréciant pas d'avoir été interrompu dans son travail sans savoir immédiatement pourquoi et encore moins de voir son père trop longtemps dans son espace.


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

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Français : Bleu
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Japonais : Vert
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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Sam 4 Jan 2014 - 20:05

Quand son frère le prit la main dans le sac comme disait le proverbe, Dorian bougea sur son sofa, mal à l'aise, une légère moue contrite sur son visage. Il ne pourrait plus repousser plus longtemps la discussion. Ou si puisqu'on frappa à la porte ! Mais le fait que ce soit leur père mit un bémol à cet espoir, ce fut peu de le dire, surtout quand il mit ainsi les deux pieds dans le plat.

Dor' nota pourtant l'effort sensible de l'un comme de l'autre dans le court échange mais il sut aussi que cela ne durerait pas trop longtemps. Le ton de Dray ne trompait pas. Il ne tarda donc pas à éclairer la lanterne de l'un comme de l'autre de ces caractères de cochons.

"Je voulais te demander de passer les fêtes avec nous, à la maison, avec les Scott, Oncle Max, Grand-père et Grand-mère. Et non papa, je n'avais pas encore trouvé l'occasion de demander à Dray, il n'arrête pas depuis ce matin."

Dorian conclut sa tirade par un soupir aussi déçu que désolé en revenant à son frère.

"Je ne pensais que tu travaillais. Seiki avait dit à Kaïn vendredi qu'il y avait toutes les chances que, je cite, "tu disparaisses de la circulation." Alors, je m'étais dit…"

L'adolescent ne finit pas, c'était inutile. Et pendant qu'il s'expliquait, Simon avait tourné la tête vers son aîné pour voir sa réaction, avec autant de curiosité qu'un certain malin plaisir qu'il eut le bon goût de dissimuler. Parce qu'il avait été particulièrement embêté quand Dorian lui avait exposé son désir, il avouait que voir Dray à son tour au pied du mur, dans le même embarras que lui le satisfaisait un peu. Pas de raison qu'il fusse le seul à se trouver en galère ace au plus jeune de la famille. Puéril à son âge ? Certes mais que vouliez-vous ? S'il avait fait un gros travail sur lui, après l'électrochoc du fils Tsuno et le travail de Dray pour les tirer de la catastrophe qu'il avait provoqué, Dorian l'avait tellement pris à son tour au dépourvu et mis mal à l'aise avec sa demande, que pour être tout à fait honnête, le sexagénaire avait été incapable de lui dire non. Il avait été tellement surpris et heureux que Dor' lui pardonne ce qui s'était passé que depuis il avait bien du mal à ne pas céder à ses caprices. Et Dorian ne cachait pas qu'il en profitait. Heureusement, que Piper veillait au grain. Sauf que cette fois, elle n'avait vu aucune raison de refuser cette idée-là. Que son beau-fils et son mari se débrouillent avec tiens ! C'était une punition comme une autre pour ce qu'ils avaient fait et ils n'étaient pas au bout de leur peine. Si Dorian avait plus ou moins passé l'éponge, la galeriste avait encore sensiblement du mal. Toujours était-il donc que Simon était curieux de voir comment Dray allait s'en sortir. L'idée de son cadet, pour être franc, ne l'enchantait pas vraiment. Le problème n'était pas de passes les fêtes avec son fils aîné. Pas dans le sens strict, en tout cas. C'était juste que réellement en famille, ce serait une première et que mine de rien, ils n'avaient pas passé autant de temps ensemble en dehors des conseils d'administration (et il était inutile de rappeler l'ambiance…) depuis… … Mouais, ça faisait un bail quoi… Et Simon n'avait aucune idée de comment se comporter avec Dray dans de telles circonstances et il espérait que son aîné soit le rabat-joie de service. Ca lui faciliterait sensiblement la vie et pour une fois, ce ne serait pas lui le méchant de l'histoire.
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Sam 4 Jan 2014 - 20:07

Et Simon ne fut pas déçu. Quoi qu'il salua le tact de son fils. Dray, en effet, cacha avec brio ce que la requête de son frère déclencha en lui. A vrai dire, il aurait été incapable de le définir clairement. Quoi que… Sa première réaction naturelle avait été le rejet pur et simple. Passer le réveillon avec toute la tribu Ayling et son père, surtout ?! Non mais il n'allait pas bien, le frangin ! Il retint même une grimace de dégoût. Sauf qu'après, un autre sentiment totalement différent apparut et celui-là, le jeune homme le repoussa. Il refusa de l'analyser. Parfois, pour certaines choses très précises, Dray, malgré ses dires, appliquait l'art du déni avec application.

Déjà la bouille et l'attitude gênée de son frère signalèrent à son intuition qu'il avait intérêt à se méfier. Et quand enfin, Fox sut de quoi il en retournait, il avoua être en mode bug pendant deux ou trois secondes, avant d'en venir au processus émotionnel que l'on a déjà décrit. Qu'est ce qui avait bien pu passer par la tête de Dor' ? A présent, il fallait donner une réponse… Simple. Contrairement à Simon, Dray n'avait aucun compte à rendre à personne et pas franchement d'états d'âme sur la question.

"Non, Dorian."

Clair, net et indiscutable. La voix du PDG avait été calme et neutre mais ça ne rendait pas moins le refus catégorique. Et il eut tôt fait de mettre les points sur les i.

"Je te remercie, ça me touche."

C'était un tout petit début d'analyse, ça. Comme quoi, on progressait quand même…

"Mais ce que Seiki voulait dire, c'est que je ne fête pas Noël. Et ce gala est  une tradition essentielle pour l'image du Groupe et pour les œuvres et associations qui en dépendent. Quant à mon rendez-vous professionnel du 25, je ne peux pas le décaler. Je passe la journée avec un émir et sa famille. Si tout se passe bien, pendant que sa petite troupe se réjouira du Noël Londonien et de leur visite guidée, on doit discuter et conclure au dîner par une signature importante de contrats avant qu'ils ne repartent le lendemain. Et c'est plus important que Noël. "

Bam. Simon se sentit obligé de baisser un instant la tête quand Dray expliqua aussi froidement son point de vue sur la question. En cet instant, le jeu de miroirs était dérangeant. Pourtant, il n'y eut pas l'ombre d'un reproche dans cet exposé. Pas même l'ombre d'une émotion, en fait. Un discours parfaitement contrôlé où Dray ne tourna pas une seule fois le regard vers luI. Et pourtant, encore une fois, le sexagénaire vit là sa marque. La tradition et la journée touristique… Combien de fois les avait-il imposés de force à Dray sous prétexte que c'était son devoir d'héritier de l'accompagner ? Et cet argument final. L'importance des affaires au dessus de tout… L'homme prit soin de se faire discret, sur ce coup.

Et Dray était parfaitement d'accord avec son géniteur, pour une fois. Surtout qu'il se taise ! Ce n'était pas à cause du Saint Esprit qu'il détestait cette fête et faisait toujours en sorte de travailler le soir du Réveillon et le jour de Noël. D'aussi loin que remontait sa mémoire, déjà du temps de sa mère, ces journées n'avaient jamais rien eu d'une charmante réunion de famille autour d'une bonne table. C'était des jours d'exercice du pouvoir et des apparences où devant des dizaines d'inconnus, toutes des relations d'affaires de Simon, il devait tenir le rôle du bon fils. Et pendant que son père bougeait habilement ses pièces et entretenait ou tissait de nouvelles relations, lui était désespérément esseulé après le décès de Sophia, oublié bien souvent dans un coin. Sauf quand on avait besoin de lui, avec Béa (l'ancien mannequin, elle, adorait tout ça, les fastes, le pouvoir, l'argent et les apparats –pas pour rien qu'elle avait épousé Simon et resté malgré les coups- et zappait régulièrement qu'il fallait peut-être s'occuper un peu de son beau-fils), pour séduire les plus conservateurs par le portrait parfait de la famille ou pour attendrir une vieille rombière, pour mieux atteindre son portefeuille ou celui de son mari. Pourquoi le jeune homme aimerait et fêterait-il Noël aujourd'hui ? Même Karine avait échoué à le réconcilier avec tout ça, elle qui avait l'esprit de Noël pour deux. Voir trois ou quatre. Ce n'était pas Dorian qui allait y parvenir…


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Lun 6 Jan 2014 - 21:01

La mine de Dorian s'allongea un peu plus quand Dray affirma aussi franchement son refus. Il s'en était douté, mais il n'avait pas supposé qu'il serait aussi catégorique. L'adolescent avait pensé pouvoir convaincre son frère de changer d'avis. Mais là, il était évident que, quoi qu'il dise, il n'y parviendrait pas. Tout était bien trop verrouillé. Consciencieux comme il l'était, jamais Dray ne décommanderait au dernier moment un rendez-vous d'affaires, en particulier un client aussi important qui venait du bout du monde. Il restait le gala. Dor' fut surpris d'entendre qu'il s'agissait d'une tradition. L'enfant jeta un coup d'œil à leur père. Tête baissée, pas franchement à l'aise apparemment, Simon ne semblait pas vouloir contredire son aîné… Dorian fronça les sourcils en pensant comprendre ce que cela impliquait. Il décida d'aller creuser. Ca aussi, il ne se gênait plus pour le faire.

"Je vois. Et je suppose que tu n'envisages pas de faire une petite entorse à la tradition ? Ne serait-ce que par exemple, écourter ta présence ? Et ça fait longtemps qu'elle existe cette tradition ?" demanda-t-il donc, boudeur, faisant comprendre qu'il n'appréciait vraiment pas ce refus et qu'il ne lâcherait pas le morceau aussi facilement. Il y avait toujours un moyen de s'arranger. Il ne demandait pas que Dray passe toutes les fêtes avec eux, il voulait bien être conciliant, lui. On pouvait très bien couper la poire en deux.

Pour préférer travailler plutôt que passer ce temps avec ne serait-ce que ses amis, il fallait vraiment que son frère déteste cette fête.

"A la rigueur, que tu refuses de le passer avec nous, je peux le comprendre. La situation est compliquée et tendue, je le sais bien. Mais je suis sûr que Seiki, Tetsuya, Mokuren et les autres seraient ravis de le passer avec toi. Je sais qu'ils sont pour toi davantage ta famille que nous ne le sommes. Je suis surpris que tu fasses aussi l'impasse avec eux. Pourquoi tu détestes autant cette période ?"

La franchise et la détermination de Dorian dans toute sa splendeur. Oh il savait parfaitement qu'en parlant ainsi, il allait sans doute provoquer la colère de son frère, voie celle de leur père qui n'allait pas apprécier entendre que Dray ne les considérait pas comme sa famille. Mais la déception faisait qu'il s'en fichait et il fallait appeler un kneazle, un kneazle. Il voulait comprendre où était le malaise, quitte à égratigner la susceptibilité de ceux qui lui faisaient face.

Au-delà du fait qu'il n'apprécia pas franchement l'allusion en effet (et son pincement de lèvres aigri fut révélateur…), la gêne de Simon, devant l'insistance de son fils cadet, s'accentua. Dorian jouait de plus en plus ave le feu, il avait remarqué cette tendance. Depuis l'été, il prenait de plus en plus de libertés dans sa manière de répondre ou de faire. Vous me direz, c'était la définition même de la rébellion de cet âge. Mais du coup, il les mettait, Dray et lui, en fâcheuse posture et il risquait bien de mettre le feu aux poudres. Il connaissait assez son aîné pour savoir qu'il ne laisserait pas passer ça. Et comme le sexagénaire était certainement le premier responsable de la situation présente, il se doutait bien que ça allait lui retomber dessus et même s'il avait pris la résolution d'essayer d'améliorer les choses, comme disait Dray les habitudes avaient la vie dure. Comme son fils, l'homme avait des réflexes bien ancrés… Et désamorcer les conflits, ça, Simon ne savait pas le faire. Ça, c'était la partie de David quand il s'agissait des affaires et Piper quand il s'agissait de sa vie privée. Et pourtant, il sentit que c'était à lui qu'incombait d'étouffer dans l'œuf la dispute naissante entre ses deux fils.

"C'est de ma faute, Dorian…" dit-il dans un premier temps et un soupir lourd de sens.

"Je n'ai jamais offert à ton frère l'occasion de donner un réel sens à cette période."

Dorian reporta son attention sur son père, surpris de le voir se mêler du débat.

"Encore une différence entre toi et moi donc." maugréa finalement l'adolescent en revenant vers Dray. Et preuve que le gamin ne perdait pas le nord…

"Raison de plus pour que je te le fasse découvrir, le vrai sens de Noël !"
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Ven 24 Jan 2014 - 0:42

Dray se referma sensiblement devant l'insistance de son petit frère. Leur père avait raison, il n'appréciait pas une telle prise de liberté sur cette question. Voyant que Simon n'avait aucunement l'intention d'intervenir, cela permit au jeune PDG de garder encore un peu d'amabilité. Il l'en aurait presque remercié, tiens. Il but une gorgée de café pour cacher son mouvement d'humeur, mais il serait dit que Dor' n'avait pas intérêt à pousser le bouchon trop loin. Il voulait bien faire l'effort de se contenir pour respecter le nouveau statu quo familial mais il n'avait pas énormément de patience, ce n'était plus à prouver depuis longtemps.

"Depuis la naissance du Groupe, soit une trentaine d'années. Et je suis passé maître dans l'art de récolter des fonds alors non, je n'écourterai pas ma représentation. Pas pour une raison aussi futile en tout cas. Il y a des intérêts en jeu bien plus importants que tes désirs. Il n'y a rien de négociable alors fin de la discussion." répliqua très fermement et froidement le New-yorker, sans guère s'arrêter sur les sentiments de son cadet. Oui, Noël était complètement futile, ennuyeux et sans aucune utilité que celle de gagner beaucoup d'argent et que cet adjectif froisse le gamin était bien le cadet de ses soucis. Leur père n'était pas le seul à avoir remarqué que Dorian était de plus en plus frondeur depuis Hyde Park mais si Simon faisait ce que lui chantait le gosse, il n'était pas question que lui, laisse son frangin n'en faire qu'à sa tête et passe le moindre de ses caprices.

Simon, lui, tiqua légèrement, troublé par les paroles de son aîné. Ces mots, évidemment, et le ton sans aucune affection employé, lui rappelaient sensiblement un nombre incalculable de sermons qu'il avait fait à Dray. Encore une fois, le sexagénaire se reconnut beaucoup trop en son fils et ce fut désagréable.

Mais évidemment, on commençait à bien connaître le Serdaigle. Il en fallait plus que cette froide remise au point pour lui faire lâcher prise. Mais sa remarque suivante impatienta sensiblement le jeune homme d'affaires qui cette fois, ne fit rien pour dissimuler son énervement.

"Je n'ai aucune justification à te donner !"

Mais cette fois, Simon intervint pour tenter immédiatement d'apaiser les choses. Apparemment, en tout cas… Dray le fixa, surpris. Il ne s'était pas attendu à un tel aveu. Où était le piège ? Voilà la question que reflétaient les yeux si clairs et expressifs du jeune homme et même quand Dorian reprit la parole, il ne les détourna pas de son père. Mais pourquoi ces paroles lui serraient la gorge ? Cette constatation le mit un peu plus en colère. Pas question que tout ça aille plus loin. Fox reporta son attention sur l'écran de son ordinateur avec, en apparence, un profond désintérêt pour la question, pour dissimuler son malaise. Mais son ton vif et méprisant, presque tremblant de colère (ou du moins c'était cette cause qu'on devait croire), et le choix de son vocabulaire étaient indiscutables…

"Voilà, Père a parfaitement résumé. Et s'il a changé sa politique d'éducation pour tes beaux yeux, il n'est pas question que j'assiste au spectacle. Et je rajouterai qu'en plus, j'en ai surtout rien à taper, du sens de Noël. Maintenant sortez. J'ai quand même autre chose à faire que de discuter de ces conneries et toi aussi d'ailleurs. J'attends toujours par exemple ton rapport sur le projet de restructuration de notre réseau de plateformes pétrolières."

Ces derniers mots s'adressaient évidemment à son Vice-Président, qui, en effet, avait quelques dossiers sur le feu comme tout le monde. Et pour preuve qu'il était on ne peut plus sérieux, le jeune homme ouvrit la porte d'un coup de baguette, sans quitter son bilan financier des yeux.


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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Ven 24 Jan 2014 - 0:44

En entendant la réponse à sa question, l'adolescent comprit que son hypothèse était juste. Dray n'avait jamais dû connaître autre chose que cela. Et quelque part, le Serdaigle en voulait à leur père qui était sans aucun doute responsable. Mais Dorian n'aimait pas qu'on lui dise non, non plus. Et encore moins, de cette façon aussi brutale. Froissé, il l'était, c'était peu de le dire. Et comme Simon ne faisait rien et ne disait rien, le gamin le prit comme un droit de répondre à ce qui sonnait à ses oreilles comme une agression, sans vouloir se rendre compte qu'il était en train de dépasser les bornes.

"Noël n'est pas futile ! C'est une fête pour la famille et le partage ! Et je suis désolé de te l'apprendre, mon cher frère, mais ça, c'est plus important que ta réputation ou tout l'argent que tu pourras amasser ! Et ce n'est pas en nous rejetant sans arrêt et en faisant preuve d'égoïsme que tu te sentiras mieux !"

Remarque bien malencontreuse, Dor' allait vite s'en rendre compte… Mais, à ses yeux, comment pouvait-on être aussi borné et insensible ?! Tout dans l'attitude de défi du garçon voulait exprimer cette opinion. Il tenta quand même une autre approche et voulut savoir le fond du problème ou du moins que Dray l'admette ouvertement. Il avait anticipé la rebuffade de son frangin mais il ne s'attendit pas à ce que Simon, cette fois, intervienne. Et visiblement son frère encore moins. Cela eut toutefois l'avantage de redresser un peu Dorian. Ce n'était pas pareil entre déduire une information et en entendre aussi franchement l'aveu. Connaissant la méthode d'éducation à laquelle Dray avait eu droit, que leur père reconnaisse ses torts ainsi remettait le jugement de son frère aîné en perspective. Il avait dû encore bien morfler et avait été façonné, là-dessus comme sur quantité d'autres points. Et dire que lui avait toujours eu leur père auprès de lui d'une manière ou d'une autre pour ces jours-là, même à distance, Simon profitant allégrement des six heures de décalage entre les deux pays... Alors ce fit tilt dans l'esprit de Dorian. Pendant que son père était donc avec lui et sa mère au matin de Noël, ou à présider le gala traditionnel de charité, qui s'occupait de Dray ?

Le sexagénaire perçut sans mal le regard de son fils aîné et le comprit sans équivoque. Il était trop tard pour réparer beaucoup de choses entre eux, comme en l'occurrence la confiance, l'homme s'en rendit vraiment compte lors de ce contact. Il pourrait faire ou dire tout ce qu'il pouvait pour tenter d'améliorer la situation, rien n'aurait réellement d'effet sur Dray. Il y avait eu trop de cassures pour espérer recoller les morceaux. Mais il l'avait promis à Dorian et Piper et ne voulait surtout plus que quelque chose comme le drame de Hyde Park se reproduise. Au moins cela avait eu le mérite de lui ouvrir les yeux pour de bon.

Ce qu'ils n'avaient pas prévu l'un et l'autre par contre, ce fut l'effet que tout cela eut sur Dray. Sa réplique finale déshabilla littéralement l'adolescent qui resta interloqué devant autant de mépris affiché. Il comprit soudain brutalement que s'il avait sans cesse gagné des points durant ces derniers mois, là il venait d'en perdre une bonne partie d'un coup. Il déglutit sous la douche froide et cette constatation et, alors que l'angoisse montait inexorablement, il interrogea même silencieusement son père. Dis quelque chose quoi ! Il regarda finalement, sans être capable de plus réagir, la porte s'ouvrir par magie alors que Dray les congédiait tous les deux, leur père et lui, vers d'autres cieux sans aucune autre manière et sur un ton qui n'autorisait surtout aucune discussion.

"Mais Dray…"

Simon ne le laissa pas finir, malgré son ton cette fois hésitant et pacifique. L'adulte avait pour une fois pleinement saisi l'ampleur des dégâts. Ils avaient tout intérêt à en rester là. Il intervint donc calmement et le plus neutralement du monde.

"Viens Dorian, tu vas attendre ta mère dans mon bureau… Dray, je t'apporte ce dossier dans une heure."

Maté, Dorian n'eut d'autres choix que d'obéir et ramassa ses affaires. Mais en sortant, le nez baissé, il sentit qu'il devait s'excuser.

"Je suis désolé. Je ne voulais pas te blesser."

Parce que c'était bien ça le cœur du problème, il le savait bien. Il allait devoir trouver le moyen de se faire pardonner mais pour ça, il fallait attendre que Kaïn remonte pour lui demander conseil…
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Mar 28 Jan 2014 - 21:40

Ouais, sur ce coup-là, on pouvait dire que Dorian avait fait très fort. Au-delà du sujet que Dray avait en horreur (comme la Saint Valentin ou son anniversaire) et donc que c'était un terrain particulièrement glissant sur lequel s'était engagé l'adolescent, ce qui mit réellement le feu aux poudres fut la réplique qu'il eut pour tenter de récupérer la main quand son aîné lui fit plus que fraichement comprendre qu'il n'était pas prêt de céder sur quoi que ce soit. Mais ce qui blessa surtout l'aventurier fut de s'entendre dire par son petit frère et de cette façon qu'il était égoïste et que ce n'était que ses propres intérêts qu'il servait. Et le jeune homme commençait singulièrement à être fatigué de devoir lutter alors que ses intentions personnelles et professionnelles se voulaient les plus justes possibles malgré sa position de PDG d'un monstre capitaliste et tout ce que cela pouvait impliquer de sacrifices et de chausse-trappes. Et ce n'était certainement pas son frère pourri gâté qui n'avait pas la moindre idée de comment ce monde fonctionnait à qui il allait autoriser ce genre de leçons. L'explosion qu'avait redoutée Simon eut bien lieu…

"Alors d'un, c'est le Groupe qui amasse l'argent, pas moi et c'est la réputation du Groupe, pas la mienne que je représente ! De deux, ce fric est exclusivement destiné à des œuvres caritatives et il est vital à leur travail, alors on se fout bien de tes caprices et de votre petite sauterie ! L'intérêt général passe toujours avant l'intérêt des particuliers ! De trois, entre le décès de ma mère, ceux qui me larguaient dans un coin et qui, après, étaient soit disant morts et ceux dont j'ignorais l'existence, mon cher frère, je suis seul depuis des années, à en crever s'il n'y avait pas eu mes amis, alors que vous, vous étiez tous dans la combine et que jusqu'à présent, tout ce petit monde s'en foutait, toi compris ! Alors fous-moi la paix et sois déjà heureux d'avoir une valeur à mes yeux parce que le jour où je vous considérerais comme ma famille, il neigera sur Mars ! Et de quatre, mon égoïsme fait que tu es toujours en vie alors putain, me cherche pas là-dessus !"

Simon comme Dorian essuya l'attaque et les accusations tout sauf dissimulées. L'homme, pour une fois, prit le parti de calmer immédiatement le jeu, bien obligé de reconnaître une certaine justesse dans le propos malgré la montée de ton sans équivoque et la soudaine agressivité de son aîné. Mais au-delà de ça, c'était sa rancœur qui était aussi indéniable. La blessure était nette. Dorian avait atteint méchamment son frère plus qu'il ne l'avait certainement voulu mais visiblement, le mal était bien fait. Et pour une fois, au-delà du statu quo à maintenir, de ses promesses, et des fêtes, le sexagénaire y fut réceptif. Oui décidément, bien des choses avaient changé depuis l'été…

Il obligea donc son fils cadet à sortir du bureau. Mais il ferma derrière lui et se tourna vers son aîné, bien décidé à être pour la première fois, véritablement médiateur. Prendre sa place de père auprès de ses deux garçons, enfin.

"Ton frère veut simplement reconstruire un semblant d'unité familiale, ne lui en veux pas."

Dray se retint de justesse d'avoir un mot de trop, mais son pincement de lèvres mauvais et son soupir parlèrent suffisamment pour lui, même s'il n'avait toujours pas levé le nez de l'écran. Il ne voulait pas avoir cette conversation et certainement pas avec son père !

"Sors d'ici."

Mais Simon ne l'entendit pas de cette oreille, cela aurait été trop beau.

"Que tu m'en veuilles, c'est entendu. Mais Dorian…"

"Dorian n'est qu'un gamin trop gâté et rêveur. Il n'y a aucune unité familiale à reconstruire en ce qui me concerne, parce qu'il n'y en a jamais eu. Fais-le lui comprendre une bonne fois pour toutes." coupa Dray avec une exaspération sans limite.

"Sors d'ici." répéta-t-il finalement alors que Simon serrait les dents sous l'attaque.

"Tout ce que je voulais dire, c'est que tu aurais pu être plus doux. Noël…"

Cela en fut trop pour le jeune Américain. Il cracha littéralement :

"Ah non, épargne-moi ce couplet du tout le monde s'aime et il faut être gentil ! Tu as reconnu toi-même que tu avais ta part de responsabilités alors pas de leçons et de foutage de gueule."

Simon s'agaça à son tour mais, ô miracle, se contint et évita encore une fois de répondre à l'agression.

"Du calme, tu n'y es pas. Ce que je voulais simplement dire c'est que cette fête est importante pour lui. Respecte-le. "

Dray ne rétorqua rien dans l'immédiat mais observa par en dessous son père conciliant dans ses paroles. Il ne s'y faisait vraiment pas et il le démontra.

"Moi, j'en ai rien à taper et je voudrais bosser tranquille. Ca aussi, c'est à respecter. S'il avait accepté mon refus dès le départ, ce ne serait pas arrivé. Sans compter qu'il m'a cherché. Ca fait de moi un frère indigne selon toi ?" demanda-t-il amèrement comme si Simon avait voulu insinuer quelque chose du genre. Le sexagénaire secoua la tête et soupira.

"Non. Arrête de prendre de travers tout ce que je dis."

"Ce n'est pas parce que tu as vu la Vierge que je vais me mettre à croire aux miracles." répliqua sarcastiquement Dray. Cela devait mettre fin à la discussion. Simon comprit parfaitement l'implicite de la remarque. Il fallait dire que jusqu'à présent, il l'avait rarement loupé alors forcément, le pli était pris et son revirement de point de vue dur à avaler… Le sexagénaire préféra reculer et se décida enfin à sortir de la pièce à la satisfaction du propriétaire des lieux. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à le faire chier avec cette foutue fête franchement ?


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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Mer 29 Jan 2014 - 20:01

Dorian eu la sensation de se prendre une gifle, tellement Dray fut soudain véhément dans le choix de ses mots. L'adolescent refusa le reproche direct.

"Ce n'était pas de ma faute !"

Il ne lui avait jamais demandé de jouer les héros ce soir-là ! Même si en effet, il lui avait sauvé la vie au prix de la sienne… Quant au reste de ses paroles, Dor' les rejeta tout autant.

"Et je ne m'en suis jamais foutu, comme tu dis, c'est pas vrai ! J'ai toujours pensé à toi ces jours-là, dès que j'ai su que tu existais, toi que je ne connaissais pas. Personne ne savait ce que tu vivais réellement, on pensait simplement que tu étais heureux. Papa ne parlait jamais de toi et ce que disaient les journaux, vaut mieux pas en parler ! On se demande bien lequel de nous deux faisait le plus de caprices ! Et puis fallait garder le secret et ça, j'y suis pour rien ! Et si je ne suis qu'un gamin capricieux, toi, t'es qu'un menteur ! Tu disais m'avoir finalement accepté mais c'est pas vrai, ça non plus ! Je suis ton frère, on a le même sang, je suis forcément de ta famille ! Alors j'ai quelle valeur au juste, explique-moi ?"  

On déviait là. Noël était loin. Dorian avait parfaitement compris que malgré les progrès qu'ils avaient fait, Dray avait encore une sacrée dose de rancœur dans le cœur. Et lui l'avait sans le vouloir mise à jour avec son idée de génie et en essuyait les plâtres, ce qui avait le don de le braquer et l'incitait à se défendre et donc à agresser à son tour.

"Et parlons-en de tes amis tiens ! Ils ont quelle valeur à tes yeux puisque tu ne veux même pas faire l'effort de passer ce moment important avec eux ? Je croyais qu'ils étaient plus ta famille que nous pourtant." Ironisa donc l'adolescent pour dire de remporter le débat malgré tout et en commettant un impair de plus au passage. Inconscient de cela, il insista donc en lui demandant ouvertement pourquoi il refusait ne serait-ce que cette option. Ils seraient pourtant heureux de cela il le savait bien. Dorian voulait savoir et comprendre pourquoi Dray avait une telle opinion de Noël, sans voir que ce qu'il risquait de perdre à la fin avait quand même plus de valeur que cette réponse. Les adolescents n'étaient pas réputés pour faire dans l'extrapolation à long terme, ça se saurait… Le nouveau rejet du PDG ne tarda pas plus et cette fois, Simon intervint, en prenant la responsabilité du fait. Implicitement, il reconnaissait toutes les accusations plus ou moins directes de ses fils au fil de leurs discours, faites comme s'il n'était même pas présent, d'ailleurs. Et on vous promet qu'il dut faire un très gros effort sur lui pour faire taire son orgueil démesuré… Mais il offrit aussi à Dor' la possibilité d'encore relancer malgré tout. Le gamin devrait apprendre à s'arrêter car cette fois, le jeune homme d'affaire les ficha carrément dehors. Là, Dor' comprit. Trop tard. Il s'excusa mais il se doutait bien qu'il faudrait plus que ça pour que son frère passe l'éponge.

Par contre, il fut surpris de voir la porte se refermer sur lui sans que son père ne le suive. Et évidemment, il ne put résister à la tentation d'essayer d'entendre ce qui allait se dire. Malheureusement, ce ne fut pas très instructif, à part qu'il était trop gâté et rêveur, mais ça, ce n'était pas la première fois qu'on en faisait la remarque. Ses cousins, et Taran en particulier, le lui avaient déjà balancé. Le reste tenait plus du conflit perpétuel entre Dray et Simon. Mais l'adolescent reconnaissait qu'il était plutôt content que leur père tente de défendre son point de vue et fasse une tentative de médiation. Oui mais voilà, Dray, lui, s'obstinait à en vouloir au monde entier et vouloir régler ses comptes. C'était entendu; il ne laisserait rien passer, ne voulait rien pardonner. Il voulait continuer à les haïr. Elle était aussi là, la vérité que cette question de Noël avait révélée. C'était un problème sans solution. Mais ce n'était pas encore le plus urgent. Pour Dor', c'était pour le moment, de réparer les dégâts que sa trop grande gueule avait provoqués…
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Jeu 30 Jan 2014 - 15:14

Non, en effet, ce n'était pas la faute de Dorian ce qui s'était passé à Hyde Park.

"Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire !" s'exclama Dray, un peu plus énervé encore par le fait que son cadet comprenne de travers. Mais il n'eut pas le temps d'expliquer un peu mieux son point de vue, Dorian embraya. Et malheureusement, en effet, il n'arrangea rien… Le New-Yorker serra les dents sous le coup et lança un regard foudroyant à l'adolescent. Le ton se rafraichît encore singulièrement… La déviation et surtout le fossé s'aggravèrent. Et si Dorian voulait vraiment aller sur ce terrain-là, ce n'était pas Dray qui allait résister. En effet, la rancœur était toujours là et elle était le moteur du jeune Américain. Il était incapable d'éviter l'emportement. Surtout quand Dorian prit à parti, plutôt odieusement, les amis de son frère. Il y avait des choses sacrées aux yeux de Dray, auxquelles il ne fallait pas toucher… Là, il était vraiment en colère !

"Ils ont définitivement plus de valeur que toi, à cet instant, parce que eux ont toujours compris mes choix et à défaut de les accepter, les ont respectés ! Tu te prends pour qui à la fin ? Ce n'est pas parce qu'on est du même sang comme tu dis, que tu dois te croire investi d'une mission ou d'un droit supérieur ! Parce que je te garantis que tu t'en boufferas les doigts ! Alors laisse-les en dehors de ça, t'es loin de leur arriver à la cheville, là ! Jusqu'à il y a deux minutes, la question de ta valeur ne se posait pas ! Mais je vais peut-être la revoir à la baisse si tu continues à me lourder ! Je ne me fais pas flinguer pour n'importe qui ! Je te trouve gonflé de me traiter d'égoïste parce que je refuse de participer à une simple fête alors que je n'ai pas hésité ce soir-là. C'est tout de même une preuve de mes sentiments beaucoup plus sérieuse ! Et s'il fallait le refaire, je n'hésiterais toujours pas ! Alors je t'interdis de dire que j'ai menti ! Je me suis mal exprimé à la rigueur ! T'as toujours pas pigé que pour moi, le cœur prévaut de très loin sur le sang ! Quand je parlais de famille, je parlais de la tienne que tu veux m'obliger à rencontrer alors qu'ils ne m'ont jamais considéré ! Tu dis avoir pensé à moi, très bien ! C'est touchant. Mais tu n'étais qu'un enfant. En effet, ce n'était pas de ta responsabilité. Mais parlons des adultes ! Ta mère, tes grands-parents, l'oncle et la tante !" appuya Dray, d'un mouvement de la main, désignant un point invisible du pouce.

"Difficile d'ignorer que j'étais le fils du compagnon de Piper, comme tu dis, les journaux en parlaient assez ! Vous pensiez, vous ne saviez pas ? Il fallait garder le secret ? Mais c'est bien ce que je leur reproche à toute la clique ! Tout le monde savait, tout le monde jouait le jeu et personne ne s'est inquiété de savoir ce que je pouvais bien devenir pendant que vous savouriez tous vos petits repas de famille, alors que toi, à la droite de l'hôte de maison, tu leur jouais la scène du gendre idéal !"

Évidemment, ces derniers mots s'adressaient directement à Simon. Dray ne l'avait pas oublié et en profitait pour faire comprendre à son père deux ou trois choses qu'ils avaient occulté sur sa façon de penser. Ou plutôt, ils n'avaient jamais réussi à discuter assez longtemps calmement pour que les choses en viennent là. Simon, lui, fut partagé entre un sentiment tenace de culpabilité qui ne le quittait pas depuis son passage forcé par Tsuno à la morgue et une certaine surprise de voir jusqu'à quel point Dray avait analysé les faits, quel point de vue il avait eu sur tout ça. Il comprenait mieux l'étendue de la rancœur de son fils à présent, surtout exprimée ainsi. Mais le jeune homme reporta presque aussitôt son attention sur son frère.

"Elle était où ma place pour eux dans le tableau ? Nulle part ! Je n'existais pas ! Ou alors surtout loin, pour éviter le scandale et mon "instabilité" ! Ca arrangeait surtout leurs petites affaires et leur tranquillité d'esprit, les choses étaient entendues dès le départ, on ne voulait pas s'encombrer du sale gamin. Tu étais techniquement le fils illégitime, mais c'est moi qu'on a considéré comme le bâtard indigne et gênant !"

Cette dernière phrase choqua présentement le père et le frère. Même Simon oui. Il ne s'était pas attendu à un tel jugement. Il n'avait pas considéré son aîné comme il se devait, c'était vrai. Mais se l'entendre dire aussi brutalement… Mais alors qu'il encaissait, en se retenant de monter au créneau pour de bon, parce que la coupe commençait sérieusement à être pleine, résolutions ou pas, Dray se tourna à nouveau un instant vers lui, index dressé vers lui en signe de colère et pour le prendre à parti avec autant de lassitude que de hargne :

"Et toi, ne viens pas dire le contraire ou je te promets que trêve ou pas, ça va chier !"

Bon. Simon ne dit donc rien du tout, levant les mains devant lui en signe de neutralité. Il venait de se rendre compte qu'ils avaient dépassé ce stade à présent… Réfuter, s'expliquer ou s'excuser ne changerait rien. Et surtout pas s'énerver… Cela permit à Dray d'en finir avec sa "petite" remise au point.

"Alors Dor', t'es bien gentil, mais tu me lâches avec tes bon sentiments ! Noël ne veut rien dire."

La suite, nous n'y reviendrons pas, elle finit avec Dorian et Simon, un peu dubitatifs et troublés, devant le raz de marée déclenché par le plus jeune, d'un côté de la porte du bureau de Dray et le jeune PDG particulièrement remonté, de l'autre. Et celui-ci n'en avait pas fini de pester ! Et dire qu'il allait devoir faire bonne figure et faire un beau discours de remerciements pour les résultats de l'année passée, et d'encouragements pour l'année à venir, et joyeuses fêtes et vous êtes formidables, dans moins de deux heures devant la quasi-totalité des employés de la tour… On ne pouvait pas dire qu'il était dans le bon état d'esprit, là…


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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Dorian F. Ayling
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Lun 14 Juil 2014 - 16:42

Dorian n'avait jamais voulu que ça tourne comme ça au vinaigre. Que son frère explose comme ça l'avait immédiatement calmé et avec brutalité. Il ne put qu'écouter son discours, penaud et la tête basse et plus Dray exposait sa réalité, plus il sentait les larmes lui monter aux yeux alors qu'il se prenait de plein fouet ce qui n'était autre qu'une détresse profonde, une blessure chez son aîné qu'il n'avait pas supposé mais que son attitude capricieuse avait douloureusement mise en lumière.

D'abord, il y avait eu cette sévère remise au point par rapport à ce qu'il avait dit sur les amis de Dray et cette question de valeur. Et Hyde Park en toile de fond… La menace directe et sérieuse de se voir perdre l'estime qu'il avait réussi à obtenir de Dray glaça Dorian. La panique monta en lui immédiatement alors que les images de la terrible soirée qu'ils avaient vécue lui revinrent en mémoire. Sa gorge se serra très douloureusement et les larmes montèrent inexorablement, alors qu'il revoyait son frère s'écrouler, blessé à mort. Et il dut bien admettre qu'à côté de ça, cette histoire de Noël, c'était ridicule. Il tenta de prendre la parole pour s'excuser mais Dray, trop en colère (à juste titre pourtant, Dor' en prit conscience en cet instant)  ne remarqua rien et continua sur sa lancée. Et cette fois, ce fut cette question de famille que l'Américain déboulonna, hors de lui. Là, une première larme passa ses cils.

Que dire ? Tout ce que dit Fox était exact en un sens. Son raisonnement se tenait parfaitement. C'était vrai, les adultes n'avaient jamais fait cas de lui, en fait. Ils avaient tous fermé les yeux sur l'identité exacte de leur père et toutes ses ramifications. Qu'il était déjà marié et qu'il avait un autre fils, en tête de liste. La question du fils illégitime et l'insulte de bâtard que Dray s'octroya fit courber l'échine de son petit frère encore plus, mais il essuya du revers de la main ses larmes en reniflant, pour dire de ne pas aggraver les choses encore plus. Il se sentit coupable sous de telles paroles. Coupable d'être le préféré de Simon, coupable de la décision de tous de prendre les choses comme elles étaient venues, d'accepter sans poser de questions, entretenant le secret et fermant les yeux sur le manque de moralité de toute cette histoire, chargée de mensonges. Personne ne s'était préoccupé de Dray. Personne ne s'était posé de questions à son sujet. Tout le monde l'avait laissé tout seul. On l'avait tenu à distance parce qu'il ne faisait pas partie de leur famille. Et c'était vrai aussi que lui, était le fils illégitime, qu'on pouvait dire que son existence pouvait porter à caution. Qu'est ce qu'il valait, lui, dans le fond ? Pas plus que Dray en tout cas et pourtant, c'était ce que tout le monde avait fait. On l'avait choyé et presque adulé.  Et lui avait voulu réunir tout ce beau monde ? Là, Dorian se dit qu'en fait son idée était en fait très mauvaise, vu cet éclairage.

Et alors que Dray prenait à parti leur père pour ensuite le renvoyer promptement bouler avec "ses bons sentiments", Dorian se mordait les lèvres pour ne pas que ses pleurs le trahissent. Il aurait aimé s'excuser, et revenir sur cette notion de fils illégitime avec son frère, lui dire que ce n'était pas vrai à ses yeux, que lui le considérait comme son frère et c'était tout, même s'ils n'étaient pas d'accord sur tout en l'occurrence. Mais le PDG ne lui en laissa pas l'occasion et leur pria durement de sortir de son bureau, leur père et lui. Et sous l'impulsion de Simon, il ne put qu'obéir piteusement.

Comment allait-il pouvoir rattraper ce fiasco, réparer ses bêtises et retrouver l'affection de son frère, convaincu à ses yeux qu'il venait d'en perdre une bonne partie ? Dorian en vint étrangement à penser en marchant vers le bureau de son père qu'il avait préféré ces derniers mois quand Dray n'était qu'un petit garçon. Les choses étaient alors beaucoup plus simples entre eux…

[Topic clos]
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Dray Fox
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MessageSujet: Re: Succursale anglaise de la Fox    Mar 23 Aoû 2016 - 3:07

[Réponse au défi d'expressions. C-chan, Grande déesse, veux-tu bien être le MJ ? Ca le fait mal de juger la réponse à son propre défi après tout ! XD Je ne voudrais pas qu'on m'accuse de partialité ! :p]


Il y avait des jours où sérieusement, on aimerait être en vacances. Cette fin d'après-midi d'août entrait parfaitement dans cette catégorie selon Dray Fox. Il pouvait les prendre, vous me direz, ces vacances. Oui mais non… Après de nombreuses semaines de congé sabbatique en fin d'année passée et début d'année suivante, même s'il avait eu d'excellentes raisons, il était condamné par les actionnaires et le conseil d'administration à être sur le pont jusqu'à une durée indéterminée pour le moment. Il devait rendre des comptes et refaire ses preuves, si l'on pouvait dire…

Or se déroulait là un conseil d'administration qu'il arborait (ce n'était plus à démontrer), et qui se déroulait depuis plus de deux heures et demi. Et comme d'habitude, on pétait la vaisselle pour ne pas changer et comme d'habitude, les deux Fox, père et fils, s'affrontaient à la dure… s'engueulaient pour être clair. Et sérieusement, là, Dray commençait tout doucement à perdre patience… pétait doucement un plomb, pour être honnête. Et pour dire à quel point la situation le saoulait, il avait sans gêne pris une cigarette de son étui et fumait à présent, ce qui était exceptionnel dans cette situation. Mais son père, amateur de cigares, lui, eut le bon goût de trop rien dire, cette fois. Et si Simon ne disait rien alors tout le monde comprit qu'il était hautement déconseillé de la ramener. Si le patriarche ne cherchait plus de poux à son héritier et PDG alors la situation était arrivée au dernier stade et il valait mieux que les esprits s'apaisent. C'était paradoxal mais c'était comme ça que ça fonctionnait dans le Groupe Fox.

A vrai dire, Simon demanda même à son fils s'il pouvait lui voler une cigarette. Dray haussa les sourcils, ouvertement surpris, comme leurs administrateurs. Mais sa seule réponse fut de tendre à son paternel son étui ouvert et lui présenter ensuite la flamme de son briquet. Pendant ce temps, à New-york, de l'autre côté de la conférence vidéo-magique, on relança en la personne de Carlota Rodriguez, ce qui avait poussé cette trêve de nicotine.

"Votre refus d'accepter cette entrevue, Dray, va à l'encontre totale des intérêts du Groupe ! Cela ne vous ressemble pas, je ne comprends pas ! "  

Dray tapa violemment du plat de la main sur la table de conférence pour évacuer sa frustration et sa colère, obligé contre son gré de reprendre le débat. Son geste soudain fit sursauter le plus grand nombre excepté celui qui était juste à ses côtés à sa gauche mais Fox junior déconseilla du regard à son père de  dire quoi que ce soit. Juste par prévention… Il connaissait l'animal… Toutefois, Simon haussa les épaules en se contentant d'un mot.

"Pourtant…"  

Cela suffit à Dray pour ne plus faire preuve d'aucune retenue…  Puisqu'ils insistaient alors qu'ils le connaissaient, ils n'iraient pas se plaindre… Passé un certain stade, en Conseil, Fox se montrait le pire des sales gosses…  Efficace, toujours, ce qui le rendait intouchable, mais aussi insupportable et insolent…

"Quand son berceau a pris feu, on l'a éteint à coups de pelle, il a la conversation d'une poule, autant de charisme qu'un bulot et il tue les mouches en vol !" s'exclama avec une exaspération très prononcée notre héros. A qui était ce portrait… "flatteur" ? Quelle importance ? Cela ne changeait rien aux données du problème. Fox finit sa tirade en tirant vivement sur sa cigarette avant d'en faire tomber la cendre dans le cendrier qui lui faisait face. Et finalement, il sembla vouloir se calmer et dit sur un ton plus désinvolte, comme si ce qu'il prononça était moins important, alors qu'en réalité, c'était bien là le nœud du problème.

"Et accessoirement, petit détail, je sais de source sûre qu'il a été corrompu par ceux qu'on appelle ici les forces des Ténèbres. Vous savez, ceux qui ont failli me buter ! "

Ne doutez pas de cette information. Il se souvenait d'avoir vu son nom dans le carnet qu'il avait découvert avec Maria durant une enquête pour l'Ordre, aventure qui avait senti le roussi au propre comme au figuré, quelques années plus tôt, et carnet dont il prit soin à l'époque de faire une copie… Juste pour savoir où il mettait les pieds…  La preuve en était qu'il avait bien fait puisqu'on le bassinait aujourd'hui pour qu'il fasse des affaires avec ce boulet !

Il alla de soi que, du coup, le ton fut bien moins nonchalant après cela, mais bien autoritaire, surtout quand Dray constata qu'il avait jeté un froid sur la digne assemblée. Tout le monde avait baissé le museau. Visiblement, se voir rappeler ce genre de choses provoquait quelques remous dans les consciences…Tant mieux !

"Alors, en effet, qu'y a-t-il à comprendre, Carlota, je vous le demande ! C'est non ! Je n'ai pas fait des pieds et des mains pour nettoyer le Groupe depuis que mon père a voulu prendre quelques années de vacances, pour faire des affaires avec un plus pourri que lui !"

Se rendant compte qu'il avait "peut-être" été trop loin, cette fois, il se permit toutefois un très hâbleur et ironique "Sauf ton respect ! " au pourri en question. Il n'allait pas s'excuser de la vérité par-dessus le marché !  Par contre, Dray s'attendit à une dispute en bonne et due forme du coup, pas à avoir soudain du soutien de Simon.

"Oh je t'accorde le point. Le sujet est donc  définitivement clos."

Et le regard dur que reçut New-York de la part du patriarche,  autant que celui de Dray était étonné, croyez bien qu'il aurait découragé n'importe qui de relancer le sujet. Visiblement la conscience la plus remuée était à Londres… Rien ne valait une petite piqure de rappel…

Toutefois, sans vouloir remettre de l'huile sur le feu, Carlota se permit une petite remarque un peu moqueuse avant qu'ils n'embrayent pour de bon sur un autre sujet.

"Ce que vous pouvez parfois être intransigeant Dray ! Quand vous avez décidé d'une idée, impossible de vous faire changer d'avis, c'est d'un pénible parfois !"

Dray, qui avait fini sa cigarette était en train d'en rallumer une et évidemment, comme à son habitude, il répondit en même temps qu'il actionnait son briquet, le filtre entre les dents.

"Ouais, on me l'a déjà dit : autant peigner une girafe…"  

Quelques sourires apparurent sur les lèvres, un rire se fit même entendre venant de l'administrateur qui avait en charge le continent africain, ayant reconnu un proverbe de chez lui. Dray, quant à lui, reprit après une nouvelle longue bouffée de tabac salutaire.

"Mais reconnaissez que cette fois, j'ai d'excellentes raisons."

Oh, Carlota reconnaissait. Cela se voyait dans la façon qu'elle eut de hocher la tête. Mais cela posait semble-t-il un problème.

"Mais du coup, on fait comment pour remporter le marché ? "

Ca, c'était une bonne question selon les membres du Conseil qui entouraient la table. C'était même en leur sens, essentiel, vu comment chacun s'était redressé sur son siège. Fox, fort inspiré, eut un sourire goguenard. Il était visiblement très fier de sa réponse, le sale gosse.


"Vous savez ce qu'on dit chez Demba ? Qui avale une noix de coco, fait confiance à son anus !"

Le dit Demba, nouvellement arrivé dans le Conseil grâce au jeune PDG et qui avait déjà discrètement rit sur le tour précédent et la girafe, fut cette fois pris de fou rire vrai de vrai, (ça pouvait sans doute se comprendre…) alors que les autres regardaient leur patron d'un air ahuri. Moins David, le bras droit du fils et du père, et ce dernier, qui eux, semblaient surtout consternés. Les uns semblaient encore se poser sincèrement deux questions : Qu'est ce qu'il dit ? Ils… ils avaient bien entendu ? Les deux autres se dirent que décidément, Dray avait décidé qu'ils ne finiraient pas ce conseil d'administration dans le sérieux que demandait tant leur fonction que l'exercice en lui-même. Et en effet, le PDG jugeait que c'était bien plus marrant de voir les têtes de poissons morts de ses "collègues". Le trouble dura quelques instants de plus, le temps que le Sénégalais se calme et explique de sa voix de basse, en essayant de reprendre son souffle.

"Dans votre pays, cela veut dire avoir les yeux plus gros que le ventre."

Dray ne fit aucun effort pour retenir son sourire de sale gosse. Mais il reprit avec sérieux cette fois.

"Le prix à payer n'en vaut pas la chandelle. On est déjà majoritaires sur le secteur et nos concurrents seraient fous de s'opposer à nous. La seule menace serait qu'ils s'allient. Mais tant que nos agents sèmeront la zizanie entre eux… Je m'inquiète davantage des insistances de l'autre cafard quand je sais avec qui il travaille…"  

Ce fut Simon qui répondit à cela voyant son fils héritier soudain ouvertement inquiet, vu sa manière de regarder sa cigarette se consumer quelques secondes au dessus du cendrier.

"Tu penses qu'ils tentent une infiltration ?"

Dray se contenta d'un "hum…" bref qui valait bien un oui. Pourtant, ils avaient un "accord de non-agression" si l'on put dire… mais cela n'incluait peut-être pas l'espionnage pour ces tarés… On jugea bon de respecter la réflexion du PDG qui finit par hausser les épaules. Il manquait d'informations sur ce coup alors inutile de se mettre Merlin en tête. Et il explicita sa pensée par un autre proverbe de son cru en reportant finalement sa cigarette aux lèvres.

"Bah, le whisky sent la punaise écrasée mais le contraire n'est pas vrai…"  

A nouveau têtes ahuries, consternées ou amusées (cette fois, on comptait Faure et Cox en plus de Demba) selon les cas, autour de la table. Simon, lui, soupira lourdement et se pinça l'arête du nez. Il ne savait pas ce qui était passé par la tête de son héritier mais il semblait reposant pour tous de suivre cette nouvelle lubie.

"Traduction, je te prie ?"

Dray sourit à nouveau, pleinement satisfait qu'on lui pose  la question. Décidément, il avait eu une bonne idée, il s'amusait prodigieusement à perdre son petit monde dans ses élucubrations soudaines. Ca valait bien une journée de vacances à bien y penser. Il allait pouvoir tout raconter à ses potes dans la soirée. Il était sûr que cela pouvait faire rire les BR et peut-être même Vaughn.

"Ben alors, on a du mal à suivre le raisonnement ?" remarqua donc notre héros avec un sourire fort narquois. Comme quoi, tout arrivait, Simon ne voulut pas réagir à cette pique. Dray, s'il en fut à nouveau étonné, n'en dit rien et éclaira donc la lanterne de  l'assemblée.

"Je veux dire que ce n'est pas parce qu'il travaille avec eux et veut travailler avec nous, qu'ils sont forcément derrière. Mais comme un homme averti en vaut deux… On va le mettre sous surveillance…"

Simon eut lui-même un sourire hâbleur, rare venant de sa part, mais qui montrait une fois de plus, leur énorme ressemblance.

"Mon fils aurait quitté son monde utopiste ? J'ai du mal à le croire…"  

C'était étonnant de voir le père et le fils se mettre plutôt gentiment en boîte comme ça alors qu'ils s'engueulaient comme des chiens (ou plutôt des renards…) enragés  un peu plus tôt dans l'après-midi. Mais il fallait croire que la pause cigarettes partagée, le nouveau jeu de Dray et surtout, l'allusion aux évènements de Hyde Park, avaient calmé les esprits des deux belliqueux…

"Faut dire que je l'ai payé cher…" souligna toutefois avec douceur le jeune homme à son père qui s'assombrit à cette remarque pour des raisons évidentes et identiques aux précédentes. Il y avait des sujets devenus sensibles…

Mais le débat reprit par une remarque de McTurning, l'opposé le plus véhément du jeune PDG.

"Et on peut dire adieu à des millions de dollars et tout le monde est content… Vous êtes pitoyables."

L'homme jugeait qu'il fallait bien qu'il y en ait un qui garde les pieds sur terre… Fox haussa les épaules avec mépris cette fois. Et sans vergogne, il alla se fighter avec celui dont il voulait à présent se débarrasser depuis un bon moment.

"Oh arrêtez votre char, vous ! Je n'ai pas dit qu'on allait laisser couler. J'ai dit qu'on n'utiliserait pas n'importe quelle méthode. Vous êtes tellement pénibles que je me suis endormi pendant la réunion, ou on est bien d'accord sur le fait que ce n'est pas une priorité ? On va gagner des millions autrement en attendant, comme d'habitude, rassurez-vous. Vous l'aurez votre bonus de fin d'année et votre part variable… Si on est pitoyables, vous, vous êtes méprisable. C'est encore moins glorieux. Un conseil, McTurning : restez à votre place."

L'avertissement était on ne peut plus clair, surtout quand on voyait la lueur mauvaise dans les yeux du New-yorker… A force de lui donner des munitions, il finirait bien par réussir à le virer… Et vu le regard des autres administrateurs, l'homme comprit qu'il était esseulé, cette fois…

Ce fut David qui mit définitivement fin à ce sujet sensible.

"Dossier suivant…"  

Mais le soupir agacé qui lui répondit et qui venait de Londres retentit de manière fort audible. Dray, évidemment, qui décidément, n'en pouvait plus de ce Conseil. Pour preuve, l'hyperactif qu'il était se leva et fit les cents pas, ce qui n'était certes pas inhabituel mais en tout cas très révélateur de son besoin de bouger à présent. Le bras droit sourit avec patience.

"Courage Dray, c'est le dernier."

"Mouais, un sous-marin, pour une baleine, c'est un gros suppositoire à bien y penser…" répondit Dray en faisant une grimace dégoutée et une moue triste plutôt adorable. Simon ignora les rires que cette nouvelle déclaration provoqua mais lui-même eut bien du mal à ne pas sourire. Par contre, il réfléchit à la signification de cette nouvelle déclaration très imagée. Finalement, lui aussi en avait marre et les élucubrations de son fils n'étaient pas un mauvais dérivatif au bout du compte.

"Tout est relatif ?"

Le jeune PDG retrouva un peu le sourire, plutôt content de voir que la mayonnaise avait fini par prendre, surtout venant de son père quelque part. Ce dossier serait vite torché…

"Pour une fois, on se comprend."

Au moins, cette réunion finissait mieux qu'elle n'avait commencé pour le repos des nerfs de chacun…


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

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Succursale anglaise de la Fox
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