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 The Adler Wizard Gallery - Galerie Ayling

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AuteurMessage
Dray Fox
Exilé(e) politique

Exilé(e) politique
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Messages : 2722

Né(e) le : 12/09/1984
Age : 33

Où à Poudlard ? : Je vous en pose des questions ?

Rang & Club : Baka ranger vert.

Caractéristiques
Compétence: Niveau 8
Particularité: PDG de la Fox
Baguette: 33 cm, bois de prunellier (manche), bois de Lierre (corps), dard de Billywig et poil de Nundu (Une baguette de barj à l’image de son propriétaire... XD)

MessageSujet: The Adler Wizard Gallery - Galerie Ayling   Mer 4 Avr 2012 - 18:01

[Suite d'ici ! ^^]


La première chose que Dray fit, ce soir-là, quand il fut assuré que Vaughn dormait enfin, ce fut de ranger le studio retourné. Et aussi étonnant que cela pouvait paraître, notre milliardaire en connaissait un rayon, en sortilèges ménagers, et en particulier celui que lui avait appris Anna, la mère de Sergeï, et qui avait la particularité de ranger les choses exactement à leur place passée, comme si l'espace avait gardé en mémoire le parcours de l'objet. Un peu comme si quelqu'un appuyait sur une touche reward magique.

Aussi, il ne fallut pas plus d'une petite heure, pour que silencieusement, chaque objet retrouve sa place exacte dans le décor de l'émissaire. Le jeune homme ne pouvait pas faire grand chose pour aider son aîné, mais au moins pouvait-il lui épargner une séance de rangement fastidieuse. Fox partait de l'hypothèse, peut-être erronée mais il prenait le risque, que mieux valait, pour son moral, que Xander se réveille dans un appart ayant retrouvé une aura un peu plus chaleureuse que dans un bordel sans nom qui lui rappellerait aussitôt et brutalement ses soucis. C'était peu de choses, un détail sans doute, mais qu'importe, il fallait prendre n'importe quel mieux.

Et puis, quand il eut fini, le New-yorkais, qui n'avait aucune envie de laisser son ami seul pour le moment, s'était permis de voler un autre soda dans son bar et sortit de son porte-feuille le contrat que ce dernier avait passé avec cette fameuse galerie. Il était grand temps à présent qu'il étudie la question. Plus vite, il saurait de quoi il en retournait exactement, plus vite il pourrait corriger le tir et donc sortir le peintre de la galère dans laquelle il s'était ferré. Tsss, cette adorable andouille aurait mieux fait de venir le consulter avant de signer n'importe quoi. Non, mais c'est vrai quoi. A quoi ça servait de coucher avec un homme d'affaires reconnu et ne pas profiter de ses bons conseils gratis en matière de business ? Surtout quand on en pigeait pas une bille. D'accord, Vaughn ne demandait jamais rien et surtout pas une once de coup de main. Comme si ça allait le tuer. Mais s'il avait autant de bon sens que d'orgueil, il aurait pu s'éviter bien des tracas... Enfin...

Mais il se trouvait que quelqu'un allait vite lui rappeler que lui aussi avait son lot d'emmerdes et qu'il était mal placé pour la ramener. Sur ces pensées moyennement charitables pour le représentant du Tennessee, il voulait bien le concéder, quand il déplia les documents en se dirigeant vers le canapé, Fox ne s'attendit pas à lire ce nom et surtout ce logo-là dans l'entête. Il ne l'avait pas demandé à Vaughn. Pas de questions, c'était le deal. Ou plutôt une habitude. C'était jusque là un détail sans importance. Il n'était même pas sûr que son compatriote le lui ait dit dans la conversation. Ou alors, il n'avait pas percuté. Il aurait dû être plus attentif parce qu'à présent, cette enseigne lui sautait aux yeux, pour l'avoir déjà vu avant. Dans l'un des dossiers de Maria, et pas des moindres... Personne, fort heureusement, ne put voir l'Américain blanchir et s'asseoir brutalement dans le sofa, en se passant une main presque désespérée sur le visage, claquant littéralement dans son mouvement le verre sur la table basse, sans quitter le papier des yeux. C'était quoi encore ce bordel ?!

Choqué, c'était peu de le dire, il finit par jeter les documents avec mépris sur la table et s'enfonça dans le canapé en fixant quelques minutes les lettres imprimées avec un dédain et une colère clairement affichés sur ses traits, ses doigts pianotant avec énergie l'accoudoir. Si ce n'était pas du foutage de gueule du destin ça, franchement !? De toutes les galeries du pays ou même de la capitale uniquement, il avait fallu que son sexfriend signe dans l'une des cinq qui appartenaient à sa "nouvelle" belle-mère ! Mais qu'est-ce qu'il avait fait aux Dieux pour avoir un tel karma de merde ?

Dans un soupir mauvais où tout son ressentiment s'exprimait lourdement et un très joli "Fuck !" pour bien ponctuer l'ironie des faits, Fox finit par se relever et alla agrémenter son verre d'une bonne dose de bourbon en s'allumant une cigarette. Il lui fallait au moins ça, là... Maugréant quelque chose de très poétique sur la famille et la poisse, il se redirigea vers le sofa en buvant ce qui était devenu un whisky-coca et, empruntant de quoi écrire à son compatriote, son verre et sa cigarette dans la même main, lui donnant un air de mauvais garçon, surtout avec la tronche qu'il tirait, il se rassit dans l'objectif évident de se mettre au boulot, malgré tout.

C'était que les problèmes de Vaughn étaient plus importants que ce fâcheux détail. Il avait demandé au peintre de lui faire confiance. Il était hors de question qu'il le trahisse. Qu'importe ce que cela allait lui coûter. Il allait devoir faire une croix sur son orgueil, ça, c'était un fait. Lui qui s'était promis de surtout n'avoir aucun contact avec les Ayling, voilà qu'en plus de voir son frère débarquer à Poudlard, il allait devoir faire affaires avec la chère et tendre épouse de Simon. Enfin, ce n'était pas elle qui avait proposé d'exposer Xander, c'était son assistant. Logique, avec cinq succursales, elle ne pouvait pas être au four et au moulin. Et donc, avec un peu de chance, s'il se démerdait bien, il pourrait traiter avec lui et non avec la propriétaire honnie. Venir se faire dorer une tarte pendant qu'elle jouerait les meuniers...

Mais avait-on déjà vu Dray Fox avoir de la chance quand il en demandait ? Même quand il n'en demandait pas d'ailleurs... Il avait épluché le contrat, prit pas mal de notes, et était même descendu au cachot n°4 vérifier dans ses bouquins de droit deux ou trois points pour en venir à la conclusion que oui, Vaughn s'était bien fait entubé mais que c'était parfaitement légal. Toutefois, comme il l'avait dit, les règles éthiques de la profession, tacites, en avaient pris un sérieux coup dans l'aile. Il avait donc tout de même un angle d'attaque et pas des moindres. La réputation.

Donc, le lendemain, il avait pris rendez-vous avec cet assistant dans les plus brefs délais, c'est-à-dire pour l'après-midi même, évitant pour une fois soigneusement d'user de son nom mais arguant qu'il pouvait y avoir une belle commission à se faire. Après tout, puisque l'argent semblait être si important pour ce pantin-là (sinon pourquoi presser les artistes comme des citrons dans une entreprise de limonade ?), autant tirer sur cette corde. Mais quand, il se présenta à la galerie et s'apprêta à passer dans le bureau de celui qu'il était venu voir, à sa suite, une voix féminine et autoritaire le cloua sur place, alors que l'assistant s'effaça aussitôt.

"Laissez, Blaise, je me charge de recevoir ce monsieur..."

Après avoir encaissé cette douche froide avec la plus remarquable désinvolture dans ces circonstances, Dray pivota sur ses appuis pour faire face à Piper Ayling (Fox si elle n'avait pas fait l'habile choix de garder son nom de jeune fille...) celle qu'il redoutait donc et qui semblait sortir de la réserve. Voilà pourquoi il ne l'avait pas vu en entrant et en faisant le tour des lieux, prétextant vouloir admirer les œuvres exposées (dont quelques unes qu'il avait vu naître d'ailleurs...). Il s'était réjoui trop vite. Plutôt grande, brune, distinguée, belle il l'avouait, ressemblant à sa mère et Béa..., fidèle aux photos qu'il avait vu d'elle, elle ne semblait pas plus surprise que ça de le voir là. Ou alors comme lui, elle cachait bien son jeu... Dans tous les cas, ils se toisèrent, lui froidement, elle, plus curieuse, avant qu'elle ne reprenne la parole.

"Je m'attendais à vous voir plus tôt, Dray." signala la quarantenaire en allant vers le comptoir de l'accueil pour examiner le carnet de rendez-vous.

"Ou devrais-je dire Alexis Gardner ? Pourquoi ce mensonge ?"

Bon au moins, elle ne s'embarrassait pas de faux-fuyants... Fox, glacial, soutint son regard interrogatif et sévère, et n'hésita donc pas à répliquer sèchement :

"Pour ne pas vous tenter de me rencontrer en apprenant ma venue."

Piper ne cacha aucunement la surprise que cette réponse hostile fit naître en elle et qui en disait long. Les choses étaient posées. Son beau-fils n'était pas là pour elle. Mieux, il sous-entendait qu'il s'évertuait à la fuir comme la peste. Il savait depuis des mois la vérité et pourtant, si elle n'avait pas décidé de passer à l'improviste, il était évident qu'elle aurait pu encore attendre un moment cette entrevue.

"C'est réussi !" s'exclama-t-elle finalement avec un sourire narquois qui irrita profondément son vis-à-vis, mais qui se contenta de pincer légèrement les lèvres en haussant négligemment les épaules.

"Erreur de timing."

Piper hocha la tête avec amusement et circonspection. C'était une manière de voir les choses.

"Hum hum... On va dire ça, oui."

Elle s'apprêta à le titiller encore un peu, trouvant la situation cocasse. Lui, il était évident qu'il devait penser hautement désagréable. Tout dans son attitude corporelle et dans son regard le disait. Il avait d'ailleurs le même que son père à une différence près : il était nettement plus vif et expressif que celui de Simon. Mais Dray ne lui en laissa pas l'occasion puisqu'il reprit la parole sur un ton, certes modéré, mais terriblement dur.

"Ne perdons plus de temps, Mlle Ayling, voulez-vous ?"

C'était elle, ou son beau-fils avait quelque peu appuyé avec sarcasme sur son nom et la civilité l'accompagnant ?

"Maintenant que vous savez que ma venue ne vous concerne pas personnellement, pourrions-nous en venir au sujet ? Non, j''ai une meilleure idée. Laissez-donc votre assistant me recevoir comme prévu."

Boom. Là, la propriétaire de la galerie devait reconnaître qu'elle se trouvait un peu déstabilisée. En quelques mots, le premier fils de son époux avait réinstallé avec autorité une distance saisissante entre eux. Il savait décidément de qui tenir. Elle était certaine qu'il l'aurait haï si elle avait exprimé cette pensée à voix haute mais on ne pouvait pas nier les évidences. Piper fixa Dray quelques secondes, dubitative, cherchant à lire en lui, mais tout ce qu'elle perçut, fut une détermination implacable et aucune trace du moindre sentiment, quel qu'il fût, positif ou négatif. Elle se doutait bien qu'il n'allait pas lui sauter au cou. Mais elle s'était attendue à de la colère, voir de la haine ou du mépris. Pas à rien. Enfin rien... Plutôt une froide indifférence, teintée de cette arrogance caractéristique des Fox. La vérité était là : elle lui était complètement étrangère. Et ça, ce n'était pas un scénario qu'elle avait envisagé. Ni elle, ni son époux. Ils avaient supposé que ce chien fou allait lui tomber dessus vitesse grand V. Mais à part quelques allusions dans la presse à l'intention de son père, dans le courant du mois d'avril, il les avait tout bonnement ignoré, Dorian et elle. Ils n'existaient pas dans son monde. Et en cet instant, face à face, elle en avait une démonstration cuisante. Le jeune homme opiniâtre ne voulait clairement rien à voir à faire avec elle. Il allait déchanter.

"Non. Puisque vous êtes là pour affaires, je tiens à m'occuper personnellement de vous." répondit-elle donc en réemployant le même adverbe que le New-yorkais et en insistant ironiquement dessus alors que de la main, elle lui indiqua la direction de son bureau. Tout ce qu'elle obtint comme réponse, à provoquer ainsi son beau-fils, fut un léger plissement des yeux, teinté de dangerosité. Une seconde tout au plus qui pourtant la fit frissonner. Et puis plus rien. A nouveau, Dray arborait cette désinvolture dédaigneuse. Il était bon comédien. Mais en cet instant, il s'était trahi.

"Alors qu'est-ce qui est donc si important pour que vous ayez pris le risque que l'on se croise ?" demanda finalement la galeriste avec malice en s'asseyant derrière son bureau alors qu'elle invitait le jeune homme d'affaires à prendre place face à elle. Dray ignora avec superbe l'agacerie de sa belle-mère et s'installa avec sa nonchalance et son élégance coutumières. Mais évidemment, en vérité, il pestait intérieurement. Il avait l'impression que malgré ses efforts pour ravaler ses sentiments, Piper parvenait à lire en lui. Elle le dérangeait, en plus de réveiller ses rancœurs. Ils avaient raison en fait, elle et son père de se méfier. Il les détestait, elle et son rejeton. C'était viscéral. Mais s'il y avait bien une chose que Dray n'était pas, c'était stupide. Il n'était pas assez con pour donner des munitions à son géniteur et se tirer une balle dans le pied. Ce qu'il avait donc de mieux à faire, c'était tout bonnement de se tenir à distance.

Mais s'il avait rompu cette promesse qu'il s'était faite, c'était en effet pour une excellente raison. Il avait juste intérêt à être prudent et rester concentré sur ses objectifs. Et Xander était sans aucun doute possible la meilleure des motivations...

"Que pensez-vous du travail de votre assistant, ici ?" demanda donc à brûle-pourpoint le jeune homme sans se départir de ce ton neutre et austère qu'il adoptait la plupart du temps que dans sa profession. Piper fut étonnée de cette approche et elle ne vit aucune raison de le dissimuler, comme le montra sa manière de répondre, intriguée.

"Blaise ? C'est un bon élément, compétent et ambitieux. Il a fait ses preuves.

Je vois. Ainsi vous vous reposez sur lui sans crainte ?"

A nouveau, dans un froncement de sourcils, la quarantenaire chercha où voulait en venir l'aîné de Simon.

"Exact. Sous sa direction, cette galerie fait un excellent chiffre d'affaires et j'ai ainsi plus de temps pour me consacrer à la gestion des autres."

Dray se retint d'esquisser un sourire amer. Un excellent chiffre, elle lui en dirait tant ! Ce type poussait les artistes qu'il avait en charge dans les limites de leurs capacités. Il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il fasse des bénéfices... Mais le New-yorkais décida de jouer encore un peu au chat et à la souris. On ne remontait pas une grosse prise sans donner un peu de mou à la ligne.

"En particulier, cette nouvelle galerie si prometteuse prête à ouvrir à côté de Buckingham..."

Cette fois, ce fut un réel sursaut qui secoua la mère de Dorian et elle se leva brutalement, furieuse.

"Comment … Auriez-vous osé vous renseigner sur moi ?!"

Fox la défia du regard et haussa un sourcil, hautain, comme si ce qu'elle venait de dire était un non-sens.

"Évidemment. En quoi est-ce surprenant ? Ces pratiques sont courantes chez les Fox. Bienvenue dans la famille."

Piper eut la sensation de recevoir un seau d'eau glacée et se rassit, mal à l'aise et désarmée par le calme et la dureté de Dray. Et par ses yeux platine, tranchants qui semblaient vouloir la transpercer. Il y avait un fossé entre eux, invisible mais immense et le sarcasme, teinté de dégoût savamment étouffé mais pourtant terriblement audible à ses oreilles, sonnait comme une sorte de condamnation. Le sous-entendu de l'Américain était parfaitement traduisible : tu sais qui tu as épousé et qui tu as en face de toi alors ne joue pas les outragées. C'était les règles du jeu. Et s'il avait pris la peine de se déplacer jusqu'ici malgré ce qui les divisait, c'était qu'il avait définitivement d'excellentes raisons et qui concernaient de près ce qu'elle avait de plus important après Dorian. Son travail.

"Que voulez-vous, Dray ?" demanda-t-elle finalement en se laissant aller dans son fauteuil, croisant les bras en signe évident de défense. Elle voulait bien accepter de lui laisser une marge de manœuvre un moment mais il allait devoir se montrer droit. Voilà ce qu'elle sous-entendait, elle. Et Fox n'eut aucun mal à comprendre lui aussi le message.

"Je me demandais si vous aviez une idée exacte des méthodes de management de votre employé, pendant que vous développez votre entreprise." répliqua alors le jeune homme, l'air de rien, le menton négligemment en appui dans le creux de sa main, le coude posé sur l'accoudoir de son siège, alors qu'il jetait nonchalamment en le tenant entre l'index et le majeur le contrat de Vaughn sur le bureau.

Piper s'en saisit avec une curiosité évidente et le parcourut rapidement.

"Je ne vois pas où est le problème." finit-elle par dire après lecture en reposant soigneusement les documents entre eux. Et à son expression innocente, un peu interdite, il était évident qu'elle était sincère.

"Peut-être que le tableau vous apparaîtra plus authentique si vous le mettez en parallèle avec le carnet de commande..."

A nouveau, la galeriste tiqua mais se tourna vers son ordinateur. Et plus elle examinait les fichiers, plus Dray voyait son expression changer, pour devenir tendue puis imperméable. Elle abandonna finalement son écran, impassible, et capta le regard étrangement flegmatique de son beau-fils.

"Je ne comprends pas quels sont vos intérêts dans cette affaire.

Je n'en ai pas." riposta simplement l'Américain, peu prolixe, c'était le moins qu'on puisse dire. Mais c'était bien suffisant pour donner à l'Anglaise tout ce qu'il fallait pour poursuivre.

"Alors vous défendez simplement ceux de Monsieur Xander." déclara-t-elle sur le même ton. C'était aisé à déduire et elle voyait donc à présent enfin un moyen de pression s'offrir à elle.

"Vous admettez donc qu'il a besoin d'une défense. Intéressant."

Le très léger sourire qui était venu fleurir les lèvres de Piper s'évanouit à cette remarque détachée. Évidemment, les chats ne faisaient pas des chiens...

"Ce contrat est tout ce qu'il y a de légal, Dray.

Mais il n'est pas régulier.

Et alors ?"

A nouveau, ils s'affrontèrent du regard. Ils cherchaient la faille. C'était à celui qui lâcherait du terrain le premier. En effet, il y avait un problème, Piper s'en était évidemment rendue compte. Fox, second du nom, venait de révéler un dysfonctionnement au sein de son commerce qu'il fallait corriger ce qu'il eut tôt fait de souligner.

"Vous êtes une femme d'affaires efficace, Mlle Ayling. Le calcul des pertes et profits ne vous est pas inconnu."

Le compliment la surprit hautement. Elle n'aurait jamais pensé que Dray lui attribue la moindre valeur, même professionnelle. Ce petit malin pensait-il que la flatterie la mènerait à céder ? Erreur de jugement si c'était le cas. Mais non, l'aventurier pensait réellement ce qu'il venait de dire. Elle s'était élevée par ses simples efforts, il le savait, alors qu'elle avait la plus efficace de toutes les cartes de crédit et de visite dans son lit depuis des années. Mais la brune sembla sceptique.

"Jouons franc-jeu, Dray. Vous êtes là pour renégocier ce contrat, c'est entendu. Or vous êtes un danger pour ma famille. Pourquoi devrais-je céder à vos exigences ?"

L'Américain retint de justesse une grimace amère et contrariée. Il l'attendait tiens, cet argument. C'était ce qu'il craignait le plus. D'après ce que lui avait dit Black sur qui était Piper Ayling, le jeune homme se doutait bien qu'elle n'était pas responsable de ce qu'il avait appelé des indélicatesses. Mais qu'elle refuse de parlementer simplement parce qu'ils étaient opposés, ce n'était pas foncièrement original. Mais elle était aussi intelligente, alors on allait encore attendre avant de sortir le canon pour écraser la mouche.

"Ce n'est pas dans votre intérêt de perdre cet artiste. Il vous rapportera plus d'argent à long terme en en prenant soin, que dans l'état actuel des choses. A surexploiter une terre, on l'appauvrit et en très peu de temps, il n'y pousse plus rien."

Piper ne pouvait qu'être d'accord avec ce raisonnement. Mais l'admettre, c'était donner la victoire à Dray. Et puis, elle était curieuse de voir jusqu'où il était capable d'aller pour atteindre son but. Sa démarche était-elle aussi innocente qu'il le disait ou cela entrait-il dans un plan quelconque, comme elle le supposait ? L'épouse de Simon décida donc de pousser son beau-fils dans ses retranchements.

"Si Monsieur Xander ne peut pas tenir ses engagements, d'autres prendront sa place. Il ne serait pas le premier à échouer. Le monde de l'art est si mouvant et implacable... "

Alors elle le prenait comme ça ? Et bien il ne lui restait plus que le gros calibre dans ce cas... Pas faute d'avoir essayé d'éviter l'affrontement direct, pourtant.

"C'est pour ça que j'ai toujours refusé de déléguer. Nombre d'empires ont vu leur gloire irrémédiablement ternis par la faute d'un sous-fifre.

Dois-je voir dans vos paroles une menace ?" s'impatienta Piper qui commençait à ne pas du tout apprécier la direction que prenait la conversation. Elle se rendait compte qu'en fait, Simon avait raison. Dray était tenace et ne reculait pas devant grand chose pour arriver à ses fins.

"Du tout." répondit le New-yorkais sans changer quoi que ce soit à son attitude insensible.

"Comme vous, j''expose simplement des faits établis."

Des faits établis, tu parles ! Bien sûr qu'il la menaçait ! Comme elle venait de le faire. La quadra décocha à Fox un regard furieux. La donne était claire. Refuse et toute la profession apprendra que tu arnaques les artistes que tu représentes. Plus de tableaux à vendre, plus de galeries...

"La question qui se pose donc, c'est : êtes-vous prêt à sacrifier les intérêts à long terme de celui que vous représentez pour mon empire ?"

Bref si tu tentes quoi que ce soit contre moi, ton client est définitivement et à jamais grillé. Elle n'était pas arrivée jusque là pour voir ce sale gamin tout foutre en l'air !

"Et vous, êtes-vous prête à sacrifier l’œuvre de votre vie et l'hypothétique avenir de votre fils dans ce milieu pour me voir à terre ?" riposta Fox du tac au tac, non plus détaché mais acide. Ou fais dans la surenchère en t'en prenant à lui plutôt qu'à moi et je te garantis un retour de bâton dont tu te souviendras.

La mention que Dray fit de Dorian fut sensiblement l'argument décisif. Elle n'était même pas surprise qu'il connaisse les souhaits de son cadet pour sa profession future. Dans un soupir, Piper qui s'était redressée fièrement pendant leur échange se laissa une nouvelle fois aller dans son fauteuil et observa son beau-fils en silence.

"Il serait improductif pour vous comme pour moi d'en arriver à de telles extrémités, n'est-ce pas ?" finit-elle par dire d'un ton placide. Il fallait calmer le jeu, devenu trop rapidement belliqueux. Ils perdaient le contrôle. Fox ne répondit rien, se contentant d'acquiescer d'un léger mouvement de tête sec avant que la galeriste ne reprenne.

"Cependant, tout est une question de contre-partie. Je ne gagne rien à revoir ce contrat. Au contraire, j'y perds sensiblement. Monsieur Xander nous apporte des commissions substantielles.

Que vous perdrez de toute façon à plus ou moins long terme si nous ne trouvons pas d'accord amiable. Et si vous refusez de considérer le cas de mon client, d'autres sont intéressés par son œuvre. "

Bref, on ira chez le concurrent. Et l'emploi du présent sous-entendait que les tractations étaient déjà en cours. C'était du bluff ? Bien sûr. C'était une technique comme une autre. Parfois ça marchait. Parfois pas.

"J'entends bien, Dray. Voilà le marché. J'accepte de renégocier cet accord mais en échange, je veux savoir ce que vous comptez faire pour Dorian. J'ai inscrit mon fils, il y a peu à Poudlard. Et je me doute que vous le savez. Suis-je dans l'erreur ?"

Fox se contenta d'un hochement de tête négatif en se refermant sensiblement. Voilà une conversation qu'il se serait bien épargné...

"Alors ? A quoi dois-je m'attendre ?" insista donc la mère de son demi-frère avec sévérité.

"A rien." répliqua Dray en trouvant un tout nouvel intérêt pour le sol. "Tant qu'il se tiendra loin de moi, il n' aura rien à craindre de ma part."

Cette réponse ne convint cependant pas du tout à Piper.

"Dorian n'est qu'un enfant qui se pose beaucoup de questions sur ses origines paternelles et sur vous, son frère. Se tenir loin de vous sera impossible pour lui. Et moi, je veux être certaine que vous ne ferez aucun mal, quel qu'il soit à mon fils ! Il n'a pas à subir la querelle qui vous oppose à votre père !"

Dray releva la tête vivement à ces mots et sa main crispée à l'accoudoir montrait l'étendue de ses efforts pour garder son masque d'indifférence en place alors qu'en réalité, il fulminait.

"Je ne suis pas le responsable de cette situation. Ce n'est pas moi qui l'ai mêlé à tout ça." claqua-t-il d'une voix sourde mais en tentant au maximum de garder un ton posé. Pense donc à Vaughn, tiens...

Piper ne put que reconnaître les efforts de Dray et dans un soupir, elle changea légèrement de ton pour adopter une attitude plus conciliante.

"Je vous le concède et j'ai déjà eu une discussion à ce sujet avec mon mari."

Les intonations implacables de la galeriste sur ces derniers mots sous-entendaient bien que cela avait dû être jouasse pour le concerné. Dray regrettait de ne pas avoir pu assister à la scène, tiens. Imaginer son père dans ses petits souliers, c'était de l'or en barre.

"Cela n'empêche. A présent que nous en sommes là, j'exige des garanties." poursuit-elle cependant avec fermeté.

Fox resta un instant silencieux alors qu'il subissait avec amertume le regard intransigeant de sa belle-mère. Des garanties... Elle en avait de bonnes !

"C'est à dire ?" finit-il par demander, méfiant. Il avait besoin de précisions parce qu'il ne fallait pas non plus lui réclamer l'impossible. Mais il voulait bien être ouvert au dialogue. Ce n'était pas comme s'il avait le choix de toute façon puisqu'elle mêlait Xander à leurs affaires...

Piper eut un mouvement de tête révélateur de sa satisfaction. On avançait.

"Abandonnez votre vendetta contre Simon.

Quelle vendetta ?

Ne me prenez pas pour une idiote. Votre père vous sous-estime, pas moi."

A nouveau, échange significatif de regards. Fox avait tenté de nier toute implication, impassible. Je ne vois pas de quoi tu parles. Juste pour voir ce qu'elle avait réellement dans son jeu. Mais Ayling n'était pas tombée de la dernière pluie. Ce fut à son tour d'adopter un regard froid et dangereux. Et Dray céda, en baissant à nouveau les yeux, vaincu. L'Anglaise profita de sa nouvelle ascendance.

"Abandonnez.

Vous plaisantez ?"

Ça justement c'était trop lui demander ! Et la brusquerie avec laquelle l'Américain avait répondu, visiblement incrédule de la voir réitérer sa demande était assez explicite. Elle osait vraiment aller jusque là ? Elle ne manquait pas de souffle, la belle doche ! Et l'expression d'invraisemblance que son beau-fils arborait à présent amusa sensiblement Piper. C'était comme si elle lui avait demandé de se changer en veracrasse. Faut pas abuser de la mauve douce, belle-maman semblait-il dire silencieusement.

La question, cependant, était : est-ce que pour Vaughn, il était capable de laisser tomber ? Si elle ne lui laissait aucune chance. Si c'était ça ou rien ?

La réponse était oui. Évidemment que oui. Si vraiment c'était la seule option, il abandonnerait. Son compatriote n'avait rien à voir avec tout ça et il n'allait jamais le sacrifier sur l'autel de sa vengeance. Ni lui, ni aucun autre de ses amis. Il était incapable de les trahir. Mais ça, Piper n'était pas obligée de le comprendre.

"Qu'on soit bien d'accord. Rien ni personne ne me fera reculer sur ce terrain. Je veux bien vous promettre d'épargner votre fils, mais certainement pas mon père. Ce qu'il y a entre nous vous dépasse complètement. Restez en dehors de ça. Pour votre bien et celui de Dorian. Comme Simon, je n'ai aucun état d'âme à lâcher du lest quand il s'agit de business." déclara donc l'aîné de Simon avec une assurance assassine qui eut le mérite de calmer les ambitions de la galeriste. Et le fait qu'il appelle pour la première fois son frère par son prénom n'y était pas non plus étranger.

"Bon, je me doutais bien que j'essuierais un refus. Mais au moins j'aurai essayé. Alors contentons-nous de Dorian. Mon fils est ma priorité sur toute chose et Simon se dépatouillera bien tout seul."

Fox haussa un instant les sourcils, surpris d'une telle formulation. En d'autres circonstances, elle aurait même pu le faire sourire. Piper, toutefois continua :

"Quoi que vous ayez à reprocher à votre père, Dorian ne doit rien savoir. Je sais que mon mari n'est pas un saint, loin de là. Ne croyez pas que j'ignore sa part d'ombre."

Un ricanement sarcastique et amer l'interrompit.

"Ombre ? Obscurité totale, vous voulez dire !"

La quadragénaire ignora dans une grimace cette remarque cynique et la rejeta même d'un mouvement de main comme on chasse une mouche.

"Bref. Ce qu'a fait Simon par le passé doit être ignoré de mon fils. Il est un bon père pour Dorian.

Quel veinard..."

Piper tiqua encore mais cette fois elle se contenta de fixer, un peu navrée, le jeune homme qui lui faisait face. La douleur de ces deux mots que Dray avait échoué à camoufler malgré ses efforts ne lui avait pas échappé. Mais elle prit le parti de passer outre, au grand soulagement de son visiteur.

"Alors puis-je espérer avoir gain de cause ? "

Dray soupira lourdement. Cette conversation, décidément, lui était particulièrement pénible et un instant, il ne fit plus rien pour le dissimuler.

"S'il apprend quelque chose, ce ne sera pas par moi, vous avez ma parole..." murmura finalement le jeune Américain en laissant son regard se perdre vers la fenêtre qui offrait une douce lumière, promesse d'un bel été. Il avait en effet eu l'intention de tout révéler au morveux, sans remords et le plus violemment possible pour le punir d'être le préféré ou plutôt le seul. Détruire cette famille qui ne serait jamais la sienne et la relation si normale qui les liait, l'image si parfaite qu'il semblait avoir de leur père pour se venger de ce dernier. Lui prendre ce fils chéri...

"Non Dray, vous ne saisissez pas toutes les implications." répliqua avec autorité la galeriste, obligeant par ces paroles le New-yorkais à se reconcentrer sur elle, dans un froncement de sourcils. Que voulait-elle de plus ? Il n'avait rien d'autre à offrir.

"Je suis persuadée que Dorian cherchera les réponses à ses questions. Il est obstiné. Vous devez vous assurer qu'il fasse chou blanc.

Vous me demandez donc d'être votre complice et, pire !, celui de mon père pour sauver les apparences ?" s'exclama Dray, à nouveau en proie à la colère et cette fois l'indignation en plus. Mais cela ne troubla pas Piper qui répliqua froidement :

"Appelez les choses comme vous le voulez."

Alors là, Fox était soufflé.

"Même si notre famille est pourrie depuis des lustres, ce gamin est en droit de vouloir savoir d'où il vient exactement et de connaître la vérité sur son père.

Ça c'est votre point de vue ! Le mien est que Simon se rachète de ses erreurs passées depuis qu'il est auprès de nous...

Laissez-moi rire ! Il ne sait que manipuler son entourage !

... et a été exemplaire auprès de Dorian. Ça aussi c'est la vérité !"

Les voix s'étaient élevées et entremêlées, se coupant et se chevauchant dans la colère. Yeux gris contre yeux bleus dans un duel violent alors que la quadragénaire continuait avec dureté.

"Si vous voulez que je réexamine ce contrat, vous devez protéger votre frère de votre histoire !

Et qu'en savez-vous, de mon histoire ? Si vous n'avez eu que la version de Simon, vous ignorez complètement qui je suis !" rétorqua Dray, révolté.

"Détrompez-vous. Vous n'avez pas le monopole de l'information. Moi aussi, j'ai pris mes renseignements."

Ce fut au tour du New-yorkais de se retrouver déséquilibré par le ton soudain glacial de sa belle-mère. Et la question qui lui vint immédiatement à l'esprit fut bien évidemment ce qu'elle savait alors. Ce chaud et froid eut l'avantage de calmer Fox sur le champ. Piper avait définitivement pris l'ascendance cette fois.

"Si vous tenez aux intérêts de votre client, et je sais que vous aussi êtes un professionnel, vous n'avez pas le choix. Il n'est pas question que Dorian porte le poids du désastre des Fox et de vos erreurs, à l'un comme à l'autre ! On ne peut pas dire que ça vous ait franchement réussi d'ailleurs alors comprenez que je ne veuille pas que mon fils connaisse les mêmes déceptions et les mêmes déboires. "

Fox eut le sentiment de se prendre une gifle. Il baissa la tête, se sentant étrangement coupable, alors que la galeriste s'était mise perfidement à jouer avec le contrat de Vaughn.

"Je ferai mon maximum..."

Que pouvait-il répondre d'autre ? Il était bien obligé d'abdiquer. Elle le tenait, ils le savaient tous les deux. Et dans le fond, il la comprenait. Elle n'avait pas tort quand on y pensait. Décidément, ce môme avait de la chance... Enfin... Dray précisa tout de même :

"Mais je ne peux rien garantir. Au collège, votre fils rencontrera des personnes qui connaissent une bonne partie de l'histoire et sur qui je n'ai pas de contrôle."

Piper pinça les lèvres, frustrée de cette réponse. Mais elle n'obtiendrait pas mieux, il fallait qu'elle se fasse une raison.

"Nous aviserons.

Avons-nous donc trouvé un terrain d'entente ? N'oubliez pas tout de même qu'il est aussi dans votre intérêt de corriger cet accord. Je n'aurai aucune difficulté à descendre votre réputation en tant que galeriste. Et au final, Monsieur Xander a tout de même moins à perdre que vous dans la partie...

Rassurez-vous, nous sommes tous deux des personnes de parole, Dray.

Alors parlons enfin affaires. " conclut le jeune homme avec ironie.

"Ce qui nous attendons avant toute chose c'est de récupérer les droits de vue et de veto sur les commandes. Monsieur Xander est tout de même le mieux placé pour savoir ses délais de livraison.

Je veux bien accepter de m'engager là dessus mais il va falloir qu'il fasse quelques concessions dans ce cas. Autant je veux bien admettre que Blaise a commis... une erreur, autant il s'est montré généreux sur notre commission."

Ce Xander en effet était bien payé pour un débutant. Mais Dray eut tôt fait de rappeler le revers de la médaille.

"Parce qu'il se rattrape plus que largement sur les pénalités de retard avec des délais irréalisables."

Touché. Piper cacha à grand peine un sourire amusé. La partie risquait d'être intéressante.

"Nous accepterons trois pour cent de perte. Et des pénalités réduites sensiblement.

Rien que ça ? Allons, vous n'êtes pas sérieux ! Votre client était encore inconnu, il y a trois mois.

Et aujourd'hui on commence sérieusement à murmurer son nom dans le milieu et son carnet est rempli pour l'année à venir. Vous l'avez dit vous-même : le monde de l'art est mouvant. Cet artiste se fait un nom très rapidement. Ce qui était vrai il y a trois mois n'est plus d'actualité.

Grâce à l'œuvre de Blaise, reconnaissez-le. Son travail de promotion a été particulièrement efficace.

Certes mais je me demande s'il a fait ces efforts pour mon client ou son propre compte. Il était après tout dans son intérêt de trouver un maximum d'amateurs. C'est ainsi qu'il vous ramène autant d'argent. Et s'en fait autant au passage. Monsieur Xander ne doit pas être le seul artiste qu'il a exploité ainsi. Parce que vous êtes bien d'accord qu'à un tel niveau, c'est le mot qui convient le mieux et que bon nombre des membres du cercle partageront notre avis..."

Piper soupira avec ennui. Blaise l'avait décidément mise dans une position délicate...

"Sept et c'est raisonnable.

Trois.

Dray !"

Le jeune homme haussa un sourcil provocateur, imperturbable. La galeriste comprit le message.

"Cinq...

Très bien. A condition que les dites pénalités suivent la baisse d'autant.

Vous abusez là !

Au contraire, c'est là le plus gros problème. Ou oubliez la perte de cachet. Vous ne pouvez pas gagner sur tous les tableaux.

Vous plaisantez ? C'est vous qui...

Faites le calcul, vous verrez que ce n'est pas aussi déraisonnable." coupa Dray fermement avec un sourire en coin. Piper comprit où il voulait en venir. Si elle rendait le contrôle des commandes, elle pouvait dire adieu aux pénalités...

"Car il est entendu que Monsieur Xander a toujours tenu ses délais...

C'est juste.

Et si je refuse le droit de vue et de veto ?

Alors je ne verrai aucun intérêt à tenir mes propres engagements."

La voix du jeune homme s'était faite d'un coup glaciale et chargée de menaces. La galeriste lui jeta un regard noir mais Fox y répondit de la même façon.

"C'est vous qui avez mis votre fils dans la balance des négociations. Il n'était même pas prévu que nous traitions ensemble."

Piper baissa les yeux. Elle lui avait donné le bâton pour se faire battre, cette fois et elle se rendit compte que dans le fond, elle s'était enferrée un peu toute seule.

"Entendu. Je vous sors le nouveau contrat et vous donne une copie du carnet de commandes...

Bien et en parlant des commandes, nous devons régler un dernier détail."

L'Anglaise, déjà en train de rédiger les termes du nouvel accord, lui fit signe qu'elle écoutait.

"Vous êtes peintre, vous-même. Vous connaissez le style de mon client. Trois toiles à livrer avant la fin de cette semaine dans un délai de moins de trois semaines. Il n'y a rien qui vous choque ?"

La quarantenaire cligna des yeux et s'arrêta de taper pour aller examiner l'exactitude de l'information. Et de conclure dans un soupir agacé.

"J'arrangerai personnellement les choses auprès de nos clients et obtiendrai un délai.

Et les pénalités de retard ?

N'en demandez pas trop Dray ! Vous savez qu'à chaque désistement, nous prenons le risque de perdre un client. Et si j'obtiens un délai, vous savez que c'est parce que je rognerai certainement sur le prix de la toile. Il nous faut bien une compensation.

Pourquoi Monsieur Xander devrait-il perdre de l'argent pour une "faute de gestion" de votre galerie ? Prélevez donc la différence et vos frais sur la commission de Blaise. "

Avec impatience, Piper claqua la main sur son bureau. Décidément il ne lâchait rien. Mais après tout, ils étaient dans leur droit. Blaise allait l'entendre !

"Très bien ! Oublions les pénalités de retard !"

Il était dit que l'un et l'autre se souviendrait de cette première rencontre. Après quelques minutes, la brune tendit à son beau-fils une liasse de documents tout juste sortis de l'imprimante.

"Je tiendrais au courant Monsieur Xander des nouvelles dates de commande dans l'après-midi de demain. Combien de temps a-t-il besoin ?

Un décalage d'un mois de toutes ses commandes ne seraient pas un luxe en réalité. Au moins pour ces trois toiles et celles du mois prochain. Il faut les étaler sur le temps.

Et donc ce n'est pas trois clients mais six avec qui je dois négocier.

A qui la faute ? N'y voyez aucune mauvaise volonté de notre part. Mais mon client doit tout de même dormir et assurer certains besoins naturels...

Oh ça va Dray, épargnez moi le sarcasme..."

Fox ne fit pourtant aucun effort pour cacher son sourire narquois alors qu'il rangeait soigneusement les papiers. Il en connaissait un qui allait être un peu soulagé.

"N'oubliez pas que j'ai votre parole." rappela Piper quand Dray s'apprêta à prendre congé.

"Et je n'en ai qu'une. Je ne ferai rien contre Dorian et je le tiendrai éloigné de moi et de... ma version de l'histoire.

Merci."

Dray grimaça avec mépris et se dégagea sèchement de la main que sa belle-mère avait posé sur son avant-bras.

"Il n'y a vraiment pas de quoi pourtant ! Un marché est un marché." cracha-t-il dans son mouvement avec un ricanement mauvais avant de se diriger vers la sortie. Il était incapable de retenir plus longtemps ce qu'il ressentait réellement. La galeriste n'ajouta rien de plus et ne tenta pas de le retenir. Tout avait été dit. Elle le regarda partir en cachant soigneusement ce qu'elle pensa de sa réaction et qui était un mélange de doutes, d'inquiétude et de regrets. Car il était évident que l'avenir allait être sombre et que le jeune homme n'était pas prêt de les accepter, elle et son frère. Dorian allait être déçu. Enfin...

De son coté, il fallut à Dray une très longue course à pied pour se libérer de la colère et la frustration qu'il avait accumulé pendant l'entretien. Il ne s'était pas attendu à se faire mater de cette façon... Enfin, au moins avait-il tout de même obtenu pour Vaughn de meilleures conditions de travail. C'était tout ce qui importait. Mais bordel ! En plus de son père et de son frère, il devait aussi composer avec sa belle-mère. Maria n'avait pas menti. Elle avait un sacré caractère. Et lui n'avait pas eu d'autres choix que de se coucher. Et franchement, il l'avait mauvaise. Et une pensée quelque peu perverse et malicieuse lui traversa l'esprit entre deux foulées. Pour le remercier de ce "sacrifice", même s'il n'en saurait rien, Xander avait intérêt à lui offrir un de ces quatre une nuit de sexe mémorable, là !


Il y a au moins deux solutions à un problème (dont l'une consiste à payer les bonnes personnes). S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.

Comment faire quand votre perso est supposé maitriser plus ou moins sept langues :

Anglais : Gris
Français : Bleu
Russe : Bleu cyan
Japonais : Vert
Italien : Rouge
Espagnol : Orange
Allemand : Jaune



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