Le Collège Poudlard

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 Mission d'infiltration...

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Seiki Tsuno
Exilé(e) politique

Exilé(e) politique
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Messages : 524

Né(e) le : 11/03/1987
Age : 30

Rang & Club : Baka Ranger noir. Etudiant en médicomagie urgentiste.

Caractéristiques
Compétence: Niveau 8
Particularité: Doudou de Tetsuya
Baguette: Bois de Lierre, nerf de coeur de dragon, 34,3 cm

MessageSujet: Mission d'infiltration...   Dim 6 Mar 2011 - 2:42

[Act II]

[Act I par ici]

Le temps de sortir du château et de transplaner, Sei se trouva en plein cœur du quartier des affaires londoniennes alors que 9h00 sonnaient. Derrière la petite ruelle qu'il avait choisi pour réapparaître se trouvait sa cible. Une tour de verre et d'acier parmi d'autres. Pourquoi avoir choisi d'installer une succursale sorcière en plein quartier moldu ? La politique de mixité du Groupe était parfois un poil risquée. Laissant toutefois cette idée de coté, le jeune homme, d'un pas sûr pénétra dans le bâtiment et se dirigea vers l'accueil. Derrière le comptoir, les secrétaires semblaient déjà bien occupées alors que ce n'était que la mise en route matinale... Mais l'une d'elles repéra le nouveau venu sans tarder et l'accueillit avec un joli sourire. Du moins le penserait surement Kaïn... (:p)

"Monsieur, vous désirez ?

Voir Monsieur Turner..."

La secrétaire ne cacha pas le malaise que le regard implacable et le ton froid de son interlocuteur provoquaient en elle. Mauvais point...

"Vous avez rendez-vous ?"

Étrangement, le ton était beaucoup moins chaleureux. Seiki l'aurait parié. Pourquoi le monde se devait-il d'être aussi prévisible ? Il ne se gêna pas pour se faire encore plus désagréable et riposta donc sèchement :

"Monsieur Fox a exprimé le souhait que je le vois au plus vite, ce matin. Il n'a pas jugé utile cette formalité pour une entrevue avec l'un de ses employés. Dois-je l'avertir qu'il a eu tort ?"

Le jeune homme prit un malin plaisir à voir la demoiselle blêmir au nom du grand Patron qu'il avait délibérément appuyé, laissant soigneusement le flou sur l'identité exacte du Fox en question.

"Excusez moi... Je préviens tout de suite M. Turner de votre venue, Monsieur ?

Gleen..."

Seiki se détacha du comptoir avec sa nonchalance habituelle alors que la secrétaire se saisissait de son téléphone. Téléphone ? Il était assez étonnant de constater que cette entreprise avait l'air parfaitement moldue. Du moins, dans le hall. Rien ne laissait présager dans le décor aseptisé une quelconque once de magie. Les objectifs semblaient clairs. Si la fusion entre les deux mondes devait se faire, cela ne serait qu'en respectant les lois inhérentes à leur nature. Mais Sei ne put s'interroger davantage sur cette façade car un homme venait de sortir de l'ascenseur central et se dirigeait vers lui, d'un pas alerte. La quarantaine, châtain, grand, sportif... Le cadre dynamique dans toute sa splendeur. Caricature même d'une publicité pour un prêt bancaire. Ou une agence de rencontres. Ou de la pâte dentaire...

Enfin, aussi blanc et parfait que pouvait être son sourire, c'était lui, Seiki, qui mènerait l'entretien. Pour mentir, autant être en position de force.

"Bonjour, M. Turner ! Merci de me recevoir aussi vite. M. Fox en sera on ne peut plus satisfait.

Bonjour Monsieur. Vous me prenez au dépourvu, je l'admets bien volontiers. D'habitude, le Siège me prévient. J'aurais pu vous accueillir comme il se doit..."

On y venait. La partie commençait et Seiki leva implacablement la main pour arrêter le "prévenant directeur".

"C'est que, voyez-vous, ce n'est pas une visite d'ordre professionnel mais personnelle et urgente. M. Fox ne peut se déplacer en personne, d'où ma présence. Mais y-a-t-il un endroit plus discret où nous pourrions nous entretenir ?"

Devant l'aplomb et l'autorité de son visiteur, M. Turner ne trouva, sur le coup, rien à redire. D'autant que la froideur et le flegme du personnage réduisait sans conteste sa marge de manœuvre. Impossible de lire en ce jeune homme qui lui faisait face. Quel âge avait-il d'ailleurs ? Vingt-cinq ans ? S'il était bien ce qu'il prétendait être, il n'était pas difficile de savoir quel Fox l'engageait. Et cela expliquait l'application qu'il mettait à entretenir le doute. Ce n'était pas à un vieux singe qu'on apprenait à faire des grimaces.

"M. Gleen, comprenez que, dans ma position, il me faut vérifier vos dires. Je ne peux pas faire confiance au premier venu qui prétend être envoyé par le PDG... Quel qu'il soit... "

Si cette réponse amusa énormément Seiki, il n'en montra évidemment rien. Ce monsieur n'était pas idiot et n'avait pas la langue dans sa poche. Il fit, en effet, à peine l'effort de cacher le mépris de ces derniers mots. Il n'était pas difficile de supposer pourquoi il avait été remercié une première fois. Les grandes gueules ne faisaient pas long feu dans le Groupe Fox...

"M. Fox avait présagé vos soupçons. Mais comme le motif de ma visite le sous-entend, ce n'est pas le directeur que je dois voir, mais l'ami..." souligna Sei, dans un coup de poker, alors que sa remarque était accompagnée de la remise du faux qu'il avait fait une poignée d'heures avant. A ces mots, Turner haussa les sourcils une seconde, ne pouvant pas dissimuler son trouble. Très vite, toutefois, il se reprit mais ce fut assez pour Seiki. Il avait vu juste. Le directeur de la succursale anglaise se saisit sans un mot du parchemin et le lut avec attention.

Sur le parchemin, il y a écrit:
"Je, soussigné Dray Fox, laisse par cette présente, toute autorité à son porteur, afin d'agir dans mes intérêts. Considérez ses instructions et ses demandes comme miennes.
Fait à Poudlard, le 6 novembre 2010. "

Le quadragénaire resta pensif quelques instants, roulant et déroulant le parchemin. Pas de doute à avoir. Écriture, signature, tampon personnel. Ces quelques lignes venaient de son supérieur. Turner releva la tête vers son visiteur et scruta le visage impassible qu'il présentait. Pour que son jeune patron utilise de tels moyens, la situation était vraiment critique. Le fait qu'il était injoignable depuis presque une semaine commençait à être d'ailleurs très inquiétant. Mais il semblait bien qu'il ait trouvé le moyen de rétablir le contact.

"Si vous voulez bien me suivre..."

Sans un mot, Seiki emboîta le pas à son aîné devenu soudain bien moins prolixe en émotions, et pénétra dans l'ascenseur central. Il cacha sagement son étonnement en voyant Turner sortir sa baguette et l'insérer telle une clé, dans le tableau de commande de la cabine. Il observa les touches des étages se réécrire et quand Monsieur Colgate sélectionna le dernier bouton, il ne fut pas surpris de voir immédiatement les portes s'ouvrir sur une pièce finement décorée.

"Asseyez-vous, je vous en prie." offrit l'homme en prenant place derrière le bureau au centre de celle-ci et désignant de la main les sièges en cuir qui lui faisaient face.

"Un café ?

Volontiers." répondit nonchalamment Seiki en s'installant dans sa position favorite. Sa jambe gauche posée sur le genou droit, il vint réunir le bout de ses doigts fins sous le menton, les coudes sur les accoudoirs. M. Turner acquiesça du chef et actionna un appareil que Sei reconnut aussitôt : un THOM.

"Laureen, apportez-moi deux cafés, je vous prie."

Finalement, l'homme s'assit à son tour et ce fut lui qui cette fois, prit la direction de l'entretien. Du moins, le crut-il.

"Comment va Dray ?"

Sei qui l'avait laissé venir, s'était attendu à un certain nombre d'entrées en matière mais pas à celle-ci. Un léger haussement du sourcil gauche fut cependant le seul signe apparent de sa surprise.

"Comme on peut aller dans ces circonstances..."

On ne pouvait pas faire réponse plus laconique. Turner soupira, visiblement ennuyé, en se laissant aller dans son fauteuil. Cela voulait tout dire. Si le jeune homme allait bien, ce messager n'aurait pas hésité à le dire. Et dans leur partie, on ne pouvait pas se permettre d'avouer que ce n'était pas le cas. D'où cette réponse alambiquée.

"Je vois... Vous ne nous rassurez que peu, M. Gleen..."

Seiki tiqua à l'utilisation du nous et méfiant, il observa son interlocuteur se relever et se diriger vers une armoire tibétaine, derrière le bureau. Dans la serrure, le quadragénaire inséra une nouvelle fois sa baguette pour ouvrir la porte et laisser apparaître un coffre fort. Le code inséré et la porte ouverte, Turner en sortit une enveloppe de belle taille qu'il remit à son visiteur. Sei décocha un regard interrogatif au directeur qui s'expliqua immédiatement en se rasseyant, alors que le jeune homme posait l'énorme pli sur le siège voisin.

"Cette enveloppe contient tous les..."

Mais il s'interrompit quand on frappa à la porte. Le secrétaire et le café... Il attendit patiemment que celui-ci offre les tasses fumantes et ressorte pour reprendre :

"Je disais que ceci contenait tous les courriers adressés à Dray depuis mardi. J'ai aussi récupéré ce matin, ceux de Mac Firne, le relais d'Édimbourg et St James, celui de Dublin."

Seiki fronça les sourcils imperceptiblement sous la réflexion, ce qui lui donna un air plus sombre encore. Voilà qui était un fait surprenant.

"Et je suppose que ce n'est pas par fétichisme mal placé qu'ils sont en votre possession et non en celle de mon supérieur..."

La remarque flegmatique, à la tournure... particulière, interloqua un instant Turner. Mais Sei soutint son regard sans ciller, avec froideur, en buvant une gorgée de l'amer breuvage. Lard ou cochon, allez savoir...

"Vous... supposez bien. Tous les hiboux que nous avons envoyé nous sont revenus, après quelques heures. Tous sans exception. Londres, Édimbourg, Dublin. En parfaite santé, les tubes de protection que nous utilisons intacts et toujours scellés. Et moi, je ne connais qu'une raison qui empêche ainsi un hibou, protégé des détournements, de trouver son destinataire.

La mort de ce dernier...

Exact. Imaginez notre inquiétude. En particulier celle de M.M Law et Wolkovitch...

J'imagine très bien..."

Le sarcasme de Seiki n'échappa pas à Turner. Il fixa sans comprendre son vis à vis, ce qui agaça prodigieusement le jeune homme.

"Et envoyer quelqu'un n'est venu à l'esprit d'aucun d'entre vous ?" remarqua finalement, glacial, un Sei qui s'impatientait clairement.

"Si, justement. Vous avez évité à Laurenn un voyage en Écosse cet après-midi même."

L'étudiant leva les yeux au ciel, clairement exaspéré et lui fit sèchement signe de continuer. Il dut se mordre la langue pour ne pas dire clairement le fond de sa pensée et préféra replonger dans le café. Parce qu'il en avait des choses à dire. Fallait-il qu'ils soient aussi cons ? Cinq jours... Il fallait vraiment qu'il ait besoin de lui pour ne pas l'envoyer chier...

"Votre venue et votre sauf-conduit sont autant de preuves de l'absurdité de notre théorie.

J'allais le dire..."

A nouveau, la voix sardonique de Seiki était venue interrompre le directeur anglais. Mais cette fois, elle se fit plus étouffée, n'avait pas la même conviction. Le quadra soupira devant l'air particulièrement songeur du jeune homme. Sei, lui, avait répondu par automatisme, mais en fait, son esprit tournait à cent à l'heure. Pour une raison X ou Y, Dray ne recevait plus de hiboux, ce qui expliquait le silence radio de son équipe. Mauvaise nouvelle, le peu de raisons qui expliquaient ce mystère était pénible, car il n'en connaissait aucune. Bonne nouvelle, son ami n'était définitivement pas esseulé. Finalement, il fut tiré de sa réflexion par la voix de son hôte.

"Nous avons essayé de le joindre par transmetteur, sans succès.

C'est justement le sujet de ma visite. J'étais venu vous demander un nouvel appareil. Celui de M. Fox est mort courageusement au combat. Paix à son âme..." expliqua, de sa voix traînante, le jeune médicomage, reconverti le temps d'une journée en secrétaire particulier, alors qu'il se força à recentrer son attention sur l'homme qui lui faisait face. Turner commençait à s'habituer au style étrange et décalé que son jeune visiteur donnait à ses réponses. Il ne releva pas celle-ci et se contenta de répondre sombrement :

"Je comprends mieux... Malheureusement, ce n'est pas l'unique option qui pouvait expliquer ces échecs...

C'est à dire ?

C'est à dire que Simon Fox a débranché le THOM de son fils du réseau ! Et qu'il a fait passer une note de service générale nous rappelant clairement que Dray n'a plus rien à voir avec le Groupe, qu'il est donc interdit d'entrée et que toute désobéissance constatée sera considérée comme faute grave !" s'emporta le quadragénaire. Devant cet excès d'humeur, Sei haussa à nouveau un sourcil. Intéressant.

"Vous ne semblez pas avoir beaucoup de considération pour votre ancien... et nouveau... patron..." lança-t-il, l'air de rien, pour taquiner le poisson. Évidemment, il mordit.

"Je ne vous cacherai pas que nous sommes peu nombreux à apprécier ce changement de direction. Et moi, moins que les autres.

Je prends cette déclaration comme une marque de confiance..." remarqua Sei, surpris par autant de franchise. Il n'en demandait pas tant.

"C'en est une. Si je suis devant vous, à ce poste, c'est grâce à Dray. Son père m'a licencié pour une faute que je n'avais pas commise et quelques millions envolés. J'allais tout perdre. Mais quand Dray a pris la succession de son père quelques mois plus tard, il a nettoyé le terrain...

Et a découvert que vous n'y étiez pour rien et que les millions n'étaient pas loin..."

Turner hocha simplement la tête en guise de réponse. Au regard de son cadet, il était clair qu'il n'avait pas besoin d'être plus explicite.

"Il m'a proposé la direction de la première succursale sorcière d'Europe, qu'il voulait discrètement fusionner avec la moldue, au second rang. Un essai... Il était persuadé que c'était faisable. Ça l'est, vous avez pu le constater. Et vous vous doutez bien que ce projet fait grincer beaucoup de dents..."

Turner, finalement, clôt le sujet en buvant une gorgée de café, se redonnant contenance. Mais en reposant sa tasse, il ne put s'empêcher de rajouter :

"Dites-lui qu'il est assuré de ma fidélité.

Croyez bien qu'il vous en sera reconnaissant."

A nouveau, le silence fut l'unique réponse du directeur. La position de son supérieur était délicate... Mais Sei brisa rapidement ce calme imposé pour en revenir au sujet premier.

"Expliquez-moi comment fonctionne votre réseau.

Connaissez-vous le fonctionnement des réseaux de télécommunications moldus ?

Dans les grandes lignes.

Ce sera suffisant. La transmission par ondes magiques s'appuie sur ces réseaux. On s'est aperçus que les ondes magiques, notre radio par exemple, suivaient les mêmes schémas.

Je croyais que la magie perturbait sévèrement la technologie moldue.

C'est exact. C'est pour ça que nous avons des centres de transmissions dont le rôle est de récupérer les données que portent les ondes et de les faire passer d'un type à un autre. Des ondes magiques aux ondes radioélectriques et inversement. Avec un matériel adéquat, sorti de nos usines...

… et donc protégé, comme vos ordinateurs...

Je vois que Monsieur est client. Pour vous expliquer schématiquement, que ce soit la RITM ou notre THOM, le fonctionnement est le même. Vont être traduites les données reçues en magie comme un téléphone le fera en courant électrique. Cette magie sera transformée en onde. Chaque type d'onde radio électrique moldue possède son champ de fréquence propre, ainsi certaines ne peuvent traverser l'atmosphère et d'autres sont absorbées par l'eau. Les ondes magiques ne sont pas différentes. Elles sont toutefois moins stables... Leur déplacement dans l'air sur de grandes distances demande beaucoup de moyens. Pour la radio, cela n'a pas d'importance, le réseau est local. Mais le THOM a une couverture mondiale. Nous ne pouvons pas nous le permettre. Alors nous avons installé ces centres qui nous permettent de limiter le transport des données par ondes magies trop consommatrices en énergie et en matériel, pour profiter du réseau moldu, presque sans limite, fiable et surtout, qui ne nous coûte rien, puisque nous possédons nos propres sociétés de télécommunications...

Donc si je vous suis, l'information remonte jusqu'au centre de transmission le plus proche. L'onde magique est reconvertie en magie, on récupère les données qu'on re-transforme en courant électrique ou en ondes radioélectriques classiques qui partent bêtement sur le réseau moldu comme n'importe quel coup de fil ou n'importe quel mail.

Vous avez compris.

Eureka... " se contenta de répondre sobrement Sei, impressionné par le travail que cela a du demander pour mettre au point un tel système mixte.

"Comme vous dites... Enfin, on peut remercier le travail en amont des Japonais.

S'ils pouvaient être autant accros à la modernité dans les relations humaines..." ne put s'empêcher de marmonner Seiki en détournant le regard vers la grande baie vitrée. Sa remarque à moitié audible et son air sombre n'échappèrent pas à Turner.

"Plait-il ?"

Pris sur le fait d'avoir un peu décroché, Seiki bougea sur son siège, mal à l'aise, ce qui ne l'empêcha pas de garder son ton impersonnel.

"Non, rien. Continuez..."

Le directeur tiqua légèrement, mais n'ajouta rien à l'incident, pensant tout de même que le jeune Fox avait l'art de s'entourer des personnages les plus étranges...

"Bon, que je finisse de vous expliquer. Comme un réseau intranet moldu, tous nos THOM sont répertoriés et reliés à un serveur central à New-York. Chaque THOM possède sa propre signature magique et est donc reconnaissable par le serveur.

Cela inclut la position géographique ?

Qu'entendez-vous par là ?

Si je prends votre THOM et que je le branche à Poudlard, on verrait le changement sur le réseau ?

Non, on verra simplement qu'il a été débranché et rebranché. On ne peut pas localiser un THOM. C'est une des sécurités premières de ce système. Comme il est impossible de les pirater. Mesures contre l'espionnage industriel indispensable.

De l'extérieur soit, mais de l'intérieur ? Du serveur central ?

Monsieur Gleen, ce n'est pas à vous que je vais apprendre que les Fox sont paranoïaques..."

A ces mots, Seiki ne put qu'admettre le bien fondé de cette remarque avec un geste significatif de la tête. Sa soirée précédente avait été très révélatrice sur ce point.

"Pas faux... Mais si je vous le vole, dans ce cas, je peux récupérer toutes les données qu'on vous enverra.

Non, car chaque arrêt du système provoque un changement du code d'activation, différent pour chaque engin. Et plus généralement, le code change tous les trois jours. Bref, si vous prenez un transmetteur de ma société, Simon Fox n'y verra que du feu. Laissez moi voir celui qui sera le plus discret..."

A ces mots, Turner qui avait bien compris le sens caché des questions de son visiteur, alla chercher un parchemin dans sa bibliothèque qu'il déroula près de Sei. Dessus, le jeune homme put voir une liste non négligeable de séries de codes et de nombres fluctuants.

"Le 43ZT7 est le plus approprié. L'utilisation qu'on en fait est très proche de la mienne et de celle de Dray. Parfait si quelqu'un examine quel type et quelle quantité de données passe par lui. Et nous, nous pouvons parfaitement nous en passer."

Turner ré-enroula le vélin et après l'avoir remis à sa place, appela son secrétaire :

"Laureen, veuillez m'apporter le THOM 43ZT7 et les prochains codes de réamorçage à notre disposition. Il est dans notre salle de commandes 2.

Bien, Monsieur."

Pendant que le secrétaire allait remplir sa mission, Sei reprit la conversation.

"Puis-je vous emprunter de quoi écrire ?"

Le quadragénaire acquiesça bien volontiers et tendit une plume auto-encrée et un parchemin à son visiteur et l'observa écrire élégamment un nom et une adresse.

"Seiki Tsuno, Poudlard."

D'un geste énergique, le sus-nommé tendit à son aîné l'information.

"Pendant que nous tentons de régler ce problème de hiboux, faites parvenir vos courriers à ce contact. Ils seront remis en main propre à M. Fox.

Très bien. Autre chose ?

Oui... Votre café est excellent." conclut le "secrétaire" en finissant sa tasse alors que revenait Laureen, porteur d'une boîte.

"Remettez là à Monsieur." ordonna Turner, un sourire amusé, né de la dernière réplique de Sei, encore sur les lèvres. Le jeune homme reposa sa tasse et se leva prestement. Il la réduisit d'un coup de baguette pour la glisser dans sa poche intérieure et fit de même avec la pile de courriers. Il était plus que temps de prendre congé.

"Bien, je pense que ce sera tout pour le moment. J'ai un autre rendez-vous avant le déjeuner alors si vous voulez bien m'excuser...

Bien sûr. Laissez-moi vous raccompagner. Je suis à votre entière disposition."

Une poignée de mains ferme, un petit tour d'ascenseur et les deux hommes étaient dans le Hall.

"Une dernière chose. M. Fox ne tient pas à ébruiter ceci pour le moment. Je vous demanderai donc de ne pas prévenir New-York de notre entrevue. Je pense tout particulièrement à M. Law et M. Wolkovitch. M. Fox tient absolument à le faire lui-même."

L'ordre, car ce n'était rien d'autre que ça, avait fusé, glacial. Turner baissa légèrement la tête, comme pris en faute. En effet, c'était la première chose qu'il avait eu l'intention de faire dès que le décalage horaire le lui aurait permis. Mais là, il n'était pas question de discuter. Dray semblait vouloir régler des comptes...

Les deux hommes se saluèrent une dernière fois et Sei sortit d'un pas tranquille du bâtiment. Mais une fois dehors, il inspira profondément. Il ne jouerait pas ce genre de mascarade tous les jours quand même. Bon, ça avait été plus rapide que prévu et tout s'était déroulé sans accroc. Mais cela avait mis en lumière un autre problème, plus sérieux. Comment des hiboux pouvaient, du jour au lendemain, ne pas trouver leur destinataire ?

Le jeune homme s'offrit un grand gobelet de café fumant pour mieux réfléchir à la question mais son regard fut attiré par un marchand de journaux et plus précisément, par la une d'un journal économique.

"Quand les Fox renardent..."

Au delà du titre consternant qui mériterait qu'on retire sa carte de presse à l'incapable qui l'avait pondu, il pouvait être intéressant d'avoir un bilan complet de ces derniers jours, d'un point de vue extérieur et surtout relativement neutre. La presse spécialisée devait faire ses choux gras de cette guerre familiale. Seiki acheta donc le canard et avala une gorgée de café pour entamer sa lecture.

Et ce qu'il apprit le laissa perplexe. Dray n'allait pas apprécier quand il lirait ça. En particulier, l'interview pompeuse de son père qui tentait de justifier ses coupes franches et la courbe des actions en nette chute depuis la déclaration officielle du changement de direction, en essayant de mettre ça sur le dos de son rejeton qui était, avec sa belle-mère de surcroît, attention au scandale !, mystérieusement introuvable, "preuve sans conteste", selon Simon, qu'il avait quelque chose à se reprocher. "Ce qui est regrettable quand on voit l'excellent travail qu'il a effectué lors de son remplacement. Mais vous savez, Dray a toujours été un garçon plutôt instable...", fin de citation. Théorie insidieusement remise en question, par le journaliste qui rappela, l'air de rien, l'œuvre du fils Fox ces dernières années, en particulier en matière d'anti-corruption. Le reporter remontait dans l'estime du médicomage...

L'auteur de l'article précisait aussi que la Justice avait rouvert le dossier Fox et l'enquête relative à l'accident d'avion mais que le procureur et le bureau d'investigation se refusaient à tout commentaire. Tout comme les collaborateurs du père et du fils. Pour conclure, quelques gens du métier étaient interrogés sur ce changement de main. Il fallait lire entre les lignes mais la Fox était donnée perdante. On regrettait le sang neuf...

Bref la situation était tendue à Manhattan mais on ne semblait pas vraiment vouloir être dupe, même si personne ne le disait clairement. Simon avait sous-estimé la popularité de son fils et son excellente politique de comm', savamment travaillée en sept ans. Sans compter ses adversaires judiciaires qui ne lâcheraient pas leur os aussi facilement qu'il l'avait supposé. Et ça, par contre, ça rendrait peut-être un peu le sourire à son coloc'. Et d'ailleurs il était grand temps de rentrer. Il fallait qu'il fasse quelques recherches à la bibliothèque, après tout.

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MessageSujet: Re: Mission d'infiltration...   Dim 13 Jan 2013 - 0:24

[Récup ^^]


Dans une rue du centre ville de la capitale anglaise, animée malgré cette fin de soirée, deux silhouettes, un homme et une femme, bruns, la trentaine, couraient, comme si leurs vies en dépendaient, comme si elles étaient poursuivies. Comme si... A y regarder de plus près, trois individus les filaient et de manière plutôt serrée.

"Ça me rappelle des souvenirs, tiens !" S'exclama la jeune femme, avec sarcasme mais à bout de souffle. Son compagnon, visiblement en meilleure forme, lui jeta un coup d'oeil pour constater ce fait, sans partager la plaisanterie. Car en même temps, il avait regardé derrière eux pour voir leurs poursuivants gagner du terrain. Il observa les alentours. Ils devaient trouver une solution et vite. Pour l'instant, impossible de transplaner. Mais leur adversaire c'était une autre histoire, et lui n'était pas du genre à respecter la règle de la discrétion, moldus ou pas... La preuve, à l'instant même où il formula cette pensée, sa compagne vit l'un de leurs ennemis apparaître à quelques mètres devant eux pour les prendre en tenaille au milieu des cris de surprise des témoins. Elle interpella son camarade pour l'avertir en pointant le danger du doigt.

"Dray !"

Le sus-nommé n'hésita pas et attrapa le poignet de Maria, puisque c'était elle, pour l’entraîner dans un restaurant à leur gauche. Tout établissement avait une sortie de secours ! On passe sur la surprise des derniers clients et du personnel en voyant débouler dans leur décor les deux pourchassés. Encore moins l'équipe de cuisine quand ils traversèrent leur lieu de travail à fond de train. Mais personne n'eut le temps de se plaindre de quoi que ce soit. Ils sortirent dans une impasse. Déserte. Elle ne le resterait pas longtemps...

"Saloperie... Si au moins, on pouvait utiliser nos baguettes..." murmura la jeune femme, hargneuse, sur cette pensée. Le jeune homme préféra sans un mot jauger les lieux. Il repéra une échelle métallique qui donnait accès à un escalier de secours contre la façade. Il n'eut pas de mal à sauter assez haut pour la faire descendre.

"Donne-moi ta veste et grimpe." Ordonna-t-il simplement alors qu'il enlevait la sienne. La brune ne se le fit pas dire deux fois malgré le ton employé. Elle n'avait pas le temps de demander pourquoi.

"Ne m'attends pas. Monte le plus haut possible.." précisa son compagnon qui, alors qu'elle obtempérait, balançait les vêtements dans la ruelle et prit le temps de remonter l'échelle avant de la rejoindre quatre à quatre. Il la plaqua contre le mur en entendant les cris de leurs ennemis en contre-bas, lui faisant signe de se taire, une main sur sa bouche, priant pour qu'ils ne pensent pas à lever les yeux....

"Où sont-ils passés ?"

"D'après la carte, ils devraient être là."

"Ouais mais ce n'est pas le cas, abruti ! Je croyais que tes spores étaient infaillibles !"

"C'est le cas ! Ils ne craignent que les milieux extrêmes."

"Regardez, ce sont leurs vestes."

"Merde, ils nous ont baisés ! Beau travail, Smith ! "

"Non mais tu ne crois quand même pas qu'ils en ont eu que sur ces fripes ? Ils en ont partout, des cheveux aux ongles !"

"Si ta localisation était plus précise aussi..."

"Ça suffit tous les deux ! Ils ne peuvent pas transplaner, je vous le garantis. Ils ne doivent pas être loin."

"Pour l'instant, ils ne bougent pas. Séparons-nous."

"C'est l'occasion ou jamais de reprendre de la distance !" murmura la jeune femme avec énergie. Cette pause lui avait fait du bien. La course pouvait reprendre. Mais Dray la retint avec autorité.

"Ça ne sert à rien de repartir sans plan ! Dès qu'on sera à nouveau en mouvement, ils nous tomberont dessus !"

Black pinça les lèvres. Il n'avait pas tort mais elle se sentit piquée.

"Et t'en as un, peut-être ?"

"Peut-être, oui..."

Black fixa alors Fox gravement alors que lui, semblait réfléchir, sombre et pensif.

"Alors je te suis. Prochaine étape ?"

"La Tamise."

La brune ne cacha pas sa surprise à cette réponse.

"On n'en est pas loin. Mais je peux savoir pourquoi ?"

"On n'a plus de pouvoirs et notre priorité c'est de se débarrasser de ces spores pisteurs. Et tu as entendu. ils n'aiment pas les milieux extrêmes..."

"Je ne vois pas le rapport."

"Tu connais plus extrême que la Tamise en cette saison dans le coin ?"

Maria écarquilla les yeux.

"Si je te suis, tu veux qu'on prenne un bain dans la Tamise en plein mois de Janvier ?"

Fox haussa les sourcils d'un air entendu. "Si t'as une autre idée..." disait-il silencieusement. Mais non, la détective n'en avait pas. Alors ils quittèrent leur perchoir.

"Et après ?" demanda-t-elle en empruntant l'échelle à la suite de son ami.

Elle n'eut pas de réponse. Fox avait bien une suite mais elle dépendait de la réussite de la première partie. Alors il préféra ne rien dire pour le moment.

"C'est encore un peu vague..."

Comme prévu, il ne fallut pas longtemps pour que leurs poursuivants les rattrapent. Maria, connaissant la ville comme sa poche, n'eut aucun mal à les mener au fleuve et plus particulièrement dans le quartier des docks à la demande de Dray. Mais alors que son compagnon et elle empruntaient l'un des ponts qui surplombaient le fleuve, ils durent se faire une raison. Derrière et devant eux, leurs adversaires, plus nombreux encore. Ils stoppèrent leur course, pris au piège.

"Et merde..." déclara Maria posément en jetant un coup d’œil derrière elle pour constater que toute retraite était coupée. Cela résumait parfaitement leur situation...

"Tu me fais confiance ?" demanda Dray, étrangement calme, en fixant leurs ennemis en face d'eux. Maria le regarda.

"Bien sûr."

"Alors saute !"

Se sentant tirée par le poignet, l'Anglaise n'eut pas d'autre choix que de suivre le mouvement imposé par l'Américain qui l’entraîna brutalement vers le parapet de sécurité. Ils s'élancèrent dans le vide de concert, et instinctivement leurs cris résonnèrent dans leur chute, alors que les sbires coururent au bord du pont, plus que surpris par leur geste. Eux qui pensaient les tenir... Le bruit fracassant de deux corps plongeant très brutalement dans l'eau se fit entendre et les deux fugitifs disparurent dans l'onde noire et glacée, sous leurs yeux interloqués.

"Les fous..."

Ils attendirent que leurs proies refassent surface, baguettes en main pour les achever et éclairer la surface de l'eau, mais les minutes passèrent et ils durent se faire une raison.

"Ils ont du se noyer. Le choc et la température de l'eau... "

"En tout cas, j'ai perdu leur trace sur la carte. Les spores n'ont pas dû résister à l'immersion et au froid..."

"Ah et bien bravo ! Qu'est ce qu'on fait ?"

"Rien. Les documents ont brûlé ou disparu avec eux. Tout va bien."

"Ouais ben, c'est toi qui feras le rapport au Maître."

"Lâche."

"Prudent. On devrait descendre au bord de l'eau."

"Je t'en prie, si tu veux perdre ton temps. Ils sont morts, je te dis."

Sous le pont et l'obscurité de la nuit, deux ombres accrochées fermement aux bords d'une vieille barque amarrée là depuis un bail, attendaient avec fébrilité que leurs adversaires daignent abandonner. Et une certaine impatience, car le froid de l'eau commençait à avoir raison de leurs forces.

"C'est définitif, je n'aime pas l'hiver." chuchota la détective en claquant des dents.

"Et dire que tout à l'heure, tu te plaignais d'avoir trop chaud... Tiens encore un peu." l'encouragea sur le même ton son compagnon en la soutenant contre le bois, la sentant lâcher doucement prise.

"Facile à dire, tout le monde n'a pas un générateur d'énergie quasi inépuisable."

La répartie fit sourire légèrement l'Américain mais il ne répondit rien. A la place, il sortit sa baguette et tenta de lancer un sortilège de chaleur. Sans succès. Mais Maria remarqua alors qu'en fait, il n'était pas mieux loti qu'elle en distinguant sa main grelottante.

"Qu'est ce qu'ils attendent pour se tirer ?" maugréa la jeune femme en voyant la lumière des baguettes des mangemorts scruter l'eau, à quelques mètres d'eux.

"De voir nos corps ?" répliqua le jeune homme d'affaires avec cynisme.

"Ça ne devrait plus tarder parce qu'on va finir par mourir d’hypothermie. Ou noyés."

"Après asphyxiés et brûlés ? Quelle charmante soirée. Encore que ça pourrait être pire. Il pourrait y avoir du courant."

"J'adore ton optimisme." ricana dans un nouveau murmure la détective en réaffirmant sa prise sur le bois de la frêle embarcation.

Enfin, pourtant, les lumières disparurent. Les deux amis soupirèrent de soulagement et sortirent alors très vite de l'eau. Mais engourdis, ça ne se fit pas sans mal. Heureusement qu'ils étaient à deux. Ils purent s'aider mutuellement.

"Et maintenant qu'on a bien froid, on fait quoi ?" demanda Maria en se déshabillant rapidement pour essorer au maximum ses vêtements, une fois qu'elle eut retrouvé le plancher des vaches et assez de force pour se mettre sur ses pieds.

Dray, encore à terre lui, ne lui répondit pas. Maria se fit alors narquoise en essayant de sécher ses fringues par magie, et constater amèrement l'échec de la manœuvre.

"Non parce que je te rappelle que c'est ton plan..."

"Donne-moi deux minutes..."

Ce murmure las surprit la jeune femme qui s'agenouilla alors à ses côtés. Pour constater les tremblements compulsifs de son compagnon. La pression retombait brutalement chez l'Américain en même temps que le danger s'éloignait. Mais un autre plus pernicieux le remplaçait. Le froid. Elle comprit alors sa faiblesse. Pas si inépuisable que ça... Mais ce n'était pas encore le moment, il l'avait dit lui-même. Il fallait tenir encore un peu.

"Dray, il ne faut pas rester là. Allez lève-toi. Il faut à tout prix bouger pour que notre corps produise de la chaleur. Qu'est-ce que tu avais prévu, dis-moi ?" le sermonna-t-elle pour le faire réagir en l'aidant à se relever et à retirer ses vêtements pour les tordre à leur tour, alors qu'il répondit engourdi.

"Jazz et Mia n'habitent pas loin..."

"Alors on y va. Et au pas de course." répliqua Maria aussi sec en frictionnant son compagnon. Sa manœuvre eut l'effet escompté. Fox retrouva ses esprits et après qu'ils se furent rhabiller en partie, c'est à dire en gardant simplement pantalon et tee-shirt, (inutile de s'encombrer de pulls pipants et glaciaux..) il lui prit la main pour l'entraîner en courant dans la direction du garage des marginaux.

Évidemment voir leur ami et une inconnue débarquer complètement gelés et trempés chez eux, la peau et les lèvres bleutées, à peine habillés, en plein milieu de la nuit, surprirent le couple, cela va sans dire. Mais bien sûr, ce ne fut pas ce qui les empêcha d'ouvrir grand leur porte.

"Bon sang, Fox, qu'est ce qui t'est arrivé ?" demanda le motard en conduisant son ami devant le poêle de la salle de billard alors que sa compagne faisait de même avec la détective, les deux semblant vraiment à bout de force.

Comprenant l'urgence de réchauffer les fugitifs, Mia alla chercher rapidement serviettes, vêtements et couvertures à l'étage alors que Jazz préparait déjà des grands cafés, observant avec inquiétude leurs visiteurs inattendus, frigorifiés dans les fauteuils.

"C'est une longue histoire..." marmonna le sus-nommé en tendant ses mains littéralement bleues et tremblantes près du chauffage.

"Non, c'est vrai ?" railla Mia en redescendant, s'attirant un regard noir, autant de Maria que de lui. Elle s'excusa dans un petit sourire en posant devant eux le linge. Apparemment, ce n'était pas le moment pour l'humour moqueur et vu leur état, elle pouvait le comprendre alors que déjà les deux amis se frictionnaient énergiquement avec les serviettes.

"Les vêtements seront un peu grands. Ils sont à mon frère." dit la mécanicienne. Croyez bien que ce détail n'eut aucune importance. Il était vrai qu'entre la carrure fine de Dray et la silhouette de Maria, ils flottèrent allègrement dans les fringues mais les squatteurs ne se firent pas prier pour les enfiler, en particulier les sweets épais, et à s'emmitoufler dans les couvertures alors que Maria, branchait le sèche-cheveux que leur hôte avait pensé prendre en même temps que les serviettes. Jazz apporta les boissons et interrogea du regard l'aventurier qui se saisissait avec délice d'un mug brûlant.

"On a eu quelques différents avec des gens non recommandables. Ça a fini dans la Tamise. On les a semé, t'inquiète, hein ! Mais fallait qu'on trouve un abri le temps de se remettre de la baignade. On repartira dès qu'on aura récupéré un peu."

Pour être succinct, c'était succinct, mais cela sembla suffire au propriétaire du garage. Il n'était pas du genre à chercher midi à quatorze heures quand ses amis avaient des ennuis. Et s'ils ne voulaient pas s'étendre, il ne s'en formalisait pas. Il y avait toujours de la place dans son garage.

"Ne dis pas de conneries. T'as bien fait de venir ici. Pas question que je te laisse repartir avant demain matin. Et s'ils débarquent, ils vont se faire accueillir, je te le garantis. Je vais chercher les lits de camp." dit-il en laissant alors Mia seule avec les deux sorciers, sans laisser à Fox le droit, ni même le temps de répondre. Elle, se montra beaucoup plus curieuse par contre, dès que son homme fut sorti.

"On s'est déjà vu à l'hôpital toutes les deux, non ?" demanda-t-elle en se tournant vers Maria pour s'assurer de son identité, ce que la détective confirma, en séchant sa tignasse. Parfait, elle allait pouvoir creuser sans risque. Elle revint à Fox.

"Comment ça se fait que vous n'avez pas utilisé... ce que tu sais ?"

Dray la scruta par dessus sa tasse dont il buvait une gorgée. Étrange, ce blocage que faisait son amie quand même... Il prit son temps pour la déguster et savourer la chaleur qu'elle apporta en lui, avant de reprendre, l'air de rien.

"C'est bien là le problème. On est... en panne."

Mia fronça les sourcils, ayant peur de comprendre.

"Comment ça, en panne ?"

"Ça ne marche plus. Que dalle. De vrais cracmols."

Là, elle écarquilla les yeux.

"Mais comment..."

Dray et Maria se regardèrent et la coupèrent en chœur avec lassitude.

"C'est une longue histoire..."

La motarde, un peu déconcertée, ne put que constater leur mine déconfite. Décidément, ils ne voulaient pas donner de détails.

"Heu... Et c'est réversible ?"

Maria répondit un peu plus fort pour couvrir le bruit de l'appareil électrique.

"Ça fait partie des quelques questions qui restent nébuleuses..."

Dray leva les yeux au ciel, irrité, fait accentué par le fait qu'il venait de constater que ses cigarettes étaient noyées et surtout son briquet grippé. Il allait falloir attendre que tout cela sèche en même temps que leurs vêtements. Et bien sûr, ni Mia, ni Jazz ne fumaient. Galère.

"Si, ça l'est mais la question, c'est plutôt dans combien de temps."

"Ah parce que tu sais ce qu'on s'est pris dans la gueule avec les spores, toi maintenant ?!"

"J'en sais assez pour savoir que c'est passager ou qu'il y a un antidote, comme toute potion qui contient du pavot. C'est bien toi qui disais que c'était forcément dedans vu l'odeur ?!"

"Ça m'étonne que t'aies rien senti, toi !"

Échange de regards noirs. A présent que la tension retombait, il fallait l'évacuer, quitte à se gueuler dessus. Mia, incrédule, passa de l'un à l'autre, étonnée de les voir monter le ton en plus de ce qu'ils racontaient.

"Oula, on se calme tous les deux. Si je vous suis, vous avez reçu une potion qui a neutralisé vos pouvoirs ?"

Ils se tournèrent vers la jeune femme, comme s'ils venaient tout juste de se rappeler qu'ils n'étaient pas seuls. Ce fut Dray qui reprit la parole.

"C'est ça."

Mais il n'eut pas le temps d'en dire plus. Jazz revint avec les lits. Le silence fut aussitôt de mise. Ou du moins plus question de pouvoirs et de potion...

"Merci de votre aide, Jazz. Vraiment."

"Bah, pas de quoi mon pote, je te dois bien ça, tu ne crois pas ?"

Question toute rhétorique...

"Ça va mieux ?"

Les deux amis acquiescèrent de la tête alors que la détective passait le séchoir à l'aventurier. Oui, ils se réchauffaient rapidement. C'était une chance.

"N'empêche, vous avez de la chance qu'on ait un hiver relativement doux."

Ça, ils ne pouvaient que confirmer. Déjà que là, ça n'avait pas été jouasse alors des températures plus basses... Quelques minutes après, le temps d'installer les draps, et le couple prit congé pour retourner se coucher.

"La salle de bain est à votre disposition. Première porte juste en face de l'escalier."

Fox et Black remercièrent leurs hôtes et se retrouvèrent alors seuls. Il y eut un moment de flottement. Mais l'Américain rompit le silence au bout d'un instant.

"Désolé."

En disant cela, il s'assit sur l'une des couchettes ou plutôt se vautra à moitié allongé, glissant un bras sur ses yeux, un genou replié vers le plafond.

"De quoi ?"

"D'avoir haussé le ton."

"Oh pas grave, c'est moi qui ai commencé de toute façon." répondit Maria, enjouée, l'imitant en s'allongeant.

"La douche ne serait pas de trop... Ça finirait de nous réchauffer en plus de nous débarrasser de l'odeur de vase."

"Prem's !"

Fox sourit légèrement en entendant sa compagne se relever aussi sec. Il ôta son bras pour lui jeter un coup d’œil.

"Honneur aux dames..."

La détective ne se le fit pas dire deux fois. Le poisson mort, c'était pas une fragrance qu'elle appréciait. Dray se repositionna exactement dans la même position alors que la brunette sortit de la pièce. Et quand elle revint, elle constata l'inévitable. Il dormait. Elle n'eut pas le cœur de le réveiller. La douche ne serait pas pour tout de suite pour lui. Elle le réinstalla un peu mieux et le couvrit d'une deuxième couverture avec un sourire attendri aux lèvres avant d'aller elle-même se coucher. Il ne lui fallut pas longtemps pour sombrer elle aussi mais un temps infini pour émerger quelques heures plus tard. Ce furent des chuchotements et des bruits lointains d'outils qui la tirèrent de son sommeil.

"Voilà tu sais tout. Enfin tout ce que je peux te dire."

Ça, c'était Fox.

"Et bien ! Ces documents doivent vraiment être importants pour être aussi bien protégés ! Et vous vous avez eu une chance pas croyable pour ne pas avoir été blessés sérieusement et que St Mungo connaisse cette potion neutralisante !"

Et ça, Mia.

"Tout juste quelques bleus et les cheveux roussis et même pas un rhume. J'ai toujours du pot quand il s'agit de rester vivant."

"Jusqu'au jour où tu tomberas sur un os à chercher les ennuis"

"Mais ce n'est pas de ma faute ! Les ennuis me trouvent tout seuls."

"Ceux qui ne cherchent pas les ennuis ne vont pas cambrioler le bureau d'un pourri pour découvrir des preuves de son implication dans une organisation de fous dangereux. Avoue que ça, c'est une invitation VIP."

Heuuu... Mouais bon, Mia n'avait peut-être pas tort, là...

"Ouais ben ce n'était pas prévu que tout l'immeuble se mette à cramer. Tu parles d'un système de sécurité ! Dans le genre radical..."

"En tout cas, on parle de vous dans les faits divers. Incendie accidentel, dû à une surcharge électrique."

"La bonne blague ! C'est comme ça qu'on appelle la combustion spontanée, maintenant ?"

"Il y a quand même eu trois morts..."

Maria ouvrit les yeux et se redressa sur le ventre pour voir la petite brune derrière le bar posant une grande tasse de café dessus et son ami assis sur l'un des tabourets, devant un petit paquet de papiers qui s'étalait sur le comptoir. Elle haussa les sourcils visiblement très étonnée, et tout de suite regarda sa montre. Il était tout juste sept heures et demi. Ça faisait à peine plus de cinq heures qu'ils étaient là. Et ils sous-entendaient 'antidote' alors que Fox examinait leur butin. Butin qu'ils avaient été obligés de laisser derrière eux, dans leur fuite. Là, elle ne pigeait pas tout, Black. Ça irait mieux après un café et l'odeur qui embaumait toute la pièce l'encouragea à se lever. Son mouvement attira l'attention des deux autres.

"Bonjour ! Bien dormi ?"

Elle bailla en guise de réponse alors que Mia, pleine de malice servit un deuxième café. Il y avait des choses inhérentes au réveils difficiles.

"Merci..."

La motarde sourit en toute simplicité alors que la détective portait son attention sur son compagnon et surtout ce qui s'étalait sur le comptoir alors qu'il poussa devant elle un panier rempli de croissants..

"Tiens, en bonus au petit déj, t'as le droit de récupérer tes pouvoirs." Dit-il en lui tendant en plus une fiole. Black la regarda d'abord sans réagir, avant de s'en saisir lentement avec un temps de retard.

"T'as l'air complètement dans le coltard." Se moqua gentiment alors l'Américain alors que l'Anglaise avalait en grimaçant la potion. Elle finit par répliquer cependant.

"... Et toi, tu carbures tellement que tu m'épuises déjà. T'es levé depuis un bail si t'as eu le temps de trouver un antidote et d'aller chercher les papelards. Tu les avais planqué où au fait ?"

"Dans une boîte aux lettres, en passant devant."

"Pardon ?"

Comment ça une boîte aux lettres ? Décidément ça ramait ce matin. Devant l'air perplexe de son aînée, Fox ajouta avec une gaieté malicieuse.

"D'où ma hâte matinale à agir avant la première levée. Pas eu le temps de trouver mieux hier soir."

"C'était culotté quand même." remarqua Mia en riant.

"Je te l'accorde. Mais le service postal de ce pays est très sûr et efficace."

Là, Dray parvint à tirer un petit sourire à la détective qui prit un croissant en s'asseyant à ses côtés, bien décidée à déguster son café.

"Et la potion ? Je suppose qu'on doit remercier Tsuno..."

"Qui d'autre ?"

"Mouais..."

Il ne fallait pas lui en demander plus là. D'ailleurs, elle signifia ouvertement lé décalage entre elle et lui :

"Comment tu fais pour être opérationnel, en ayant dormi quoi ? Quatre heures ?"

"Trois. J'ai simplement trois cafés d'avance sur toi et deux cigarettes. Enfin trois."

Car pendant qu'il parlait, il avait glissé entre ses dents son poison qu'il avait sorti de son étui sauvé des eaux, comme son briquet. Soulagement ! C'était qu'il y tenait à ces deux-là...

Une odeur suave et épicée s'éleva quand il l'alluma. Maria grimaça en plongeant dans sa tasse.

"Drogué..."

Fox lui décocha en guise de répartie son plus beau sourire hâbleur, ce qui relança l'hilarité de leur hôte...

"J'aime quand un plan se déroule sans accroc !" s'exclama finalement la détective, comme si tout était normal, finalement. Elle ne reçut de son partenaire qu'un regard sceptique. C'est ça oui... Sans accroc... Il lui en foutrait... Nan parce que cette équipée qui avait failli virer au désastre, c'était quand même elle, l'instigatrice.

"Oh allez, Dray. On a réussi malgré tout, non ? Et je ne pouvais pas savoir que ce bureau était aussi bien protégé. Entre cette plante cracheuse de spores suiveurs dans le coffre, cette foutue potion neutralisante et l'incendie...."

"Je ne dis pas le contraire. C'est même d'ailleurs grâce à toi qu'on a pu sortir de ce bâtiment infernal." rappela alors simplement le New-yorker pour lui signifier qu'il ne lui reprochait rien en substance. Juste la formulation.

"Ouais, c'est vrai ça d'abord."

Le ton capricieux et boudeur avec lequel furent dit ces mots enfantins accentuèrent les sourires de ceux qui étaient pleinement réveillés. Mais le silence reprit ses droits, chacun prenant le temps de savourer café, croissants et cigarette et reprendre ses marques. Surtout Maria d'ailleurs. Dray lui, prit plutôt le parti de reprendre ce qu'il avait tout juste commencé : l'étude de leur butin.

"Instructif ?" finit par demander la détective au bout d'un temps, en finissant sa tasse. Elle demanda aimablement du rab à Mia alors que Dray levait le nez de la pile de documents qu'ils avaient volé, à présent visiblement très amer.

"Tu parles de la mission ou du cadeau bonus au fond du paquet de lessive ?"

Maria eut une petite moue désolée, comprenant que la pilule n'était toujours pas passée, malgré la nuit. Sûr qu'apprendre que la multinationale que vous dirigez a des liens avec un financier véreux travaillant pour le Seigneur des Ténèbres, ça fâche...

"Ben, les deux..."

"Frost est bien votre homme."

"Il nous aura fallu juste deux mois pour en être sûrs..." remarqua sarcastiquement la belle. Fox préféra continuer. Ce n'était pas son affaire, ça, si l'Ordre avait des indics pourris.

"Si on parvint à le court-circuiter, et qu'on met à mal ses activités, le Lord va avoir quelques difficultés de paiement notoires. De quoi les ralentir un temps." résuma froidement le jeune homme d'affaires en replongeant dans les dossiers pour en faire le bilan, tentant de rester le plus vague possible pour Mia. La jeune femme, en entendant le mot Lord, eut le bon goût de s'éclipser et rejoindre son petit ami dans l'atelier. Leurs invités avaient besoin d'être seuls et tout cela ne la regardait plus depuis des années.

"L'argent est le nerf de la guerre..." Souligna posément la détective, non sans avoir remarqué que ça, ce n'était que la mission..

"Et apparemment, il leur en faut beaucoup. Frost tient les cordons d'une partie de leurs finances d'une main de maître."

Maria soupira avant de boire une nouvelle gorgée de café. En même temps, c'était logique et c'était aussi pour ça qu'elle avait voulu l'aide du jeune homme d'affaires. C'était sa partie. On n'étendait pas un empire à travers le monde avec de l'air, même quand on était un des sorciers les plus puissants de l'Histoire. Si le Bien avait besoin de moyens, le Mal aussi.

"Dommage qu'on ait pu sauver que ça... On aurait vraiment pu le torpiller si on avait pu prendre le tout... "

La détective posa une main rassurante sur le bras de l'aventurier.

"La vie m'a appris à ne pas regretter. Apprécions ce qu'on a. On va pouvoir quand même bien les contrarier. Et crois-moi, c'est un luxe qui ne se refuse pas parce que ça n'arrive pas tous les jours."

Fox ne répondit rien. Il venait d'ouvrir un carnet à la couverture légèrement brûlée.

"Ah ça, c'est intéressant."

L'exclamation du jeune homme attira à nouveau son attention. Elle reposa sa tasse pour regarder par dessus son épaule.

"Quoi ?"

Dray, en guise de toute explication, lui montra les colonnes qu'il contenait. Liste de noms et de paiements réguliers. Maria siffla en en reconnaissant certains.

"Tu sais qui c'est, lui ?" Dit-elle, un peu alarmée, en pointant l'un d'entre eux.

"Bien sûr ! Et on s'étonne que les autorités piétinent..." rétorqua Fox avec cynisme. La belle renchérit, visiblement soufflée par toute la corruption qui s'étalait sous leurs yeux.

"Bon sang, il y a de quoi provoquer l'un des plus gros scandales qu'on ait connu !"

"Ou pas... "

Black fut étonnée de voir Fox moins enthousiaste. Pourtant c'était une bonne nouvelle pour eux. Enfin, ils pouvaient marquer un grand coup et gagner une manche. Et une belle ! Elle l'interrogea du regard.

"L'effet papillon, tu connais ?" demanda donc Dray en lui tendant le journal, sorcier lui, qu'il avait acheté durant sa petite virée matinale sur une page bien précise. La jeune femme s'en saisit, interdit.

"Oui, mais je ne te suis pas."

"Si on fait sauter le suivant, on ouvrirait la voie à un joyeux bordel.."

Maria lut avec attention l'article.

"Ok, ce gisement est une bonne nouvelle pour notre économie mais je ne vois pas le rapport."

"Qui a la main-mise sur cette découverte miraculeuse à ton avis et a proposé un deal avec votre ministère de la Magie pour partager les bénéfices ? Ministère qui ayant besoin de fonds a vivement encouragé beaucoup de ses sorciers à investir leurs gallions dans ce projet."

Maria fronça les sourcils, commençant à voir les implications.

"Si on l'arrête..."

Fox continua.

"Le projet est caduc, bye bye l'exploitation du gisement, les emplois et la thune."

La détective frémit, comprenant le cheminement.

"Le ministère ne pourra pas assurer ses engagements. Ce sera la panique chez ceux qui ont investi là dedans et qui voudront tous récupérer leurs billes. "

Et Dray de conclure, impassible.

"Ce qui fera sauter la banque, parce qu'évidemment, l'argent est déjà dépensé. De là, par effet boule de neige, on verra d'autres investisseurs divers, en particulier étrangers foutre le camp vers des cieux plus cléments et surtout des valeurs plus sûres que l'Angleterre, accentuant le déficit. Le ministère ne pourra alors pas rembourser les intérêts de ses prêts à ses voisins, il sera obligé de déclarer la cessation de paiement, encourageant la fuite des capitaux. Et je ne te raconte pas l'image en politique extérieure déjà peu glorieuse. Je ne donne pas cher de votre place à la Confédération. Sans compter que les institutions publiques ne pourront plus être financées, les fonctionnaires payés, Gringotts sera en banqueroute, les salaires vont dégringoler, les prix exploser, la valeur du gallion dans ce pays, va se prendre un sacré coup dans l'aile et j'en passe. Je ne vois pas comment ils pourront se la jouer discrète dans un tel bordel. Je te garantis que l'épaisseur des fonds de chaudrons sera la dernière de leurs préoccupations."

Maria frémit.

"Et le Lord n'aura plus qu'à ramasser les restes."

"Mettant tout sur le dos des moldus."

Elle regarda avec inquiétude, l'Américain se saisir de sa tasse et se borner à dire froidement.

"Bon, je te l'ai fait version fin du monde. Ça peut arriver. Ou pas. Les pontes peuvent aussi apprécier de voir le ménage fait et le risque pris pour cela. Et puis vous, les Anglais, avez encore un système tellement moyenâgeux et archaïque... Cela peut suffire à sauver les meubles. Conclusion, ceux à qui tu donneras ça vont devoir jouer serré. Tout dépend de la manière dont les choses sont présentées."

"C'est Dumbledore qui les aura." murmura la brune, visiblement marquée par le tableau qu'il avait dessiné. Dray but une gorgée avant de reposer sa tasse avec brusquerie, témoignant que sous ses airs flegmatiques, il n'était pas si calme que ça.

"Alors vous avez une chance d'éviter le désastre."

"En tout cas, je comprends mieux pourquoi on a eu tant de mal à s'infiltrer sur place. Pas prévu qu'on ramasse autant. Au sens propre comme au figuré..." remarqua la jeune femme. Dray, pour une fois, ne partagea pas l'humour de l'ironie. Maria fut déçue de ne pas recevoir la réponse qu'elle espérait, une simple réciprocité. Fox, fermé, replongea dans l'étude des documents volés en inspirant une longue bouffée de nicotine. Black hésita à creuser dans une voie qu'elle savait houleuse.

"Je suppose que par rapport au "bonus", tu veux que j’enquête ?"

Fox releva le nez et décocha un regard noir à la jeune femme exprimant par là qu'il l'avait mauvaise à ce propos précisément. Mais s'il acquiesça à la proposition, le PDG la corrigea aussi avec une indiscutable autorité :

"Nous enquêtons ! Je veux savoir pourquoi le nom de ma société apparaît dans ces comptes ! Qu'est-ce qu'ils ont foutu, nom de Dieu ?!"

Maria leva la main en signe d'apaisement.

"Ce n'est peut-être pas ce que tu crois. Il faut se méfier des apparences."

La réponse furieuse de Fox fusa aussi sec.

"Mon cul, oui ! Je sais encore lire et décrypter des bilans financiers même quand je ne les vois que quelques instants. Il n'y a pas de doutes à avoir, Maria, ces lignes étaient claires. On a passé des accords avec nos ennemis dans mon dos. Négociations, opérations, transactions et spéculations. Et j'ai une petite idée du responsable !"

"En toute objectivité ?"

La question était osée. Elle reçut une réponse digne de ce nom dans un regard foudroyant.

"Ne me regarde pas comme ça. Ce ne serait pas la première fois que tu te plantes au sujet de ton père."

"Quand il s'agit de magouilles et d'argent, jamais. Et qui veux-tu que ce soit pour que je ne sois pas au courant ?"

Black soupira, pas très à l'aise. Vu comme ça... Elle tenta quand même de trouver une explication moins dure à ce qui avait été la veille l'un des coups de théâtre dans leur aventure.

"Peut-être qu'il ne savait pas à qui il avait à faire..."

Fox la fixa alors d'un air arrêté et aigri. C'était de l'humour ?

"T'y crois vraiment à celle-là ?"

Maria eut une légère grimace contrite qui répondit pour elle : franchement, pas vraiment. Mais, c'était quand même une possibilité.

"Même lui n'est pas infaillible dans les affaires."

Dray soupira, très agacé, mais fit l'effort de reconsidérer la question.

"Rien ne dit dans ce que j'ai eu le temps de lire que c'est le cas, ou non. Mais j'ai du mal à croire qu'il n'ait pas vérifié qui était son nouvel associé. Et même si c'était vrai, que tu ais raison, on peut faire une erreur, bla bla, rien que le fait que je n'ai pas été mis au courant, ils vont le sentir passer ! Et les conséquences ? Manquerait plus que son nom soit dans le carnet en plus !"

Un très lourd silence bien pesant s'installa brusquement alors que les deux amis se regardaient à présent avec gravité. Dray éplucha alors soudain une à une les pages du carnet pour le refermer avec brutalité mais un net soulagement. RAS de ce côté...

"Heureusement pour sa gueule, j'te le dis ! N'empêche qu'il va faire chaud !" maugréa-t-il dans la manœuvre. Et en entendant une nouvelle fois le ton rageur et tranchant de son cadet, la brune eut une pensée charitable pour tous ceux de la Fox qui avaient trempé là-dedans... Enfin, s'il voulait couper des têtes, pour ce faire, il fallait quand même savoir lesquelles...

"On a un début de piste ?"

Fox se fit pensif.

"Pas grand chose. Mais j'ai eu le temps de voir un nom sur le dossier. Pax Romana. Et ceux d'autres entreprises, étrangères pour beaucoup. Les noms de leur PDG, parfois. Des concurrents directs entre autres. Toutes sorcières."

"Il faudrait en faire la liste." remarqua Black en reprenant sa casquette de détective.

"Déjà fait."

Elle ne fut pas plus surprise que ça de voir le jeune homme d'affaire lui tendre un papier où il avait noté tout ce dont il se souvenait. Elle avait eu bien du mal à l'arracher à ce dossier...

Tout avait bien commencé. Après avoir bien ramé quelques semaines, ils avaient fini par localiser pour de bon leur cible. Certains piliers de la lutte contre le Seigneur des Ténèbres en étaient venus à l'idée qu'il fallait peut-être aborder le problème sous un autre angle que la lutte directe. Au lieu de vous épuiser à essayer d'arracher une mauvaise herbe coriace en vous niquant les mains, coupez lui l'eau et la lumière et elle crèvera d'elle-même. Aussi peut-être fallait-il savoir quelles étaient les ressources de l'ennemi et essayer de les lui couper. Après tout, comme l'avait dit Maria, l'argent était le nerf de la guerre. C'était une stratégie militaire comme une autre. On chargea donc quelques volontaires de creuser dans cette voie qui montra vite un nombre de ramifications certain. L'une d'entre elles conduisit Maria à M. Ernest Frost, un financier pas très joli joli. Et devant le profil.. très comptable de sa cible, elle se dit que l'aide d'un autre comptable serait la bienvenue. Ça tombait bien, Baker et elle en avaient un sous la main...

De fil en aiguille, ce soir-là donc, Black et Fox se retrouvèrent dans l'immeuble qui protégeait les bureaux de M. Frost. Ce fut là que ça se corsa. On vous épargne le périple de la traversée des couloirs mais rien que ça, ce fut sportif. Mais c'était prévu. Maria avait tout organisé comme il se devait. Non, là où les choses dérapèrent furent l'ouverture du coffre qui devait contenir les preuves qu'ils cherchaient. Il n'y eut aucun problème dans la manoeuvre. Par contre, ils furent étonnés d'y trouver en plus une plante. Une drôle de plante en forme de poire à lavement... Et encore plus surpris quand à peine avaient-ils posé les mains sur les papiers d'être aspergés par cette saloperie d'une espèce de pollen très épais. Les fameux spores suiveurs...

Mais ils étaient pressés alors les questions ne furent pas pour tout de suite. Il fallait qu'ils fassent des copies des documents. Ils auraient dû se méfier... Car pendant qu'ils étudiaient les papiers et les dupliquaient, ils ne virent pas tout de suite le danger. La température montait et les murs commençaient à dégager une légère fumée...

"Tu ne trouves pas qu'il commence à faire chaud, d'un coup ?" demanda soudain Maria, réalisant que quelque chose clochait. A peine eut-elle fini que le mur qui protégeait le coffre s'embrasa, emportant dans les flammes les tableaux qui y étaient accrochés. Vous savez comment cuire des grenouilles ? Mettez-les de suite dans l'eau bouillante et elles sauteront pour éviter le danger. Plongez-les dans l'eau froide et faites-la chauffer lentement, elles resteront dans leur jus jusqu'à ce que mort s'en suive. Étrangement, en cet instant, la détective eut l'impression d'être une grenouille...

"Dray..."

Fox, trop occupé à lire et copier les documents, ne réagit qu'en sentant la main pressante de Black sur son épaule. Il se retourna pour constater de visu, dans un haussement de sourcils quelque peu flegmatique savoureux que la situation sentait soudain le roussi au sens propre comme au figuré. Ah. Il replongea dans son exercice de duplication et tourna une page.

"Va pas falloir qu'on traîne long..."

Il s'arrêta soudain en constatant quelque chose dans sa lecture et se figea. Aussitôt Maria qui aspergeait les flammes de sortilèges d'eau tiqua. Doublement quand Fox retrouva la parole, interloqué.

"Qu'est ce que... "

"Quoi ?"

Pas de réponse. Ce fut au tour de la bibliothèque de prendre feu, malgré les efforts de la brune.

"Dray, faut qu'on se bouge !"

"Tu lis la même chose que moi, là ?" rétorqua hargneusement l'Américain, incrédule, semblant soudain hermétique au danger alors que la chaleur continuait de monter inexorablement et la fumée envahissait tout le bureau. Maria tira son ami par le bras.

"Si tu ne m'aides pas à étein..."

Mais elle vit alors ce qu'il voulait tant lui montrer. Le nom de la Fox, un nombre à beaucoup de chiffres à côté, parmi d'autres, et une question obscure de contrats... Gné ? Soudain un étrange liquide sortit des détecteurs de fumées. Dray ironisa.

"Ah ben voilà, demande et t'es servie. Tu dois être contente."

"Je le serais si c'était de l'eau ! Mais ce truc put le pavot ! C'est une potion ! On doit se barrer !"

Fox retrouva le sens commun. Enfin à peu près...

"Je dois savoir ce que le Groupe fout dans cette histoire ! Et il y a la mission. On doit finir de récupérer ces papiers ! Alors tu t'occupes de circonscrire le feu et moi, je copie."

Maria eut bien envie de lui dire que c'était surtout la mission qui aurait dû être sa priorité ! Mais on allait pas chipoter, elle était d'accord avec le fond. Aussitôt, donc ils se mirent au travail en se partageant les tâches. Mais dès que chacun voulut lancer son sortilège... Rien ne se passa. Mais alors rien du tout... Prise d'une morbide intuition, Black courut vers la porte. Verrouillée... Ils comprirent alors l'étendue du piège dans lequel ils étaient. Les flammes commençaient à lécher un deuxième mur et la fumée devenait vraiment épaisse.

"Le pavot est décidément mauvais pour la santé..."

"Tu trouves que c'est le moment de faire de l'humour ?" s'exclama la détective en toussant, l'air devenant irrespirable.

"Viens ! On a une chance par les fenêtres !"

Le fauteuil du bureau d'ailleurs traversa la baie vitrée dans un grand fracas. L'instinct de survie décuplait les forces. Mais Dray ne l'entendit pas de cette oreille.

"On doit savoir ! Il faut gagner du temps !" dit-il en prenant ce qu'ils avaient eu le temps de dupliquer et reprendre la lecture de ces pages qui l'intéressaient plus que les autres, en dépit du feu et de la température digne du désert en plein midi. Mais s'ils avaient une porte de sortie, par appel d'air, le feu trouva une nouvelle vigueur. Fauteuils et tapis s'embrasèrent. Maria se tourna vers Dray, ne comprenant pas qu'elle soit obligée de le raisonner ainsi.

"Bon sang, on n'en a plus, de temps ! La mission est foutue !"

Dès que Black prononça cette sentence en venant prendre elle aussi des documents et le tirer par le bras, elle obtint enfin que Fox lâche le morceau. Il dut bien se résoudre à céder, sous peine de finir asphyxié ou brûlé vif... Mais alors que Maria l’entraînait vers la fenêtre, ils ne purent qu'assister à la combustion soudaine des papiers si précieux. Là c'était définitif... Game over.

Dans leur malheur ils eurent la chance d'être au deuxième étage. Ils sautèrent sans guère hésiter. Pour voir que c'était une bonne partie du bâtiment qui brûlait à présent. Au loin la sirène des pompiers.

"Faut qu'on dégage. Si on nous trouve là, c'est mort."

"Shit !"

Bon, ils avaient quand même réussi à sauver une petite partie de leur prise. Réunis, ça faisait quand même un petit paquet honorable de papiers que Dray glissa dans son sac. Toutefois, les deux amis s'accordaient pour penser que cela résumait quand même fort bien la situation. Mais ils ne furent pas au bout de leur peine....

"Fox..."

"Je sais. Moi non plus."

Impossible de transplaner...

"Vous n'espériez pas vous en sortir comme ça ?"

"Quand on joue avec le feu..."

Ils se retournèrent vivement. Quatre hommes derrière eux, baguettes en main. Pas la peine de savoir pour qui ils bossaient.

"Donnez nous les documents et on vous tuera sans trop vous faire mal."

Fox ne put s'empêcher de ricaner et la ramener.

"Quand même les mecs, vous pourriez faire mieux dans les dialogues, ça fait cliché là !"

"Et ça, ça fait cliché ?!"

L'Américain leva sa baguette pour un retour à l'envoyeur et constata bien vite sa connerie. Il avait oublié un menu détail... Leurs pouvoirs, en toute apparence, s'étaient faits la belle. Il eut tout juste le temps d'éviter le sortilège en se jetant à terre.

"On fait moins le mariole, hein ?"

Là... Mais soudain une épaisse fumée les entoura, plongeant toute la zone dans le brouillard. Un vrai de vrai. Il sentit soudain qu'on l'aidait à se relever et qu'on l'entraînait en courant il ne savait où.
Maria...

"Dray, ça va ?"

"Ouais, juste l'orgueil d'égratigné. C'était quoi ça ?"

"Une boule de brouillard. L'expérience m'a apprise à toujours en avoir une ou deux sur moi..." expliqua Black en lui montrant une boule noire marqué d'un huit qu'il distingua qu'à peine.

"Vous ne nous échapperez pas !"

Ce cri suivi de plusieurs ricanements sonna désagréablement comme une condamnation irrévocable. Black les entraîna dans plusieurs rues et dans la première bouche de métro qu'ils croisèrent. Ils attrapèrent de justesse l'une des rames, à la fermeture des portes.

Ils en profitèrent pour faire un rapide point et durent se faire une raison. Pas plus de capacités magiques qu'un cracmol.

"Qu'est ce qu'on fait ?"

"St Mungo est notre meilleure option. Ils trouveront bien comment nous rendre nos pouvoirs et nous un bobard à leur faire avaler."

De deux choses l'une. Ou c'était la plante, ou c'était la potion. Et si c'était forcément l'un, à quoi servait l'autre ? Ils commencèrent à en avoir la réponse en voyant qu'ils étaient attendus à la sortie du métro. Ils avaient choisi cette station par hasard, n'étant de toute façon pas du tout dans le quartier de l'hôpital. Alors ils furent amèrement surpris de se rendre compte qu'ils n'étaient pas du tout parvenus à les semer. Et qu'en plus, ils étaient obligés de subir leurs sarcasmes...

"On vous l'avait dit. Mes plantes sont très efficaces. Et celle du coffre est ma plus belle création..."

Bon ça au moins ça répondait à leurs questions... La nuit allait être longue. Ou au contraire, courte. Définitivement. Maria dut se résoudre à sacrifier sa deuxième boule de brouillard.

Commença alors une course-poursuite qui nous mena au début de notre récit.

"T'as dit quoi au fait à Tsuno ? Ça a dû être drôle."

Dray passa derrière le bar pour leur resservir un dernier café. Cette question lui rendit un peu le sourire.

"Plus ou moins la vérité. L'incendie, la course-poursuite et le bain en moins. Il m'a passé un savon comme d'habitude. Pas assez prudent et le reste..."

"S'il savait... "

Ils partagèrent un sourire de connivence.

"Il ne vaut mieux pas."

Black finit par revenir au sujet principal.

"Dis... Tu ne penses pas que ces magouilles ont un rapport avec l'attaque ?"

"Oh que si. A vrai dire, j'y pense depuis qu'on est tombé là dessus. Je ne crois pas aux coïncidences."

Ils discutèrent encore un moment le temps de boire leurs tasses. Mais Maria avait des documents à donner et un rapport à faire. Alors ils se séparèrent après avoir remercier une dernière fois Jazz et Mia. L'aventure était terminée. Le train train reprenait. A une nuance près. Une pièce de plus avait trouvé sa place dans le puzzle.


[Merci à Ma-chan ^^. D-kun.]


    Toute destinée est une suite d'accidents à retardement avec le coup de grâce au bout.
    [Henri Fauconnier]
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